Chapitre X : Lendemain difficile
Eiria se réveilla avec un mal de crâne digne de ce nom… Elle se souvenait simplement avoir bu beaucoup à la soirée… Elle se souvenait que Severus avait été galant, et qu'il l'avait ramené contre son grès dans sa chambre… Elle remarqua aussi qu'elle avait dormi avec la robe qu'Albus lui avait offerte, enfin ce qu'il restait de la robe, elle était devenue un simple pyjama…Elle se leva tant bien que mal, et se dirigea vers son armoire… Elle avait toujours des potions contre le mal de crâne prête aux cas où…
Severus se maudissait, il était devant la porte d'Eiria, n'osant pas toquer… Il entendit du mouvement à l'intérieur… Il avait un mal de crâne carabiné… Mais il avait cherché une potion contre le mal de tête, il n'en avait plus aucunes… Il demanderait dès aujourd'hui à son apprentie d'en faire quelques unes d'avances… En plus, il n'aurait pas le temps, il se devait de préparer la rentrée des classes…
Eiria remarqua une ombre sous la porte… D'un coup de baguette, la porte s'ouvrit sur un Severus quelque peu en colère… Elle n'aimait pas être épiée et il n'aimait pas être surpris à hésiter… Il s'avança, son regard était noir, beaucoup plus noir qu'à l'accoutumer… Elle le regarda d'un air interrogatif et lui demanda :
« Que puis je pour vous professeur ? »
« Je n'ai plus de potions contre le mal de crâne, en avez-vous d'avance ? »
Elle ouvrit de nouveau le tiroir dans lequel, elle rangeait ses potions… Elle sortit une petite fiole contenant un liquide bleuté… Elle l'amena à son professeur… Il lui prit des mains et le but d'une traite… Il lui rendit la fiole, et sans un merci, il se dirigea de nouveau vers la porte… Il se tourna et lui dit :
« Je veux vous voir dans une demi heure dans la grande salle pour le petit déjeuner… J'ai quelques potions à vous faire préparer dans la journée… Je vous fais assez confiance pour vous les faire réaliser… »
Et il sortit en claquant la porte… Elle resta muette de stupéfaction… Ce n'était plus l'homme qu'elle aimait, c'était l'horrible professeur qu'elle avait connu pendant toutes ses années en tant qu'élève… Sa main se dirigea directement vers le pendentif qu'il lui avait offert la veille… Elle le porterait caché, elle n'avait pas envie qu'il lui arrache le seul cadeau qu'il lui ait offert…
Elle regarda l'heure, il lui restait 25 minutes… Elle se dirigea vers la salle de bain… Severus quand à lui, se dirigea directement vers la grande salle, il n'y rencontra qu'Albus… Celui-ci le regarda de la peine dans le regard… Severus s'avança de toute sa hauteur…
« Bonjour Severus, pourquoi as-tu fait cela ? »
« Bonjour monsieur le Directeur… Et qu'ai-je fait ? »
« La potion que tu as pris ce matin, et que seulement la mort de Voldemort pourra annihiler les effets… Pourquoi te condamnes tu à ne pas aimer ? »
« Mes actes sont tout à fait réfléchis… Et cette potion n'a pas un effet comme vous venez de le décrire… Ce n'est qu'une sorte de prototype… »
« Severus tu l'aimes et elle t'aime en retour… Tu devrais te laisser à l'apprécier. »
« Albus je l'apprécie déjà plus que vous ne l'imaginez, mais l'aimer reviendrait à la faire tuer… Je n'ai pas envie de la voir se tordre de douleur, puis qu'elle subisse le sortilège de mort… Mais de toutes les façons, elle ne restera pas longtemps avec moi, son apprentissage est presque terminé. »
« Severus, cela fait à peine un mois et demi qu'elle est votre apprentie… »
« Elle apprend plus vite que vous ne le pensez, il y a encore quelques petites choses à mettre au point, ensuite je validerais son apprentissage pour qu'elle puisse passer le test de médicomage, et si elle le rate, elle redeviendra mon apprentie… Sauf si je remarque qu'elle a fait exprès de se tromper… »
La porte de la grande salle s'ouvrit et les autres professeurs entrèrent… Eiria les suivait, elle paraissait songeuse, Madame Pomfresh l'attrapa par le bras pour lui parler de quelques petites choses… Elle lui donna un rouleau de parchemin avec toutes les potions dont elle avait besoin pour recréer le stock de l'infirmerie… Eiria lui fit un signe de tête, et se dirigea vers Severus et Albus…
Eiria se sentait mal à l'aise depuis ce matin, depuis cette petite discussion avec Severus… Elle se posait beaucoup de questions, il fallait qu'elle en parle à quelqu'un mais la rentrée se faisait le lendemain, Albus devait être pris par ses obligations… Elle mangea sur le bout des dents en restant silencieuse… Severus se leva, elle fit de même… Ils sortirent de table, et de la grande salle dans un silence quasi religieux…
Elle suivait tranquillement Severus, arrivant dans le laboratoire jouxtant la salle de classe, il lança sur un ton glacial :
« Ce n'est pas avec ce que vous avez grignoté que vous pourrez faire toutes les potions qui sont inscrites sur ce parchemin… Et pour ce qui est de la potion pour le mal de crâne vous en ferait un peu plus pour ma réserve personnelle et la votre, c'est bien compris… »
« Oui professeur… »
Il sortit dans un mouvement de cape aérien, et claqua la porte… Eiria se sentit seule au monde, elle avait besoin de compagnie, et son Maître des Potions l'avait enfermé dans un laboratoire sordide… Elle sortit de la poche intérieure de sa cape, une potion régénératrice… Elle la but… Elle se sentit revigorée, ne sentant pas la faim, ni la fatigue… Elle donna un petit coup de baguette et le laboratoire changea de couleur, elle avait recréé l'ambiance agréable de celui du Lieux Interdit… Elle fit apparaître un gramophone, et une douce musique se fit entendre… Elle commença son travail, la petite fée avait refait son apparition, elle l'aidait en lui amenant des ingrédients et en rangeant les fioles au fur et à mesure des potions déjà prêtes…
Severus n'arrivait à rien… Il n'arrêtait pas de penser à elle… Et surtout à ce qu'Albus lui avait dit… La potion qu'il avait préparée ne faisait effet que partiellement, c'est-à-dire quand il était en présence de celle qu'il aimait… Mais lorsqu'il n'était plus avec elle, le remord était trop présent… Il devait arriver à maîtriser de lui-même les effets… Il se concentra et le remord disparut de lui-même… Il se dirigea vers le laboratoire voir où en était son apprentie…
Lorsqu'il ouvra la porte, il regarda avec un étonnement certain ce qu'il s'était passé dans son laboratoire… Il voyait des ingrédients voltiger doucement, une petite fée qui passait les potions au tamis et qui étiquetait les fioles… Elle était penchée sur une des potions vérifiant si l'odeur était bonne… Elle mélangeait tranquillement, dosait, coupait… Il sortit du laboratoire, il ne pouvait pas lui en vouloir, elle avait trop de talent… Mais il se devait de la détester…
Eiria ne remarqua même pas que le soir était tombé, elle n'avait rien mangé depuis le matin… La potion commençait à ne plus vraiment faire effet juste au moment où elle marqua d'une croix la dernière potion sur le parchemin que Madame Pomfresh lui avait donné… Elle donna un dernier coup de baguette, tout fut nettoyé et repris leur place d'origine… Elle se laissa tomber sur un tabouret, et se mit à pleurer… Elle était exténuée… Elle se frotta doucement les yeux et se dirigea vers sa chambre… Elle mangerait demain matin, elle avait besoin de sommeil…
Severus sortit de son bureau, pendant cette journée, il avait réussi à préparer environ 6 mois de cours, pour toutes les années… Il se dirigea vers le laboratoire qui paraissait calme… Il ouvrit la porte, la pièce était vide et sombre, il aperçut une petite lumière à côté d'un chaudron… Severus reconnut directement la fée… A son approche, elle se leva et le regarda doucement… Il ne pouvait s'empêcher de tendre la main, elle se posa sur ses longs doigts fins et il la regarda doucement, il avait l'impression qu'elle couinait… Il se concentra et entendit une petite voix dans sa tête…
« Bonsoir professeur, est ce que vous pourriez me ramener à Eiria ? Elle m'a oublié, elle était exténuée, elle a même pleuré… Mais j'ai faim moi, et elle n'a rien mangé donc je ne peux pas me nourrir ! »
« Que mange une fée si son maître ne lui donne rien ? »
« Ce que vous avez sous la main… »
Il l'emporta avec lui, et l'emmena dans ses appartements… Il lui prépara quelques petits gâteaux et du thé… Il fit rapetisser les éléments pour qu'il soit à la taille de la fée… Il n'aimait pas les fées à la base… Mais celle-ci appartenait à sa chère et tendre Eiria… Elle but tranquillement et mangea à sa faim… Elle le regarda un instant la peur dans les yeux…
« Elle arrive et elle est en colère ! »
A cet instant la porte des appartements de Severus s'ouvrit à la volée sur une Eiria dans tous ses états… Elle lui jeta un regard noir et regarda ensuite sa fée… Elle lui dit violemment :
« C'est ma fée, vous n'avez pas le droit de la toucher, ni de la nourrir… Aamilya vient ! »
La fée s'éleva dans les airs et se posa sur l'épaule de Severus, elle déposa ses petites lèvres sur la joue du professeur… Eiria fulminait, Severus sourit à cette intention… Et ne pu s'empêcher de dire :
« Miss Diancecht vous êtes jalouse d'une fée à ce que je vois ! »
« Taisez vous !!! Vous n'avez aucuns pouvoirs sur elle alors que moi oui !!! Si vous ne connaissez pas le code des fées alors lisez le parce que ce que vous avez fait est impardonnable ! »
Elle regarda sa fée et murmura « Aamilya Asham » la fée disparut de suite, et Eiria sortit en trombe des appartements de son professeur… Severus prononça « Accio code des fées », le livre qu'on lui avait offert il y a bien longtemps, arriva doucement vers lui… Il fallait savoir pourquoi son apprentie c'était mis dans cet état…
Eiria se recoucha totalement exténuée… Elle ne croyait pas qu'il lui restait autant de force… Le sommeil se faisait lourd… Morphée lui tendait les bras, dans ses rêves, il avait tendance à
prendre l'apparence de son Maître des Potions…
Severus quant à lui, lui se leva les yeux exorbités… Le livre tomba sur le tapis du salon où il s'était installé… Il ne croyait pas ce qu'il avait lu… Ce ne pouvait être vrai, il reprit et relut la dernière phrase du code :
« Si elle vous embrasse, elle vous protégera jusqu'à sa mort ou la mort de son Maître… »
Severus retomba lourdement sur le canapé, il se devait de digérer cette révélation et il comprenait à présent la fureur d'Eiria… Il se devait de trouver une solution, et il l'a trouvera coûte que coûte…
