Résumé : Rem et Severus annoncent le départ prochain de Dray et Harry vers une autre dimension temporelle le 1er août à minuit, nos deux jeunes parents préparent leur départ, et en particulier l'avenir de leur enfant, Raphaël… Allez, bonne lecture…

Harry Potter et l'enfant maudit – Livre II

(Suite de Harry Potter et l'enfant de l'amour)

Chapitre 10 : Le filleul

(POV Harry)

Depuis l'annonce par Rem et Rogue de notre départ prochain, j'avais vraiment du mal à faire comme si tout était normal, comme si ce qui allait se passer maintenant dans quelques heures à peine n'était pas si grave, comme si le fait de partir loin de tous ceux qui étaient ma vie ne me brisait pas à l'intérieur en des milliers de morceaux infiniment petits. Dans moins de vingt-quatre heures, à minuit très précisément, Dray et moi allions basculer vers un autre monde, un monde où Voldemort était au sommet de sa puissance, un monde où notre enfant se battait chaque jour pour protéger sa magie et sa force d'amour, un monde où mes parents, Remus et Sirius n'avaient que quinze ans, un monde où j'allais les connaître enfin vraiment. Je voulais me dire que tout se passerait au mieux, que c'était une chance extraordinaire pour moi d'enfin les découvrir vraiment, mais en même temps, j'avais gardé ancré en moi les souvenirs de la pensine de Severus dans laquelle j'avais malheureusement plongé pendant mes entraînements à l'occlumancie et légilimancie lors de ma cinquième année. Ce soir-là, dans la salle des Potions de Poudlard, j'avais découvert cette terrible scène du lac et elle m'était revenue assez cruellement en mémoire depuis que j'avais su que je les retrouverais tous très prochainement, au temps de leur scolarité. J'avais eu sincèrement de la peine et de la compassion pour Severus, comme il me l'avait pourtant dit, mon père se comportait avec lui comme la dernière des pourritures, profitant honteusement de sa force, de sa réputation et des maraudeurs plus nombreux pour rabaisser un adolescent seul et mal dans sa peau, comme je pouvais l'être moi-même à cette époque. Ce fait me perturbait sincèrement car peut-être je n'aimerais pas mon père et sa vantardise, Sirius et ses jeux puérils et blessants. Je m'étais construit à leur image, ils avaient été mes références et mes modèles jusqu'à ce jour-là, et après, malgré les tentatives d'explication de Sirius et Rem, je n'étais plus tout à fait aussi sûr de ce que je ressentais pour ce père que je n'avais pas connu mais les événements, les combats qui s'étaient précipités, la mort d'Albus, Ginny et Tonks m'avaient fait oublier tous mes doutes et là, tout me revenait de plein fouet.

Décidément, je ne parvenais pas à me rendormir, je savais pourtant qu'il était très tôt, le soleil de cette nuit d'été n'était pas encore levé et je n'avais rejoint Dray dans notre chambre que vers deux heures du matin. Voilà encore une nuit avec seulement quatre ou cinq heures de sommeil et encore est-ce que je pouvais vraiment dire que j'avais dormi, que je m'étais reposé, je n'avais eu de cesse de me tourner et me retourner dans notre lit. Je fus sorti de mes pensées par un grognement sonore :

« Potty, putain ! Tu me saoules, je suis fatigué, tu ne voudrais pas essayer de dormir un peu…

- Désolé, Dray, je ne pensais pas que je t'avais réveillé.

- Psss… Mon Potty, si je n'avais pas déjà été réveillé par tes mouvements si légers et discrets depuis que sa sainteté l'Elu a daigné me rejoindre pour que l'on partage notre couche à une heure plus que tardive, je crains que tes pensées si joyeuses et optimistes m'aient tout de même miné pour la décennie à venir et fais perdre le sommeil irrémédiablement de toute façon.

- Je… Excuse…

- Oh Pitié, petit chéri, arrête de t'excuser pour rien. Et d'abord… »

Avant même que je n'ai eu le temps de réagir, Dray basculait au dessus de moi et me dévisageait avec un regard séducteur et une lueur qui ne me disait rien qui vaille.

« D'abord, quoi ?

- Il me semble que c'est aujourd'hui le dix-huitième anniversaire de mon petit chéri, non ?

- Ah… Euh… Oui, oui, bien sûr.

- Alors, alors… Que vais-je bien pouvoir offrir à l'enfant chéri du monde sorcier ? Que désire mon cher époux ? Dis-moi, mon adorable, magnifique beau brun, dis-moi tout ce que tu désires… »

Il avait prononcé ces derniers mots en un chuchotement lascif et particulièrement érotique contre mon oreille, soufflant doucement dans mon cou. Je sentis des frissons parcourir mon dos et ne pus retenir un gémissement rauque de franchir mes lèvres, la bouche de Dray s'incurva en un sourire séduisant et promesse de mille tortures. Les mains joueuses et habiles de mon blond glissèrent sous mon tee-shirt, caressant, pinçant, très tendrement, il fit habilement passer ce vêtement gênant par dessus mes épaules et ma tête, je me cambrais déjà pour le sentir un peu plus contre moi…

« Dray… Je… Je t'ai déjà dit, la seule chose que je souhaitais pour mon anniversaire… »

Je vis alors mon blond se relever délicatement, me laissant quelque peu frustré et surpris de la brusque perte de sa chaleur, ses doigts caressaient gentiment ma poitrine, dans un lent va et vient, descendant et jouant contre mon nombril et son sourire se fit encore plus charmeur et enjôleur.

« Ecoute-moi attentivement mon petit chéri, je ne t'en ai pas parlé pour ne pas te donner de faux espoirs mais j'ai eu hier la confirmation du ministère…

- Comment ça ? Le ministère ? Tu as…

- Voyons, mon petit chéri, je sais que tu n'ais pas très au fait des petites manigances politiciennes et que contrairement à toi, j'ai été malheureusement à très bonne école avec mon géniteur mais tu es d'une naïveté touchante parfois. Tu croyais que ces abrutis du ministère refuseraient quelque chose à l'Elu et à son époux, l'unique héritier des Malefoy… Rappelle-toi des propos de Rem. A nous deux, nous sommes le couple le plus puissant existant et il ne s'agit pas simplement de notre force magique, au cas où tu en douterais encore. Tu imagines les titres de la Gazette si malencontreusement, le public apprenait que l'on refuse au Survivant, au grand Harry Potter, une petite requête, somme toute assez dérisoire, compte tenu de ce que tu as fait pour notre monde. C'est étrange quand j'ai dit cela à Scrim, il a été tout de suite nettement plus attentif à ma demande, je me demande bien pourquoi…

- Qu'est-ce qu'ils t'ont répondu, alors ?

- Que notre démarche était tombée en désuétude entre le quatorzième siècle et quinzième siècle, comme on s'en doutait grâce au parchemin, il était d'ailleurs plus que surpris que nous ayons eu connaissance de cette vieille coutume, mais il m'a affirmé qu'aucune loi sorcière actuelle ne pouvait s'opposer à notre demande.

- TU VEUX DIRE… »

Je m'étais redressé aussitôt et il éclata de rire à mon expression.

« Ils ont dit oui, tu le sais depuis hier et tu ne m'as pas prévenu ! TU ES UN VERITABLE FUMIER, MALEFOY ! TU SAVAIS QUE C'ETAIT TRES IMPORTANT POUR MOI !

- Mon petit chéri, j'adore ta douce et mélodieuse voix, mais je préfèrerais que Raphaël dorme encore quelques heures et si tu continues comme ça, il risque de se réveiller…

- Espèce de…

- C'est très vilain dans ta jolie petite bouche, ce genre de termes…

- Très drôle… »

Je me penchais vers Dray et déposais un tendre baiser sur ses douces lèvres, susurrant tout contre elles :

« Merci, merci, merci… Je t'aime, Dray…

- Mais j'espère bien, beau brun.

- Tu les as déjà prévenus…

- Non, je voulais qu'on le fasse ensemble et je me disais que le jour de ton anniversaire était la meilleure date possible. Je leur ai seulement demandé de passer à partir de 10 heures au square. Pour ce qui est de Poudlard, ta chère directrice…

- Minerva, Dray, elle s'appelle Minerva.

- Bon, c'est bon, arrête de soupirer. Je lui ai demandé si elle pouvait tout organiser à Poudlard pour les accueillir, elle est d'accord, de toute manière, je n'ai eu aucun mal à la convaincre, j'ai juste eu à lui dire que c'était une surprise pour l'anniversaire de son petit lionceau et elle a accepté.

- Et pour les chambres de Grimmaurd ?

- J'ai fini de les préparer hier soir, pendant que l'Elu s'entraînait encore une fois dans le grenier, et en même temps, je m'occupais de notre fils, tu sais parfois je me demande ce que tu ferais si je n'étais pas là.

- C'est parfait !

- Non, petit chéri, JE suis parfait, nuance…

- Et d'une modestie, Dray, tu es désespérant parfois…

- Oui mais tu m'aimes comme ça, mon amour et je vais te faire payer de m'avoir réveillé ce matin alors que j'étais encore très, très fatigué, compte tenu de tout ce que j'ai eu à préparer pour que mon petit chéri ait tout ce qu'il désire pour son dix-huitième anniversaire… Je te garantis que tu vas sombrer dans les bras de Morphée avec délice, petit chéri, tu vas me demander grâce, me supplier, je vais te tuer, Potty, je vais te tuer…»

Je me retenais de grogner lorsque Drago bascula lentement sur moi, ses yeux pétillaient de malice et de roublardise, il me fit un clin d'œil coquin et ses lèvres recommencèrent leur chemin, de ma mâchoire à mon cou. Je renversais ma tête le plus possible pour le laisser redécouvrir passionnément chaque centimètre de ma peau fine et pâle, je sentais le rythme sanguin de ma jugulaire s'affoler, mon pouls s'accélérait dangereusement, la chaleur et la douceur de son corps m'électrisaient véritablement. Mes mains se perdaient dans le bas de son dos, repoussant comme par réflexe son boxer qui m'empêchait de le sentir complètement contre moi. Il souriait de ma tentative un peu maladroite et par un habilement mouvement de bassin, il me contraignit à écarter les jambes, il appuya sadiquement sa cuisse contre mon entrejambe déjà très douloureusement tendue. Furieux, je marmonnais des borborygmes sans suite ni sens lorsque ses lèvres glissèrent doucement jusqu'à ma clavicule qu'il mordilla gentiment, nos doigts s'entremêlèrent inextricablement, ses attaques se firent plus pressentes, les traces du passage de sa bouche se perdaient maintenant sur mes tétons qu'il maltraita assez rudement. Je ne pus retenir un grognement rauque, bien incapable face à chacune de ses caresses de formuler une phrase un tant soit peu cohérente. Sa langue douce et humide se perdit dans une descente torturante et j'hurlais presque de frustration lorsque son souffle fut un frôlement contre mon sexe enfin libéré de tout vêtement d'un sort qu'il avait murmuré. Il appliqua d'abord des baisers vaporeux et irréels, ce supplice se poursuivit par un lent glissement, cette langue me faisait l'effet d'une lame de fond qui vous submerge et je me noyais avec délice entre ses bras, ma respiration se fit halètement et elle se bloqua complètement quelques secondes lorsqu'enfin, sa bouche m'enserra sublimement, cette déferlante de sensations était tout bonnement prodigieuse, chaque mouvement, chaque impulsion me rapprochait d'une extase inouïe. Mes yeux se fermèrent alors qu'un voile noir m'aveuglait. Je retombais presque mollement contre le matelas.

« Réceptif mon petit chéri, hein ?

- Dray…

- Joyeux anniversaire, Harry. »

J'ouvrais à peine les yeux, encore submergé par les brumes de cet orgasme, son visage était remonté doucement à hauteur du mien, sa bouche plongea contre la mienne et nos langues se mêlèrent délicatement, bien plus doucement, redécouverte de sensations merveilleuses, je sentais le goût de mon sperme un peu âcre et celui de mon amour, j'adorais cette saveur, notre saveur…

« Alors, ça te convient, beau gosse ?

- Je crois…

- Tu crois ? Tu m'insultes, là ! »

Je retenais avec peine un fou rire contre ses lèvres et il se vengea en me chatouillant traitreusement, je me tordais littéralement pour essayer de lui échapper.

« S'il te plaît… Arrête… Dray… S'il te plaît…

- OH, non, mon Potty, tu vas payer chèrement ta rébellion, petit chéri…»

Ce fut à cet instant précis que notre Raphaël sembla tester ses capacités vocales extraordinaires. Il hurlait si fort que j'étais certain qu'à l'autre bout de Londres, on devait entendre les sons mélodieux émis par notre fils. Je repoussais fermement le corps de Dray qui s'étira langoureusement et passa ses bras croisés sous sa tête pour se surélever tandis que je me relevais complètement, saisissant au passage mon boxer et mon tee-shirt lamentablement échoués au pied du lit.

« Potty, rappelle-moi d'expliquer longuement à ton fils que quand je veux m'envoyer en l'air avec toi, j'apprécierais qu'il évite de hurler comme un…

- Comme n'importe quel bébé, peut-être… Et dois-je te rappeler que c'est aussi TON fils, Malefoy !

- Quand il pleure ou qu'il faut changer ses couches, c'est le tien, amour ! Pour l'intelligence et sa beauté, je revendique totalement par contre la paternité !

- Vous êtes vraiment un père indigne, Drago Malefoy. »

Haussant les yeux au ciel, je soufflais plus par la forme alors que le blond riait, les larmes aux yeux. Je m'éclipsais pour gagner la pièce voisine, Raphaël gigotait comme un forcené dans son berceau et je me penchais vers lui. Ses yeux émeraude si semblables aux miens me dévisageaient, embués de larmes roulant sur ses joues trop roses de s'être tellement énervé. Je pris délicatement dans mes bras le petit ange, je commençais à murmurer des petits mots de réconfort tout en faisant de légers mouvements circulaires dans son dos pour l'apaiser puis je me souvins d'une chanson que Mione lui avait fredonnée la dernière fois qu'elle était venue nous voir à Grimmaurd et je la chuchotais contre sa tempe tout doucement. Je m'installais comme j'en avais pris l'habitude dans un vieux fauteuil à bascule qui avait autrefois appartenu à Molly et je sentais que mon bébé se calmait peu à peu, il retombait progressivement dans un sommeil paisible. Je fus sorti de mes rêveries lorsque j'entendis en un murmure la voix de Dray, il se tenait dans l'encadrement de la porte de chambre, vêtu simplement de son boxer :

« Tu sais que tu es absolument adorable comme ça, mon petit chéri, berçant Raphaël.

- Si tu le dis…

- Il dort ?

- Oui, il s'est rendormi, un cauchemar, je pense… Je pense que c'est Vol…

- Arrête, tu sais très bien que tu ne peux rien faire de plus… »

Drago s'était avancé vers moi et après avoir déposé un léger baiser sur mes lèvres, il passa sa main droite entre les quelques mèches blondes éparses de notre fils et finalement le prit dans ses bras très délicatement, puis le redéposa dans son berceau. Alors que j'observais fasciné les mouvements à nouveau lents et réguliers de la respiration de Raphaël, Drago se plaça derrière moi et m'enlaça, il avait naturellement passé ses bras autour de ma poitrine et je m'abandonnais contre son torse nu. Ses mains glissaient déjà sous mon tee-shirt, son souffle jouait sur la peau de ma nuque et tout contre mon oreille, il chuchota alors :

« Tu viens te recoucher, beau brun... Je n'en avais pas fini avec toi, au cas où tu aurais oublié, je t'ai promis de te tuer et tu sais qu'un Malefoy se doit de toujours respecter ses promesses… »

Sans attendre mon assentiment, il m'entraîna à sa suite vers le couloir. Nous passâmes ainsi une fin de nuit délicieuse, je m'endormais ainsi blotti contre son corps en sueur, ses bras autour de ma poitrine, je sentais juste son souffle contre mon épaule, ses cheveux blonds chatouillant ma mâchoire, groggy et heureux comme à chaque fois qu'il me faisait sien. Neuf heures sonnaient aux horloges du vieux manoir Black quand j'émergeais de ma torpeur, j'avais dormi presque trois heures sans interruption, sans aucun cauchemar venu ponctué mes rêves ce qui était assez exceptionnel depuis l'annonce de l'enlèvement de Raphaël par Remus. Je m'étirais doucement et alors que j'ouvrais à peine les yeux, je plongeai aussitôt dans les yeux gris et souriants de malice de Dray qui me fixaient visiblement depuis un certain temps.

« Tu ne devrais pas faire ça, beau brun…

- Pardon ?

- T'étirer aussi sensuellement…

- De quoi tu parles encore…

- On dirait un chat, c'est d'un érotique, tu n'imagines même pas et tu es d'une telle indécence. Tu vas encore me reprocher d'être totalement obsédé par ton joli petit corps ce qui en soit n'est pas à proprement parlé inexact, je veux bien le reconnaître, mais en fait, plus j'y pense, et plus je me dis que tu n'es pas aussi innocent et angélique que tu y parais, tu es même diabolique, absolument démoniaque, tu miaules et tu ronronnes tout contre moi en toute connaissance de cause, juste pour que je ne résiste pas et après, tu joues au parfait petit héros pur comme un bébé nouveau-né. Tu es le diable, Potty…

- Tu exagères à peine, là, Malefoy…

- Un Malefoy dit toujours la vérité et je n'exagère pas le moins du monde, Potter. J'ose espérer que tu te rappelles, c'était il y a un an, jour pour jour, je te réveillais dans cette même chambre pour te prévenir que tout le monde t'attendait pour célébrer ta majorité et tu t'étais étiré ainsi, si sensuellement que je n'avais pas pu résister, je t'avais embrassé sans ton autorisation, tu t'en souviens ?

- Et tu comptes réitérer ?

- Enfer et damnation, tu m'as démasqué, petit chéri… »

Alors que je souriais, je sentis sa bouche sur la mienne, et comme il y a un an, ce ne fut qu'un contact fugace, l'espace d'une seconde.

« Mon Potty, ce n'est pas que je ne voudrais pas encore une fois profiter honteusement de ton corps, bien au contraire même, mais, je crois qu'il faut vraiment qu'on se lève, ils seront bientôt là et je pense que nous allons devoir faire preuve de conviction si tu veux ton cadeau d'anniversaire, beau gosse…

- Tu crois… Enfin, tu penses qu'il refusera.

- Non, je le connais bien, il sera surpris mais il acceptera. Je n'ai absolument aucun doute.

- J'espère, Dray, j'y tiens vraiment, tu sais…

- On part ce soir et en plus, c'est ton anniversaire, ils n'auront pas le courage de te dire non, sinon je les tue moi-même, de toute manière.

- Dray, mon héros !

- Enfin, il était temps que tu reconnaisses ma véritable valeur, beau gosse.

- Je suis consterné, Dray ! Tu es absolument désespérant…

- Tu as dix secondes !

- Pardon ?

- Tu n'as plus que huit secondes pour te sauver avant que je ne me venge cruellement sur ton charmant petit corps… »

Je me débattais pour échapper à ses mains chatouilleuses et traîtresses, je me relevais péniblement et me précipitais vers la salle de bain, suivi par une furie qui me plaqua contre la paroi humide de la douche alors que l'eau chaude coulait sur nos corps enlacés. Nous profitions délicieusement de nos derniers moments chez nous avant notre départ. Au bout d'une demi-heure, Dray déposait un dernier baiser contre ma nuque et je ressortais, enfin prêt, avec un sourire ineffaçable sur le visage qui me valut une remarque sarcastique de mon Serpentard. Il me proposa de préparer le biberon de Raphaël et de le monter au salon pendant que je réveillais notre petit ange. Lorsque Drago nous rejoignit, j'étais installé sur un des fauteuils face à la vaste cheminée et je jouais avec notre fils, calé confortablement sur mes genoux. Dray me tendit le biberon, juste à la bonne température que notre enfant avala goulûment avant de sombrer dans de doux rêves, je le berçais encore quand nous entendîmes le son lugubre et mât de l'entrée de Grimmaurd qui se répandit sourdement dans tout le manoir.

« J'y vais, ça doit être eux…

- Je ramène Raphaël dans sa chambre, fais les monter ici.

- A vos ordres, Potty… »

Dray déposait un baiser sur mon front, juste au niveau de ma cicatrice et disparut en courant dans les escaliers de la vieille demeure Black, je n'attendis pas davantage, marchant le plus doucement possible pour ne pas éveiller mon bébé. Lorsque je regagnais finalement le salon, je fus accueilli par l'étreinte chaleureuse de celui que je considérais comme un père, et même peut-être davantage.

« Joyeux anniversaire, Harry.

- Rem, je suis tellement heureux de te voir, comment vas-tu ?

- Très bien, et toi, tu es resplendissant. Et où est le petit ange ?

- Il dort, dans sa chambre. Mais, ne t'en fais pas, il sera ravi de voir son tonton Rémy à son réveil. Severus, je… Je suis content que vous soyez venu également, c'est… Important pour Dray et pour moi aussi.

- Drago m'a instamment prié de venir à 10 heures, vous vouliez nous parler à Lupin et moi, je suppose que c'est au sujet du voyage temporel.

- Oui, enfin, pas complètement. Installez-vous d'abord… »

Après avoir conjuré un plateau avec quatre tasses de thé fumant, accompagné de quelques petits gâteaux, je désignais d'un geste de la main la large table en chêne au tour de laquelle nous étions tous réunis pour les fêtes de Noël l'an passé, le jour où Dray m'avait demandé en mariage. Dray me poussa gentiment vers une des chaises et il prit place à mes côtés, il ne lâchait pas ma main et cette attention plus que tout autre chose me touchait. Mon parrain et celui de Drago s'installèrent face à nous, sans attendre. Je comprenais finalement pourquoi je pensais maintenant que cette vieille baraque empreinte de magie noire était 'notre' maison, tous nos premiers souvenirs se trouvaient dans ses murs, l'arrivée de Drago dans ma vie, notre premier baiser, sa demande en mariage… Ce fut le raclement de gorge peu discret du Maître des Potions de Poudlard qui m'éloigna de mes souvenirs.

« Qu'est-ce qui se passe ? Il y a un souci avec votre départ ?

- Non, Severus, je t'assure que nous sommes fin prêts, ou presque. Mon petit chéri est de plus en plus impressionnant, tu peux me croire et visiblement tes séances en occlumancie ont été des plus efficaces, il parvient même à me refuser l'accès de ses pensées alors que j'utilise la transcendance paradoxale contre lui. Il connaît absolument toute la généalogie des Potter et des Malefoy, c'est d'ailleurs ce qui explique votre présence ici. En étudiant le parchemin, Harry a découvert une vieille coutume des familles de sang-pur qui est tombée en désuétude entre le quatorzième et quinzième siècle, les Black y ont eu recours lors de la grande guerre de cent ans entre les sorciers d'Angleterre et de France.

- Quel est le rapport avec nous Harry, explique-nous. Si on peut faire quoi que ce soit, nous le ferons, n'est-ce pas Severus ? »

L'ancien espion hocha fermement la tête en signe d'acceptation et je me retournais vers Drago qui me fit un léger clin d'œil :

« Vas-y, beau brun, à toi l'honneur, c'est ton idée, après tout…

- Bien, alors… C'est au sujet de Raphaël.

- Il y a un problème avec le gamin ? Il est souffrant, quelle potion vous faut-il ?

- Non, non, Severus, il va très bien, je vous assure. En fait, nous voulions vous demander quelque chose avant de procéder au voyage temporel… Je… Je veux partir en ayant protégé notre fils au mieux, je veux pouvoir être serein… Nous ne sommes pas sûrs… Enfin, on ne sait pas ce qui nous attend, je devrais être mort et Dray… Nous ne savons pas ce qui peut se passer, nous ne savons même pas si nous reviendrons et Raphaël va rester à cette époque, sans nous, peut-être pendant une très longue période. Je veux le confier à des personnes que j'aime et en qui j'ai toute confiance et c'est devenu une évidence, je veux dire avec le parchemin… J'en ai parlé à Dray, il était d'accord et il a contacté le ministère pour savoir si une quelconque loi sorcière actuelle pouvait s'opposer à une résurrection de cette pratique et Scrim a donné son accord hier.

- Le ministère ?

- Oui, Rem, pour être sûr que nous le pouvions. Je… Enfin, nous souhaiterions… Accepteriez-vous d'être ensemble les parrains de notre enfant ? C'est notre fils et comme nous ne serons pas là pour lui, nous voulons que vous l'éleviez ensemble. Il recevra ainsi l'amour et l'éducation de nos deux maisons, il aura une part des Gryffondors avec Rem et celle des Serpentards avec Severus comme il aurait eu avec Dray et moi. Je veux que vous réfléchissiez avant d'accepter, vous n'aurez pas un rôle traditionnel de parrain, qui doit soutenir de temps en temps son filleul, le guider dans ses choix. Nous ne vous demandons pas cela à la légère, vous serez les parents de notre fils, complètement, à chaque instant. Dray a terminé deux chambres à Grimmaurd face à celle de Raphaël pour que vous puissiez vous installer ici dès notre départ. Par ailleurs, Minerva est déjà au courant et si vous donnez votre accord, notre ancien appartement à Poudlard sera préparé pour vous et notre bébé… »

Je baissais les yeux instinctivement et ne pouvais m'empêcher de serrer plus fort la main de mon blond qui grogna légèrement de douleur. Je relevais finalement la tête pour observer mon parrain. Ses deux iris dorés me souriaient mais ce ne fut pas lui qui rompit le silence le premier :

« Harry, Drago, j'ignorais qu'un enfant pouvait avoir deux parrains, apparemment, c'est le cas. Je ne sais pas quoi vous dire… A part… A part que je suis honoré, sincèrement que vous me fassiez confiance, surtout toi, Harry, je sais que notre relation n'a pas toujours été des plus faciles et je… Je n'ai pas à réfléchir, je veux faire partie de la vie de Raphaël, ne serait-ce que pour ne pas faire de ce gamin un parfait petit gryffi courageux, Drago ne me le pardonnerait pas en plus et j'espère que Remus acceptera de passer au-delà de la rivalité des maraudeurs pour que nous cohabitions pour le bien-être de cet enfant. Lupin ?

- Inutile de me le demander Severus, mes valises sont déjà prêtes.

- Alors, vous êtes d'accord ? Enfin, je veux dire, ça implique que vous allez vivre ensemble pendant une très longue période.

- Je sais que la réflexion n'est pas votre point fort chez les Potter, mais, ce n'est définitivement pas mon cas et j'avais parfaitement compris toutes les implications de cette demande, Harry. Je vais partager un appartement à Poudlard avec un professeur loup-garou de son état et un marmot de quelques mois. Vous êtes rassuré ?

- Merci, merci infiniment. Je ne peux rien vous dire d'autre. Nous ferons la cérémonie de parrainage magique en présence de tout le monde, ils doivent venir vers midi… »

Je ne pus retenir un immense sourire et mon blond hocha la tête avant de déposer un baiser sur ma joue tendrement.

A suivre…