Chapitre 9
Comme prévu, dans l'après-midi, le patron du secteur B15 arriva, pressé et très énervé. Frank eut à peine le temps de dire un mot, et Havoc sut tout de suite qu'il ne fallait surtout pas contrarier cet homme. Imposant, bien que de taille moyenne, brun, le regard perçant et mauvais, cet homme avait des objectifs, et était prêt à tout pour les atteindre. Il passa devant le bureau de surveillance et se rendit directement à la chambre d'Edward. Un coup d'oeil à travers le barreaux de la porte lui indiquèrent que beaucoup de choses avaient changé depuis le départ du vieux Hakuro, qui s'occupait du gamin.
En le voyant, Edward se tassa sur son lit, espérant peut-être passé inaperçu.
L'homme tourna la tête vers les deux gardiens quand ils arrivèrent près de lui, l'ayant suivi.
"Je veux des explications !"
"Monsieur, il ne se passe rien d'anormal..."
"Cet enfant est un sujet d'expérience, pas un individu avec qui sympathiser ! Je pensais avoir pourtant été très clair !"
"Oui, monsieur, mais..."
"Non !!"
Frank et le patron se tournèrent vers Havoc, qui rougit.
"Non... ? C'est-à-dire ?"
"Euh... rien... c'est juste..."
"Vous sembliez convenir, pourtant, Havoc. J'attendais de vous plus de rigueur dans votre travail."
"Monsieur, il faut reconnaître qu'il a raison..."
"Frank, je ne vous ai pas parlé ! Restez à votre place !"
"Sauf votre respect, je ne pense pas que cela puisse encore continuer longtemps. Ce n'est qu'un gamin !"
"Taisez-vous, Frank ! C'est un ordre !"
L'homme les bouscula pour repartir dans le couloir, vers le bureau. Mais Havoc continua :
"Vous êtes une belle pourriture, vous le savez, au moins ?"
"... !!"
Il se retourna d'un bond, les fusillant du regard.
"Havoc, reste en dehors de ça. C'est à moi de régler cette histoire."
"Frank, vous savez que vous risquez l'expulsion si vous ajoutez quoi que ce soit !"
"Je le sais, monsieur... ! Mais si je n'ai pas pu tenir ma langue au laboratoire n°5, je ne vois pas pourquoi j'y arriverais ici. Ce que vous faites, nous ne vous laisserons pas continuer ! J'irai prévenir l'armée si vous ne changez pas immédiatement de méthodes !"
"Je vous ai prévenu, Frank... !"
"Vous êtes une immonde pourriture, un enfoiré qui prend plaisir à martyriser un enfant juste pour son profit personnel !"
"Frank... !"
"Et je ne vous laisserai pas continuer comme ça... !"
Pan.
Le coup de feu partit dans le plus total ahurissement.
Havoc, resté en arrière, ne comprit pas très bien ce qui venait de se passer.
Mais quand il vit Frank tomber à la renverser, la poitrine en sang, il eut un hoquet de frayeur, et recula jusque devant la chambre.
L'homme brun à l'autre bout du couloir le fixa avec sévérité, le revolver pointé sur lui, le canon encore fumant.
"Je savais que ce type était trop vieux pour rester tranquille. Vous, en revanche, vous êtes trop jeune pour rester insensible. C'est bien dommage. Il va me falloir employer deux hommes supplémentaires."
Il avança lentement, toujours visant le blond.
"À moins que vous ne soyez plus coopératif que votre vieil ami ?"
Havoc sembla se réveiller.
"Vous êtes un monstre !!"
L'homme sourit :
"Tant pis."
Et le coup de feu partit.
Quand Havoc était reparti, en lui disant qu'il devait régler un problème avec Frank, Edward s'était contenté de s'asseoir et de jouer tranquillement avec sa peluche. Il aurait préféré que le jeune homme reste avec lui, mais il n'avait pas osé demander. Deux heures s'étaient écoulées ainsi, assis par terre, contre le lit, attentif aux sons qui lui parvenaient depuis l'autre bout du couloir. Et puis, il y avait eu cet homme, qu'il avait reconnu ; celui qui menait les opérations, donnait des ordres aux autres médecins. Instinctivement, en l'entendant approcher, Edward était monté sur son lit, et avait baissé les yeux. Il l'avait reconnu à sa voix. Jamais, au grand jamais il n'aurait voulu voir son visage. Monsieur Jean était une exception. Il était gentil. Il s'occupait vraiment bien de lui... mais les autres... jamais...
Il reconnut aussi la voix de monsieur Jean, et celle de Frank le gardien. Ils... se disputaient...? Pourquoi ? À cause de lui ? Pourquoi l'homme était-il si en colère... ? Pourquoi ciraient-ils, tous... ?
Il sentit des larmes couler sur ses joues... Il n'aimait pas cela...
Et puis, tout à coup, un bruit retentissant, dont l'écho avait longtemps résonner dans le couloir. Edward avait écarquillé les yeux, terrifié.
Havoc avait encore parlé. Il l'avait vu marcher devant la porte... Il avait osé le regarder, dans l'espoir de croiser son regard, dans l'espoir d'être rassuré...
Mais au lieu de cela, encore ce bruit.
Sous les yeux horrifiés de l'enfant, le sang avait jailli, et le blond s'était effondré à son tour.
Edward hurla.
Et tout devint blanc, s'illumina autour de lui...
Retour fracassant avec ce chapitre certes bien trop court, mais riche en action. Enfin j'espère.
Merci d'avoir patienter, même si d'un autre côté, vous n'aviez pas vraiment le choix... -.-°
