Bonjour, bonsoir à tous!
J'espère que vous allez bien!

C'est seulement quelques jours avant mes examens finaux que je poste ce chapitre. Disons que je suis assez stressée, ahahaha... M'enfin, tout ira mieux lorsque j'aurais passé mes écrits.
J'ai eu un peu de mal à être inspirée ces derniers temps, mais j'avais déjà commencé à écrire le chapitre 11 avant. Dès que mon stress sera parti, je reprendrai son écriture!

J'espère que ce chapitre vous plaira!
Bonne lecture!

Katia


Alexeï Komarov

Le Russe ne parvenait pas à se détendre.
S'il était bien évidemment heureux d'avoir pu reprendre son cher Misaki, il ne pouvait pas se permettre d'être imprudent, en particulier dans un moment tel que celui-ci.

Assis dans un véhicule qu'il avait volé quelques temps plus tôt, il ne pouvait s'empêcher de songer au pire. Il avait beau essayer de se concentrer sur sa conduite, et sur la circulation… La peur d'entendre sa victime se réveiller plus tôt que prévu l'inquiétait suffisamment pour qu'il reste attentif à tout bruit suspect provenant du coffre. Son regard, quant à lui, inspectait chaque rue, chaque voiture, à la recherche d'une patrouille de police à éviter.

Il était parvenu à s'éloigner de l'hôpital, ce qui constituait en soi un certain exploit. Plus d'une heure s'était écoulée depuis : un laps de temps durant lequel il n'avait cessé de se montrer vigilant.

Il avait tout d'abord quitté l'enceinte du bâtiment avec une ambulance, en utilisant des clés qu'il avait réussi à se procurer un peu plus tôt dans la journée.
Les voler s'était montré plus simple que ce qu'il pensait. Il lui avait suffit de se faire passer pour un médecin pour qu'on lui tende gentiment les clés, sans que personne ne se doute une seule seconde de ses vraies intentions.
Alexeï avait ensuite fait monter l'étudiant à l'arrière, toujours avec le brancard : il était plus facile de déplacer le jeune homme endormi ainsi. De plus, il préférait ne pas laisser d'indices aussi évidents derrière lui…

Il s'était ainsi échappé de l'hôpital, et s'était même étonné de voir que personne ne lui avait demandé son identité. Il ne put retenir un petit rire à ce sujet, lorsqu'il fut sûr de ne pas être vu.

Lui qui pensait qu'il s'agirait d'une opération risquée, qui lui demanderait beaucoup de ressources pour rester infiltré… La non-vigilance du personnel l'amusait.
Il se demandait également combien de temps s'était écoulé avant que sa machination ne soit démasquée.
L'homme ne put retenir un sourire malveillant, en imaginant le visage désespéré de cet auteur qu'il haïssait tant. Il aurait tant aimé voir la réaction de celui-ci, mais la situation actuelle ne le lui permettait bien évidemment pas.

A présent, le risque était bien plus grand. La disparition de Misaki avait dû être découverte depuis longtemps, et la police était probablement à sa recherche.
Bien conscient qu'une ambulance était un véhicule plutôt facile à remarquer et à localiser, il s'était arrêté dans un endroit isolé après une quinzaine de minutes passées à circuler. Il avait alors retrouvé une voiture qu'il avait préparée dans la matinée pour l'occasion, et avait procédé à un échange, toujours à l'écoute du moindre son susceptible de représenter un danger.

L'étudiant fut donc déplacé dans le coffre du nouveau véhicule. Alexeï s'était ensuite installé à son tour, et avait reprit sa route le plus rapidement possible, soulagé de ne pas avoir été repéré.
L'ambulance, quant à elle, était restée derrière eux, avec une porte ouverte et les clés sur le contact. Le Russe jugea qu'avec la réputation du quartier où était stationnée la voiture de service, il ne faudrait que peu de temps avant qu'elle ne fasse voler. En soi, cela ne pouvait être qu'un avantage : la police se mettrait à poursuivre un faux coupable, ce qui lui laisserait suffisamment de temps pour arriver jusqu'à son nouveau repaire.

Avant de changer de véhicule, il s'était bien sûr assuré de n'avoir rien oublié.

Ses yeux se portèrent sur une enveloppe marron, posée sur le siège passager : le dossier médical de Misaki.
Alexeï était déjà parvenu à lire quelques comptes rendus sur l'état psychologique et physique de sa victime neuf mois auparavant, mais n'avait jamais réussi à se procurer le dossier complet. Après son passage à l'hôpital, et la possibilité d'y utiliser les différents ordinateurs, il avait réussi à se procurer toutes les informations qui concernaient le jeune homme.

Qu'il s'agisse d'analyses médicales, de rapports ou de toutes autres notes sur la thérapie de son protégé… Il en apprendrait les moindres détails.
Il avait tellement hâte d'ouvrir cette enveloppe, et de découvrir ce qui s'était passé pendant ces neuf derniers-mois… Mais il aurait bien le temps de le faire plus tard.
Mieux valait ne pas se précipiter aussi inconsciemment.

Il était probable que Misaki ne se réveille pas avant quelques heures. Alexeï savait qu'il avait encore beaucoup de route à faire avant de parvenir jusqu'à sa nouvelle cachette, et espérait que sa victime reste inconsciente toute la durée du trajet.
Si cela était le cas, il lui suffirait d'installer le brun dans sa nouvelle chambre, et d'attendre que celui-ci revienne peu à peu à lui…. Pendant ce temps, le Russe pourrait lire le fameux dossier, qui lui apporterait sans nul doute d'innombrables informations qu'il pourrait utiliser contre l'étudiant.

Il secoua la tête et revint à la réalité, décidé à se reconcentrer sur sa conduite. Il ne manquait plus qu'il ne fasse une erreur d'inattention!
Après tout ce temps passé à préparer cet enlèvement, après avoir pris tous ces risques… S'il venait à se faire arrêter, il préférait que cela ne soit pas à cause d'une raison aussi futile.

Il détestait vraiment travailler inutilement.

De ce fait, Alexeï recommença à surveiller attentivement son environnement. Chaque ruelle, chaque rue, chaque passant… N'importe quel élément pouvait constituer une menace potentielle. S'il commettait la moindre erreur, la police ne mettrait que peu de temps à le retrouver, et ce, même après avoir changé de véhicule.
Cette pensée raviva son inquiétude, et l'homme sentit sa poigne se resserrer sur le volant.

Il devait simplement conduire jusqu'à sa destination… Ensuite, tout serait bien plus simple.
Un petit soupir de soulagement lui échappa, lorsqu'il aperçut un panneau qui indiquait la direction à suivre : vers Tohoku, disait-il.

Cette région était montagneuse, et son économie était centrée sur l'agriculture. En soi, il s'agissait d'un environnement idéal pour échapper à l'attention de la police… Il ne risquait pas de devoir traverser d'immenses villes pour arriver jusqu'à son repaire, et il pourrait mieux se dissimuler dans un milieu rural.
Sa cachette se situait dans l'une des forêts de Tohoku.
Il avait rédigé une liste de différentes possibilités, mais celle qu'il avait finalement choisie disposait d'avantages qu'il ne pouvait décidemment pas ignorer : le calme, l'éloignement de la zone face aux civilisations, et surtout…
La difficulté de repérer sa fameuse cachette.

D'une certaine façon, il avait toujours aimé les forêts. Lui qui détestait le bruit et les foules, il voyait en ces lieux un charme qu'il ne trouverait nulle part ailleurs. Elles étaient silencieuses, et rares étaient les personnes qui s'y aventuraient.
Enfin, le risque de découvrir ses passe-temps morbides était minime.

La majorité de ses recherches l'avait mené vers des bâtiments abandonnés. Il s'agissait de pistes qu'il privilégiait de manière générale, mais dans un cas comme celui-ci, ces bâtisses constitueraient les premiers éléments de recherche de la police… De ce fait, il avait étendu son périmètre et ses critères de recherches.
Une décision qui lui avait permis de trouver une perle rare.

Un endroit dans lequel il serait tranquille pendant un certain temps.

Que pouvait-il espérer de plus?

Il avait beau savoir que tout cela ne serait que temporaire, que les autorités finiraient fatalement par le trouver… Il ne pouvait s'empêcher de se sentir euphorique à la simple pensée de retrouver son cher Misaki à sa merci, et qui le supplierait de ne pas le blesser… Il pleurerait, crierait, et hurleraient sous ses traitements.
Mais quoi de plus normal, après tout ce que le jeune homme lui avait fait subir? Il ne s'agissait que d'un simple retour de la médaille, que d'une punition amplement méritée…

Le Russe sentit son sourire s'agrandir d'avantage, lorsque l'image de sa victime désespérée vint à son esprit.
Oh, il avait tant de choses à lui faire regretter…

Toutefois, son visage prit une expression plus triste, tandis qu'il se rappelait peu à peu de ses plans initiaux, notamment sur le destin de l'étudiant.
Ses muscles se figèrent, et il dût se forcer pour rester concentré sur la route, et ainsi éviter un possible accident.

Malgré son enthousiasme quant aux retrouvailles avec sa victime… Il savait que cela ne durerait pas.

Et il savait qu'il ne pourrait pas se contenter de s'enfuir, si la police le retrouvait un jour… Non, il devrait éliminer chacune des preuves susceptibles d'aider dans son arrestation, peu importait l'attachement affectif qu'il leur portait.

En conséquence, il en valait de même pour Misaki.

Alexeï serra les dents.
C'était une finalité qu'il ne préférait pas envisager pour le moment. Peut-être pourrait-il s'y faire avec le temps, néanmoins?

Il secouait la tête. Il avait encore bien trop de choses à penser, et celle-ci ne faisait pas partie de ses priorités pour le moment.
L'homme reporta donc son attention sur sa route, et espéra silencieusement que sa victime resterait endormie jusqu'à la fin du trajet.

Tous deux avaient encore un peu de route à faire, avant de pouvoir enfin discuter


Akihiko Usami

Plusieurs heures s'étaient écoulées depuis que l'étudiant avait disparu à nouveau. L'écrivain avait couru dans les couloirs et avait traversé d'innombrables salles, sans trouver quoi que ce soit susceptible de l'aider à retrouver Misaki.
Pendant tout ce temps, il avait été à la recherche d'un ravisseur qui s'était probablement déjà volatilisé…

La police était arrivée sur les lieux quelques minutes après l'appel de Takahiro et avait commencé à fouiller l'établissement de fonds en combles, sans succès. Une autre équipe fut chargée de ramener l'auteur et son ami au poste de police, afin de pouvoir leur poser des questions sur les circonstances de la disparition de l'étudiant.
Mais le romancier n'avait que faire de tout cela : il savait très bien comment tout cela se finirait.

Malgré les réponses qu'il pourrait fournir aux autorités, celles-ci ne parviendraient pas à faire quoi que ce soit. Cela avait été le cas pendant les deux premiers enlèvements de son amant… Akihiko doutait que cela soit différent aujourd'hui.

Ainsi, les deux hommes avaient été conduits dans des salles d'interrogatoires, individuellement. L'écrivain avait protesté, ne souhaitant pas se séparer de Takahiro, qui se trouvait dans un état de choc visible. Mais les policiers lui répondirent qu'il s'agissait d'une procédure nécessaire, et lui assurèrent que l'autre se trouverait entre de bonnes mains.

L'auteur avait combattu l'envie de rire jaune à cette affirmation.
Après avoir vu leurs compétences en matière de disparitions… Il fallait être stupide pour ne pas comprendre que Misaki ne serait jamais sauvé avec de telles personnes à sa recherche.

Un inspecteur s'adressa à lui tout le long de l'entretien. Celui-ci lui posa diverses questions, notamment sur ce dont il avait été témoin, ou s'il se souvenait de quoi que ce soit au sujet du kidnappeur.
Cependant, Akihiko se souvenait peu de ce dernier point. Lorsqu'il avait aperçu ce monstre, il ne s'était pas douté une seule seconde de ce qu'il se passait juste devant lui. Sa mémoire ne contenait alors que le vague souvenir d'une silhouette, sans plus… Mais puisqu'il ne l'avait pas reconnu, l'autre s'était probablement bien déguisé.

Sa colère ne faisait que s'accentuer rien qu'en imaginant l'état d'esprit de ce fou, qui était passé juste à côté de lui et qui avait transporté l'étudiant sans être soupçonné.
Bien évidemment, l'autre avait sûrement été filmé par les caméras de sécurité… Mais infiltré comme il était, aucun agent de sécurité ne s'était alarmé de quoi que ce soit.

Et lui qui avait promis de protéger le jeune homme… Il aurait facilement pu arrêter son kidnappeur, s'il avait fait plus attention au visage de ce-dernier, à tout détail qui aurait pu l'alerter… Misaki aurait pu être sauvé.

Bien que le romancier tentait de répondre aux questions qui lui étaient posées avec la plus grande précision, il ne pouvait nier le sentiment d'exaspération qui naissait peu à peu au fond de lui. Avec l'incompétence de la police, il ne pouvait s'empêcher de penser que ce temps aurait pu être consacré pour rechercher le jeune disparu.
De secondes en secondes, l'écrivain avait l'impression de sentir son compagnon s'éloigner de lui : c'était une sensation atroce.

Être assis, pendant que sa moitié souffrait sûrement déjà… Comment pouvait-il se détendre? Il n'y avait pas moyen.

Après avoir répondu à toutes les interrogations de l'inspecteur, celui-ci l'autorisa à sortir quelques instants pour se reposer, et retrouver Takahiro.
Son ami était également sorti, et patientait dans ce qui ressemblait à une sorte de salle d'attente. Il était assis sur l'un des sièges, et tenait dans ses mains un verre d'eau en plastique qu'un policier lui avait offert.
Son visage était pâle, et ses yeux rouges : il avait dû pleurer pendant tout l'entretien… L'auteur en était persuadé.

Voir Takahiro ainsi… Cela lui brisait le cœur.
Tout cela à cause d'un homme… Un monstre qu'Akihiko n'hésiterait certainement pas à tuer lorsqu'il en aurait l'occasion, peu importait ce que dirait la justice après cela.

D'un pas lent, le romancier s'approcha de l'ainé Takahashi. Ce-dernier releva la tête en l'entendant arriver et passa une main sur ses yeux, comme pour empêcher de nouvelles larmes de couler.

-"Usagi…" murmura-t-il, pour le saluer. Sa voix était cassée, signe évident de son état désespéré. Mais quoi de plus normal après avoir perdu son frère une troisième fois, à présent entre les mains d'un psychopathe…?

Akihiko se contenta de hocher la tête en retour. Il souhaitait réconforter son ami plus que tout, mais il ne savait pas quoi dire à cet instant.
"Désolé de ne pas avoir sauvé Misaki"? S'il avait certes envie de s'excuser auprès de Takahiro, il savait à l'avance que l'autre lui dirait que ce n'était pas de sa faute… Et même si cela l'était, il lui pardonnerait malgré tout.

Takahiro était beaucoup trop gentil.

L'écrivain s'assit sur un siège à côté, silencieusement. Son regard se porta sur le mur face à lui, et il se mit à rêvasser de nouveau.
Maintenant que le repaire de ce fou avait été découvert neuf mois plus tôt, où aurait-il bien pu emmener Misaki…? Le romancier essaya d'imaginer toutes sortes d'hypothèses qui pourraient le mettre sur une piste : un bâtiment abandonné? Un lieu caché dans une forêt comme auparavant?
Il supposa que ce psychopathe aurait plutôt choisi un endroit calme, à l'écart de la civilisation… Mais rien n'était vraiment sûr.

Après tout, n'avait-il pas aussi supposé que l'homme ne prendrait pas le risque de s'infiltrer dans l'hôpital?
Il suffisait de voir ce qui était arrivé ce jour-là pour éprouver des doutes sur chaque possibilité…

Peut-être que ce fou avait choisi un lieu en ville et comptait jouer sur les doutes des autorités, qui se concentreraient bien plus sur des zones isolées?
Ou bien peut-être avait-il choisi une cachette temporaire, et se préparait à changer d'endroit dès que possible…?

Akihiko n'en savait rien.

Qui pouvait bien imaginer ce que pensait ce monstre?

-"Usagi…" La voix de Takahiro ramena brusquement l'auteur à la réalité.

Akihiko se tourna vers son ami, qui avait baissé la tête à nouveau et dont le regard était fixé sur le sol. Les mains de celui-ci semblaient écraser légèrement le verre qu'il tenait, malgré le reste de liquide qu'il contenait.
Sa mâchoire était serrée, et aucun de ses muscles n'était détendu.

-"Est-ce que…" reprit-il, presque en murmurant : "Est-ce que tu penses qu'on retrouvera Misaki?"

Le romancier resta interdit face à la soudaine question, sans réellement savoir quoi répondre.

Une partie de lui-même lui criait d'encourager et de réconforter son meilleur ami, peu importait le contexte et ce que cela impliquait… Mais une autre partie l'incitait à être honnête, à ne rien cacher à Takahiro.
Mentir dans le seul but de l'aider à se sentir mieux… Il ne pouvait pas faire cela.

Pas au sujet de la disparition de l'étudiant.

-"Je pense… Je pense que la police ne le retrouvera pas." Dire ces mots lui avait demandé de nombreux efforts. Il ne souhaitait certainement pas blesser le brun davantage… Mais il devait se montrer honnête avec lui.

L'autre serra ses mains en réponse et écrasa le verre encore un peu plus, sans prêter attention à l'eau qui tomba sur le sol en conséquence.

L'expression sur son visage s'assombrit et Akihiko put le voir se mordre la lèvre, toujours pour se retenir de pleurer.

L'auteur savait qu'il obtiendrait ce genre de réaction en répondant à la négative… Mais il ne pouvait ignorer le sentiment de culpabilité qui l'avait envahi en voyant combien il avait blessé Takahiro.

Mais que pouvait-il dire, face à l'impuissance des autorités? Takahiro lui-même le savait probablement déjà.

Hésitant, le romancier posa la main sur l'épaule du brun, qui se raidit au contact. Mais l'autre ne fit aucun geste pour le rejeter.
Néanmoins, il suffisait de voir son visage pour comprendre à quel point il était inconsolable.

Akihiko baissa la tête à son tour.
Par deux fois, la police n'avait été qu'une aide négligeable concernant la libération de Misaki. La première fois, l'étudiant lui-même avait réussi à s'enfuir. La seconde fois, l'écrivain avait pu neutraliser le ravisseur de celui-ci.

Pouvait-il simplement attendre d'obtenir des nouvelles?
L'éventualité de ne pas retrouver son compagnon le terrifiait… Et il en valait de même pour l'aîné Takahashi.

Le romancier jeta un coup d'œil à celui-ci, et sentit son cœur se serrer en remarquant qu'il avait recommencé à pleurer.

-"J'aurai pu le protéger… J'aurai pu l'aider…" sanglotait Takahiro, d'une voix aigüe et instable. Son corps commença à trembler, tandis qu'Akihiko essayait de le rassurer, sans succès.
Qu'y avait-il donc d'étonnant, avec ce qu'il lui avait dit plus tôt?

L'écrivain fronça les sourcils : son ami n'était certainement pas à blâmer. Lui, au contraire, aurait pu convaincre le jeune homme de repousser son rendez-vous médical.
Mais au fond de lui, il avait le sentiment que cela n'aurait peut-être pas changé le sort de l'étudiant…

Cependant, cela ne changeait pas la promesse qu'il avait faite à Misaki ainsi qu'à son frère : celle de tout faire pour empêcher ce fou de revenir, et de les blesser à nouveau.
Une promesse qu'il n'avait pas pu tenir.

De colère, il serra les poings.
Et voilà que la vie de Misaki se trouvait dans les mains d'une unité de police incompétente… Celle-ci ne pourrait rien contre le Russe.
Le romancier ne pouvait pas laisser ces incapables se charger de la disparition de l'étudiant. Cela valait à accepter la perte du jeune homme, peut-être même sa mort.

Il refusait de s'y résigner. C'était hors de question.
Et si cela signifiait mener sa propre enquête de son côté, avec ses propres moyens… Il le ferait sans hésiter.

S'il se contentait d'attendre ce que lui dirait la police, il ne ferait qu'abandonner son compagnon.

"Je dois faire quelque chose!"

Il se retourna vers son ami, qui n'avait pas cessé de sangloter en silence. Certes, il aurait préféré donner un peu de temps à Takahiro et le laisser se ressaisir petit à petit… Mais à présent, la moindre seconde comptait.

-"Takahiro…" Ce-dernier reporta son attention sur lui, tout en essayant d'arrêter de sangloter quelques instants, afin d'écouter ce que souhaitait lui dire Akihiko.

-"Je projette de faire mes propres recherches. Je…" Il s'interrompit un instant, et serra ses poings : "Je ne fais pas confiance à la police. C'est la troisième fois que Misaki se fait enlever, et elle ne nous a jamais vraiment aidés à le retrouver. Je pense que j'aurai peut-être plus de chance de mon côté."

L'autre l'observa sans dire mot. Sans doute ne s'attendait-il pas à une déclaration aussi soudaine, et encore moins une telle décision. Mais alors qu'Akihiko s'attendait à le voir acquiescer doucement, encore touché par la disparition de Misaki… L'expression de son interlocuteur se changea en quelque chose que l'auteur n'espérait pas.
De la colère. De la ténacité.
Les yeux larmoyants de l'ainé Takahashi arboraient un regard bien différent à présent, et qui contrastait avec ses précédentes expressions.

Finalement, Takahiro hocha la tête, et répondit, d'un ton décidé :

-"Je vais t'aider. On va retrouver Misaki."

A ce moment précis, l'auteur comprit quelle était la nouvelle motivation de son meilleur ami.
Il s'agissait de la même que lui.

L'envie de voir ce psychopathe arrêté, et de préférence, neutralisé pour de bon.


Misaki Takahashi

Ce fut tout d'abord un horrible mal de tête qui réveilla le jeune homme.
Il ne prit pas la peine d'ouvrir les yeux, effrayé de voir sa migraine s'intensifier et bien trop exténué pour cela de toute manière.
Son corps était lourd et l'étudiant avait l'impression de manquer de forces. Une sensation de froid parcourait le long de sa peau.
Il était couché sur une surface dure. Il reconnaissait malgré tout le contact d'une sorte de tissu. Peut-être était-ce une couverture…?

S'était-il endormi dans le manoir des Usami…?
Il fronça légèrement les sourcils, conscient que sa mémoire lui jouait encore des tours. Ce n'était pas quelque chose d'étrange, après tout ce qu'il avait vécu. Il préférait donc se méfier.
Tout en grelottant à cause de la basse température, il s'efforça de trier ses souvenirs et de se rappeler des récents événements.

Il détestait oublier le moindre détail. Et dans le cas présent, il avait la forte impression qu'il ne s'agissait pas simplement d'un petit détail.

Peu à peu, Misaki sentit sa mémoire devenir plus clair, tandis que sa conscience émergeait lentement.

Il s'était rendu à l'hôpital, pour l'une de ses visites habituelles. Son médecin avait décidé de lui faire passer diverses radios et, par conséquent, l'avait conduit jusque dans le cabinet de radiologie.
Et ensuite… Ensuite…

Le brun se figea brusquement, alors que de nouvelles images réapparaissaient dans son esprit.
Il avait attendu dans le cabinet de radiologie, quelqu'un était rentré... Et l'avait attaqué.
Son kidnappeur!

A cette pensée, Misaki ouvrit brusquement les paupières, soudainement réveillé par ses souvenirs. Sa respiration s'était également accélérée, et il pouvait même entendre les battements de son cœur tambouriner dans ses oreilles.

En ouvrant les yeux, il découvrit qu'il ne se trouvait plus dans le cabinet médical.

Il était dans une pièce inconnue, seul. Elle était faiblement éclairée par quelques bougies ici et là, si bien que l'étudiant voyait peu ce qui l'entourait.
La salle était plutôt petite. Face à lui, au bout d'un ou deux mètres, se trouvait une table. Elle semblait abîmée par le temps et quelques objets étaient posés dessus. Mais rien que Misaki ne puisse clairement identifier, à l'exception des bougies.
Une chaise était poussée dessous, et paraissait également assez usagée.

Dans le coin opposé, l'étudiant crût deviner la forme d'une sorte de couchette sur le sol. Probablement un sac de couchage.
Cette simple vision le fit frissonner de peur : il savait parfaitement à qui appartenait ce lit de fortune… Et il ne s'agissait certainement pas de lui-même.

Le jeune homme déglutit bruyamment, tandis qu'il prenait peu à peu conscience de la dangerosité de sa situation.
Il était de retour… Auprès de ce monstre. Il ne s'agissait certes pas du même enfer blanc, cet immense laboratoire… Mais ces lieux étaient probablement tout aussi malsains et menaçants, si ce n'était pas plus.

Il baissa les yeux, et remarqua son propre lit -ou du moins, ce qui s'y apparentait- : quelques couvertures, posées les unes sur les autres pour créer un semblant de confort. Malgré cela, il pouvait toujours sentir la dureté du sol.
Ce même coup d'œil vers le bas lui apprit qu'il était presque nu. Son caleçon était le seul vêtement qui ne lui avait pas été enlevé, ce qui le fit grimacer.
Il ne fallait pas être particulièrement intelligent pour comprendre ce qui arriverait, lorsque son ravisseur déciderait de le lui enlever… Plusieurs images apparurent alors dans son esprit, et il s'empressa de les chasser, décidé à ne pas céder à la panique.

Il était seul dans la pièce. Peut-être pouvait-il trouver quelque chose pour s'échapper?

Misaki aperçu une forme sur son lit, reliée au mur, et… A lui-même. Curieux et effrayé à la fois, il tendit sa main, et toucha l'objet inconnu. Un son métallique vint à ses oreilles en retour. Il n'en fallait pas plus pour qu'il devine ce dont il s'agissait.
C'était une chaîne. Celle-ci était attachée à ce qui ressemblait à des tuyaux, qui dépassaient du mur derrière lui. Elle était aussi reliée à quelque chose autour de son cou. Le visage de l'étudiant pâlit dangereusement à cette constatation.

Tremblant, il porta les mains à sa gorge. Il ne put retenir un cri apeuré en sentant ce qu'il identifia comme un collier.
Il était enchaîné au mur.
Comme un chien.

Sa respiration s'accentua, à mesure qu'il réalisait ce que cela signifiait.
Non seulement sa dignité était poussée au plus bas… Mais il ne serait pas non plus en mesure de se déplacer, et encore moins de s'échapper.
Misaki passa ses doigts autour du collier et commença à chercher son ouverture, paniqué. Mais tout ce qu'il parvint à toucher s'apparentait à du métal froid, difforme. Une horrible hypothèse se forma dans l'esprit du jeune homme : et si son kidnappeur avait fait fondre le métal, afin d'empêcher toute tentative d'échappatoire?
Cette idée se confirma peu à peu, alors que l'étudiant touchait la sangle déformée.

Il jeta un regard vers les tuyaux qui traversaient le mur et identifia la forme d'un cadenas. Celui-ci empêchait la chaîne de se défaire et la maintenait en place.

L'étudiant déglutit une nouvelle fois, tétanisé : il était piégé.
A nouveau, il se trouvait entre les mains de son agresseur… Et il était persuadé que ce-dernier ferait de son mieux pour l'empêcher de s'enfuir.

Il n'osa pas imaginer ce qui l'attendait au retour de ce fou.
L'autre ne se contenterait pas de juste le saluer, non… Il se vengerait au sujet de son arrestation, c'était évident!

Misaki serra les dents et essaya de résister à l'envie de trembler.
Il ne pouvait pas rester ici!

Doucement, il se redressa et se mit debout. Avec la fatigue et son sommeil provoqué par une dose de chloroforme, il n'était pas très stable sur ses jambes. Il préféra s'aider du mur pour se tenir quelques instants, le temps de retrouver son équilibre.
La chaîne était assez courte. Elle lui permettait certes d'être debout, mais il ne serait pas en mesure de reculer plus loin que sa piteuse couchette.
Il toucha les tuyaux avec hésitation. Ils avaient l'air solides, mais peut-être pas assez pour lui résister. Il pouvait essayer de tirer dessus grâce à la chaîne, mais n'était pas vraiment sûr de l'efficacité de cette idée.
Cela allait être très bruyant, Misaki en était persuadé. Il suffisait que son agresseur se trouve dans une pièce à côté pour qu'il l'entende…

Toutefois, l'étudiant ne disposait pas d'une infinité de possibilité. De plus, il était seul à présent, mais cela ne durerait sûrement pas. La simple présence de la couchette de son ravisseur dans cette salle confirmait ses hypothèses : l'homme serait souvent avec lui. Le brun ne pourrait même pas essayer de s'enfuir pendant le repos de son kidnappeur, puisque celui-ci se trouverait à quelques mètres de lui seulement.

L'étudiant ramassa la chaîne avec appréhension.
Il ne pouvait pas juste attendre… Il devait faire quelque chose pour essayer de sortir d'ici.
Peut-être que ce monstre était sorti…? Il décida de se raccrocher à ce vain espoir pour se donner du courage.

Puis, avec toute la force dont il disposait à cet instant, il tira un grand coup sur ses liens. Il ne put retenir une énième grimace, en entendant le bruit sourd que cela avait provoqué. Le son résonnait dans la pièce, et en faisait probablement de même sur toute la longueur des fameux tuyaux.
Que ferait-il, si cela résonnait jusqu'à son ravisseur…?

Il secoua la tête et s'arrêta un moment, attentif à tout bruit de pas suspect. Néanmoins, tout était silencieux. Tout ce que le brun entendait était les battements de son cœur, sa respiration haletante, et le bruit des différentes mailles de la chaîne qui s'entrechoquaient les unes contre les autres.
Cependant, il n'y avait toujours aucun signe de ce fou.

Par mesure de prudence, Misaki préféra attendre encore un peu. Ensuite, lorsqu'il fut plus rassuré, il répéta l'opération et serra les dents face au nouveau bruit qu'il provoqua en conséquence. Celui-ci était plus fort que le précédent, ce qui pouvait être vu comme une bonne chose, mais également comme une mauvaise.
Une bonne chose, car cela signifiait qu'il retrouvait ses forces… Mais aussi une mauvaise, car son kidnappeur aurait plus de chance de l'entendre.

Toutefois, après deux tentatives, il était trop tard pour s'en inquiéter.

Le jeune homme recommença à tirer sur sa chaîne, encore et encore. Sa nervosité augmentait de secondes en secondes, au fur et à mesure que ses essais se révélaient infructueux.
Peut-être n'était-ce pas une bonne technique? Peut-être que l'étudiant devait s'aider du mur pour tirer ses liens de manière continue, au lieu de les ramener vers lui à plusieurs intervalles?

Peu tranquille, il s'avança à nouveau légèrement et posa son pied contre le mur qui lui faisait face. Mais alors qu'il s'apprêtait à tirer sa chaîne vers lui, un nouveau bruit lui glaça le sang, juste derrière lui.
A cet instant précis, Misaki eut l'impression de sentir son cœur s'arrêter. Puis, lentement, il retourna peu à peu sa tête dans la direction de ce son terrifiant.
Ses yeux se posèrent sur la porte, ouverte à présent, puis dévièrent vers la silhouette qui venait juste d'entrer.

Une silhouette que l'étudiant aurait pu reconnaître entre mille.
Vladlen. Son kidnappeur.

Ce dernier arborait une expression plutôt surprise, comme s'il ne savait pas d'où provenaient les fameux bruits sourds. Mais lorsqu'il remarqua Misaki, debout et essayant de s'échapper, son visage devint bien plus sombre.
Ses yeux bleus le dévisageaient avec colère, et ce simple regard suffit au plus jeune pour lâcher immédiatement ses liens.

Il n'y avait pas de mots pour expliquer l'état de peur dans lequel il se trouvait.
Depuis plusieurs mois, il avait été la victime de nombreux cauchemars, dans lesquels son kidnappeur parvenait à le reprendre et l'observait avec un visage haineux…
Et voilà que tout cela se réalisait… En pire, en bien pire.

Le plus vieux fit un pas dans sa direction. Cette action eut un effet direct sur le brun, dont les jambes perdirent toute force. Il tomba sur sa miteuse paillasse et regardait avec horreur son tortionnaire, tout en reculant petit à petit vers le coin de la salle. Il lâcha un petit cri pitoyable lorsque son dos heurta le mur.

"Non… Non, non, pas encore…!"

Il n'y avait aucune issue.

-"Tu es réveillé… J'ai à peine le temps de te dire bonjour que tu me déçois déjà." La voix du monstre était grave et témoignait sans peine de l'agacement qu'il ressentait à cet instant : "Et moi qui voulait que nos retrouvailles soient joyeuses…"

Le Russe fit quelques pas et se trouva face à lui.

-"J'avais débord prévu de discuter avec toi, mais tu ne sais décidément pas comment te tenir… Il ne t'est pas venu à l'esprit qu'essayer de t'échapper m'énerverait? Et ce, avant même que je puisse te saluer?"

Misaki ramena ses mains à lui, comme pour se protéger d'un éventuel coup qu'il ne verrait pas arriver.

-"S'il vous plait… Je suis désolé…!" Supplia-t-il, terrifié de ce qui pourrait se passer. Attaché au mur, il était plus que vulnérable… Il savait pertinemment que supplier son agresseur ne fonctionnerait pas, mais la crainte le faisait parler : "Je suis désolé, je suis désolé… Je vous en prie, je-"

La main de l'autre lui attrapa les cheveux, le coupant brusquement dans ses paroles. Aussitôt, l'étudiant ferma durement les yeux, incapable de regarder l'homme qui lui faisait face.

-"Je ne t'ai pas autorisé à parler!" L'intonation de celui-ci s'était montré plus forte, signe indéniable de sa colère et de son exaspération. Pour appuyer ses mots, il tira fortement les cheveux du plus jeune sur le côté, ce qui arracha un cri étouffé à ce-dernier.

Puis peu à peu, la main de son agresseur se fit moins violente. Celle-ci commença à desserrer sa poigne et à caresser lentement les mèches brunes de l'étudiant. Le jeune homme n'osa pas bouger un seul muscle, de peur de contrarier son hôte.

Le fou reprit, plus calmement :

-"Tu es désolé, bien sûr… Mais pour quoi exactement? Pour avoir essayé de t'échapper bêtement, ou bien pour m'avoir fait enfermé puis interné pendant neuf mois?"

Misaki savait qu'il s'agissait là d'une question rhétorique et que l'autre n'attendait pas réellement de réponse. A cela s'ajoutait la règle du silence, qui le forçait à rester muet, à moins de recevoir une autorisation précise.

-"J'avais déjà prévu de te punir pour ce que tu m'as fait. Et crois-moi, j'ai de l'imagination."

Cette affirmation fit trembler le brun, qui ne put s'empêcher de tourner lentement la tête sur le côté. Il ne supportait pas cette situation, et un tel geste lui permettait de se sentir -ne serait-ce que très légèrement- en sécurité.
Mais son tortionnaire ne lui laissa pas ce luxe et tira à nouveau sur ses cheveux pour le ramener à lui. L'action arracha un énième cri au plus jeune, mais cela n'avait rien de surprenant.

-"Ecoute-moi quand je te parle!" L'ordre n'eut pas besoin d'être répété. Au bout de quelques secondes, Misaki ouvrit les yeux, malgré la peur qui le paralysait.
Regarder ce monstre dans les yeux était certainement l'une des choses les plus difficile que l'étudiant eut à faire…

-"Tes petites défiances ne changeront en rien ce que j'ai prévu de te faire. Au contraire, je te punirai même davantage."

Le plus jeune se retint de pleurer et garda la mâchoire serrée. S'il se mettait à sangloter… Il savait que cela ne ferait que ravir ce psychopathe, qui s'amuserait grandement de son désespoir.
La mention d'être puni ne faisait que lui rappeler dans quelle posture il se trouvait et notamment quel rôle il devait jouer auprès de ce démon.
Celui d'esclave. Celui de bête.
Et certainement pas celui d'un être humain doué de sa propre volonté.

-"Mais tu sais, j'ai découvert quelque chose, récemment." Son ravisseur retira sa main et fit un pas en arrière. Il le dévisageait avec un grand sourire cruel.
Il jubilait.

Il se déplaça jusqu'à sa couchette personnelle et sembla ramasser quelque chose, posé négligemment sur les couvertures.
Misaki découvrit dans la main de son interlocuteur une sorte de pochette marron sur laquelle était collée une petite étiquette. Face à son agresseur et à ses récents propos, l'étudiant ne pouvait que se montrer confus et effrayé.
De quoi s'agissait-il…?

Le psychopathe sembla remarquer le regard interrogatif que lui lançait l'étudiant et sourit de plus belle. Il reprit ensuite, tout en relevant la pochette, comme pour la mettre en évidence :

-"Ceci… Est une copie de ton dossier médical."

Le Russe fit quelques pas dans la pièce, tout en ouvrant ledit dossier. Il le feuilletait négligemment et Misaki comprit que tout cela n'était qu'une mise en scène destinée à l'effrayer plus encore.

-"J'avais déjà pu accéder à quelques documents, la première fois que tu m'as quitté…" Le jeune homme se rappelait effectivement du jour où l'autre avait réussi à infiltrer l'ordinateur et les dossiers de son psychologue, probablement afin de rechercher une quelconque opportunité.

Pour appuyer la dernière partie de ses propos, le psychopathe dévisagea le brun avec colère, tel un parent jugeant son enfant pour une bêtise :

-"Mais maintenant, je dispose de toutes sortes d'informations te concernant. Les résultats de tes examens, les comptes rendus des médecins concernant tes flashbacks, tes crises de paniques… Ou tes cauchemars, par exemple."

Misaki ne put retenir un frisson lorsqu'il vit le visage de son agresseur arborer une expression plus que cruelle.
Ces yeux, ce sourire… Il les connaissait trop bien. Comment aurait-il pu les oublier…? C'était ce même visage qui l'avait tant de fois hanté, même après l'arrestation de ce fou.

Son ravisseur avait une horrible idée derrière la tête, voilà ce que cela signifiait.

Ce dernier s'attarda sur quelques pages, jetant parfois un coup d'œil à l'étudiant, sans doute pour intensifier sa peur encore plus. Il adoptait une position dominante, de manière à maintenir son autorité vers Misaki.
Bien que cela n'était pas nécessaire, au vu de la crainte ressentie par celui-ci.

-"J'ai toujours pensé que j'étais assez créatif en termes de tortures, de souffrance et de jeux malsains… Mais toi, tu n'es pas si mal non plus, dis-moi."

La respiration de l'étudiant s'accéléra encore.
Il n'avait strictement aucune idée de ce que disait son tortionnaire et cela le terrifiait.
De quoi parlait-il? A quoi devait-il s'attendre…?

-"J'ai lu certains résumés de tes cauchemars, par curiosité." L'autre fit une pause, plus que satisfait de la peur qu'il procurait à sa victime, qui avait commencé à trembler de tous ses membres : "Je dois t'avouer que je suis flatté. Savoir que tu rêves presque toujours de moi… Cela me fait très plaisir, tu sais?"

Malgré ses dires, ses yeux n'exprimaient rien d'autre qu'un pur sadisme et, peu à peu, le plus jeune commença à voir là où ce monstre voulait en venir.
Son psychologue avait toujours tout pris en note, qu'il s'agisse de simples informations, ou bien jusqu'à retranscrire tous ses flashbacks… Et ses cauchemars, issus de faits réels ou de sa propre imagination.

Voilà ce dont parlait le plus vieux.
Dans sa main se trouvait le fameux dossier dans lequel toutes ces précieuses données avaient été soigneusement enregistrées pour le bien de sa thérapie.
Pour le bien de la science.

L'autre possédait à présent le moyen de réaliser ses plus grandes peurs, de lui faire vivre ses plus terribles hantises.

Le monstre sourit davantage en voyant le visage de l'étudiant se décomposer peu à peu, au fur et à mesure qu'il comprenait ce que tout cela signifiait.

Il ne s'agirait pas d'une simple punition… Mais d'une réelle vengeance.
Et ce fou, il en était sûr, prendrait tout son temps pour lui faire du mal.

L'homme montra ensuite l'une des pages du doigt et afficha une expression des plus satisfaites :

-"Cette idée-là me plait bien, je pense que je vais m'en inspirer."

A ces mots, tandis que son ravisseur affichait une expression plus que cruelle, Misaki commença à avoir du mal à respirer, sous l'emprise de la panique.
Qu'avait-bien pu lire son tortionnaire…? Le brun avait déjà fait tant de cauchemars impliquant son kidnappeur, allant des tortures physiques aux tortures psychologiques… Et même jusqu'aux viols.
Quel rêve avait attisé la curiosité de ce monstre? Le plus jeune ne cessait de se poser cette question, incapable d'imaginer ce qui pouvait l'attendre.

Le Russe s'amusa de sa crainte et lui adressa un sourire presque bienveillant.
Un sourire faux.

-"Ne t'inquiètes pas, Misaki. Je ne vais pas te punir tout de suite." dit-il d'une intonation moqueuse : "Il me reste encore des choses à faire. Je reviendrai te chercher plus tard. En attendant, tu peux commencer à t'habituer à ta nouvelle maison."

Il se dirigea vers la porte d'un pas assuré et attrapa la poignée, avant de se stopper pour regarder l'étudiant à nouveau.

-"Je te promets que je prendrai bien soin de toi. Et nous allons beaucoup, beaucoup nous amuser."

D'un geste rapide, il ouvrit la porte et sortit de la pièce.

Misaki se trouvait seul à nouveau.

Lentement, il porta les mains à son visage et les passa dans ses cheveux.
Il ne voulait pas croire que tout cela était en train d'arriver. Cela ne pouvait pas être possible, il rêvait sans doute…
Mais il savait combien il était inutile de se mentir ainsi.
L'expérience le lui avait prouvé de nombreuses fois.

Il se recroquevilla petit à petit sur lui-même et réalisa qu'il avait recommencé à sangloter.
Ses mains entourèrent ses genoux et il baissa la tête, comme pour former une coquille protectrice. Toutefois, ce n'était qu'une vaste illusion.

Dans les mains de ce fou, le mot "protection" n'était qu'une morbide plaisanterie.

Il serra ses dents, toujours horrifié par sa situation.
Après neuf mois de répit et de thérapie dans lesquels il avait pu réapprendre à vivre… Voilà que tout lui était enlevé de nouveau.

Il ne voulait pas y croire.

Le son de ses pleurs résonnait dans la pièce, et doucement, il se mit à prier presque silencieusement :

-"Usagi… Usagi, vient me chercher…!" Ses sanglots s'intensifièrent à la mention de ce nom, et plus encore lorsqu'il continua, désespéré : "Grand Frère, je t'en prie!"

Mais personne ne lui répondit.
Seul le son de sa propre voix lui parvenait, encore et encore.

Il était à nouveau prisonnier de ce psychopathe… Et ce-dernier ferait tout pour l'empêcher de s'enfuir une troisième fois.


Le chapitre suivant aura un peu plus d'action, que ce soit pour Akihiko ou Misaki, je peux vous le garantir... Héhéhéhéhé.
A plus tard pour le chapitre 11!

Sinon, dans le côté OSEF de ma vie, j'ai récemment fini Homestuck.
Alors. Comment dire.
Woah. J'adore complètement.
Genre, vraiment.

Voilà, bref, c'était l'instant OSEF.


Réponses aux reviews


Alice-McKibben : Hello!
Merci beaucoup! Encore faut-il que je réussisse mes vrais examens, maintenant x)
Héhéhé, ne t'inquiètes pas, Akihiko et Takahiro culpabilisent énormément à cause de tout ça...
J'espère que ce PDV de Vladlen t'a plu aussi!
Désolée de ne pas avoir exaucé ton vœu de voir Akihiko puncher Vladlen sur le parking, par contre XD Ce serait trop facile, sinon, ahahahaha...
Maintenant que je suis ENFIN arrivée au moment où Vladlen a repris Misaki, je vais pouvoir réécrire des trucs sur son fameux blog. J'en avais hâte, dis donc!
J'ai commencé à lire la saison 2 de Killing Stalking justement, et je suis vraiment contente de voir la suite 8)
Merci pour ta review!
A plus tard!

Indomptee : Contente que ce chapitre t'ai plu!
T'as pas idée comment Vladlen est maniaque xD Mais justement, il le devient moins quand il est trop sûr de lui, donc bon, autant qu'il reste prudent...
J'espère que la conversation entre Misaki et Vladlen correspond à tes espérances! Mais il y en aura plus, beaucoup plus au prochain chapitre, ne t'inquiètes pas =)
Oh eh bien, bonne chance alors XD
Killing Stalking est, en effet, une très très bonne source d'inspiration, notamment pour les tortures!
J'espère que ce chapitre t'a plu, et merci pour ta review!
A la prochaine!

Cecilia411 : Salut! =D
Merci beaucoup pour tes encouragements, j'espère moi aussi réussir mes études x)
J'apprécie ta proposition, et je n'hésiterai pas à faire appel à toi en cas de besoin! Et ne t'en fais pas, l'intrigue va avoir quelques nouveaux éléments dans les prochains chapitres!
Bisous!

MonicaDaSilva : Hey!
C'est vrai que le chapitre précédent était un peu vide, je suis tout à fait d'accord.
Et puis non, j'oserai jamais faire de mal à Misaki, voyons, pour qui me prends-tu, enfin? =')
Sinon, j'aurais bien aimé faire souffrir Akihiko en le voyant assister au départ de Vladlen, mais chronologiquement, j'avais quelques soucis. Dommage, ça aurait pu être vraiment diabolique comme scène XD
Merci beaucoup pour les encouragements, je vais tout faire pour réussir mes examens!
(désolée pour le temps d'attente, je voulais poster le plus près possible de mes examens pour me laisser le temps de récupérer après mes épreuves écrites... Après, j'aurai plus de temps pour écrire plus, normalement.)

Okami Shiroi : Hello!
J'espère que cette suite t'a plu!
Désolée, mon sadisme a prit le dessus... Misaki va souffrir encore un peu 8)