[Apprendre à aimer l'ennemi]

Chapitre 10 : Un jour de Noël particulier

Date de publication : 28 décembre 2015


Note de l'auteur : Bonjour !

J'espère que vous avez passé un joyeux Noël. Merci pour vos review/favoris/follow ça fait vraiment énormément plaisir !

Bonne lecture !


Seule, en sang, entourée d'ennemis sans visages, elle savait qu'elle ne s'en sortirait pas cette fois. Elle s'était bien trop jouée de la Mort par le passé et elle le payait aujourd'hui. Elle allait mourir, abandonnée de tous, dans les couloirs sans vie de l'école qu'elle chérissait plus que tout. Survivre… C'était devenu une sorte de mantra pour elle, seulement maintenant, c'était trop tard. Elle revoyait ces corps que la vie avait abandonnés. Pourquoi n'avait-elle pas pu mourir avec eux ? Elle avait dû voir s'éteindre ses amis un par un jusqu'au dernier. Cette souffrance était finie désormais. Elle allait pouvoir rejoindre ceux qu'elle aimait. Elle écarta lentement les bras, se préparant à subir une fin lente et douloureuse. Elle ne connaissait que trop bien ses adversaire pour savoir qu'ils ne lui feraient pas l'honneur d'une mort rapide et indolore. Mais cette torture physique ne serait rien à côté de toute la souffrance morale qu'elle avait enduré. Même affreuse, elle accueillerait cette mort comme une douce consolation. Elle ferma les yeux et entendit la voix sifflante de l'homme qui lancerait le sort qui l'achèverait…


Hermione se réveilla en sursaut, elle avait crié, elle en était sûre. Elle était en larmes et en sueur. Encore ce fichu cauchemar, songea-t-elle. Depuis la fin de la guerre, la Gryffondor s'endormait chaque soir avec la hantise de refaire ce rêve. Elle revoyait tous ses amis morts au combat, puis Ginny, Harry, Ron… Tous sans vie, et elle, en ultime survivante…

Hermione se secoua. Elle ne devait pas penser à ça maintenant. Elle s'exhorta à sortir du lit et descendit dans la salle commune. Drago y était déjà, affalé dans un canapé. Elle eut soudainement peur. Et s'il l'avait entendue hurler ?

- Joyeux Noël, la salua-t-il.

Noël ? Noël ! On était le 25 décembre et elle avait complètement oublié ! Elle aperçut une pile de cadeaux devant la cheminée.

- A toi aussi, balbutia-t-elle. Tu as déjà ouvert tes cadeaux ?

- Je t'attendais. Quoi ? Ouvrir ses cadeaux seul c'est triste non ? Se défendit-il alors qu'elle haussait les sourcils.

Hermione soupira de soulagement. A l'évidence, il n'avait rien entendu. La jeune femme sourit et sautilla vers ses présents comme une petite fille. Drago secoua la tête en la voyant faire. Non mais quelle gamine, pensa-t-il. Il s'approcha également de la cheminée devant laquelle sa colocataire était agenouillée, peinant à défaire le nœud du papier d'emballage. Lui-même saisit le premier paquet qui lui tomba sous la main et chercha le nom de l'expéditeur. Blaise et Pansy. Il sourit. Quoique les autres puissent en dire et en penser, le trio des Serpentard était vraiment uni. Il ouvrit le présent et découvrit… Un livre. A la vue du titre, le jeune homme explosa de rire.

- Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ? Demanda Hermione, interloquée.

Pour toute réponse, Drago lui tendit l'ouvrage qu'il avait reçu, tout en essayant de reprendre son souffle.

- « Mille et une astuces qui feront à coup sûr craquer une sorcière », lut-elle à haute voix. Je ne vois toujours pas ce qu'il y a d'amusant.

- C'est une vieille plaisanterie entre nous, expliqua le blond, haletant. Blaise se plaignait toujours du nombre de filles que je ramenais au dortoir et Pansy est aberrée que je « joue avec de pauvres filles innocentes » selon ses mots. C'est une sorte de clin d'œil.

- Je comprends mieux, sourit Hermione. Mais Parkinson et toi… Et bien…

Elle piqua un fard et s'interrompit. Le rire de Drago redoubla d'intensité.

- Moi et Pansy ? Jamais de la vie, rit-il. Est-ce que je te demande moi, si tu as déjà fait quoi que ce soit avec Potter ?

- Avec Harry ? Berk non sûrement pas ! C'est comme mon frère.

- Pansy et moi c'est exactement la même chose, expliqua-t-il en prenant un air docte.

Il se repencha vers ses cadeaux et Hermione fit de même. Le Serpentard attrapa son second cadeau, de la part de sa mère. Il commença par lire le mot qu'elle avait glissé dans le ruban.

« Mon cher Drago,

J'ai retrouvé ces vieilles partitions dans un tiroir. Je sais que tu en feras meilleur usage que moi.

Joyeux Noël. »

Drago sourit devant cette belle attention. Sa mère ne lui avait peut-être pas offert un présent somptueux mais ça le touchait plus que n'importe quoi d'autre.

- Tu joues du piano ? Demanda Hermione.

En effet, la jeune sorcière s'était penchée, intriguée, vers le cadeau que son colocataire venait de recevoir et avait été absolument stupéfaite en reconnaissant des partitions pour pianiste.

- Un petit peu, oui, fit le Serpentard en haussant les épaules.

- Tu peux me montrer ? Réclama-t-elle.

- Une autre fois si tu veux, lui sourit-il.

- On va déjeuner ? Viens ! Dit la Gryffondor en sautant sur ces pieds.

Drago la suivit et ils sortirent ensemble de leur salle commune. Le jeune homme s'étonna de ne voir personne dans les couloirs. Il en fit la remarque à sa colocataire qui lui répondit que tous les élèves étaient sûrement partis après le bal afin de passer Noël en famille. Ils arrivèrent dans une Grande Salle quasiment déserte et se séparèrent pour regagner leur table respective.


Lorsque Drago fut arrivé au niveau de la table des Serpentard, Blaise le prit à part.

- Blaise, que t'arrive-t-il ? Questionna Drago, inquiet de voir son meilleur ami aussi tourmenté.

- J'ai un problème Dray, un énorme problème. Promets-moi de ne pas te moquer, d'accord ?

- Je te le promets.

- Je crois que… Je crois que… Blaise déglutit, respira et regarda son ami droit dans les yeux. Je crois que je suis amoureux de Weasley girl.

Le Prince des Serpentard écarquilla les yeux.

- C'est une blague ?

- J'ai l'air de rire, sombre crétin ? Je ne sais pas quoi faire parce que mes parents se tueraient s'ils m'entendaient dire ça, de plus, ils m'ont arrangé un mariage avec une Sang-Pur irlandaise mais je l'aime comme un fou !

Malefoy regardait son meilleur ami, sceptique. Blaise avait souvent des mini-crises d'amour pareilles à celle-ci qui ne duraient jamais bien longtemps mais cette fois, il avait l'air dans un état différent.

- Tu es sûr que ce n'est pas encore une de tes lubies amoureuses ? Demanda Drago, moqueur.

Le métis le fixa d'un œil noir et le blondinet leva les mains en signe de consentement.

- Fais ce que tu veux mais garde bien à l'esprit que c'est la copine de Celui-qui-a-survécu.

- Je le sais bien, idiot.


De son côté, Hermione avait rejoint ses amis à la table des lions.

- Joyeux Noël !

- Joyeux Noël Hermione, et merci pour ton cadeau !

- Merci à vous, c'était vraiment une très bonne idée !

- Tu sais, fit Ginny sur le ton de la confidence, Ronald avait aussi quelque chose pour toi mais il l'a brûlé quand…

- Bonjour tout le monde, joyeux Noël, lança Ron qui venait de débarquer, tenant Padma par la main.

Il regarda Hermione de haut en bas, un air de dégoût plaqué sur le visage. La lionne, blessée par cette attitude, sauta sur ces pieds et sortit en courant de la Grande Salle.


- Et c'est à ce moment-là que… Drago ? Tu m'écoutes ? Insista Pansy.

Non, Drago ne l'écoutait pas. Il avait suivi toute la scène qui venait de se dérouler à la table des Gryffondor. Il s'excusa donc auprès de ses amis et quitta à son tour la salle. Il s'empressa de regagner ses appartements, sachant qu'il la trouverait là-bas. Effectivement, elle s'y trouvait, mais bien loin de la trouver en pleurs comme il s'y attendait, il découvrit une Hermione en rage. Elle faisait les cent pas et, au sol, on pouvait voir les débris du vase qui se trouvait normalement sur la cheminée.

- Ce vase ne t'a rien fait, me semble-t-il, murmura doucement le Serpentard.

- Très drôle Malefoy, répliqua-t-elle sarcastiquement.

- Malefoy ? Où est donc passé le « Drago » d'hier ?

Elle ne répondit rien, se détournant seulement.

- Je croyais que tu valais mieux que lui, cracha-t-il durement. A l'évidence, je me suis trompé. Tu es faible. Il peut faire ce qu'il veut de toi rien qu'en te regardant. C'est pathétique.

Hermione se retourna d'un bloc.

- Je. Ne. Suis. Pas. Faible, asséna-t-elle en serrant les dents.

- Prouve-le, dit-il simplement.

- Comment ?

- Sois plus forte. Arrête de t'emporter. Montre-lui que ce qu'il fait n'a aucune prise sur toi. Ignore-le. Occulte son existence.

Ils se regardèrent un instant, se défiant du regard. Puis, lentement, la lionne acquiesça et le serpent sourit.


Note de fin : Alors, ça vous a plu ? On va voir ce que va donner ce Blaise/Ginny.

A la semaine prochaine !