Ce n'est pas le one-shot qui devait sortir maintenant, mais j'ai changé mes plans à cause d'un léger retard. Du coup il y aura sûrement deux one-shots cette semaine. Pas plus mal, non ?
Disclaimer: Le monde de Naruto, ses personnages ne m'appartiennent pas.
Parenthèse
Comment en était-elle arrivée là ? Sakura n'en avait aucune idée. Elle savait juste qu'elle était dans une merde noire. Et que c'était entièrement de sa faute. Elle jeta un regard mauvais à l'homme qui lui tournait à demi le dos et serra les poings, parée à toute éventualité. Le shinobi, qui feignait le désintérêt, s'accroupit. Il balança un peu d'eau du ruisseau sur son visage. Soudain, il la regarda du coin de son oeil bleu.
« Ca ne m'intéresse pas. »
Les ongles de Sakura s'enfonçaient dans ses paumes.
« Je n'ai aucun intérêt à me battre contre toi, qui que tu sois, hm. »
A quinze ans, Sakura passait pour une fine observatrice et une des kunoichi les plus intelligentes de Konoha. Pourtant, et dieu seul savait pourquoi, elle se sentit irrationnellement vexée. Cet ennemi refusait donc de lui accorder une quelconque valeur ? Une voix au fond d'elle lui souffla qu'il en valait mieux ainsi, qu'en plus de perdre la trace de son équipe de substitution dans la forêt, il ne fallait pas se risquer à un combat largement en sa défaveur.
Un peu plus tôt, alors qu'elle maudissait sa négligence, elle était tombée sur lui par un très malheureux hasard. Consciente qu'il l'avait repérée depuis longtemps, elle n'avait pas voulu fuir et s'était mise en posture de combat. Lui refusait de la regarder en face et elle n'osait détaler à toute vitesse. Ses yeux se plissèrent lorsqu'il enleva son manteau, qu'il déposa sur la berge terreuse. Elle renforça sa garde alors qu'il s'étirait. Les motifs rouges du manteau abandonné sur le sol lui soulevèrent le cœur. Elle était vraiment très mal tombée.
« Tu comptes me mater encore longtemps ? » lança-t-il, passablement ennuyé.
C'est alors qu'elle chargea. Le sol se fissura au contact du poing destructeur. Une fois la poussière retombée, plus aucune trace de lui. Vigilante, elle se remit en garde.
« Quelqu'un a ses règles ou quoi ? » murmura une voix.
Elle ne sut pas ce qui la choqua le plus ; les paroles déplacées ou le fait que la voix venait de derrière elle. Il eut à peine le temps d'esquiver le deuxième coup de poing. Il est rapide, nota Sakura. Elle s'élança de nouveau vers lui, le bras armé. Il se baissa, évitant de justesse l'attaque, et lui faucha les pieds avec une jambe. La jeune femme, se sentant partir en avant, empoigna le vêtement de son adversaire avant de tomber. Tous deux cognèrent le sol dans un bruit sourd. Elle profita d'être à califourchon sur lui pour lui maintenir une épaule au sol d'une main et le frapper au visage. Il intercepta sa main, qu'il emprisonna fermement dans la sienne.
« T'es bouchée ou quoi ? »
Les deux shinobi demeurèrent dans cette position, se scrutant avec animosité.
« Tu cherches quoi, là ? A mourir ? »
Elle le trouvait bien bavard, pour un criminel de rang S. Il enfonça les doigts de sa main libre dans la cuisse de Sakura, faisant couler le sang. Elle se mordit l'intérieur des joues. Ses doigts remontèrent jusque sous son short puis s'immobilisèrent au niveau de l'aine.
« Qu'est-ce que tu fais ? » grogna Sakura.
Sa voix lui parut rauque. Un sourire narquois pour seule réponse. Sourire qui donna envie à Sakura de défoncer cette gueule d'ange. Elle n'en eut pas le temps cependant. Avant qu'elle ne pût le réaliser, il l'avait éjectée d'un coup de bassin et l'écrasait de tout son poids contre le sol rocailleux. Une pierre creusait douloureusement ses reins. Allongé entre ses jambes, il remonta un genou afin d'avoir un meilleur appui, écartant ainsi davantage les cuisses de la jeune fille. Un poignard chatouillait les côtes de cette dernière, tandis que ses poignets étaient bloqués au-dessus de sa tête. Nez contre nez, aucun des deux ne respirait. Elle essaya désespérément de l'éjecter à son tour mais il contra cette vaine tentative en l'écrasant de plus belle. La cage thoracique quasiment broyée, Sakura expira violemment.
Deidara était comme les chiens. Il détestait qu'on lui souffle au visage. Ce souffle chaud déferlant contre ses lèvres vint lui chatouiller le nez. Deux yeux verts très orageux le transpercèrent. A droite, de légers clapotis de ruisseau. Quelque chose circulait entre eux, sans qu'il ne pût tout à fait mettre le doigt dessus.
« Ton nom ? »
Il haussa un sourcil. La voix de cette petite tremblait légèrement. Pourquoi voulait-elle savoir cela ? Sakura ne le savait pas plus que lui. Ou peut-être voulait-elle connaître l'identité du premier homme à s'allonger aussi explicitement sur elle. Questionnement que Deidara lut sur son visage résigné.
« Ne t'inquiète pas, je ne suis pas ce genre de criminel. »
L'adrénaline rechuta légèrement dans le sang de Sakura. Ses pupilles fixaient le regard fuyant de Deidara. Elle sentait tous les reliefs de son corps contre elle, pour son plus grand embarras.
Un faible « pourquoi ? » lui échappa.
Il haussa le deuxième sourcil. On ne lui avait encore jamais faite, celle-là.
« Je courrais le risque d'avoir ton consentement, » répondit-il du tac au tac. « Et puis t'es pas mon genre. »
Le semblant de plaisanterie tomba à plat. Il laissa son regard vadrouiller un peu partout sauf sur elle. Comment en étaient-ils arrivés là ? Le temps s'était figé. Tout comme le devoir. Le sang battait aux tempes de Sakura. Elle ressentait un double rejet de la part de quelqu'un qui comptait si peu. La poussière lui collait à la peau. Elle n'arrivait pas à capturer ce regard bleu qui se perdait ailleurs, dans un ruisseau trouble de pensées.
Deidara passait ses options en revue. Ils ne se connaissaient pas. Ils n'auraient qu'à continuer à ignorer leur existence mutuelle. Toujours sans la regarder, il fit doucement glisser son nez contre la joue chaude de la jeune fille. Elle ne tremblait plus. Elle regardait maintenant le ciel au-dessus d'eux.
Elle ne décida pas de la suite. Ou plutôt la suite se décida toute seule. Elle se demanda brièvement si quinze ans était un bon âge, avant de sombrer dans la turpitude du baiser. Un éclat brun de souvenir traversa son esprit embrumé, le temps d'un courant d'air sur sa peau nue. Mais elle chassa toute pensée cohérente d'une caresse. Les rayons du soir seraient les seuls témoins, se disait-elle, prête à accueillir l'inacceptable.
« Deidara, » lui souffa-t-il à l'oreille, une goutte de sueur perlant au bout de son nez et le front plissé par l'effort.
Comment en étaient-ils arrivés là, déjà ?
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