Note de l'auteure : Voici ENFIN ce cher chapitre 10. Il m'a fait travailler beaucoup. Si la durée d'attente a été longue pour celui-ci, c'est parce que j'avais beaucoup de choses à y mettre et ce n'était pas évident. Il y a beaucoup d'émotions et d'amour dans ce chapitre. J'espère aussi que malgré les changements importants dans la vie de Molly, perdre un fils ça change quelqu'un pour toujours, elle n'est pas trop OOC. J'espère que vous apprécierez ce chapitre autant que j'ai aimé l'écrire. Pour me faire pardonner de l'attente, ce chapitre est un peu plus long que les autres. Je sais que plusieurs vont me détester pour la fin de ce chapitre. Avant de me rayer de vos fictions préférées, attendez les prochains chapitres, s'il vous plaît. J'attends avec impatience vos théories pour la suite. Bonne lecture.

Merci à miss-Potter-Weasley, Raphale, Zaika, helene et torllusque pour vos gentils mots d'encouragement. C'est réellement très apprécié. Ne vous gêner surtout pas de le faire, c'est vraiment agréable d'avoir ne serait-ce qu'un petit mot d'encouragement. Merci beaucoup.


Molly

Ginny se retourna et vit sa mère qui lui souriait et lui tendait la main. Sa mère l'invita à s'asseoir près d'elle sur le canapé.

-Ouf! Je suis exténuée, dit Molly en s'asseyant. La journée a été très longue et très émouvante, tu ne trouves pas ?

- Oui, tout à fait, répondit Ginny un peu méfiante. Elle était un peu anxieuse à l'idée que sa mère veuille lui parler.

- Comment te sens-tu? lui demanda sa mère en la regardant comme pour l'examiner.

- Bien, je me sens merveilleusement bien maman. Après une journée comme celle-ci, comment je pourrais ne pas me sentir bien? demanda-t-elle à sa mère, interloquée.

- Je ne sais pas moi, c'est précisément ce que je te demande, précisa patiemment Molly. C'est à toi de me le dire. En fait, je crois connaître la réponse, mais je dois te demander si c'est bien ce que tu souhaites.

-Oui, maman. Tu sais pourtant que je ne mens pas sur ce point. Tu sais que c'est ce que je désire plus que tout au monde. Ginny sentait la moutarde lui monter au nez. Elle ne comprenait pas ces doutes soudains venant de sa mère, elle qui savait, depuis très longtemps, à quel point Ginny rêvait de Harry.

Molly sentait que sa fille n'était pas du tout satisfaite de ces questions. Elle prit une grande inspiration, caressa les cheveux de sa fille et lui sourit.

- Chérie, je ne dis pas ça parce que je doute de vos sentiments, bien au contraire, la rassura-t-elle. Je veux juste savoir si tu es contente que tout cela arrive si vite. Vous êtes très jeunes tous les deux. Il n'y a rien qui presse.

- Je sais maman, ne t'inquiète pas pour ça, je sais que c'est ce que je veux. Je ne sais pas quelle journée nous choisirons pour le mariage, c'est encore bien trop tôt, mais je peux te promettre que le plus tôt sera à l'automne qui vient, pas avant. Je veux finir mes études à Poudlard et il y a mes projets avec les Harpies. Harry a juste besoin de savoir que je veux me marier avec lui, ce qui est le cas, tu le sais bien. Il ne se plaindra pas si je le fais patienter un peu, c'est ce qu'il m'a dit lorsqu'il m'a demandé de l'épouser ce soir. Il a seulement besoin de sentir que nous sommes liés l'un à l'autre, c'est tout. Et je dois dire que, moi aussi, cette situation me plaît beaucoup. Nous pourrons planifier ensemble notre futur en sachant que nous le passerons réellement ensemble. Je suis vraiment heureuse maman, je l'aime, affirma-t-elle les yeux étincelants de bonheur et le sourire radieux aux lèvres.

Molly souriait doucement à sa fille en lui caressant la joue.

- C'est fou comme le temps passe vite. Il me semble qu'hier encore tu n'étais qu'un bébé. Et voilà que ce soir je parle avec toi de ton mariage. J'ai l'impression que j'ai laissé mon bébé dans le Poudlard Express et qu'il en est redescendu une magnifique jeune femme. Je suis tellement fière te toi.

Molly, contrairement à son habitude, n'avait pas la gorge serrée par l'émotion, elle n'était pas au bord des larmes. Elle était posée, calme et même enjouée et douce. Elle serra tendrement sa fille dans ses bras et déposa un baiser sur son front. Elle regarda à nouveau Ginny, en fait c'était plus un examen du visage de sa fille, comme si elle cherchait à se souvenir de tous les détails de son visage.

- Tu te souviens, quand tu étais petite, tu avais toujours une blessure sur le nez ou sur le front. Tu te souviens? demanda-t-elle en dessinant les blessures avec son doit sur le visage de sa fille.

Ginny baissa la tête, en signe de découragement. Elle se souvenait.

- Oui, dit-elle en ricanant. Tante Murielle ne cessait pas de me dire que je devais arrêter de me comporter comme un garçon, je détestais ça. Elle donnait toujours l'impression que parce que j'étais une fille, je ne pouvais rien faire.

- Heureusement, tu lui as prouvé qu'elle avait tort. Elle a toujours le bon mot pour nous faire sortir de nos gonds. Mais, en même temps, ça t'a peut-être poussé à être encore plus forte.

- Oui, peut-être, je n'avais jamais pensé à ça de cette manière, répondit Ginny en réfléchissant à ce que sa mère lui disait. Tu as peut-être raison. Je devrais peut-être la remercier un jour si je fais partie des Harpies, ajouta-t-elle en riant.

- Je crois avoir raison. Je crois avoir raison aussi en pensant que tu auras bien besoin de cette force en épousant Harry, affirma Molly sur un ton un peu plus sérieux.

Elle avait compris que c'était de cela que sa mère voulait lui parler, mais elle n'était tout de même pas certaine de bien comprendre ce que sa mère voulait lui dire exactement. Elle la regardait, les yeux interrogateurs.

- Qu'est-ce que tu veux dire par-là?

- Je veux dire que tu auras besoin d'être forte pour deux. Harry aura vraiment besoin de toi, se dépêcha-t-elle d'expliquer sentant que sa fille ne semblait pas trop aimer la tournure de la conversation.

- Maman, Harry a prouvé, je crois, plutôt convenablement qu'il était plus que capable de s'occuper de lui-même, non? Je ne crois pas qu'il ait besoin…

- C'est là que tu te trompes ma chérie. Harry vit, tout seul, une période extrêmement difficile en ce moment. J'essaie de l'aider tant bien que mal, mais ce n'est pas de moi qu'il a besoin.

En entendant que Harry traversait une période difficile, Ginny sentit une brique lui tomber dans l'estomac.

- Que veux-tu dire par période difficile?

- Eh bien, c'est également en partie lié au fait qu'il a été si généreux ce soir. Harry se sent terriblement responsable, je devrais même dire coupable, de tout ce qui est arrivé aux gens qui lui sont chers, Sirius, Dumbledore, Remus, Dora, Fred, même Fol œil, et à tous les autres qui sont morts à cause de Voldemort.

Ginny ne comprenait plus, Harry ne lui avait jamais dit ça.

- Mais voyons maman, c'est ridicule, Harry a sauvé le monde des sorciers, des milliers de vies, sans parler de tous les moldus qu'il a protégés. Comment peut-il se sentir responsable ou, pire encore, coupable?

- Il n'arrête pas de se répéter que s'il s'était livré avant à Voldemort à la grande bataille, Fred, Remus et Dora ne seraient pas morts.

Ginny prit quelques instants pour tenter de comprendre ce que sa mère lui disait. Tellement de questions se bousculaient dans sa tête qu'elle ne savait pas par où commencer.

- Pour Sirius, ça je savais puisqu'il a toujours pensé que c'était de sa faute si Sirius s'était précipité au Ministère. Même si nous lui avons expliqué la situation avec son parrain, qu'il n'attendait qu'une occasion pour se jeter dans le feu de l'action, il n'a jamais voulu se pardonner sa mort.

- Alors, tu comprends son sentiment vis-à-vis des autres?

- Mais je croyais qu'il avait compris le stratagème de Voldemort. Il s'est séparé de moi à la mort de Dumbledore pour me protéger. Il disait que Voldemort s'en prendrait forcément à moi s'il avait connaissance des ses sentiments pour moi. Je croyais qu'il savait que Voldemort l'affaiblissait en éliminant tous ceux qui comptaient pour lui. D'après moi, ça incluait les membres de l'Ordre du phénix, Ron, Hermione et moi, peut-être même Neville et Luna.

- Tu avais raison ma chérie, il avait très bien compris. Il s'est cependant mis à penser qu'il aurait pu prévenir tout ça en étudiant plus fort et en s'entraînant mieux pour pouvoir affronter Voldemort plus rapidement.

Ginny avait de la difficulté à croire ce que sa mère lui disait. Et pourquoi Harry ne lui en avait-il pas parlé. Elle croyait pourtant être digne de confiance maintenant. Pourquoi encore tant de secrets entre eux? Il ne devrait pas en être ainsi. Ils allaient se marier, ils devraient tout se dire.

Voyant l'air maussade de sa fille, Molly poursuivit.

- Ginny… Harry est dans une période très difficile. Il dort très peu et fait d'horribles cauchemars.

- Des cauchemars… encore? Je croyais encore une fois qu'il ne me cachait plus rien! Et voilà que j'apprends qu'il fait des cauchemars et qu'il ne prend même pas la peine de se confier à moi.

Ginny était de plus en plus triste. Elle ne pouvait pas croire que l'homme qu'elle allait épouser lui cache autant de choses importantes. Pourquoi agissait-il ainsi, pensait-il qu'elle serait déçue de lui? Pensait-il qu'elle le trouverait lâche, faible? Elle retenait ses larmes. Elle se sentait soudainement trahie. Elle ne voulait surtout pas montrer sa faiblesse.

Molly caressa le visage de sa fille. Elle contemplait son visage avec un sourire compréhensif.

- Ginny chérie, je t'ai dit que tu devais être forte pour vous deux. Tu dois commencer maintenant. Harry n'a pas la force de te montrer lui-même qu'il souffre. Il habite ici depuis qu'il a vaincu Voldemort, j'ai eu énormément d'occasion de parler avec lui. Nous souffrons tous les deux d'insomnie, ma chérie, nous avons de longues conversations nocturnes lui et moi. Ses cauchemars sont vraiment épouvantables. Ils surviennent pratiquement à toutes les nuits. Il ne dort que quelques heures par nuit. Parfois il arrive à dormir 5 heures mais rarement plus. Il ne veut pas abuser des potions de sommeil qui lui ont été prescrites par les psychomages.

Ginny était horrifiée en entendant sa mère lui raconter la vie misérable de Harry. Comme à son habitude, elle sentit sa colère envers Harry fondre comme une chocogrenouille au soleil. Sa mère poursuivit son explication.

- Il ne parle que de toi, tu es son rayon de soleil, ma chérie. Il prenait ses potions de sommeil la nuit qui précédait ses rencontres avec toi à Pré-au-lard pour avoir meilleure mine. Il m'a même dit que la dernière bonne nuit de sommeil naturel qu'il ait eu était dans la tour de Gryffondor quand tu es allée le retrouver dans son dortoir.

Ginny se sentit rougir en entendant les mots de sa mère. Elle tenta de changer le sujet.

- Mais, maman, comment se fait-il que toi aussi tu te réveilles aussi souvent que ça la nuit?

Molly ne s'attendait pas vraiment à cette question. Elle n'avait pas l'habitude de parler de ses soucis avec quelqu'un, surtout pas à sa fille. Dernièrement, elle avait trouvé une oreille attentive avec Andromeda, elles vivaient toutes les deux une situation particulièrement difficile. Ce qui aidait à tenir le coup et à ne pas s'apitoyer sur son propre sort, c'est qu'elle sentait qu'Andromeda avait réellement plus besoin de soutien qu'elle-même. Mais perdre un enfant, même quand on en a sept, demeure perdre un enfant.

- Je m'inquiète pour tout le monde, surtout pour George qui a perdu son jumeau. Il semble fort, mais je sais qu'il souffre. Je sais que tout le monde souffre de la perte de Fred, mais George… c'est comme s'il avait perdu la moitié de son âme. Heureusement qu'Angélina est là pour le supporter. Elle est merveilleuse.

Ginny comprenait très bien que sa mère s'inquiète pour tout le monde, mais elle ne voyait pas pourquoi tout cela l'empêchait de dormir depuis plus de six mois. Surtout que George se portait de mieux en mieux. Elle ouvrit la bouche pour poser une autre question, mais Molly reprit la parole.

- Tu sais ma chérie, quand tu auras des enfants, tu comprendras qu'il n'y a rien de plus horrible pour des parents que de perdre un enfant. Tu sais sûrement que j'ai pleuré pendant des jours, voire même des semaines, la mort de George.

Molly ne pleurait cependant pas, ce qui était plutôt étrange pour Ginny qui connaissait sa mère plus émotive que ça. Molly fit une sorte de sourire étrange à Ginny, sourire qui ressemblait plutôt à une grimace douloureuse qu'elle aurait faite si elle avait goûté quelque chose d'amer.

- Je n'arrive même plus à pleurer, dit-elle en regardant ses mains, un peu gênée. On dirait parfois que je n'ai plus de larme. J'ai tellement pleuré, souhaité que ce ne soit qu'un affreux cauchemar. Mais à chaque fois, la réalité me rattrapait. La douleur dans les yeux de tout le monde me rappelle cette nuit horrible où j'ai failli tout perdre. Je me console en me disant que j'ai encore une famille qui m'entoure et je suis profondément triste pour Andromeda. Elle a pratiquement tout perdu et elle fonce tête première dans la vie, tout ça pour son petit-fils. Elle est un exemple à suivre. Quand je la regarde, je ne peux pas me permettre de pleurer sur mon sort, je suis trop choyée pour ça. Je garde ma peine pour moi. Les autres n'ont pas besoin de m'entendre se plaindre.

- Mais maman, c'est affreux ce que tu me racontes là. Tu crois que parce qu'il te reste d'autres enfants, tu n'as pas le droit d'avoir de la peine toi aussi? Parce que tu n'as pas perdu autant qu'Andromeda, tu n'as pas le droit de pleurer?

- Non, pas tout à fait. Elle fit une pause, respira profondément, enleva quelque peluche sur la couverture de laine qui recouvrait le canapé et regarda enfin sa fille. Je veux dire que même si c'est toujours difficile de constater que Fred ne reviendra jamais m'exaspérer avec ses mauvais tours, je commence à accepter son absence. Mon fils, comme tous mes enfants d'ailleurs, a été très courageux ce soir-là et je suis extrêmement fière de lui et de vous tous. Je veux dire que malgré ma peine, elle aurait pu être beaucoup plus grande et je dois être reconnaissante pour ça. Nous sommes libres maintenant. Ma famille a dû payer très cher pour cette liberté, mais le prix aurait pu être beaucoup plus élevé. On doit également remercier Harry pour l'immense courage dont il a fait preuve.

- Mais maman, tu ne dois pas t'empêcher de dormir pour ça! s'indigna Ginny en regardant tristement sa mère.

- Ne t'en fais pas pour ça. Je dors. Seulement, je ne dors plus beaucoup. Quelques heures me suffisent, dit-elle en tapotant la cuisse de sa fille. Maintenant, c'est le temps de reprendre nos vies en main et toi, ma chérie, tu as un bel avenir devant toi. Tu fais partie des raisons pour lesquelles je me lève toutes les nuits. Je sais que Harry se réveille et il descend toutes les nuits à la cuisine pour regarder l'horloge de la cuisine pour s'assurer que tu es confortablement endormi dans ton lit à Poudlard. Généralement il a cette fameuse carte avec lui. Il croit que…

- …que s'il regarde le point qui me représente assez longtemps, je sentirai sa présence et je saurai qu'il pense à moi. Molly regardait sa fille. Je sais maman, cette partie, il me l'a dite.

- Tu vois, il t'aime vraiment, tu sais. Il te dit ce qui est important pour le moment, qu'il t'aime. De mon côté, je veux seulement m'assurer qu'il arrivera à traverser cette période difficile. De nous tous, même Andromeda, Harry est celui qui souffre le plus. Je ne veux pas qu'il traverse tout ça tout seul. Il est très jeune, même trop jeune pour y arriver tout seul.

Ginny souriait à sa mère. Elle était finalement heureuse d'avoir cette conversation avec sa mère.

- Je n'ai jamais eu la chance de te le dire maman, mais je dois te remercier pour tout ce que tu as fait pour moi et pour Harry et tout spécialement ce que tu as fait pour moi cette nuit-là. Tu m'as sauvé la vie et tu as débarrassé le monde d'une des personnes les plus dangereuses qui existaient. Je ne sais pas si cette action te pesait sur la conscience, mais je tiens à te dire que tu n'as pas du tout à te reprocher quoi que ce soit pour sa mort. C'était une psychopathe cette femme-là.

Molly regardait sa fille avec un léger sourire.

- Tu sais, Ginny, contrairement à ce que tout le monde peut penser, je n'ai jamais regretté une seule seconde ce que j'ai fait ce soir-là. Je devais gagner contre elle, sinon elle aurait continué à terrifier et à torturer des centaines de personnes, moldus et sorciers inclus. Au contraire, quand je faisais des cauchemars à son sujet, c'était qu'elle revenait. C'est la seule peur que j'ai eue, la peur qu'elle ne soit pas réellement morte et qu'elle puisse revenir un jour. Elle prit le visage de sa fille entre ses mains et elle l'embrassa sur le nez. Je ne regretterai jamais d'avoir protégé ma fille comme une mère doit le faire, ne t'en fais pas pour ça.

Ginny serra sa mère dans ses bras. Contrairement à l'habitude, Ginny serra sa mère si fort que Molly avait du mal à respirer.

- Merci maman.

- Tu n'as pas à me remercier, ce que j'ai fait est normal.

- Merci quand même et surtout, merci d'être une mère si géniale.

- C'est facile avec des enfants comme les miens. Quand je vous vois foncer dans la vie comme vous le faites, je ne peux pas faire autrement qu'être fière.

Ginny sourit. Elle se leva et alla prendre quelque chose dans l'escalier. Elle revint s'asseoir près de sa mère. Elle avait deux choses à demander à sa mère.

- Maman, te souviens-tu où j'ai eu cet ourson? demanda Ginny en montrant l'ourson à sa mère.

Molly regarda l'ourson d'un air rêveur. Puis, soudainement, Molly ouvrit grand les yeux, surprise de voir cet ourson.

- Au nom de Merlin, tu as encore cet ourson? Je croyais que tu l'avais perdu.

-J'ai toujours aimé cet ourson. Je l'avais égaré, mentit Ginny. Elle avait délibérément caché l'ourson il y a quelques années quand Harry sortait avec Cho. J'aimerais savoir qui me l'a donné?

- En fait, ma chérie, personne ne te l'a donné, tu l'as trouvé.

- Je l'ai trouvé, mais où ça?

- Ma parole, c'est vraiment étrange tout ça. Eh bien, l'été de tes trois ans, nous sommes allés, toute la famille, rendre un hommage particulier à une famille de sorciers décimée par un certain mage noir, dit évasivement Molly pour voir si Ginny comprenait de quelle famille elle parlait.

Ginny éprouva une sensation étrange en entendant cette histoire. Sa mère était-elle en train de lui confirmer ce qu'elle croyait?

- Tu parles des Potter? demanda Ginny presque effrayé par la réponse à laquelle elle s'attendait.

- Oui.

- Nous sommes déjà allés à Godric's Hollow? demanda Ginny qui était pratiquement sans voix. J'en savais rien. Pourquoi tu ne me l'as jamais dit?

- Pardonne-moi ma chérie, mais je croyais sincèrement que tu t'en souvenais. Tu avais toujours cet ourson avec toi. Il était pratiquement devenu une partie de toi. Parfois je me demandais s'il n'avait pas quelque chose de vivant en lui, tellement il était toujours au bon endroit au bon moment pour t'éviter de recevoir les ballons de tes frères en pleine figure.

- Est-ce que tu sais à qui appartenait cet ourson? demanda Ginny qui voulait aller le plus loin possible dans cette histoire sans inquiéter sa mère.

- Non, nous n'avons jamais su à qui appartenait cet ourson. Il était tellement sale, il avait dû traîner un bon bout de temps aux intempéries pour être dans cet état.

- Est-ce que tu te souviens de l'endroit exact où j'ai trouvé cet ourson?

- En fait, non, pas exactement. Nous étions devant la maison des Potter et je me souviens que tu t'inquiétais beaucoup de savoir où était le petit garçon et s'il avait retrouvé ses parents. Tu étais vraiment très triste pour Harry. Nous ne savions plus quoi te dire pour que tu te consoles. D'autres sorciers présents avaient trouvé ta façon de réagir très touchante. Je me souviens que tu as arrêté de pleurer rapidement et que je me suis demandé pourquoi cet arrêt soudain. Quand je t'ai regardé, tu serrais l'ourson très fort.

Ginny regardait l'ourson, elle réfléchissait.

- Qui à choisi son nom? Pourquoi il s'appelle Howy?

- Je ne sais pas pourquoi il s'appelle comme ça, c'est toi qui lui as donné ce nom. Et Percy a écrit son nom, là tu vois? dit-elle en lui montrant l'étiquette grisâtre toute roulée. Tu étais vraiment charmante avec cet ourson. Tu en prenais vraiment soin. Tu lui racontais des histoires et tu lui parlais souvent. Tu imaginais qu'il te répondait, c'était vraiment amusant de te voir. Mais, pourquoi tu veux savoir tout ça? demanda Molly qui s'était levée et avait fait lever Ginny pour transformer le canapé en lit pour la nuit.

- Pour rien. Je suis tombée sur lui tout à l'heure et je ne me souvenais plus où je l'avais eu ni pourquoi il s'appelait comme ça, c'est tout.

- Je suis désolée de ne pas pouvoir t'aider plus que ça, j'aurais aimé t'en dire plus, s'excusa Molly en se dirigeant vers la cheminée.

- Ça va, merci, répondit Ginny qui se levait à son tour pour aller rejoindre sa mère près de la cheminée. J'aurais autre chose à te demander. Je ne sais pas ce que tu vas en penser, mais je ne peux faire autrement que de te le demander.

Molly regarda sa fille avec un sourire entendu. Elle savait très bien ce que sa fille allait lui demander.

- Maman, après tout ce que tu m'as dit ce soir concernant tous les cauchemars de Harry, je ne peux pas rester ici sans rien faire. Je dois absolument aller le rejoindre. Ginny avait parler un peu fort, elle regrettait presque le ton qu'elle avait utilisé, mais elle n'était pas vraiment en contrôle de ses émotions. De plus, je crois que je dois avoir une bonne conversation avec lui, le plus tôt sera le mieux.

- Je savais que tu me demanderais ça ma chérie et je crois que…

Ginny sentait la tension monter en elle. Elle était certaine que sa mère refuserait. Mais elle avait d'autres arguments en poche.

- …tu as raison. Je crois qu'effectivement ce soir ta place est avec ton fiancé, avec Harry. Ginny était bouche bée, elle croyait que sa mère refuserait catégoriquement et qu'elle aurait droit au traditionnel sermon. Je crois que vous avez beaucoup de choses à vous dire.

Ginny était soulagée de l'attitude de sa mère. Elle lui sourit et lui donna un petit baiser rapide sur la joue.

- Merci, m'man! Elle saisit une poignée de poudre de cheminette et s'apprêta à entrée dans la cheminée quand sa mère lui retint de bras. Ginny, surprise, se retourna pour regarder sa mère.

- Mais… avant, je dois te mettre en garde.

- Me mettre en garde contre quoi? demanda Ginny qui ne suivait pas très bien.

- Voyons donc, ma fille, tu es plus dégourdie que ça. Tu sais de quoi je veux parler.

Ginny regardait sa mère, la bouche ouverte, les yeux ronds. Elle sentit le rouge lui monter aux joues. Elle aurait tellement aimé que sa mère laisse tomber pour une fois.

- Mais maman…

- Il n'y a pas de mais maman, on ne doit pas prendre ces choses-là à la légère.

- Tu es au courant pour cet après-midi, tu sais qu'on ne prend pas ces choses-là à la légère comme tu dis, répondit Ginny sur un ton qui se voulait convainquant mais pas trop insolant, enfin c'est ce qu'elle espérait. Elle ne voulait surtout pas que sa mère change d'idée. Et puis, je ne vais pas le rejoindre avec ça en tête, affirma-t-elle sans toutefois être tout à fait honnête avec sa mère.

- Ma chérie, j'ai déjà été jeune tu sais, fit remarquer Molly. Je sais ce que c'est la passion et l'excitation. On ne peut pas toujours se contrôler.

- Ok, là maman, tu me donnes un peu trop de détails. J'aimerais mieux qu'on en reste là si tu veux. Tu sais que nous, les enfants, on préfère penser que nos parents ne font pas ces choses-là.

Molly éclata de rire devant le malaise et l'inconfort de sa fille.

- Allons donc, comme si avoir sept enfants se faisait comme par magie. Ton père et moi on en a fait des acrobaties. Et puis, pour tout te dire, Bill a probablement été conçu avant notre mariage. Il a peut-être même été conçu chez tante Murielle. On n'a jamais été certain de ce détail.

- Maman! s'écria Ginny, horrifiée par les confidences de sa mère. Tu es incroyable!

Les deux femmes se mirent à rire de bon cœur. Jamais Ginny n'aurait cru qu'un jour elle discute de ces choses-là avec sa mère. Elle crut alors bon de la rassurer.

- À Poudlard maintenant il est enseigné, à ceux qui en font la demande à Mme Pomfresh, comment prévenir les petits… euh… disons pépins.

Étrangement, elle était très inconfortable de prononcer ces mots devant sa mère, ce qu'elle avait reproché à Harry l'après-midi même. Elle comprenait finalement comment il se sentait.

- Parfait, c'est ce que je voulais savoir, admit Molly. Ne va pas croire que je ne veux pas être grand-mère, mais je ne pense pas ce soit le bon moment pour toi et Harry. Alors, tu as ta potion avec toi?

-Euh…oui, dans mon sac là.

- Ta baguette?

- Oui.

- Alors, tu es prête, tu peux y aller. Tu sais, dans un sens, je préfère savoir que tu vas faire ça pour la première fois dans une belle chambre chaleureuse plutôt que dans un des placards à balai de Poudlard ou bien dans la salle de bain des Préfets.

- Merci maman, dit Ginny qui ne savait pas trop quoi dire d'autre. Elle était un peu troublée par le côté étrange de la situation. Je ne m'attendais pas à avoir si facilement ta permission, ce n'est pas dans tes habitudes je sais que ça ne doit pas être facile pour toi, merci.

- Ben en fait, tu devrais remercier Fred, dit Molly en surprenant Ginny encore une fois par ses propos étonnants. Tu sais, depuis sa mort j'ai appris à relativiser. Au fond, pourquoi je m'inquièterais des agissements de mes enfants quand ils m'ont plus que prouvé qu'ils étaient responsables. Tu t'en vas rejoindre ton amoureux, l'homme de ta vie, celui dont tu rêves depuis que tu es toute petite, je ne vois pas ce que pourrait y avoir d'inquiétant là-dedans. Tu es heureuse, c'est tout ce qui compte. Allez, va et vide ton esprit de tout ce qui ne te concerne pas toi et Harry. C'était ta journée aujourd'hui, et elle n'est pas encore finie. Elle embrassa sa fille sur les deux joues et la poussât doucement vers la cheminée. Bonne nuit et à demain.

- Bonne nuit maman et tu sais, toi aussi tu devrais aller retrouver ton amoureux, dit Ginny le sourire en coin.

- C'est une bonne idée, répondit-elle en riant.

- CHEZ HARRY, GODRIC'S HOLLOW, cria Ginny en jetant la poudre de cheminette par terre.

Elle partit, tourbillonnante dans les flammes vertes. Quand elle arrêta de tourner, elle reconnu le salon de la maison de…enfin, sa nouvelle maison. Elle sortit de la cheminée puis secoua ses vêtements pour enlever les cendres de cheminée. Soudainement, une voix rauque la fit sursauter.

- Bienvenue à la maison, maîtresse, souhaita Kreattur à sa nouvelle maîtresse pour l'accueillir. Son nez en forme de groin touchait presque le sol. Il se redressa pour regarder Ginny. Votre mère m'avait informé de votre venue, je vous attendais. Maître Harry ne sait pas que vous êtes là. Votre mère m'a demandé de garder la surprise.

Ginny, qui avait le cœur qui battait à cent mille à l'heure, tentait tant bien que mal de reprendre ses esprits. Elle ne s'était pas attendue du tout à la présence de Kreattur.

- Merci, Kreattur, c'est très gentil de ta part.

Ginny ne savait pas trop comment réagir au fait de se faire appeler maîtresse par Kreattur. Il l'aida à se nettoyer. Elle le remercia puis lui donna la permission d'aller se coucher.

- Merci maîtresse, c'est ce que je vais faire. À quelle heure voulez-vous prendre votre petit déjeuner maîtresse?

Ginny qui n'avait pas l'habitude de s'occuper de ce genre de détails ne savait pas quoi répondre.

- Euh…on pourrait manger vers 10h. Ouais, je crois que ça irait vers cette heure là.

-Parfait maîtresse, je serai à votre disposition demain matin. Bonne nuit maîtresse.

Il était autour de deux heures du matin. Elle était très fatiguée. Elle monta l'escalier et regarda les portraits de James et Lily. Elle fit un sourire à Lily puis poursuivit son ascension. Elle sentait qu'elle serait bien dans cette maison.

À quelques marches de l'étage, elle s'arrêta net. Elle a cru entendre un cri. C'était Harry. Elle se précipita dans sa chambre et entendit Harry crier.

-NOOOOOOOONNNNNNNN, PAS GINNY…!!

Elle eut tout juste le temps d'apercevoir Harry qui se débattait.

-Avada Kedavra…