Merci pour vos encouragements en tout genre !

Pour répondre à Dreamylove : Heu... tu sais, t'as le droit de lire quand tu veux, ou quand tu peux... :D Et je crois que tu n'es pas la seule à attendre le retour de Paul... et à ne pas trop aimer Rachel... Merci pour ta review, elle m'a bien fait rire... ;)

Je précise une petite chose pour rassurer les inquiètes^^. J'ai pas prévu de tuer qui que ce soit dans cette fic, je sais où je vais et comment ça va finir, mais y'aura pas de mort, promis. Je ne suis pas une "writer serial killer" tout de même. Clarisse, tu peux ranger ton fusil !^^

Bonne lecture.


- T'as fini de dire des conneries ? Je savais déjà que tu te complaisais dans la culpabilité, mais pas à ce point. Si Paul est l'homme que tu aimes et que tu veux, alors donne toi les moyens de l'avoir et cesse de jouer les misérables indignes d'être aimées. Sur ce, dors ! Ordonna Demetri.

Et il me serra contre lui, j'entendis très vite sa respiration devenir régulière, tandis que mon esprit volait à Forks et que je me demandai ce que pouvait faire Paul à cet instant.


Les jours suivants, nous partîmes en randonnée dans la région d'Olympie et nous rigolâmes beaucoup, nous nous chamaillâmes aussi. Comme avant, comme en Italie quand nous étions un couple. Pour moi, peu de choses avait changé, mais pour Demetri, c'était comme des adieux, il profitait au maximum de ces moments avec moi, parce que quoiqu'il se passe dans ma vie, il savait que je ne lui demanderai jamais de redevenir mon confident, mon pilier.

Le vendredi nous prîmes la direction de Forks et tout le bien-être que j'avais ressenti pendant le trek s'envola. Je conduisais sans entrain et Demetri se moqua de moi.

- Si tu continues de ralentir, je vais finir par descendre pousser la voiture.

- Bah, on n'est pas pressés. Grondai-je.

- Je te rappelle que j'ai promis à Leah que tu serais chez elle à 20h, et tu seras là ! Ne me fais pas mentir. Me sermonna-t-il.

Comme je n'accélérai pas, il soupira et proposa.

- Tu préfères que je prenne le volant ?

Je me garai et le laissai conduire. J'appréciai de me perdre dans mes pensées plutôt que me concentrer sur la route. Nous nous arrêtâmes enfin devant chez Charlie, la maison était vide. Dès que j'entrai dans la cuisine, je m'émerveillai devant le magnifique bouquet de roses rouges qui trônait au centre de la table. Une petite carte accrochée à une tige disait simplement « Félicitations ». J'inhalai le parfum délicat de mes fleurs préférées et souris en pensant que mon père devenait sentimental.

Nous nous préparâmes rapidement et je conduisis jusqu'à la Push. Quand nous arrivâmes chez Leah, des nombreuses voitures étaient déjà stationnées devant sa maison. Je jetai un œil vers la demeure de Paul et notai que sa cuisine était éclairée. Peut être que je ne le verrai pas ce soir, et comme toujours mon cœur se coupa en deux, une partie était ravie, l'autre désespérée.

Demetri me poussa vers la porte d'entrée, alors pour lui voler un peu de son courage, je m'accrochai à son bras, il ricana en levant les yeux au ciel. Leah devait nous guetter et nous n'eûmes pas le temps de frapper, elle ouvrit en grand et nous fit une sorte de révérence en criant.

- La reine de la soirée est enfin là !

J'entendis mes amis applaudir mais cela ne n'atteignit pas, je ne voyais que le regard noir de Paul bloqué sur mes mains enroulées autour du bras de Demetri. Mais que faisait-il là ? Pourquoi était-il venu ? Il devrait être dans sa cuisine ! Leah cria quelque chose et je sursautai, l'air sûrement paumé. Demetri rigola et je me laissai aller contre lui, il passa son bras sur mon épaule. Paul que je conservai dans mon champ de vision, se retourna, serait-il jaloux ?

Je me décidai à remercier mes amis. Je leur présentai Demetri et nous fîmes le tour de la pièce pour qu'il rencontre enfin tous les quileutes. Charlie était là et il prit son air le plus méchant en toisant mon ami. Je lui mis une tape sur le bras en levant les yeux au ciel.

- Papa, j'ai fait le tour du monde pendant 3 ans, sans avoir de chaperon. Tu veux bien arrêter de jouer les pères protecteurs ? J'ai l'impression de revenir en arrière, le soir du bal de printemps quand tu as essayé de faire peur à Tyler.

- Tu sais qu'il était beaucoup plus effrayant à l'époque, mais j'étais plus jeune et plus influençable.

Je sautai au cou de Tyler que je n'avais pas remarqué, obnubilée par les yeux de Paul. Il me serra contre lui, puis me repoussa au bout de ses bras.

- C'est vrai que tu as perdu du poids. Faudrait penser à te remplumer, sinon je ne t'emmène plus danser !

Je ne répliquai pas et le pressai encore contre moi, j'étais vraiment heureuse de le revoir, mon adorable cavalier. Il grogna tout à coup.

- Be.. lla... tu... m'étou...ffes...

- Petite nature ! Répondis-je en le relâchant.

Demetri parlait avec Charlie qui avait calmé le jeu du père despotique. Je m'immisçai dans leur conversation et remerciai mon père pour le superbe bouquet.

- Merci ma fille, mais ce n'est pas moi. Un livreur l'a apporté juste avant que je parte. J'ai préféré le laisser à la maison plutôt que de l'abîmer en le transportant dans la voiture.

- Je n'ai pas vu la carte de l'expéditeur. Dis-je fronçant les sourcils.

- Il n'y avait que celle que j'ai laissée, sans nom.

- T'as une idée de l'envoyeur ?

- Désolé Bella, tu veux que je mette tous mes agents sur le coup ? Rigola-t-il.

Je levai les yeux au ciel puis me penchai vers Billy. Son regard doux me mettait toujours à l'aise, il me félicita plusieurs fois et murmura.

- Ce n'est pas moi non plus, les jolies fleurs. Je regrette d'être trop vieux pour t'envoyer des roses rouges. Me taquina-t-il.

- Comment tu sais que ce sont des roses rouges ?

Il me fixait d'un air un peu moqueur, mais répondit aussitôt.

- Charlie nous l'a dit. Il était aussi excité qu'une puce.

Je le scrutai pour savoir ce que son regard narquois cachait, mais il me fit le fameux sourire solaire des Black et je soupirai. Mais le dit sourire s'effaça un peu quand Demetri s'approcha de nous, Billy me parut un peu plus sec que d'habitude et cela me surprit. Je décidai de creuser cette impression plus tard et j'entraînai Demetri plus loin.

Leah l'embrassa sur les deux joues en le remerciant de sa bonne influence, Angela lui indiqua qu'elle voulait discuter avec lui en tête-à-tête, ce qui fit grogner Embry et ricaner le reste de la salle. Kim et Emily l'accueillirent aussi très gentiment. Mais par contre les mecs qui s'étaient regroupés près des boissons, le regardaient comme un intrus. Je m'approchai d'eux, traînant toujours Dem derrière moi.

- Je te présente Sam, Jared, Quill et Paul. Ne te laisse pas impressionner par leurs regards menaçants, ils ne sont pas vraiment méchants.

- T'en es sure, Bella ? Rétorqua Jared sans sourire.

- Bon, vous allez faire la gueule toute la soirée. Je ne devais pas venir avec un ami ? En plus, c'est Leah qui l'a invitée, pas moi.

- Tiens donc. Et toi, tu serais venue sans ton petit-ami ? Insista Jared toujours aussi sérieux.

- Moi, je ne voulais même pas venir et Demetri n'...

La fin de ma phrase se perdit dans un brouhaha infernal, Seth venait d'entrer et apparemment Leah n'était pas enchantée de cette arrivée soudaine.

- Cette soirée est en l'honneur de Bella alors si tu es venu pour elle, tu es le bienvenu, sinon tu te fais oublier et je te vois demain !

- Ça va ! Je vais être sage, promis ! Ironisa le jeune Clearwater.

Leah entraîna son frère dans la cuisine et nous l'entendîmes le sermonner. Demetri détourna notre attention en tendant la main à mes amis. Ils acceptèrent tous, de la serrer, même Paul, mais je remarquai la petite grimace de Dem, le quileute lui avait broyé les doigts. Je ne dis rien, je les laissai régler ça. Finalement mes amis m'embrassèrent, tous, sauf le dernier.

- Bonsoir Paul.

Je me mis sur la pointe de pieds pour embrasser sa joue, il ne fit aucun effort pour m'aider et il ne me répondit pas. Quand il vit que je restai plantée devant lui, il s'éloigna vers Charlie et Billy. Je serrai les dents, mais ne me laissai pas envahir par la colère.

- Je peux vous laisser Demetri ? Vous me le rendrez en bon état ? Demandai-je aux quileutes.

- T'en fais pas, Bella. Comme tu l'as dit, on n'est pas des vrais méchants, enfin pas ce soir ! Me rassura Sam.

- Mais oui, on ne va pas l'abîmer, ton bel étalon, heu... italien. Et si tu n'as pas de gros câlin cette nuit, ce ne sera pas de notre faute !

- Quil ! Grondai-je.

- Quoi ? Qu'est ce que j'ai dit ? Fit-il en me faisant un immense sourire, fier de lui.

- Vas-y Bella, je les surveille. Me dit Embry qui avait lâché Angela.

Je haussai les épaules, remerciai Embry et me dirigeai vers mes copines.

- Ben dis donc, il est plutôt beau gosse. Commenta Leah tout en surveillant Seth du coin de l'œil.

- C'est vrai, mais je préfère toujours les bruns à peau mate. Affirma Angela.

- Toi, tu ne vois rien d'autre qu'Embry, Embry et encore Embry ! T'es incurable ma fille. La taquina Leah.

- Pourquoi ? Tu vois quelqu'un d'autre que Sam, toi ? S'insurgea la fille du pasteur.

- J'aime Sam, mais j'ai des yeux et je m'en sers ! Répliqua la quileute.

Kim et Emily dirent aussi qu'elle les trouvait mignons, Demetri et son accent craquant. Elles se mirent à discuter de langues étrangères avec Angie, et Leah m'embarqua dans sa cuisine.

- Pourquoi vous êtes arrivés coller l'un à l'autre ? Vous êtes encore ensemble ?

Je m'esclaffai, elle allait toujours droit au but.

- Non, c'est fini, mais j'avais besoin de son soutien pour entrer, tu connais mon amour des fêtes en mon honneur…

- Tu lui as parlé de Paul ?

- Il sait tout, je n'ai jamais menti à Demetri, entre nous, ça a toujours été comme ça.

- Il l'a bien pris alors ?

- Mieux que je ne l'avais imaginé, mais je sais qu'il souffre et ça me fait du mal aussi.

- Bella, on ne reste pas avec un mec par pitié, ça ne peut pas marcher.

- Tu as raison, Leah, mais c'est difficile quand même.

Elle me serra dans ses bras et murmura.

- Dès qu'il sera parti, on va le crier sur les toits et tu verras... y'en a un qui va bouger.

Je soupirai en secouant la tête, pas plus convaincue que ça. Nous allions rejoindre les autres quand Paul se dressa dans l'encadrement de la porte.

- Merci Leah pour l'invitation. Je dois y aller là. Je me lève tôt demain.

Il embrassa mon amie et m'ignora encore une fois. Je suivis du regard ses larges épaules, son dos musclé, ses fesses moulées dans le jean, ses cuisses puissantes.

- Et maintenant que tu l'as déshabillé, tu fais quoi ? Se moqua Leah.

Je rougis sans répondre. Demetri entra à cet instant et m'indiqua du menton la porte d'entrée.

- Tu crois ? Lui dis-je.

- Fais-moi confiance. Il n'attend que ça. A toi de jouer. Assura-t-il en embrassant mes cheveux.

Comme j'hésitai, il me poussa.

- File et rattrape-le ! Et surtout reste calme!

Je ricanai et me précipitai dehors. La silhouette de Paul avançait lentement, il était à mi-chemin entre les deux maisons.

- Paul ! Appelai-je.

Il s'arrêta mais ne se retourna pas.

- Je suis désolée de t'avoir giflé et de m'être énervée contre toi. Pardonne-moi, s'il te plaît.

Il resta planté comme une statue, et quelle statue ! Mais pourquoi ne réagissait-il pas ? S'il ne voulait pas m'entendre, il n'avait qu'à faire les derniers pas qui le séparaient de sa maison où la cuisine était toujours allumée. Qu'attendait-il de moi ?

- Ok, tu ne veux plus me parler et moi, je ne ramperai jamais devant toi, alors qu'est ce qu'on fait ? On jette l'éponge et notre amitié avec, ou on essaie encore une fois ?

Toujours aucune réaction de sa part, la moutarde commençait à me monter au nez, j'essayai de suivre les conseils de Demetri et de rester calme, mais sans grand résultat.

- Bien, je ne courrai plus jamais derrière toi. Je ne t'adresserai plus la parole. Va au diable, Paul.

Il ne broncha pas alors je fis demi-tour, les yeux déjà humides, j'avançai tristement vers la balancelle qui commençait à bien me connaître quand une main agrippa mon bras et me retourna.

- Tu comptes aller où, Swan ? Dit-il en me faisant son sourire moqueur.

- Là où tu n'es pas, Lahote ! Grognai-je en me dégageant.

- Il me semble pourtant que tu me demandais de te parler, y'a juste quelques secondes. T'as déjà oublié ? Trouble de la mémoire précoce, c'est inquiétant. Faudra consulter rapidement ma chère.

- Ça doit être une réaction à ta présence avec les autres, ça ne m'arrive jamais !

- Je suis fier de provoquer une réaction quelconque en toi.

S'il connaissait toutes les réactions de mon corps en sa présence, il serait sûrement moins fier de lui. Je choisis de changer de sujet.

- Alors que fait-on ? Parce que j'en peux plus de passer mon temps à me prendre la tête avec toi. Dis-je en le fixant.

- Je ne sais pas, Bella. On a des caractères de merde tous les deux, on ne va pas changer du jour au lendemain, donc on va essayer de s'apprivoiser. Qu'est ce que tu en penses ?

- J'en pense qu'avant mon départ, on rigolait bien tous les deux, mais depuis mon retour, c'est plutôt explosif et je ne sais pas pourquoi. J'aimerais retrouver notre amitié d'avant.

Il me fixait intensément et je me demandai ce qui se passait dans sa tête. Je l'admirai, la lune qui brillait pour une fois dans le ciel de Forks dessinait des ombres sur son visage. J'adorai ce que ça ajoutait à ses traits parfaits. Il était tellement beau ! Je sentais une douce chaleur embraser mon corps, je laissai cette sensation s'intensifier lentement, elle agissait comme un alcool et je me sentais euphorique. Je n'avais pas remarqué que nous nous étions rapprochés l'un de l'autre et quand ses lèvres effleurèrent ma bouche, je fermai les yeux.

- Bella ! Bella ! On t'attend pour manger le gâteau. Cria Charlie.

Je bondis en arrière et manquai tomber sur les fesses, mais Paul me rattrapa avant que je bascule et je me retrouvai contre son torse.

- On ne doit pas, on ne peut pas ! Marmonnai-je en le repoussant doucement.

- Comme tu veux… dans ce cas, il vaut mieux qu'on évite de se voir... rien que tous les deux. Ajouta-t-il en passant une main dans ses cheveux que je rêvais d'ébouriffer.

- Oui, je suis d'accord. On finirait par faire une bêtise et on ne va tout gâcher pour une attirance qui ne peut être que sexuelle, n'est ce pas ?

J'espérais qu'il me dise que je me trompais, que ce ne serait pas que du sexe, mais le début d'une aventure merveilleuse, d'un amour passionnel et torride. Il baissa la tête.

- Je suis désolé, Bella. Promis, je garderai mes distances à partir d'aujourd'hui. Restons amis, d'accord ?

Il posa ses lèvres sur mon front puis se sauva en courant vers sa maison. J'inspirai profondément et rejoignis mes amis. Un énorme gâteau m'attendait et ils entonnèrent une chanson dont ils avaient modifié les paroles originales en mon honneur. Je sentis les larmes envahir mes yeux et je les laissai couler, mon désarroi passerait pour de l'émotion. Demetri, qui avait compris que ce n'était pas uniquement les attentions de mes amis qui me faisaient pleurnicher encore, m'attrapa par la taille et m'offrit son épaule. Bon dieu, pourquoi n'avais je pas réussi à tomber amoureuse de lui ? Pourquoi est ce que je me contentais de l'aimer comme un frère ?

La soirée continua agréablement même si je dus faire un discours improvisé, j'ai aussi dansé avec tout le monde, ou presque. L'absence de Paul me faisait souffrir et j'étais pressée d'être enfin tranquille pour pouvoir analyser ce qui s'était passé sur le chemin entre les deux maisons. Vers 2h du matin, je commençai à bailler sans retenue et Demetri décida de partir. Je le vis discuter avec Quil mais je n'écoutais pas, j'étais à moitié endormie sur l'épaule de Leah.

- Demain, tu m'appelles et tu me racontes tout. Me dit cette dernière.

Je grondai qu'elle était vraiment trop curieuse et elle opina de la tête en rigolant. Excédée, je me levai pour rejoindre Dem.

- On fait comme ça. A demain Quil. Et encore merci. Disait mon italien en serrant la main du quileute.

- Qu'est ce qu'il y a demain ? Demandai-je.

- Je te raconterai. Répliqua Dem en sursautant.

Ce mystère avait réussi à me sortir de ma torpeur et dès que je fus assise dans la voiture, je le questionnai.

- Demain, Quil va à Seattle et je lui ai demandé de m'emmener. Dit-il doucement.

- Tu veux qu'on retourne à Seattle ? Pas de problème, on part demain matin.

- Non Bella, j'y vais tout seul, je rentre à Rome.

- Quoi ? Tu t'en vas déjà ? Mais tu devais rester jusqu'à jeudi. Pourquoi Dem ?

Ses doigts se crispèrent sur le volant et il rétorqua en continuant à fixer la route.

- Parce que tu n'as plus besoin de moi, tu as des amis supers et il faut que je rentre chez moi.

- Mais Dem...

- Bella, je t'aime sincèrement et je ne peux que souhaiter ton bonheur, mais maintenant il faut que je pense à moi. Rester près de toi me fait souffrir, même si je ne le montre pas. Je dois rentrer en Italie et essayer de t'oublier, tu comprends ?

Je serrai les dents, ce n'était pas à moi de pleurer, j'en étais consciente. Il fallait que j'accepte de le laisser partir, je ne devais pas être égoïste, pas avec lui. Je hochai la tête en déglutissant pour effacer la boule dans ma gorge. Quand il se gara, j'avais retrouvé un minimum de sang-froid.

- Tu pars à quelle heure ? Murmurai-je.

- Quil doit passer à midi, il y a un vol à 17h et un autre plus tard dans la soirée au cas où celui-là serait complet.

On franchit le seuil en silence. Je jetai un coup d'œil aux fleurs dans la cuisine et je me demandai si c'était de la part de Paul, ça me plairait tellement qu'il ait fait ça pour moi. Demetri remarqua mon regard et il monta en soupirant. Je réalisai qu'il avait vraiment raison de partir, il venait de m'annoncer son départ et moi, je pensais à Paul, j'étais vraiment horrible avec lui. Quand j'entrai dans la chambre, il était planté devant la fenêtre, alors je l'enlaçai et pour la première fois, il craqua devant moi et pleura dans mes bras.

Nous nous couchâmes et je le serrai contre moi toute la nuit, son sommeil fut agité et je me réveillai à chaque fois qu'il remuait. Nous nous levâmes assez tôt, presque aussi fatigués qu'au moment où nous nous étions couchés, Charlie n'était pas rentré, il avait sûrement dormi chez Billy et j'appréciai d'être seule avec Demetri. Il fila sous la douche pendant que je préparai le petit déjeuner. Nous discutâmes de la soirée en buvant notre café, j'étais triste mais je tentai de faire bonne figure.

- Tu ne m'as raconté ce qui s'est passé avec Paul ? Demanda-t-il soudain.

Je fronçai les sourcils, pas certaine qu'il souhaite vraiment connaître les détails

- Il a accepté de me parler au moment où je faisais demi-tour. Et puis je ne sais pas comment c'est arrivé, mais on allait s'embrasser quand Charlie m'a appelée. Expliquai-je en baissant le nez dans mon bol.

- C'est tout ? S'obstina-t-il.

- On a décidé d'essayer de se comporter comme des amis, et surtout de ne pas rester en tête-à-tête.

- Pourquoi ? C'est idiot, vous êtes attirés l'un par l'autre, ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Pourquoi résister ?

- Parce que ce ne serait que du sexe et ça gâcherait notre amitié. Je te rappelle qu'il est avec Rachel.

- Mouais. Je ne comprends pas tout à cette histoire. Il est évident qu'il est dingue de toi, et d'une jalousie féroce, mes doigts peuvent en témoigner. Je me demande ce que cette fille a comme pouvoir sur lui.

- Il l'a dit, c'est elle depuis la première fois où il l'a vue, et ce sera toujours elle. Y'a rien à comprendre, sauf que moi, comme une conne, je suis tombée amoureuse de lui.

Il se leva et vint derrière moi, il me força à me lever et me mit face à lui. Il embrassa tendrement ma joue et gronda.

- Je ne serais jamais tombé amoureux d'une conne alors je ne te permets pas de penser ça de toi. Tu vaux mieux que ta culpabilité lassante et tes sempiternelles auto-flagellations. Parfois je me dis que tu aurais fait une martyre parfaite à l'époque romaine. Après sainte Blandine, sainte Bella ! Se moqua-t-il.

- Mais je ne fais que de mauvais choix !

- Merci pour moi. Grogna-t-il, vexé.

- Je n'aurais jamais dû te laisser m'aimer, je ne t'apporte rien de bon.

- Là tu me saoules, grave ! Je suis un grand garçon capable d'assumer mes actes, alors grandis Bella et accepte les choses sans verser dans le mélo. Et je suis sérieux, la première chose que tu dois faire, c'est laisser les gens t'aimer et te prouver leur affection, sans tout de suite imaginer que tu vas leur faire du mal. L'amour, et même l'amitié, parfois font souffrir mais si tu les refuses, tu vas réellement être malheureuse et tu vas te retrouver avec des cheveux blancs sans avoir vécu !

Il était rouge de colère et chaque mot qu'il venait de me lancer au visage venait droit de son cœur. Il sortit de la cuisine sans attendre une réponse quelconque de ma part, je restai là, assise, à tenter d'assimiler tout ça.

- J'aimerais aller faire un tour dans Forks et peut être la Push avant de partir, tu viens avec moi ou tu continues à te morfondre sur ton sort ? Dit-il quelques minutes après, en réapparaissant devant moi.

- Je me douche et on y va.

Je lui fis la visite guidée de la petite ville et ce fut assez rapide vu la taille de Forks. Puis nous primes le chemin de la Push et je m'arrêtai à First Beach, l'une des plages les plus belles de la côte. Il quitta ses chaussures et courut vers la mer, quand il eut les pieds dans l'eau, il râla.

- Évidemment, c'est plus froid que la Méditerranée. Rigolai-je.

- On peut pas se baigner la dedans ! C'est glacial ! Et ils sont où, les ours polaires ?

- Haha ! Très drôle ! On n'est pas sur la banquise, monsieur le petit européen frileux.

- C'est moi que tu traites de frileux ? T'as même pas quitté tes chaussures, alors fais pas ta maligne !

Il me souleva dans ses bras et fit semblant de me jeter à l'eau, mais je m'accrochai à son cou en criant qu'il était fou, que j'allais tomber malade par sa faute. Il ricana puis me reposa doucement, nous nous amusâmes à nous lancer des défis, à courir dans tous les sens sur la plage et bientôt nous fûmes couverts de sable et essoufflés à force de rire. La matinée se terminait et heureusement le dernier souvenir que je garderai précieusement au fond de mon cœur serait celui de cette plage et de nos jeux puérils. Il prit encore quelques clichés de la plage et de moi, puis nous rentrâmes. L'heure du rendez-vous avec Quil approchait.

Il ferma son sac et me tendit une petite boite, j'allai la refuser quand je me souvins de ses paroles. Alors je lui souris et l'ouvris à l'intérieur, il y avait un collier dans un métal que je supposai être de l'argent, en fait c'était une fine tresse à trois brins qui brillait sur du velours rouge. Demetri la prit et l'attacha autour de mon cou, je la touchai en me regardant le miroir.

- Merci. J'aime vraiment beaucoup ce ras-le-cou.

Je me jetai dans ses bras pour le remercier.

- Comme ça en le portant, tu penseras à moi.

- Je n'aurai pas besoin de ça, tu sais, mais il est vraiment magnifique. Tu as très bon goût.

- Je le savais déjà. Dit-il en me faisant un clin d'œil. Quand j'ai vu ce collier dans la vitrine, il m'a fait penser à toi et à la tresse qui descendait dans ton dos quand on s'est rencontré.

Quil klaxonna en bas et nous descendîmes le rejoindre, main dans la main. Le quileute était sorti de sa voiture et il avait ouvert son coffre, Dem y mit son sac. Je le regardai en m'obligeant à sourire et il s'approcha de moi.

- N'oublie pas de vivre, Bella mia. Tu es forte et je suis certain que tout se finira bien pour toi et Paul. Murmura-t-il à mon oreille.

Il me serrait contre lui et je sentais mes résolutions faiblir, la boule dans ma gorge grossissait. Il releva mon menton et doucement posa ses lèvres sur les miennes. Ce tendre baiser avait la légèreté d'un papillon, mais surtout l'amertume de la séparation et je voulais lui donner un adieu digne de ce nom. Alors je pressai ma bouche en passant mes doigts dans sa nuque, il ne se déroba pas et nous nous embrassâmes comme nous l'avions fait tant de fois, avec allégresse à défaut de passion. Quand nous nous séparâmes, il me sourit tendrement.

- Bella mia, ti amerò sempre et non ti dimenticherò mai ! E tu, non dimenticarmi troppo presto ! (1)

- Ti voglio tanto... tanto... bene. Trova una bella ragazza che ti amerà meglio di me ! Ciao Demetri. (2)

Et il monta dans la voiture. Quand la portière claqua, mon cœur s'effrita et je me laissai tomber sur les marches en bois. Je suivis du regard le véhicule jusqu'à ce qu'il disparaisse dans le virage et je me mis à pleurer doucement l'homme qui m'avait tant donné sans recevoir grand-chose en retour. Je restai longtemps ainsi jusqu'à ce que quelqu'un s'assoie à côté de moi.


(1) Ma Bella, je t'aimerai toujours et ne t'oublierai jamais ! Et toi, ne m'oublies pas trop vite !

(2) Je tiens à toi, tellement, sincèrement. Trouve une jolie fille qui t'aimera mieux que moi ! Ciao Demetri !