Bonjour à tous. Voici un petit texte écrit vite fait, pour m'aider à reprendre l'écriture. J'espère que vous serez indulgents, même si j'accepte toutes les critiques qui pourront m'aider.

Merci à Manuka pour sa correction. Heureuse de t'avoir retrouvée, même si pour l'instant ce n'est que sur msn.


Les larmes aux yeux, Hyoga pénétra dans le temple du Verseau et vint s'assoir contre le caisson de l'armure d'Or comme il le faisait à chaque fois qu'il était triste. Il ne savait pas comment l'expliquer mais il avait l'impression que l'armure était habitée par une âme bienveillante qui avait le don de le réconforter à chaque fois.

Le petit blond s'était encore fait gronder par Camus qui pensait que si son élève n'arrivait pas à maîtriser la Poussière de Diamant c'est parce qu'il ne faisait aucun effort pour se concentrer, son esprit étant trop occupé à penser à sa mère.

Quelque part son maître avait raison. C'est vrai que sa mère lui manquait mais des efforts il en faisait plein. Il faisait toujours son maximum pour que le chevalier du Verseau soit fier de lui. Mais celui-ci ne semblait pas s'en rendre compte.

Depuis qu'ils étaient au Sanctuaire, Camus était plus distant avec Isaak et lui. Il ne les prenait plus dans les bras comme il le faisait en Sibérie, il ne les bordait plus le soir pour les aider à s'endormir. Quant aux entraînements, il exigeait sans arrêt plus, et même Isaak, qui avait toujours été le plus endurant n'arrivait plus à suivre.

Hyoga ne comprenait vraiment pas pourquoi le chevalier d'Or agissait ainsi et avait fini par arriver à la conclusion qu'il avait sûrement fait quelque chose qui avait déçu son maître et que celui-ci ne l'aimait plus.

L'enfant fût sorti de ses pensées par une brutale chute de la température. Relevant la tête, il vit un homme pénétrer dans le temple. Ebloui par la lumière, lui qui était assis dans la pénombre depuis un moment, il dut mettre son bras devant son visage pour protéger ses yeux, avant de sourire, certain que c'était son maître qui venait le chercher.

L'homme avait la même façon de se déplacer, féline et aérienne. Une silhouette identique. Des cheveux longs de la même taille. Et pourtant…

Le petit blond s'aperçut de son erreur lorsque l'étranger ne fût plus qu'à quelques mètres de lui. Mais s'il eut le reflexe de se lever, il n'eut à aucun moment celui de se méfier ou de se mettre en garde comme on le lui avait appris. Et pour cause, l'aura que l'étranger dégageait l'avait déjà entouré plus d'une fois pour lui réchauffer le cœur, lui redonner courage. L'enfant comprit rapidement qu'il avait face à lui non pas un homme, mais un fantôme, une âme, celle qui vivait dans l'armure du Verseau, celle d'un ancien chevalier d'or dont Camus lui avait conté les exploits de nombreuses fois.

-Vous êtes Degel, n'est ce pas ? demanda Hyoga avec un grand sourire et des étoiles dans les yeux.

-Oui. Comment le sais-tu ? demanda l'ancien Verseau avant de venir s'arrêter devant l'enfant.

-Vous avez la même aura que celle dégagée par l'armure de Camus. Il nous a raconté plein d'histoires sur vous. Même qu'il dit que parmi tous les chevaliers du Verseau qui ont existé, vous êtes le meilleur.

-C'est gentil de sa part mais j'en doute fort. Il est aussi puissant que moi, si ce n'est plus.

« Et si je m'en tiens à l'intelligence et à l'énergie qui émanent de ce petit bonhomme en face de moi, j'ai bien l'impression que le prochain chevalier du Verseau sera encore bien meilleur » pensa Degel.

-Oui, je suis bien d'accord avec vous, répondit Hyoga. Moi aussi je pense que c'est lui le meilleur.

Degel aurait pu être vexé par cette remarque, mais bien au contraire, il fût touché par l'amour que l'enfant portait à son maître. Il n'y avait aucune intention de blesser son interlocuteur dans le ton employé par le petit blond, juste une admiration sans borne, une envie de prendre la défense de l'homme qui guidait aujourd'hui sa vie.

-Mais je vous aime bien aussi, rajouta Hyoga qui venait de réaliser son manque de tact. Vous êtes un héros.

Degel sourit. Décidément, cet enfant était vraiment attachant.

-Tu aimes beaucoup ton maître, n'est ce pas ?

-Oui, affirma Hyoga sans la moindre hésitation.

-Alors pourquoi es-tu si triste ? Tu n'es pas bien avec lui ?

Le petit russe baissa la tête pour cacher les larmes qu'il ne pouvait plus retenir.

-Je crois qu'il m'aime plus. Il n'arrête pas de me disputer.

Degel s'agenouilla pour être à la hauteur de Hyoga et prit le menton de l'enfant dans sa main pour plonger son regard dans le sien. Il aurait tellement aimé être plus qu'une âme pour pouvoir prendre l'enfant dans ses bras et le consoler.

Sentant un contact froid sur son menton, l'enfant frissonna avant de relever les yeux vers ceux de Degel. Tous deux restèrent silencieux un moment, l'ancien Verseau pensant à la meilleure façon de rassurer l'enfant et Hyoga ne voulant plus quitter cet océan de tendresse qu'il pouvait voir dans les yeux de Degel, cette tendresse qu'il ne voyait plus dans les yeux de Camus.

Puis, le jeune russe un peu calmé, Degel reprit :

-Hyoga, ton maître t'aime. N'en doute jamais.

-Mais il est si dur avec Isaak et moi.

-Tu ne dois pas lui en vouloir. Je sais que c'est difficile à comprendre mais il fait ça pour votre bien.

-Pour notre bien ?

-Oui Hyoga. Camus vous aime tellement Isaak et toi qu'il a peur… peur de vous perdre. C'est pour ça qu'il est si dur avec vous, il veut que vous deveniez des chevaliers très puissants pour que rien ni personne ne puisse vous faire du mal.

-Mais il dit toujours qu'il faut laisser ses sentiments de côté.

-Peut-être parce qu'il n'arrive pas à comprendre les siens. Il pense qu'il ne pourra plus être un bon maître s'il s'attache trop à vous. Mais je t'assure que même s'il veut vous faire croire le contraire, il vous aime.

-Comment vous le savez ?

-Vois-tu Hyoga, tous les chevaliers d'Or qui ont porté l'armure du Verseau ont laissé une partie d'eux en elle. Grâce à l'armure, je peux connaître leurs joies, leurs peines, leurs désirs, leurs secrets… Et je peux te jurer que toutes les pensées de ton maître sont pour toi, Isaak et Milo. Et tu sais ce que Camus a demandé à l'armure d'Or ?

-Non, répondit le petit blond.

-De toujours vous protéger, même s'il devait lui arriver quelque chose de grave.

-Alors il nous aime, s'exclama Hyoga, un grand sourire sur les lèvres.

-Oui, de tout son cœur, répondit Degel avant de se relever. Je dois partir maintenant Hyoga, je n'ai plus rien à faire ici. Il est temps pour moi de rejoindre enfin mes anciens compagnons.

-Non restez ! J'ai besoin de vous moi ! lança le petit blond.

Hyoga essaya d'attraper la main de l'ancien Verseau mais ne trouva que le vide.

-Non Hyoga. C'est à Camus de prendre soin de toi maintenant. Continue à l'aimer comme tu le fais, crois toujours en lui et il sera toujours près de toi.

-Alors je vous verrai plus.

-Je ne suis rien Hyoga. Juste une âme de passage, un fantôme, une illusion… un rêve. D'ailleurs il est temps que tu te rendormes.

Degel posa sa main sur le front de l'enfant et celui-ci ressentit une nouvelle sensation de froid avant de plonger dans les bras de Morphée.

Puis l'ancien chevalier caressa son armure. Celle-ci se mit à briller plus que jamais.

-Adieu mon amie. Prend bien soin d'eux, s'il te plaît. C'est la dernière chose que je te demande.


Quand Hyoga se réveilla, il était dans les bras de Camus. Celui-ci lui caressait doucement la joue, l'encourageant à ouvrir les yeux.

- Ca va mon bonhomme ? l'interrogea le Verseau un peu inquiet, sentant l'enfant fatigué.

-Degel ? appela l'enfant, l'esprit encore embrumé.

Camus chercha aussitôt une réponse dans le regard rassurant de Milo. Pourquoi son disciple faisait subitement allusion à l'ancien Verseau ? Mais apparemment le Scorpion, tout aussi étonné que son amant, n'avait pas non plus la réponse à cette question.

-Non c'est moi, Hyoga, répondit Camus en serrant un peu plus le petit blond contre lui et en augmentant son cosmos.

Il y avait tant de sentiments mélangés dans l'aura que diffusait son maître que Hyoga se redressa pour plonger dans le regard de Camus. Il put y voir à la fois de la tendresse et de l'inquiétude, de la colère et du soulagement.

-Vous êtes toujours fâché Maître ? demanda le petit russe.

-Oui Hyoga. Tu te rends compte que ça fait plus de deux heures que je te cherche, le gronda Camus. Je ne veux plus jamais te voir t'enfuir comme tu l'as fait.

-Pardon Maître, s'excusa l'enfant avant d'enfuir son visage contre le torse du Verseau.

Le sentant trembler, Camus se radoucit et frotta le dos du petit russe. Il savait qu'il manquait de patience avec ses disciples et que sa maladresse à exprimer ses sentiments pouvait leur faire du mal parfois.

-Ecoute Hyoga. Si je suis en colère, c'est parce que j'ai eu peur. Le Sanctuaire est un endroit dangereux et il aurait pu t'arriver quelque chose de grave.

-Alors vous vous êtes inquiétés ? demanda Hyoga qui commençait à se rendormir.

-Bien sûr. Même si je ne sais pas te le montrer, je tiens beaucoup à toi tu sais.

-Je sais, répondit machinalement Hyoga. Degel me l'a dit.

Camus sursauta en entendant de nouveau le nom de son prédécesseur.

-Degel est mort Hyoga. Il y a très longtemps. Il ne pouvait pas être ici. Tu as dû rêver.

-Non c'est pas vrai ! s'énerva d'un seul coup l'enfant qui chercha à se dégager des bras de son maître. Il était là, je vous le jure.

Camus posa sa main sur le front de l'enfant pour tenter de le calmer et s'aperçut qu'il avait un peu de fièvre. Peut-être avait-il déliré. Le plus urgent était de calmer l'enfant avant que son état s'empire.

-Chut ! Calme-toi, le supplia Camus. Je te crois. Rendors-toi maintenant.

Doucement mais fermement, le Verseau incita l'enfant à venir se reposer contre lui. Celui-ci se laissa faire et murmura un « moi aussi, je vous aime Maître » avant de plonger pour de bon dans les bras de Morphée.

-C'est quand même étrange qu'il nous parle de Degel, s'étonna Milo. Il a l'air vraiment convaincu de l'avoir vu.

-Ce n'est pas possible. Tu le sais bien. Il est épuisé ces derniers temps. Il a dû rêver.

Camus allait coucher Hyoga lorsqu'Isaak, qui revenait du temple du Capricorne, se dirigea vers les deux adultes, tout étonné de voir Milo.

-Milo ? Mais comment t'as fait pour monter si vite ? Je t'ai vu traverser le temple de Shura pour aller chez toi, y'a moins de dix minutes.

-Kardia…, murmura le Scorpion.

- On ferait mieux d'oublier tout ça, suggéra Camus, trop inquiet par l'état de santé de Hyoga pour s'intéresser à cette histoire de fantômes.


Degel rejoignit Kardia dans le temple du Scorpion. Celui-ci était en train de faire le tour des pièces, contemplant certains objets avec nostalgie, quand soudain, il sentit deux bras se nouer autour de sa taille :

-Moi qui me plaignais de ton désordre, souffla l'ancien Verseau à l'oreille de son amant, à côté de Milo, tu passerais presque pour quelqu'un de méticuleux.

Kardia sourit à cette remarque avant que la nostalgie ne réapparaisse sur son visage :

-Tu as réussi à faire tout ce que tu voulais ?

-Oui, répondit Degel dans un soupir, son visage lui aussi rempli d'une certaine tristesse. Mais si tu veux qu'on reste encore un peu…

-Tu crois que ça va aller maintenant pour eux ? l'interrogea l'ancien Scorpion en désignant du doigt une photo représentant Milo, Camus, Hyoga et Isaak.

-Je l'espère Kardia. Je l'espère. Je crois que Camus a enfin compris ce qu'ils représentaient à ses yeux. Ils ont maintenant toutes les cartes en main pour s'en sortir.

-Allez viens, il est temps pour nous de passer dans l'autre monde et de rejoindre nos anciens compagnons, ajouta Degel, qui voyait que son amant avait bien du mal à quitter ce qui fût autrefois son temple.

-Attends, le retint l'ancien Scorpion, j'ai besoin d'encore un peu de temps.

-Kardia, le rappela à l'ordre Degel. Je sais que c'est dur de les laisser, mais on n'a pas le droit de…

-C'est pas ça, le coupa Kardia. J'ai une vengeance à accomplir. Tu te souviens de la dernière farce que Dokho nous a faite ?

Degel leva les yeux au ciel, avec un air faussement outré, mais surtout heureux que Kardia retrouve sa bonne humeur.

-D'accord, direction les Cinq Pics, capitula-t-il. Mais promets-moi d'y aller doucement avec le vieux Dokho. A deux cents ans, on n'a plus le cœur aussi solide qu'avant…