Message de l'auteure: Hey guys ! Je n'ai pas grand chose à dire pour ce chapitre, ce n'est pas un des plus palpitants mais l'histoire progresse. Sans plus tarder je vous laisse donc! Enjoy ;)


Chapitre 10 – Mais il y a toujours un « mais »

Draco ouvrit lentement les yeux. La première chose qu'il vit fut le plafond blanc et immaculé. Il pensa alors que tout n'avait été qu'un rêve, que rien de tout ça n'était arrivé. Le bonheur était quelque chose de totalement étranger pour lui et il était bien incapable de dire s'il s'agissait bien de ce sentiment qu'il ressentait. Mais les faits étaient qu'il se sentait bien. Pour la première fois depuis longtemps il se sentait bien. Un sourire se dessina sur ses lèvres et il tourna sa tête vers la droite en direction du brun allongé à côté de lui.

- Salut, dit-il.

Harry ouvrit les yeux, le considéra un instant comme déboussolé, puis sourit à son tour. C'était fou ce qu'il était beau. Sans même prendre la peine de réfléchir à ce qu'il faisait, Draco passa sa main dans la chevelure ébouriffée du Survivant et Harry lâcha un soupir d'aise à ce contact. Alors qu'il allait refermé les yeux, encore endormi, Draco prit la parole de sa voix tranchante si douloureusement habituelle :

- Potter, si jamais tu dis à qui que ce soit que j'ai pleurer je nierais tout et cette fois je détruirais plus que ton joli nez.

- Hmmm, marmonna le Gryffondor. J'ai toujours su que tu aimais mon nez Malfoy…

Draco leva les yeux au ciel et Harry lâcha encore un de ses éclats de rire si merveilleux. Oh comme il adorait ce rire… C'était presque trop beau pour être vrai. Le sourire de Draco disparut et il se leva lentement. Remarquant le net refroidissant du Serpentard, le brun se redressa et le considéra longuement, attendant qu'il s'exprime. Mais comme rien ne venait, il commença lui-même :

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Rien.

- Draco. Qu'est-ce qu'il y a ? insista Harry, sérieux tout à coup.

Le blond passa une main contre sa tempe sans se retourner vers lui pour autant.

- C'est trop facile, lâcha-t-il finalement.

Puis il lui fit face, la mâchoire crispé, les yeux fuyants. Draco avait peur. Il n'avait jamais été heureux, il ne s'était jamais senti bien. Que ce soit chez lui, à Poudlard, avec Blaise, ou ses autres amis, il y avait toujours eu un « mais ». Sauf qu'aujourd'hui il n'y en avait pas. Il se sentait bien. Point. Et cela l'inquiétait parce que dans sa vie rien n'était jamais parfait, ce n'était pas parce qu'Harry Potter y débarquait qu'il changerait ça.

- C'est trop facile. On ne peut pas avoir de « happy end » aussi facilement.

- Je pense qu'on s'est suffisamment démoli le portrait nan ?

- Je ne suis pas entrain de rire.

- Moi non plus.

Draco fronça les sourcils. Harry se leva pour lui faire correctement face.

- Tu as… commença le blond. Tu as dit que tu m'aimais.

- Je l'ai dit.

- Tu le penses ?

- On a déjà eu cette discussion.

- Mais c'est impossible ! Il y a forcément un truc qui cloche, un truc qui va tout foutre en l'air comme d'habitude ! Ca ne peut pas se finir aussi facilement !

- Je dirais plutôt que les choses commencent. Mais si ça te rassure dis-toi qu'il va falloir convaincre tous nos amis que l'autre n'est pas un monstre, que Serpentard et Gryffondor peuvent être amis, etc. Et ça ne va pas être facile.

Malfoy n'était pas vraiment convaincu mais se laissa faire. Après tout, ses idiotes réflexions et ses vieilles habitudes avaient toujours causé ses tords, il devrait peut-être écouter Potter de temps en temps. Il desserra les dents et soupira calmement. Il devait profiter de ce moment. Harry lui sourit et comme d'habitude Draco se sentit fondre. Il fit un pas en avant, éprouvant un brusque besoin d'être plus proche de lui. C'était pathétique mais il assumait. Le brun s'avança à son tour. Leurs lèvres n'étaient séparés que par d'infimes centimètre, chacun sentait le souffle de l'autre, respirait son odeur, percevait sa chaleur.

- Tu n'as pas à faire semblant Draco, murmura alors Harry. Pas avec moi. Plus maintenant.

Le blond ne répondit pas, se contentant de soutenir son regard.

- Tu peux être toi-même, continua le Survivant. Je t'ai déjà compris, j'ai déjà tout compris Draco.

Le jeune héritier hocha doucement la tête et s'empara alors de ses lèvres. Draco Malfoy se sentait bien et alors ? Leurs souffles s'entremêlèrent tandis qu'ils approfondissaient le baiser. Les mains d'Harry se refermèrent autour de sa nuque tandis que le blond posait les siennes sur son torse. Il pouvait sentir les pulsations affolées de son cœur sous ses doigts. C'était agréable de savoir que c'était lui qui provoquait cela. Et soudain, tout leur parut extrêmement simple. Ils s'étaient fait la guerre depuis des années et pourtant ce qui en résultait leur semblait d'une logique absolue. Leur place avait toujours été là : l'un près de l'autre. C'était quand même dommage qu'il est fallu un serment, une potion, un serpent, une fête, un coup de poing, deux Poufsouffles larguées et un cachot pour qu'ils réalisent cette évidence. Et même si un « mais » allait venir tout gâcher Draco s'en foutait royalement. Il était beau, jeune, un putain de Serpentard, adoré par toutes les filles de l'école et en ce moment même il roulait une pelle au héros de tous les temps alias fondateur de la race des beaux gosses (selon Ginevra Weasley). Il se séparèrent pour respirer et leur regard se croisèrent. Si jusqu'alors ils s'étaient montrés calmes, les sentiments qu'ils avaient ressentit l'un pour l'autre avaient toujours été violents et une passion dévorante ne tarda pas à tordre leurs estomacs. Un sourire arrogant se dessina sur les lèvres de Draco et une lueur de courage étincela dans le regard du brun.

- Tu ne me battras jamais à ce jeu, énonça le blond.

- C'est ce que tu penses.

Et, lui enserrant la tête, Harry lui offrit un baiser plus sauvage que tout ce qu'il avait échangé auparavant. Le Serpentard se laissa faire, reculant jusqu'à se retrouver dos et au mur, et là sans prévenir il plaqua Harry contre la paroi et reprit le contrôle du baiser. Leurs langues dansaient l'une contre l'autre en un balai terriblement entraînant. Et contre tout attente le goût du Gryffondor était absolument hypnotisant. Un feu inconnu prit naissance dans la poitrine glacée du blond qui à cet instant était plus près du volcan que de la neige. Harry lui enserra la taille d'un bras, le décoiffant de l'autre. Habituellement Draco aurait hurler si quiconque osant toucher à ses cheveux mais là, plus rien n'était habituel. Et de nouveau : il s'en foutait. Pensant avoir prouver sa supériorité, il relâcha sa pression sur les lèvres du brun et ralenti la cadence. Harry en profita alors pour s'arracher à ses lèvres et déposer sa bouche contre sa pomme d'Adam. Trop étonné pour réagir Malfoy le laissa faire, savourant la sensation de la langue d'Harry contre sa peau. Il était doué. Le blond poussa un grognement et Harry sourit sans pour autant s'arrêter.

C'est à ce moment là que la porte du cachot s'ouvrit à volée. En un bond les deux garçons se furent éloignés, quoi que toujours rouges et essoufflés. Hermione, Blaise, le professeur Snape et le professeur Dumbledore venait de faire irruption dans la pièce. Et ils étaient accompagnés de… Lucius Malfoy.

- Père ?

Une panique indescriptible prit possession du garçon. Le voilà, le « mais ». Les yeux du jeune héritier vinrent alors se poser sur Dumbledore et il se souvint de sa mission. Puis il croisa le regard écœuré de son parrain avant de se tourner vers Blaise. Le Serpentard lui adressa un clin d'œil suivi d'un coup d'œil en direction du Survivant.

- Mais que diable faisiez-vous ?! gronda le professeur de potion

Les deux ex-ennemis échangèrent un rapide regard. Harry sentit son cœur se serrer. Une véritable terreur brillait dans les yeux de Draco. Et pour cause, Lucius le regardait avec tellement de haine qu'il ne serait pas étonnant que l'héritier se consume sur le champ. Le Mangemort attrapa son fils par le cou et l'entraîna à l'extérieur. Le blond lui emboita le pas sans rien dire ni accorder le moindre regard au Survivant, suivit par Snape. Harry avait peur, terriblement peur. Il sortit du cachot à toute vitesse, près à poursuivre les Malfoy et dire au père tout ce qu'il pensait. Blaise Zabbini le retint par le bras.

- Ne va pas faire quelque chose de stupide Potter.

- Lâche-moi ! Je dois l'aider ! s'écria le brun.

- Tu ne ferais qu'aggraver les choses. Laisse-les laver leurs linges sales en famille. Les Malfoy sont des fiers et je pense pas que Lucius apprécie que tu te mêles de tout ça.

- Mais…

- Ecoute Potter, le coupa le black. Je sais que c'est nouveau pour toi mais ça va faire des années que je suis ami avec Draco, je l'ai déjà vu dans la merde mais genre bien profond. Alors évidemment que je m'inquiète mais on ne peut rien y faire.

Harry secoua la tête, pas convaincu. Cette fois c'était différent. Draco ne s'en sortirait pas, il le savait. Il tenta de se dégager du brun mais Dumbledore lui bloqua le passage.

- Mr Malfoy est venu chercher son fils pour une raison familiale, Harry tu n'as aucun droit et aucune raison d'intervenir.

Le Survivant jeta un regard désespéré à Hermione mais la jeune femme avait les yeux perdus dans le vide, vers la direction qu'avaient pris Draco et Lucius. Alors il se retourna vers son mentor et soutint son regard.

- Lucius va le forcer à vous tuer.

Les yeux de Blaise s'écarquillèrent, Hermione fit volteface mais Dumbledore resta impassible, froid même.

- Je le sais Harry.

- Quoi ?

Dumbledore lui adressa un sourire rassurant avant d'annoncer d'une voix forte et sans équivoque.

- Mademoiselle Granger, veuillez ramener monsieur Potter à la salle commune des Gryffondors, il me semble avoir besoin de repos.

Puis il tourna les talons. Mais Harry s'était lancé à sa suite.

- Vous êtes entrain de me dire que vous êtes au courant depuis le début ?! Vous saviez que Draco était menacé par sa propre famille, obligé de choisir entre la vie et le meurtre, et vous n'avez rien fait ?!

Le directeur de Poudlard s'arrêta et le fixa d'un air indéchiffrable.

- Vous ne pouvez pas le laisser comme ça ! Il est en danger ! Laissez-moi au moins aller l'aider !

- Harry ce serait te livrer à Tu-Sais-Qui, intervint Hermione

- JE M'EN FICHE ! Draco va mourir putain.

Un son étrange s'échappa de la gorge de Zabbini, comme s'il étouffait un rire ou une quinte de toux.

- Quoi ? lâcha Harry sur un ton acerbe

- Dis-moi, dit enfin Dumbledore. Qu'est-ce qui serait le pire ? Que Draco meure ou devienne un meurtrier ?

- Qu'il … commença-t-il

Le jeune homme se coupa lui-même, choqué par la raison qu'il allait apporter. Le pire serait que Draco meure. Mais il ne pouvait décemment pas dire ça à l'homme qui était le prix de sa vie. Il ne pouvait décemment pas dire ça à qui que ce soit. Alors il enfouit cette réponse sordide au fond de son cœur, là où personne ne pourrait la voir. Elle le brûlait comme une malédiction. Il avait accepter le meurtre. Pire, il avait accepté le meurtre de Dumbledore. Que penserait ses parents s'ils le voyaient ? Il avait passer toute sa vie à suivre leur chemin, faisant son possible pour les rendre fiers. Comment pouvait-il se trouver là aujourd'hui ? Depuis que Draco s'était réveillé tout semblait si compliqué. Sa vision du bien et du mal avait volé en éclat, ne lui laissant que des doutes et des incertitudes. Tout ce qu'il savait c'était que la mort de Draco serait le pire. Mais que Dumbledore devait vivre. Le choix n'était pas difficile à faire. Draco ne comptait que pour lui et Blaise, il était du mauvais côté, tout s'acharnait contre lui. Et tellement de gens avait besoin que Dumbledore vive ! A commencer par Harry, qui ne le remercierait jamais assez pour tout ce qu'il avait fait pour lui. Le garçon sentit son cœur se pétrifier et les larmes nouer sa gorge.

- Il n'est pas obligé de choisir, croassa-t-il la voix roque. Je peux le protéger, je…

- Dans ce cas, tu t'engagerais à être son dernier rempart, l'avertit Dumbledore. La dernière chose sur laquelle il puisse compter. Il perdrait sa famille.

- Bien sûr que je m'y engage ! s'énerva Harry. Sa soi-disant « famille » est la cause de tous ses problèmes.

Hermione ouvrit la bouche mais Zabbini fut plus rapide qu'elle, lui arrachant les mots de la bouche :

- Ca ne veut pas dire qu'il ne les aime pas.

Un lourd silence s'abattit dans le cachot à la suite de cette phrase et Harry serra les poings.

- Comment pourrait-il aimer quelqu'un qui se sert de lui ? Son père le torture, le force à faire le mal !

- As-tu déjà entendu parler de l'amour inconditionnel Harry ? souffla doucement sa meilleure amie

Il se tourna vers elle comme si elle avait perdu la tête.

- Draco n'aime pas son père ! Il le hait !

- Mais il l'aime aussi ! Je connais Draco depuis mes onze ans Potter. Je sais ce que je dis. Draco aura beau détester son père de toutes ses forces, il ne cessera jamais de l'aimer et de chercher son estime. De plus, il porte une véritable admiration pour sa mère. Alors oui Potter, si tu les poursuit et tente quoique ce soit, tu risque de le priver de sa famille. Même si tu l'en sauverait aussi.

Harry poussa un soupir exaspéré. C'était ridicule.

- Ce serait un choix égoïste Harry, lâcha Hermione dans un souffle.

Le garçon se raidit. Et un froid glacial se diffusa dans ses veines. Elle avait raison. Ce serait un choix égoïste. Mais il avait beau retourner les informations dans sa tête encore et encore, aucune issue ne lui apparaissait. Il se laissa tomber sur le sol et se prit la tête entre les mains, désespéré. Blaise se passa une main sur la tempe, pris une grande inspiration avant de se jeter à l'eau. Il fallait qu'il le dise. Il ne pouvait pas le garder pour lui. Cette certitude lui brûlait la langue aussi il la lâcha à voix haute, bien que redoutant ce qui suivrait :

- Draco ne choisira pas la mort.

Harry releva la tête vers lui, les yeux brillants.

- Je sais.