Bonjour,
Bienvenue pour ce chapitre 10 qui reprend exactement là où nous nous sommes arrêtez dans le 9. J'ai envisagé de le recouper en deux mais non quitte à le faire plus long, je ne pouvais pas abuser de votre patience et il fallait que j'en arrive…à ça.
Même si je n'avais pas totalement prévu ce chapitre comme ça (oui j'ai craqué niveau guimauve), chose promise, chose due, virage sur sol neigeux. Veuillez attacher vos ceintures de sécurité jusqu'à arrêt complet du véhicule.
Il est interdit que frapper l'auteur, cependant vous trouverez une caisse de tomate pourrie à la fin du chapitre en cas de besoin.
Allez fini le blabla et mon humour décalé pour me déstresser, ça va bien se passer.
Merci à KuroRainy-chan pour sa review.
Bon voilà un long chapitre majoritairement Seto/Kisara et en interaction directe.
IMPORTANT : J'ai besoin de préciser quelque chose niveau chronologie vu que je ne respecte pas les vraies dates de sortie de l'anime pour expliquer quelques modernités dans la fic. Je pars du principe que cette fiction se passe juste avant ou à la place de Dark Side of Dimension soit 2016. J'ai lu quelque part que DSoD se passe quelques mois après la fin de l'anime qui finit donc en 2015 pour moi. J'estime les aventures de Yugi et ses amis dans l'anime à 6 années (vu qu'i saisons ça semble correct) ce qui place le début de l'anime en 2009. Ok pour tout le monde ? Si vous validez alors on peut y aller.
J'espère que ça vous plaira. Je vous souhaite une bonne lecture.
Disclaimer again : Yu-Gi-Oh n'est pas à moi, aucun de ses personnages, je les emprunte juste pour me divertir et divertir les lecteurs.
La classe qui se dégagea de Kisara lorsqu'elle prit le verre pour le porter à ses lèvres saisit Seto. Cette femme était envoutante. Le PDG ne se souvint pas avoir jamais ressenti l'étrange chaleur au creux de son estomac actuellement présente en lui. C'était nouveau et donc assez perturbant.
Son envie de la toucher fit de nouveau son apparition. Il voulait toucher sa joue, remettre une mèche de cheveux en place. S'il le faisait, comment cela pourrait être interprété ?
En l'absence de certitude quant aux réponses, il préféra s'en abstenir et choisit de détourner le regard vers les mets disposés sur la table à manger.
« Nous dînons ? » questionna t'il
« Avec plaisir »
Le jeune homme se dirigea vers la place qu'il occupait lorsque Makuba et lui dînaient ici. Cela arrivait assez peu souvent, il fallait bien l'admettre. Un regard en arrière lui permit de savoir que Kisara l'avait suivi et semblait encore hésitante à s'asseoir.
Kaiba se surprit à vouloir couper court à toute forme d'hésitation. De façon très instinctive, sans qu'il n'ait le temps d'y penser, il se saisit de la chaise et la tira en arrière avant de faire un geste lui indiquant de prendre place.
Elle aurait dû être impressionnée, intimidée, lui obéir docilement mais il lut dans son regard et son sourire une légère forme d'espièglerie, comme si elle voyait autre chose qu'un geste de galanterie dans l'action de Seto.
La jeune femme ne fit aucun commentaire et accepta la proposition du PDG de s'asseoir tandis qu'il lui repoussait la chaise.
Il observa le majordome les servir avant de reporter son attention sur Kisara.
Cette fille l'intriguait et le surprenait, elle ne réagissait pas comme il s'y attendait. Il était pourtant plutôt bon pour cerner les gens habituellement. Il comprenait d'instinct comment il fonctionnait. C'était commercialement une compétence très utile.
Il avait ainsi fait fléchir de nombreux hommes d'affaires s'annonçant comme très coriace en négociation. Mais ce n'est pas cela qui avait fait sa renommée et celle de son entreprise. S'il était là aujourd'hui, c'est simplement parce qu'il était le meilleur. Il l'avait toujours été. Enfin, avant Yugi, mais l'autre duelliste n'était pas au centre de ses préoccupations actuellement.
Maintenant qu'ils étaient là, tous les deux, prêt à partager un repas, comment était-il censé réagir ?
Jamais de sa vie Seto Kaiba n'avait été pris de court, n'avait pas anticipé un événement. Il calculait chaque coup et s'assurait d'en avoir au moins deux d'avance sur tout le monde. La vie était une partie d'échec et lui un stratège. C'est comme ça qu'il avait vaincu Gozaburo non pas une mais trois fois. La récompense avait été à la hauteur pour chacune. Il avait ainsi réussi à se faire adopter puis prit le contrôle de la KaibaCorp et finalement vaincu son beau-père dans son propre monde virtuel.
Il se voyait comme un prodige, un conquérant, faisant parti des puissants de ce monde. Il n'y avait rien qu'il ne puisse avoir.
À cette pensée, il se souvint du lointain duel qui l'avait opposé à Yugi au royaume des duellistes. Après sa « victoire » contre le jeune homme, il l'avait nargué, tenté de rabaisser un peu plus son rival pour lui-même se sentir mieux. Il n'était pas fier de la façon dont il avait gagné. C'était indigne de lui car il n'avait pas gagné avec ses compétences. Il n'avait pas été le meilleur duelliste. Il avait juste misé sur la compassion de Yugi qu'il voyait comme une faiblesse. Téa avait alors défendu son ami en lui criant ces mots :
« Yugi a peut-être perdu un duel de monstre mais au moins lui il n'a pas perdu son cœur, pas comme toi Seto Kaiba. Tu as passé tant de temps avec tes machines que tu as oublié ce que c'est d'être humain. Yugi a un cœur Kaiba et il a ses amis, qui seront toujours là pour lui peu importe qu'il perde ou gagne ses duels. Et toi qu'est-ce que tu as Seto Kaiba ? Qu'est-ce que tu as dans la vie à part tes monstres ? Dis-moi »
La rage l'avait soudain saisi et il lui avait hurlé en saisissant les étoiles permettant l'accès au château de Pegasus qu'il avait tout ce qu'il lui fallait. C'était faux, même s'il y croyait pourtant en prononçant ces mots. Il n'avait pas tout.
Kaiba était définitivement humain. Il ressentait au fond de son cœur qu'il lui avait toujours manqué quelque chose, même s'il n'avait jamais su quoi. Il s'en rendait vraiment compte depuis quelques mois, depuis le départ d'Atem.
La présence de Kisara semblait apaiser cette sensation. Elle avait le même effet sur lui que ces cartes de duel de monstres mais en plus puissant. Et pour cause.
Quel dommage que cet effet soit contrebalancé par le nouveau trouble émotionnel qu'il ressentait en compagnie de la fille aux cheveux blancs songea le jeune homme.
Il observa son invitée qui fixait son assiette comme si la nourriture allait sauter d'elle-même dans sa bouche. Un léger rictus de dessina sur les lèvres de Kaiba.
« Tu sais, ça ne va pas disparaître tout seul » se moqua le jeune homme
Kisara releva les yeux pour le fixer. Un frisson le parcouru face à ce regard. Il n'était pas timide ou impressionné. Il était fort.
« Vous n'avez pas besoin de me le faire remarquer monsieur Kaiba »
La réponse fut directe. Sa voix n'avait pas tremblée ou manifestée la moindre trace de timidité.
Ce regard, cette force, c'est ce qu'il avait vu lorsqu'il l'avait croisé dans cette ruelle égyptienne. Elle lui avait tenu certains propos et l'avait laissé bouche bée, cloué sur place tandis qu'elle s'enfuyait retrouvé le Kaiba antique.
Il n'avait pas pu faire autrement que la suivre. Outre la rationalité, car c'était la seule personne capable de le voir, quelque chose de plus fort que lui l'y avait poussé.
Les images des deux Kisara se superposèrent dans l'esprit de Seto qui ne trouva pas grand-chose à répondre. Comme ce jour-là.
Il fut ramené totalement dans le présent quand Kisara, sans jamais le quitter des yeux, se saisit de la fourchette à sa droite, piqua dans son assiette avant de porter un morceau jusqu'à ses lèvres.
Kaiba se demanda comment il était possible de continuer à avoir l'air aussi élégante et belle en mangeant. Il savait que le secret dans les dîners d'affaires consistait à prendre peu de nourriture en bouche de façon à ne pas avoir la bouche pleine pour rapidement pouvoir avaler et reprendre la parole. Mais Kisara n'était pas une femme d'affaires.
Le duelliste nota qu'il se dégageait d'elle une certaine assurance qu'il ne lui connaissait pas depuis qu'il l'avait retrouvée. Elle se sentait indéniablement belle.
Seto se demanda si c'était à cause de la robe coûteuse dont il avait maintenant reconnu la provenance. Il devait sans doute attribuer cela à son frère. Encore.
Le jeune PDG devait cependant reconnaître que la robe comme la confiance en elle lui allait comme un gant.
Il aimait gagner, mais il n'aimait pas gagner trop facilement. La victoire n'était belle que s'il y avait un peu de challenge. Il apprécia donc que la jeune femme ait du répondant et ne lui rende pas la tâche facile. À quelque part, il songea que cela la rendait digne de l'intérêt qu'il lui témoignait.
« Makuba voulait que nous parlions. Cela tombe bien car vous vouliez me parler il me semble. C'est bien pour ça que je vous ai suivi à l'origine, avant que vous ne me laissiez » commença Kisara
Au-delà des avantages que représentaient son physique et son courage, elle avait également oublié d'être bête et avait une bonne mémoire. L'ironie concernant sa mémoire n'échappa pas à Kaiba. Il savait qu'il avait le choix entre la manière subtile ou directe pour aborder les choses.
De par sa personnalité, Seto était quelqu'un de direct ne s'embarrassait pas de subtilité en général, cependant, la situation nécessitait de faire une exception. Il est possible d'essayer le frontal après le subtil, or l'inverse n'est pas vrai.
« Il est possible que nous nous soyons déjà rencontrés » déclara-t-il simplement
La surprise se manifesta sur le visage de Kisara même si au fond, ce n'en était pas vraiment une. Elle avait déjà eu elle-même ce sentiment mais avait choisi de ne pas en tenir compte. L'idée lui avait paru légèrement folle et elle semblait éprouver cela un peu trop souvent, comme avec Yugi par exemple. La jeune femme reconnaissait cependant qu'entre son vague sentiment de déjà vu avec le tricolore et ce qu'elle éprouvait initialement en présence de Seto, cela n'avait rien à voir. C'était tellement plus fort avec le PDG de la KaibaCorp et cela n'avait cessé de s'intensifier.
La gratitude avait été le premier sentiment que Kisara avait éprouvé envers le jeune homme mais pas le dernier.
Elle avait été intriguée, électrisée, attirée. Elle n'osait dire charmée.
Ils n'avaient quasiment pas parlé mais entre ces agissements à son égard en plus de tout ce que lui avait raconté Makuba il lui était difficile de ne pas avoir l'esprit tourné vers Kaiba.
Peut-être que cela aurait été plus facile pour la jeune femme si Kaiba n'avait pas été un bel homme. Il fallait le reconnaître, que l'on aime ou pas sa personnalité, physiquement Kaiba était charmant. Kisara l'observa une fois de plus, Seto était un homme grand, sculpté, des yeux d'un bleu intense capable de faire fondre n'importe qui, des cheveux châtains qui ne demandaient qu'à laisser s'y glisser des doigts. Même sa façon de se vêtir, que ce soit son long manteau de cuir le rendant ultra charismatique ou alors son élégant costume d'aujourd'hui le rendant plus classe que jamais.
Perdue dans ces pensées, elle le fixait toujours, Kisara se visualisa pendant une seconde en train d'attraper les deux revers de sa veste de costume et le tirer vers elle pour s'emparer de ses lèvres. Elle s'imagina la surprise de Kaiba mais espérait qu'il ne resterait pas de marbre. Il pourrait la saisir par les hanches et la tirer à lui avant de passer une main derrière sa nuque pour approfondir un baiser déjà passionné. Pour la première fois de sa vie, elle se dit qu'elle serait électrisé de cette proximité physique, sentir ses mains sur elle. Elle en voudrait plus.
« Tu n'en dis rien ? » questionna Kaiba
C'est à cet instant que Kisara s'aperçut qu'elle n'avait pas du tout réagi lorsque le jeune homme lui avait parlé, elle l'avait juste fixé et imaginé, mon dieu ce qu'elle avait imaginé.
La jeune femme aux yeux bleus était persuadé, au vu des bouffées de chaleur qu'elle ressentait au niveau de ses joues, qu'elle était devenue aussi rouge qu'une tomate bien mûre.
Tentant de se reprendre, elle détourna le regard et rebondit
« J'ai aussi le sentiment de vous avoir déjà vu quelque part mais si c'est le cas monsieur Kaiba, je ne me souviens pas où »
À cette réponse, deux sentiments naquirent en Seto, une lueur d'espoir car sa mémoire n'était peut-être pas enfoui si profondément que cela et à la fois quelque chose de dérangeant lorsqu'elle s'adressait à lui. D'habitude il adorait ça, mais là il n'aimait pas qu'elle lui donne du « Monsieur Kaiba ». Tout le monde l'appelait comme ça, ses employés, ses professeurs, ses collaborateurs.
Les seules exceptions étaient Makuba, en des termes bien plus familiers et la bande de Yugi qui l'appelait simplement par son nom de famille. Yugi ou plutôt Atem s'était permis l'utilisation de son prénom, rarement, surtout le dernier soir, ce fameux dernier soir avant son départ pour le monde de l'au-delà.
Puis, il y avait aussi eu une autre exception. Kisara. La Kisara antique, la Kisara du monde de la mémoire du pharaon. Lorsqu'ils s'étaient croisés, au vu de sa confusion avec son ancêtre, elle l'avait appelé par son prénom et tutoyé. Cela avait été naturel, pour la fille aux yeux bleus comme Seto. Même lorsque la jeune femme s'était aperçue qu'elle n'avait pas Seth en face d'elle, elle était restée familière avec Kaiba malgré le fait qu'elle l'ait appelé « étranger » à la fin de la discussion.
Ce vouvoiement gênait donc le PDG, il lui paraissait vraiment inadéquat.
Il était cependant difficile d'évoquer ces raisons avec la femme en face de lui.
« Cesse donc de m'appeler monsieur et me dire vous, je trouve ça désagréable sous mon propre toit » déclara-t-il simplement
Kisara se retint de faire un commentaire sur le fait que son argument était quelque peu bancal puisqu'elle avait entendu le majordome l'appeler monsieur sous son propre toit et que lui, il ne l'avait pas repris. Elle pensa qu'il était une fois encore comme Makuba, autoritaire à l'extérieur, le travail l'y obligeant, mais un homme normal, même un homme bon en réalité, méritant d'être connu.
C'est un homme bien qui lui avait été présenté par Makuba et son comportement envers elle ne faisait que la conforter dans cette idée. En réalité, elle y croyait. Un homme bon que la vie a durement frappé et qui maintenant se cache derrière un masque pour se protéger.
Kisara ne put s'empêcher de trouver cela aussi beau que triste. Elle voulait l'aider à faire tomber ce masque en remerciement pour l'aide qu'il lui avait lui-même apporté.
« Comment dois-je vous, plutôt, t'appeler ? » Questionna-t-elle, gênée par la situation
« J'ai un prénom, sinon appelle-moi simplement Kaiba »
Kisara secoua la tête en signe d'approbation.
« J'aimerais que tu me retraces ta vie, de façon à ce que je puisse voir s'il y a une chance qu'on se soit réellement déjà vu ou si ce n'est qu'une impression » demanda le jeune duelliste
C'était une excuse bien entendu. L'excuse pour assouvir son envie d'en savoir plus sur la jeune femme mais même à lui il ne voulait pas avouer cette vérité. Il préféra se dire que c'était un moyen de repérer une faille pour raviver sa mémoire et ainsi obtenir d'elle ce qui l'intéressait.
La fille aux yeux bleus sourit
« À une condition »
« On tente de négocier avec moi ? » Demanda Kaiba non sans une note d'amusement malgré l'air sérieux qu'il tentait de se donner
La question fit rougir légèrement Kisara, elle se demanda si elle avait raison d'abuser de la patience de son hôte. L'attitude actuelle de la jeune femme contrastait avec l'assurance qu'elle avait au début de la conversation. Sans doute parce qu'elle était encore gênée d'avoir imaginé un baiser fougueux entre eux alors qu'il n'avait encore manifesté aucun intérêt d'ordre romantique à son égard.
Elle choisir cependant de maintenir sa position et faire la demande qu'elle avait en tête.
« Oui je négocie, je te ferai un résumé de ma vie, si en premier lieu, tu me fais un résumé de la tienne. Un peu d'équité, c'est de bonne guerre »
La demande surprit Kaiba. Elle avait raison, c'était de bonne guerre mais ce n'est pas pour autant qu'il aimait l'idée. Seto n'avait jamais été le genre d'homme qui se livrait, encore moins sur son passé. Il était plutôt du genre à essayer de l'enterrer. Profond, très profond.
Il la fixa près à refuser son offre mais le regard qu'elle avait l'en empêcha. Les yeux bleus de Kisara était beau, fort et doux à la fois. Le jeune homme voulait continuer à regarder ses deux yeux bleus, les mêmes que ceux de son magnifique dragon mais dans une enveloppe bien plus séduisante.
Encore une fois, la rationalité fut l'excuse de Seto qui se dit qu'il devait bien lui donner quelque chose pour pouvoir obtenir les souvenirs enfouis qu'il désirait.
C'est ainsi que le récit de Kaiba commença, de façon très automatisé, robotique. Il avait mis tant d'années à tenter de s'éloigner du souvenir de Gozaburo, de se détacher de tous sentiments concernant ces dures années, qu'il s'était persuadé y être arrivé. Il avait définitivement finit d'écraser le souvenir de son beau-père quand l'ordinateur contenant son esprit avait sauté ainsi que l'île où il produisait ses armes.
Seto raconta son enfance avec Mokuba, leur passage par l'orphelinat, leur adoption par le magnat des armes. Il décida de ne pas parler du passage sur les violences subies ne voulant pas passer pour un faible ou une victime. Il ignorait cependant que lors de leur conversation nocturne, Makuba lui en avait déjà parlé, en désirant faire comprendre que si Seto paraissait froid aujourd'hui, c'est parce que la vie avait été dure avec lui.
Kisara ne releva pas cet oubli par pudeur, respectant son choix. Elle admira encore une fois sa force de caractère et s'attendrit devant sa volonté d'être fort malgré les épreuves qu'il avait subies.
Il continua en parlant de sa volonté d'évincer son monstre de beau-père et prendre le contrôle de la KaibaCorp pour fabriquer des jeux, chose qu'il avait réussi. Il évoqua sa scolarité ennuyeuse, sa passion pour les duels de monstre et particulièrement sa carte préférée, le dragon blanc aux yeux bleus.
Il observa sa réaction mais ne vit rien de particulier. Il n'avait pas en effet put s'apercevoir qu'un frisson glacial avait parcouru la jeune femme à l'évocation du monstre de duel.
Trop absorbés par leur conversation, seulement interrompu par les coups de fourchette, ils ne remarquèrent plus Henry qui apportait déjà le plat de résistance.
Kaiba poursuivit donc avec les championnats qu'il avait gagnés grâce à ses puissantes créatures, faisant de lui le numéro un mondial.
« Je dîne donc avec le champion du monde ? » questionna Kisara
L'amertume s'empara de Kaiba alors qu'il avouait une sinistre vérité qu'il avait pourtant tenté de déjouer à de nombreuses reprises.
« Je ne le suis plus. Ce titre m'a été volé par Yugi Muto, il y a un certains nombres d'années »
Comprenant enfin la nature de leur relation, Kisara saisit également pourquoi Kaiba avait semblé glacial lorsqu'elle lui avait dit avoir rencontré Yugi. Ils étaient rivaux en duel de monstre depuis de plusieurs années.
Seto poursuivit rapidement par sa défaite contre Yugi, l'enlèvement de Makuba par Pegasus, la reconquête de sa société après sa tentative d'assassinat, le tournoi de Bataille Ville et le tournoi ultime. Il avait volontairement passé sous silence tout ce qui était en lien avec la magie, l'Égypte, Atem et autre réincarnation. Il ne tenait pas à passer pour un fou.
De son coté, Kisara fut impressionnée par l'histoire de vie peu commune de Seto. En même temps, Kaiba n'était pas un homme commun, il ne pouvait donc en être autrement de sa vie. Elle fut cependant légèrement déçue de ne pas entendre parler de ce fameux « puzzle du millénium ». Makuba lui avait pourtant confié que c'était un objet cher au cœur de son frère.
Elle repoussa de la main le dessert au chocolat qui avait été succulent, tout comme le repas en général. La jeune femme avait rarement mangé des choses aussi raffinées et goutteuses. Elle se demanda si c'était le cas de Kaiba tous les jours.
« À ton tour »
Comme un accord est un accord, Kisara allait commencer également son récit qu'elle estimait bien moins long et palpitant que celui de son hôte quand le majordome intervint :
« Puis-je suggérer à monsieur et mademoiselle de prendre le digestif dans le salon ? »
Kaiba regarda son domestique sans sourciller. Il s'interrogea. Proposait-il cela dans leur intérêt ou était-ce encore une consigne de son manipulateur de petit frère ?
Seto aurait pu et même dû en vouloir à Makuba mais il n'y arrivait pas vraiment. Le jeune homme comptait trop pour lui et même si cela lui coutait de l'avouer, il passait une bonne soirée en agréable compagnie. Il avait connu bien pire dans la catégorie manipulation.
Son cher petit frère n'échapperait cependant pas à de froides remontrances. Il était totalement inacceptable de lui faire peur de la sorte sans motif sérieux. Interdiction pour le jeune brun de plaisanter avec sa sécurité surtout vu le nombre d'enlèvement qu'il avait déjà subi.
Sans rien répondre à son domestique, Kaiba se leva de table pour se diriger vers le salon. L'idée de tendre la main pour aider Kisara à se lever lui avait traversé l'esprit mais il se l'était interdit. Ce n'était pas le genre de choses qu'il avait l'habitude de faire après tout et il n'avait pas l'intention de faire semblant d'être quelqu'un d'autre.
Il se souvint pourtant de l'avoir aidé à s'asseoir. Il l'avait fait naturellement alors que ça n'avait jamais été le cas de sa vie. Au contraire il se moquait des hommes qu'il voyait faire cela au restaurant alors qu'il était lui-même en repas d'affaire. Et pourtant aujourd'hui, Kaiba avait été l'un d'eux. La raison le dépassait.
Ainsi il prit place dans le canapé devant la cheminée, croisant les jambes et jeta un regard en arrière.
Kisara l'avait suivi mais comme précédemment semblait hésité à s'asseoir. En réalité, elle tentait d'estimer la place qu'il était raisonnable de laisser entre elle et le PDG. Elle ne voulait pas paraitre trop distante mais pas trop intrusive non plus. La jeune femme avait le pressentiment que Kaiba tenait à son espace personnel. De même, elle ne voulait pas être trop proche de peur d'avoir de nouveau des pensées d'ordre sensuel envers l'ex champion de duel de monstre durant son récit.
« Je ne mords pas » indiqua le jeune homme en la voyant hésité à prendre place à côté de lui
« Au contraire, je crois que tu as parfois bien du mordant » répliqua directement son invitée tout en s'asseyant proche de lui
La réponse fit sourire froidement le principal intéressé. Il renifla dédaigneusement.
« Parfois » répéta-t-il en guise de réponse
Il ne voyait pas le fait d'avoir du mordant comme une insulte, au contraire. C'était pour lui une qualité nécessaire, que ce soit en tant que Président d'une société de plusieurs milliards ou en tant que duelliste. La meilleure des défenses a toujours été et sera toujours l'attaque.
Seto la regarda une fois de plus. Il lui était assez difficile de ne rien éprouver.
Quand Kisara le regardait, Kaiba se sentait déstabilisé, un peu comme s'il était un nouvel homme. Il pouvait voir dans son regard qu'elle le regardait différemment des autres. Elle le regardait presque comme Makuba, comme si elle voyait en lui quelque chose qui échappait au reste du monde.
Même malgré le lien l'unissant au pharaon, il n'avait jamais été que Kaiba aux yeux du souverain pensa le duelliste. Un rival, un élément de son passé, peut-être un ami mais il doutait qu'il ait vu plus loin que ce qu'il montrait. Atem n'essayait que de le convaincre d'accepter son passé, de rallier à sa cause le duelliste, pas de comprendre et se lier avec l'homme qu'il était.
Ce n'était pas le cas de Kisara, au contraire. Elle ne cherchait pas à le changer, elle était juste auprès de lui, malgré ce qu'il était. Comme Makuba. Il ne tenait cependant pas à la voir comme une sœur, ça ne serait pas une vision très saine. Ce n'était pas fraternel de la trouver séduisante, sublime, de vouloir caresser son visage, d'avoir une étrange chaleur au creux de l'estomac, d'avoir envie de passer la main dans ses cheveux et pas de la même manière dont il ébouriffait avec affection la crinière de son frère lorsqu'ils n'étaient que tous les deux.
Seto se dit qu'il avait toujours trouvé sublime le dragon blanc aux yeux bleus, il était donc normal qu'il ressente la même chose à l'égard de Kisara. A moins que ce ne soit en réalité l'inverse. Qu'il trouve son dragon magnifique car il vient d'elle, d'une femme tout autant, si ce n'est plus encore, sublime.
C'était plus de pensées de sensiblerie que Kaiba ne pouvait en supporter ce soir. Il choisit de les repousser au fond de son esprit pour réitérer à la jeune femme sa demande de raconter son histoire de vie.
La fille aux yeux bleus accéda à la demande du PDG.
Elle raconta le peu de souvenir de son enfance qui lui restait, la mort de ses parents, le passage par l'orphelinat qu'ils avaient en commun mais elle n'avait jamais été adoptée. À un certain âge elle avait fugué et s'en était bien sortie, jusqu'à ce jour, le jour de son accident. Elle expliqua que lors d'une promenade à vélo, une violente douleur l'avait saisi au niveau de la poitrine, du cœur, la faisant suffoquer. Elle avait pensé faire un arrêt cardiaque malgré son jeune âge. La fille aux cheveux blancs s'était vue mourir tant la douleur était immense puis elle avait perdue conscience.
Les années qui suivirent furent obscure, enfermée dans un état de demi conscience où elle semblait prisonnière de son propre corps. Les diagnostics médicaux n'expliquaient pas son état car physiquement son enveloppe corporelle était en parfaite santé.
Puis un jour, il y a quelques mois, elle s'était simplement réveillée. La fille aux yeux bleus avait senti ses forces lui revenir, comme si un nouveau souffle avait envahi ses poumons. Les médecins n'avaient pas non plus d'explications raconta Kisara.
« C'était comme… » Continua la jeune femme cherchant le mot juste
« De la magie » finit Kaiba
Leurs regards se croisèrent sur ses mots. C'était comme si la magie emplissait la pièce en cet instant, leurs yeux bleus s'envoutant l'un l'autre. C'était émouvant pour Kisara qui ne s'était jamais sentie aussi bien de sa vie. C'était nouveau pour Seto qui lui n'avait jamais ressenti ça de son existence, il perdait le contrôle, de lui, de ses émotions et il le savait.
Au moment où il choisit de reprendre le contrôle et donc se couper de ses sentiments, le cœur de Kisara la fit souffrir. Elle rompit le contact visuel et porta instinctivement la main à sa poitrine en gémissant.
« Kisara » s'alarma Seto oubliant la bonne résolution qu'il venait tout juste de prendre
La jeune femme tenta de se lever mais comme à son habitude dans cette situation, ses jambes ne la retinrent pas. Elle aurait dû tomber à genoux mais ce n'est pas ce qui se passa. La fille aux yeux bleus fut rattrapée par Kaiba avant qu'elle ne touche le sol. Il avait placé un bras dans son dos et l'autre autour de sa taille. Elle était renversée en arrière dans ses bras.
Lorsqu'elle releva le regard vers le jeune homme, elle crut avoir une hallucination. Kaiba avait la peau plus bronzé, semblait avoir sur la tête une coiffe bleue dorée et ses yeux étaient soulignés d'un trait de khôl noir profond.
Après un clignement d'œil de la part de Kisara, elle ne vit plus rien mise à part le Seto Kaiba qui avait passé la soirée avec elle.
« Ne t'inquiète pas » lui chuchota t'elle
« Je ne m'inquiète pas » répliqua Kaiba froidement mais bien trop rapidement pour être honnête
Elle lui sourit doucement malgré la douleur. Le regard du jeune duelliste disait l'exact inverse de ses mots.
Seto choisit de déplacer sa main de sa taille vers l'arrière de ses genoux et de la soulever entièrement pour la prendre dans ses bras. Instinctivement Kisara plaça ses bras autour du cou de Kaiba. Ce dernier n'était pas habitué à ce que qui que ce soit le touche, c'était nouveau ça aussi. Le contact des doigts de la jeune femme dans sa nuque était électrisant. La situation ne permettait cependant pas de s'attarder sur ces sensations nouvelles. Hormis Makuba, il n'avait pris dans ses bras qu'une seule personne, une fois, le souvenir résonna profondément en lui.
Sans réfléchir plus il la porta à l'étage des chambres et choisit celle réservée aux invités qui était par conséquent toujours vide. Il installa la jeune fille sur le lit déjà préparé. Il la quitta du regard pour observer la pièce. La profusion de paquet témoignait des folies que son frère avait faites aujourd'hui pour distraire leur invitée. Ils avaient sans doute été montés à l'étage par le voiturier alors qu'ils mangeaient.
Il s'assit sur le lit, d'une façon qu'il souhaita détaché, auprès de Kisara et se retint de lui prendre la main.
« C'était ce genre de douleur qui a provoqué ton accident ? »
Elle secoua la tête pour approuver
« En moins intense, bien moins intense mais ça m'arrive encore régulièrement. Ca va finir par passer »
Kisara se retint de lui dire que les dernières crises avaient été plus violentes et qu'elles se rapprochaient. Elles résonnaient dans sa poitrine comme un minuteur lui disant que le temps lui était compté.
« Repose-toi » Déclara Kaiba tout en se levant pour partir
Il avait quasiment atteint la porte lorsque Kisara répondit
« Je me suis bien assez reposé entre mai 2009 et juillet dernier »
Seto se glaça instantanément à ses mots et interrompit son mouvement sur la poignée de la porte. Il se retourna lentement comme si cela allait faire disparaitre ce qu'il venait d'entendre.
« Qu'est-ce que tu as dit ? »
« Mon presque coma. Je me suis réveillée en juillet et y avait sombré en mai 2009 » expliqua Kisara
L'hésitation n'avait jamais été le genre de Seto, pourtant il redoutait de poser la question, craignant la signification d'une réponse qu'il connaissait déjà au fond de son cœur.
« Quelle date ? La date exacte en mai ? »
Kisara le regarda intriguée par la question. Elle perçut sur le visage de l'homme en face d'elle un mélange d'émotion qui l'effrayait. Anticipation, appréhension, colère, folie. Elle hésita à répondre mais le fit quand même.
« Le 21 mai 2009 »
« Vers 18h » finit Seto
Kisara ne connaissait pas l'horaire exact mais savait que ça devait être ça, elle hocha la tête mais elle n'eut pas le temps de lui demander comment il le savait. Kaiba avait déjà franchi la porte en la claquant avec force derrière lui.
L'ex champion du monde de duel dévala les escaliers du manoir et se retrouva en un instant dans le salon. Il avisa la table à manger et tenta pendant une seconde de se calmer. Il n'y parvint pas cependant et d'un revers de la main fit tomber au sol la vaisselle à sa portée qui se brisa en arrivant au sol. Tous les domestiques de la maison eurent le bon sens de le laisser seul exprimer sa colère.
Il se dirigea vers la cheminée, posant ses deux mains sur le manteau de cette dernière, cherchant dans les flammes une réponse qu'il ne trouva pas.
« Sale petite ordure » jura t'il entre ses dents
Il saisit sans plus attendre son téléphone et écrivit un message. C'était son adresse suivit de l'ordre de venir immédiatement. Il signa et envoya. Kaiba savait que ça ne serait pas long.
Le PDG buvait un verre ayant pour but de calmer ses nerfs lorsque l'on frappa à la porte. Il ne bougea pas mais entendit Henry aller ouvrir.
« Kaiba m'a dit de venir alors me voilà »
L'intéressé ne bougea pas de devant la cheminée et finit cul sec le verre qu'il avait dans la main. Nulle inquiétude, un verre n'allait pas l'enivrer mais il n'avait en aucun cas eu l'action de détente espéré. Il entendit l'autre pénétrer dans la pièce mais choisit de ne pas prendre la peine de se retourner.
« Je n'apprécie pas d'être convoqué Kaiba mais je suis content que tu m'ai contacté. Cela concerne ce qui s'est passé ce matin à la KaibaCorp je présume ? »
Le plus grand des deux se retourna enfin pour faire face à son rival de toujours, Yugi. Immédiatement le maître des jeux sut qu'il y avait un problème. Au visage de Kaiba, le tricolore pouvait affirmer que son hôte avait plus envie de l'étrangler que de parler.
« Tu m'as trompé » siffla le châtain
« Explique-toi »
« Moi m'expliquer ? Tu as mis cette fille sur mon chemin et vous vous jouer de moi tous les deux. C'est ta complice c'est ça ? Tu cherches à me déstabiliser ? Et bien ça ne marchera pas, je vous ai percés à jour et tes tactiques minables également »
« Kaiba je ne comprends rien, de quoi parle tu ? » interrogea Yugi dépassé par les propos de l'autre homme
« Du 21 mai 2009 » hurla Kaiba hors de lui
Un froid s'abattit entre les deux hommes. Leurs mémoires n'avaient nul besoin d'être ravivées.
« Sérieusement, elle tombe dans le coma à cette date et en sort au départ d'Atem ? Tu me croyais assez naïf pour gober ça ? » Continua le PDG
Le maître des jeux comprit alors. Lorsqu'il avait été au musée, Kisara avait évoqué ses problèmes de santé, il ignorait cependant les dates. Une fois de plus, le duelliste se dit que ça ne pouvait pas être une coïncidence.
« Kaiba, je te donne ma parole d'honneur que je n'ai rien à voir dans cette histoire »
« Le fait qu'elle me cite la date où j'ai perdu mon titre de champion du monde, le jour et l'heure de notre tout premier duel, de ma rencontre avec le pharaon n'est donc qu'une coïncidence alors ? » Ironisa le duelliste maître des dragons
« Non, certainement pas, c'est le destin Kaiba »
Seto allait repousser d'un revers de la main tout cela, hurler une nouvelle fois quand il vit Yugi sortir de son sac un antique rouleau qui le calma immédiatement.
« C'est pour t'apporter ça que je suis venu ce matin. Je ne bluffais pas Kaiba. Je pense que ceci contient les réponses à toutes tes questions. Il a été écrit par le pharaon Seth, ton ancêtre, le lien avec ton passé égyptien et il l'a emmené dans sa tombe, son ultime message, pour toi. Je sais que tu possèdes la capacité de lire ce texte, comme moi, mais je ne me le suis pas permis. Il te revient »
Le Président de la KaibaCorp fixa Yugi alors qu'il s'approchait lentement, son rival lui tendit le papyrus. Il avait une fois regretté de ne pas avoir saisi un objet du passé. Il ne devait pas faire deux fois la même erreur.
Ce rouleau contenait peut-être les réponses, le manque dans son cœur, ce lien qui semblait l'unir à Kisara. Il n'avait plus besoin de la forcer à essayer de se souvenir, plus besoin de l'emmener voir Shizu, plus besoin de lui rappeler qu'elle était morte il y a 5000 ans. Tant d'empathie ne ressemblait pas à Seto néanmoins, elle commençait à compter, même s'il se refusait de l'admettre.
Il avait devant lui le Saint Graal de ses recherches, tout ce qu'il pouvait souhaiter. Si Yugi avait raison, cela valait plus que n'importe lequel de ses plans. C'était du concret, pas la spéculation que le puzzle du millénium ramènerait de pharaon possédant les clés de son passé, pas de supposition comme quoi Kisara se souviendrait de son ancêtre. Les réponses étaient enfin là, à vingt centimètres de ses doigts.
Kaiba fit alors le premier geste de sa vie montrant qu'il croyait en cette histoire car c'est avec confiance qu'il saisit le texte antique avec l'intention de le lire en plaçant de suite sa main sur le sceau.
Une série d'images envahirent alors son esprit. Il avait mal, il souffrait, il perdait son énergie vitale en hurlant au dragon blanc au-dessus de sa tête de pénétrer dans le corps de Kisara. Les objets du millénium entre ses mains brillèrent toujours plus fort, la créature mythique rugit mais ne lui obéit pas, retournant au bloc de pierre.
Le jeune homme s'effondra à genoux, épuisé de son effort vain. Il serra contre lui le corps de Kisara en pleurant toutes les larmes de son corps, plus que le Nil ne pouvait en contenir. La souffrance était immense, insoutenable. Il l'avait perdue, pour toujours, elle était morte. Kisara était morte. Lui-même allait succomber au chagrin, jamais de sa vie il n'avait connu de tel souffrance, jamais. Il ne pouvait pas vivre sans elle. La jeune femme était la lumière qui l'animait, elle avait complété son âme. Avec sa mort, elle se brisait de nouveau. Il hurla le prénom de Kisara dans la nuit noire, le cri le plus déchirant qu'il eut jamais entendu.
Kaiba ouvrit les yeux qu'il ne se souvenait pas avoir fermé pour s'apercevoir qu'il s'était effondré physiquement et avait un genou à terre. Yugi était devant lui en demandant, visiblement inquiet, comment il se sentait. La réponse était « mal », un échantillon des souvenirs et de la douleur de l'homme qui avait écrit ce parchemin lui était parvenu et Kaiba avait le sentiment qu'on lui avait enfoncé un poignard dans le cœur. Il se tenait la poitrine, le souffle saccadé.
Jamais il n'avait ressenti autant de peine. La seule fois où il avait éprouvé une sensation similaire c'est lorsque Makuba s'était jeté entre lui et le dragon mythique. Il croyait avoir perdu le seul être qu'il aimait et s'était effondré à genoux, face contre terre pour la première et seule fois de sa vie. Seule sa volonté de venger son frère et le maigre espoir de le ramener dans le monde réel s'il sortait vainqueur l'avait poussé à se relever.
Dans ce qu'il avait ressenti et vu en touchant le rouleau, il n'y avait aucun espoir, juste la souffrance et l'agonie. Kaiba ne voulait plus jamais ressentir ça. Il ne voulait pas se risquer à se replonger dans l'esprit de cet homme. Le vide dans son cœur valait cent fois mieux que l'agonie qu'il venait de ressentir.
« Kaiba ? » interrogea Yugi, nullement conscient du cheminement dans l'esprit de son rival
« Ceci doit disparaître »
« Quoi ? »
« Que tous les pharaons et leurs souvenirs brûlent en enfer » cria Seto, quand prit de folie, il jeta le rouleau de papyrus dans les flammes de la cheminée
« Non » hurla Yugi
Le jeune duelliste tenta de se jeter sur la relique qui lui avait été confié par son grand-père mais Kaiba utilisa la force pour l'en empêcher.
Malgré toutes ces tentatives pour se libérer et ses vives protestations, Yugi ne put rien faire d'autres que de voir sous ses yeux se consumer en quelques secondes l'antique papyrus, emportant avec lui tous ses secrets.
Ce fut alors au tour du duelliste tricolore qui s'effondrer. Atem, il avait trahi Atem, sa dernière volonté, il avait échoué. Il n'eut pas le temps de plus y penser car déjà Seto l'attrapait par le col le forçant à se rendre dans le vestibule.
« Maintenant sors de chez moi Yugi »
« Tu as détruit ta seule chance, ainsi que celle de Kisara » marmonna le maître des jeux encore sous le choc
« Je me moque de Kisara, elle est insignifiante pour moi, emmène la donc avec toi si elle a une quelconque valeur à tes yeux, ce n'est pas le cas pour moi »
Le PDG observa Yugi lever les yeux vers le palier, il en fit donc de même et ce qu'il vit le bouleversa. Elle était là, Kisara. Sans doute intriguée par les éclats de voix, elle avait tout entendu et semblait brisée.
Les larmes dans ses beaux yeux ne laissèrent pas le cœur de Seto de marbre mais il ne pouvait pas revenir en arrière, il ne voulait plus ressentir cette blessure antique. Il ne devait pas retrouver sa mémoire égyptienne, il ne devait pas la lui rendre non plus. Ils devaient se séparer, pour toujours.
Il la vit descendre les escaliers et saisir la main de Yugi. Rien de fut plus déchirant pour Kaiba que le regard qu'elle lui lança avant de franchir la porte. Kisara ne comprenait pas. Elle était déçue, blessée, brisée.
Il ne la suivrait pas, il avait fait ce qu'il fallait, le duelliste en était sûr. Pourtant rien ne le rendait plus triste que le déchirement qu'il venait de voir dans ses yeux bleus, dont il était responsable.
Une fois de retour dans son salon, par rage, il envoya voler contre le mur la bouteille de vin rouge qu'ils avaient partagé durant le dîner. Cela appartenait au passé, un passé que comme à son habitude, il se devait d'enterrer.
« Grand frère » hurla Makuba en pénétrant dans le manoir
Le jeune homme ne se doutait pas que la soirée avait si mal fini. Il trouva son aîné encore dans le salon. Le rouge sang de la bouteille de vin sur le mur lui fit se demander si un meurtre n'avait pas été perpétré ici durant son absence.
Il choisit de ne pas se laisser démonter par l'ambiance de film d'horreur qui régnait à présent dans la pièce.
« Pourquoi Kisara m'a-t-elle envoyé un message d'adieu et ne répond plus depuis ? »
« Elle est partie. Pour toujours » répliqua Seto de son ton dur qui signifiait habituellement qu'il n'y avait pas à discuter.
« Non, non » répéta le brun
Makuba était conscient de l'erreur de Seto. Il avait demandé à Henry de le tenir informé de tout ce qui se passait au fur et à mesure du dîner. Bien que le vieil homme n'avait pas vraiment apprécié d'espionner son maître, il avait obéit au plus jeune.
Le cadet des Kaiba savait donc que cela se passait extrêmement bien. Au vu des descriptions du comportement de Seto par le majordome, le jeune brun était maintenant convaincu que Kisara était faite pour son frère.
Pourtant la suite du récit avait été un choc, Makuba avait pris la décision de rentrer dès qu'Henry l'avait prévenu que Yugi était chez eux et que Kaiba lui hurlait dessus.
Le jeune vice-président s'approcha de son aîné et actionna l'ouverture sécurisé de la boite qu'il transportait pour en sortir le puzzle du millénium.
« Seto, tiens prend le, retrouve ce qui te manque et accepte enfin d'être heureux, accepte de laisser quelqu'un d'autre que moi entrer dans ton cœur » déclara solennellement le cadet
Kaiba se saisit du puzzle par sa chaîne pour le jeter au loin, le brisant partiellement.
« Je ne veux plus jamais revoir cette chose, va donc l'offrir à Yugi, il semble aimer prendre ce qui m'appartient »
Le plus jeune des Kaiba resta interdit, au moment où il avait tout, son frère choisissait encore une fois le chemin de la solitude mais cette fois, il brisait quelqu'un.
« Je ne te reconnais plus » chuchota Makuba.
Le plus petit ramassa les éléments du puzzle avant de sortir du manoir.
Kaiba n'était pas inquiet, son frère reviendrait, il revenait toujours à lui.
Seto resta ainsi, dans sa solitude, son organe vital palpitant douloureusement, ces pensées orientées vers le vide dans son cœur, Atem et Kisara.
Il n'avait besoin de rien. C'est ce qu'il se répétait pour se convaincre qu'il avait fait le bon choix. Il avait tout ce qu'il lui fallait comme ça avait toujours été. Il n'avait besoin de rien, ni personne, il n'avait pas besoin de lui et il n'avait définitivement pas besoin d'elle non plus.
Fin du chapitre 10
*Offre la caisse de tomate promise et part vite se cacher*
Je suis navrée, vraiment navrée mais Seto ne pouvait pas réagir autrement, oui il commence à voir la vérité dans la fin de l'anime, croit en la magie et Atem dans DSoD mais ça reste Kaiba. Il reste buté, solitaire, arrogant, colérique, paranoïaque… Il doit faire du chemin pour arriver à ouvrir son cœur à quelqu'un d'autre que Makuba. Déjà même avec lui vous le trouvez par hors-jeu parfois ?
J'ai tenté de me rattraper en vous offrant un dîner romantique et des pensées plutôt peu amicales de Kisara envers Seto.
ChristopherRus, je sais que j'ai dû te causer une affreuse déception avec l'acte de Kaiba que je promets de compenser rapidement et je tiens toujours mes promesses.
En tout cas merci de votre fidélité à cette histoire et d'avoir lu ceci. En espérant vous revoir pour le chapitre 11.
C'était un chapitre clé super important pour moi, donc si je peux me permettre de demander votre avis ? Thank you
Zarryn
