Grands Vents

Volet 0

Auteur : Angelscythe

Genre : Noir, drame, shonen-ai, hétéro, romance

Couple : Vanven et Terraqua =3

Disclaimers : Tous les personnages appartiennent à Square Enix et/ou Disney, je me contente de mettre la pagaille avec mes idées farfelues !


Chapitre 9

Titre

- Vanitas ?

Les paupières de ce dernier battirent plusieurs fois et ses yeux retrouvèrent leurs teintes jaunes. Il porta sa main à sa tête, elle lui faisait mal… Maintenant que son cœur cessait de le torturer et que son ventre semblait soulagé…

- Vanitas ?

L'adolescent se tourna vers le captif qui lui lançait un regard inquiet.

- Ça ne va pas ?

- Si…

L'Être des Ténèbres s'avança vers lui, faisant sortir Clavis Vacuum. Il la brandit vers les fers et un faisceau en jaillit. Les menottes s'ouvrirent, libérant les poignets rougis du garçon. Il lui prit la main, posant un genou au sol et embrassa la marque de brûlure.

- Merci. Comment ça s'est passé avec Maître Xehanort ? Demanda-t-il en frottant ses bras endoloris.

- Ça s'est passé… Jafar ne t'a rien dit ?

- Il m'a appelé « mon diamant d'innocence ».

- Ce serait presqu'adorable. Se moqua Vanitas.

Il lui embrassa l'autre poignet, les lèvres tordues par la perfidie.

- Je suis désolé, je me suis mis dans l'embarras, tu m'avais demandé de t'attendre et j'allais t'attendre !

- Je n'en doute pas. Répondit le brun.

Il se redressa et se dirigea vers la porte qu'il ouvrit de la simple utilisation de sa Keyblade. Son poing était crispé sur le manche et ses yeux étaient plus glacés que jamais, les pupilles extrêmement contractées.

Ventus trottinait à sa suite, ne faisant pas attention à la pléiade de Nescients qui apparaissaient à chaque pas vengeur de son ami. Il se contentait de marcher dans son sillage, Brise Légère prête à jaillir à tout moment.

Ils suivirent un couloir pour remonter le long d'escaliers sinueux que Vanitas avait descendu mais qui étaient complétement inédit pour le blond vénitien.

L'ascension ne fut pas bien longue avant qu'une porte ne se dresse. Une porte, même fermée, c'était une bien stupide défense face à deux porteurs de Keyblade. Et pourtant, ce n'était pas une Clavis Vacuum vengeresse qui se dressa mais un pied qui défonça le bois qui céda dans un lourd fracas.

- Toc, toc. Sourit-il, cruellement, en s'avançant vers le Vizir.

- C… Comment ? Fit-il, interdit.

Mais il retrouve bien vite du poil de la bête et brandit son sceptre. Les yeux rouges se mirent à tournoyer.

- Ça a fonctionné une fois, mon cher Vanitas. Je te connais. Je connais tes plus noirs secrets et je sais que tes émotions sont ton tout ! Ricana-t-il. Et je pourrai faire de toi mon serviteur. Tes forces… Ah !

Alors qu'il disait cela, les mots frappaient l'Être des Ténèbres tandis que les rubis sondaient son esprit, gagnaient sa conscience et passait par les failles de cette barrière si fragile. Il sentit son âme se faire inonder une seconde fois et perdit pied de la même façon. Tout ce qui demeurait était le rouge sombre de Jafar, ses yeux bruns vicieux qui l'observaient de haut quoi qu'il fasse.

Il était oppressé, réduit à l'état d'enfant. D'esclave.

Vanitas fit un pas en avant, Jafar éclata de rire. Mais il fut surpris en voyant Ventus s'interposer, sa Keyblade entre ses doigts.

- Pousse-toi, mon garçon. Ce n'est pas une affaire pour les…

- Laissez Vanitas !

Jafar poussa un long soupir, surtout que son nouvel esclave venait de s'arrêter. Il n'essayait pas de contourner l'importun et son regard, bien qu'orangé preuve qu'il était complétement sous son emprise, était tourné vers le blond vénitien.

- Tu me déranges.

Il leva son sceptre dont les yeux se remirent à miroiter. Ventus ferma immédiatement les yeux mais brandit sa Keyblade en avant.

- Je ne vous laisserai pas faire du mal à mes amis ! Je ne veux pas que vous vous fassiez tant de mal à Vanitas !

Les yeux des Nescients avaient eux-mêmes viré à cet orange auréolé de rouge.

- Bien, bien… Vanitas, détruis…

- Je pensais que c'était notre clé ! Protesta Iago.

- Hm ? Ah… J'oubliais presque.

Le sorcier attrapa le menton du garçon.

- Mon diamant d'innocence…

- Pas touche. Celui-là est à moi ! Gronda une voix menaçante.

Ventus rouvrit les yeux et se tourna vers Vanitas, un sourire aux lèvres. Mais le jeune homme n'avait pas changé. Ses yeux étaient toujours désespérément orange aux reflets carmin et plus d'un beau jaune.

Il éprouvait un épouvantable tiraillement. D'un côté l'inquiétude pour son ami et de l'autre quelque chose de plus subtil mais encore inconnu à cause de cette phrase qu'il avait lancée. De la rébellion ? Il n'était pas un objet ! Ou une forme de séduction ? Vanitas l'estimait-il à ce point ? C'était abrupt… mais c'était Vanitas.

- Écoutez ! Pas besoin d'en arriver là !

Le garçon eut un mouvement de recul en voyant le sceptre brandit vers lui.

- Pourquoi avez-vous besoin d'un diamant d'innocence ?

Le sorcier arqua un sourcil alors que le perroquet ricanait sur l'épaule de son maître.

- Pour obtenir la lampe magique.

- Une lampe magique ? Répéta Ventus.

Il pencha la tête sur le côté puis se tourna légèrement vers Vanitas. Le voir comme ça lui déchirait le cœur. Il fit alors face à l'homme.

- D'accord. J'irai vous chercher la lampe magique mais laissez Vanitas.

Il se mordilla la lèvre inférieure.

- Mais la prochaine fois. Demandez. Je n'aurai pas dit « non ».

Jafar s'esclaffa. Il s'approcha du garçon qui eut un mouvement de recul. Les yeux du sceptre miroitèrent un instant et Ventus sentit des mains sur ses poignets. Regardant par-dessus son épaule, il vit que l'Être des Ténèbres le tenait fermement, l'empêchant de s'éloigner. Le garçon lui offrit un sourire même si le visage était toujours dénué d'expression quelconque.

- Ça va aller. Chuchota-t-il.

Il trembla en sentant les longs doigts de Jafar autour de son menton, l'obligeant à regarder vers lui.

- Un diamant d'innocence, vraiment. Bien… Partons pour le désert. Partons…

Il sortit deux moitiés de scarabées de sa poche.

- … pour la Caverne aux Merveilles.

- Mais libérez Vanitas !

- Lorsque j'aurai la lampe !

Ventus gonfla les joues et sentit l'énergie de sa Keyblade vibrer contre sa paume. Il aurait volontiers fait jaillir Brise Légère pour se dégager mais Vanitas n'était pas conscient. Ce ne serait pas un combat entre ami, ou même plus que ça.

Le garçon ne put retenir un couinement lorsqu'il sentit les mains de Vanitas se raffermir sur ses poignets. Il sourit tout de même à sa moitié qui l'obligeait à avancer, de marbre. Cette distance… Il savait qu'elle ne venait pas de lui mais ça lui rappelait tellement que Terra et Eraqus n'avaient pas foi en lui. Ça lui rappelait qu'il ne savait même pas pour Aqua… Mais pourquoi serait-ce bien différent ?

µµµ

Ventus avait mal aux jambes à force d'avancer dans le sable brûlant d'Irak. Il sentait le vent chargé d'effluve frapper son corps alors que le Soleil agressait sa peau légèrement cuivrée. Il la sentait brûlante à présent. Et les mains de Vanitas étaient tellement serrées qu'il ne sentait presque plus le bout de ses doigts, ses bras tendus en arrière le lançait au niveau des épaules. Mais il continuait de marcher. De toute façon, c'était ça ou être rudement poussé. Déjà que ça manquait régulièrement d'arriver…

Ils survinrent finalement devant un gigantesque amoncellement de sable qui était étrangement dressé. Le vent l'avait sculpté jusqu'à ce qu'il ressemble à une tête de tigre. La gueule béante permettait de voir des tréfonds illuminés d'or et de rouge.

- C'est là. Vanitas, lâche-le.

- Oui…

Le brun s'exécuta et recula d'un pas, les yeux toujours orange. Ventus se tourna vers lui et se frotta les poignets endoloris.

- Descend dans cette caverne. Dit sèchement le sorcier.

Le blond vénitien regarda vers lui et opina légèrement. Il prit les mains de l'Être des Ténèbres et posa un baiser furtif sur ses lèvres.

- Je reviens…

- V… en… tu… s ?

Le garçon sourit et acquiesça vivement. Il lui effleura la joue et se dirigea vers la gueule grande ouverte. Il voulut grimper sur la lèvre inférieure lorsque les mâchoires bougèrent, le faisant sursauter. Il se recula vivement, les doigts d'une main devant la bouche.

- Qui es-tu ?

- Je… Je m'appelle Ventus. Mais vous pouvez m'appeler Ven' ! Sourit-il.

- Entre… Mais fait attention… ne touche qu'à la lampe !

Ventus fut surpris mais approuva d'un mouvement de tête. Il grimpa dans la gigantesque bouche et descendit les escaliers. Il s'étonna de descendre dans les profondeurs de la terre elle-même.

µµµ

Jafar éclata de rire en regardant le jeune homme à sa droite.

- Eh bien… On dirait que c'est un bon jour pour moi. Je vais avoir la lampe magique, je vais avoir tout le monde d'Agrabah et sans doute bien plus alors que j'ai déjà un excellent laquais. Grâce à toi, il est vrai… Tes créatures, tes ténèbres et ton idiot d'ami. Espérons… Espérons seulement qu'il ne touchera qu'à la lampe.

- S'il prend autre chose mais qu'il ramène la lampe, tant pis. S'esclaffa Iago. Un problème en moins !

- Oui ! La caverne réglera le problème. Sourit Jafar. Je ne voudrais pas que ce petit s'achète une conscience et…

- Que… fera… la… caverne ?

- … Et m'enlève mon esclave. Soupira le sorcier.

Il tourna son sceptre vers Vanitas. Les yeux de ce dernier se remirent à miroiter. Mais ce n'était pas de rouge… plutôt de jaune. Sans doute parce qu'un inondeur venait de poser le bout de sa patte sur la lèvre et que des mots venaient de s'élever :

- Seule une personne peut entrer ici.

Le Nescient remua, des ténèbres s'élevant.

- Le trésor est maudit. La lampe magique est le seul vrai trésor. Quiconque voudrait prendre autre chose serait englouti pour l'éternité.

- Ven… tus…

Jafar brandit son sceptre mais une main se mit sur la tête de serpent, empêchant le pouvoir hypnotique d'agir.

- Qu'as-tu… fait ?

Le sorcier recula, les yeux grands ouverts. Le regard de Vanitas était auréolé d'orange et de rouge mais celui de son Nescient était comme auparavant.

- Je…

- Il reprend du poil de la bête !

Les ténèbres de l'adolescent émanèrent de lui, s'approchant du Vizir qui recula d'un pas.

- S'il est arrivé quelque chose à Ventus…

- Comment es-tu sorti de mon emprise, Vanitas ?

L'intéressé haussa les épaules. Pourquoi ? Parce qu'il avait soudainement été inquiet… Horriblement inquiet. Il détestait cette infâme sensation. Il détestait ce sentiment qui germait en lui, même si ça lui avait permis de renouer avec sa conscience et de revenir là.

Il lui arracha le sceptre des mains et le jeta dans le sable avant de s'avancer vers la gueule. Mais le sorcier s'empressa de le rejoindre, le saisissant par l'épaule.

- Vas-y et tu tueras ton ami.

µµµ

Ventus s'arrêta devant un autel de pierre sur lequel se tenait une lampe à huile ancienne, toute dorée. Il la prit prudemment et leva la tête vers le ciel.

- Ça y est, caverne. Je… repars ?

Pas de réponse. Le blond vénitien pris cela pour une affirmation muette. Il retourna alors sur ses pas, serrant l'objet contre son cœur. Il ne pouvait s'empêcher de penser à Vanitas, inquiet pour lui.

Aussi, lorsqu'il arriva au pied des escaliers, déjà essoufflé, il fourra la lampe dans son dos, la dissimulant sous le corset de tissu qu'il portait. Il grimpa alors toutes les marches, de plus en plus épuisé.

Il finit par sortir de la caverne et s'avança en souriant. Il manqua de tomber lorsque quelque chose se jeta sur lui. Il tomba assis et rit en serrant un Inondeur contre lui, taisant la douleur sourde dans le bas de son dos. Il leva le regard vers Vanitas qui s'avançait vers lui. Il écarquilla les yeux et poussa un cri de joie en bondissant sur ses pieds. Il se jeta au cou du brun qui manqua de vaciller et trembla en le sentant tout contre lui, en le voyant sourire de la sorte.

- Vani' !

Il se pressa contre lui et regarda vers Jafar.

- Merci !

- Ne le remercie pas… C'est lui qui nous manipule depuis le début. Il n'y a pas à le remercier pour quoique ce soit !

- As-tu la lampe ? Pressa Jafar en s'avançant vers lui.

Ventus appuya timidement sa joue contre l'épaule de Vanitas qui leva une main tremblante vers sa chevelure. Il voulut la poser dedans mais hésita.

- Je l'ai.

Le blond vénitien la retira de sa cachette et la tendit au sorcier. Celui-ci s'empressa de s'en emparer et approcha ses doigts, surexcité.

- On dirait qu'on va assister à la création d'un nouveau monde. Releva l'Être des Ténèbres.

Il posa sa main sur l'épaule de sa moitié, finalement.

Jafar les dévisagea puis sourit.

- Oui… Un sublime nouveau monde.