Disclaimer : L'univers d'Aventures appartient à Mahyar et les personnages aux joueurs Krayn, Bob, Fred et Seb du grenier.


Merci encore pour les reviews!

Voici le petit chapitre du mercredi : featuring beaucoup d'eau ^^.


Chapitre - A bout de forces

Grunlek était balloté de toutes parts. Ses mouvements erratiques provoquaient un bouillonnement qui lui brouillait la vue. Malgré ses efforts, le courant l'entrainait vers le fond. Il sentait sous ses doigts se dérober le bras de son ami. Sa main avait glissé jusqu'à l'avant bras de ce dernier où les écailles qui le recouvraient rendaient la prise encore plus hasardeuse. Entre deux nuées de bulles et de sédiments vaseux, il pouvait apercevoir le visage reptilien du mage dont la chevelure noir de geai agitée par le courant lui donnait des airs de gorgone. L'espace d'un instant, il crut le voir entrouvrir les yeux et eut l'impression que deux orbites vides le fixaient. L'effet de surprise manqua de le faire lâcher prise une nouvelle fois, mais il tint bon.

Sous ses pieds, il pouvait sentir les galets rouler. Il n'avait aucun appui au sol pour espérer pouvoir se propulser à la surface ou se diriger plus efficacement. Malgré le choc précédent, il essayait de se rapprocher du bord où les rochers étaient plus larges. L'air commençait à lui manquer et ses forces à décroitre. Ayant plus réellement d'autres options, il puisa dans les maigres ressources énergétiques de la gemme de pouvoir qui alimentait son bras mécanique pour frapper le sol. Le coup puissant souleva un énorme nuage de vase autour d'eux et l'onde de choc les envoya vers la rive Nord.

La joie du nain fut cependant de courte durée. Il subit un nouveau choc violent au niveau des côtes. A cause de l'impact, il relâcha une grande quantité d'air avant de boire copieusement la tasse. C'était une grosse branche d'arbre piégée entre les rochers qui l'avait accueilli de manière peu délicate. Mais cela semblait être un mal pour un bien. En effet, le branchage avait stoppé sa dérive et il était maintenant à même de se maintenir à la surface. La bouffée d'air qu'il prit lui brûla les poumons. Tandis qu'il toussait et recrachait l'eau qu'il avait avalé, il amena le mage près de lui et le hissa à hauteur sur son perchoir de fortune.

Reprenant son souffle, il dévisageait inquiet son ami toujours plongé dans l'inconscience. Il n'avait aucune réaction; pas même un reflex de régurgitation. Grunlek ne savait même pas si le mage respirait encore. Les remous et sa prise précaire l'empêchait de vérifier ce dernier point. Il regarda autour de lui. Le courant les avait rapidement éloigné de la verte plaine et des cavaliers. Ils étaient à présent dans une région densément boisée. Il vit, un peu plus loin, que la berge était moins abrupte. Ils auraient de meilleurs chances de s'extraire de la rivière en allant plus avant. Il prit appui au sol et fit craquer la branche qui les retenait. Elle flottait légèrement et il s'en servit de radeau de fortune pour se diriger. A mesure qu'ils avançaient, le courant devenait progressivement moins violent; ce qui facilita les manœuvres.

Cette lutte intense dans la rivière furieuse avait sapé ses forces et le nain sentait déjà les prémices de futures crampes se former dans ses jambes et dans son dos. Il donna une nouvelle impulsion grâce à son bras mécanique pour se rapprocher encore un peu de la rive Nord. Finalement, ce fut au milieu des ajoncs qu'il se hissa sur la berge en traînant le corps inerte du demi-diable à sa suite. Personne ne verrait leurs traces. Elles seraient rapidement effacées par la vase. Cependant, par précaution, il tracta son compagnon à couvert. Juste assez pour être sûr qu'ils ne seraient pas repérés depuis l'autre rive si les cavaliers venaient à pénétrer dans la forêt.

Il coucha le mage sur le côté et tapota avec énergie dans son dos. Cette fois-ci, la réaction de régurgitation fut immédiate. Il vomit une grande quantité d'eau avant de prendre une grande inspiration. Étrangement, cela ne le tira pas de son sommeil. Grunlek se demandait à quel point il avait été drogué pour être si profondément endormi. Il relégua ses craintes au second plan tandis que lui aussi délestait ses bronches de l'eau qui était restée dans ses poumons. Les quintes de toux furent longues à calmer. Malgré une douleur persistante au niveau des côtes et une très grande fatigue, si on considérait les événements, il se sentait relativement alerte.

Il s'octroya quelques minutes de repos pour dresser un rapide état des lieux. Ils venaient certes d'échapper par deux fois à la mort, mais le bilan était assez mitigé. Le mage ne montrait aucun signe de réveil, même après avoir manqué de se noyer. Ils étaient tous les deux trempés jusqu'aux os et n'avaient pas de moyen de se réchauffer. Son paquetage avait pris l'eau et les couvertures ne sècheraient pas à moins d'allumer un feu, ce qui était inenvisageable étant donné les fortes probabilités d'être pourchassé. A ça s'ajoutait qu'il avait perdu une grande partie des baies qu'il avait récolté. Le reste serait certainement gâté par l'humidité et la vase qui avait pénétré le sac. Au moins leur restait-il de l'eau potable, pensa-t-il en extirpant les deux outres de la poche principale.

Après un nettoyage rapide de son paquetage, Grunlek le replaça sur son dos. Il grimaça lorsque le mouvement tira sur ses côtes endolories et que le cuir plaqua ses vêtements humides contre sa peau. Il jeta un regard dépité à la forme inerte de son ami. Cette fois-ci, le porter allait s'avérer une tâche assez complexe. Il chercha mentalement par quel angle il allait abordé le problème. Qu'importe la prise, aucune lui éviterait la douleur songea-t-il après réflexion. Grognant sous l'effort, il se pencha en avant en agrippant le bras du demi-diable. Un voile d'ombres brouilla soudainement sa vision. Il secoua la tête pour tenter de le dissiper, mais cela n'eut pas l'effet escompté.

Alors qu'il pensait que la petite pause qu'il s'était accordé allait lui permettre de recharger les batteries, elle l'avait privé de sa seule source d'énergie : l'adrénaline. Il avait présumé de ses forces et son corps était arrivé à ses limites. Il n'eut pas vraiment le temps de se laisser aller à d'autres considérations. La dernière chose qu'il vit fut le sol qui se rapprochait de lui à une bien trop grande vitesse.

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Plus loin sur la rive Sud, les cavaliers passèrent leur chemin sans remarquer leurs traces qui avaient, comme l'avait prédit Grunlek, disparu dans la vase. Les heures passèrent sans qu'aucun des deux ne montrât de signe de réveil. Alors que le Soleil déclinait et que l'air se rafraichissait, le corps du mage commença à trembler légèrement. Les plaques écailleuses qui avaient disparu le long de ses membres se reformaient progressivement. Autour des deux hommes inconscients et dans l'ombre des sous-bois se rassemblaient des individus à la silhouette longiligne.


Bon, ça s'arrange pas, hein ?
Des bisous ** cherche du regard un abri où se cacher **