... La honte m'étreint... Pas de chapitre depuis 1 an... Pardon...

Disclaimer : Katsura Hoshino est propriétaire de quasiment tous les personnages. Fye est à Kurogane. Tyki est la propriété de la Rédactrice. La Rédactrice n'appartient qu'à elle-même.

Rappel : La Rédactrice a promis une punition, déterminée par Fye, envers Tyki parce que celui-ci avait perdu la liste de questions à poser à Allen. Il va donc devoir s'habiller d'une certaine façon, et est donc allé se changer...


« - Il en met du temps ! » soupira Fye.

« - C'est louche », ajouta Reever.

« - Mais non, il essaie de s'enfuir par la fenêtre…

- Ahhhh ! Couché sale bête !

- Et là, il vient de se rendre compte que les voisins ont un labrador très joueur. Maintenant, il sait qu'il n'a pas d'autre choix que de revenir habillé comme Fye l'a décidé.

- Surtout que vous l'avez d'abord déshabillé de force », dit Reever.

« - Et que vous avez piqué ses vêtements », ajouta Fye.

« - Avant de fermer la porte à clé.

- Allons allons, les garçons », dit la Rédactrice en tenant fermement la poignée qui s'agitait. « Vous allez me faire passer pour une perverse tyrannique.

- …

- Quelque chose à ajouter Reever ?

- Non. Rien. Du tout.

- Bon. Vas t'occuper de la salle. »

La salle. Qui était plutôt calme en dépit de la proximité exorciste/Noé. Kanda et Lavi avaient fini par regagner leur sièges respectifs plus ou moins sur l'insistance du maréchal Tiedoll qui trouvait que « ça n'est pas correct de moisir la tronche de son camarade de cette façon, enfin, Kanda, je ne t'ai pas élevé comme ça tout de même ! ». Voilà pour l'ambiance. Reever se mit face à l'audience :

« - Alors, nous avons, comme qui dirait, un petit problème… technique. En attendant, si vous avez des questions…

- Quand est-ce qu'on aura les résultats de l'analyse des cheveux de Papi Panda ? OUILLE !

- Ferme-la ! Lapin crétin !

- Euh… C'est en cours. Mais ça risque de prendre un peu plus de temps que prévu. On a trouvé beaucoup plus de choses que ce qu'on avait imaginé.

- Genre ? AÏE !

- On verra plus tard, Lavi », enchaîna le scientifique. « Autre chose ?

- Est-ce que Kanda dort vraiment avec Mugen ? » demanda Cloud.

« - Ah oui, c'est vrai qu'on a oublié de demander à Allen. Eh bien… Allen ? Un commentaire ?

- Oui bien sûr », répondit celui-ci avec cynisme. « Demandez plutôt au maréchal Tiedoll, il en sait plus sur Kanda que nous tous réunis. »

Le maréchal Tiedoll s'interrompit au beau milieu de la gestuelle de « Tu vas prendre une fessée ! » :

« - Hum ? Si Kanda dort avec Mugen ? Pas la semaine prochaine en tout cas, je vais le lui confisquer. »

Un cri de pudeur outragée parcourut la salle, ponctué par le tambourinement de coups sur la porte :

- HÉ ! Enlève ta truffe de là ! Laissez-moi sortiiiiir !

« - Un souci Majesté ? » demanda Reever.

« - Continue Reever, je maîtrise la situation », dit la Rédactrice qui maîtrisait la situation en prenant appui avec les pieds sur les montants de la porte.

« - Ahem… Une autre question ?

- Comment ça se fait que tu travailles pour la Rédactrice ? » demanda Allen.

« - Pourquoi grand frère n'est pas venu ? » demanda Lenalee.

Reever prit l'inspiration de celui qui allait devoir se lancer dans une explication longue et pas forcément très réaliste.

« - Alors, en fait… »

-ooOoo-

Nous allons maintenant nous plonger quelques temps en arrière, alors que le projet « interview » n'en était qu'à ses balbutiements. La Rédactrice venait juste de recruter Tyki par des manières… disons personnelles à défaut de pouvoir dire légales, et la nouvelle équipe s'attaquait à son premier « entretien » directement dans les locaux de la Congrégation. Première cible : Komui. On avait eu toutes les peines du monde à faire entrer Tyki. Heureusement, Leverrier était de bonne humeur et s'était montré très persuasif envers le gardien.

L'équipe entra dans la pièce qui servait de décharge, pardon, de bureau au Grand Intendant, munis de bottes en cuir renforcées, sur les recommandations de Leverrier « parce qu'on ne sait pas ce qui traîne par terre. Au fait, vous êtes vaccinés contre la rage ? ». Le pauvre meuble ployait sous l'accumulation de documents importants et absolument essentiels tels qu'un traité de mécanique d'où dépassait un croquis de Komulin, par exemple. Et encore, ce n'était rien en comparaison de la marée de papiers qui recouvrait le parquet. En supposant que c'était un parquet, puisqu'aucun membre du service de nettoyage n'avait été assez fou pour aller en-deçà de la couche superficielle de feuilles.

Tyki et la Rédactrice échangèrent un regard. Puis Tyki lança son coude (à ses risques et périls. Mais ça, il ne l'apprendra que plus tard) dans l'estomac de la Rédactrice et se jeta sur la seule chaise du bureau à peu près stable et répondant à tous les critères de normalité pour un siège standard. La Rédactrice eut moins de chance : le fauteuil qu'elle avait choisi (disons plutôt, celui qui restait) émit un grognement inquiétant lorsqu'elle s'assit dessus. Pour avoir fréquenté l'univers des scientifiques pendant ses études, elle préféra ne pas pauser de questions, du temps que le siège se tenait tranquille et que son intégrité n'était pas directement menacée. Que voulez-vous, ce sont les risques du métier.

« - Vous êtes bien installés ? » demanda le Grand Intendant.

« - Non, mais ce n'est pas grave », répliqua la Rédactrice. « On va commencer, hein, parce que c'est pas qu'on soit en retard mais Leverrier aime que les horaires soient respectés. Au fait, il voudra te voir après cet entretien. Ne me demande pas pourquoi.

- Oh. Allons-y alors.

- Y'a un truc qui a bougé par terre », dit Tyki qui suivait des yeux un tas de feuilles mouvant.

« - Non, mais c'est rien ça. Faut pas trop bouger et vous n'aurez rien à craindre. Il se repère grâce aux mouvements.

- Ah. Me voilà rassuré. »

Tyki releva néanmoins ses jambes.

« - Tout d'abord », reprit la Rédactrice, « une question que tout le monde se pose. J'aimerais savoir d'où viens ta légendaire allergie au travail.

- Moi ? Allergique au travail ? » s'emporta Komui. « Je viens de passer deux jours dans mon laboratoire personnel afin de mettre au point un nouveau dispositif de…

- Ben, c'est ce que je disais. Tu fuis le travail.

- Mais le reste du temps je suis toujours dans ce bureau !

- Vous êtes toujours dans ce bureau pour roupiller ! »

Une pile de papier montra ses feuilles au coin de la porte.

« - Commandant Reever ! Quel bon, euh… vent, vous amène ?

- Deux jours que je vous cherche !

- Eh bien j'étais là. »

Reever lui lança un regard glacial.

« - Euh… Oui… Enfin, là… Pas exactement là, à ce bureau… »

La température baissa encore de quelques degrés.

« - D'accord, d'accord. Dans mon labo. Vous pouvez arrêter de me regarder comme ça ?

- Je suis à chaque fois épaté de constater que vous en êtes devenu Grand Intendant partant du fait que vous êtes vous-même. J'ai quelques petites choses à vous faire signer. »

Reever posa son fardeau sur le bureau. Qui émit des bruits tout à fait anormaux.

« - C'est quoi ça ? » demanda-t-il en désignant les journalistes du pouce.

« - Ils sont là pour un reportage sur l'Ordre Noir. Autorisés par Centrale », ajouta Komui devant la mine étonnée de Reever.

« - J'espère que ce n'est pas une nouvelle combine pour vous soustraire à vos obligations ! Parce qu'on a encore une montagne de…

- Nous sommes là sur l'invitation de Leverrier dans le but de d'interviewer chaque membre de l'Ordre Noir », coupa la Rédactrice.

Reever dévisagea Tyki.

« - Ces lunettes sont parfaitement affreuses.

- Je ne vous le fais pas dire », répondit la Rédactrice en ignorant délibérément les protestations de Tyki.

« - Je vais aussi être interrogé ?

- Oui.

- Autant que je reste là alors ?

- Si vous voulez.

- Parfait. Je vais surveiller celui-là en même temps. »

Le scientifique s'adossa au mur, tout en soutenant un regard de char d'assaut envers son supérieur. Celui-ci tenta vainement de l'ignorer, cherchant un secours envers les journalistes. Peine perdue, la Rédactrice était trop occupée à éviter de se faire mordre, ou pire, par son siège et Tyki à éviter de se faire agresser par la chose qui rampait autour de sa chaise. Il commença donc à signer la paperasse.

-ooOoo-

« - On va recommencer alors. Pourquoi portes-tu un béret ?

- C'est mon porte-bonheur. Et il me tient la tête au chaud, ce qui n'est pas du luxe avec tout ces courants d'air. »

La Rédactrice se tourna vers Reever.

« - Commandant, votre avis sur la question ?

- Primo, il est moche. Deuxio, je le soupçonne de cacher ses tubes à essai dedans. Tertio, c'est un cadeau de Lenalee. Quarto…

- D'abord, il est pas moche ! C'est très méchant, ça, Commandant Reever ! Et oui, c'est un cadeau que m'a fait Lenalee quand elle est rentrée de sa première mission ! Et non, Reever, je ne cache pas mes tubes à essai dedans parce que c'est trop petit !

- Ils sont où alors ?

- Dans le tiroir en… N'espérez pas me le faire avouer !

- Et on peut espérer te voir enlever ce béret un jour ? » demanda la Rédactrice.

« - Pas question ! Je ne veux pas briser le cœur de ma petite Lenalee !

- Petite, petite… » marmonna Tyki. Elle a quand même dégommé un niveau 3 à elle toute seule l'autre jour…

- QUOI ? »

La Rédactrice envoya illico Tyki dans le pays des songes afin qu'il médite un instant sur ses propos. La force de frappe de la Rédactrice est redoutable. C'est incroyable ce qu'on peut faire avec le tranchant de la main et un peu d'entraînement.

« - Qu'est-ce qu'il a dit ?

- Elle… euh », dit la Rédactrice en massant sa main justicière. « Elle n'a… plus 3 ans. C'est ce qu'il a voulu dire, n'est-ce pas Commandant Reever ?

- Assurément.

- Non, j'ai clairement entendu que…

- Bon, il a rien dit. C'est un andouille profond qui va se taire maintenant et prendre des notes en silence, vu ? » annonça-t-elle à un Tyki émergeant. « Tant qu'on est dans le sujet, d'où tiens-tu ce « sister complex » ?

- Quand Lenalee s'est révélée compatible, nous n'étions plus que tous les deux, seuls au monde. Je suis son grand frère, c'est mon devoir de la protéger ! Alors je me suis mis à travailler comme un malade pour pouvoir intégrer la Congrégation et me voilà. Je peux vous dire que maintenant je suis beaucoup moins inquiet car grâce à ma fonction, je me suis assuré auprès de Leverrier que Lenalee ne serait jamais envoyé en mission sur des territoires trop dangereux ! »

Tyki ouvrit la bouche. Il ne put éviter le classeur lancé à pleine vitesse dans son visage. Pas plus que le talon de la Rédactrice dans son tibia.

« - Il a mal quelque part ? demanda Komui interrompu par le cri silencieux de Tyki.

- Non. Refait ses lacets. Pas de soucis.

- Ah ? Bref, ma petite Lenalee est en sécurité maintenant que son grand frère est là avec elle ! C'était quoi la question déjà ?

- Tu y as parfaitement répondu, ne t'inquiètes pas. Ma question suivante portera sur ta coiffure. Pourquoi avoir coupé tes longs cheveux ?

- On… m'a obligé…

- Qui est ce « on » ?

- Soi-disant que les cheveux longs sont dangereux dans le milieu scientifique… Juste à cause d'une malheureuse fois où ils ont un peu brûlé…

- Quoi ? Tes cheveux ?

- Ahem… Une petite erreur de dosage de rien du tout…

- … qui a mis le feu à l'étage », termina Reever.

« - Quel rapport ?

- Ben, ses cheveux ont cramé. Et Lenalee a dit qu'elle le trouvait mieux avec des cheveux moins longs. Leverrier a dit qu'il allait le tondre lui-même si ça pouvait empêcher toutes ses prochaines bourdes. Maintenant que j'y pense, il était à un ongle d'étriper Komui ce jour-là.

- On dit « à deux doigts », corrigea la Rédactrice.

« - Non, là, c'était à un ongle. Puis Leverrier a promis de se faire des jarretières avec ses tripes.

- Beurk.

- Oui, Leverrier en jarretières, y'a de quoi vomir.

- Merci Reever, mademoiselle n'en demandait pas tant… », gémit Komui.

« - Si si, je note. Bon, je crois qu'on a fait le tour… Et sur quoi portent tes recherches en ce moment ?

- J'essaie d'améliorer le système de communication par golem, pour optimiser les transmissions entre équipes sur le terrain.

- Passionnant. Des résultats ?

- Pas encore.

- Et Komulin 4 ?

- Il va bien, merci. Euh…

- JE L'SAVAIS ! » rugit Reever. « JE L'SAVAIS QUE VOUS AVIEZ REMIS CA ! »

Le scientifique bondit sur le bureau de son supérieur, Komui agrippé à sa blouse. Par-delà les supplications, il dégagea des piles de feuilles pour révéler un bouton rouge sur lequel il appuya de toutes ses forces :

« - Ici le commandant Reever, appel au personnel de la Congrégation ! On nous signale la présence d'un intrus de type Komulin dans le laboratoire du Grand Intendant. Destruction autorisée. »

Il se retourna :

« - Il est où, Komui ?

- Parti. En courant. Par là. » répondit la Rédactrice.

« - Mouais. De toute façon, Kanda est ici. Le robot n'a aucune chance. Vous avez encore des questions ?

- Moui. La chaise.

- Oh ça… Un essai de compatibilité avec les objets inanimés. Faites pas attention, elle ne mord pas.

- Ah. » La Rédactrice se transvasa néanmoins rapidement sur le fauteuil de Komui. « Mais on va pas tenter l'expérience, hein ? Bon. Je vais vous poser la question pour toute la section scientifique : pourquoi avoir choisi de rejoindre la Congrégation ?

- On n'a pas vraiment choisi. Je sais que Jony et Tapp ont été remarqués par leurs travaux de recherche, et plus ou moins la même chose pour les autres… Pour ma part, je travaillais comme garçon coursier pour un magasin et faisais de la chimie à mes heures perdues. Ça a fait un drôle de choc quand les types du Crow sont venus me chercher !

- Comment ils savaient ?

- Ces types-là sont très bien renseignés.

- C'est vrai. Qu'est-ce que tu trafiques, bon sang ? »

Assis en équilibre sur le dossier de sa chaise, Tyki leur fit signe de continuer. La Rédactrice se posa intérieurement une question sur la santé mentale de son coéquipier. Elle n'avait pas remarqué que le tas de papiers formait des cercles ondulant autour de la chaise du Noé.

« - Envisagez-vous d'assassiner Komui ? » reprit-elle.

« - Bien que le projet soit parfois à l'étude, non, en général je n'envisage pas de l'assassiner. Il devra rester en vie et conscient encore longtemps pendant que je le torturerai. Juste le temps de comprendre sa souffrance.

- Bien, bien. Au niveau pharmacie, où en êtes-vous à la section scientifique ?

- L'infirmière en chef disait qu'elle n'avait jamais vu quelqu'un survivre à de telles doses de tranquillisant. Enfin, ça c'était quand elle venait de rentrer dans la Congrégation. Maintenant, elle en distribue à tout le monde sans se poser de questions.

- Et vous ? Des calmants ? Ou d'autres médicaments ?

- Café. Fort. Je vois pas bien l'intérêt de vos questions.

- Moi si. Ça vous dirait de prendre part à une expérience passionnante d'enquête ? Actions et émotions garanties. Une équipe de professionnels pour travailler avec vous, des gens d'un sens pratique et d'un sens de l'observation incomparable, des bêtes d'organisation. »

Alors qu'il ne suivait la conversation que d'une oreille puisque la deuxième gardait sur écoute ce qui menaçait de le bouffer, Tyki ne put s'empêcher de ressentir de la chaleur envers sa patronne :

« - Ah ben, ça me touche beaucoup ce que vous dites et…

- Je parlais de moi, Tyki.

- C'est payé ? » reprit Reever.

« - Avec un lance-pierre.

- Les horaires ?

- Y'en a pas.

- Je serai sous les ordres de quelqu'un ?

- Moi.

- Le café ?

- Fort et à volonté. Mais y'aura un supplément pour les croissants.

- Je signe où ? »

-ooOoo—

« - … et c'est comme ça que j'ai intégré l'équipe. Ensuite, il a fallu toute la diplomatie de Leverrier pour que Tyki accepte de descendre de sa chaise.

- La diplomatie ? De Leverrier ?

- Je ne m'étendrai pas sur cette question, mais sa conception de la diplomatie consiste, en résumer, à envoyer sur place tout les membres du Crow disponibles.

- Wow… Alors t'as signé pour du café ? » s'étonna Lavi.

« - Et des croissants.

- Et Komui ? Parce que je crois qu'on ne l'a pas revu depuis », demanda Tiedoll.

- Leverrier l'a attrapé.

- Oh.

- Mais il va bien. Il m'a écrit un mot par pigeon voyageur pour me demander de l'aide.

- Ah.

- J'y ai pas répondu, bien sûr. Mais je sais qu'il est entre de bonnes mains.

- Au fait, c'était quoi le truc qui rampait dans le bureau de Komui ? » demanda Road.

« - Euh… Rien, rien… En tout cas on l'a attrapé, il est reparti vivre en Amazonie et… »

Il sentit qu'on lui tapotait l'épaule.

« - Vraiment désolée de te déranger, Reever », dit la Rédactrice qui n'avait de désolé que le ton de sa voix, « mais j'aurai besoin de tes services. L'autre andouille a réussi à s'enfermer. »


Voilà ! J'espère que vous avez aimé !