Chapitre 10
Lorsque Dean se réveilla de nouveau, il mit quelques secondes à se souvenir où il se trouvait. Puis, quand il aperçut le lit vide à ses côtés, il se releva brusquement et fit un rapide tour de la chambre. Il jeta un coup d'œil au réveil posé sur la table de nuit qui indiquait qu'il était midi et demie largement dépassée.
J'ai dormi tant que ça ? Et où est Sam ?
Il attrapa son portable afin de le joindre mais, à ce moment-là, la porte d'entrée s'ouvrit, laissant apparaitre le jeune Johnson, les bras chargés de vivres.
« Bien dormi ? s'enquit le nouveau venu. »
Dean vint à sa rencontre et lui retira quelques sacs des bras qu'il déposa sur la table de la petite cuisine qu'ils avaient à leur disposition. Sam en fit de même avant de s'asseoir sur l'une des chaises et de sortir ses recherches effectuées dans la matinée. Il attrapa l'un des sachets et en sortit un hamburger et frites pour son ami tandis que lui s'était pris une salade.
« Ah, merci. Il n'y a rien de meilleur qu'un tel repas pour bien se remplir la panse. »
Alors qu'il mordait dans son sandwich, le plus jeune fit une grimace.
« Malors ? Qu'ech t'as chtrouvé ?
-…
-Sam ? l'appela Dean après avoir avalé sa bouchée.
-Pardon ?
-Alors, qu'as-tu trouvé ?
-Ah oui, excuse-moi. J'ai répertorié toutes les victimes qui sont décédées dans les mêmes circonstances, c'est-à-dire avec le cœur arraché.
-Et ?
-Cela dure depuis un an et demi. Chaque mois, une nouvelle victime est annoncée. Personne n'a encore fait le rapprochement. La dernière personne découverte est Abby Morin. Elle était âgée de dix-sept ans et habitait avec ses parents.
-C'est vraiment répugnant. Comment peut-on s'en prendre à une gamine ? »
Sam acquiesça doucement. Cela l'avait rendu malade de voir l'âge de la plupart des cibles.
« Tu as son adresse ? reprit son interlocuteur.
-Oui.
-Très bien. On va interroger ses parents.»
Seulement, en se levant, il remarqua que le jeune homme n'avait pas touché son repas. Il se rassit sous le regard surpris de l'autre.
« On ne devait pas y aller ?
-Après que tu ais mangé.
-Je n'ai pas très faim. Les recherches de ce matin m'ont coupé l'appétit.
-Mange.
-Je suis pas un gamin. »
Un regard noir de son ami le fit changer d'idées. Il prit sa fourchette en main et commença à déguster sa salade.
« Du coup… qu'est-ce qu'on va faire une fois arrivés là-bas ?
-Utiliser nos identités de reporters, les mettre en confiance et avoir quelques informations sur ceux qui auraient pu lui en vouloir.
-Ce n'est pas certain qu'ils acceptent de nous parler. Ils viennent de perdre leur fille.
-On tente. Mange maintenant. »
Sam fit une moue mais termina finalement son repas. Une heure plus tard, ils partaient. Dix minutes de plus et il sonnaient à la porte des Morin.
« Je ne sais pas si ça va vraiment marcher si on agit ainsi.
-On est reporters, Sam.
-Ils viennent de perdre leur fille. Ils sont surement encore sous le choc.
-Je sais que ce n'est pas vraiment des circonstances mais, c'est sans aucun doute dans un tel moment qu'on a plus de chance de les faire parler. »
Le plus jeune voulut lui répondre mais la porte s'ouvrit en même temps, laissant apparaître une jeune femme, âgée d'une vingtaine d'années. Elle avait des cheveux blonds bouclés qui lui tombaient sur les épaules et dont la couleur faisait ressortir ses yeux bleus. De taille fine avec de bonnes proportions, Sam tiqua un peu, sachant pertinemment que son coéquipier allait sortir le grand jeu. Un coup d'œil sur sa gauche et il vit son sourire charmeur.
« Bonjour, mademoiselle. Je suis désolé de vous déranger mais nous sommes reporters et pour un article, nous avons …
-Excusez-moi mais, mes parents ont déjà tout dit à la presse.
-S'il-vous-plait. Nous ne serons pas long.
-Je viens de vous dire que…
-Alissa ? Qui est-ce ? demanda une voix plus grave.
-Ce n'est rien, Papa.
-Bonjour, fit le nouvel arrivant en poussant un peu plus la porte. »
Celui-ci était un peu plus petit que Dean. Il avait le crâne dégarni, les yeux marrons et les épaules carrées.
« Bonjour, mon…, commença le plus âgé des deux reporters.
-Bonjour, monsieur Morin, le coupa Sam, Nous sommes vraiment désolés de vous déranger dans de telles circonstances mais comprenez-nous. Si vous répondez à nos questions, nous ne pourrons que plus vous aider à coincer ce monstre qui a fait une telle horreur à votre fille. »
Dean jeta un coup d'œil à son collègue avant de reporter son attention sur la famille. Le père fit un signe à sa fille qui soupira avant de partir. La porte s'ouvrit entièrement et le patriarche se tourna vers les deux hommes.
« Entrez, je vous en prie.
-Merci beaucoup. »
Sam fit un sourire à son compagnon et, entra dans la demeure, Dean à sa suite. Cinq minutes plus tard, ils étaient installés dans le divan, les parents en face d'eux, dans un autre divan tandis que leur fille se trouvait sur un fauteuil.
« Que voulez-vous donc savoir ? s'enquit cette dernière, sur un ton agacé.
-Nous allons droit au but afin de ne pas vous déranger plus qu'il ne le faut, dit Sam en commençant à écrire sur un calepin, Savez-vous ce que votre fille faisait le soir de sa mort ?
-Elle travaillait, comme elle le faisait à chaque fois qu'elle avait fini les cours. Elle avait un petit boulot et ce soir-là… »
Le père s'arrêta tandis que les larmes lui montaient aux yeux. Ce fut Alissa qui reprit la parole.
« Elle était en retard quand Papa a décidé d'aller la chercher. Il l'a trouvé à deux rues d'ici. »
Les deux reporters grimacèrent. Un père ne devrait pas découvrir son enfant décédé de telle façon. C'était tout simplement cruel. Seulement, ainsi était la vie. Si elle pouvait être joyeuse et belle, elle pouvait paraître tout aussi cruelle et froide.
« Je suis désolé, fit Sam, C'est une chose que les parents ne devraient pas avoir à supporter.
-Dans ce cas-là, que faites-vous ici ? s'énerva Alissa, Vous pensez qu'ils n'ont pas eu assez de questions ? Vous croyez que ça les amuse de devoir se souvenir d'Abby et…
-Alissa, calme-toi, s'il-te-plait, lui intima sa mère en pleurant, ces messieurs ne font que leur travail.
-Mais…
-Alissa, hurla le père, cela suffit. Messieurs, continuez, je vous en prie. »
Le plus jeune hésita quelques instant avant de reprendre.
« Avait-elle un petit-ami ? Avait-elle de mauvaises fréquentations ?
-Qu'insinuez-vous ?
-Rien du tout, dit Dean, Je sais combien cela est dur pour vous. Seulement, nous sommes obligés de vous poser ce genre de questions.
-Elle n'avait pas de petit-ami, répondit Alissa.
-Et, c'était une gentille personne. Tout le monde l'appréciait. Elle aidait ceux qui en avaient besoin, travaillait en-dehors de ses cours et avait de bons résultats scolaires. Ses amis ne lui auraient jamais fait de mal.
-Vous ne voyez donc personne dans votre entourage qui aurait pu lui en vouloir ?
-Non.
-Même de votre côté à vous ? Je veux dire, vos collègues, vos patrons ou même vos amis ?
-Non. Comme l'a dit ma femme, Abby était appréciée de tout le monde. Elle n'a jamais eu aucun problème.
-Très bien. Dernière question et nous ne vous embêterons plus par la suite. L'avez-vous vu agir de manière étrange ces derniers temps ?
-Pas que je sache, répondit Monsieur Morin.
-Elle était plus craintive, fit en même temps sa fille, Elle m'a avoué craindre d'être suivie. Seulement, à chaque fois qu'elle regardait en arrière, il n'y avait personne.
-Vous ne l'avez pas crû ? s'enquit Dean.
-Une fois, je me trouvais avec elle lorsqu'elle a eu cette impression. Nous nous sommes retournées et il n'y avait personne. Pour m'en assurer, j'ai fait deux fois le tour du quartier. Il n'y avait rien. Après cet incident, elle ne m'en pas plus parlé.
-Vous croyez que cela a un lien ? s'inquiéta la mère.
-Je suis navré mais nous ne pouvons pas vous le confirmer avant de l'avoir vérifier. »
La famille acquiesça. La discussion dura encore quelques minutes avant que les jeunes reporters ne quittent la demeure. Juste avant de monter dans l'Impala, monsieur Morin les rejoignit.
« Oui ?
-Puis-je vous demander de me tenir informer de l'enquête, s'il-vous-plait ?
-Monsieur…
-Ma fille est morte. Je sais que vous êtes reporters mais… vous me semblez quelque peu différent de ceux qui sont venus jusqu'à présent. Pouvez-vous me tenir au courant, s'il-vous-plait ?
-Nous le ferons, si cela ne vous mets pas en danger, vous et votre famille. Mais, vous devez également promettre de ne rien faire d'insensé. »
Dean et son interlocuteur restèrent quelques secondes à se regarder dans les yeux avant que le dernier n'acquiesce doucement. Il lui tendit sa main.
« Merci beaucoup pour ce que vous faites. »
Le plus âgé des journalistes la lui serra et monta dans sa voiture. Sam reproduit les mêmes gestes et deux minutes plus tard, la Chevy partait.
Voilà la fin d'un nouveau chapitre et ... je dois malheureusement vous annoncer que la fin arrive d'ici deux chapitres.
Le douzième marquera la fin de la fic ^^
Je vous remercie d'avoir continué à lire.
Les reviews sont les bienvenues.
Bisous et à bientôt.
Jubei/Kazuki.
