Coucou ! Je suis vraiment désolée pour l'attente mais n'étant pas satisfaite de ce chapitre, je l'ai réécrit de nombreuses fois avant d'obtenir quelque chose de plaisant (et encore ! je ne suis pas totalement satisfaite...)
Merci à toutes et tous pour vos reviews. Je n'ai pas eu le temps de répondre à tout le monde individuellement mais sachez que vos commentaires me font vraiment plaisir et qu'ils me permettent de remodeler un peu mon histoire selon vos remarques.
Sans plus attendre, la suite !
-Bonsoir Lullaby...
Lullaby…à la mention de ce nom de code, mon corps frémit. Peu de gens connaissaient mon « nom de guerre ». Très peu. Juste les gars de l'équipe.
Qui était cet homme ? Comment me connaissait-il ? Que savait-il de ma véritable vie ?
Les questions fusaient dans mon esprit alors que je détaillais en silence l'homme devant moi. Quelques secondes passèrent où aucun de nous ne bougea, nous jaugeant du regard. Quelques secondes à peine. Deux ou trois maximum. Et l'homme amorça un mouvement vers moi.
-Bonsoir Lullaby. répéta-t-il en me tendant la main.
Cette voix. Si sèche. Si froide. Dénuée d'émotions. Ce ton…Sa voix me tordit les tripes et les souvenirs de ma dernière mission ressurgirent aussitôt. Cet homme devant moi…
-…agent Volturi. finit-il sa phrase alors qu'il baissait sa main que je n'avais pas saisie.
Étrangement, cette révélation ne me surprit pas, comme si mon esprit l'avait déjà reconnu. Et aussitôt, mon corps réagit instinctivement. Je fis un pas vers lui, saisis le revers de sa veste d'un geste vif et plaquai mon poing rudement dans sa joue, le faisant tituber légèrement vers le côté.
-Volturi…sifflai-je entre mes dents alors que je me rapprochai encore de lui.
Il releva la tête, se tenant la joue, déjà en train de rougir de mon coup.
-Lullaby, vous…tenta-t-il de parler mais je l'interrompis aussitôt en lui décochant un uppercut sous le menton, l'envoyant violemment vers l'arrière.
Sous la force de mon coup, il descendit brutalement les quelques marches du perron et se retrouva au sol, sur les graviers.
-Mais, Lullaby, je…cria-t-il en plantant son regard désormais apeuré sur moi.
Réagissant désormais à l'instinct, l'adrénaline couplée à la rage ondulant en moi, je le rejoignis, descendant rapidement la volée de marches.
-Ne m'appelez plus comme çà ! me mis-je à hurler en le relevant d'une main.
Volturi se retrouva rapidement sur ses pieds et se mit à reculer. Ce n'était plus de la peur qui brillait au fond de ses yeux mais de la terreur. Sa main se déplaça rapidement vers l'intérieur de sa veste, me laissant apercevoir un holster contenant un pistolet.
Il était armé et avait osé entrer ici avec cela ! Alors, je vis rouge et la Bella soldat, bras armé de l'Air Force, ressurgit. Malheureusement pour lui, il ne savait pas de quoi j'étais capable.
xxx
(EPOV)
J'observais Bella, riant franchement à une des innombrables blagues d'Emmett, les yeux pétillants, sa main sur celle de Jacob depuis le début du repas. Depuis qu'il était arrivé ce matin, un sourire immense s'était accroché aux lèvres de Bella, et donc aux nôtres. Jasper avait eu une bonne idée d'inviter Jake ici.
Je regardais cette superbe jeune femme, malgré tout marquée par la vie et surtout les épreuves. J'avais sous les yeux une autre Bella, pleine de vie, enjouée, rieuse, taquine et détendue. Lors de ses premières venues dans notre famille, nous avions aperçu un peu de cette facette d'elle-même mais aujourd'hui, son masque explosait littéralement, se montrant enfin à nous, dévoilant sa personnalité profonde. Je comprenais la phrase de Jake quelques mois plus tôt en observant ce que je considérais être la "vraie" Bella. Et je comprenais alors également toute la maîtrise dont elle devait être capable pour masquer cela aux yeux des autres. Pour ne pas laisser filtrer ses émotions. Et tout en la regardant rire, je me fis la promesse de tout faire pour que cette Bella si "vivante" évolue désormais parmi nous.
Ma mère s'était éclipsée en cuisine pour le dessert et Isabella l'y avait rejointe. Jacob avait alors profité de l'absence de la jeune femme pour nous remercier de prendre soin d'elle et demander nos impressions.
-Quand je l'appelle, elle me raconte toujours que tout va bien mais je sais pertinemment que ce n'est pas vrai. Quand elle était près de moi, je pouvais aisément lire sur son visage et la forcer à me parler un peu, mais là…expliqua-t-il d'une voix basse pour que Bella ne nous entende pas. Dort-elle un peu?
-Elle est debout aux environs de 3h du matin. répondis-je.
-Cauchemar ? demanda simplement Jake.
-Cauchemar. confirmai-je.
Des traits de tristesse marquèrent quelques secondes le visage de Jacob avant qu'il ne se reprenne.
-Depuis une mission avec James, elle supportait de moins en moins son rôle. Je suppose que cela s'estompera avec le temps. finit-il par dire doucement, visiblement affecté de cette nouvelle.
Mais il ne put en dire plus, les pas de Bella se faisant entendre. Elle réapparut, un énorme gâteau dans les mains, souriante, les joues rosies. Au moment où elle entra dans la pièce, le carillon de l'entrée retentit. Alors que mon père amorçait le geste pour se relever, Bella se hâta de déposer le gâteau sur la table et se proposa d'aller ouvrir la porte à ce visiteur inconnu. Jacob profita de la nouvelle absence de sa sœur pour en savoir plus, ce à quoi nous lui répondîmes bien volontiers, comprenant très bien son besoin de connaître la vérité et pas uniquement la version édulcorée de Bella.
Jacob nous faisait confiance et n'hésitait pas à parler de leur métier devant les autres membres de la famille, même s'il n'en disait que ce que la version officielle pouvait en supporter. Ainsi, ma famille savait que Bella et Jake étaient des forces spéciales mais ne connaissaient pas leurs rôles exacts.
Maintenant qu'elle était près de nous, je ne supportais plus de lire la tristesse et la douleur dans ses yeux alors qu'elle affirmait avec un sourire factice que tout allait bien. Je mourrais d'envie d'exiger d'elle la vérité mais j'étais certain de la perdre de cette manière. Alors, je la laissais faire, à son rythme, me rapprochant peu à peu d'elle, la laissant s'ouvrir petit à petit à moi.
Tandis que Jasper lui expliquait l'état dans lequel nous avions trouvé Bella devant notre base, des éclats de voix se firent entendre. D'abord incertains, aucun de nous ne bougea mais lorsque la voix de Bella se fit réentendre, Jake se leva d'un seul bond et rejoignit rapidement l'entrée. Je lui emboîtai aussitôt le pas, tendu, suivi par Jasper et Emmett.
Le spectacle que nous trouvâmes devant la porte d'entrée nous stoppa sur place quelques secondes, derrière Jacob, avant que nous ne réagissions.
Au bas des marches du porche, à quelques mètres de nous, dans la pelouse, Bella tenait fermement un homme en costume noir, un bras serré autour de la gorge du visiteur qui n'osait plus bouger, la tête légèrement relevée, craignant surement qu'elle ne tire avec le pistolet qu'elle tenait contre sa tempe.
Bella était-elle venue à Billings avec une arme ? Je n'en avais pourtant vu aucune depuis son arrivée chez moi.
-Volturi…siffla Jake juste avant de descendre les marches du perron, stoppant à quelques mètres d'eux.
Je croisai alors le regard de Jasper et y lut toute l'inquiétude qu'il pouvait ressentir devant cette scène, tout comme moi. Bella tenait en joue l'homme à l'origine de la mission.
-Wolf ! réagit aussitôt l'agent, cherchant de l'aide.
-Taisez-vous ! hurla alors Bella en resserrant sa prise violemment, ce qui fit tousser Volturi.
-Lullaby...je suis venu en ami...je...poursuivit-il tout de même.
A ces mots, Bella se mit à rire. Mais d'un rire qui me fit frémir. Un rire terrifiant.
-Vous nous avez abandonnés. lui répondit-elle d'une voix froide. Vous nous avez laissés dans ce putain de désert ! poursuivit-elle d'une voix un peu plus forte.
- Je ne vous ai pas abandonnés ! La mission était terminée et…balbutia Volturi difficilement.
-Ne me mentez pas ! hurla -t-elle alors en lui enfonçant durement le bout du canon du pistolet dans la joue.
Tout le monde tressaillit au geste de Bella, y compris Jacob.
-Mon Dieu, elle va le tuer…chuchota ma mère derrière moi.
Toute la famille était là désormais, regardant la Bella militaire, arme à la main.
Qu'allait-elle faire ? Oser abattre cet homme devant nous ? Mais se rendait-elle compte que nous étions encore là, derrière elle? Je n'en étais pas sur. Elle avait ce masque si froid et dénué d'émotions qu'elle avait quand elle était rentrée au camp après la mort de Seth.
-Bella, tu n'es pas comme çà. Laisse-le. intervint Jacob en faisant quelques pas pour se rapprocher.
-Jake, tu recules tout de suite ou je lui fais sauter la cervelle ! grogna Bella. A moins que tu ne sois de son côté…poursuivit-elle en tournant la tête vers son frère qui recula aussitôt, connaissant surement les risques s'il lui désobéissait.
-Vous ne pouvez pas me tuer, je suis important. Je suis membre du Sénat et...dit rapidement Volturi, butant sur quelques mots, espérant peut-être faire évoluer la situation.
-Mon frère est mort, on m'a renvoyée de l'Air Force, je n'ai plus rien à perdre Volturi ! le coupa-t-elle sèchement.
-Vous serez condamnée à mort. poursuivit-il pensant surement l'intimider.
-J'irai volontiers dans le couloir de la mort pour vous, Volturi ! rétorqua alors Bella juste avant de pousser son otage un peu vers l'avant puis de saisir son épaule pour qu'il lui fasse face avant de lui décocher un magistral uppercut qui l'envoya au tapis.
-Je ne peux pas la laisser faire çà. dit Carlisle, sa vocation de médecin reprenant le dessus.
-Attend papa. l'arrêta Jasper. Nous ne pouvons pas vous en dire plus sur l'Irak mais Bella a besoin de ce face à face.
Notre père acquiesça, silencieux mais néanmoins inquiet.
xxx
(BPOV)
-Mais avant, je veux savoir pourquoi. poursuivis-je en l'empoignant par la veste, le forçant ainsi à se remettre sur ses jambes. Pourquoi avoir voulu nous liquider?
-La guerre exige toujours des dommages collatéraux, Lullaby. se permit-il en me fixant.
Instantanément, je lui décochai un superbe crochet du droit qui l'envoya valdinguer de nouveau dans la neige, lui brisant le nez. Son sang gicla sur le tapis blanc.
Je sentis alors deux bras m'enserrer fortement et me tirer vers l'arrière.
-Arrête Bella ! Tu n'es pas comme çà ! me dit alors Jake, en resserrant sa prise sur mes bras, m'immobilisant.
J'aurais dû lutter pour me libérer mais mon regard croisa à cet instant celui de la famille Cullen, me calmant instantanément.
-Bella, nous pourrions peut-être poursuivre cela à l'intérieur ? osa demander doucement Carlisle, s'inquiétant surement en voyant le sang couler sur le visage de Volturi.
-Non Carlisle. Cet homme ne rentrera pas chez vous. Il...il ne mérite pas votre hospitalité. répondis-je, toujours solidement tenue par Jacob. Par contre, vous pouvez entrer, nous vous rejoignons dans quelques minutes.
-Cet homme a besoin de soins, Bella et...tenta de m'influencer mon hôte.
-Une très légère blessure de guerre, Carlisle, rien de plus. répondit Jacob à ma place.
Edward se retourna pour dire quelque chose à son père et Carlisle acquiesça. Après quelques longues secondes, les Cullen rentrèrent doucement dans la maison.
-C'est bon, Jake, çà va. chuchotai-je à mon frère qui me relâcha doucement après quelques secondes d'hésitation.
Je ne voulais pas que les Cullen assistent à ce qui allait suivre et ne soient mêlés à quoique ce soit en rapport avec cette enflure qui se relevait péniblement du coin de pelouse enneigé où je l'avais brusquement « envoyé ».
Maintenant que nous n'avions plus de spectateurs, je pouvais enfin demander des réponses précises. Je fis un pas, l'arme toujours à la main, et me plantai alors devant celui qui avait osé venir me narguer ici, Jake restant un bon mètre derrière moi, assurant mes arrières, comme avant.
-Maintenant Volturi, nous allons discuter un peu. commençai-je d'un ton détaché et froid comme lors de nos entraînements aux interrogatoires.
-Vous pensez réellement que je vais vous répondre ? s'esclaffa l'agent.
-Je sais qui vous êtes, Volturi ! crachai-je en le rattrapant de nouveau par le revers de sa veste et en lui serrant légèrement la gorge. Je ne suis peut-être plus un commando mais je sais toujours rechercher des informations ! Je sais que vous trempez dans des affaires plutôt obscures. Je sais que vous siégez au conseil d'administration de la Volterra Petroleum et que vous avez monté toute cette mission pour éliminer le président irakien qui refusait de signer l'autorisation d'exploitation d'un gisement découvert récemment. Rien que pour cette raison, je devrais déjà vous tuer. Mais ce que je veux savoir, c'est pourquoi mon équipe ? Et pourquoi venir me voir ici aujourd'hui ?
Devant moi, Volturi blêmit et perdit de son arrogance.
-Comment savez-vous tout cela ? murmura-t-il, abasourdi.
-J'agis comme les gens de votre espèce, Volturi. Je tire les bonnes ficelles et les informations tombent. Vous êtes d'ailleurs bien imprudent, il ne m'a fallu que quatre jours pour trouver ce qu'il me fallait. Seuls quelques noms me manquent encore, comme celui de votre grand chef, mais vous pouvez dire adieu à votre carrière si j'en informe la presse. répondis-je.
-Ils ne vous croiront pas ! Vous n'êtes rien ! Rien ! cria-t-il en faisant un pas vers l'arrière.
Mais je l'arrêtai bien vite en lui envoyant le genou dans le ventre, le faisant se plier en deux avant de lui remettre un coup de pied dans le genou, lui vrillant ainsi la rotule. Il s'écroula au sol, hurlant de douleur.
-Vous n'êtes rien non plus, Volturi ! Maintenant, vous allez me donner le nom de votre tireur...
-Je ne dirai rien ! me coupa-t-il, me mettant instantanément de nouveau en colère.
-Ecoutez Volturi, intervint Jake en faisant juste un pas de côté, nous n'allons pas y passer la nuit. Vous connaissez nos curriculum vitae, alors évitez de nous énerver. Vous ne voulez pas parler de l'Irak, ok. Alors nous refusons d'écouter ce pourquoi vous êtes venu jusqu'ici.
Volturi écarquilla légèrement les yeux. Personne n'avait dû oser lui tenir tête depuis un moment à en juger par ses réactions. Et il était plutôt mal tombé avec Jacob et moi…
-Très bien. finit-il par craquer. Mais je veux votre parole que vous ne dévoilerez rien à la presse.
-Vous n'êtes plus en position d'exiger cela, Volturi. lui répondis-je cinglante.
Il baissa la tête quelques secondes et commença son récit. Je me retins de nombreuses fois de ne pas lui refaire le portrait. Ces hommes de pouvoir se croyaient au-dessus de tous. Le pouvoir et l'argent étaient leur religion. Et ils n'hésitaient pas à tuer pour elle. Sans aucun état d'âme.
-...je n'étais que le dernier maillon. J'étais chargé de faire le lien en Irak et devais m'assurer que la mission réussirait. conclut-il.
-Pourquoi mon équipe ? demandai-je.
-Je ne sais pas. La seule chose que je sais à votre propos c'est que notre tireur a fait changer le plan pour y inclure l'armée. Il disait qu'en en faisant une mission "officielle", on ne pourrait pas remonter jusque nous, et il a donné votre nom.
-Son nom ? grogna Jake, que je sentais tendu à mes côtés.
-Je ne le connais pas. Je n'étais pas en contact direct avec lui, juste avec un de ses hommes. répondit Volturi d'une voix tremblante.
Le froid ? La peur ? Surement les deux.
-Son. Nom. répéta mon frère encore plus durement
Si je ne le connaissais pas, j'aurais pu frémir à son ton. Volturi le regarda avec cette même pointe de terreur dans les yeux que lorsque j'avais saisi son arme.
-Je n'en sais rien. Son contact se faisait appeler Alcatraz, je ne sais rien de plus…balbutia l'agent en reculant d'un pas.
-Foutaises! cria Jacob en le rattrapant durement pour l'empêcher de fuir.
-Inutile Jake, je sais déjà cela. lui répondis-je calmement.
Oui. Je savais. J'avais compris. Seul un homme comme lui pouvait faire cela. Et le nom du contact ne fit que confirmer mes soupçons.
Jacob me regarda, me questionnant silencieusement.
-la fratrie Hunter. assénai-je simplement tout en regardant Jake dans les yeux.
Et je pus y lire la même réaction que lorsque j'avais annoncé sa présence en Irak au retour de la mission. Il n'en fallut pas plus à Jacob pour comprendre.
-Il veut me tuer Lullaby ! Vous devez m'aider ! s'exclama-t-il alors, la panique se dessinant dans ses yeux.
-Je ne vous dois rien, Volturi. Vous connaissez la loi du Talion ? Œil pour œil, dent pour dent. Alors, votre mort pour celle de Seth, cela me paraît être justice. poursuivis-je d'une voix dénuée d'émotions. Comme vous l'avez clamé, vous êtes quelqu'un d'important, demandez donc une garde rapprochée au gouvernement. Maintenant, partez d'ici.
-Il la déjouera ! s'étrangla alors Volturi.
-Ce n'est pas mon problème, agent Volturi. Vous avez fricoté avec les mauvaises personnes, tant pis pour vous. Maintenant, partez d'ici. Et si la famille Cullen est dérangée pour quoique ce soit, je me chargerai personnellement de votre cas.
Volturi me toisa, croyant sûrement que ma dernière phrase n'était qu'une phrase en l'air.
-Vous avez une très jolie maison, Volturi. J'aime beaucoup la balançoire que vous avez fait installer à l'arrière, dans le jardin. Un cadeau pour votre ravissante fille, non? J'avais les mêmes anglaises lorsque j'étais petite. annonçai-je calmement en le regardant dans les yeux.
Volturi blêmit devant moi.
-Comment…murmura-t-il, choqué par mes paroles.
- Je vous avais dit qu'on n'abandonnait pas l'un des nôtres, Volturi. vous avez juste devancé notre rencontre. le coupai-je, cynique.
Il me fixa quelques instants, le visage défait, puis baissa la tête, hésita encore quelques secondes et finit par faire demi-tour pour se diriger vers le portail.
-Bella...demanda Jake en posant sa main sur mon épaule.
-C'est bon, Jake. Rentre. On parlera tout à l'heure. Je veux juste être sure qu'il va partir d'ici. le coupai-je.
Quelques secondes plus tard, j'étais seule, observant toujours Volturi qui s'éloignait de la villa des Cullen.
xxx
(EPOV)
Jasper et moi avions fait se rasseoir la famille et avions dû leur en dire un tout petit peu plus sur ce qu'il se passait dehors, au beau milieu de notre jardin. Jasper avait pris la parole, expliquant posément qui était l'homme avec lequel Bella s'était battue. Pendant ce temps, je me postai à la fenêtre, regardant le trio se tenant dans la neige. Une nouvelle fois, Bella s'énerva et frappa durement Volturi qui s'affaissa de nouveau. Malgré la distance qui nous séparait, j'entendais le bruit sourd des coups qu'elle lui portait, fermant les yeux à chacun de ses gestes. Je savais pertinemment qu'elle avait été formée pour cela. Se battre. Mais surtout toujours gagner sur l'adversaire simplement pour survivre, sans jamais avoir droit à l'échec, synonyme de mort pour des commandos comme Bella et Jake. Je le savais mais le voir, là, c'était autre chose. Mon instinct me disait de l'écarter de tout cela mais Bella n'était pas une poupée fragile.
-Donc, cet homme a refusé de donner l'aide demandée alors que Seth était blessé, c'est bien cela ? résuma Rosalie.
-oui. Nous avons dû suivre ses ordres et rentrer à la base alors que nous aurions sûrement pu aider et éviter la mort de Seth. confirma Jasper.
-Ne t'en veux pas, Jazz. intervint Jake qui entrait dans le salon, de la neige encore dans les cheveux. Vous n'êtes pas responsables de la mort de Seth. répéta-t-il. Vous avez suivi les ordres, vous avez fait votre job. Et de toute manière, nous ne saurons jamais si votre intervention pouvait éviter cette tragédie. compléta-t-il alors qu'il se postait à mes côtés.
Dehors, Bella était toujours debout, tournant le dos à la maison, en escarpins sous la neige, seulement vêtue de la petite robe bleue qu'Alice lui avait prêté pour Thanksgiving.
-Elle veut s'assurer que Volturi déguerpisse bien d'ici. m'expliqua Jacob en se postant quelques secondes à mes côtés avant de rejoindre mes parents.
Derrière moi, la famille discutait de l'incident et Emmett disait à qui le voulait qu'il était extrêmement fier de Bella et qu'il aurait sûrement fait la même chose à cet homme aujourd'hui. Je souriais amèrement en entendant mon frère car il ne savait pas tout ce dont Bella était capable et tout ce que cela lui avait coûté. Il ne savait pas que c'est en apprenant à se battre ainsi qu'elle avait perdu sa joie de vivre et qu'elle avait dû apprendre à ne compter que sur elle, contrairement à nous qui formions une famille. Il ne savait pas qu'elle pensait avoir perdu son âme et que toutes les nuits, les visages de certaines de ses cibles venaient la hanter.
La main de Jacob sur mon épaule me sortit de mes pensées. Les discussions avaient reprises derrière moi. Devant moi, la neige tombait de nouveau. Et Bella se tenait toujours au beau milieu de la pelouse, n'ayant pas bougé d'un pouce.
-Tu devrais peut-être aller la chercher, Jake. Elle doit être gelée. soufflai-je sans la lâcher des yeux.
-Oui, sûrement. Mais c'est à toi d'y aller, Ed'. répondit le jeune homme.
Je me tournai alors vers lui, étonné de son discours.
-Je sais lire en Bella et je connais ses sentiments pour toi. Je me suis toujours juré de laisser ma place à celui qui réussirait à pénétrer son cœur si meurtri. Et tu es celui-là, Edward. expliqua-t-il calmement.
-Mais pourtant...
-Edward, laisse-lui du temps. C'est vers toi qu'elle s'est tournée quand l'équipe est repartie sur le terrain. C'est chez toi qu'elle a décidé de vivre ces derniers temps. C'est toi qui l'a réconfortée après la désastreuse rencontre avec Charlie à Forks…me coupa-t-il en se tournant vers la fenêtre.
-Elle…elle t'en a parlé? demandai-je en le regardant de nouveau.
-Non. J'étais là. Je l'ai vue sortir de la villa et errer seule dans le jardin. J'allais la rejoindre quand je l'ai vu t'approcher juste avant que tu ne la prennes dans tes bras. dit-il en souriant légèrement.
Je ne dis rien, me rappelant parfaitement cette soirée et surtout ce moment si particulier où j'avais pris conscience de mes sentiments pour elle.
-N'abandonne pas Edward. Ne l'abandonne pas. me demanda Jake d'une voix chargée d'émotions.
-Je n'en ai pas l'intention, Jake. lui assurai-je en lui souriant.
-Bien. Maintenant, va la chercher, nous avons beau avoir été formés dans toutes les conditions climatiques, je ne veux pas qu'elle tombe malade. Bella est ingérable quand c'est le cas. termina-t-il en riant un peu, se détendant surement après tout ce qu'il venait de se tramer.
Alors que j'allais ouvrir la porte d'entrée, ma mère s'avança vers moi, l'un de mes vieux sweats à la main.
-Tiens, mets-lui çà sur les épaules, elle doit être gelée. m'indiqua-t-elle, maternant Bella comme si elle était sa propre fille.
Nous ne savions pas beaucoup de choses de la vie de Bella mais le peu qui nous était parvenu par les Black avait profondément marqué mes parents. Et mes frères et sœurs et moi-même étions persuadés que notre mère s'était mis en tête de « remplacer » la mère de Bella. Pas pour prendre la place qu'elle avait dans le cœur de la jeune femme mais plutôt pour offrir à Isabella un peu de l'amour maternel qu'elle aurait dû recevoir toutes ces longues années. Si Esmée le pouvait, elle adopterait Bella.
Étrangement, Bella avait dû percevoir les sentiments de ma mère à son encontre car lorsqu'elles étaient ensemble dans la même pièce, Bella n'était jamais loin d'elle, profitant du moindre moment où Esmée la réconfortait ou la câlinait. Dans ces moments si tendres, je voyais en Bella la petite fille qu'elle aurait dû être si le destin ne s'était pas joué d'elle. Si sa mère n'avait pas été abattue. Si son père ne l'avait pas rejetée.
Ma mère embrassa tendrement ma joue avant d'ébouriffer un peu mes cheveux, geste qu'elle ne faisait que rarement puisque nous étions adultes désormais.
-Ramène-moi notre ange et prends soin d'elle, mon chéri. me chuchota-t-elle juste avant que je ne sorte.
Le froid me piqua la peau immédiatement. La neige tombait de nouveau à gros flocons mais le vent était tombé. Bella était toujours debout, mais ses épaules étaient légèrement voûtées, signe que je savais lire désormais. J'approchai en faisant volontairement du bruit pour ne pas la surprendre.
J'avais retenu la leçon la première nuit où elle avait dormi dans ma chambre d'amis. Vers quatre heures du matin, je l'avais entendue se diriger vers la cuisine puis vers le salon et m'étais donc levé. Elle était debout, devant la porte-fenêtre, observant l'extérieur. Je m'étais approché doucement et avais posé une main sur son épaule. Surprise, elle avait réagi comme on le lui avait appris: elle avait brusquement saisi ma main pour me faire une clé de bras enchainant sur un plaquage en règle au sol. Alors que j'avais crié son nom, elle avait réalisé qu'elle me tenait durement au sol, son genou entre mes omoplates. Elle m'avait relâché immédiatement, m'aidant à me relever, se confondant en excuses. Je l'avais rassurée, lui expliquant que c'était ma faute, que je n'avais pas à la surprendre ainsi. Mais elle ne réussissait pas à passer au-delà. Et lorsque je vis une larme solitaire courir le long de sa joue, je ne pus que la prendre dans mes bras pour la bercer.
Cette première nuit dans mon appartement, nous nous étions installés dans le salon et elle s'était blottie contre moi, la joue sur mon épaule, le nez dans mon cou. Elle m'avait dit que je ne devais pas m'attacher à elle. Je lui avais demandé pourquoi. Et elle avait parlé. Un peu. Me racontant, dans ce que j'imaginais être les grandes lignes, la tragédie qu'elle avait vécue le jour de ses six ans puis le rejet de Charlie, la jugeant responsable de la mort de Renée. Elle m'avait parlé de son enfance et de son adolescence aux côtés de Jacob et Billy lorsqu'elle s'enfuyait de chez elle, dénigrée par son père. Pris dans sa tristesse d'avoir perdu celle qu'il aimait et dans sa colère, le chef Swan n'avait eu de cesse de répéter à sa fille toutes ces années qu'elle était responsable de la mort de Renée et qu'elle portait malheur à ceux qui l'approchait. Jacob et Billy avaient bien essayé de la faire changer d'avis, de lui faire entendre raison, mais le lavage de cerveau, puisqu'il s'agissait bien de cela, était ancré bien trop profondément en une Bella ne faisant confiance à personne hormis Jake.
Cette nuit-là, nous n'avions pas redormi. Je l'avais laissé parler sans intervenir, lui caressant doucement les cheveux de temps à autre pour satisfaire à mon envie de la dorloter.
-Bella, tu devrais rentrer, il fait froid et tu n'as rien sur le dos. dis-je doucement en déposant mon sweat sur ses épaules frissonnantes.
Elle ne me répondit pas, se contentant d'acquiescer sans un mot, son regard toujours fixé sur l'entrée de la propriété de mes parents.
-Il est parti, Bella. Tu ne crains plus rien. ajoutai-je en enroulant un bras autour de sa taille fine.
-Je ne crains pas pour moi mais pour vous. Et s'il vous arrivait quelque chose par ma faute…chuchota-t-elle en relevant les yeux sur moi.
-arrête, Bella. Il ne nous arrivera rien. Il ne nous connaît pas et ne venait pas pour nous. Volturi est venu uniquement pour te voir, tu lui as répondu et il est reparti. Çà s'arrête là. la coupai-je.
-J'espère Edward, j'espère… Je ne suis plus rien. Juste un fantôme. A cause de lui. murmura-t-elle en frissonnant. Tu ne devrais pas t'attacher à moi.
Je saisis ses mains glacées et les attirai vers mes lèvres afin de les réchauffer un peu en soufflant dessus.
-Tu n'es pas un fantôme, Bella. Tu es là, avec nous. Tu es l'une des nôtres désormais et on n'abandonne pas l'un des nôtres. répondis-je, utilisant volontairement cette phrase qui avait gouverné sa vie militaire pour lui faire prendre conscience de notre attachement. De mon attachement.
Ses prunelles chocolat me fixèrent quelques secondes puis elle ferma les yeux. Son menton se mit à trembler légèrement, signe qu'elle retenait des larmes.
-Je ne t'abandonnerai pas, Bella. terminai-je en l'attirant contre mon torse.
Elle se laissa faire, allant même jusqu'à entourer ma taille de ses bras tout en enfonçant son visage dans mon cou.
-Je ne t'abandonnerai jamais ma Bella. lui murmurai-je encore alors que je sentais ses bras me serrer plus fortement.
