Disclaimer : Tout appartient à J K Rowling.
Note de l'auteur : Encore une fois, j'ai mis beaucoup de temps à m'y remettre. J'aime beaucoup cette histoire, mais me laisse déborder beaucoup trop facilement... Par les études, les livres, les projets, la fête... Je suis désolé que ce soient les lecteurs qui en pâtisse. Le personnage de Harry devient de plus en plus complexe, je vous préviens... J'espère quand même que vous apprécierez ce chapitre. Et que ce soit le cas ou non, faites le moi savoir. ^^
Après la tempête, vient le beau temps ?
Chapitre 10 : Home, sweet home.
Snape et Harry se tenaient devant un grand immeuble de briques rouges, qui d'apparence paraissait tout à fait normal. Harry put même voir à travers une des fenêtres de l'immeuble, un couple en train de déjeuner dans ce qui semblait être la cuisine de leur appartement. Oui, d'apparence tout paraissait normal, du moins tout parut normal pendant quelques secondes.
Alors que Harry observait jalousement ce couple à la vie simple, Snape, jetant des coups d'œil soucieux autour de lui, murmura la formule. Sous les yeux ébahis de Harry, qui visiblement ne s'habituerait jamais à cela, le bâtiment de briques sembla s'étirer comme un chewing gum et laissa place à un autre morceau d'immeuble, qui semblait maintenant avoir toujours été là. Harry jeta un coup d'œil au couple en train de dîner, et remarqua que rien n'avait changé. Le monde de la magie était vraiment spectaculaire. Aucun moldu passant par là n'aurait remarqué quoi que ce soit…
Mais Snape ne laissa pas plus de temps à Harry pour réfléchir à la question. Le sorcier tira l'adolescent par le coude, impatient. Dés qu'ils eurent ouvert la porte, une multitude de têtes rousses se jetèrent sur l'adolescent. Avec un grognement, Snape bouscula sans gentillesse les enfants afin de traverser le couloir pour rejoindre la cuisine, où les attendaient les adultes.
Snape se tint dans l'embrasure de la porte et jeta un regard courroucé à l'assemblée. Qui d'ailleurs faisait de même avec lui. Molly Weasley, en particulier était rouge de colère. Seul Dumbledore et son regard scintillant, souriait de toutes ses dents. Remus Lupin, aussi présent, n'avait qu'un regard méfiant.
« Ah ! Severus ! Vous êtes arrivés, nous vous attendions. Le voyage n'a pas été trop éprouvant, j'espère ? »
« Non, le survivant a encore survécu. Vous pouvez vérifier, Molly. » ajouta t-il d'un ton doucereux.
Molly soupira avec colère, et se tourna vivement vers le directeur, qui paraissait quant à lui, presque amusé.
« Comment pouvez vous, Albus ? Vous ne pouvez pas confier Harry à… » commença t-elle, mais l'arrivée des enfants la coupa dans son élan. La colère sur son visage se transforma en ravissement lorsqu'elle aperçut Harry.
« Harry, mon chéri ! Comment vas-tu ? » s'écria t-elle en se précipitant vers le garçon.
« Bonjour Madame Weasley. » répondit Harry, essayant de ne pas étouffer sous les baisers.
Lupin, accoudé au comptoir de la cuisine, salua chaleureusement l'adolescent de la main.
« Je suis content de te revoir, Harry. » dit le loup garou avec un sourire.
Alors que Molly Weasley se mettait à critiquer Harry sur sa maigreur hallucinante, Severus Snape sentait qu'il avait grandement besoin de solitude ! Dumbledore sembla s'en apercevoir aussitôt.
« Molly, je suis sûr que Harry serait ravi d'engouffrer tous les gâteaux que vous cuisinerez, mais il serait sans doute préférable de leur laisser à Severus et à lui, le temps de s'installer dans leur chambre. » conseilla t-il.
Molly se détacha aussitôt du garçon et approuva d'un signe de tête.
Harry lança un regard dégouté vers Snape, avant de le suivre dans les escaliers. A croire que de retrouver ses amis lui remettait les idées en place, à savoir que Snape était un horrible sorcier qui lui pourrissait la vie. Cet été promettait d'être long, très long. Arrivés au premier étage de la maison, Snape s'arrêta devant la première porte sur la gauche, et invita le garçon à faire de même d'un geste de la main.
« Je dormirai dans cette chambre durant cet été, alors si vous avez besoin, vous pouvez venir frapper. Pour n'importe quoi. Bon, peut être pas pour me demander un verre de lait, que je vous suggère tout de suite d'aller chercher tout seul, Potter. » expliqua t-il.
Harry leva les yeux au ciel et soupira d'agacement.
« Ne vous en faites pas professeur, je crois que je me débrouillerai. » répondit il, d'un ton insolent. « Mieux seul qu'avec vous en tout cas... » rajouta t-il doucement.
« Je vous suggère aussi d'articuler quand vous avez quelque chose à dire, Potter. Sinon, il est inutile d'ouvrir la bouche. » ajouta le professeur, agacé.
Harry ne comprenait pas son propre comportement. Tout s'était si bien passé entre Snape et lui quand ils étaient à Poudlard, alors pourquoi se sentait il si en colère, si énervé contre Snape ? Depuis qu'il était rentré dans la maison, il se sentait étrangement torturé. Peut être était ce de savoir que Snape avait maintenant tous les droits sur lui ? Au lieu de Sirius...
C'était aussi cette maison, il le sentait, elle lui faisait mal, elle le rendait amer. Revenir ici le rendait tellement en colère contre lui même. Et contre lui aussi. Contre Snape, sans savoir pourquoi. C'était comme si revenir ici faisait remonter à la surface ce qu'il y avait de plus mauvais en lui. Comme si ce qu'il s'était efforcé de garder pour lui ne pouvait plus rester à l'intérieur.
Le maître des potions se retourna et gravit les marches qui menaient au deuxième étage, Harry sur les talons. Ils s'arrêtèrent alors devant une porte que Harry connaissait bien. C'était la chambre où Ron et lui dormaient. Tout à coup, il sentit son cœur battre plus fort et le souffle lui manquer. Il n'avait pas réalisé à quel point dormir dans cette chambre lui faisait peur. Il ne serait plus dans cette infirmerie neutre et calme. Et il n'y aurait plus Snape.
Alors que le maître des potions était déjà à l'intérieur en train de rendre aux bagages de l'adolescent leur forme originelle, Harry restait sur le pas de la porte, comme s'il n'osait pas entrer. Il serait bien redescendu avec les autres, dans la cuisine. Il ne voulait pas se retrouver seul dans cette chambre. Il voulait partir, fuir, oublier. Mais Snape, qui observait le garçon depuis quelques secondes, ne semblait pas de cet avis. Sans que Harry ne s'en rende compte, le sorcier était revenu près de lui et le poussait doucement dans le dos.
Harry releva brusquement la tête, et se dégagea violemment de Snape, comme si sa main lui avait brûlé le dos. Il ne savait pas ce qui lui avait pris de faire ça. Après tout, Snape avait été gentil avec lui, alors pourquoi le repousser aussi méchamment ? Il ne comprenait plus rien. D'où venait cette colère ? Il n'avait rien senti venir avant de le faire... Mais Snape ne semblait pas blessé, il regardait Harry avec une sorte de... d'inquiétude ?
« Vous devriez déballer vos affaires, Potter. Une fois installé, tout sera plus facile. » conseilla le sorcier.
Et il tourna les talons pour rejoindre le couloir. Harry se sentit tout à coup très seul. Il n'aurait jamais osé le dire, mais il avait espéré que Snape resterait avec lui... Il regardait autour de lui, d'un air effrayé, comme s'il avait peur de voir un fantôme caché dans chaque coin de la pièce. Et en réalité c'était cela qui l'effrayait, les fantômes du passé qui hantaient cette maison.
Et personne ne pouvait comprendre ça. Personne ne comprendrait jamais. Alors qu'il ouvrait les tiroirs de la commode, près de son lit, il eut l'impression de sentir de violents courants d'air dans son dos. Des frissons le parcoururent le long de l'échine. Il se retourna vivement, mais évidemment il n'y avait rien derrière lui.
Il savait que tout était dans sa tête, mais il ne pouvait s'empêcher d'avoir peur. Il avait peur de se qui se cachait en lui. Il avait peur de se confronter à lui même dans cette maison. Il avait peur de découvrir à quel point il pouvait être tordu. Il balança ses vêtements dans les tiroirs de la commode avec empressement et les referma dans un claquement sec.
Il se dirigea alors vers le fond de la chambre et pénétra dans la salle de bains glaciale. Harry s'empêcha de regarder autour de lui et jeta sa brosse à dents dans le verre, où se trouvait déjà celle de Ron. Pendant une seconde, il crut entendre la voix de son parrain l'appeler dans un murmure. Un petit cri de terreur s'échappa de sa bouche sans qu'il ne puisse s'en empêcher.
Il se mit alors à courir hors de la salle de bains. Il tremblait de tous ses membres. Comment allait il faire pour survivre dans cette maison ? Harry se précipita hors de la chambre, et s'apprêtait à dévaler les escaliers, mais s'arrêta net, dans un sursaut. Il découvrit quelqu'un adossé au mur du couloir. Ce quelqu'un n'était autre que son professeur de potions. Harry ne savait pas si c'était le soulagement ou la pression qui retombait, mais il tomba à genoux, soudain épuisé.
Snape tendit la main vers le bras du garçon et tenta de l'aider à se relever, mais Harry le repoussa violemment.
« Lâchez moi ! » hurla t-il.
Harry ne comprenait pas ce qui venait de se passer. Pourquoi avait il hurlé sur son professeur de cette manière ? N'essayait il pas de l'aider ? Il avait agit sans se rendre compte de ce qu'il faisait, encore une fois. C'était comme si quelqu'un d'autre avait hurlé à sa place. Il aurait voulu s'excuser, mais Snape ne lui laissa pas le temps de le faire.
« Doucement, garçon. Relève toi. » murmura doucement Snape.
Harry eut juste le temps de lancer un regard à son professeur avant que ne débarquent Molly Weasley, suivit de Lupin, inquiets.
Harry se releva précipitamment, les sourcils froncés. Avait il rêvé ou avait il réellement vu de la douceur dans le regard de Snape ? De la douceur ? Pour lui ? Après ce qu'il venait de faire ?
« Que lui avait vous fait, Severus ? » s'époumona Mme Weasley.
Snape eut un sourire goguenard. Il regarda le gamin une dernière fois, le sourcil froncé d'inquiétude, avant de descendre les escaliers, ignorant les deux adultes.
« Severus ! Expliquez vous ! » hurlait Mme Weasley à l'attention de Snape, mais celui ci était déjà hors d'atteinte.
« Harry, est ce que ça va ? » demanda Lupin, soucieux.
« Oui, très bien. Ce n'est rien. » répondit l'adolescent, avant de descendre lui même les escaliers.
Lupin et Molly Weasley se regardèrent, soucieux, avant de descendre à leur tour pour rejoindre la cuisine. Dans la pièce, plus personne ne parlait. Harry était bien trop pétrifié par ce qui venait de se passer qu'il n'osait prononcer un mot. Snape l'avait attendu. Il était derrière lui, alors qu'il affrontait ses démons, dans cette chambre.
Après quelques minutes, Dumbledore brisa le silence de son ton jovial.
« Bon, et qu'avons nous au menu pour ce midi ma chère Molly ? Je meurs de faim ! Pas vous ? »
« Purée de pommes de terre et rôti. Les enfants, mettez le couvert s'il vous plait ! » ordonna t-elle gentiment.
Alors que les enfants mettaient le couvert, Dumbledore fit apparaître un grand plateau avec des verres de vin pour les adultes, et de bièraubeurre pour les enfants. Il invita chacun à se servir.
« Aujourd'hui est un jour de célébration, ne l'oublions pas mes amis. Harry et Severus nous on rejoint, il faut fêter ça ! » s'exclama t-il de sa voix de sage.
La joie refit surface dans la cuisine. Les enfants se mirent enfin à discuter joyeusement et les adultes se mirent à parler des missions de l'ordre, seul sujet neutre pour le moment...
Lorsqu'ils finirent tous leurs verres, ils commencèrent à s'attabler. Harry allait s'installer à côté de Ron quand le directeur l'invita à s'asseoir à côté de lui. Ce qui voulait dire par là même, à côté du professeur Snape... Ron parut extrêmement déçu, mais Harry n'osait refuser l'invitation du directeur.
Mais après ce qu'il venait de se passer entre Snape et lui dans le couloir, il appréhendait. Snape n'avait rien dit dans le couloir, mais peut être attendait il que tout le monde soit là pour l'humilier. Après tout il avait maintenant tous les droits sur lui.
Alors qu'il s'asseyait sur sa chaise, mal à l'aise, ses amis le regardèrent, compatissants. Ils avaient tous entendu Harry crier sur Snape tout à l'heure et se demandaient bien ce que le professeur avait encore bien pu faire pour que Harry perde ainsi son sang froid. Ils avaient tellement hâte de pouvoir s'enfermer dans une chambre pour discuter. Si seulement ses amis savaient que c'était lui le seul fautif...
Alors que Harry se servait de la purée, il sentit le regard de Snape sur lui. Il n'osa pas le regarder. Pas après ce qu'il venait de se passer. Il attendait anxieusement que son professeur le critique, mais Snape ne pipa mot. Il se servit à son tour et mangea en silence. Harry gardait les yeux baissés sur son assiette. Ron, Hermione et les autres essayèrent de le faire participer aux conversations, mais il ne répondait que par de brefs « hum ». Il se sentait tellement mal à l'aise. C'était comme si en présence de Snape il n'osait rien dire, de peur que celui ci ne le rabaisse. Il avait peur de dire quelque chose de stupide ou d'inintéressant. Il avait peur pour sa fierté quand il était avec Snape maintenant ? Il n'avait pourtant rien à lui prouver. Et pourquoi se sentait il tellement à fleur de peau ? Pourquoi avoir perdu son sang froid ? Et pourquoi sentait il qu'il pouvait exploser à tout moment ?
Il avait réussi à tout garder pour lui depuis la mort de sa famille, alors pourquoi tout à coup se sentait il si vulnérable ? Etait ce vraiment la maison qui lui faisait cet effet là ? Et dire qu'il devrait dormir dans cette chambre ce soir... Sa respiration se fit plus rapide à cette pensée.
« Est ce que ça va, Potter ? » demanda discrètement Snape, qui s'était aperçu du brusque changement de comportement du garçon.
Harry releva la tête, surprit. Il ne put s'empêcher de lancer un regard assassin à son professeur. Il ne voulait pas que Snape sache qu'il était si mal. Et pourtant, au château, il s'était laissé aller à lui montrer ce qu'il ressentait. Mais pas ici, pas devant ses amis, pas dans cette maison. D'être entouré de ses amis, ici même, lui donnait le sentiment qu'il ne pouvait plus échapper à celui qu'il avait toujours été. Il devait se montrer fort et responsable. Mais c'était plus que cela encore, il se sentait en colère, tellement en colère. Il ne pouvait pas être ce petit pleurnichard à la noix. Surtout pas le petit pleurnichard de Snape...
« Oui. » répondit il, sèchement.
Harry attendit une réaction de la part de Snape, mais rien de vint. Mais pourquoi ne réagissait il pas ? Pourquoi ne l'engueulait il pas ? Qu'attendait il pour l'humilier ? Etrangement, Harry se sentait déçu... Il aurait voulu que Snape redevienne le même lui aussi, le même dégueulasse professeur qu'il avait toujours été. Cela aurait été tellement plus facile pour lui. Cela aurait expliqué sa colère.
Quand tout le monde eut terminé, les enfants s'apprêtèrent à courir hors de la cuisine, afin de se retrouver seuls, quand Snape arrêta Harry de la main.
« Dans une heure, révisions dans le salon. » ordonna t-il au garçon, les yeux sur le livre qu'il venait de sortir de sa poche. « Ne me faites pas attendre, Potter. » rajouta t-il, relevant la tête pour regarder le garçon d'un œil sévère.
Harry se retourna et suivit ses amis avec empressement. Snape se serait volontiers éclipsé dans sa chambre afin de lire son livre, mais cela aurait été grossier. Du moins pas aussi grossier que Molly Weasley retirant le livre de ses mains aussi violemment.
« Pourquoi avez vous accepté la garde de Harry, Severus ? Vous détestez ce petit ! Alors, pourquoi ? » s'écria t-elle.
Severus secoua la tête avec agacement et se tourna vers son mentor.
« Albus, j'ai accepté de garder un œil sur le gosse, mais jamais je n'ai accepté de subir les remontrances de Molly Weasley... »
« Molly, Severus a raison, si vous avez des critiques à faire quant à mon choix de gardien pour Harry, c'est à moi qu'il faut les faire. Et à vrai dire, je ne crois pas que vous ayez quoi que ce soit à dire quant à mon choix, puisque ce choix me revient et qu'il me paraît être le meilleur qu'il puisse y avoir. » expliqua Dumledore.
« Je sais que je n'ai pas mon mot à dire quant à vos choix, Albus, même si je suis sûre que c'est une très très mauvaise décision... Cependant j'aimerai savoir pourquoi Severus a accepté ? » ajouta t-elle d'un ton plus calme, en se tournant à nouveau vers Snape.
« Voyons Molly, vous vous doutez que je le fais pour le plaisir de torturer Potter. Pour quelles autres raisons le ferai je ? » répondit il le sourcil levé.
« Nous savons tous que tu ne le fais pas pour ça, Severus. J'ai vu ton regard sur Harry. » déclara le loup garou.
« Dumbledore m'a donné une mission, je la remplis, point. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser je vais me retirer dans le salon, j'ai du travail. » dit Snape en s'échappant, le livre sous le bras.
Dumbledore ne put retenir un petit rire et Lupin souriait de toutes ses dents, seule Molly Weasley semblait contrariée et quelque peu perdue.
« Qu'est ce qui peut bien vous faire rire ? » s'écria t-elle, accusatrice.
« Sachez juste, Molly, que Severus n'est pas aussi froid qu'il n'y paraît. » répondit Dumbledore, énigmatique.
Snape, qui s'était installé sur un fauteuil du salon se demandait bien ce que Lupin avait pu voir dans son regard. Etait ce si flagrant qu'il s'inquiétait pour le gosse ? A vrai dire, il s'inquiétait sérieusement. Depuis que Potter était entré dans cette maison, il avait ce regard... désabusé. Snape pouvait sentir la colère du gosse à 100 mètres. Il semblait avoir du mal à contrôler cette colère, qui paraissait même lui être étrangère à lui même. Et cette peur dans ses yeux...
Comment se faisait il que son comportement soit si différent d'au château ? Snape s'était attendu à ce que le garçon se sente mal, mais pas à ce qu'il change de cette manière. Etait ce de sa faute ? Etait ce parce que le gamin ne voulait pas de lui comme gardien ? A vrai dire Snape avait peur que ce soit plus grave que cela. Ils avaient tout d'abord pensé à sa sécurité physique avant sa santé psychologique en emmenant Potter ici. Et Snape avait peur que cela ait été un coup fatal. Pauvre gosse.
Ils n'avaient pas eu d'autre choix que de l'emmener dans la maison de son parrain, la maison de son passé, de ses cauchemars... Snape espérait seulement qu'il pourrait aider Harry à dépasser ces épreuves sans dommages. Si le garçon lui laissait une chance de l'aider... Le maître des potions se demandait bien comment il avait pu en arriver là. Cela n'avait jamais été son plan de vie. Devoir gérer un enfant de 15 ans... Et Potter, qui plus est. Il ne l'aurait jamais imaginé. Il n'aurait jamais imaginé non plus cette inquiétude qui le bouffait, et cette peur d'échouer omniprésente...
Tâchant de prendre du recul avec la situation, il se plongea dans son livre et attendit l'heure des révisions. Quelques minutes plus tard cependant, le sommeil l'emporta. Il n'avait pas dormi depuis tellement longtemps...
Dumbledore était rentré au château et avait promis de revenir pour le dîner, une réunion de l'Ordre se tiendrait ce soir même après dîner. Molly rangeait des draps au premier étage, et Lupin s'était attablé dans sa chambre afin de travailler. Les enfants, tous installés dans la chambre de Ron et Harry, faisaient une partie de cartes magiques.
Harry ne réussissait pas vraiment à se sentir à l'aise, même en compagnie de ses amis. Il ressentait toujours cette boule au ventre. Il se sentait horriblement seul ici. Mais il avait réussit à ne rien laisser transparaitre de son malaise. Ses amis faisaient tout de même barrage entre lui et ses démons. Cependant, lorsqu'il alla dans la salle de bains pour se laver les mains, il croisa son reflet dans le miroir et tout à coup se sentit paniquer. Il ne comprenait pas pourquoi mais il sentait qu'il sombrait.
Quelques instants plus tard, Hermione et les Weasley entendirent un bruit sourd venir de la salle de bains. Hermione se précipita dans la pièce, pour découvrir Harry évanouit sur le sol. Les deux adolescents portèrent Harry jusqu'à son lit où ils l'allongèrent, paniqués. Georges alla tout de suite prévenir sa mère qui appela Lupin.
Ils accoururent aussitôt au chevet de Harry, qui semblait être en proie avec ses ténèbres. Le garçon remuait dans le lit, les sourcils froncés, le front perlant de sueur. Molly essaya désespérément de réveiller Harry, en vain. Les larmes lui montèrent aux yeux. Elle se sentait si impuissante. Et Harry qui continuait de s'agiter en tous sens. Lupin réagit plus vite que la petite sorcière et alla chercher de l'eau et un gant de toilette pour le poser sur le front brûlant du garçon, espérant ainsi faire tomber la fièvre. Mais Harry ne se calma pas pour autant. Il marmonnait des suites de mots incompréhensibles dans son sommeil... Jusqu'à pousser un hurlement, à vous glacer le sang. Après cela, les mots que Harry prononçait étaient très clairs : « Snape... »
Snape se réveilla en sursaut lorsqu'il entendit un cri provenir du deuxième étage. C'était Harry. Son sang ne fit qu'un tour. Le sorcier se leva précipitamment et dévala les marches jusqu'à la chambre du garçon. Il aperçut alors toute la maisonnée entourer le lit de Harry, et Molly en pleurs. Lorsqu'il pénétra dans la pièce, Molly se précipita vers lui.
« Oh Severus ! Je ne sais pas quoi faire ! Harry est... » pleurait t-elle.
« Pourquoi ne m'avez vous pas appelé, sombre idiote ! » hurla t-il en bousculant Lupin et Ron afin de s'asseoir sur le lit de Harry.
L'inquiétude et la peur se lisait sur le visage de Snape. Il avait en face de lui un garçon plongé dans ses propres ténèbres. Il plaça ses mains sur chaque épaule du garçon et les tint fermement collées au matelas. Il se pencha alors jusqu'à l'oreille de Harry et murmura des suites de phrases que personne n'était sûr de bien entendre tant elle étaient douces.
« Shhhh... Harry, calme toi, mon garçon. Il faut te réveiller, ce n'est qu'un rêve. Il faut sortir de là, garçon. Je suis là, je suis juste à côté de toi. Shhhh... Ce n'est qu'un rêve. Je suis là, et je ne pars pas. Ouvre les yeux, regarde moi, garçon. »
Après quelques instants de cette litanie, Harry cessa de s'agiter et de trembler. Snape relâcha ses épaules et pausa une main sur le front humide du garçon. Et une autre tenait doucement son bras. Il regardait le garçon se calmer peu à peu. Seuls quelques « Snape... » se répercutaient en écho dans la pièce silencieuse.
« Je suis là, Harry. Réveille toi, je suis là. Je ne pars pas. Je suis là. » répétait Snape d'une voix douce.
Tout à coup, Harry se redressa, hors d'haleine, les yeux troubles. L'instant d'après il plongeait dans les robes de son professeur. Ses bras fragiles se refermèrent fermement sur le dos de l'adulte et ses doigts s'accrochèrent désespérément aux robes du sorcier. Snape prit enfin conscience du monde qui l'entourait et sentit la colère monter en lui.
« Dégagez ! Tous, dégagez ! » ordonna t-il avec violence.
Aucun ne se fit prier, et ils sortirent tous précipitamment hors de la pièce en poussant la porte derrière eux.
Snape avait eu si peur. Il avait eu peur que le gosse ne se réveille pas. Il avait eu peur de le perdre, déjà. Il serra Harry avec force, et plongea une main dans ses cheveux en pétard. L'adolescent quant à lui, s'était mis à sangloter doucement.
« C'est fini, Harry. C'est fini, petit. Doucement, calme toi. C'est fini. » rassura le maître des potions d'une voix douce.
Après une dizaine de minutes passées ainsi, Harry cessa de pleurer. Cependant il ne se détacha pas de son professeur. Il avait besoin de ça, il le sentait. Il ne pouvait pas encore se détacher de son professeur, il se sentait si faible.
« Tu m'as fait peur, tu sais ça ? » demanda Snape d'une voix douce, qui le surprit lui même.
« Désolé... Je sais pas ce qui m'a pris. » expliqua Harry.
« Ce n'est pas de ta faute, tu n'y peux rien. Mais ta fièvre est revenue, il va falloir que tu te reposes maintenant. » ordonna gentiment le maître des potions.
Harry eut un violent mouvement de recul. Ses yeux transpirèrent d'angoisse tout à coup.
« Non ! Je vais bien ! Je n'ai pas besoin de me reposer ! » hurla t-il.
Snape fronça les sourcils. Comment se faisait il que le gosse réagisse aussi violemment ? Il n'avait jamais réagit comme cela avant d'arriver ici. Le professeur posa une main sur l'épaule de Harry qui essaya de s'en dégager, mais Snape le tint fermement.
« Hé ! Calme toi ! Je ne vais pas te laisser seul, Harry. Alors cesse d'essayer de t'échapper, compris ? » ordonna t-il plus fermement au garçon.
Harry baissa les yeux, mais se calma instantanément. Snape se releva et se dirigea vers la porte.
« Je reviens tout de suite, je vais demander à tes chers amis de ne pas te déranger pendant un moment. Il faut absolument te reposer, c'est clair ? »
« Oui. » répondit Harry doucement.
Lorsque Snape ouvrit la porte, tous les sorciers de la maison étaient réunis dans le couloir, le regard honteux. Le sorcier secoua la tête, agacé.
« Je vois que puisque vous écoutez aux portes, vous n'avez pas besoin que je vous demande de laisser Harry tranquille pendant un moment. » Alors qu'il allait repartir, il se retourna une dernière fois. « Très bon exemple pour les enfants, Molly, bravo. » rajouta t-il accusateur.
Il ne put s'empêcher de sourire en apercevant les joues de Molly Weasley rosirent de honte. De retour dans la chambre, Harry le regardait.
« Merci. »
« Puis je savoir de quoi tu me remercie ? »
« D'être venu me réveiller. »
« Ne dis pas de bêtises. Mais j'aimerai que tu me raconte ce qu'il se passe. » demanda t-il en s'asseyant sur le fauteuil, qu'il rapprocha du lit garçon.
« Je sais pas vraiment... Je suis allé dans la salle de bains et j'ai vu mon reflet. Et tout s'est mis à tourner, et je suis tombé. » expliqua Harry.
« Je vois. Mais ce que je te demandais c'est, que se passe t-il ? Qu'est ce que tu ressens depuis que tu es ici ? » demanda t-il doucement.
Harry dégagea son regard de celui de son professeur, comme mal à l'aise.
« Je ne sais pas. » répondit-il, dans le vague.
« Si, tu le sais, Harry. » encouragea l'adulte.
« Non, je ne sais pas ! Je ne sais pas du tout ce qui m'arrive ! » cria t-il, regardant à nouveau son professeur.
L'inquiétude se lisait sur le visage de Snape et Harry ne savait pas comment gérer ça. Il sentait de nouveau la colère monter, sans comprendre d'où elle venait.
« Tu es en colère. Peux tu me dire contre quoi ? »
« Non ! Je ne sais pas... Je ne comprend pas d'où ça vient. » répondit il avec dégout.
« Ce n'est pas grave. On a tout le temps pour comprendre. » rassura le sorcier avec un petit sourire. « Est ce que tu veux un livre ? » demanda t-il gentiment.
Ainsi, les deux sorciers lirent un moment, puis Harry s'endormit et ne se réveilla qu'une heure plus tard.
A son réveil, il était déjà 16h30 et ils entendaient les Weasley rire en bas. Il se releva doucement sur son matelas et aperçut Snape qui l'observait.
« Vous êtes vous bien reposé, Potter ? » demanda Snape.
« Oui, merci. »
Snape se leva et vint jusqu'au garçon, et déposa une main fraiche sur le front de Harry. Harry eut un léger mouvement de recul, mais tenta de le cacher. Mais il oubliait que rien n'échappait au sombre maître des potions.
« Je veux juste vérifier que votre fièvre est tombée, Potter. Je ne vais pas vous faire de mal. » indiqua t-il doucement.
Harry toussota de gêne et n'ajouta rien.
« Bien, tout me parait normal. Est ce que vous sentez bien ? »
« Oui, je vais bien. »
« C'est la réponse que je voulais entendre. Nous pouvons maintenant nous mettre au travail ! » ajouta t-il avec un sourire moqueur.
« Si j'ai bien compris, il faut que j'apprenne à mentir... »
« Je ne vous le conseille pas, monsieur Potter. » remarqua t-il, le regard sévère.
Harry sortit du lit et suivit Snape hors de la pièce. Ils descendirent tous les deux au salon où discutaient les enfants Weasley. Dans la cuisine, prenaient le thé Lupin et Molly Weasley. Dés que Molly aperçut Harry, elle lui sauta dessus.
« Harry ! Ca va mieux, mon chéri ? » s'inquiéta t-elle.
« Oui, tout va bien. » rassura Harry.
« Avant que tout un troupeau ne pense à sauter sur ce gamin, je veux qu'il soit clair, que Potter est descendu pour travailler, c'est compris ? » indiqua Snape en coulant un regard vers les amis de Harry qui s'étaient levés à son arrivée.
« Tiens ! Ca c'est une bonne idée ! Pourquoi ne feriez vous pas tous de même ? Severus est là pour vous aider en plus ! Allez, tous au travail ! » ordonna Molly Weasley.
Snape grogna d'agacement. Il allait devoir se coltiner tous les gamins... Il y avait vraiment des jours où il détestait sa vie !
Avec des soupirs, sauf bien évidemment pour Hermione, tous s'installèrent aux quatre coins du salon pour travailler.
Snape s'installa sur un fauteuil et s'apprêtait à continuer sa lecture quand Hermione Granger vint se planter devant lui, un livre de potion à la main.
« Je suis désolée de vous déranger mais puis je vous poser une question, professeur ? » demanda Hermione.
« Allez y, Miss Granger... » acquiesça t-il avec un soupir.
« Merci ! Je suis si contente, je me suis posée tellement de questions sur la potion tue-loup ! » ajouta t-elle, aux anges.
C'est ainsi que débuta un florilège de questions à l'adresse du maître des potions. Et, malgré son agacement grandissant, il s'efforça de répondre à toutes les questions d'Hermione, sous le regard amusé de ses acolytes.
Au bout d'une heure, Snape interrompit sa lecture et s'approcha de Harry, se penchant sur son travail.
« Montrez moi ce que vous avez fait, Potter. » ordonna t-il.
Harry, un peu gêné, donna son rouleau de parchemin au professeur. Il était en train de travailler sur son devoir de métamorphose. Snape prenait très au sérieux le travail scolaire, et Harry prit peur lorsqu'il vit le sourcil du professeur se lever à plusieurs reprises. Harry se tapit dans son siège en attendant la sentence, alors que les autres riaient franchement en imaginant ce que Snape allait bien pouvoir dire.
« La ferme ! » cria Harry, agacé.
Ils eurent alors plus encore envie de rire, mais le regard noir que Snape lança à Harry les arrêta de suite.
« Je vous prierai de ne pas utiliser ce langage grossier en ma présence, monsieur Potter. » réprimanda Snape d'un ton sévère. « Cependant, Potter a raison, vous taire serait un incroyable soulagement. » rajouta t-il en regardant Harry. Il ne put s'empêcher un petit sourire, qui malheureusement, n'échappa à personne.
Après quelques instants encore, Snape rendit son papier à Harry. De nombreux passages étaient entourés de rouge.
« Ce n'est pas mal, mais ce n'est pas bon non plus. Vous feriez bien de vous y remettre, plus sérieusement, Potter. » indiqua t-il.
Harry souffla bruyamment, mais n'ajouta rien. Ils se remirent au travail pendant encore une heure. Et enfin Snape libéra les adolescents de leur travail. Il allait se diriger vers la cuisine, lorsqu'il rebroussa chemin, incertain.
« Voulez vous un thé ? » demanda t-il à l'assemblée, qui sembla prête à s'étouffer.
Snape attendit une seconde, puis se dirigea à nouveau vers la cuisine.
« Ces gryffondors, toujours aussi idiots que ce que je vois... » marmonna t-il.
« Moi, je veux bien. S'il vous plait. » demanda Harry, doucement.
« Moi aussi, s'il vous plait. » demanda Hermione.
Snape se retourna une seconde et lança un regard bienveillant au garçon, avant de pénétrer dans la cuisine. Il sortit deux tasses du placard et les remplies de thé fumant. Il se redirigea vers le salon, sous les yeux ébahis de Lupin et Molly Weasley. Il tendit alors leurs tasses à Harry et Hermione, sous les yeux ébahis des autres adolescents.
« Merci. » murmurèrent doucement Harry et Hermione.
Après un vague mouvement de tête en guise de réponse, il rejoignit la cuisine. Il prit place à la grande table où étaient installés Molly Weasley et Lupin, qui le regardaient, gênés. Lui même s'était plongé à nouveau dans sa lecture, et espérait qu'on le laisserait tranquille.
Mais apparemment plonger sa tête dans un livre n'était pas un signe assez explicite pour dire « foutez moi la paix »... En effet, Molly Weasley qui s'était levée pour préparer le repas du soir, se tourna vers Snape et le regardait avec cette gentillesse mièvre qui le dégoutait...
« Severus, je suis désolée pour tout à l'heure. Nous aurions dû t'appeler. Mais nous ne savions pas quoi faire, vraiment ! Nous ne savions pas que tu saurai gérer la situation aussi bien. » s'excusa t-elle avec remords.
« Vous comprenez maintenant pourquoi Dumbledore m'a choisi comme gardien, n'est ce pas ? » demanda t-il, en colère.
« Oui, je vois très bien. Il paraît clair que vous êtes la personne qu'il fallait à Harry. Je suis désolée d'avoir douté de vous, Severus. » ajouta t-elle.
« Ne refaites plus jamais ça, vous m'entendez ? Plus jamais ! » hurla Snape, se relevant, les poings sur la table, ne se contenant plus. « Imaginez qu'il n'ai pas pu se réveiller, Molly ? Vous ne savez pas à quel point cet enfant est fragile ! Si cela devait arriver à nouveau, je vous assure que je vous tue ! » rajouta t-il, hurlant toujours.
Les enfants dans le salon s'étaient retournés et regardaient la scène, éberlués. Molly avait les larmes aux yeux.
« Je suis vraiment désolée Severus. Je ne voulais pas le mettre en danger. » gémissait elle, sincère.
« Severus, ça suffit. Nous étions désemparés, impuissants. Ce n'est pas de la faute de Molly. » intervint Lupin.
« Je me fiche de savoir qui est responsable ou non dans cette histoire ! Ne refaites plus jamais ça, c'est tout. » menaça Snape de sa voix grondante. Puis il se replongea dans son livre, en silence.
Les enfants se remirent à discuter peu après. Et l'incident paraissait presque oublié.
Vers 19h30, le repas était prêt, et Dubledore arriva peu après que le couvert ait été installé sur la table. Harry eut enfin le droit de s'asseoir aux côtés de Ron et d'Hermione. Le dîner se déroula sans incidents. Et chacun omit bien évidemment de parler de l'accident de Harry... Oh bien sûr Snape en parlerai à Dubledore, c'était très important, mais il pensait que faire subir une humiliation publique au garçon n'était pas la meilleure façon pour en informer le directeur.
Snape posa fourchette, troublé. Depuis quand pensait il qu'une humiliation publique n'était une bonne chose pour Potter ? Ce garçon, l'avait sérieusement troublé, c'était une chose sûre.
Alors qu'ils dégustaient une délicieuse tarte aux fraises, les membres de l'Ordre commencèrent à faire leur apparition. Mais, malheureusement, Harry n'eut pas l'occasion de leur dire bonjour puisqu'ils se dirigèrent tous vers la salle à manger, où se déroulaient les réunions.
Dumbledore se leva alors pour rejoindre les membres de l'Ordre. Il remercia Molly pour le dîner et souhaita une bonne nuit aux enfants. Lupin le suivit peu après.
Snape lança un regard à Molly, qui heureusement, compris. Peut être parce qu'elle était mère... Elle retint les enfants pour une dernière part de tarte, alors que Snape demandait à Harry de le suivre. Harry savait évidemment pourquoi il partait plus tôt que les autres, en compagnie de Snape. Tout du moins, l'espérait il. Il n'aurait jamais osé demander à Snape de l'accompagner, et fut vraiment soulagé qu'il le fasse de lui même.
Le trajet dans l'escalier se fit en silence. Lorsqu'ils arrivèrent dans la chambre de Harry, Snape invita le garçon à aller se mettre en pyjama dans la salle de bains. Snape ne put s'empêcher de remettre les couvertures du lit bien en place. C'était quelqu'un d'ordonné.
C'est alors qu'il réalisa ce que lui avait dit Harry tout à l'heure. Il était tombé dans la salle de bains. Il se précipita à la porte de la salle de bains. Et frappa un petit coup sec sur le panneau de bois.
« Potter, est ce que ça va ? » demanda t-il, inquiet.
« Cha wa. Chme lawe les dwents. » précisa t-il, en ouvrant la porte.
Snape ne put s'empêcher de sourire franchement, de soulagement, comme du ridicule de la situation. Alors que Potter pénétra de nouveau dans la salle de bains pour se rincer la bouche, Snape remarqua qu'il évitait de regarder le miroir au dessus de lui.
Alors que le garçon s'apprêtait à quitter la salle de bains pour rejoindre son lit, Snape le prit par l'épaule et entrèrent de nouveau dans la pièce. Harry voulut se détacher de l'étreinte de Snape, il ne voulait pas regarder dans ce foutu miroir ! Mais le professeur l'en empêcha, il le tenait fermement.
« Ne t'échappe pas, Harry. Je suis là, on fait ça ensemble. » le rassura t-il doucement.
Harry se laissa alors guider, le cœur battant. Comment pouvait il avoir aussi peur d'un miroir ? Il pouvait y arriver après tout. Ce n'était qu'un miroir. Et il était avec Snape. Cependant il n'arrivait pas à se résoudre à relever la tête pour faire face à son reflet.
Snape se baissa un peu, afin d'être à la hauteur de Harry. Il observait la complexité, la peur sur le visage de ce gamin. Il aurait préféré lui dire de ne pas regarder, d'aller se coucher sans penser à ce qui lui faisait peur. Mais il savait que le garçon allait devoir apprendre à affronter. Qu'il devait lui apprendre à affronter. Il serra plus fort le garçon contre lui, et de l'autre main lui tint le menton, doucement.
« Fais moi confiance, Harry. Je suis là, et il ne t'arrivera rien. Tu n'es pas seul. » lui murmura t-il.
Harry laissa alors Snape remonter son menton devant le miroir. Il se regarda. Pendant un instant il prit peur, sans savoir pourquoi. Puis il aperçut Snape à ses côtés. Il était là, il lui souriait gentiment. Il n'avait pas peur quand il était là.
« Regarde toi, Harry. Est ce que tu as peur ? » lui demanda Snape.
Harry se regarda, plus franchement. Non il n'avait pas peur. Pas avec ce bras qui l'entourait en tout cas.
« Non, plus maintenant. » répondit il.
« Bien. Vous pouvez aller vous coucher maintenant. » lui dit il gentiment.
Harry s'avança alors vers son lit, pas très rassuré tout de même quand il réalisait où il était. Snape vérifia les côtes du garçon, avant de le laisser se plonger sous le drap. Snape s'assit à ses côtés, un instant, ne sachant trop quoi faire tout à coup. Mais il voyait cette lueur d'angoisse dans le regard du gosse et il savait qu'il devait essayer de le rassurer. Il posa une main sur le bras de Harry, très légèrement.
« Rappelez vous que si vous avez besoin, ma chambre est en bas. Et même si vous ne voulez pas venir me voir, Lupin et Molly sont là aussi. Essayez de lire avant de dormir, ça fait toujours du bien pour se vider la tête. » ajouta t-il avec un léger sourire.
« Oui, d'accord. Mais euh... je pense qu'on va passer un peu de temps avec les autres avant de dormir et... est ce que vous croyez que vous... » balbutia Harry, gêné.
« Il ne faudrait pas vous coucher trop tard, vous avez besoin de repos, Potter. Alors quand je reviendrai dire qu'il faut éteindre, il faudra éteindre. C'est ça que vous vouliez savoir, n'est ce pas ? » demanda t-il en lui lançant une regard compréhensif.
« Oui, c'est ça. » comprit Harry, rougissant.
« Bien, alors on s'est compris, garçon. A tout à l'heure. » ajouta t-il en refermant un peu plus fort sa main sur le bras du garçon.
Snape se dirigea à pas lents vers la porte de la chambre. Il appréhendait de laisser le garçon seul maintenant. Et pourtant il le fallait bien. Avant de passer la porte, il se retourna pour lancer un dernier regard vers Harry.
Alors qu'il passait devant la cuisine, il lança un regard vers Molly qui lui souri en retour, avant d'envoyer les enfants au lit.
Snape rejoignit alors la réunion de l'Ordre, suivit de Molly Weasley.
Dans la chambre de Ron et Harry, s'étaient rejoint tous les enfants pour une partie de bataille explosive. Mais l'humeur n'était pas au jeu. En réalité, tous se demandaient ce qu'il s'était passé dans la chambre plus tôt dans la journée. Mais personne n'osait briser le silence. Au bout d'un moment, Hermione se lança.
« Ca à l'air de bien se passer avec Snape, Harry ? » demanda t-elle presque innocemment.
« Euh... Oui, ça va. Enfin je sais pas trop, c'est un peu bizarre quand même. » répondit il.
« Comment ça bizarre ? » questionna Ginny.
« Bah... C'est Snape, quoi ! C'est bizarre de me dire que c'est mon gardien pour l'été... Enfin vous connaissez Snape quoi ! » s'expliqua t-il.
« Ouais... Enfin on croyait le connaître en tout cas. Parce que le Snape qu'on a vu aujourd'hui, je l'avais jamais vu encore. » répliqua Ron en riant.
« C'est vrai ça. Si j'avais su qu'un jour il me proposerait de me faire un thé ! Haha ! » ajouta Georges.
« Il a l'air très gentil avec toi en tout cas, Harry. » continua Hermione.
« Si vous voulez parler de ce qui s'est passer tout à l'heure, j'ai pas du tout envie d'en parler ! » se renfrogna Harry.
« Pourquoi tu veux pas en parler ? Ca te gêne ? » s'étonna Fred.
« A peine... » répondit sarcastiquement Harry.
« Bon okay, j'avoue que se faire consoler par le Snape qu'on connaissait peut paraître ridicule. Mais la façon dont il a géré ça, c'était hallucinant. T'aurai vu comment il a gueulé sur notre mère... » continua Fred.
« Il a engueulé votre mère ? » s'étonna Harry.
« Ouais ! Parce qu'elle l'avait pas appelé alors que tu te réveillais pas. Tu nous as fait bien peur d'ailleurs ! Qu'est ce qu'il s'est passé pour que tu t'évanouisses comme ça ? » demanda Ron.
« Je sais pas trop... Je me suis senti mal et je suis tombé. » répondit il, évasif.
Seule Hermione sentait que Harry ne disait pas toute la vérité.
« Quand Snape est arrivé, il t'a réveillé en 5 minutes, alors que nous on a dû essayer pendant vingt minutes au moins sans que tu bouges un cil... Mais en même temps tu appelais Snape dans ton sommeil alors c'est peut être pour ça qu'il a réussi. » indiqua Ginny.
« Je quoi ? » s'étouffa Harry.
« Tu appelais Snape dans ton sommeil. » répéta Hermione.
Harry baissa la tête, gêné. C'était tellement embarrassant de savoir que ses amis l'avait vu comme ça... Et pourtant aucun ne semblait vouloir se moquer de lui.
« Mais vous, ça vous fait pas bizarre que Snape soit mon gardien ? » demanda t-il, curieux.
« Bah... Au début quand Dumbledore nous a dit ça, on était vraiment désolés pour toi, mais rappelle toi à ton anniversaire, il était cool. Et là encore il a pas été méchant. Alors pourquoi pas ? J'espère juste qu'il va pas redevenir comme avant avec toi... Parce que là ce serait dégueulasse. » expliqua Ron.
« De toutes façons, si il est pas cool avec toi, nous on lui pourrira la vie ! On a des tours bien plus vicieux que le coup du chien ! » rassura Fred.
« Tu vois Harry, moi je crois qu'il faut que tu lui laisse une chance. C'est sûr, il n'a pas été gentil par le passé. Mais aujourd'hui il a vraiment eut l'air inquiet pour toi. On l'avait jamais vu perdre son calme comme ça avant ! » indiqua Hermione.
« Mouais... On verra. » conclut Harry, perdu dans ses pensées.
Ils reprirent leur partie de cartes, soulagés d'avoir pu parler de ce qui les tracassaient.
En bas, dans la salle de réunion de l'Ordre, les discussions étaient nombreuses et parfois agitées, mais Snape était plutôt silencieux ce soir là. A vrai dire, il n'était pas vraiment concentré. Il regarda soudain sa montre et remarqua qu'il était 23h. Il fit un signe de tête à Molly en lui montrant sa montre du doigt. Elle lui fit un sourire complice avant de se lever de sa chaise. Si Snape avait pensé un jour avoir des moments complices avec Molly Weasley...
Ils montèrent tous les deux les marches jusqu'à la chambre des garçons et frappèrent à la porte. Ils entendirent Ron les inviter à entrer.
« Allez les enfants, il est temps d'aller se coucher ! Tous au lit ! » ordonna t-elle.
« Oh maman ! S'il te plait, encore une demi heure... » quémanda Ron à sa mère, avec un regard de chien battu.
« Non, Ron. Vous allez au lit, tout de suite. »
Snape qui était resté en retrait derrière Molly écoutait la scène, avec un sourire moqueur.
« Allez m'man. Encore un peu quoi. » insista Fred.
Snape fit alors son entrée, le visage glacial et dur comme le marbre.
« Cessez tout de suite ces jérémiades et obéissez. » coupa il d'un ton tranchant.
Son regard noir eu raison des Weasley puisque plus personne n'osa répliquer. Quelques minutes plus tard, la chambre s'était vidée et seuls restaient Ron et Harry. Molly embrassa les garçons et poussa Ron jusqu'à la salle de bains pour qu'il se change et qu'il se lave les dents, puis fila embrasser les autres enfants. Snape lança un sort de silencio sur la salle de bains, et vint se poser aux côtés de Harry. Le garçon tira la couette sur ses épaules et attendit que Snape prenne la parole.
« Vous êtes bien installé, Potter ? » s'inquiéta Snape, gentiment.
« Oui, ça va. »
« Bien. Alors dormez bien, Potter. Lisez avant de dormir, ça fait du bien, je vous l'assure. Si vous avez besoin, appelez moi. »
« Oui. » répondit Harry.
Snape posa sa main fraiche sur le front du garçon dans un geste de réconfort.
« Vous verrez, avec le temps vous vous habituerez certainement. » rassura t-il. « Bonne nuit, garçon. » ajouta t-il avec un dernier sourire.
Il regarda une dernière fois Harry avant de quitter la pièce. La réunion se fini tard ce soir là et les derniers membres partirent vers 1h du matin. Snape fut le dernier à monter se coucher, comme bien souvent. Il monta au deuxième étage cependant. Il voulait voir comment se portait Potter.
Après avoir ouvert la porte silencieusement, il découvrit que Harry ne dormait pas. Le garçon était sous le drap, de la lumière sortant de sa baguette. Il s'approcha doucement du lit et posa une main sur la bosse que formait le dos rond du garçon. Harry sursauta avant de réaliser que ce n'était que Snape. Le professeur souleva le drap pour laisser Harry s'allonger confortablement.
« Vous lisez encore à cette heure ci, Potter ? » chuchota t-il.
« Oui, je n'arrive pas à dormir. » répondit Harry.
Snape prit le livre et la baguette des mains du garçon et les posa sur la table de nuit, à côté du lit.
« Il faut vous coucher maintenant. Essayez de dormir. » intima t-il au garçon.
Harry aurait tellement aimé pouvoir lui dire qu'il ne dormirait pas. Qu'il se sentait trop mal pour fermer un œil cette nuit. Mais il ne pouvait pas. Il ne dit rien et acquiesça en silence. Snape posa une main sur son épaule et la pressa doucement.
« Bonne nuit, garçon. » ajouta t-il avant de disparaître.
Snape redescendit dans sa chambre, et se coucha aussitôt. Avec les émotions d'aujourd'hui, il n'eut pas de mal à trouver le sommeil.
Dans la chambre au dessus de la sienne, Harry, lui, ne pouvait trouver le sommeil. Seuls les ronflements de Ron réussissaient à le rassurer un peu...
Mais bientôt il sentit l'angoisse monter en lui. Il se mit à imaginer toutes sortes de bruits, toutes sortes de choses qui l'entouraient. Le souffle commençait de nouveau à lui manquer. Et son cœur donnait l'impression qu'il allait sortir de sa poitrine. Il essayait, en vain de se rassurer, de se dire que tout était dans sa tête, en vain. Il dut rester deux heures ainsi allongé, n'osant bouger aucun membre, oubliant presque de respirer.
Mais lorsqu'il crut de nouveau entendre la voix de son parrain murmurer à ses oreilles, il ne put se convaincre que tout allait passer. Il sorti précipitamment de la chambre et descendit les escaliers en silence. Il était maintenant dans le noir complet, il n'arrivait pas vraiment à se diriger. Il touchait du bout des doigts les murs et les portes afin de trouver son chemin. Son chemin jusqu'à la porte de Snape.
Arrivé à destination, il ne put se résoudre à frapper. Il ne pouvait pas venir réveiller son professeur de potions en pleine nuit sous prétexte qu'il entendait des fantômes ! C'était ridicule ! Et pourtant pas assez ridicule à ses yeux pour qu'il puisse prendre du recul sur la situation et retourner dans son lit se coucher.
Harry se laissa glisser contre le mur et se laissa tomber sur le côté, contre la porte de la chambre de son professeur. Au moins, il savait qu'il y avait Snape à l'intérieur. Même s'il avait peur, Snape n'était pas loin. Il suffisait d'attendre quelques heures de plus et tout cela serait fini, il lui suffirait de descendre quand le jour se lèvera et prétexterai qu'il s'est réveillé très tôt le matin. Il respira un grand coup et essaya de ne pas imaginer toutes sortes de choses qui pourraientt arriver autour de lui, dans cette obscurité totale.
« Home, sweet home. » murmura t-il pour lui même...
