Et oui, encore un chapitre court^^ Désolée :)

RAR :

loulou c'est moi : Hum... Non, je te rassure lol, mais je n'en dis pas plus et te le laisse découvrir toi-même ;)

Cind3rella : Merci beaucoup :) J'espère que ça continuera ainsi lol ;)


Chapitre 10 : 25 bougies.


Le soleil se montrait à peine quand Hermione se leva. Depuis l'attaque qui remontait à quelques jours, elle évitait Drago, toujours fâchée contre lui. Elle savait que le fait qu'il la méprise à ce point ne devrait pas la toucher autant, mais elle ne pouvait s'empêcher de ruminer.

Elle se dirigea à pas traînants vers la cuisine et entreprit de faire des muffins aux amandes, ses préférés. Après tout, aujourd'hui était un jour spécial, et à double titre, mais ça, elle l'ignorait encore...

En moins d'une heure, un muffin tout rebondi et brillant à souhait trônait devant elle. Hermione y planta une petite bougie et l'alluma.

« Joyeux anniversaire à moi ! » se dit-elle.

Elle fixait la flamme de la bougie depuis quelques minutes déjà. Est-ce qu'au moins une année auparavant, lors de son vingt-quatrième anniversaire, elle aurait imaginé qu'elle fêterait celui-là, seule, chez Malefoy, prisonnière, et triste comme les pierres ? Non, certainement pas, pensa-t-elle amèrement.

Un vœu ? Son vœu serait certainement de pouvoir sortir d'ici, et de ne plus jamais y revenir. Elle ferma les yeux et souffla sur sa bougie. L'odeur âcre qui s'éleva bientôt lui confirma qu'elle l'avait bien éteinte.

— Qu'est-ce que tu fêtes Granger ?

Hermione sursauta et rouvrit les yeux.

— Depuis quand es-tu là ? fit-elle sur la défensive.

— Tu n'as pas répondu à ma question, enchaîna-t-il d'un air amusé.

— Je fête mes deux mois de captivité... À ton avis ? Je fête mon anniversaire !

— Je vois que tu es toujours d'aussi bonne humeur...

Drago sembla lassé de se faire rabrouer dès le matin. Il partit sans plus de cérémonie. Lorsqu'il revint une demi-heure plus tard, Hermione était toujours assise devant son muffin. Elle prenait des petits morceaux qu'elle roulait dans ses doigts avant de les reposer sur la table, l'air morne.

— Tiens.

Drago avait posé près d'elle une brosse à cheveux. Le manche était en argent ciselé, et sur le dos de la brosse étaient gravées des initiales.

Surprise, Hermione le regarda avant de reporter son attention sur l'objet.

— C'est pour mon anniversaire ?

— Non, c'est parce que vraiment, il faut faire quelque chose pour tes cheveux, répondit Drago avec un sourire mesquin.

— Très drôle...

Hermione, dont le visage s'était détendu un peu, fronça de nouveau les sourcils.

— Et au moins, celle-là, tu ne pourras pas la transformer en arme, ajouta Drago, en faisant référence à leur toute première rencontre après sa capture.

Malgré elle, Hermione laissa fleurir un léger sourire sur ses lèvres. Elle finit par prendre la brosse entre ses mains et l'observa attentivement. Les initiales « N.M » y étaient gravées.

— Elle était à ma mère.

Hermione n'avait pas osé poser la question. Il devait sans doute être allé la chercher dans la chambre de sa mère, là où elle n'avait jamais pu aller. Tout le troisième étage lui était interdit. Une question lui brûlait les lèvres. Elle savait que Lucius était mort, mais elle ignorait tout de Narcissa. Maintenant qu'elle y songeait, elle trouvait étonnant de ne pas savoir.

— Merci... Drago ? Je voulais te poser une question ?

— Eh bien vas-y Granger, accepta Drago, dont le regard s'était assombri.

— Ta mère... elle est...

— Elle est en Bulgarie, dans de la famille à elle. Après la mort de mon père...

Drago se rembrunit davantage et fit une courte pause avant de continuer :

— Elle ne supportait plus de vivre dans le manoir. Elle avait trop de souvenirs ici, et puis, elle ne supportait plus le climat, dirons-nous. Toute cette violence, la guerre, ce n'était pas pour elle.

— Et... pourquoi tu n'es pas parti avec elle ?

Drago la regarda, l'air surpris, mais il prit le temps de réfléchir avant de parler :

— Parce que lorsque l'on est marqué, on ne fait plus ce que l'on souhaite.

Drago, tout en parlant, avait découvert son avant-bras, sur lequel était apparente, plus noire que jamais, la tristement célèbre Marque des Ténèbres.

Hermione en eut froid dans le dos. Ce tatouage si foncé sur cette peau si pâle avait quelque chose d'encore plus malsain que sa simple signification. Elle avait même l'impression que la marque ondulait un peu, mais elle n'eut pas le temps d'en voir davantage, Drago avait déjà recouvert son avant-bras.

— Maintenant sors, tu arrives à me démoraliser à force de tirer une tête de six pieds de long !

— Haha ! Tu es hilarant aujourd'hui je trouve. Mais dis-moi, où veux-tu que je sorte précisément ?!

— Eh bien, je ne sais pas, dans le parc peut-être...

Hermione le regarda, bouche bée. Elle n'était pas sûre d'avoir bien compris.

— Tu veux dire... que je peux sortir de la maison ?

— C'est ce que je veux dire, en effet Granger.

Un sourire éclaira le visage d'Hermione. Pour un peu, elle aurait sauté au cou de Drago !

— Je... merci.

Il lui fit un signe de tête et repartit travailler dans son bureau. Hermione n'en revenait pas. Finalement, sa journée d'anniversaire s'annonçait un peu moins triste qu'elle n'avait commencé.

Sans plus attendre, elle ouvrit la porte de la cuisine qui donnait sur l'arrière de la maison. Au moment de la passer, elle s'arrêta. « Et si Drago lui avait fait une mauvaise blague ? Si elle passait la porte et se retrouvait à hurler de douleur sur le sol ? » Elle hésita. À bien y réfléchir, rien dans l'attitude de Malefoy ne le laissait présager. Pour plus de précautions, elle tendit un doigt. Rien ne se passa. Elle sortit alors un bras complet, puis une jambe. Voyant qu'aucune douleur ne se manifestait, elle sortit tout entière.

Hermione prit une grande bouffée d'air, elle se sentait revivre ! Le soleil caressait sa peau, et réchauffait son âme. Elle avançait les yeux presque fermés, la tête levée vers le ciel, pour profiter au maximum des rayons du soleil et du souffle du vent tiède. Elle décida de faire le tour de la propriété. De ce qu'elle pouvait voir, le parc derrière le manoir était encore plus grand que celui qui se trouvait devant.

L'herbe verte et luisante lui faisait tellement envie qu'elle finit par retirer ses chaussures et ses bas, afin de marcher pieds nus dedans. Elle avait toujours adoré ça.

Arrivée dans un verger, elle cueillit une pomme luisante dans laquelle elle croqua avec délice. Sa chair, tendre et juteuse était sucrée à souhait. Plus loin, des poiriers tendaient leurs branches presque jusqu'au sol tant elles croulaient sous le poids des fruits. Hermione récupéra une poire à la peau rugueuse et mordit à pleines dents. Le fruit était succulent. Rassasiée, elle continua son chemin en se disant qu'elle reviendrait plus tard pour récolter d'autres fruits.

Au loin, elle entendait cancaner des canards. En se dirigeant vers les bruits, elle tomba sur un magnifique étang. Le vent faisait siffler les roseaux et onduler les herbes hautes. On aurait dit le remous d'une mer paisible.

En faisant le tour de l'étang, elle découvrit un banc de pierre, tout au bord de l'eau. Elle s'y assit et trempa ses pieds dans l'eau.

Les canards voguèrent vers elle, attirés par sa présence, mais voyant qu'elle n'avait rien à leur offrir, ils repartirent un peu plus loin.

Il avait beau faire chaud, l'eau n'en était pas moins froide. Sentant que la fraîcheur se répandait dans son corps, Hermione décida de reprendre sa visite. Un peu plus loin, d'autres cris qu'elle ne parvint pas à identifier furent portés par le vent. Ce fut la direction qu'elle choisit pour continuer sa ballade.

Elle ne tarda pas à découvrir de magnifiques paons albinos. Il y en avait trois, que des mâles. Hermione s'approcha du petit enclos et les appela, mais fiers, ils relevèrent la tête et s'éloignèrent. Hermione aurait juré qu'elle venait d'être snobée par ces grosses volailles !

— Ils sont beaux n'est-ce pas ?

Hermione sursauta violemment. Elle n'avait pas entendu qu'on s'était approché d'elle. L'homme, âgé d'une bonne cinquantaine d'années, portait une blouse couverte de terre et de taches d'herbe, et tenait à la main un seau rempli de graines. Son visage buriné par les activités en plein air était avenant. Hermione le reconnut comme étant l'homme qu'elle avait pris, à juste titre, pour le jardinier, lors de son deuxième jour au manoir.

— Désolé, je ne voulais pas vous faire peur Miss, reprit-il, voyant qu'elle restait silencieuse.

— En effet, ils sont splendides, concéda-t-elle finalement.

L'homme reporta son regard sur les paons, il avait l'air de beaucoup les aimer.

— Pourquoi sont-ils si loin du manoir ? J'aurais pensé que des animaux si beaux devraient au contraire être vus, demanda Hermione.

— Vous savez, ces animaux étaient la fierté de Maître Malefoy Senior. Lorsqu'il est décédé... L'homme avait l'air profondément ému, ce qui surprit Hermione. Bref, lorsqu'il est décédé, reprit-il, le jeune maître n'a plus voulu les voir. Ils devaient sans doute trop lui rappeler son père. Mais il n'a pas eu le cœur de s'en débarrasser ou de les tuer, alors je lui ai proposé de les parquer ici.

Hermione resta songeuse. L'homme n'avait pas du tout l'air aigri de travailler pour cette famille.

— Et... vous travaillez ici depuis longtemps ?

— Depuis presque toujours. Vous savez, j'ai eu de la chance qu'une telle famille veuille de moi. Un Cracmol ne trouve généralement pas de place comme celle-ci. Malgré mon handicap, Monsieur Malefoy senior a toujours été bon avec moi. Enfin, les débuts ont été difficiles, bien sûr...

L'homme souriait, presque avec nostalgie.

— Mais à force de prouver ma valeur, j'ose dire qu'un certain respect mutuel est né.

Hermione en doutait sérieusement, mais elle ne voulait pas le contrarier, il semblait si ému...

— Pardon, j'en oublie toutes mes bonnes manières, reprit-il soudain. Je me nomme Peter Clark, je m'occupe de l'entretien du domaine, comme vous pouvez le voir, fit-il en souriant avec bienveillance, après avoir soulevé un peu le seau qu'il avait dans la main.

— Enchantée, répondit Hermione en lui serrant la main, je me nomme Hermione Granger.

— Oui, je sais... L'homme était soudain mal à l'aise. J'ai été très peiné d'apprendre qu'ils vous avaient capturée. J'ai prié Merlin tous les soirs pour qu'il ne vous arrive rien, et je suis heureux d'avoir été exhaussé. Vous ne pouviez pas rêver meilleur maître que Drago.

Malgré le fait que l'homme lui paraisse gentil, Hermione commençait à trouver sa dévotion pour les Malefoy assez énervante.

— Vous savez, c'est un bon petit. Je le connais depuis sa naissance. Un garçon très solitaire. Sa mère me confiait, lorsque je l'aidais à rempoter ses irissa flora, qu'elle le trouvait souvent triste. Son père lui, au contraire, lui disait sans cesse qu'il respirait le bonheur, mais elle refusait de le croire. Une mère sent ces choses-là qu'elle me disait.

L'homme semblait parti dans ses souvenirs, Hermione n'osait pas l'interrompre.

— Moi, je ne peux trop rien dire, c'est vrai que jeune, je trouvais plutôt que c'était un sale garnement. Il venait s'amuser à me tourmenter lorsqu'il recevait la visite de ses amis, mais il n'était pas si méchant que ça. Juste un gamin un peu trop gâté à qui on ne refusait rien, et qui avait à cœur de faire comme son père, qu'il avait en grande estime. Mais c'est vrai que maintenant, il est souvent taciturne. M'enfin, qui ne le serait pas au service de...

Le jardinier se tut soudain, comme s'il en avait trop dit. Il se tourna et claqua de la langue pour attirer les paons, auxquels il lançait des graines.

Hermione se rassura un peu de voir qu'il n'était pas partisan du Seigneur des Ténèbres. Après tout, avec le discours tenu sur les Malefoy, elle pouvait en douter... Voyant l'homme accaparé par les paons, elle pensa prendre congé quand un fol espoir naquit en elle.

— Peter ? Vous avez une baguette, n'est-ce pas ?

— Pour sûr ! Je m'en sers mal, mais j'en ai une, affirma l'homme qui avait retrouvé le sourire.

— Alors aidez-moi, je vous en prie !

Le ton d'Hermione s'était fait pressé, suppliant presque.

— Vous pouvez m'aider à m'échapper ! Confiez-moi votre baguette, je vous en prie !

L'homme la regarda, de la pitié remplaçait maintenant son air bienveillant.

— Je suis désolé Miss, mais je ne peux pas. Je refuse de trahir mon maître. Vous avez l'air d'être une brave petite, mais je ne le ferai pas. Je suis désolé...

Son ton, bien qu'attristé, semblait résolu. Comme si Hermione avait la peste, l'homme s'écarta et repartit en bredouillant de nouvelles excuses.

Hermione était déçue, mais ça ne l'étonnait pas après tout. Elle se retrouva seule, l'envie d'explorer le parc envolée. Elle poussa du bout du pied le seau que Peter avait laissé sur le sol avant de fuir, puis finit par le récupérer. Un gigantesque noyer se trouvait un plus loin. À défaut de s'enfuir, elle pourrait toujours aller ramasser quelques noix pour en faire une tarte...


Et voilà :)

Prochain chapitre : Jalousie ;)