L'allergie de Draco Malfoy

Disclamer: J.K Rowling possède tous les droits sur Harry Potter.

Pairing: DM/HP BZ/RW

Rating: M

Résumé: " L'allergie provoque un trouble du comportement et une envie de baiser Potter, c'est connu... non?"

Note de l'auteur: Je tiens à remercier Trafdelux et Tintall pour m'avoir encore une fois supporté et corrigé. Je ne sais pas ce que j'aurais fait sans vous. Merci aussi à vous tous pour m'avoir mis des reviews, je les lis toutes avec beaucoup de plaisir, et je tiens à vous remercier pour votre sincérité et votre gentillesse. Merci également à toutes celles et ceux qui ont mis ma fanfiction en Favoris/Follow. Je vous aime!

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Chapitre 9 : Jeu de perception : Toucher.

1er septembre 1991 :

- « La cérémonie de la répartition va bientôt commencer »

Le professeur McGonagall leur tourna le dos et se dirigea vers les immenses portes situées derrière elle. Le résonnement de ses talons se fit plus distant alors qu'elle s'éloignait discrètement.

- « C'était donc vrai » Fit la voix de Draco Malfoy, faisant tourner la tête de toutes les personnes qui l'entouraient. « Ce que j'ai entendu dans le train » Précisa-t-il en voyant le jeune homme brun qu'il fixait depuis tout à l'heure tourner la tête vers lui. La cicatrice sur son front attira de nouveau son regard, l'hypnotisant. «Harry Potter est élève à Poudlard. »

Sa révélation provoqua une sorte d'énorme tumulte, il entendait des élèves murmurer « Harry Potter ? » autour de lui.

Il ne put s'empêcher de sourire, méprisant. C'était donc bien lui Harry Potter ? Il avait vu juste ?

Ce garçon frêle et discret ?

Sa réputation n'avait d'égale que son absence totale d'élégance.

Il allait dire ces pensées à voix haute quand les yeux verts se tournèrent vers lui, lui provoquant un long frisson incontrôlable. Ses yeux étaient magnifiques, verts comme il n'en avait jamais vu auparavant.

Plus l'échange de regard se faisait long, plus il avait la désagréable impression que le regard du survivant pouvait lire en lui, ou pouvait lui faire faire tout ce qu'il voulait.

La simple idée de devoir à un moment détourner son regard du sien lui semblait de plus en plus improbable. Il reprit difficilement contenance en voyant les regards tournés vers lui.

« Lui c'est Crabe, et lui Goyle » Se sentit-il obligé de préciser. Il adressa un hochement de tête à Blaise, sachant très bien qu'il n'aimait pas les effusions en public. Le métis se tenait d'ailleurs légèrement en retrait, ne regardant aucunement la scène qui se déroulait sous ses yeux.

« Moi je m'appelle Malfoy » Continua-t-il en avançant vers Harry Potter, un sourire aux lèvres.

En entendant son nom, il était presque sûr que la réaction du brun serait la même que les autres : Une adoration dans le regard.

Pourtant, les yeux émeraude lui prouvèrent aussitôt amèrement le contraire. Il semblait que sa capacité de s'imposer aux personnes ne marchait pas avec lui, c'était… Troublant. « Draco Malfoy. » Finit-il par dire, face à lui.

Le fait d'être une marche au-dessus de lui et le surplombant, obligeait le brun à relever ses yeux vers le blond, qui sentait son cœur se gonfler de ce sentiment de puissance qu'il aimait tant.

Mais étrangement, ce qui le troublait le plus, c'était l'étrange sensation de bien-être que lui procurait la proximité du brun.

Il ignorait pourquoi, mais il avait envie que Potter connaisse son prénom. C'était stupide à quel point un si petit détail pouvait être important parfois. S'il n'avait pas essayé de révéler des choses sur lui pour que le brun le connaisse, alors peut-être que tout ce qui allait suivre ensuite aurait pu être totalement différent. Il avait la sensation, non, il savait que ce qui allait suivre allait s'empirer, et son esprit tentait désespérément de le faire sortir de son rêve, refusant de revivre ça une seconde fois.

Soudain, à sa droite, il entendit un ricanement. Son visage se détourna violemment du brun, tiré de ses pensées il analysa rapidement le rouquin face à lui. « Mon nom te fait rire ? Inutile de te demander le tien, un rouquin, et une robe… De seconde main. Tu es forcément un Weasley. »

Il vit le visage du roux se décomposer lentement, avant de se détourner de lui, fière de sa petite prestation.

Depuis quand ce Weasley se permettait-il d'accaparer toute l'attention du survivant ? Il n'en avait aucun droit. Il était Draco Malfoy, lui, pas un vulgaire Weasley, pauvre et incompétent. « Tu t'apercevras vite que certaines familles valent mieux que d'autres… » Ses yeux rencontrèrent les siens et il s'y perdit. «… Potter » murmura-t-il, comme pour lui-même, avant de tourner la tête de nouveau vers le rouquin. « Évite de choisir tes amis parmi les gens douteux. »

Il se désintéressa complètement du roux et tendit sa main droite vers le garçon à la cicatrice. « Je peux te conseiller. » Le brun baissa alors brusquement les yeux vers celle-ci, puis sembla réfléchir une fraction de seconde avant de relever la tête vers lui, ses yeux reflétant sa détermination.

« Je sais qui sont les gens douteux, je n'ai pas besoin de conseil. » Répliqua-t-il froidement.

Sa remarque le mit mal à l'aise, et en même temps, entendre sa voix pour la première fois lui procura un second frisson inexplicable. Son regard se troubla légèrement.

Les yeux verts, froids tournés vers lui…

Soudain, il sentit une main sur son épaule et releva violemment la tête. Le professeur était de retour. Il reposa de nouveau son regard vers le brun, sa tête se penchant dangereusement vers lui, trop peut-être pour que cela reste innocent.

Depuis quand quelqu'un arrivait-il si facilement à rompre son masque, depuis quand quelqu'un était-il capable de lui procurer autant d'émotion, en seulement une phrase ?

Son regard peiné laissait surement apercevoir son bouleversement intérieur, qu'il réprima difficilement. Il détourna difficilement la tête et commença à repartir vers ses amis quand une main douce lui empoigna sa main droite, tirant légèrement.

Et tout sembla s'arrêter autour de lui.

Le professeur ne bougeait plus, ne respirait plus, le crapaud du grassouillet à côté de lui s'arrêta dans les airs.

Que se passait-il ?

Quelque chose lui disait que ce n'était pas supposé se dérouler ainsi, que ce n'était pas un souvenir habituel. Comme si cette main n'avait jamais tenu la sienne, et que quelqu'un forçait le souvenir à se dérouler ainsi.

Il tourna son regard surpris vers le brun, son souffle se coupant puis s'accélérant rapidement. Et tandis que sa respiration se faisait saccadée, le regard du brun changea du tout au tout, pour sembler lui-même surpris de cette initiative.

« Malfoy… » Il semblait le découvrir pour la première fois, et un sourire sincère étirait son visage.

Draco sentit une boule de chaleur se créer dans son ventre, alors qu'il avalait difficilement sa salive. « Je n'arrive pas à croire que j'ai réussi. » Son sourire s'agrandit, tandis que la main sur la sienne se faisait plus présente, plus assurée. « Rappelle-toi de moi » Il approcha lentement son visage du sien, le contemplant comme si c'était la dernière fois qu'il le voyait. « S'il te plaît ne m'oublie pas. » Sa voix se brisa alors que son autre main se posait doucement sur la joue du blond. « Surtout… Ne m'oublie pas. »

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Draco Malfoy ouvrit violemment les yeux, le souffle coupé comme s'il venait de faire un match de Quidditch particulièrement éprouvant. Se levant précipitamment de son lit, il se dirigea vers son bureau avec empressement, bousculant toutes ses affaires.

« C'est pas possible… Merlin mais qu'est-ce que j'en ai fait ? »

Il n'arrivait pas à trouver ce qu'il cherchait, et l'image du rêve se fit de moins en moins présente. Finalement, alors qu'il allait abandonner, il vit son parchemin de cours et le brandit de sa main gauche fièrement face à lui, les sourcils froncés. À la faible lumière du lever de soleil, il distingua très nettement les dessins en forme d'éclairs qui le parsemaient.

-« Qu'est-ce que c'est que ces conneries ? » Il secoua la tête pour reprendre contenance et vit avec effroi que d'autres éclairs parsemaient ses pages de cours tous autours de lui.

Assis sur son lit, les yeux rivés sur son parchemin, le préfet n'avait plus aucune notion du temps. Ça faisait plusieurs minutes, voir plusieurs heures qu'il essayait de se rappeler de quoi que ce soit concernant son rêve sans y parvenir. Tout ce dont il se souvenait, c'était un éclair, un jeune homme brun, des yeux magnifiques, et quelques mots « Ne m'oublie pas ». Il soupira légèrement quand trois coups secs se firent entendre à travers la porte.

- « Draco ? » Une voix retentit derrière sa porte, nasillarde et particulièrement horripilante. « Je peux entrer ? »

Il ne lui répondit pas, continuant de fixer ces éclairs.

Qui était-il ?

- « Draco ? »

À première vue, l'homme dont son esprit semblait délibérément vouloir lui faire oublier le nom quand il se réveillait avait une cicatrice en forme d'éclair sur le front. Et des yeux… Inoubliables.

Pourquoi son esprit voulait l'oublier ? Que c'était-il passé ?

De nouveau, une main toqua à sa porte. « Draco, c'est important, tu ne le regretteras pas. »

Il soupira et posa son parchemin sur son bureau, le rangeant précieusement sous un autre parchemin de potion. Pas question que Pansy voit ça. C'était son secret.

« Entre. »

La brune poussa légèrement la porte, et entra doucement dans sa chambre, comme intriguée. Habituellement, personne n'osait entrer dans celle-ci, de peur de s'attirer les foudres du principal concerné. Le blond l'accueillit avec son visage froid habituel.

- « Qu'est-ce que tu veux ? »

Pas le moins du monde perturbée par le ton froid à son égard, la brune prit un air conspirateur en refermant soigneusement la porte derrière elle.

- « Te révéler quelque chose, tu n'en reviendras pas. »

Roulant légèrement des yeux, il lui désigna une chaise à côté d'elle et attendit qu'elle se soit assise.

- « Je t'écoute.

- J'ai surpris Zabini avec Weasley. » Débuta la brune, s'asseyant sur la chaise comme si c'était le plus beau cadeau que le blond lui avait jamais fait. « Ils s'embrassaient et à vrai dire, si je ne les avais pas arrêtés, je pense qu'ils seraient allés bien plus loin qu'un simple baisé. » Avoua-t-elle fière de sa petite nouvelle.

Le préfet poussa un soupir résigné puis contempla le ciel à travers sa fenêtre, particulièrement bleu ce jour-là. Ses bras se croisèrent sur sa poitrine, et son visage prit un air pensif.

- « Quelqu'un d'autre est au courant ?

- Comment ça ? » S'enquit-elle, perdant contenance.

- « Je t'ai demandé si quelqu'un d'autre était au courant. » La réponse ne vint toujours pas, et il commença à perdre patience. « Réponds-moi ! » Sa voix s'éleva brusquement, d'un ton si froid qu'elle ne put s'empêcher de se ratatiner sur sa chaise.

- « Non » S'empressa la Serpentard « Je ne l'ai pas encore dit à quelqu'un. Je voulais te voir en premier.

- Excellent. » Le blond se désintéressa d'elle, pour contempler de nouveau le ciel. Il allait y avoir un match de Quidditch contre Gryffondor demain, il espérait qu'il ne pleuve pas trop. Manquerait plus que les gryffondor soient tout mouillés.

C'était qui l'attrapeur des gryffondor déjà ?

Étrangement, il n'arrivait pas à s'en rappeler.

- « Alors ? Tu vas faire quoi ? Tu vas le dire à toute la grande salle, et les humilier ? Cette pourriture de Weasley ne mérite que ça. Quand tout le monde apprendra cette… Chose entre eux, je peux t'assurer que tu ne verras plus jamais ce traître de Zabini.

- C'est une idée alléchante.

- Je sais, elle m'est venue d-

-… Malheureusement » Coupa le préfet, un sourire de plus en plus inquiétant sur les lèvres. « Je ne le ferais pas.

- Pourquoi ? Tu détestes Weasley. Normalement tu serais le premier à profiter de cette occasion pour le rabaisser.

- Parce que. » Il leva sa baguette de sa main gauche sur le front de la jeune fille, qui écarquilla les yeux. « Oubliette » Il sourit malicieusement en voyant le visage de Pansy se décomposer, pour finalement sembler sonnée quelques instants. Il s'approcha lentement d'elle, et passa sa main contenant sa baguette sur sa joue froide. « Apprends, ma chère Pansy, que tous ceux qui tentent de s'attaquer à Blaise, je les anéantis. » Il relâcha sa joue et s'éloigna d'elle, lui tournant le dos. « La prochaine fois que tu essayeras de ne serait-ce que de t'intéresser à la vie privée de Blaise, je te tue. Je me suis bien fait comprendre ?

- Oui. » Murmura la voix étranglée de la Serpentard, qui se dirigea avec empressement vers la porte pour sortir précipitamment.

Le préfet se rassit sur son lit calmement, puis jeta un coup d'œil à sa main droite qui tremblait légèrement, ses cheveux blonds descendants souplement sur ses yeux intrigués. Depuis son réveil, c'était comme si une force l'empêchait d'utiliser cette main. Comme si… Comme s'il sentait encore la chaleur d'une autre main sur la sienne, et la délicieuse sensation qui lui avait parcouru le corps. Il la resserra et la desserra lentement, intrigué, contemplant ses phalanges se tendre et se détendre. Une violente sensation de manque lui traversa le corps.

Ça ne pouvait pas continuer comme ça.

Il devait aller voir Crabe et Goyle, Blaise n'étant pas disposé à lui reparler pour le moment, et enfin savoir qui était cette personne. Avec détermination, il se prépara rapidement, prenant tout de même soin de sa tenue et sorti de sa chambre. Comme d'habitude, une quinzaine de personnes l'attendaient sagement. Il put discerner facilement les deux batteurs, ceux-ci se démarquant des autres par leur carrure imposante.

Malheureusement, ce n'était pas le bon moment pour discuter. Il essaya avant le cours de métamorphose, mais ce fut un échec total, les deux balourds semblant obnubilés par une Ginny Weasley qui parlait toute seule…

Mais il arriva finalement à la fin de la journée, le soir, après l'entrainement de Quidditch.

Les trois jeunes hommes sortaient des vestiaires pour se diriger vers le bâtiment principal, quand le blond s'arrêta brusquement d'avancer, les faisant s'arrêter eux aussi.

« Crabe. Goyle. »

Les deux concernés se retournèrent immédiatement, lui prêtant enfin leur attention. Il leur jeta un regard supérieur, puis détourna légèrement la tête, regardant la cabane du gros balourd qui leur servait de garde de chasse.

« - Vous vous souvenez de la première année ? » Débuta-t-il, le ton grave.

« - Ouais Draco. » Répondit un des deux.

« - Pourquoi ? » Répliqua l'autre.

« - Est-ce que vous vous souvenez de la cérémonie de répartition ? De ce qu'il s'est passé juste avant.

-Bah tu t'es engueulé avec l'autre. » Il daigna les regarder de nouveau, son cœur s'accélérant légèrement. Ainsi, son rêve était bien un souvenir ! Il allait enfin savoir qui était ce brun ! Ses mains se crispèrent légèrement, il les sentait devenir légèrement moites. Faignant l'indifférence, il reprit.

« - Qui ça, l'autre ?

- Bah tu sais, l'autre. » Il sentit sa patience déborder légèrement, mais se reprit, respirant un grand coup. Peut-être qu'il avait l'habitude de l'appeler « l'autre » en présence des deux batteurs.

« - Son nom ?

- L'autre. » Répliquèrent-ils en cœur, le regardant comme s'il était complètement fou. Il respira lentement, sentant ses barrières se briser légèrement.

- « Vous êtes vraiment stupides ce n'est pas possible ! Il avait bien un nom ce « L'autre », non ? » Sa rage commençait à bouillir à l'intérieur de lui. « Qui c'est ? Qui c'est ce mec ? »

Ne m'oublie pas.

- « Mais enfin Draco ! C'est l'autre ! »

Il commença à hyper ventiler légèrement, paniqué. Comment c'était possible que le nom de ce mec ne veuille pas lui rester dans la tête ? L'autre, l'autre, il avait bien un prénom, non ? Pourquoi n'arrivait-il pas à se rappeler ? Il repensa à la feuille qu'il avait découverte le matin même. Pourquoi dessinait-il sans cesse des éclairs ?

« Dites-moi son putain de nom ! » Éclata-t-il. « Pourquoi je l'ai dans ma putain de tête ce mec ? » Se courbant en deux, il essaya vainement de reprendre une respiration qui refusait de se calmer. « Laissez-moi » Dit-il à l'adresse des deux baraqués à côté de lui. Il avait besoin d'air, il avait besoin d'être seul !

Il entendit des soupirs inquiets venir de ceux-ci, l'un d'eux tentant de poser une main réconfortante sur son épaule.

Ne m'oublie pas.

Ne m'oublie pas.

NE M'OUBLIE PAS.

« Je vous ai dit de dégager ! » Hurla-t-il sèchement, les repoussant violemment. « Je n'ai besoin de personne, partez ! » Grognant, il se courba, sa respiration saccadée. Il avait mal, sa main le brulait furieusement depuis le début de la conversation. Il la regarda et grogna de nouveau, elle tremblait convulsivement, si bien qu'il cria de douleur.

« Mais qu'est-ce qu'y va pas chez moi ? »

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Son regard fixait un point sur le mur en face de lui. Avec une haine incontrôlée, il se rappelait de la scène d'hier.

Il était parti de la bibliothèque pour se diriger vers le cachot du professeur de potions. Déterminé, il avait alors franchi le seuil de sa porte sans faire le moindre bruit. Et c'est là qu'il l'avait vu. Au début ça n'avait été qu'une ombre, une silhouette, qui à force d'être fixée, se révéla être une personne qu'il connaissait que trop bien. Sous le choc, Harry n'avait su quoi faire, regardant de ses yeux exorbités la scène qui se déroulait devant lui.

Rogue était en train de l'embrasser, en train d'embrasser Sirius Black comme s'il n'y avait qu'eux sur terre. Comme s'il s'agissait de leur dernier instant. Son parrain supposé mort depuis plus d'un an était face à lui, en pleine forme, en train de bécoter Severus Rogue.

- « Je veux lui parler. » Disait la voix. « Je veux… Il faut que je lui parle.

- Ce n'est pas le bon moment » répondit le professeur, un air grave sur le visage. « Maintenant pars avant que je ne te retienne encore, tu sais bien que Dumbledore est très stricte sur ça. »

-« Je t'aime Sev'. »

-« Je sais. » Il lui sourit tendrement, et l'ancien gryffondor lâcha lentement sa main, avant de se diriger vers un tableau et de passer par l'ouverture qu'il cachait.

Ses pas résonnèrent faiblement tandis qu'Harry se rapprochait du plus âgé, unique restant dans la pièce.

- « Comment avez-vous osé… » Sa voix grave fit l'effet d'une bombe sur le professeur, qui se retourna précipitamment vers lui. Ses yeux s'agrandirent de stupeur en voyant l'expression sur le visage du survivant. « Laissez-moi passer ! » Articula-t-il.

- Non. Je suis désolé Potter, mais je ne peux pas. » Le brun se mit entre lui et le tableau, créant une barrière de flammes noires empêchant tout accès éventuel.

- « Laissez-moi passer Rogue. Immédiatement. » Sa magie crépitait dans ses mains.

- « Je refuse que vous le voyiez dans ces conditions.

- C'est mon parrain ! C'est ma famille ! » Sa voix se brisa, tandis que des larmes qu'il ne savait pas avoir jusque-là coulaient sur ses joues. « Et il est mort sous mes yeux… Je veux comprendre pourquoi j'ai dû endurer ça pour rien !

- Ne soyez pas égoïste Potter ! » Rogue le dévisageait, le regard impassible, mais la mâchoire serrée.

- Égoïste ? Vous osez me dire, à moi, que je suis égoïste ? » Les murs du château tremblèrent un instant. « Comment osez-vous ! Vous saviez très bien qu'il était vivant et vous ne me l'avez jamais dit ! Pourquoi !

- Je ne peux pas vous le dire. Potter. »

Le professeur en face de lui prit un air si sérieux en cet instant, qu'il en perdit légèrement contenance.

- Potter. Je sais que vous êtes déboussolé, que le fait de revoir votre parrain a été un choc pour vous… Mais j'ai vu dans votre regard hier soir la même détermination qui m'avait envahi il y a bien longtemps. Vous ne souhaitez pas que Draco vous oublie.

- Vous croyez que je veux parler de ça ? Du nouvel échec de ma vie alors que je viens de voir l'un de mes plus grands échecs devant mes yeux ? Vous savez que je n'ai pas passé une nuit tranquille depuis sa mort n'est-ce pas ? Vous avez bien vu que je ne dormais plus, et vous avez continué de me mentir, encore et encore. Et maintenant, vous osez me parler de Malfoy ? Vous croyez VRAIMENT que c'est le moment ?

- Oui Potter, c'est justement le moment. Vous ne savez pas à quel point ça a été dur pour Draco de vous oublier. Vous n'imaginez même pas la souffrance qu'il a ressentie. Tout ce que vous voyez… C'est le résultat. Mais avez-vous juste imaginé ce qu'il lui a fallu comme détermination pour prendre cette potion ? Non… Bien sur que non. Et bien c'est la même chose pour Sirius. Vous n'imaginez pas la souffrance qu'il ressent de ne pas vous parler. Maintenant, j'aimerais connaître la raison de votre venue ce soir. C'est pour trouver un antidote, n'est-ce pas ?

- Ce n'est pas le moment !

- Si justement, c'est exactement le moment ! Répliqua le plus vieux, qui se rapprocha de lui. « Savez-vous combien de temps il vous reste ? Deux jours. Il vous reste seulement deux jours Potter. Alors voici ma question Vous préférez assouvir votre besoin de vérité maintenant, ou préférez vous retrouver Draco ?

- Comment osez-vous me demander de choisir !

- Vous aurez votre discussion, je vous le promets. Vous aurez tout le temps d'en reparler plus tard. Mais ce n'est pas le bon moment, et vous le savez. Mais il est bientôt trop tard pour Draco. Cette potion… » Il attrapa une potion dans sa poche, qu'il lui présenta «N'est en aucun cas une source certifiée. Il se trouve que durant son rêve, une personne qui aurait but l'Armoria serait plus démunie, et donc plus susceptible de se souvenir d'une personne. Plus l'attachement est grand, plus le rêve de celui-ci sera essentiellement composé de la personne qu'il a souhaité oublier. Si tel est le cas pour Draco, et je sais que c'est le cas, vous pourrez essayer d'entrer en contact avec lui par ce biais. Je n'ai aucune preuve de ce que j'avance, et je ne sais pas si cette potion marchera… Mais je sais une chose. Si je vous la donne, vous devez me promettre de tout faire pour qu'il se souvienne de vous, et ne pas approcher Sirius durant ce laps de temps. Sinon, si vous choisissez l'autre option, alors je vous laisserais parler avec Sirius. Je n'essayerai pas de vous arrêter, mais je vous empêcherais de ne serait-ce que d'essayer d'entrer en contact avec mon neveu.

Le sauveur ouvrit la bouche, puis la referma. Il détestait Rogue. Oh, qu'il le détestait. Mais il avait raison. S'il allait voir Sirius maintenant, il ne serait pas totalement concentré pour tenter de retrouver Malfoy, et cette révélation le déchirait.

- Alors, que choisissez-vous Potter ?

Appuyé contre un des murs froids des couloirs, Harry regardait d'un œil morne les gryffondor et Serpentard attendre le cours de métamorphose. Il était épuisé. Sa tête tournait légèrement, et apprendre la nouvelle d'hier l'avait bouleversé.

Le dernier membre de sa famille qu'il croyait mort était parfaitement en vie, et filait le parfait amour.

Sirius lui avait caché ça égoïstement. Comment avait-il pu lui faire ça ? Comment avait-il pu l'abandonner ? L'image du couple entrelacé lui revint en mémoire, mais il fut interrompu par deux mains posées sur ses yeux, les serrant doucement.

« - Devine qui je suis, monsieur le sauveur.

- Hey, Ginny. » Répondit-il. Après la journée qu'il venait de passer, à se torturer l'esprit, la présence de la jeune gryffondor le crispa légèrement. Elle se déplaça devant lui, un sourire aux lèvres, mais il ne la vit presque pas. Son regard était tourné vers une tête blonde bien connue, qui attendait impatiemment devant la salle de métamorphose, et ne cessait de lancer des regards glacials sur tout ce qui l'entourait.

Il avait choisi Draco.

Alors qu'il aurait pu avoir la réponse à ses questions, être débarrassé de lui, une force inconnue l'avait poussée à choisir le blond, et non son parrain.

Pourquoi ? Peut-être parce que finalement il connaissait plus Draco que son parrain. Que le blond ne lui avait jamais fait subir quelque chose d'aussi horrible, et le respectait assez pour ne pas lui mentir ainsi. Ou peut-être tout simplement parce qu'il avait eu du mal à vivre à la mort de son parrain, et qu'il savait que si c'était Draco qui disparaissait de sa vie, il n'y survivrait pas.

Une chose était sure, il n'aurait jamais fait ça pour Ginny, ni pour personne d'autre d'ailleurs. Et c'était ce qui le dérangeait le plus.

-Salut mon prince charmant. » Il grimaça légèrement, s'efforçant de sourire. « Je t'ai cherché toute la journée, mais impossible de te voir depuis le diner d'hier. T'étais où ? » Il n'était vraiment, vraiment pas d'humeur. Il s'étonnait d'ailleurs qu'elle ne l'ait pas remarquée, alors que tout le reste des gryffondor et même les serpentard se tenaient sagement éloignés, lui lançant des regards inquiets et légèrement paniqués. Il contempla ses mains, qui crépitaient toujours de magie, et se concentra plus intensément sur sa main droite. Il ressentait encore la présence du blond sur celles-ci, c'était perturbant.

- J'étais occupé. » Répondit-il avec un sourire légèrement crispé.

- On pourrait essayer de se détendre mutuellement ? On pourrait aller dans ton dortoir… » Il sentit sa mâchoire se crisper bien plus violemment. « Je pourrais te faire découvrir des plaisirs dont tu ignores encore toute l'existence… Pourquoi refuses-tu toujours que l'on fasse l'amour ? Explique-moi ? Je suis sure que tu adorerais ça… » La rousse roucoula légèrement, puis glissa sensuellement ses bras autour de son torse, collant sa poitrine contre lui. Il grimaça de dégout.

- Ecoute Ginny… Ecoute, s'il te plaît. Ce n'est pas le moment… »Il essaya de se dégager de ses bras puis s'arrêta en plein élan, regardant derrière elle. Malfoy discutait avec ses acolytes, les sourcils légèrement froncés et le teint plus pale que d'habitude. Il avait encore eu des doutes sur le choix qu'il avait fait. Se disant que de toute manière, il était trop tard, et que Malfoy serait bien mieux sans lui. Pourtant, après la scène de ce matin, et le regard troublé et si surpris que le Draco de 10 ans lui avait lancé, il ne pouvait plus revenir en arrière. Le fait de revoir les yeux de Draco Malfoy se poser sur les siens avaient été une évidence. En regardant sa peau diaphane, son visage fin et si séduisant, son corps si puissant et qui semblait pourtant si frêle et sans défense à cet instant, et il avait été frappé d'une constatation.

Il voulait le protéger.

Et pas seulement, il voulait être là pour lui. Il voulait être avec lui. Il voulait passer ses bras autour de son corps, embrasser ces lèvres, le faire sien. Il en avait besoin.

Merlin, il était plus que simplement attiré par Draco, et il l'était depuis plus longtemps qu'il ne le croyait. Ce baisé volé d'il y a quelques semaines, n'en avait été que la preuve depuis le début. Mais il avait été trop lâche pour porter un véritable nom dessus. À quoi bon se mentir ? Il était attiré par lui plus qu'il n'aurait jamais pu l'imaginer, plus qu'il ne le serait jamais par quelqu'un d'autre, y compris Ginny. Et ce petit jeu, ces petits faux-semblants, c'était fini, terminé.

« En fait si, c'est exactement le bon moment. » Il prit une grande inspiration « Je suis désolé, Ginny. J'aimerais vraiment qu'il en soit autrement, mais ce n'est pas le cas. Ça ne l'a jamais été. Ginny… « Il chercha ses mots, puis conclu que finalement, ça ne servait à rien de ne pas aller à l'essentiel. « Je ne suis pas amoureux de toi. J'ai été égoïste ces derniers temps, et je m'en excuse mais… » Il fixa de nouveau le blond, qui sembla regarder dans sa direction un bref instant. Oui, c'était ça. C'était ce sentiment qui l'avait poussé à se battre pour lui, à tout tenter pour le retrouver. Maintenant il le savait.

Sa voix trembla quand il prononça ces paroles fatidiques, « Je suis amoureux de quelqu'un d'autre. »

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N'hésitez pas à donner votre avis sur ce chapitre !

A bientôt!

Aiko