Chapitre 9 : Apprentissage
Lorsque Donatello rentra chez lui, il trouva sa mère assise sur le canapé avec les deux policiers. Elle leur parlait de son mari Harry et du jour de leur mariage. Gloussant comme une idiote, elle raconta :
« Il est rentré avec 2000 dollars en liquide, et il a jeté les billets en l'air, et on s'est pris à nager là-dedans, comme à la télévision, dans le Millions de Dollars collé ! Vous aimez ce jeu ?
J'adore ce jeu ! répondit l'un des policiers, le plus costaud, nommé Bill.
C'était le bon temps ! Maintenant, on a du fric dans toutes les banques de la planète et vous croyez qu'ils donneraient un sou ? »
Soupirant à la stupidité de sa mère, Donatello entra, ferma la porte et se dirigea vers sa chambre. Contre toute attente, sa mère le remarqua et dit avec un sourire idiot :
« Donatello ! Je te présente Bob et Bill ! présenta-t-elle, causant l'intérêt des deux hommes pour le garçon qui venaient de rentrer.
C'est des flics, maman. soupira le jeune garçon en redressant ses lunettes.
Ce sont pas des flics ! s'énerva-t-elle en attrapant la petite maquette de hors-bord et en jouant avec. C'est des représentants pour les as du hors-bord !
C'est des flics… insista le gamin en se dirigeant vers sa chambre.
Poulette, je meurs de faim ! » beugla le père Wormwood en rentrant du travail.
A cette entrée, Donatello, Zinnia et les deux faux représentants se tournèrent vers lui. Harry resta dans l'entrée à observer les deux inconnus assis sur son canapé avec sa femme. Zinnia semblait gêné.
« Salut Harry… dit-elle.
Vous êtes qui, vous ? grogna-t-il en fusillant les deux hommes du regard. C'est un jacuzzi collectif cette baraque ? Fichez-moi le camp d'ici ! » hurla-t-il.
Sans hésiter, les représentants se levèrent, récupèrent leur manteaux et leurs affaires et quittèrent la maison. Le père Wormwood en colère regarda sa femme et lui hurla, fou de rage :
« Je trimes toute la journée et quand je rentre le soir, toi, tu t'amuses avec des mecs genre surfeurs culturistes !
C'est des flics, papa ! tenta une nouvelle fois Donnie en allant déposer son sac.
Avec toi, je peux jamais parler à personne ! pleurnicha Zinnia en se levant du canapé pour se rendre dans sa chambre. Je suis en cage, Harry ! Moi, j'ai besoin de causer à d'autres gens que ces gosses débiles !
Ah ouais !? Je suis chez moi ici, et un homme a le droit de rentrer chez lui sans participer à un concret de strip-teaseurs ! » hurla son époux.
Donatello, qui venait de poser son sac, écouta la dispute de ses parents… puis son regard se posa sur la porte. Cela faisait un moment qu'il avait essayé à l'école. Peut-être que maintenant… il fixa la porte et il vit qu'elle bougeait. Faiblement mais elle bougeait. Soudain, un détail lui vient en tête. À chaque fois, il s'était fait disputé juste avant. La première fois, c'était son père, la deuxième c'était le Shredder !
« Papa ! appela-t-il alors que son père criait toujours après sa mère.
Qu'est-ce que tu veux, toi ? grogna-t-il, furax.
Mets-toi plus en colère ! ordonna le gamin en fixant la porte.
Toi, tais-toi et fiches-nous la paix !
Vas-y ! Gronde-moi encore !
Tu veux que je te gronde ? Attends un peu ! grogna-t-il en se dirigeant vers la chambre de son fils. Je vais venir te coller une bonne raclée ! Qu'est-ce que je dois faire pour qu'on me respecte dans cette baraque ! Je vais te filer une rouste comme t'en a jamais reçu ! Je vais t'en retourner une bonne, c'est compris !? »
Toutes ces paroles de colère mirent également Donatello en colère. Il serra les poings et les dents, à cause à la colère, des étincelles parcoururent les yeux bruns-rouges du jeune garçon, à tel point qu'elles se reflétaient presque sur ses lunettes. Et juste avant que son père ne rentre, la porte se ferma sur lui et se verrouilla. Donatello sursauta et regarda la porte derrière laquelle son père hurlait :
« Ouvre-moi cette porte, crapaud ! Ouvre, tu entends ! »
Le jeune garçon resta figé puis un immense sourire coupa son visage en deux, révélant son écart de dents… mais cela montrait également le pur bonheur. Un petit rire sortit de sa gorge suivit par un hurlement de joie. Fou de bonheur, il bondit comme un idiot sur son lit et hurla toute sa joie. Sa famille se demandait bien ce qu'il se passait… mais il s'en fichait. Il y était arrivé ! Il avait réussi à déplacer un objet. Il pouvait le faire ! Il lui faudrait juste un peu entrainement !
Aucun enfant n'aime se faire gronder, mais ce furent la rage et les fulminations d'Harry qui fournirent à Donatello la clé de son pouvoir. Pour libérer son pouvoir, il ne lui restait plus qu'à s'entrainer. Dès le mercredi suivant, Donatello attendit d'être seul pour exercer ses pouvoirs. Il commença par un truc simple. Il posa une céréale sur la table et rien qu'en le regardant, il le fit se déplacer d'un point à un autre de la table. Lorsqu'il y parvient, un sourire satisfait parcourut son visage. Il décida de tester autre chose. Il s'installa sur la chaise, un bol vide devant lui, la boite de céréales non loin. Il la fixa afin de la faire bouger. Elle bougea légèrement… mais pas assez au goût de Donnie. Il réfléchit un instant, puis ferma les yeux et repensa à toutes les méchancetés qu'il avait entendu et qu'il l'avait mis en colère. Il vit sa mère qui le traitait d'idiot, son père et sa fameuse tirade de supériorité, ou lorsqu'il lui ordonnait de se comporter comme un vrai Wormwood, il vit le Shredder qui l'enfermait dans l'étouffoir, qui martyrisait les enfants, ses amis… et April ! Ce qui le mit le plus en colère fut certainement de repenser à ce que le Shredder avait fait à April, lors de son premier jour d'école, mélangé à son père qui lui ordonnait d'être un vrai Wormwood. Cette fois énervé, il regarda la boite de céréales. Sans difficultés, elle se souleva à quelques centimètres de la table et il parvient à se servir des céréales sans toucher la boite. Un sourire ravi sur le visage, il ne fit pas attention à l'atterrissage de la boite sur la table. Sans tenir compte des quelques céréales renversés, il regarda la brique de lait, l'ouvrit grâce à son pouvoir et la fit léviter jusque son bol pour se servir du lait. Une fois cela fait, il parvient à poser la brique sans problème puis fit léviter la cuillère. Sans problème, l'ustensile de cuisine se souleva de la table et atterrit dans le bol. Tout aussi facilement et sans la toucher, il parvient à la soulever et la mena à sa bouche. Utilisant finalement sa main pour sortir la cuillère de sa bouche, il sourit joyeusement. Il arrivait à faire léviter les objets !
A partir de ce jour, tous les mercredis ou jours où il n'avait rien à faire, il s'entrainait à exercer ses pouvoirs, soit dans sa chambre, soit dans toute la maison lorsqu'il était seul. Petit à petit, il réussit à faire pleins de choses avec ses pouvoirs : soulever des objets, allumer des lampes ou autres appareils, faire bouger tout objet selon sa volonté, faire voler les cartes de sa mère, faire tournoyer livres, objets divers, ouvrir et fermer les placards et faire danser les meubles. En premier, il fit ces choses une à une, puis il en fit plusieurs à la fois. D'abord deux, puis trois et ainsi de suite jusqu'à pouvoir les faire toutes en même temps ! Tant et si bien que, lorsqu'il était seul, il se mettait à danser avec toute la maison au rythme d'une musique. Dansant joyeusement, les objets tournaillaient autour de lui tel un vrai ballet aérien ! Ceux qui auraient assisté à ce spectacle auraient crié au miracle ou hurlé à la malédiction. C'était tellement incroyable que personne n'aurait su comment réagir à un tel évènement. Et d'un simple geste, il faisait tout disparaître !
Un mercredi, sur un air qui passait à la radio, Donatello s'amusa à danser avec tous les objets présents dans le salon. Tout souriant, il exerçait ses pouvoirs et s'amusait. A la fin de la chanson, il s'assit sur le canapé, rangea toutes les affaires avec lesquelles il avait dansé et éteignit la radio de deux-trois mouvements de bras. Sans bouger, avec des mouvements de magicien, le jeune garçon ouvrit les rideaux qu'il avait fermés pour éviter que l'on voie ses prouesses de l'extérieur. Il les ouvrit juste à temps pour voir les policiers se faufiler vers le garage de la maison. Donnie les observa attentivement… puis se leva pour voir ce qu'ils allaient faire.
Les agents du FBI ouvrèrent la porte du garage des Wormwood. Alors qu'ils entraient, armés d'une caméra vidéo, l'un d'eux, Bill, demanda à son collègue, Bob :
« On a pas besoin d'un mandat de perquisition pour ça ?
Non, ce type est pas net… et l'existence de ce gosse inconnu le prouve largement ! Si on passe cette cassette au tribunal, Wormwood est cuit ! Et on saura peut-être enfin d'où vient le marmot ! Je te parie que cette boite est pleine de pièces détachées ! » dit-il en pointant un carton posé sur une étagère.
L'agent Bob posa la caméra et décrocha une échelle. Donatello arriva juste lorsqu'ils parlaient de la boite pleine de pièces détachées, ce qui était malheureusement vrai. Il resta cacher et les observa.
« T'as filmé toute la semaine ! se plaignait Bill. Tu pourrais me passer la caméra, pour changer.
Tu sais t'en servir au moins ? demanda Bob, sans remarquer que la caisse se décala sur l'étagère grâce aux pouvoirs de Donnie. Tu sais te servir du zoom ? Tu sais ajuster le viseur ?
Je m'y connais ! » répliqua son collègue.
Sans l'écouter, Bill monta à l'échelle… pour voir que la caisse s'était décalée. Pensant avoir mal vu, il descendit et bougea l'échelle jusqu'à la caisse… mais Donnie la fit se remettre à sa première place.
« Et d'ailleurs, c'est mon tour ! se plaignit Bill.
Ouais, c'est ton tour de laisser tomber ! se moqua son collègue.
Je ne laisse pas tomber ! Donne-la-moi ! » grogna l'autre.
Bob ricana en montant à l'échelle… pour voir que la caisse avait encore changer de place ! Elle était là où il avait placé l'échelle la première fois. Alors qu'il se demandait s'il devenait fou, Donatello décida qu'il était temps de faire son entrée en scène. Il avança sans bruit vers l'entrée du garage et dit calmement :
« Vous deux, vous allez avoir de gros ennuis et ça va pas trainer ! »
Les deux agents se retournèrent vers lui et l'observèrent, intrigués. Il était un point culminant de leur enquête et un point sombre en même temps. Ils s'approchèrent de lui, les mains dans les poches et l'air inquiétant… mais cela ne fit pas peur à Donatello.
« T'es pas censé être à l'école, jeune homme ?
On est mercredi, messieurs. J'espère que vous avez un mandat de perquisition. Dans un livre de droit constitutionnel que j'ai emprunté à la bibliothèque, j'ai lu que si vous n'en aviez pas, vous risquez de perdre votre boulot ou d'aller en prison. »
Les deux agents l'observèrent, médusés. Il était sans aucun doute bien plus intelligent que les Wormwood. D'où sortait un gamin pareil ? Bob le regarda fixement dans les yeux, sortit du garage et se planta dehors, forçant Donatello à se retourner pour leur faire face.
« C'est ton père qui va aller moisir en prison ! ricana-t-il. Et toi, tu sais où on va te mettre ?
On t'enverra dans un orphelinat ! grogna Bill, en pensant que de toute façon, c'est là qu'atterrira le gamin une fois cette affaire terminée.
Si tu coopères, on te choisira un chouette orphelinat ! Du genre où i manger et où les cafards sont tout petits ! Qu'est-ce que tu en dis ? » tenta de marchander Bob.
Donatello les regarda puis regarda leur voiture. C'était la première fois qu'il tentait ça. Sans le voir, il parvient à desserrer le frein à main. Un léger sourire sur le visage, il regarda les deux agents et dit :
« Vous allez commettre une autre infraction votre voiture va griller un stop, là ! » dit-il en pointant le véhicule.
Les deux agents se retournèrent et, surpris, virent leur voiture avancée seule dans la rue en pente. Ils se mirent à lui courir après… sans remarquer la casette de la caméra qui sortit de l'appareil et se planter devant Donatello. En souriant, le gamin récupéra l'enregistrement et courut le jeter dans la poubelle. Il gagnait ainsi du temps et permettait à son père de retomber sur ses pieds. Mais Donatello avait maintenant d'autres chats à fouetter ! Et quel chat ! Ces entrainements n'étaient pas seulement dans le but d'acquérir un pouvoir qu'il gardait cacher. Ils lui servaient à accomplir une mission !
Donatello apprend à maitriser ses pouvoirs... mais pour quoi faire?
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