Bonjour à tous. Voici le chapitre 10. Fini les incursions dans le futur. Hermione se trouve, maintenant, face à son destin. J'ai longtemps hésité quant à la façon d'aborder ce chapitre. J'espère que la voie suivie va vous plaire. Sur ce, bonne lecture et à demain.
X - Une boucle sans fin
Elle reprit conscience dans un sursaut. La cave froide et humide était à nouveau là et avec elle ce sentiment de faiblesse qui traversait tout son corps. Hermione tenta de se concentrer sur la situation.
« Réfléchis Hermione ».
Elle ne prit pas le temps de savoir si ce qu'elle avait vu était réel ou si c'était simplement un rêve. Cela n'aurait aucune importance si elle n'arrivait pas à sortir de là. Elle parcourut la pièce du regard. Le seul meuble présent était une petite table. Elle fit un effort surhumain pour voir ce qu'il y avait dessus et aperçut quelque chose de familier : sa baguette. Retrouvant une lueur d'espoir, elle chercha un moyen de l'atteindre.
Elle réfléchit à une solution qu'elle aurait pu lire dans ses livres puis elle se souvint que certains sorciers maintenaient le fait qu'il était possible d'user de la magie sans baguette. Lorsqu'elle avait lu ça, elle se souvenait parfaitement de son scepticisme, mais après ce qu'elle venait de vivre, elle pouvait bien croire que tout événement ne pouvait pas avoir une explication rationnelle. Convaincue d'avoir trouvé la solution, elle se concentra et ferma les yeux, focalisant son attention sur sa baguette, posée à quelques mètres d'elle. Alors qu'elle sentait ses dernières forces la quitter, Hermione sentit quelque chose percuter sa main. Elle ferma alors violemment le poing et murmura une prière silencieuse de gratitude en serrant fermement sa baguette entre ses doigts. Plus déterminée que jamais, elle réfléchit à une façon de prévenir ses amis et puis la solution apparue à ses yeux comme une évidence.
_ Expecto Patronum
Elle pensa au moment le plus joyeux de sa vie. Jusqu'à présent, elle avait toujours pensé au jour où elle avait appris qu'elle était une sorcière. Mais aujourd'hui, elle avait trouvé une pensée encore plus forte et plus symbolique. Elle repensa au soir où le troll avait pénétré dans Poudlard et au moment où Ron et Harry étaient venus la secourir. Elle se rappela de l'instant où elle avait menti pour les couvrir et au sourire que ses deux futurs amis lui avaient fait. A y repenser, c'était son souvenir le plus joyeux.
Une fumée argentée sortit du bout de sa baguette prenant doucement la forme d'une loutre. Elle se concentra davantage afin de réussir le sort pour que son patronus devienne un messager.
_ Au secours… Malefoy… Cave
Puis elle vit le patronus disparaitre à travers la petite fenêtre où Hermione avait regarder la neige tomber quelques instants plus tôt. Elle espérait désespérément que son sort ait fonctionné et qu'on la trouverait à temps.
Elle ne savait pas combien de temps s'était écoulé. Elle n'était même pas certaine d'avoir été éveillée tout le temps. Quand le bruit d'une lourde porte métallique l'alerta, elle eut à peine l'énergie de lever la tête.
_ Hermione ?
La voix de Ron l'appelait de quelque part dans le lointain et pour la première fois depuis longtemps, elle se mit à espérer. Soudain, il fut près d'elle, aussi fort et plein de vie. Son cœur s'enflamma. Baissant sa baguette, il pâlit en voyant sa meilleure amie étendue dans une marre de sang.
_ Par Merlin, murmura-t-il effrayé.
En une fraction de seconde, il manipulait avec délicatesse les cordes serrées autour de ses poignets et la délivra.
_ Parle-moi, Hermione, lui ordonna-t-il en la couvrant de sa cape. Harry et la moitié de l'ordre du Phoenix sont en chemin.
Il la prit dans ses bras et lança quelques sorts de soin pour faire stopper le flot de sang qui s'écoulait de ses entailles. Hermione lutta pour parler, cherchant à faire disparaitre l'inquiétude qu'elle voyait dans ses yeux.
_ Comment es-tu arrivé là ?
_ J'ai transplané après qu'ils aient réussi à te localiser, sans perdre un sourcil, en plus.
Ron leva un sourcil et fit un sourire forcé.
_ Ca va aller, Hermione. Tu dois tenir le coup.
Ron la posa délicatement sur le sol et commença à se lever mais elle l'agrippa totalement effrayée.
_ Ne pars pas, réussit-elle à dire. S'il te plait.
_ Jamais, répondit-il d'une voix forte en caressant sa joue avec une tendresse infinie. Je ne vais pas te laisser t'en aller, Mione.
Une partie de son esprit enregistra le fait qu'il l'avait appelée 'Mione' pour la première fois. Elle leva le regard et se sentit bouleversée en découvrant la profondeur des sentiments qu'elle avait pu voir dans les yeux du Ron du futur. Peut-être que ce n'était tout simplement pas un rêve…
Tout à coup, il y eut du mouvement de l'autre côté de la porte et la terreur la saisit.
_ Ron.
Il réagit rapidement, saisissant sa baguette et en s'éloignant rapidement d'elle. Quand il se tourna vers la porte, Malefoy debout dans l'embrasure n'hésita pas une seule seconde. Le bruit du sort qui frappa Ron résonna dans la cave vide. Son corps partit en arrière et il se retrouva recroquevillé sur le sol, près de sa meilleure amie.
_ Non, hurla-t-elle en cherchant à l'approcher.
Une vilaine tache écarlate s'étendait rapidement sur le pan droit de sa chemise. Elle leva une main tremblante vers la blessure dans un effort vain de stopper l'hémorragie. Elle le regardait se battre contre la douleur et l'espace d'un moment, elle oublia sa propre douleur.
_ Je suis désolé, dit-il d'une voix étranglée.
Des larmes d'impuissance et de frustration montèrent dans ses yeux. Ce n'était pas censé se passer de cette façon. Elle ne l'avait pas fait venir ici pour qu'il meurt avec elle.
Malefoy était debout près d'eux, secouant la tête avec un sourire machiavélique.
_ Eh bien, je ne pensais pas me débarrasser d'une sang de bourbe et un traitre à son sang dans la même soirée.
Il examina le filet de sang qui coulait au coin de la bouche du jeune Gryffondor.
_ Qu'est ce que c'est que ça ? Se pourrait-il que j'ai touché un poumon ?
Les yeux d'Hermione ne quittèrent pas Ron. Au prix d'un grand effort, il tourna la tête vers elle et baissa son regard sur le sol. Elle regarda et plissa les yeux de surprise. La baguette de Ron était tombé, sans que Malefoy ne la remarque, à quelques centimètres d'elle. Elle jeta un nouveau coup d'œil à Ron et elle vit qu'il avait confiance en elle. Elle rassembla ses dernières forces pendant que Lucius Malefoy continuait, ne portant pas attention au dialogue silencieux entre les deux amis.
_ Je suis sûr que vous et Potter vous sentiez invincible. J'espère que le message sera suffisamment clair pour ce petit arrogant. Quelque chose à dire ?
Son attention semblait focalisée sur son meilleur ami, donnant à Hermione l'opportunité d'attraper la baguette de Ron. Sa conscience diminuait à chaque seconde mais elle sentit clairement la sensation du bois dans la paume de sa main. D'un geste rapide, elle jeta un sortilège directement dans la tête du mangemort. Avec un soupir, elle laissa tomber la baguette.
_ On l'a eu, Ron…
La tête de Ron pendait mollement sur le côté et ses yeux étaient fermés. Ses lèvres bleuissaient et le cœur d'Hermione se glaça. Quelques secondes plus tard, Harry se précipita à travers la porte, la baguette à la main et s'arrêta net. Derrière lui, des médicomages ainsi que des membres de l'ordre du Phoenix se précipitèrent vers eux. Le survivant repris son sang froid et s'agenouilla à côté d'elle.
_ Tiens le coup, Hermione. Tout va bien se passer. Tu es en sécurité, maintenant.
Le monde devenait sombre autour d'elle et elle se sentit partir petit à petit.
_ Ron, cria-t-elle.
Mais sa voix n'était qu'un murmure.
Harry se déplaça près de la forme immobile de Ron et vérifia son pouls. Il se pencha et les couleurs quittèrent son visage.
_ Il ne respire plus ! Bon sang, Ron, c'est pour ça qu'il fallait attendre avant de pénétrer dans le manoir.
Deux personnes de l'équipe de médicomages apparurent et prirent le relais. Les dernières réserves d'Hermione étaient épuisées et elle ne supportait pas de les voir se battre pour sauver son meilleur ami – l'homme qu'elle aimait. Pour la première fois de sa vie, elle était certaine de ce qu'elle éprouvait et maintenant elle n'aurait plus l'occasion de lui dire. Pendant que l'obscurité se refermait sur elle, sa dernière pensée conscience fut de savoir si elle vivrait assez longtemps pour avoir des regrets.
