Bonjour, bonsoir à toi, cher.e !
Voici pour toi aujourd'hui le chapitre dix de An Endless Romance qui, je l'espère, te plaira!
On retrouve Sam pour un second chapitre à la suite! Mais il ne sera déjà plus là au prochain (je n'ai aucune raison de justifier son absence, vraiment aucune, c'est juste comme ça).
Je te souhaite une bonne lecture,
Ley_Rx
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CHAPITRE 10
ÊTRE MALADE COMME CASTIEL
Le lendemain, Gabriel ne comprenait toujours pas la réaction de Sam de la veille, pas plus qu'il ne comprenait sa question. Il aimerait y réfléchir mais il avait du mal à s'en souvenir. Tout avait juste été si calme et avait paru irréel, comme si ça avait été un moment hors du temps où tout pouvait se passer. Il avait remarqué en se levant que Castiel était toujours couché et bien qu'il avait été surpris de voir que son colocataire dormait toujours mais il ne le dérangea pas, se rappelant que Sam lui avait dit qu'il était mal la veille. Il était toujours en train de réfléchir à la soirée de la veille en mangeant son petit déjeuner quand Charlie arriva dans la cuisine.
«Bien dormi?» Elle s'assit à la table. «Tu n'étais pas là quand on est rentrés, tu es finalement allé voir les feux d'artifice?
-Ouais.
-Tu as croisé Sam? Il est rentré de son côté pendant qu'on ramenait Castiel.
-Qu'est-ce qui s'est passé?
-Castiel est un peu sensible aux lumières vives. Il a juste oublié de nous le dire avant d'y aller. Bobby parle de sensibilité aux couleurs vives et rapides.
-C'est grave?
-Non mais ça aurait pu. Donc il doit faire attention et voir un médecin dans la semaine.
-Donc c'est grave.
-Pas pour le moment, je t'ai dit.
-Tu es inquiète.
-Bien sûr. J'ai laissé Sam partir seul parce que je savais que s'il y avait eu un soucis, on l'aurait totalement perdu.
-Il gère mal ce genre de situation?
-Trop bien, en fait. Je me suis tordue la cheville il y a un mois et demi, il a agi comme si on était à l'armée ou... Ou je ne sais pas trop. Donc! Tu l'a vu ou non?»
Étrangement, Gabriel hésita à lui répondre. Mais il le fit quand même, ce serait bizarre sinon.
«Oui. Oui je l'ai vu et il m'a expliqué aussi pour Castiel.
-Donc vous avez regardé les feux d'artifice ensemble. C'est cool.
-On n'a pas vraiment regardé.
-Quoi? Qu'est-ce que vous avez trouvé de mieux à faire que de regarder les feux d'artifice?» Puis elle fit une grande inspiration choquée avec un grand sourire. «J'y crois pas! Vous vous êtes pelotés!
-Quoi? Non! C'est quoi cette expression?»
Il se sentit rougir et se maudit mentalement.
«Vraiment? Alors vous avez fait quoi?
-On a juste parlé.
-Et ça vous a empêché de regarder les feux d'artifice? Je crois que tu me mens, jeune homme.»
Non mais il aurait préféré. La situation devenait ridicule.
«Tu ne veux pas juste me croire?
-Non, c'est trop louche. Une conversation qui vous intéresse plus visuellement que des feux d'artifice? Dis la vérité maintenant.
-Je te dis la vérité. C'est juste malpoli de parler à quelqu'un sans le regarder.
-Tu ne me regardes même pas en disant ça!
-Tu me mets mal-à-l'aise avec ton insistance mal-placée. Je te dis qu'on a juste parlé.
-D'accord, admettons.» Elle s'assit en face de lui et Gabriel comprit qu'il pouvait se brosser pour avoir un petit-déjeuner tranquille. «Vous avez parlé de quoi?
-De pas grand chose. On s'est juste un peu présentés.
-C'est tout de même très romantique de parler sous des feux d'artifice.»
Tu n'as pas idée. Mais il ne comptait pas le lui avouer, elle ne le lâcherait jamais s'il le faisait et il voulait finir son petit-déjeuner et ne pas avoir de problèmes avec Sam après à cause d'un foutu malentendu.
«Tu exagères. On n'a fait que parler. Tu t'imagines des choses.
-Tu te défends un peu trop.
-Tu insistes un peu trop.
-Ce n'est pas faux, excuse-moi. C'est juste que...
-C'est juste que?
-Est-ce qu'il t'a parlé de...»
Gabriel avait une idée de ce que Charlie voulait lui demander mais ne dit rien car il n'en était pas sûr. Sam ne se définissait pas seulement par son homosexualité après tout et il y avait bien d'autres secrets qui pourraient créer une inquiétude chez Charlie.
«Laisse tomber.
-Très bien.»
Et il reprit son petit-déjeuner. Il n'allait pas s'offusquer parce que soudainement la jeune fille ne voulait plus parler. Elle faisait ce qu'elle voulait après tout. Mais Gabriel ne pouvait pas s'empêcher de trouver son manque d'enthousiasme soudain étrange, d'autant plus qu'il était intrigué à présent. Si Charlie ne souhaitait pas lui parler de l'homosexualité de Sam, qu'est-ce qu'il ne savait pas encore? Est-ce qu'il finirait par connaître tous les secrets du garçon un jour? Et pourquoi voulait-il connaître tous ses secrets? C'était stupide. Il décida de changer de sujet.
«Au fait. Vous n'y êtes pas allés avec Meg?
-Non. Je voulais être seule avec Dorothy en fait.
-Dommage que Castiel n'ait pas supporté les lumières alors. Mais pourquoi avoir rejoint les garçons si vous vouliez n'être que toutes les deux?
-Ce sont eux qui nous ont rejoint.» Voyant que Gabriel avait remarqué son ton agacé d'un haussement de sourcil, elle rougit et se redressa sur sa chaise. «Pas que ça m'ennuie de passer du temps avec Sam et Castiel mais j'aurais aimé passer du temps seulement avec Dorothy et ils m'en empêchent la plupart du temps. Ils ne le font par exprès la plupart du temps mais c'est énervant! Sam est plus jeune que moi mais c'est moi qu'on surprotège.
-Tu devrais leur dire.
-J'ai déjà essayé. Gentiment, pour ne pas les vexer.
-Vexes-les, ils s'en remettront, ils ne sont pas en sucre. Dis-le clairement, avec colère mais des arguments valides et casse quelque chose pour la forme.» Il fit rire Charlie en mimant l'acte de casser quelque chose par terre. «Tu vois? Pour exprimer toute la rage que tu ressens à ne pas être écoutée et respectée dans ta capacité à te protéger seule.
-Tu es bête.
-Toujours. Comment crois-tu que j'ai atterri ici? J'ai été assez idiot pour voler quelqu'un qui connaissait les légendes sur ma famille. J'aurais dû prendre le bus et cambrioler dans l'état voisin.
-Au moins. Et encore. Ta réputation te suit jusqu'ici.»
Il fit encore plus rire Charlie et se détendit en se rendant compte qu'il n'aurait plus à répondre aux questions de la jeune fille sur sa conversation avec Sam.
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Castiel grogna en se réveillant et s'assit dans son lit, ayant perdu ses repères temporels. Il vit Gabriel, assit sur l'autre lit, en train de lire un livre qui semblait trop grand dans ses mains et Castiel ne savait pas si c'était parce que Gabriel était petit ou parce que le livre était vraiment grand.
«Il est quelle heure?»
Sa voix était pâteuse et il avait mâché ses mots, comme s'il était incapable de parler normalement. Gabriel leva les yeux de son livre avec surprise puis regarda le ciel vers la fenêtre en réfléchissant avant de lui répondre.
«Il est quatorze heures? Il me semble.
-Quoi? Pourquoi vous ne m'avez pas réveillé?»
Il essaya de se mettre debout mais Gabriel était déjà sur pieds et le recouchait sur le côté.
«Tu es encore trop fatigué et Bobby a dit qu'il y avait encore une chance pour que tu fasses une rechute alors tu restes couché.
-J'ai des choses à faire.
-Balthazar a accepté de faire tes tâches.
-Pourquoi?
-On l'y a obligé.» Castiel sourit. «Juste, repose-toi et laisse-nous gérer.
-Je vais bien.
-Tu es malade. Bobby a dit-...
-Tu t'en fichais de ce que Bobby disait quand c'était pour que toi tu ailles mieux.
-Moi j'avais une peine de cœur. Toi tu es sensibles aux couleurs.
-Et tu veux que je fasse quoi contre ça? Me crever les yeux? Je ne peux pas éviter les couleurs, Gabriel.
-Ce n'est pas ce que je te dis. Mais tu ne dois pas trop en faire juste pour montrer que tu n'es pas faible. On sait que tu ne l'es pas, tu n'as rien à prouver à personne.
-Qu'est-ce que tu en sais?»
Le ton de Castiel était tellement rageur et son corps était tellement crispé que Gabriel fit un pas en arrière, se redressant sur ses pieds. Qu'est-ce qu'avait Castiel soudainement? C'est alors qu'ils entendirent toquer à la porte vers laquelle ils se tournèrent pour surprendre Sam qui était dans l'encadrement.
«Je peux entrer?»
Il le fit quand Castiel l'y invita, évitant étrangement le regard de Gabriel.
«Pourquoi tu n'es pas couché?
-Je peux me lever, je ne vais pas m'écrouler.
-Je ne dis pas le contraire mais même les plus forts d'entre nous ont leurs faiblesses, même Dean. Maintenant, couche-toi.»
Castiel grimaça mais obéit, à la grande surprise de Gabriel. Sam se tourna vers lui mais toujours sans le regarder vraiment.
«Tu veux bien nous laisser seuls s'il te plaît?
-Bien sûr.»
Il sortit de la chambre et descendit les escaliers pour aller dans le jardin. Il s'y enfonça jusqu'à l'unique arbre, immense et feuillu, et s'allongea en dessous pour se protéger du soleil. Il ne sut pas vraiment combien de temps il resta là, profitant de la fraîcheur de l'herbe qui jurait avec la chaleur étouffante de l'ombre de l'arbre, les yeux fermés et son attention concentrée sur l'oiseau qui chantait au-dessus de sa tête. Ses bras étaient écartés de chaque côté de son corps et ses pieds se balançaient de gauche à droite dans un rythme parfois incertain. Il n'y avait rien à faire. Il ne pouvait pas forcer Castiel à se reposer, Charlie l'embêtait avec ses questions, Sam l'évitait, il avait oublié son livre en haut, Balthazar avait pris le contrôle du salon pour s'y laisser dépérir dans la chaleur et Kevin était à la bibliothèque. Il ne pouvait pas non plus réfléchir à la question car il ne la comprenait définitivement pas.
Et là, tu es curieux?
Il entendit le bruit des pas qui s'approchaient vers lui mais il les ignora, décidant de se concentrer sur l'oiseau. À part Charlie, personne ne serait assez idiot pour sortir sous cette chaleur juste pour l'embêter. Peut-être qu'elle croirait qu'il dormait.
«Gabriel.»
Il ouvrit les yeux en reconnaissant la voix. Sam était debout à côté de lui, ses longs cheveux dans son dos et ses longs bras le long du corps.
«Castiel?
-Il dort.
-Comment tu as fais ça, sorcier?»
Sam sourit un peu mais il n'était apparemment pas là pour ça.
«On peut parler?
-Bien sûr.»
Gabriel s'assit tandis que Sam restait toujours debout, les yeux rivés sur l'herbe.
«Désolé pour hier soir.
-D'être parti comme un voleur?
-Pour ça aussi, oui. Mais désolé pour ma question surtout.
-La dernière? Pourquoi?
-Comment ça, «pourquoi»?
-Je vais être honnête avec toi, je n'ai pas compris ta question. Alors ne t'en fais pas. Mais je ne vais pas me vexer ou te haïr pour une question.
-Vraiment?» Sam semblait perplexe.
-Évidemment. Pourquoi, tu veux me la reposer?
-Je peux?» Il avait à présent l'air perturbé.
-Bien sûr! Si elle te perturbe tant que ça, repose-la.»
Sam sembla longuement hésiter mais finalement il s'accroupit face à Gabriel puis se mit à genoux, proche de lui. Il déglutit et fixa ses mains puis le visage du plus petit, puis très brièvement ses lèvres et ses yeux.
«Et là, tu es curieux?»
C'était un chuchotement, tout doux, si doux que Gabriel eut à se concentrer sur sa voix.
«Honnêtement? Oui. Mais je crois qu'on ne parle pas de la même chose. Curieux de quoi?»
Les yeux de Sam ne le détachèrent pas du regard alors que sa main venait se poser sur son cou, ses longs doigts s'enfonçant dans sa chevelure et son pouce sur sa joue. Il s'approcha un peu plus de lui, observant ses joues déjà rouges par la chaleur devenir encore plus rouges, jusqu'à être si proche que son souffle croisait celui de l'autre. Ses yeux se baissèrent sur ses lèvres fines, fermées et pincées qu'il observa quelques instants en humidifiant les siennes avant de relever les yeux vers Gabriel qui le fixait avec des yeux légèrement écarquillés.
«Curieux d'embrasser un garçon.»
Gabriel sentit tout son corps chauffer encore plus qu'à cause de la chaleur. Sam n'avait pas eu besoin de parler fort et ses mots s'étaient échoués sur ses lèvres. Et c'était beaucoup trop. Il était beaucoup trop proche, sa main sur son cou beaucoup trop chaude et ses mots beaucoup trop clairs à présent. Est-ce qu'il était curieux d'embrasser un garçon? Pas spécialement, mais Sam?
Gabriel cligna des yeux rapidement. Mais qu'est-ce qu'il se passait? Il n'allait pas laisser quiconque l'embrasser! Hors de question!
Il s'écarta vivement, reculant sur l'herbe et manquant de tomber à la renverse sous le regard de Sam qui était toujours bien trop sérieux. Il se mit à rire nerveusement sans pouvoir détacher son regard.
«Non. Non pas vraiment. C'est... Je... Merci de proposer mais non. Je ne suis pas... intéressé.»
Le visage de Sam ne changea pas durant quelques secondes avant de s'adoucir puis le garçon rit en souriant.
«Je t'embêtais.
-Quoi?» croassa Gabriel.
-Je ne le disais pas sérieusement. Castiel m'a dit que tu l'embêtait sur sa sexualité.
-Tu le venges.
-Exactement.
-Hier soir aussi?
-Bien sûr.» Il avait mis un peu de temps avant de répondre mais Gabriel ne le nota pas. «Je sais à quel point ça agace Castiel alors je suis intervenu.
-C'est un peu... extrême.
-Si ça fonctionne, c'est que ça ne l'est pas tant que ça.
-Et si j'avais été curieux?
-Tu ne l'aurais pas été, j'en étais sûr. Tu es hétéro après tout, non?
-Oui! Bien sûr que je le suis.
-Alors il n'y a pas de soucis.»
Sur ces mots, Sam se releva en tapant ses genoux.
«Bon, je te laisse, j'ai des choses à faire. Mais on est d'accord que tu arrêteras d'embêter Castiel?
-Bien sûr.»
Puis Sam partit, laissant Gabriel seul dans le jardin. Peu de temps après, il fut rejoint par Kevin.
«C'était quoi, ça?
-Ça?
-Sam t'a embrassé?
-Tu as regardé? Et non, il me faisait une blague pour que j'arrête d'embêter Castiel.
-Ce n'est pas son genre. Il dit les choses ordinairement. Maladroitement mais jamais en faisant ce genre de chose.
-Eh bien, j'ai eu le droit à un traitement de faveur.
-Ce n'est pas son genre.» s'entêta à dire Kevin. «Il faudra que je lui parle.
-Pour ça?
-Quelque chose ne va pas s'il a fait ça. Qu'est-ce que tu as fait?
-Pourquoi tu penses que c'est de ma faute?
-Il agissait normalement hier encore. Tu es sûr qu'il n'est pas attiré par toi?
-Moi? Tu crois que j'y connais quoi que ce soit? Comment voudrais-tu que j'ai la moindre idée à ce sujet?
-Tu as sûrement raison. C'est peut-être moi qui réfléchit trop.»
Kevin partit en laissant Gabriel seul. Qu'est-ce qu'il s'était passé?
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Te voici arrivé.e à la fin du chapitre, cher/chère !
J'espère qu'il t'a plu, si c'est le cas tu peux me laisser un commentaire, c'est vraiment motivant.
Je te souhaite une bonne journée, et à la prochaine!
