Haku finit par arriver au campement.
Je lui présente les habitants, et lui montre l'endroit où il pourra dormir.
Obenga avait construit une case invité lors de son « temps libre », comme il dit.

Les enfants accueillent Haku avec chaleur certes, mais tout de même un peu de réserve.
Je leur ai dit de ne pas parler de leurs visions, et j'ai aussi prévenu les autres de ne pas parler des miennes.
Cet homme m'intrigue, je vais le tenir à l'œil.

[…]

Le matin, Haku se met au travail avec les enfants.
Il commence par leur apprendre les bases: comment tenir un katana, comment faire travailler les muscles pour le tenir convenablement. Pour finir, il leur montre le début d'un enchaînement, comme une danse, avec le sabre.

C'est fascinant. Il ne m'a pas montré toute sa force et sa vitesse dans l'arène!
Je me mets à faire ma propre danse, et remarque que Haku me surveille également. Il semblerait qu'il n'a pas totalement confiance en moi non plus...
La suite promet d'être intéressante !

L'après-midi est réservé à la communion entre chaque personne et son sabre. Je trouve que cela a une forte ressemblance avec la méditation que l'on pratiquait. J'espère que les enfants ne parleront pas de leurs personnalités intérieures...
Ils s'assoient en position du lotus, genoux écartés, sabre sur les genoux comme lorsque Haku m'a parlé dans l'arène.
Je décide de les laisser à leur méditation, ne pouvant rien apporter de plus, et je pars méditer sous la cascade.

« Cet homme est dangereux Aramatu, il te faut le tenir à l'œil ! »

Ah, la situation paraît aussi sensible pour Hakaishikame que pour moi...

« Il possède de la puissance spirituelle, comme toi et comme les enfants. Je ne serais pas étonnée qu'il puisse appeler son katana également. Nous devons connaître ses intentions, et ses objectifs! »

« Ne t'en fais pas vieille femme, je vais le surveiller ! Je pense pas qu'il tente quelque chose immédiatement. il m'observe. Il ne se dévoilera que lorsque le moment sera opportun pour lui... En attendant, prenons ce qu'il a de bien à apporter aux enfants, et ne baissons pas notre garde. »

[…]

Un homme approche du camp.
Je le reconnais, c'est le coursier.

« Ohé, que viens-tu faire par ici Choji ? »

« J'ai un message pour Haku, il est toujours parmi-vous ? »

« Oui, il est avec les enfants, mais ne peut pas être dérangé pour le moment. Tu peux me donner le message, je lui transmettrai !»

« Tiens, c'est un message écrit. Prends le. L'expéditeur a payé tous les frais, donc t'as rien à me donner en plus ! »

« Très bien, Choji, je te remercie. Je lui transmettrai. Passe une bonne journée ! »

« Toi aussi Aramatu, à plus ! »

Un message écrit … Je ne sais pas lire, Awa et Obenga non plus...
Arf, je vais perdre mon occasion de pouvoir en apprendre plus sur notre invité.

Mais peut-être le fait que je n'essaie pas de lire sa correspondance va le faire se relâcher...et peut-être même le pousser à faire un faux-pas !
Je dépose le parchemin, toujours scellé, à côté de Haku, et repars méditer sous la cascade pour le reste de l'après-midi.

[…]

Les enfants progressent. Ils arrivent à faire des passes d'armes, et même à danser un peu comme Haku. J'ai remarqué aussi que leurs mains bougent un peu plus vite, comme leurs jambes.

Haku reçoit et envoie beaucoup de messages, tous écrits.
Il est même parti en ville pour acheter du papier et de l'encre grâce au pécule qu'il s'est fait dans l'arène.

J'ai du mal à le considérer comme une menace, au vu de son charme, et de la gentillesse dont il fait preuve envers les enfants...
Mais quelque chose me chiffonne quand même: il ne se comporte pas du tout pareil avec les autres enfants, ni même avec Obenga et moi.

J'ai l'impression que son seul intérêt est de former Ilana, Antarésia et Gurudashi.

[...]

Gurudashi a parlé de ce qu'il voyait lorsqu'il communiait avec son sabre, Ilana aussi. Antarésia a réussi à garder pour elle ce qu'elle voyait, mais je ne sais pas si elle résistera au charme naturel d'Haku très longtemps...

En réfléchissant, peut-être est-ce simplement la jalousie qui me fait me défier d'Haku.
Il est en train d'éloigner les enfants de moi!
Si Hakaishikame n'avait pas la même impression, je crois que j'aurais fini par baisser ma garde à son propos.

[…]

Des hommes approchent en courant.

« Aramatu, il te faut venir vite ! Obenga est en danger, une poutre d'une maison lui est tombée dessus, et la maison a pris feu. Personne n'ose rentrer pour l'aider à cause des flammes ! »

Ni une, ni deux, je fonce vers le village!

Je vois la fumée, dieu merci, c'est la maison la plus proche.
Je m'arrête devant, mouille un chiffon, l'attache sur mon visage, et j'entre dans la bâtisse.
Je trouve rapidement Obenga. Il est inconscient.
J'essaie de soulever la poutre, mais n'y arrive pas. J'en cherche une autre pour faire levier. Là, voilà ! Je la pose et m'en sert pour soulever la première.
La poutre sort et je prends Obenga sur mon dos en fonçant vers la sortie...

Je tombe dehors à bout de souffle avec Obenga inconscient mais, j'espère, vivant.

Les personnes nous entourent rapidement.
Ils m'assurent qu'Obenga est en vie, et qu'il faut le faire respirer et boire.

J'essaie de savoir comment cela s'est passé.
Comment une poutre aurait-elle pu tomber sur Obenga? Pourquoi le feu a-t-il pris?

Personne ne le sait !
Mais une petite fille arrive et me dit « J'ai vu un homme habillé en rouge sortir de la maison en courant... Il portait un sabre à la ceinture. Je pensais que c'était Haku, donc je ne me suis pas inquiétée ! »

Non, impossible, Haku était à la case avec les enfants!
Et ses courriers se sont arrêtés depuis deux jours.

« Les enfants ! »

Je me lève, et fonce vers les cases!
Je vois Gurudashi à terre, apparemment sonné. Antarésia et Ilana sont dans un coin de la maison, désarmées, leur katana jeté au loin. Awa et le couple de fermiers sont au sol, inconscients, près de Gurudashi...
Il m'a attiré dehors pour pouvoir prendre les enfants, mais ils ont essayé de les protéger !

Ils sont deux, Haku et un autre.

Je hurle « HAAAAKUUUU ! » plein de haine et de rage

Il se retourne, et rit.

"Alors, tu as réussi à le sauver finalement ? Tu aurais dû le tuer avant, Eishiro."

"Tu sais que c'est contraire aux règles Haku, ils sont notre protection... Tant qu'ils haïssent les Shinigamis plus que nous, ils ne leur diront pas qui nous sommes, l'endroit où nous nous trouvons."réplique le sus-nommé.

"Je vais te tuer Haku, pour tout le mal que tu as fait ici!" continue-je de crier.

"Tu serais bien incapable de quoi que ce soit, Aramatu ! Je t'ai observé depuis que je suis ici. Un mois déjà. Tu as certes de la puissance spirituelle, assez pour que ton physique soit amélioré par rapport au commun des habitants, mais tu n'as pas de katana, donc tu n'es pas encore digne de notre intérêt. Laisse moi prendre les enfants sans faire d'histoire, et il n'y aura pas de morts."

"Non, tu ne prendras personne ici ! Je t'en empêcherai !"

"Très bien. Eishiro, tue Awa et les fermiers, pendant que je récupère les gamines."

"Mmm ça marche"

Il va très vite lui aussi, je ne pourrais pas l'empêcher de tuer Awa …
Je vais encore échouer.
Il s'arrête prêt du corps d'Awa, me regarde avec un sourire malsain, et baisse son sabre vers sa tête.

Un grondement parvient du plus profond de mon être. Un grondement suffisant pour arrêter Eishiro.
Les sentiments comme la peur et le désespoir n'ont plus leur place.
Je ressens un pouvoir, mon pouvoir, qui est déchaîné en moi.
Sa puissance est telle que ses entraves lâchent.

Elles se brisent, et ces mots sortent : « Eblouis, Hakaishikame ! »