Bonsoir à tous : )
Voici la suite de cette fic. Désolée qu'elle arrive un peu tardivement, j'ai eu une semaine vraiment très chargée, et ce n'est pas encore finie ! Sigh …
Je vous laisse en tout cas profiter de ce nouveau chapitre, en espérant qu'il vous plaira à tous !
Disclaimer : la plupart des personnages et lieux cités sont à J.K. Rowling.
Rating : K
Bonne lecture …
Destination ailleurs
Chapitre 10 : Mieux que le lavomatic …
Quand le soir tomba, l'air se rafraîchit sensiblement (l'ombre des arbres entourant le lac y était sans doute pour beaucoup), mais pas assez cependant pour que les garçons se rhabillent complètement. Ils se contentèrent de passer sur leur dos un T-shirt chacun, le blond restant en boxer, le brun en caleçon.
Et pendant que Harry allumait un feu de camp à quelques mètres de la rive du lac, et que Draco dépliait un des sacs de couchage qui leur servirait de nappe pour le dîner (discrètement, il choisit celui de Potter, préférant que les miettes et tâches de gras éventuelles s'y collent, plutôt que sur sa propre couverture), Dobby partait chercher quelques poissons. Il revint peu après avec trois magnifiques spécimens, chacun planté au bout d'un bâton comme des sucettes géantes. Il les tendit au brun pour que celui-ci les mette à cuire, et sortit d'une petite bourse accrochée à sa taille une poignée de petits poissons qu'il déposa dans une gamelle pour Hedwige.
La chouette eut l'air étonnée de l'attention de l'elfe, puis elle hocha la tête comme si elle le remerciait, avant de commencer doucement à manger ces mets. Dobby lui tapota gentiment le haut du crâne, puis retourna près du feu pour suivre la cuisson du repas. Harry, qui avait observé la scène avec un sourire aux lèvres, se pencha et dit à la petite créature :
« Je crois que le repas de ce soir va être vraiment délicieux ! J'en ai déjà l'eau à la bouche. »
Dobby sourit, et ajouta avec enthousiasme, ses yeux pétillants particulièrement à la lueur du feu de camp :
« Oh oui ! Mais ce serait encore meilleur avec des herbes, monsieur … »
« Tu as raison. » admit le brun, qui se tourna alors vers Draco -occupé à disposer les assiettes sur leur nappe de fortune- et lui dit en riant : « Je ne te propose pas d'aller les chercher, hein ? »
Pendant que Dobby et Harry riaient comme des bossus de cette blague, Malefoy haussa les épaules et répondit, tout en attribuant finalement l'assiette fêlée à Potter :
« Ton humour fait vraiment peur à voir, mon pauvre Potter … Je ne prendrais même pas la peine de te répondre … »
Tout en se retournant vers le brasier pour faire dorer les poissons sur l'autre flanc, Dobby murmura à l'attention de Harry, tout en pouffant :
« C'est pourtant ce qu'il vient de faire … »
Le Survivant sourit à l'elfe, puis revint pour s'asseoir auprès du blond -qui faisait semblant de n'avoir pas entendu. Il l'aida à finir de poser les couverts, puis dit après un petit moment, surpris :
« Mais quand même, Malefoy, c'est bizarre que tu ne saches pas distinguer les aromates des mauvaises herbes ! Tu es quasiment un des meilleurs en Potions, pourtant… »
« Pourquoi « quasiment » un des meilleurs ? » tiqua le blond.
Harry haussa les épaules et répondit d'un ton d'évidence :
« Ben, je te rappelle que Hermione est plus douée que toi. »
« Elle n'a pas la meilleure moyenne en Potions ! »
« Seulement parce que Rogue avantage les Serpentards … » précisa le brun en fronçant les sourcils. « Tu le sais très bien. De toutes façons, il n'y a pas de quoi se vexer : Mione est meilleure que tout le monde, en tout, alors tu sais, si tu commences à te froisser pour une simple moyenne de Potions … Mais bref, ne change pas de sujet ! » s'exclama-t-il avec un petit sourire, en constatant que l'autre avait presque réussi à lui faire oublier le début de leur conversation. « Hein, alors, comment ça se fait pour les plantes ? »
Grognant un peu, Draco tourna la tête ailleurs, et en regardant attentivement, Harry put même le voir rougir. Le blond prit toutefois sur lui pour répondre :
« Ben, c'est juste qu'en cours, les plantes et les herbes sont mises en bocaux et étiquetées … J'ai pas de mal à les distinguer. Mais après, ça veut pas dire que je sache les reconnaître dans la nature, à l'état sauvage ! C'est le boulot des herboristes ou des botanistes ça, après tout … pas des maîtres de potions ! »
Il semblait vraiment énervé -le brun devina qu'il était surtout vexé-, mais cet état sembla très vite passer quand Dobby vint déposer dans l'assiette du blond un magnifique poisson bien grillé et sentant bon. Sans attendre les autres, Draco se jeta dessus et commença à le dévorer avec appétit. Harry ne s'en formalisa pas -après tout, avec Ron, il était habitué aux gens n'attendant pas les autres pour engloutir leur repas. Et puis, lui aussi mourrait de faim : il fallait bien avouer que nager et se battre dans l'herbe creusaient l'appétit !
C'est donc seulement après avoir avalé la moitié de son poisson que le brun reprit leur conversation, demandant d'un ton curieux :
« Mais je me demandais depuis un moment : tu as envie de travailler dans les potions, plus tard ? »
Draco leva un regard surpris vers lui, et mordit encore dans la chair tendre de son poisson -qu'il mangeait avec les mains !-, réfléchissant un peu, avant de répondre :
« Pourquoi tu me demandes ça ? »
Harry haussa les épaules, et répliqua :
« Ben, je sais pas trop … En fait, tu es bon partout, globalement, mais comme tu semblais t'investir particulièrement en Potions … »
Avec un sourire, le blond nota, ironique :
« Et bien, Potter, tu me connais bien, à ce que je vois … »
« C'est sûr qu'à passer près de sept ans de notre vie à être ton ennemi, ça m'a appris à observer pas mal de choses chez toi. » répondit le brun lui aussi dans un sourire.
D'un ton feignant l'inquiétude, Malefoy précisa :
« Je ne sais pas si je dois être inquiet ou flatté de cette attention soutenue. Ca frôle l'obsession, là, Potter, quand même … »
« Ose me dire que tu n'en as pas fait autant à mon égard ! »
« Hé, ne t'accorde pas plus d'importance que tu n'en mérites, veux-tu ! J'ai des choses bien plus passionnantes à faire de mes journées que de les passer à m'intéresser à toi, si tu veux tout savoir … »
« Oui, bien sûr. » fit Harry d'un ton convaincu, avant d'ajouter, dissimulant son sourire derrière son poisson : « C'est pour ça d'ailleurs que tu as accepté de partir tout un mois en voyage avec moi … »
Draco allait répliquer quelque chose avec véhémence, mais Dobby lui coupa la parole, en lui disant dans un élan de gentillesse :
« Dobby voulait juste dire à monsieur Malefoy qu'il avait un bout de chair de poisson au coin des lèvres … »
Harry se planqua de nouveau derrière son poisson pour pouffer de rire, tandis que le blond retirait de sa joue le morceau de nourriture tout en remerciant l'elfe d'un ton qui semblait pourtant davantage indiquer qu'il voulait l'étrangler sur place … mais Dobby n'y vit que du feu, et s'exclama un « De rien ! Dobby est toujours là pour rendre service » enthousiaste, avant de se lever pour ramasser les assiettes et partir faire la vaisselle.
Pendant qu'il secouait son sac de couchage pour en enlever quelques miettes, et que Draco se glissait dans le sien tout en se perdant dans la contemplation du feu, Harry reprit :
« Alors, tu n'as pas répondu à ma question : tu veux travailler dans le domaine des potions plus tard ? »
Draco ramena ses genoux sous son menton, s'emmitouflant dans sa couverture (il faisait à présent un peu plus frais), et réfléchit longuement à la question du brun avant de répondre.
« Je ne sais pas trop, en fait … Je me suis déjà posé la question, de temps à autre, mais étonnamment plus tellement ces derniers temps … »
« Pourquoi étonnamment ? Vu ce qui se prépare, ce n'est guère surprenant. » fit Harry avec sérieux, mais sans dramatisation dans la voix non plus. « Je crois que même ceux d'entre nous qui avaient des projets d'avenir précis n'osent plus y croire de peur de … Et bien, de ne pas pouvoir les réaliser. »
Détachant enfin son regard de la danse sensuelle des flammes qui se détachaient dans le noir de la nuit, Draco regarda Harry quelques instants, puis lui demanda d'une voix lointaine, grave ;
« Et toi, Potter, tu as déjà fait des projets d'avenir ? »
Le brun ouvrit de grands yeux étonnés -pas tant par la question que par l'air sérieux de l'autre-, puis rit doucement, comme une vieille personne qui repense avec une nostalgie indulgente à sa jeunesse :
« Quand j'étais plus petit, oui … Mais des trucs un peu fous, comme joueur vedette d'une grande équipe de Quidditch, ou même Arthur Weasley ! »
« Tu voulais être Arthur Weasley ? Pour travailler au Ministère ? » s'exclama Draco, plus que surpris.
Le Survivant secoua doucement la tête, et précisa, souriant toujours avec tendresse, tandis qu'il fixait à son tour le feu :
« Non. Pour avoir une grande famille. » Le ton de sa voix se fit un peu plus lointain sur la fin. Un peu plus éteint. Un peu plus triste. Harry ôta ses lunettes et les posa à côté de lui, avant de se coucher de côté dans son sac de couchage, de façon à toujours voir le feu, même allongé.
Il tournait un peu le dos à Draco : non pas qu'il ne voulait plus le voir, c'est juste qu'il avait senti son cœur se serrer, et n'avait pas envie de transmettre à l'autre sa tristesse -qu'il savait passagère, il avait tant l'habitude de ces accès de mélancolie. Mais visiblement Malefoy ne l'entendit pas de cette oreille. Tandis qu'on entendait un peu plus loin Dobby empiler les assiettes sans doute maintenant propres, il se releva de son lit, et tira sa couverture jusqu'au bord du feu pour venir se coucher près du brun, sans pour autant s'imposer à son champ de vision.
S'installant tête bêche avec Harry, il contempla alors lui aussi le feu, et déclara avec un aplomb et une énergie qui firent sursauter le brun :
« Alors moi je me ferais architecte ! »
« Architecte ? » fit Potter, franchement surpris.
« Oui, pour construire la plus grande maison qui soit, afin d'y accueillir toute la grande tribu potterienne que tu vas nous pondre bientôt ! » ricana le blond, cassant.
Mais le brun ne se laissa pas berner par la tentative de Draco de paraître ironique. Le rabrouant, Harry glissa, un peu gêné :
« Arrête … Pas la peine de faire le mec si gentil avec moi. Ca ne te ressemble pas ! »
« Pour ce soir, on dira que ce n'est pas grave … » murmura Draco à son oreille, avant de se recoucher lui aussi dans son lit, la tête toujours tournée vers le feu. D'un ton déjà presque endormi, il ajouta : « De toutes façons, on ne se ressemble pas tellement dans ce voyage … » Il bâilla, et ils restèrent tous deux un moment à contempler les flammes, qui finirent par les faire doucement sombrer tant leur danse était hypnotique et somnolente pour qui les fixait trop longuement.
C'est au moment où ils allaient tous deux s'endormir que le blond ajouta, d'un ton si bas que même Dobby, venu se coucher à moins d'un mètre d'eux ne put l'entendre :
« Ou alors, c'est peut-être qu'au contraire on est vraiment nous-mêmes … pour une fois. »
Comme il s'assoupit ces mots dits, il ne vit pas le doux sourire qu'esquissa alors Harry, avant qu'une larme ne vienne s'y mêler.
Le lendemain eut lieu le deuxième drame vestimentaire de ce voyage pour Draco. Après être revenu de sa toilette effectuée dans un coin du lac, à l'abri des regards indiscrets, il se pencha pour attraper le T-shirt bleu ciel posé sur son sac et l'enfiler par-dessus son jean.
Harry, qui repliait leurs sacs de couchage pour en faire des banquettes confortables pour la journée, s'exclama alors en avisant le geste du blond :
« Ah non, pas encore ! »
Surpris, Malefoy suspendit son geste, et se retourna vers Dobby pour voir s'il était en train de faire une bêtise. Mais avisant l'elfe en train de nourrir un lapin qui s'était aventuré jusqu'ici, il comprit que ce devait être à lui que Potter s'était adressé avec tant de véhémence. Il ouvrit de grands yeux, et demanda :
« Pas encore quoi ? »
S'avançant jusqu'à se trouver devant le blond, Harry afficha un visage mécontent et tira sur le T-shirt pour l'empêcher de l'enfiler :
« Tu ne vas pas encore mettre ce T-shirt … »
« Pourquoi ? Tu veux le récupérer ? » fit le jeune homme, suspicieux, tout en tirant sur le vêtement à son tour, pour le garder.
Mais le brun ne lâcha pas, indiquant :
« Mais non ! C'est juste que ça fait maintenant trois jours que tu le portes, et vue la chaleur qu'il a fait ces jours-ci, il doit puer la sueur ! Il vaut mieux que tu mettes autre chose … »
A cette remarque, Draco lâcha d'un geste brusque le T-shirt, non sans un petit regard de regrets :
« Ben oui, d'accord, mais je vais mettre quoi, alors ? Je n'ai pas envie de salir mes chemises, finalement … La vie dans la nature se révèle plus sauvage que je ne pensais pour mes fringues … » Cette remarque fit sourire Harry, qui laissa toutefois l'autre poursuivre : « C'est pour ça que je trouvais plutôt pratique de porter ce vieux … heu, ce T-shirt. » Il le renifla toutefois, et fit une grimace, tout en s'en éloignant : « Mais t'as raison, il schlingue un peu, là … »
Il regarda avec une certaine envie celui que portait Harry, par-dessus son short large, mais n'osa pas le lui réclamer (on lui avait en effet toujours appris qu'il était mal de réclamer -on lui avait en revanche plutôt conseiller de se servir directement ; mais là il n'osait pas trop, des fois que Potter le prendrait mal et le chatouille encore en punition). Le brun, toutefois, ne put que capter le regard d'envie de Draco, et il proposa alors, dans un sourire enthousiaste :
« Et bien, pourquoi ne pas laver celui que je t'ai donné ? Et tant qu'on y est, on pourrait faire une lessive de toutes nos affaires sales … »
« Très bonne idée ! » s'exclama Draco, le visage s'éclairant à cette proposition. Il se tourna alors vers Dobby, qui s'était un peu éloigné, et le siffla : « Hep, l'elfe, vient ici ! On a besoin de toi ! »
Fronçant les sourcils, le Survivant s'exclama :
« Non, on ne s'est pas compris, Malefoy ! On ne va pas confier à Dobby notre linge sale, on va faire la lessive nous-mêmes … »
« Mais oui, j'avais bien compris … » fit l'autre, en affichant un visage sincère. « C'est juste que quand tu parlais de laver nos affaires sales, j'ai pensé que l'elfe aurait bien besoin d'un bon bain, et … »
Se penchant pour lui balancer de l'eau du lac dans la figure, Harry s'exclama, mécontent, tout en riant largement :
« Tu es vraiment incorrigible, Malefoy ! »
Draco poussa un cri en recevant les gouttes froides sur son torse nu, mais rit lui aussi.
Heureux de voir les deux autres si enthousiaste, Dobby, qui était revenu vers eux en trottinant à l'appel du blond demanda ce qui se passait. Quand Harry lui expliqua qu'ils allaient faire une grande lessive, ce fut comme s'il avait annoncé à l'elfe que Noël était en avance cette année : la petite créature afficha le plus resplendissant des sourires et dit tout en essuyant des larmes de joie au coin de ses gros yeux globuleux :
« Merci, monsieur Potter … C'est un si beau cadeau qu'il fait là à Dobby … » Et il se moucha bruyamment dans son pagne -d'une propreté déjà douteuse (la lessive ne serait pas inutile à l'elfe non plus).
Poussant discrètement du coude le Survivant un peu désemparé devant cette réaction, Draco nota en chuchotant :
« Tu vois, finalement on aurait dû lui laisser la faire tout seul, la lessive. Je suis sûr qu'il aurait pu grimper au 7ème ciel rien qu'en nettoyant tes caleçons crades ! »
« Oh Malefoy, franchement ! »
« Ben quoi, avoue que j'ai pas totalement tort … »
« Je ne prendrais même pas la peine de te répondre, c'est franchement pathétique. »
« Moi ce que je trouve pathétique, c'est qu'un elfe puisse se mettre dans tous ses états tout ça parce qu'on lui a dit qu'on allait laver nos affaires sales … Mais bon, moi ce que j'en dis … »
Il n'empêche, un quart d'heure plus tard, Draco, qui faisait une lessive pour la première fois de sa vie, semblait y prendre autant de plaisir que Dobby, et s'amusait comme un fou. Harry, ravi, n'était pas le dernier non plus à frotter énergiquement leurs habits au bord du lac, lançant de temps à autre sur les autres de l'eau savonneuse … et tentant d'esquiver les représailles combinées de Draco et Dobby.
Quand, après avoir galéré un moment pour tendre une corde entre deux arbres, ils eurent mis tout leur linge à sécher, Harry proposa :
« Si tu veux, Malefoy, je peux te prêter d'autres T-shirts en attendant que le bleu soit sec. Ca te permettrait de te changer plus souvent. J'imagine, en plus, » ajouta-t-il avec un air un peu moqueur « que ça doit te manquer de ne pas pouvoir jouer tous les jours les fashion victimes … »
« Si cette dernière remarque sarcastique ne venait pas de griller ta seule chance d'obtenir un mot gentil de ma part, je t'aurais remercié pour cette proposition, Potter. » répliqua d'un ton froid Draco, avant de se diriger vers le sac du brun et de conclure : « Donc, je ne te dis pas merci, mais j'accepte bien volontiers ta proposition ! »
Harry rit, et vint avec lui farfouiller dans le sac à dos pour lui montrer les différents T-shirts qu'il avait emmenés. Au bout d'un moment, lassé d'entendre les commentaires du blond (« Mais t'as pas un seul T-shirt sans motif, ou quoi ? », « C'est d'une puérilité sans nom, ces dessins, mais bon, ça te va bien … sans vouloir te vexer ! » …) Harry revint voir Dobby, qui se tortillait, l'air gêné, sur place, sans oser dire ce qu'il avait.
Le brun l'invita à se confier à lui, et c'est d'une toute petite voix, et avec une expression qui manifestait l'envie de l'elfe de se noyer dans le lac ou de se pendre avec la corde à linge que la petite créature avoua :
« C'est que … Dobby aurait bien aimé lui aussi porter un T-shirt de monsieur Potter. Dobby sait bien qu'il en est indigne, et que depuis quelques temps, il prend des libertés folles, indignes d'un elfe de maison … Mais ce serait un si grand honneur pour Dobby de pouvoir enfiler un habit de monsieur Potter, qui lui a déjà offert il y a quelques années cette merveilleuse chaussette ! »
Coupant court à l'évocation quasi extatique de la chaussette en question (que Dobby précisa d'un air fier et heureux n'avoir jamais lavée !), Harry dit dans un grand sourire :
« Mais bien sûr que tu peux, Dobby ! Va donc en choisir un dans le lot, je te l'offre si tu veux … »
Un quart d'heure après avoir calmé la crise de larmes reconnaissantes de l'elfe, et lui avoir assuré qu'il lui donnait cet habit sans contrepartie, et qu'il n'était donc pas nécessaire qu'il se prive de nourriture pendant quatre jours ni qu'il dorme accroché par les pieds à un arbre, le brun emmena Dobby choisir un T-shirt.
C'est là que le brun regretta de n'avoir pas emmené d'appareil photo : il aurait aimé figer ce souvenir de Draco et Dobby fouillant ensemble dans le sac à dos, tout en se poussant parfois du coude pour être le premier à choisir le modèle qui leur plairait. Enfin, presque simultanément, les deux affichèrent un visage comblé et satisfait, déclarant qu'ils avaient trouvé leur bonheur.
Et tandis que Harry raccourcissait un peu le T-shirt rouge avec un smiley jaune qui faisait une robe à Dobby, Draco enfilait celui qu'il avait trouvé, puis s'exclama, très content de lui :
« Regarde ! Ca me va bien, n'est-ce pas ? »
Se retournant vers le blond, le Survivant ne put retenir un éclat de rire en le voyant arborer fièrement un T-shirt noir estampillé en jaune d'un grand : LE ROI DE LA JUNGLE. Il leva son pouce en signe d'approbation, et dit à Draco :
« « C'est tout à fait de circonstance, ton T-shirt ! » Puis, décidé à être un peu cruel, il rappela à l'autre, lui faisant perdre son sourire satisfait : « Mais … je te rappelle que le roi de la jungle est un lion. Un lion. »
Haussant les épaules, Draco s'exclama :
« Pfff, pas du tout ! Tu n'y connais vraiment rien, mon pauvre Potter ! Tout le monde sait que le roi de la jungle, c'est le serpent, voyons … » Il paraissait si sûr de lui que l'on ne pouvait que rire de son attitude.
Toutefois, c'est un peu énervé que Harry ajouta : « Allons, ne sois pas de mauvaise foi, Malefoy … »
Désespéré, le blond gémit alors :
« Et je fais comment, moi ?! Je suis programmé pour ça depuis tout petit ! »
« Et monsieur Malefoy le fait très bien, qu'il se rassure … » conclut Dobby, avec une sincérité encore une fois pleine d'innocence. Harry ne put qu'approuver ces mots, avec un grand hochement de tête et un immense sourire aux lèvres !
