Coucou, un peu d'avance pour ce chapitre. ^^
Comme je ne suis pas sûre de pouvoir le publier ce soir ou même demain, je le fast maintenant.
Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai bien ce chapitre, je me sis bien amusé à l'écrire et à imaginer les différentes réactions de Law. XD
Avant toutes choses quelques réponses aux commentaires:
Speedyamel: Je suis contente que la fic te plaise, même si je dois avouer que le début de ton comm m'a fait très peur. XD
Je me doutais que Law n'avait pas vraiment de chance contre Doflamingo, tout du moins tant qu'il l'affrontait seul. Par contre je ne pensais pas que ça tournerais en enlèvement. Michant Doffy!
Et non, j'ai pas abandonné mon blog, mais je n'ai pas vraiment le temps de m'en occuper pour le moment. J'espère que ça reviendra vite.
Remilia29: Contente que ça t'ai plu. Eh oui, quand on est le Chirurgien de la Mort, on a parfois besoin d'une Atlante pour parler à sa place. XD
Seran n'a pas fini de faire le négociateur entre Law et les autres.
La Crimineuse: Merci pour tes compliments. Ils me font très plaisirs.
Merci à tous d'être encore là pour suivre ma fic, je vous adore. ^^
Chapitre 10:
Le reflet du père.
Le plan de Law s'avéra on ne peut plus simple. Comme il l'avait déjà prévu plus tôt dans l'après midi, il divisa leurs forces en deux groupes. Le premier, composé de Luffy, Zoro, Usopp et lui-même, était chargé de se rendre dans la mine. Pendant que Luffy et Zoro feraient le maximum de raffut en éliminant tout se ce qui se dresserait sur leur route et en libérant les hommes prisonniers, Law et Usopp s'occuperaient de placer des explosifs aux endroits stratégiques pour fermer définitivement la mine. Le second groupe, comprenant Seran, Bepo, Nami, Robin et Sanji, devait s'introduire le plus discrètement possible dans la cachette des enfants et les libérer avant la fin du compte à rebours. Law pris bien soin de préciser à tout le monde qu'ils n'avaient que deux heures pour mener leur mission à bien. Passé ce délais, il ne pouvait garantir la sécurité des traînards. Ceux qui devaient rester sur les navires reçurent l'ordre de rester en alerte et de se préparer soit à intervenir en cas de problèmes, soit à un départ précipité.
Contactés par escargophone, Usopp, Robin et Bepo ne rejoignirent le groupe principal qu'après la tombée de la nuit. Ils portaient tous trois les explosifs et le matériel que Law comptait utiliser pour fermer la mine. La plupart des femmes étaient déjà rentrée chez elles, comprenant qu'elles n'obtiendrait aucune réponse de Milo, alors que les pirates s'installaient dans le saloon pour préparer leur action. Maria laissa sa cuisine à la disposition de Sanji qui se proposait de restaurer tout ce petits monde pendant que Law et Usopp préparaient les explosifs. Le cuistot prépara aussi une portion soigneusement étudiée pour Milo, afin qu'il se rétablisse rapidement.
Le calme régnait dans la salle tandis que Law et Usopp se concentraient sur leur tâche. Luffy, qui semblait au comble de l'ennui, se morfondait, à demi allongé sur la table devant laquelle il était assis, ses bras tombant jusqu'au sol. Le plantureux repas que Sanji venait de lui servir semblait l'avoir calmé pour quelque temps, ce qui l'empêchait de se plaindre du manque d'action. Les autres s'occupaient comme ils pouvaient en faisant le moins de bruit possible afin de ne pas déranger le délicat travail des artificiers en herbe.
Assise près de Law, Seran l'observa un moment en silence, essayant de comprendre comment fonctionnaient les petites bombes qu'il préparait. Elles étaient on ne peut plus simples, quelques bâtons d'explosifs liés en botte et relié à un petit boîtier qui devait probablement servir de système d'allumage. Elle savait ce que c'était, les explosifs n'étaient pas inconnus en Atlantide, mais elle n'en avait encore jamais vu de tel. Elle les trouvait un peu rudimentaires mais se garda bien de le faire remarquer. Tant qu'ils remplissaient leur fonction, elle ne demandait rien de plus.
Fatiguée et accablée d'ennui, la jeune femme ne se rendit pas vraiment compte qu'elle fermait les yeux et se laissait glisser contre le dossier de sa chaise jusqu'à ce que sa tête tombe sur l'épaule de son capitaine. Law se redressa et baissa les yeux vers la tignasse blonde qui se répandait sur sa chemise. Dérangée par le mouvement, Seran serra les lèvres à la manière d'un bébé gêné dans son sommeil. Law soupira en levant les yeux aux ciel puis se concentra à nouveau sur sa tâche.
Pendant que les pirates s'occupaient de leur préparatifs, Milo, qui s'était glissé hors de la chambre et agenouillé derrière la rambarde du balcon, observait ce qui se passait en bas. Il ne pouvait nier qu'il était curieux. Ces pirates l'intriguaient plus qu'il ne voulait l'admettre. Il ne comprenait pas pourquoi ils ne se comportaient pas en brutes sanguinaires comme ils étaient sensés l'être. Pourquoi aucun d'eux n'avait encore attaqué les femmes? Elles étaient pourtant des proies faciles pour eux. Son père lui avait pourtant dit que les pirates étaient des monstres. Il lui avait même raconté des histoires terrifiantes illustrant bien leur cruauté. Il ne pouvait pas s'être trompé à ce point quand même!
− Quelque chose ne va pas, Milo?
Le gamin se tourna vers Maria qui se penchait vers lui avec un sourire.
− Je comprends pas, fit-il en se tournant à nouveau vers ce qui se passaient en dessous de lui. Les pirates sont des monstres assoiffés de sang, c'est père qui me l'a dit. Alors pourquoi ceux-là son différents?
− Tu sais, il y a bien des sortes de gens dans ce monde, répondit la barmaid en s'agenouillant près de lui. Il y en a des méchants et des gentils. Certains ne supportent pas l'injustice et d'autres n'aiment que faire souffrir. C'est vrai que les pirates sont des monstres. Enfin, la plupart d'entre eux. Il y a tellement de raison qui poussent des jeunes gens à devenir pirates. L'appât du gain est la principale, la soif de pouvoir en est une autre. Mais il y a aussi des gens qui choisissent de devenir des pirates pour d'autres raisons: la soif de liberté, l'aventure, la vengeance, le dépit ou même, certains, par défi contre les lois établies qu'ils trouvent injustes. On ne peut pas savoir ce qui a poussé ceux-là à devenir pirates mais je suis sûre d'une chose: ils n'ont pas de mauvaises intentions. En tout cas pas contre les innocents. S'ils avaient voulu nous faire du mal, il y a longtemps que ce serait fait.
Milo prit une longue et lente inspiration, comme s'il avait du mal à assimiler cette réponse.
− Père a dit que les pirates étaient des monstres, sans exception. Il ne m'aurait jamais menti.
− Tu as raison, répondit Maria. Pas volontairement. Mais tu sais, le Docteur était un ancien marine, et les marines sont entraînés à voir tous les pirates comme une menace et à les éliminer. Pour lui, en effets tous les pirates étaient des monstres. Mais tu as la preuve sous les yeux que même la Marine peut se tromper.
− Pourquoi? Demanda l'enfant d'une voix presque désespérée.
− Beaucoup de choses entre en ligne de compte. Des choses que nous ne comprenons pas parce qu'elles sont trop complexes. La politique, les idéaux du Gouvernement Mondial et la loi qu'il décide. Les devoirs de la Marines sont dictés par beaucoup de choses. Si le gouvernement veux que tous les pirates soient des monstres et que la Marines les anéantisse tous jusqu'au dernier alors c'est ce qu'elle fera, parce que c'est son devoir. Mais souvient toi de ça, Milo. La Justice que brandit la Marine n'est rien d'autre que l'idée que les dirigeant de ce monde s'en font. Rien de plus, rien de moins.
L'enfant fronça les sourcils et se redressa.
− Quand j'aurai ton âge, je saurai comprendre tout ça?
− Oui, j'en suis certaine, répondit Maria en riant. En attendant, ton bain est prêt, tu viens?
Abandonnant son observation, Milo la suivit dans la salle d'eau où l'attendait un bain bien mérité.
Maria ne rejoignit ses invité que de longues minutes plus tard après avoir aidé Milo à se savonner et à laver ses cheveux sale. Elle le laissa s'éponger tranquillement avant de lui prêter des vêtements appartenant à son fils aîné. Milo était un peut plus âgé que lui, et bien plus grand, ainsi le pantalon et la chemise s'avérèrent trop petits pour lui, mais c'était toujours mieux que de se promener en haillons. Elle laissa l'adolescent décider seul s'il voulait rester dans sa chambre où descendre et satisfaire sa curiosité.
− On dirait que Miss Seran est fatiguée, remarqua-t-elle en descendant l'escalier. Je peux lui préparer une chambre, si vous voulez.
Entendant son nom, l'Atlante redressa la tête.
− Nan, je dors pas! Affirma-t-elle les yeux encore fermés.
Quelques secondes plus tard, cependant, sa tête reprenait sa place sur l'épaule de Law et un ronronnement de chaton comblé se fit entendre.
− Tu m'en diras tant, soupira le jeune homme, tandis que Luffy s'étranglait de rire.
Maria se planta près de la table à laquelle officiaient Law et Usopp:
− J'ai fait passer un message aux autres femmes, annonça-t-elle. La plupart de nos otardes sont entre les mains de Darkov et de sa clique, mais en mettant en commun celles que nous possédons encore, ça devrait suffire.
− Otarde? Qu'est-ce que c'est? Demanda Usopp d'une voix tremblante.
Il semblait anxieux à l'idée de rencontrer une bête qu'il n'avait encore jamais vu.
− Ce sont les montures qu'on utilise sur l'île, expliqua Maria.
Le trouillard de service déglutit difficilement.
− C'est dangereux?
− Non, fit la barmaid d'une voix rassurante, tant qu'on ne les excite pas, il n'y a rien à craindre.
Usopp n'en sembla pas vraiment convaincu et il fallut un regard noir de Law pour le remettre au travail.
La nuit était déjà bien avancée quand les apprentis artificiers en finirent enfin de leur tâche. Voyant Usopp se lever et Law se redresser en se massant la nuque, Luffy bondit sur ses pieds.
− On y va maintenant?
Il fallut à Law toute la maîtrise dont il était capable pour ne pas découper le le garçon caoutchouc sur le champ.
− Laisse leur cinq minutes pour souffler, Luffy, réprimanda Sanji.
Il posa un mug de café bien chaud devant chacun des artificiers en herbe et ajouta une assiette de petits gâteaux maison. Voyant Luffy s'approcher de la table d'un air avide, le cuistot l'écarta d'un coup de pied pour être certain qu'il ne pille pas la nourriture réservée aux deux autres.
Law s'adossa à sa chaise en retenant l'envie grandissante de s'étirer. Seran prenait toujours son épaule pour un oreiller et était actuellement très occupée à ronronner dans son oreille. Le bras du jeune homme était un peu engourdi et il aurait volontiers voulu bouger pour se débarrasser de cet engourdissement qui le mettait mal à l'aise.
− Hé bien, ça en fait des bombes, fit une voix sur sa droite.
Tournant la tête, Law vit Luffy debout près de lui, ses yeux écarquillés fixés sur les explosifs soigneusement alignés sur la table.
− Où t'as eu tout ça?
− La Marine me les a gentiment fourni, répondit le chirurgien avec un sourire en coin.
Comprenant parfaitement ce qu'il voulait dire par là, Luffy lui rendit son sourire, semblant satisfait de la réponse.
− Il est temps d'y aller.
− Enfin! s'écria Luffy en levant les bras au ciel.
Law secoua Seran.
− Réveille-toi, ordonna-t-il.
Après un sursaut, la jeune femme se redressa et regarda autour d'elle, les yeux encore chargés de sommeil. Law se leva et s'étira, essayant de détendre son bras engourdi.
− Prêt, demanda-t-il.
Tous les pirates acquiescèrent. Law et Usopp rangèrent précautionneusement les bombes dans des sacs. Seran s'accouda à la table et enfouit sa tête entre ses bras avec un bâillement.
− Seran, appela Law.
La jeune femme sauta sur ses pieds.
− Réveillée, affirma-t-elle avant de regarder autour d'elle, encore ensommeillée.
Quelques rires se firent entendre. Seran se frotta les yeux pour les aider à rester ouverts plus de cinq secondes avant de se tourner vers son capitaine.
− J'ai dormi?
− Pas qu'un peu.
− Oups!
Elle bâilla une dernière fois prenant soin de se cacher derrière sa main.
Maria, la barmaid, revint au saloon en annonçant qu'elle avait récupéré toutes les otardes disponibles en ville. Il n'y en avait pas assez pour tout le monde mais il faudrait s'en contenter. Les pirates sortirent du saloon, laissant Law attendre que Seran finissent de réveiller quand des pas retentirent dans l'escalier. Levant la tête, ils furent surpris de voir Milo descendre. Lavé et habillé de propre, le gamin était méconnaissable. Ses cheveux avait perdu leur couleur rougeâtre sale et terne au profit d'un blond lumineux et sa peau pâle n'était plus couverte de cette immonde boue de sang séché et de poussière rouge coagulé. Ses yeux bleu en amande paraissaient plus vifs que jamais. Il semblait d'autant plus grand et dégingandé qu'il portait des vêtements trop petits pour lui: son pantalon lui arrivait bien au dessus de la cheville et sa chemise était entrouverte sur le torse.
Le voyant descendre ainsi accoutré, Law ressentit comme un violent coup dans la poitrine. A la place du gamin, c'est une autre silhouette, cruellement familière, qu'il vit approcher. Grognant, le jeune homme s'appuya au dossier d'une chaise en fermant les yeux tandis qu'un flot de souvenirs mal venus inondait sa mémoire.
− Capitaine? s'inquiéta Seran, près de lui.
Law ouvrit les yeux.
− Ça va, affirma-t-il en essayant de chasser l'étrange impression que le gamin lui inspirait soudain.
Milo se planta devant eux. Ce n'est qu'à ce moment qu'ils purent pleinement se rendre compte de sa jeunesse que sa grande taille avait tendance à faire oublier.
− Je vais avec vous, lança-t-il d'un air décidé.
− Pas question, fut la réponse catégorique de Law.
Le gamin lui lança un regard de défi.
− Je vous demande pas la permission, grogna-t-il. Je vais avec vous, point. Je veux me rendre utilise. Je veux aider mes amis.
Et surtout, je veux comprendre ce qui vous rend si spécial! Ajouta-t-il pour lui même.
− Utile en nous gênant? Railla Law.
− Il y a des pièges, affirma le gamin, tout le long du chemin vers la prison. Je peux vous aider à les éviter.
Cette affirmation fit réfléchir le pirate.
− Comment?
Comprenant qu'on lui laissait une chance, le gamin la saisit à pleines mains.
− Comme ça, fit-il avec un sourire en coin qui mit Law mal à l'aise.
Un instant plus tard, son corps s'effaçait pour laisser sa place à un nuage brumeux.
− Le Mysto-Mysto Fruit, expliqua-t-il en reprenant sa forme normale. Je commence à le maîtriser. C'est grâce à lui que j'ai pu m'échapper.
Sous le coup du choc, Law recula et s'appuya contre la table, massant ses tempes en un geste qui lui devenait de plus en plus familier.
− Il va bien? Entendit-il Milo demander à Seran.
− Un peu fatigué, je pense, répondit-elle.
− Comment as-tu eu ce fruit? Demanda-t-il sans ouvrir les yeux.
Un instant de silence, puis:
− Ma mère. Elle m'a raconté qu'elle l'avait pris avant de partir de chez elle, avant ma naissance. Elle pensait le vendre pour avoir assez d'argent et pouvoir trouver un endroit calme pour m'élever. Mais finalement elle n'a pas eu besoin de le vendre, ou elle n'a pas voulu, je ne sais pas très bien. Quand elle est morte elle me l'a laissé. C'est la seule chose de valeur qu'elle m'a légué. J'avais le choix entre le manger et le vendre pour trouver un endroit meilleur. J'ai choisi de le manger.
Law pris une longue et lente inspiration avant de la relâcher, soudain très pale.
− Qu'est-ce que tu sais à propos de ton père?
Le gamin secoua la tête:
− A part que ma mère l'aimait comme une folle et que c'était un pirate, rien.
Ça sembla achever Law.
− Capitaine? Intervint Seran de plus en plus inquiète. Tu te sens bien?
Elle fit un mouvement vers lui mais il l'arrêta d'un geste de la main.
− Oui, c'est juste que ...
Il se passa une main sur le visage.
− On verra ça plus tard.
Il se redressa et ajusta la sangle de son sac sur son épaule.
− Si jamais ce gamin te pose des problèmes, abandonne-le, ordonna-t-il à l'Atlante, retrouvant son aplomb habituel.
Comprenant que c'était la manière du pirate de lui donner son autorisation, Milo laissa un petit sourire victorieux étirer ses lèvres. Il eut du mal à ne pas sauter sur place tandis qu'il sortaient du saloon derrière les deux pirates, afin de rejoindre leurs alliés.
Ils attendaient devant un bâtiment semblable à une grange situé non loin du saloon. Maria et deux autres femmes discutaient un peu plus loin. Elles s'interrompirent en les voyant approcher. Un instant, Maria regarda Milo avec surprise, mais elle s'abstint de toutes protestations, ce qui sembla rassurer le gamin. Maria s'avança vers le groupe tandis que ses deux compagnes restaient en arrière.
− Bien, fit-elle en se plantant face aux pirates. Lilly et Sania ont accepté de nous prêter leurs otardes, mais comme je l'ai dit, il n'y en as pas assez pour vous tous. Vous allez devoir monter à deux sur la même bête.
Ça ne sembla pas particulièrement déranger les pirates. Au contraire, certains en semblèrent même ravis.
− Tu entends ça, Nami-chérie, s'écria Sanji en se précipitant vers la rouquine, des coeurs dans les yeux. Tu vas pouvoir monter sur mon destrier blanc, ton corps frimissant serré tout contre le mien.
− Tu rêves! Répliqua-t-elle en empoignant sa baguette climatique.
Un éclair fendit le ciel nocturne et frappa le cuistot.
− L'amour vient de me foudroyer, s'écria-t-il en s'étalant de tout son long sur le sol.
− T'es vraiment qu'un crétin, fit Zoro en fixant le blond de son oeil valide.
− Répète un peu, sabreur de pacotille!
Sanji sauta sur ses pieds et en balança un coup vers son équipier qui para de l'un de ses sabres sans même le sortir de son fourreau. Ils échangèrent quelques coups sous les regards complices et amusés de leurs camarades. Law en revanche dû faire un effort pour ne pas laisser éclater l'irritation qui montait en lui depuis son débarquement sur cette île.
− Ils sont tous fou, fit Seran en se demandant si elle devait rire ou commencer à s'inquiéter.
− Bon, elles viennent, ces montures? s'impatienta son capitaine.
Avec un hochement de tête, Maria ouvrit la porte de la grange. Un silence stupéfait suivit la découverte de leurs fiers destriers.
− Ils connaissent pas les chevaux, dans le coin? Siffla Seran à mi-voix.
Les otardes étaient en réalité de grosses autruches jaunes, plus grande que Law et pourvues de longues pattes qui s'achevaient pas trois doigts minis de griffes plus longues que la main. Même leur bec crochu semblait passablement dangereux. Sellés et bridés comme des chevaux, les animaux paraissaient toutefois particulièrement ridicules. Ça n'empêcha pourtant pas Luffy de se ruer vers eux en criant:
− Wahooooooooooo! Des poulets géants! Tu imagines la taille du pilon!
Il se tourna vers Law avec son sourire idiot habituel mais l'autre capitaine préféra s'abstenir de répondre. La créature qu'il approchait, cependant, affolée par ses cris, poussa un couinement strident et lui attrapa aussitôt la tête dans son bec, le secouant comme un sac vide. Luffy poussa un petit cri étranglé tandis que son cou s'allongeait, l'oiseau le traînant derrière lui, obligeant ses compagnons à se lancer à ses trousses pour lui faire lâcher prise.
− Espèce de crétin, s'écria Zoro en voyant la scène. Mais comment tu as encore fait pour te foutre dans cette situation.
Law se détourna en se massant les tempes et Seran les regarda arracher leur capitaine au bec du volatile en se disant que si elle devait raconter ça un jour, personne n'y croirait.
Maria expliqua rapidement comment monter une otarde puis les pirates se concertèrent pour déterminer qui chevaucherait avec qui. Obéissant à une logique que lui seul comprenait, Luffy décréta qu'il monterait avec Bepo et l'ours polaire n'osa pas refuser. Seran ouvrait la bouche pour proposer à Law de la prendre sur sa monture mais il la prit de vitesse.
− Toi, tu restes avec moi, ordonna-t-il en lui lançant un regard qui la dissuadait clairement de refuser.
La jeune femme lui répondit d'un sourire et le regarda approcher l'une des créatures. Maria lui expliqua rapidement comment monter et, quelques secondes plus tard, il était en selle. La bête, cependant, ne sembla pas apprécier son cavalier et, d'un bond gigantesque, parvint à le désarçonner. Les quelques rires moqueurs qui se firent entendre s'étranglèrent bien vite devant le regard mauvais qu'il avait en se relevant. Époussetant son manteau noir avec toute la dignité qu'il lui restait, il se dirigea vers l'oiseau. La bête sembla saisir le danger, car son aigrette fièrement dressée s'aplatit tout d'un coup et elle n'essaya même pas de se dérober quand il attrapa la bride passée autour de son bec.
− Écoute, toi le piaf, grogna-t-il d'une voix sourde que seul l'oiseau put entendre. Si tu me refais un coup pareil, si tu refuses encore d'obéir, je laisse l'idiot de service te bouffer pour le petit déjeuner, compris?
Curieusement l'oiseau lança un regard vers Luffy qui dansait en riant, une immense plume issue de la queue de sa propre monture piquée dans son chapeau de paille. Que ce soit à cause de cette remarque où de l'aura menaçante qui émanait de lui, Law parvint à faire passer le message avec une efficacité inattendue. L'oiseau inclina son cou vers lui et le laissa se remettre en selle sans bouger. Utilisant la bride, Law dirigea sa monture, maintenant bien plus coopérative, vers Seran à qui il tendit une main afin de l'aider à monter. Bien qu'encombrée par Kikoku, qu'elle n'avait toujours pas lâché, l'Atlante parvint à se hisser derrière son capitaine avant de caler le nodachi entre eux.
Après de longues minutes de négociation et quelques acrobaties qui furent presque aussi spectaculaires que la chute de Law, tout le monde fut enfin en selle. Connaissant le chemin de la mine, Maria pris la tête du groupe, suivit par Milo à qui Usopp s'accrochait comme à une bouée de sauvetage. Luffy riait et plaisantait comme un gamin dans un parc d'attraction et Zoro lui cria une ou deux fois de faire attention à ce qu'il faisait tandis que Nami jurait contre l'idiot qui avait laissé son capitaine prendre les rênes. La petite voix de Bepo s'en excusa d'ailleurs à chaque fois que leur monture menaçait d'en renverser une autre.
Les bras serrés autour de la taille de Law, Kikoku coincé entre eux, Seran ne parvenait pas à s'empêcher de penser, les yeux fixés sur l'oiseau que montait Milo et Usopp des mètres devant eux. Bien que Law ait fait comme si rien ne s'était passé, elle ne parvenait pas à se sortir de la tête la réaction du jeune homme. Il était évident que quelque chose avait choqué son capitaine quand il avait vu Milo descendre les escaliers. Il avait découvert quelque chose qui l'avait déstabilisé. Elle savait qu'il valait probablement mieux laisser ça filer, mais elle ne parvenait pas à se débarrasser de son inquiétude. Elle avait le sentiment que c'était important.
− Capitaine?
Un grognement lui répondit.
− Tout à l'heure, avec Milo-kun, que s'est-il passé?
Silence. Pendant un moment, Seran pensa qu'il n'allait pas lui répondre.
− Je t'ai parlé de Doflamingo Donquijote?
Seran hocha la tête, resserrant machinalement son étreinte autour du jeune homme.
− Ce type qui t'a infligé ces blessures, c'est ça?
− Oui.
Il se tut un instant avant de reprendre d'une voix lente, choisissant ses mots avec soin.
− J'ai travaillé pour lui, il y a longtemps. Ce n'était pas par choix. Il m'a littéralement kidnappé quand j'étais gosse. Quand j'ai rejoins son équipage, il y a treize ans, il était à la recherche d'une femme. Sa maîtresse. Elle venait de le trahir et de s'enfuir en emportant l'un de ses trésors les plus précieux. L'un des fruits du démon de sa collection. Le Mysto-Mysto fruit.
− Le fruit que la mère de Milo lui a légué?
− Oui. Mais ce n'est pas tout. Ce gamin, Milo. Je n'avais pas remarqué quand il était dans cette chambre. Mais ... Ses cheveux, la forme et la couleur de ses yeux, sa taille et même la façon dont il se tient ... C'est Doflamingo en plus jeune.
Il ne fallut pas plus à Seran pour assembler ce qu'elle venait d'apprendre à ce que Milo leur avait raconté. Law la sentit raffermir son étreinte sur sa taille et plonger son visage entre ses omoplates. La voix assourdie de la jeune femme lui parvint un instant plus tard.
− Tu pense que le gamin est ...
Elle laissa sa phrase en suspend, sachant parfaitement qu'il avait compris ce qu'elle suggérait.
− Ça m'en a tout l'air.
