.

Salut tout le monde ! Ah ah là j'ai passé un très bon week-end, parce que je suis allée au SKI. Bah oui, avec toutes les chutes de neige, les stations du Massif Central étaient ouvertes et même si ça ne fait que quelques pistes, ça valait le coup de faire 4h de route derrière un chasse-neige pour en profiter !

Enfin bref. Vous vous souvenez d'Ithaca Pallando, la réincarnation d'Elisa dans Star Wars ? Bah, à cause d'un certaine individu, elle a une troisième réincarnation... Dans l'univers de Naruto xD Pour l'instant ce personnage (nommé Byakko) n'en est qu'à l'étape d'ébauche. Mais bon, Elisa a vraiment pas de bol. TROIS RÉINCARNATIONS BORDEL DE NOUILLES. Et que dans des univers plongés dans la guerre ! La pauvre.

Anyway... Rentrons dans le vif du sujet, à savoir le chapitre.

.

Et voilà les réponses aux reviews !

Yo Aomine ! Toujours la première review postée xD Oui, un T-Rex ! Tu n'étais pas tombé loi. L'incide qui donnait la solution, c'était le fait que pour son entraînement, durant l'été, Elisa regarde fréquemment Jurassic Park... Mais voilà, ce n'était pas flagrant xDDDD Sinon, oui, pour la seconde épreuve, ça sera plus facile. Et oui, Hestia a bien informé Barty. Elle lui a dit où était Voldy, elle lui a donné le noms d'autres membres de l'Ordre, et surtout quels étaient leurs faiblesses. C'ets pour ça que même si Maugrey est là, quelqu'un a pu mettre le nom d'Harry dans la Coupe...

Salut DreamerInTheSky ! Oui, quand j'ai écrit la tâche, je me disais : "hum... Qu'est-ce qui serai le plus Extra et Dramatique et Gryffondor ? Oh, je sais, un dino !" Et pouf ça a fait un T-Rex. Voilà. Aurélia aurait adoré, ne ment pas ! Elle adore a confrontation directe x) Sinon, ouiiii, le bal approche. Tu vas voir comment Elisa va gérer ça xD

Contente que ça t'ai plu Kuro No Kage ! Ah ah, t'es pas la seule à ne rien avoir vu venir. Je suis fière de moi sur ce coup, c'était épique (et terriblement Gryffondor). Dans ma tête, j'imagine souvent des scènes épiques, et après je suis frustrée de ne pas pouvoir les écrire. Tandis que là, j'ai pu me donner à fond xDDD

Yo IceQueen38 ! Yep, le T-Rex était un coup fourré et personne ne l'a vu venir, je suis fièèèèère. Bref x) Oui, Apollon Gamp est parfaitement suspicieux. La moitié des lecteurs se disent qu'il est trop suspicieux pour être suspect. L'autre moitié se dit qu'il est trop supicieux pour être autre chose que coupable. Mais dans les deux cas : coupable de quelle façon, par quel moyen, et qui est-il vraiment ? Personne n'a la réponse ! xD

Coucou StElia ! Contente que le Patronus d'Harry te plaise x) Mwahahaha, je suis fière de ce chapitre ! Oui, Sirius et Remus ne se parlent pas, ou plus beaucoup. Quinze ans ont passé depuis les beaux jours des Maraudeurs : quinze ans de profonde dépression, de rancune, de regrets. Ca laisse des traces. Remus doit marcher sur des oeufs, et Sirius doit être sur la défensive. Ils ont tellement de choses à se dire, tellement de choses qu'ils ont peur de se dire ("Comment tu as pu croire que c'était moi le traître ?!" "Comment est-ce que tu as pu être aussi stupide ?" "Tu aurais dû faire mieux !"), qu'ils vaut mieux rester silencieux. Ils sont tous les deux profondément blessés : et le problème c'est que quand on souffre, on a tendance à se défouler sur les autres pour les faire suffrir aussi. Leur relation est comme une mine prête à exploser. Un pas de travers, et... BOUM. Enfin bref ! Voilà voilà xD Aaaaah, le T-Rex ! Ca a tellement la classe. Honnêtement c'est dans mes plans depuis que j'ai vu Jurassic World (je pense que j'écrivais encore le tome 2 ou le 3 xD), parce que le combat des deux géants était épique. Et du coup, voilà, Elisa balance un T-Rex dans Poudlard, et elle se fait des centaines de fans xD Pour ce qui est d'Harry est de la romance ! Dans cet univers, Cho est hors-limite pour lui (parce qu'il sait qu'il y a quelque chose entre elle et Cédric). Mais il connaît plein d'autres filles, alors oui, il va bien y avoir de la romance x)

Hello Aeson1234 ! Un chapitre "tout feu tou flamme"... XD Oui, la blague ets nulle mais j'ai ri. Je suis bon public. En tous les cas, merci encore ! Et j'espère que le prochain chapitre te plaira tout autant (même sans T-Rex d'eau !).

Ah ah AndouilleEtSushi, je t'ai fait stresser pour la Tâche ? Ce n'ets rien du tout à côté de la trouille d'Elisa ! xD Oui, Harry a eu à peu près les mêmes notes que dans le canon. Sinon, pour l'oeuf : Elisa va garder l'oeil sur Harry pour l'aider au besoin, mais pas de souci, il va se débrouiller seul x) Pour ce qui est de Matt et Remus... Oh là là j'ai la pression, tous les lecteurs veulent qu'ils fassent quelque chose pour améliorer la condition des loups-garous. Patience ! Remus est un paria, Matt vit caché, ils sont tous les deux pauvres et profondément méfiants x) Mais oui, se rencontrer va les aider dans leurs vies personnelles, et dans le futur ils aiderons la cause des loups-garous à progresser... Mais dans le futur x)

Yo Mayoune ! Non non, je t'assure, j'ai quasiment recopié ligne pour ligne ce qu'Harry fait dans le canon. Son talent au Quidditch et ses stratégies d'Attrapeur sont les mêmes, de toute façon x) Mais oui, ça reste un show brillant... Ce qui est le principe du tournoi, comme tu l'as dit. Le plus éblouissant emporte la mise ! Et là, c'est sans conteste Poudlard qui a triomphé xD

Salut Alicia-Elric ! Ah ah, oui, Elisa a un vrai problème de délégation : elle n'y pense jamais. Quand ça lui vient à l'esprit, elle se dit "mais bien sûr !" et elle organise parfaitement ça (la preuve avec Tourmaline), mais... Le plus souvent, elle n'y pense pas du tout xD Bref ! Pour ce qui est de Sirius et Remus... Ils ont quand même un lourd passif derrière eux, et beaucoup de rancune. Dans le canon, quand on les voit ensemble, ils prétendent que tout va pour le mieux lorsqu'ils sont entourés d'un public. En privé, Remus est déprimé, abattu, misérable. Sirius est agressif, en colère, hargneux. Ils marinent tous les deux dans les sentiments qu'ils ont refoulés depuis quinze ans : leurs regrets, leur colère, leur chagrin. Ils souffrent. Et quand on souffre, souvent, on dit des choses blessantes aux autres, pour qu'ils souffrent eux aussi, pour qu'ils comprennent ! Donc voilà. Sirius et Remus en ont bien conscience, et ils se parlent peu parce qu'ils n'osent pas imaginer ce qui se passerait s'ils se parlaient à coeur ouvert. Ca finirait sans doute par une gigantesque dispute qui briserai leur amitié, et... Ils ne veulent pas ça. Ils n'ont personne d'autre.

Coucou All-Dreamers ! Ah, le tome 4 canon a plein de défauts. C'est le début de l'intrigue sérieuse, où Harry a besoin de soutien pour une plus grande cause : et c'est dans ce tome qu'on réalise à quel point il est seul. Comme c'est un élément du canon qu'Elisa a corrigé... Normalement, ça devrait mieux se passer x) Bref ! Tu n'imagines pas un air béat et ravi quand je lis que tu as été scotché à ta lecture =D C'est la plus grande fierté d'une auteure ! Je suis contente que tu ais aimé du coup x) Voilà voilà. Pour la note sur Gwendolyn Bowman, il faudra attendre un ou deux chapitres... Je compte poster sur Tracey Davies, et ensuite on s'attaquera à Gwendolyn, Neal, puis Lester =)

Merci Leaulau x) Je m'étais tellement mis la pression pour écrire ce chap'... Je suis contente que le résultat final t'ai plu ! Je crois que je l'ai écrit de façon beaucoup plus "émotionnelle" que la canon, en fait : avec le stress d'Elisa, son allégresse, son euphorie, etc. Bref, aprèsavoir fini le chapitre j'étais émotionnellement drainée ! xD

Salut BlancheEner ! Le décompte des points est résumé dans ce chapitre, mais t'inquiète, Elisa est en têe x) Comment pourrait-elle ne pas l'être, avec un PUTAIN DE T-REX ?! xDDD Bref ! Pour le "bien volé" d'Elis apour la deuxième tâche, je pense que c'est assez évident, ça sera Trisha. Elle est beaucoup plus proche d'elle que de Cédric ou... de quiconque en fait x) Pour l'uniforme de Fleur : elle doit porter une jupe longue, avec un legging/pantalon/coolants épais en-dessous. C'est qu'il fait froid en Ecosse x) Arrête de faire ne fxette là-dessus x) Mais oui, lajupe ets canon (j'ai pris ce passage du livre, pas des films) donc du coup j'ai imaginé une jupe assez "traditionnelle". Et puis... Les élèves de Poudlard sont en ROBE... Alors pourquoi pas ?

Merci Marie la Petite ! Je suis contente de l'avoir finie (et postée), parce que c'est l'un des chapitres où je me suis le plus donné à fond. Quoique, la troisième Tâche sera pas mal aussi... x)

Hello Letilableue ! Oui, le stress était quasiment plus facile à écrire que l'épreuve. Bah quoi ? Ca m'arrive souvent de stresser (surtout avant un oral !). Mais ça m'arrive beaucoup moins souvent d'affronter un dragon ! xD

Coucou Zarbi ! Eh non, le bal n'est pas dans ce chapitre. Y a trop de trucs à dire x) Sinon, ouiiii, le T-Rex était une tellement bonne idée. Mwahahaha, j'en suis fière x)

Tout à fait Rose-Eliade : être moins isolé va beaucoup simplifier la vie d'Harry. Face à Voldemort, évidemment (c'ets toujours plus facile d emener une guerre quand on siat qu'on est soutenu), mais aussi face au Ministère, face au public, face aux manipulations de Dumbledore. L'isolation d'Harry est un vrai problème dans le canon... Mais dans l'univers d'EB, ça c'est un peu amélioré =)

Hello Allan Eddem ! Oui, la chasse de Maugrey le fait HAÏR de ses élèves. Tous sans exception x) Oui, en effet, le Patronus d'Harry est révélateur. Seulement, comme personne n'a vu le Patronus d'Isabelle, tout le monde va y voir une référence à James et Lily x) Bref ! Oui, le sortilège de Remplacement est inspiré du Kaminari No Jutsu xDDDD Mais l'utiliser pour l'oeuf aurait été trop paresseux, et pas assez spectaculaire. Elisa n'aurait donc pas eu une très bonne note... Tandis que là, elle a tout déchiré xD Sinon, pour Harry et les filles ! Non, il n'est pas rougissant et timide, parce que... Bah, les filles ne sont pas rougissantes et timides avec lui. Ce sont ses amies, un peu comme Hermione (sauf qu'il remarque un peu plus leur féminité xD). BREF ! Non, Elisa n'a pas oublié comment Harry a passé l'épreuve du lac, mais elle ne se souviens plus des détails (comme le fait que Dobby a entendu Maugrey parler de la Branchiflore et que c'est ça qui lui en a donné l'idée). Et pour ce qui est de Matt... Pour l'instant sa relation avec Remus est celle d'une connaissance cordiale. Ils sont très curieux l'un vis-à-vis de l'autre, ils aiment discuter, mais il y a encore une certaine distance parce qu'ils ne se sont jamais rencontré en personne et qu'ils sont tous les deux d'un naturel très réservé.

Merci beaucoup Lamésis ! Du coup j'espère que cette astuce de "comment se sortir du syndrome de la page blanche" te sera utile. C'ets la seule solution qui marche vraiment, même si bien sûr recommencer une fic, c'est frustrant (et, ironiquement, cette frustration peut pousser à arrêter ce projet...). Mais c'est un risque à prendre pour sortir d'une impasse d'écriture !

Salut Streema ! Oui, c'est bête qu'Harry n'ai pas vu ça. Quant à Flitwick, tu imagines bien qu'il ets tombé de sa chaise tellement il était surexcité. Pour ce qui est du Patronus d'Harry : c'est bien une référence à Isabelle (et plus précisément au fait que l'animal symbolique d'Isabelle soit le daim) xD Bref ! Pour ce qui est du bal... MWAHAHAHA. Secret. Tu verras bien. En fait je pense qu eplusieurs lecteurs l'ont vu venir déjà. Et puis, pour Sirius et Remus... Ils essaient de se parler, mais franchement, je pense qu'il y a trop de sujets douloureux entre eux. Même dans le canon, on voit qu'ils ont du mal à évoquer les sujets sérieux. Un mot de travers et c'est toute une blessure mal guérie qui se ré-ouvre ! Bref, ils marchent sur des oeufs, et à force d'éviter des sujets qui fâchent, ils n'ont plus grand chose à se dire... ET puis, il y a aussi un petit côté "fuck you". Surtout de la part de Sirius. Il n'a pas pu compter sur Remus durant toutes ses années, alors maintenant qu'il est libre, il met un point d'honneur à ne pas faire de Remus le centre de sa vie. Si son ancien ami veut regarder sa confiance, il doit le mériter ! ET Lupin essaie, vraiment : mais en même temps lui aussi a des raisons d'en vouloir à Sirius. Bref c'est une grosse bombe prête à exploser x)

Ouiiii Elesdei, bien vu, le prénom de Trisha me vient effectivement de FMA x) Il est cool ce nom ! Mwahahaha, je me suis bien éclatée avec le T-Rex. Sinon, pour le Chauve-Furie : la traduction française n'explique pas vraiment ce que ça fait. Le nom anglais, "Bat-Bogey Hex", est beaucoup plus explicite parce que ça se traduit littarelement comme : "crottes de nez monstrueuses transformées en chauves-souris". Et oui, ça fait exactement ce que tu penses : tes crottes de nez te sortes du nez en se transformant en chauve-souris et t'attaquent ! XDDDD

Salut Henri Golan ! Non, je n'ai pas encore publié ma fic sur Star Wars... Je ne sais même pas si je vais la publier tout court, d'ailleurs, parce que je ne suis pas vraiment assez à fond dans ce fandom. Mais si ça t'intéresse, je peux te l'envoyer sous format PDF ^^ Demande-la moi par MP sur facebood (sur la Salle sur Demande) ou sur le Discord du groupe !

.

Passons au personnage du jour... Tracey Davis ! J'étais sûre d'avoir fait sa fiche mais apparemment non, donc voilà x)

Tracey Nancy Davis est une Sang-Mêlée, la seule de sa classe à Serpentard. Elle a un visage volontaire entouré de longs cheveux auburn (brun-roux), des yeux noisette à l'éclat calculateur, et un sourire spontané. Durant ses premières années à Poudlard, elle a banni de son apparence tout ce qui pouvait rappeler ses origines Moldues. Cependant, elle a gagné en assurance et ose désormais afficher la mixité de ses origines dans son style.

Son père est un Sang-Pur, Bartley Davis. Il vient d'une famille peu ancienne, mais Sang-Pure et très digne. Il a deux sœurs, mais il est l'héritier. Ses parents ont désapprouvé son mariage avec une Née-Moldue. Bartley est journaliste, et écrivain à ses heures perdues. C'est un rêveur, un voyageur. Il est passionné et charmeur, mais inconstant, toujours distrait. Il aurait été le parfait Serdaigle… Mais il n'a pas fait sa scolarité à Poudlard mais à Durmstrang, à l'insistance de sa famille qui a des racines russes.

La mère de Tracey se nomme Nancy Davis (née Wells). Elle est Née-Moldue, ex-Gryffondor, et travaille comme Oubliator. C'est une femme travailleuse et courageuse, mais qui aime aussi rire et s'amuser, et qui est fascinée par la mode, la haute couture, les beaux bijoux. Sa famille est relativement fortunée (c'est une lignée ancienne qui possède de nombreuses terres), et Nancy est donc assez riche pour se payer des robes sublimes… Et se glisser aux cocktails et aux soirées de la haute société. C'est ainsi qu'elle a rencontré Bartley.

Nancy et Bartley ont eu un coup de foudre, se sont mariés très vite, et ont eu Tracey peu de temps après. Cependant, leur amour s'est éteint au bout de quelques années, et les sujets de disputes ne manquaient pas. Tous les deux travaillaient à plein temps, et n'étaient donc pas très disponibles. Leurs familles les poussaient à se séparer. Bref, au cours de l'année 1992, Bartley a quitté le domicile familial pour retourner chez ses parents, et une procédure de divorce a été lancée.

Les lois sorcières favorisent les Sang-Purs, et la garde de Tracey auraient donc dû être retirée à sa mère Née-Moldue. Mais Bartley comptait voyager et savait donc qu'il ne pourrait pas prendre soin de Tracey. Elle aurait été confiée à ses grands-parents paternels, qui l'auraient envoyée à Durmstrang. Nancy et lui se sont donc arrangés pour que Tracey reste en Angleterre avec sa mère. La famille Davis a également déshérité Tracey, qui est rayée de leur généalogique (ils espèrent que Bartley aura un autre enfant, un Sang-Pur cette fois). Bref, Bartley a seulement un droit de visite. Cela peine un peu Tracey, qui tient à son père, mais elle réalise qu'elle s'en tire plutôt bien. Et puis, elle a toujours préféré sa mère…

Mais revenons à Tracey.

Tracey est, au premier regard, quelqu'un de réservé, poli, aimable, souriant. Elle est tout à fait à l'aise en société. Après tout, même si ses parents ne sont pas des aristocrates, ils sont tous les deux fortunés, et elle a grandi relativement proche de la haute société. Tracey a donc toute l'éducation d'une petite Sang-Pure. Elle a eu les mêmes tuteurs, les mêmes leçons. Oh, elle a aussi reçu une éducation moldue (sa mère a insisté) mais ses deux parents ont privilégié ses racines sorcières. Au milieu d'un gala du Ministère, Tracey fait donc parfaitement illusion.

Mais voilà, c'est une illusion. Et pas seulement parce que Tracey est une Sang-Mêlée. Elle est une rebelle dans l'âme. Elle aime l'aventure, les défis, l'inconnu. Elle a un côté facétieux et adore les blagues. Elle est terrifiée par l'altitude (elle a le vertige) mais elle adore la vitesse. Elle aime le rock, et toutes les musiques qui font bouger. Elle rêve de voyager.

Tracey aime aussi les livres. Tous les livres. Elle adore apprendre de nouvelles choses, ou bien découvrir les aventures des romans de fiction. Le Choixpeau a brièvement hésité à la placer à Serdaigle pour cela. Tracey aime savoir, elle aime apprendre. Elle se tient d'ailleurs au courant de toutes les rumeurs du château (Tabitha Bainbridge est sa principale informatrice, suivie de près par Pansy Parkinson). Elle est très douée quand il s'agit de démêler le vrai du faux. Tracey est quelqu'un de futé, de subtil… et de calculateur. Elle est joyeuse et spontanée, oui, bien sûr : mais face à un concept, un projet, un but, Tracey ne se jette jamais dans le feu de l'action sans avoir froidement pesé le pour et le contre. Si on allie cela à son naturel aimable, son charme, et son éducation policée… Tracey serait une excellente avocate. Elle a du talent. C'est d'ailleurs ce qui lui a permis de s'intégrer dans le groupe de filles de Pansy Parkinson (qui, pourtant, méprise les sorciers au sang impur). Elle absorbe la moindre information comme une éponge, et l'analyse avec minutie.

Mais cela dit, l'ambition de Tracey dépasse de loin son amour du savoir. Elle a de grands rêves. Elle veut changer le monde. Elle veut devenir plus qu'une simple Sang-Mêlée, obligée de faire face au dédain des Puristes. Elle veut parvenir au sommet de l'échelle. Elle veut être la meilleure.

Pour autant Tracey n'est pas quelqu'un de froid. Calculatrice, réfléchie et ambitieuse, certes : mais elle n'est pas froide. Elle a un grand cœur, et de la compassion à revendre. Elle s'attache à toutes les causes qui visent à défendre les plus démunis. Elle n'hésite pas à tendre la main à ceux qui sont rejetés par la société. Elle fait simplement attention à ne pas le faire trop ouvertement. Elle doit faire attention à sa réputation, après tout. Elle est une Serpentard, et elle est amie avec des Puristes. C'est un gage de pouvoir au même titre qu'une incitation à la prudence. Tracey n'a pas le luxe de se rendre trop remarquable, quant elle est avec ses amies de Serpentard. Elle est davantage elle-même avec les membres du CEM, plus particulièrement le Trio d'Or. Ils s'en fichent, eux, si elle ne respecte pas l'étiquette au pied de la lettre. Avec eux, elle peut être plus désinvolte, plus expressive, et plus téméraire.

Tracey a beau être une étrangère (Sang-Mêlée, pas aristocrate mais pas issue du commun, etc.), elle est remarquablement bien entourée. Elle a des amis dans les quatre Maisons : Millicent Bulstrode (et le gang de Pansy Parkinson) à Serpentard, le Trio d'Or à Gryffondor, deux membres du CEM (Sue Li et Mandy Brocklehurst) à Serdaigle, ainsi que Zacharias Smith (et anciennement Sally-Anne Perks) à Poufsouffle. Elle est aussi assez proche d'Elisabeth Bishop, qui l'a pris sous sa protection durant sa première année.

.

Voilà voilà =)

Allez, on passe au chapitre. Pas de bal, malheureusement : ça sera dans le prochain. Mais on va évoquer un point tournant du canon...

.


.

Le sortilège de l'Impérium

.

Il y eut un dîner aux allures de fête dans la Grande Salle, où quasiment personne ne s'assit à sa table : tout le monde était sur les bancs de Gryffondor, où Harry avait entraîné Elisa et où ses amis l'avaient suivie. Beaucoup de gens (quasiment tout Poudlard, en fait) la félicitèrent, ou félicitèrent le Survivant.

Fred et George faisaient grise mine : ils avaient parié sur Harry prenant la tête du Tournoi, mais c'était Elisa qui avait le meilleur score. Ensuite venait Krum et Harry à ex-æquo, puis Fleur. C'était Takashi Noda, qui avait parié sur cet ordre exact, qui avait raflé la mise.

Le dîner fut joyeux, animé, et plutôt désordonné. Puis, après le couvre-feu, il y eut une autre fiesta chez les Poufsouffle. Après tout, leur championne était en tête du Tournoi ! Ça méritait bien une petite fête dans la salle commune ! D'autant plus que les jumeaux Weasley leur avait fait cadeau d'un paquet de feux d'artifices et de whisky Pur-Feu de contrebande. Trisha avait ramené de la Bièraubeurre, et plusieurs autres Poufsouffle avaient ramené plein de sucreries des cuisines. Elisa, entourée de ses amis, n'arrivait plus à s'arrêter de sourire et de rigoler. L'atmosphère était chaleureuse et enthousiaste, et il lui semblait que rien ne pouvait mal se passer.

– La vache, qu'est-ce que c'est lourd ! s'exclama Raashid Hussain en soupesant l'œuf d'or.

– Ne le casse pas ! s'inquiéta un élève de septième année dont Elisa ne connaissait pas le nom.

– Ce truc a survécu à un dragon, c'est pas Raashid qui va en venir à bout ! rigola Rhonda. Alors, tu as vu ce qu'il y a dedans, Magister ?

Elisa sourit jusqu'aux oreilles :

– Pas encore. Vous voulez que je l'ouvre ?

– OUAIS !

– J'AI PAS ENTENDU !

OUAIIIIIIIS !

Hilare, Elisa tritura la rainure qui courait le long de l'œuf. Après s'être pas mal débattue (elle avait les ongles courts, et ce n'était pas pratique) elle finit par réussir à l'ouvrir.

L'œuf était creux et totalement vide, mais lorsqu'Elisa l'ouvrit, un horrible bruit aigu et assourdissant s'éleva dans la pièce. On aurait dit le mélange du grincement atroce d'une craie sur un tableau, et un hurlement suraigu de femme. Même en s'attendant à ça, Elisa faillit quand même tomber à la renverse sous le coup de la surprise, et elle referma l'œuf d'un coup sec.

– La vache ! lâcha Trisha avec incrédulité en ôtant ses mains de ses oreilles. Qu'est-ce que c'était que ce truc ?

Elisa savait qu'il s'agissait du langage des sirènes, mais elle espérait que quelqu'un creuserait cette piste afin de lui donner l'indice nécessaire. Après tout, elle pouvait difficilement justifier l'idée saugrenue d'aller écouter l'œuf dans un bain ! Aussi, elle déclara innocemment :

– Ça n'avait rien d'humain, en tous cas !

Plusieurs élèves eurent l'air pensif, et les idées commencèrent à circuler :

– Peut-être que c'est une Banshee ?

– Une chimère ?

Il y eut plusieurs suggestions, toutes plus abracadabrantes les unes que les autres, mais personne ne pensa aux sirènes. Très vite, la fête reprit, et le cri de l'œuf fut oublié. Elisa et ses amis allèrent se coucher très tard, vers deux heures du matin, l'esprit en paix et toujours euphorique. La jeune championne plaça son dragon miniature sur sa table de nuit, et se promit de l'envoyer à sa mère dès demain. Ça, c'était un cadeau pour le moins exotique. Durant tous leurs voyages, les Bishop n'avaient jamais vu de dragon…

La vie reprit son cours normal.

Elisa envoya le dragon miniature à sa mère, et reçut une lettre pour le moins indignée de ses deux parents, qui avaient appris le déroulement de la première Tâche grâce à Xénophilius Lovegood (Luna lui avait tout raconté le soir même). Elle s'empressa de les rassurer par miroir. En cours, elle dut mettre les bouchées doubles en Métamorphose et en Sortilèges, où son angoisse lui avait fait prendre du retard durant les jours précédant l'épreuve. Surtout en Métamorphose, d'ailleurs : ils commençaient à étudier la Métamorphose animale, un sujet d'une grande complexité.

Elle appela Matt par miroir et lui raconta son coup d'éclat, qui impressionna beaucoup le loup-garou. Elle donna également de ses nouvelles à Gwendolyn, Madeline, et Cécile, et reçut en retour des nouvelles de Tourmaline. Elle essaya de se replonger dans ses travaux pour créer la version sorcière de la vidéo.

Randall la contacta (ainsi qu'Harry) pour obtenir une nouvelle interview. Harry accepta de dire quelques mots par miroir, mais pas de se faire interroger : en revanche Elisa fut ravie de parler de la première Tâche. Elle flottait toujours sur un nuage.

Deux jours plus tard, l'article était publié dans la Gazette. Les performances de Fleur et Krum étaient brièvement décrites (Randall avait apparemment fait ses recherches, et c'est ainsi qu'Elisa apprit que Krum avait utilisé un Maléfice de Conjonctivite et que Fleur avait endormi son dragon), mais l'article s'intéressait surtout au passage d'Harry et d'Elisa. Contrairement à Rita Skeeter, Randall ne cherchait pas à braquer les projecteurs sur le Survivant si celui-ci tentait de les fuir. La performance d'Harry était donc décrite en un seul paragraphe, et abondamment complimentée, mais ça n'était pas le cœur de l'article.

Elisa, quant à elle, avait droit à trois paragraphes décrivant le "monstre de cauchemar" qu'elle avait "fait apparaitre de nulle part" et qui avait "terrassé d'un seul coup un dragon adulte". Randall insistait lourdement sur le fait que le dragon avait été écrasé au sol. L'article était un peu dramatique au goût de la jeune fille, mais pas trop mauvais.

Cela n'empêcha pas les gens de citer des passages à voix haute, exagérant le ton théâtral de Randall et accompagnant leur spectacle de grands gestes comme s'ils se pâmaient d'effroi. L'occasion de se foutre du Magister était trop belle pour qu'ils la laissent passer. Ambre Kwebena, surtout, faisaient des imitations à tomber par terre : rugissant, écarquillant les yeux pour imiter la tête d'Elisa lorsque le dragon s'était retourné vers elle, se pavanant en brandissant au-dessus de sa tête en œuf d'or imaginaire. Si Elisa ne flottait pas sur son petit nuage, elle aurait sans doute été un poil vexée…

Mais justement, elle était encore trop ravie et hébétée pour se formaliser des moqueries, alors elle levait les yeux au ciel mais ne protestait pas trop. Terence, qui était devenu un incroyable fan de dinosaures depuis qu'il avait vu Jurassic Park cet été, se chargeait de défendre son honneur en s'indignant que des gens traitent de façon aussi triviale l'incroyable combat entre un dragon et un T-Rex. Cette mode passerait vite.

Bref. La routine.

Le mois de novembre prit fin presque trop vite, et ce fut le début de décembre, qui apporta avec lui du vent et de la neige fondue. Il apporta aussi avec lui une discussion qu'Elisa savait nécessaire, mais dont elle se serait bien passée… A savoir : informer Harry du lien mental entre lui et Voldemort.

Ce n'était pas une perspective réjouissante.

Harry avait cependant insisté pour qu'Elisa lui fasse part de ses "découvertes". Il avait eu quelques jours pour profiter de son triomphe et de sa réconciliation avec Ron, mais à présent, il voulait des réponses. Elisa lui donna donc rendez-vous dans la salle du CEM, hors des horaires normales du club, afin d'être tranquille. Elle vint seule, mais Harry était accompagné de Ron et Hermione. Ce n'était pas une surprise : ils étaient au courant de cette histoire, et de toute façon le Survivant leur aurait tout raconté à la première occasion.

– Pourquoi on ne pouvait pas en parler à la bibliothèque ? demanda Hermione tandis qu'Elisa verrouillait la porte derrière eux.

– Parce que cette histoire est beaucoup trop grave pour qu'on prenne le risque que quelqu'un l'entende, rétorqua Elisa.

Le Trio d'Or s'assit à table et Elisa prit place en face d'eux. Harry, le visage sombre, ne marquait aucun signe de surprise. Le pessimisme de la Poufsouffle en la matière, et sa réticence à en parler, lui avait sans doute permis de deviner l'essentiel.

– La douleur de ma cicatrice a bien été causée par Voldemort, n'est-ce pas ?

– Tom, rectifia aussitôt Elisa.

– Tom. Alors, c'était lui ?

Elisa grimaça. Il n'y avait aucun moyen d'adoucir la nouvelle. Elle ne savait pas trop comment annoncer ça en douceur…

– J'ai planché dessus. J'ai farfouillé dans mes grimoires de magie de l'esprit, et j'ai même rouvert l'affreux bouquin de magie noire en hongrois enfermé à double tour dans le débarras du Cottage…

– Tu as un bouquin de magie noire ?! s'étrangla Ron.

Elisa haussa les épaules :

– C'est une antiquité hongroise qui a appartenu à un seigneur vampire, ma mère l'a ramené comme souvenir. Ce n'est pas comme s'il était au milieu de la bibliothèque.

Et ce n'était pas la chose la plus dérangeante que contenait la pièce inoccupée du Cottage qui servait de débarras à objets dangereux. Outre une boîte à musique maudite, une épée qui semblait toujours humide de sang, ou une jarre scellée contenant une main de zombie, cette pièce contenait aussi plusieurs têtes réduites de Papouasie-Nouvelle-Guinée qui semblaient vivantes.

– Et pourquoi tu avais besoin de le lire, si c'est un livre de magie noire ? lâcha Hermione d'un air réprobateur.

– Parce que ce bouquin décrit parfaitement l'Avada Kedavra, contra Elisa.

– L'Ava-quoi ? répéta Harry.

Elisa le regarda fixement, se sentant soudain très stupide, et affreusement mal à l'aise. Evidemment, dans le canon, Barty parlait à sa classe des Impardonnables… Mais Maugrey ne l'avait sans doute pas fait. Ils ne suivaient probablement pas le même plan de cours…

La jeune fille ouvrit la bouche, la referma, réalisa qu'il n'y avait pas de bonne façon d'annoncer ça, et lâcha d'une voix plus ou moins égale :

– Le Sortilège de la Mort. Il tue instantanément, sans douleur, sans effort. C'était un maléfice très courant durant la guerre. C'est ce sort que Jedusor a utilisé pour tenter de te tuer, et qui a rebondi sur toi.

Harry avait pâli. Ron et Hermione aussi. Elisa toussota, gênée :

– Vous voulez qu'on en reparle une autre fois ?

Le Survivant hésita, puis secoua la tête :

– Non, c'est bon. Je veux juste savoir si tu as trouvé quelque chose à propos de ma cicatrice.

Ses deux amis accueillirent le changement de sujet avec soulagement, hochant vivement la tête pour manifester leur accord. Elisa prit une grande inspiration. Elle sentait que la conversation allait être longue.

– Ok, alors en excluant la possibilité que Tom ait été près de toi à ce moment-là, je me suis basée sur l'hypothèse que ta cicatrice te connectait à lui, même à distance. C'est pour vérifier ça que j'ai dû me plonger dans ce fichu grimoire de magie noire, d'ailleurs. Mais le verdict est : oui, il est possible que l'Avada qu'il t'a envoyé ait créé une sorte de lien mental entre vous deux.

– Quoi ?! fit Harry horrifié. Tu es sûre ?!

– Tout à fait, répondit Elisa d'un ton d'excuse.

– Comment tu en es arrivée à cette conclusion ? lâcha Hermione d'un air dubitatif en sortant une plume et du papier. Tu as des références ? Pas que je doute de toi, mais enfin, si je pouvais vérifier…

Elisa pouvait difficilement lui expliquer que cette certitude lui venait du canon tel qu'elle l'avait lu dans sa vie passée. Elle ne pouvait pas non plus parler de l'Horcruxe. Cela dit, grâce au grimoire obscur stocké au Cottage, elle avait découvert des informations qui lui permettaient de rationaliser l'idée qu'un lien mental existe suite à un Sortilège Impardonnable… Et elle ne dédaignait jamais une occasion d'étaler son savoir pour éblouir la galerie.

– Tu es familière avec l'idée selon laquelle l'être humain est constitué premièrement d'une âme, deuxièmement d'un esprit, et troisièmement d'un corps ? Eh bien, les sorciers ont la même conception, sauf que la magie est au sommet de la pyramide, au-dessus de l'âme. Donc quand un sorcier lance certains sorts, cela peut affecter les trois autres éléments.

Elisa théorisait que c'était pour ça que la magie noire endommageait l'âme et l'esprit de ceux qui en abusaient : la magie noire était corrosive, alors elle ne traversait pas l'âme et l'esprit de façon aussi fluide que la magie ordinaire.

Et, sur un tout autre sujet, cette façon de voir l'être humain expliquait largement la théorie puriste. Si les Moldus n'avaient pas de magie, comment être sûr qu'ils avaient une âme ? Ou même un esprit ? Si la magie était le véritable élément d'immortalité de l'être humain, la chose la plus sacrée en lui, comment considérer les Moldus comme humains ?

– L'Avada Kedavra est un des trois sorts Impardonnables, continua Elisa. Fais des recherches là-dessus, parce que ça m'étonnerai que Maugrey ne les mentionne pas. C'est le top du top de la magie noire, pour deux raisons. Premièrement, jeter un Impardonnable ne nécessite presque aucun pouvoir, seulement la volonté de faire du mal à autrui. Mais surtout, deuxièmement, les Impardonnables affectent directement l'âme de la victime. Ils peuvent laisser des répercussions physiques ou mentales, mais ça, ce ne sont que des effets secondaires.

Ron avait le teint un peu verdâtre, et Elisa le comprenait. Là, elle leur donnait un résumé assez clinique, mais… les Impardonnables, c'était des trucs assez horribles.

– Et la connexion mentale ? fit Hermione qui n'avait pas perdu de vue l'essentiel.

Elisa traça dans l'air la trajectoire sur sort, pour illustrer ses propos :

– Quand Tom a lancé l'Avada, le maléfice est parti de sa magie, a traversé son âme, son esprit et son corps : puis a traversé le corps, l'esprit, et l'âme d'Harry, avant de rebondir sur sa magie. Et là, le sort a refait le chemin inverse, a retraversé Harry, puis Tom, et c'est en revenant à la magie de Tom que le maléfice l'a pulvérisé. Vous visualisez le trajet ? Ce que je veux dire, c'est qu'un jet de magie a fait un aller-retour qui a connecté vos deux magies, en traversant vos deux êtres, dans leur totalité. Plus que ça : c'était un jet de magie noire, qui est corrosive et connue pour laisser des séquelles impossibles à guérir. Ce serait complètement inouï qu'il n'y ait pas une sorte de résidu, comme un écho, une résonance…

Harry avait porté la main à son front, l'air nauséeux. Dans le canon, quand est-ce qu'il apprenait l'existence du lien entre lui et Voldemort ? En cinquième année ? Elisa se demanda brièvement s'il était trop tôt pour l'en informer, puis repoussa fermement cette idée au fond de son esprit. C'était nécessaire. Laisser Harry dans le noir n'aiderait personne.

Le Survivant avait l'air sous le choc, et vaguement horrifié. Hermione avait toujours l'air un peu sceptique, mais aussi inquiète, ce qui était bon signe : elle commençait à y croire. Quant à Ron, il fixait Harry avec effroi comme s'il s'attendait à ce qu'il se change en Voldemort dans l'instant. Elisa s'empressa de le rassurer :

– Ce n'est pas comme une possession ou… quelque chose du même genre. Je vois un peu ça comme une porte communicante. Je ne pense même pas que Tom sait que ce lien existe.

Ron n'eut pas vraiment l'air réconforté. D'un autre côté, c'était difficile de dire quoi que ce soit de positif sur le sujet…

– Et c'est ce lien qui ferait mal à ma cicatrice ? lâcha faiblement Harry.

Elisa hésita. Elle devait trouver le parfait équilibre entre donner le maximum d'information, et cacher le fait qu'elle avait accès à des connaissances complètement inexplicables. Et en même temps, elle ne voulait pas affoler Harry. Lui dire qu'il y avait un lien mental entre lui et Voldemort, d'accord : après tout, il avait des visions, et il fallait le lui expliquer. Sinon, il paniquerait, il s'imaginerait des choses, il prendrait des décisions sans avoir toutes les données. En bref, c'était pour le mieux.

Mais lui parler de l'Horcruxe ? Du fait qu'il était lié à l'âme de Voldemort, à ses émotions ? Certainement pas. Si elle le pouvait, Harry n'apprendrait ça qu'au dernier moment. Tant que son sacrifice pouvait être évité, il était inutile de lui mettre dans la tête l'idée qu'il devait se prendre un Avada pour détruire un bout d'âme de Voldy !

– Euh, en quelque sorte ? tenta-t-elle d'expliquer. Le lien a toujours été inactif jusque-là. Si ta cicatrice te fait mal, d'après moi, c'est parce qu'il y a une pression exercée sur le lien.

– Il essaie de rentrer dans mon esprit ?! s'horrifia Harry.

– Ou tu es accidentellement entré dans le sien, lâcha la Poufsouffle.

A en juger par l'expression épouvantée du Survivant, c'était encore pire. Hermione avait l'air fasciné par l'idée.

– C'est possible ça ?

– Je crois, oui. Sous forme d'ectoplasme, comme lorsqu'il possédait Quirrell… Tom n'avait pas d'intégrité physique, donc pas vraiment d'esprit. Du coup, la porte entre vos deux cerveaux s'ouvrait sur un mur. Mais si maintenant, la porte peut s'ouvrir… Comme ni Harry ni Tom ne savent que la porte est là, c'est tout à fait possible qu'ils passent devant ou même qu'ils la franchissent par accident. Tu dormais, non, Harry ? Pendant le sommeil, vu que tu n'as aucune maîtrise de ton esprit, c'est tout à fait possible que tu aies inconsciemment trébuché sur ça.

Hermione semblait toujours fascinée. Ron, quant à lui, poussa un profond soupir de soulagement. Mais Harry, se mordit la lèvre.

– Mais si la porte s'ouvre, maintenant… Ça veut dire que Vold… que Tom a un esprit, c'est ça ? Et donc… Ce n'est plus un fantôme, comme quand il a abandonné Quirrell.

Elisa grimaça. Il n'y avait pas de bon moyen d'annoncer ça.

– Oui, ça, c'est la mauvaise nouvelle. Cette cicatrice est liée à la magie de Tom, au cœur de son être. Attention, ce n'est qu'une hypothèse. Je n'en ai parlé à personne et il vaut mieux que vous gardiez le secret aussi, parce que c'est le genre d'info qui peut déclencher une panique, mais… S'il peut affecter votre lien, même de manière involontaire, ça veut dire que sa magie se renforce.

Un silence de plomb tomba sur la table. Hermione avait perdu toutes ses couleurs. Ron était bouche bée. Harry était le seul qui ne semblait pas surpris.

– Dumbledore m'avait dit qu'il essaierait de revenir à la vie, murmura-t-il pensivement. En première année, après l'histoire de la pierre philosophale…

Elisa hocha la tête, le visage sombre. Ça y est, elle leur avait tout dit. Et elle pouvait voir les rouages de leurs cerveaux qui tournaient, les connexions qui se faisaient, et le moment où ils réalisaient…

– Oh Merlin, murmura Ron. Tu crois que c'est lui qui a mis ton nom dans la Coupe ?

– Ne sois pas stupide, il n'aurait pas pu entrer à Poudlard ! protesta Hermione d'une voix qui dérailla dans les aigus.

– Pourquoi pas ? pointa raisonnablement le jeune Weasley. Il l'a déjà fait, avec Quirrell.

Harry pâlit, et Elisa s'empressa d'intervenir :

– Il doit toujours être trop faible pour ça. Même s'il a retrouvé des forces, il n'a toujours pas de corps ou d'autonomie, sinon il serait déjà en train de terroriser le pays. Mais Ron a raison sur un point : que Tom reprenne des forces au moment où Harry est entré dans le Tournoi, c'est carrément suspect.

– Mais qu'est-ce qu'on peut faire ? s'écria le Survivant avec frustration. On ne sait même pas où il est !

Elisa ouvrit la bouche, puis la referma. Puis, après une hésitation :

– Dumbledore a laissé entendre que Tom s'était caché en Albanie, mais qu'il est revenu cet été en Grande-Bretagne. Peut-être que c'est l'émotion de son retour qui t'a fait mal à la cicatrice.

Les trois Gryffondor la regardèrent avec incrédulité.

– Tu parles avec Dumbledore ? lâcha Hermione comme si elle n'en croyait pas ses oreilles.

– Mais tu ne l'aime pas ! s'exclama Harry.

– Je ne l'aime pas et je ne lui fait pas confiance, confirma Elisa. Mais il garde un œil sur Tom, alors de temps en temps, j'essaie de lui tirer les vers du nez. Sans beaucoup de succès d'ailleurs. Dumbledore est… Il n'aime pas que les choses échappent à son contrôle, et il pense que le meilleur moyen de tout contrôler, c'est de tout garder pour lui.

Elle secoua la tête, frustrée.

– Il pense qu'il est le seul à prendre de bonnes décisions, et du coup, qu'il est le seul qui est autorisé à prendre des décisions tout court ! C'est comme s'il ne comprenait pas que les gens ne sont pas des automates. Ce n'est pas parce qu'on les laisse dans le noir qu'ils arrêtent de fonctionner. Ils continuent à avoir peur, à vouloir agir, à chercher à se protéger. Les garder aveugles, ça augmente juste le risque qu'ils soient blessés, parce qu'ils ne savent pas où est le danger.

Elle poussa un soupir agacé. Puis elle réalisa que le Trio d'Or l'écoutait toujours, avec divers degrés d'ahurissement. Ron avait l'air vaguement dubitatif, comme s'il avait du mal à réconcilier cette version de Dumbledore avec le vieil homme sage que tout le monde prétendait infaillible. Harry avait l'air plus amusé qu'autre chose. Quant à Hermione, elle avait l'air songeuse.

– Alors, qu'est-ce qu'on fait ? finit par dire Harry. On ne peut pas en parler à Dumbledore, s'il veut qu'on reste dans le noir.

– Non, confirma Elisa. Mais chercher Tom est un peu hors de notre portée en ce moment, alors je pensais qu'il vaudrait mieux se concentrer sur un problème plus accessible… La connexion mentale entre toi et Tom. Le plus urgent est que tu apprennes à la refermer, parce que je n'imagine pas le cauchemar si Tom trouve cette connexion et décide de l'utiliser.

Elle posa son sac sur la table, et en retira un grimoire qu'elle avait ramené pour l'occasion : le Guide avancé de l'Occlumancie, par Maxwell Barnett. Elle l'avait acheté l'année dernière, dans l'Allée des Embrumes.

– L'Occlumancie est l'art de maîtriser ton propre esprit, expliqua-t-elle en faisant glisser le livre jusqu'à Harry (et en ignorant la façon dont Hermione devait physiquement se retenir de ne pas se jeter sur le bouquin). J'utilise l'Occlumancie pour structurer mon mental, mieux organiser mes pensées… Mais ce bouquin détaille comment utiliser l'Occlumancie d'une façon plus directe, à savoir : pour empêcher des gens de rentrer dans ta tête et lire tes pensées.

– Comme Tom, lâcha Harry en ouvrant le grimoire.

– Comme Tom, confirma Elisa. Je n'ai jamais essayé de barricader mon esprit, donc je ne sais pas si ça sera dur ou pas, mais… C'est la meilleure piste que je puisse te donner.

Harry hocha la tête. Son visage avait une expression sérieuse qui lui donnait l'air plus âgé, et la Poufsouffle fut soudain prise de remords. Est-ce qu'elle n'avait pas fait le mauvais choix ? Est-ce qu'il n'aurait pas été moins cruel de laisser Harry profiter d'un peu de son innocence, encore quelques mois, quelques années ?

Non. Elle ne devait pas penser à ça. Harry n'était plus innocent, Harry n'était plus en sécurité depuis longtemps, et il le savait. Il avait déjà peur, depuis qu'il avait été entré dans le Tournoi. Ajouter des mensonges et de l'incertitude à cette peur… C'était peut-être "pour le plus grand bien", mais ce n'était ni juste, ni honnête.

– Merci, sourit faiblement Harry. Je te revaudrai ça.

– N'importe quoi ! protesta Elisa. Tu ne me dois rien. C'était ma décision de m'impliquer là-dedans. Considère ça comme la contrepartie de l'indice que tu m'as donné pour les dragons !

oOoOoOo

Elisa rattrapa péniblement son retard en Métamorphose, et mit les bouchées doubles en Sortilèges. Très vite, elle retrouva son ancien niveau. Elle se mit discrètement à réviser le Sortilège de Têtenbulle, en prévision de la seconde Tâche. Elle retourna au club de Sortilège, qu'elle avait laissé tomber avant la première Tâche.

Chourave annonça le Bal de Noël durant l'un de ses passages dans la salle commune, le premier week-end de décembre. Aussitôt, une intense excitation sembla s'emparer des élèves. Et Elisa réalisa soudain qu'il y avait un truc pour lequel elle ne s'était absolument pas préparée.

– Je dois ouvrir le bal.

– Je sais, c'est génial non ? s'extasia sa meilleure amie.

– Trisha. Je ne sais pas danser !

– … Maintenant que tu le dis, moi non plus…

Pas mal d'élève avaient le même souci. Elisa en parla à sa mère lors de son prochain appel par miroir, et cela fit beaucoup rigoler Isabelle. Elisa apprit à cette occasion que sa mère avait eu des leçons de danse quand elle était petite, et que c'était traditionnel chez les Sang-Purs. La jeune fille fut un poil déçu que sa mère n'ait pas pensé à perpétuer les traditions des Bletchley chez eux. Ça aurait été sacrément utile.

– Comment va le petit dragon, au fait ? se souvint Elisa à la fin de l'appel. Tu lui as trouvé un nom ?

Isabelle sourit avec amusement :

– Oh, tiens, c'est marrant que tu en parles. Non, je ne l'ai pas nommé, je pense que c'est à toi de le faire, c'est ton dragon après tout. Mais… J'ai un peu expérimenté sur lui.

– Quoi ?! Maman !

– Rien de grave ! la rassura précipitamment Isabelle. Mais à l'origine, le dragon est une statuette enchantée, pas un véritable animal. Il commençait à perdre de l'énergie, alors j'ai utilisé une combinaison de runes pour qu'il absorbe la magie ambiante, et que ça prolonge sa vie.

– C'est possible ? s'étonna Elisa.

– Je n'y suis pas arrivée tout de suite, avoua sa mère. A mon premier essai, il s'est mis à gonfler comme un ballon parce qu'il absorbait trop de magie d'un coup ! J'ai corrigé mon erreur en catastrophe en rajoutant un sigil de régulation, mais… Ne t'étonne pas s'il est un peu plus gros qu'une souris, maintenant. Il est davantage au format d'un cochon d'Inde désormais.

Elisa renifla avec amusement. C'était bon de savoir que son côté bricoleur venait de sa mère… Tout comme ses métaphores pourries !

Cela dit, le problème d'Elisa n'était guère résolu. Elle demanda à Adrian de lui apprendre quelques pas de danse, et tous les Poufsouffle reçurent une courte leçon de la part de Chourave, mais… Au final, la jeune fille n'avait pas appris grand-chose… Mis à part qu'elle aurait besoin d'un partenaire qui sache danser.

Et voilà que se posait le second problème : qui inviter ?

– Si je vais avec quelqu'un au bal, il va sans doute s'attendre à ce qu'on sorte ensemble, ou du moins à ce que j'ai des sentiments pour lui ! gémit-elle à l'adresse de Cédric et Trisha un peu plus tard. Et si quelqu'un m'invite et que j'accepte, ça veut dire qu'il a sans doute des sentiments et qu'il pense que je suis d'accord avec ça !

– Et… tu ne serais pas d'accord avec ça ? fit lentement Trisha qui essayait de suivre.

– Absolument pas ! Je n'ai aucun intérêt romantique pour quiconque.

– Il n'y a pas quelqu'un qui te plaît au moins un peu ? insista Trisha.

– Sur le plan esthétique ou intellectuel ? Oui, sans doute. Mais pas de manière romantique !

– Ça viendra, l'assura Trisha. Tu finiras par trouver le prince charmant !

Elisa plissa les yeux. Les sorciers, comme les Moldus (on était quand même seulement en 1994), semblaient penser qu'être hétérosexuel était le modèle « par défaut ». Fred et George étaient tombés des nues quand Heather avait annoncé être lesbienne deux ans plus tôt, et Trisha ne pensait pas un seul instant qu'Elisa puisse être gay. Ou bisexuelle. Ou pansexuelle, ou asexuelle. D'ailleurs, est-ce que les sorciers connaissaient ces termes ?

Elisa renonça. Dans cette vie comme dans la précédente, elle n'avait pas l'intention de transformer l'annonce de son absence d'attraction (pour les hommes comme pour les femmes) en une leçon sur l'asexualité, et sur la validité de ce qu'elle ressentait ou non. Au lieu de ça, elle se contenta de dire :

– Je vivrai aussi pleinement ma vie sans prince charmant, merci. Et toi, Trisha ? Il n'y a pas quelqu'un qui te plaît au moins un peu ?

Son amie rougit violemment sous son hâle.

– Euh… J'ai toujours trouvé que Lee Jordan était marrant. Et puis, Raashid est mignon… Mais on s'en fiche ! Et toi, Cédric ?

Leur ami cligna des yeux, brusquement arraché à sa rêverie, et détacha son regard de Cho Chang (qui faisait ses devoirs à une table de la bibliothèque pas très loin de la leur).

– Hum ? Désolé, je ne faisais pas attention…

Elisa et Trisha échangèrent un regard entendu. C'était une question à laquelle elles avaient déjà la réponse !

Plusieurs garçons demandèrent à Elisa de l'accompagner, à son grand embarras. A chaque fois, elle refusait avec le plus de tact possible, en essayant de ne pas bafouiller lamentablement. Elle n'avait aucune idée de qui choisir comme cavalier. En fait, il faudrait que ce soit elle qui fasse sa demande à cette personne, et en insistant lourdement sur le fait qu'elle voulait seulement y aller comme amis. Mais… A qui demander ça ?

Raashid était hors de question, si Trisha avait des vues sur lui. Takashi ? Peut-être, mais le jeune Japonais était quelqu'un d'assez traditionnel, et il risquait de ne pas comprendre. Fred ou George ? Pas question d'avoir un cavalier qu'elle confondrait constamment avec un autre ! Aaron Woodbridge alors ? Non : il était gentil, mais ça aurait été cruel de lui demander ça alors qu'il se remettait d'une rupture amoureuse. Même chose pour Tabitha, du coup. Heather ? Là non plus, Elisa ne voulait pas la mener en bateau. Adrian alors ? Ou Terence ?

Elle pensait que c'était une bonne idée… Jusqu'à ce qu'elle sonde le terrain auprès des Serpentard durant leur prochain cours de Sortilèges. Elle apprit alors avec beaucoup d'embarras que les deux garçons allaient au bal ensemble. Apparemment, ils étaient en couple depuis presque un an (ils essayaient d'être discrets), et elle n'avait rien remarqué. Oooups.

M'enfin. Ça expliquait tout un tas de chose. Comme le fait que leurs parents désapprouvent tellement leur amitié, ou bien qu'ils se retrouvent souvent tous les deux durant l'été pour se balader en ville… Wow, en fait, avec du recul, elle n'en revenait pas de n'avoir rien vu. Elle était vraiment super-aveugle quand il s'agissait de relations amoureuses !

Mais bref. Passons.

Avec l'annonce du bal imminent, Elisa en profita pour faire fructifier ses affaires. Elle vendit la robe de soirée trop petite qu'elle avait, et se fit un joli pactole en offrant les services de son elfe Tilly pour raccommoder ou retailler les robes de soirées de certains élèves. Ron faisait partie de ces clients, même s'il la paya en chocolats faits maison plutôt qu'en Gallions. Elisa vendit aussi cinq autres MagicoGlisseurs, et s'inquiéta de la diminution de son stock…

Durant la deuxième semaine de décembre, le froid s'intensifia. Aucune neige à l'horizon, mais de la glace et du verglas partout. Les cours de Défense de Maugrey étaient devenus particulièrement éprouvant, avec ce mauvais temps. Oh, s'il s'était agi uniquement d'apprendre des sorts, ils s'en seraient sortis ! La classe d'Elisa avait appris le Sortilège de Désillusion, le Charme de Discrétion (qui poussait les gens à ne pas faire attention à vous), le sort de Bulle de Silence, le Sortilège du Ventriloque, et le Charme de d'Efface-Traces. Mais dans les cours de Maugrey, on se mettait en situation réelle. On se faisait poursuivre par un ennemi qui vous tirait dessus, et il fallait ramper, se cacher, attendre… au milieu de la forêt humide et glacée ! Alors les élèves avaient surtout appris à utiliser le terrain à leur avantage : grimper aux arbres, se cacher sous les buissons, tendre des embuscades… Et essayer de ne pas mourir de froid durant ces "parties de chasse".

Point de détail : Elisa faisait une assez mauvaise chasseuse, manquant les indices évidents, mais elle faisait une très bonne proie, tendant d'excellentes embuscades et couvrant parfaitement ses traces. C'était quelque chose qui la vexait beaucoup, parce qu'être chassée l'angoissait affreusement, tandis qu'elle trouvait ça grisant d'être dans le rôle du prédateur.

Les cours de Maugrey étaient donc toujours assez déplaisants pour elle.

Bref. La dernière semaine avant les vacances, lorsque Maugrey annonça que le cours du jour serait consacré à une leçon théorique, toute la classe s'affaissa de soulagement. Et Elisa aussi ! Elle avait appris son Sortilège de Réchauffage à tous les Poufsouffle, mais quand on passait deux heures à galoper dans les bois et qu'on finissait couvert de boue glacée et de neige fondue, ça n'était pas très efficace.

– Ne faites pas cette tête ravie ! rugit Maugrey. Les leçons reprendront comme d'habitude dès la rentrée en janvier. Vous avez droit à cette pause uniquement parce que je m'apprête à donner une leçon très difficile à toute l'école, et que Dumbledore a insisté pour que ça ait lieu avant les vacances pour que vous ayez ensuite le temps de vous en remettre !

– Quelle leçon difficile ? s'enquit Rhonda avec avidité.

Par solidarité avec Helen, Rhonda considérait que Maugrey était un barbare qui n'y connaissait rien à l'art du duel. Mais contrairement à sa meilleure amie de Serdaigle, Rhonda respectait Maugrey, et adorait les défis qu'il posait à leur classe.

– Les Impardonnables, lâcha Maugrey d'un ton sinistre.

Un silence de plomb tomba sur la classe. Elisa se crispa. Maugrey commença à arpenter la classe, sa jambe de bois tapant à chaque fois un coup sourd contre le sol de pierre, et son œil magique sautant d'un élève à l'autre.

– Les Impardonnables sont parmi les formes de magie les plus noires qui existent. Ils sont également les plus facile à utiliser, et ceux auxquels vous risquez le plus d'être confrontés ! Ce type de sort ne demande pas beaucoup de pouvoir, juste de la volonté. Utiliser ces sortilèges nécessite d'avoir une fracture dans son âme, d'avoir déjà goûté aux ténèbres. Les Impardonnables nécessitent de vouloir faire souffrir autrui, et sont la preuve indiscutable d'une âme corrompue. C'est pour cela que l'usage d'un impardonnable sur un autre être humain est un ticket direct pour Azkaban !

Maugrey était arrivé devant le tableau noir, et il fit volte-face avant de scruter les élèves avec attention.

– Qui peut me citer le premier Impardonnable ?

Il y eut un silence. Puis Cédric leva la main, lentement :

– … L'Impérium ?

Maugrey hocha la tête, puis sorti de son bureau un gros bocal de verre contenant trois araignées. Elisa senti son cœur dégringoler dans sa poitrine en comprenant ce qu'il allait faire. Dans le canon, Barty avait donc bien suivit le programme que Maugrey avait prévu… Peut-être l'avait-il même interrogé tout au long de l'année, afin de suivre à la lettre ce qui était prévu pour ne pas mettre la puce à l'oreille de Dumbledore.

Dans le canon, Elisa se rappelait que les Impardonnables étaient la première leçon de Maugrey. Ici, l'ex-Auror avait attendu les vacances de Noël, soi-disant à la demande de Dumbledore. La Poufsouffle réalisa qu'en réalité, le vrai Maugrey était tout simplement plus sensible que Barty. Il confrontait quand même les élèves à la dure réalité, mais il faisait attention à ce qu'ils aient le temps de s'en remettre après.

Elisa revint au moment présent, réalisant avec un sursaut qu'elle avait manqué le début de la démonstration :

– … peut être combattu, et je vais vous apprendre comment ! disait Maugrey en faisant danser son araignée sur la table. Mais tout le monde n'en est pas capable. Il faut une vraie force de volonté. La meilleure défense, c'est de s'arranger pour ne pas être une victime en premier lieu. VIGILANCE CONSTANTE !

Tout le monde sursauta. Maugrey remit l'araignée dans son bocal, et en prit une autre. Celle-ci tenta de s'enfuir, mais l'ex-Auror l'immobilisa d'un mouvement de baguette.

– Qui peut me citer le deuxième Impardonnable ?

Cette fois, à la surprise générale, ce fut Tamsin Applebee (d'habitude toujours silencieuse) qui leva la main.

– Le Doloris.

Maugrey posa sur elle un regard perçant, pendant quelques instants, puis fixa l'araignée et l'agrandit d'un petit coup de baguette. Elisa devina ce qu'il allait faire avant qu'il n'ouvre la bouche.

Endoloris !

Les pattes de l'araignée cédèrent sous son corps, et elle roula sur elle-même, agitée d'horrible convulsions et se balançait de tous les côtés. Elle ne pouvait pas émettre le moindre son mais Elisa était sûre que, si elle avait possédé des cordes vocales, elle aurait poussé d'horribles hurlements.

Maugrey tint sa baguette immobile pendant moins de dix secondes. Puis il relâcha le sort, et rendit à l'araignée sa taille normale. Dans la classe, il semblait que plus personne ne respirait.

– Comme l'Impérium, ce sort aussi a été très utilisé à une certaine époque, lâcha Maugrey en remettant l'araignée dans son bocal. Je ne peux pas vous apprendre à échapper à la douleur qu'il provoque, pour la bonne raison que c'est impossible. Il n'y a aucun moyen de l'atténuer, aucun moyen d'y échapper. Le Doloris est le plus cruel des trois Impardonnables… Plus cruel encore que le troisième, qui est supposément le pire. Qui peut me le citer ?

Elisa leva la main en première. Ses camarades semblaient toujours un peu sous le choc de la petite démonstration de Maugrey. L'œil magique de l'ex-Auror se posa sur la jeune Bishop, lui donnant la parole, et elle déglutit.

– L'Avada Kedavra.

– Le sortilège de la mort, acquiesça Maugrey. Il traverse tous les sortilèges défensifs, et il est impossible à contrer. A ce jour, il n'y a qu'un seul survivant, et vous le croiserez sans doute ce soir au dîner.

Il posa la dernière araignée sur le bureau, et pointa sa baguette sur elle. Elisa eut envie de fermer les yeux. Elle les garda grands ouverts.

Avada Kedavra !

Il y eut un flash de lumière vert, et l'araignée roula sur le dos. Indemne, mais morte. Aussi simplement que ça.

Elisa arracha son regard au cadavre de l'araignée, et regarda autour d'elle. Rhonda était blême, serrant les poings. Tamsin avait le visage aussi impavide que s'il avait été sculpté dans la pierre. Le visage de Fred et George était totalement dénué d'expression. Trinity Lynn, la Préfète des Gryffondor, avait baissé les yeux et ses épaules tremblaient.

Elisa réalisa soudain que chacun, dans cette pièce, connaissait quelqu'un qui avait souffert d'un de ses trois sortilèges. Ils avaient tous perdu un parent, un oncle ou une tante, ou un frère… Ou bien le frère d'un ami, le parent d'un ami. La guerre était récente pour eux, ils l'avaient vécue dans leur petite enfance. C'était assez proche pour qu'ils se souviennent des morts.

– Vous vous demandez pourquoi je vous montre ça, lâcha Maugrey. Vous vous demandez pourquoi je vous inflige ça, sans crier gare ? Parce qu'il faut que vous sachiez. Vous devez mesurer ce que signifie le pire, et vous devez comprendre à quel point il est important de l'éviter. Ne vous mettez jamais, jamais, dans une situation où vous aurez à subir l'un de ces sorts. VIGILANCE CONSTANTE !

Tout le monde sursauta à nouveau. L'œil magique de Maugrey roula dans son orbite :

– Allez, sortez vos plumes. Il y a davantage à savoir sur les Impardonnables que leurs incantations…

Ils passèrent les deux heures suivantes à prendre des notes sur les Impardonnables, et personne n'osa dire un mot. Maugrey leur donna des exemples de gens qui avaient agis sous l'Impérium, et de gens qui avaient lutté contre lui. Il évoqua des gens qui avaient subis le Doloris, et des séquelles qu'il laissait. Il leur parla de l'Avada, et de l'absence de marques sur les corps qu'on retrouvait après le passage des Mangemorts. C'était une leçon d'Histoire autant qu'un cours de sortilèges et, malgré son malaise face au sujet, la Poufsouffle s'efforça d'absorber la moindre bribe de connaissance.

Ce genre de savoir lui serait peut-être bientôt utile.

oOoOoOo

En interrogeant les autres classes, Elisa apprit que Maugrey avait tenu parole : tous les élèves subissaient au moins une leçon sur les Impardonnables. Les premières et deuxièmes années avaient droit à de simple explications, et prenait des notes. A partir de la troisième année, les élèves avaient droit à une démonstration. Et à partir de la quatrième année, Maugrey promettait aux adolescents de leur apprendre à résister à l'Impérium durant le cours suivant.

Les élèves réagissaient plus ou moins bien à la leçon. Les plus jeunes en discutaient comme d'un spectacle, parce qu'ils ne se souvenaient pas de la guerre. Mais les élèves de sixième et de septième année étaient plus lugubres. Quand un gamin de troisième année mima une araignée qui se convulsait à la table des Serdaigle, cela faillit se terminer en pugilat.

Elisa attendait la leçon de "résistance à l'Impérium" avec beaucoup d'appréhension.

Cette leçon aurait lieu à leur cours suivant, un vendredi, et le dernier jour de cours avant les vacances. Des vacances qui s'annonçaient animées, d'ailleurs. Un monde fou avait décidé de rester au château pour Noël, afin de ne pas manquer le bal. Elisa avait demandé à Chourave si elle pouvait rentrer chez elle, et ne revenir que pour le bal, mais sa directrice de Maison lui avait expliqué que c'était impossible. Les champions devaient rester toute l'année à l'école. Pour la première fois de sa vie, Elisa n'allait pas être capable de fêter Noël au Cottage des Erables avec ses deux parents. Autant dire que plus la semaine progressait, et plus la jeune fille se sentait déprimée.

D'autant plus que des gens continuaient de l'inviter au bal, et qu'Elisa commençait à être à court d'excuses polies.

– Toujours pas de cavalier ? fit Takashi avec amusement après leur séance du CEM.

Diego Peretti, un Serpentard d'un an de moins qu'elle, avait tenté de profiter de l'occasion pour l'inviter. Elisa avait décliné, très mal-à-l'aise. Elle lança un regard agacé à son ami japonais :

– Je ne veux pas d'un cavalier qui se fasse des illusions. Si j'y vais avec quelqu'un, ça sera en tant qu'ami, et uniquement parce que je suis obligée d'ouvrir la danse.

– Tu es dure ! s'amusa Takashi. Mais bon, au moins tu es honnête et tu ne mène pas ces pauvres garçons en bateau…

– Et toi ? fit Elisa pour changer de sujet. Tu as une cavalière ?

– Katie Bell, sourit Takashi en rougissant un peu. Je lui ai demandé ce matin. Tu devrais te dépêcher de choisir, ou bien tout le monde sera pris.

Elisa grogna et abattit sa tête sur son bureau, pour le plus grand amusement de Trisha qui était en train de ranger les documents (portant sur la physique, plus précisément sur les protons, les neutrons et les électrons) qu'ils avaient étudiés durant cette leçon. Elle releva le cou, maussade, et croisa le regard compatissant du Survivant.

– Et toi Harry ? lança-t-elle. Tu dois ouvrir le bal toi aussi !

Le jeune Gryffondor sourit largement, même si ses joues devinrent cramoisies :

– J'ai déjà une cavalière.

Sue Li et Mandy Brocklehurst, derrière lui, gloussèrent légèrement. Elisa remarqua que Tracey Davies ne gloussait pas, mais qu'elle avait rosit. Elle et Harry échangèrent même un regard complice, avant de rougir de plus belle.

Ooooooh. Elle ne l'avait pas vu venir non plus, celle-là !

– Félicitations, sourit la Poufsouffle. Fait attention à ce que ta robe de soirée et la sienne soient assortis, imagine le désastre si vos tenues jurent ensemble.

Comme elle s'y attendait, Harry et Tracey échangèrent un regard affolé, confirmant ses soupçons. Ainsi, la petite Serpentard de Sang-Mêlé avait invité le Survivant ! A moins qu'elle n'ait été invitée par le Survivant… ? Non, aucune chance. Harry était trop timide. Enfin bref ! Ils y allaient ensemble ! C'était surprenant, mais pas tant que ça. Après tout, Harry avait passé beaucoup de temps avec elle, et ce depuis la première année. Ils étaient amis. Et Tracey, en digne Serpentard, savait comment obtenir ce qu'elle voulait…

Elisa posa ensuite quelques questions innocentes à ses divers amis, curieuse de savoir qui allait au bal avec qui. Adrian et Terence y allaient ensemble. Tabitha n'avait pas de cavalier (et Aaron, son ex-petit-ami, non plus). Heather comptait y aller avec un garçon de Beauxbâtons : apparemment, elle n'était pas prête à faire son coming out devant toute l'école. Cédric y allait avec Cho, évidemment. Le Trio Coloré y allait ensemble, tous les trois ! Hermione refusait de révéler le nom de son partenaire (c'était sans doute Krum). Ron avait été forcé par sa petite sœur à inviter Sun-Min Jeong. Hestia Carrow la rebelle avait été invitée par Seamus Finnigan, et la sage Flora avait demandé à Blaise Zabini d'être son cavalier. Ginny Weasley avait convaincu Neville Londubat de l'accompagner.

– Je n'ai pas encore de cavalière, l'informa Drago d'un air indifférent quand elle l'interrogea. Me ferais-tu l'honneur de m'accompagner au bal ?

Elisa marqua un temps d'arrêt, complètement prise au dépourvu, puis plissa les yeux. Ça sentait l'embrouille…

– Pas avec cette attitude, non.

– Dommage ! soupira le Serpentard dont les yeux étincelaient d'un amusement moqueur. Mère sera très déçue. Elle est convaincue que tu es un très bon investissement.

Elisa frissonna des pieds à la tête, et changea hâtivement de sujet. Être l'objet de l'intérêt de Narcissa Malefoy (même si elle était désormais Narcissa Black) n'était pas très rassurant. Au moins, Drago prenait ça avec humour… Heureusement que Nymphadora Tonks avait une bonne influence sur lui.

La semaine passa. Inévitablement, vint le jour de la leçon sur le sortilège de l'Impérium. Plus précisément, le jour de la leçon où ils allaient apprendre à y résister. Elisa avait un très mauvais pressentiment quant à ce cours. Aussi, lorsque Maugrey leur annonça qu'il allait les soumettre l'un après l'autre au maléfice, elle recula discrètement tout au fond de la foule, se cachant derrière la haute stature de Gabriel Tate et de Raashid Hussain.

Maugrey appela les élèves les uns après les autres, et leur lança l'Impérium. Elisa, depuis le fond de la classe, observa avec un puissant sentiment de malaise ses camardes qui se mettaient à faire les choses les plus inattendues. Fred Weasley leur récita un sonnet. Rhonda Flatbury imita un écureuil. Cédric exécuta d'incroyables figures de gymnastiques. Angelina Johnson sauta sur les tables. Heidi Macavoy imita un hibou, hululant et battant des ailes.

A la surprise générale, Trisha fut complimentée pour avoir partiellement résisté au sort. Elle avait exécuté plusieurs sautillements maladroits, alors que Maugrey lui avait apparemment ordonné de sauter sur place assez haut pour toucher le plafond. Elisa applaudit comme tout le monde, mais même cette preuve qu'il était possible de résister au sort ne lui permit pas de se défaire de son appréhension.

– Bishop, grogna Maugrey. A ton tour. Impero !

Aussitôt Elisa senti tous ses soucis disparaître, remplacés par une sorte d'euphorie sereine. Elle était complètement détendue, tout allait bien, elle n'avait pas à s'inquiéter. C'était extraordinaire. Jamais elle ne s'était sentie aussi bien. Tous ses plans, toutes les inquiétudes qui tourbillonnaient sans cesse dans sa tête depuis dix-sept ans… Tout ça s'était envolé comme une volute de fumée, dissipée d'un seul souffle. C'était merveilleux.

Dans un coin de sa tête, un étrange sentiment de malaise apparu.

Elle n'y fit pas attention : elle était trop détendue, trop sereine, pour laisser cela la troubler. C'était si paisible. Dans son cerveau vide, elle entendit la voix de Maugrey. Rugis comme un dragon… Rugis comme un dragon…

Obéissante, Elisa ouvrit la bouche. Le sentiment d'alarme s'accentua. Elle fronça les sourcils, légèrement dérangée par cette gêne persistante.

Rugis comme un dragon, insistait la voix de Maugrey.

Le sentiment d'alarme devint perçant, urgent. Comme une lumière qui se diffusait sur une zone d'ombre, il rappela à Elisa son Occlumancie, qu'elle utilisait pour compartimenter son esprit et affûter ses souvenirs, et brusquement la Poufsouffle réalisa ce qui se passait, réalisa qu'elle était sous le contrôle d'un autre, que ce n'était pas elle qui agissait, exactement comme avec le journal de Tom…

Rugit comme un dragon, ordonna la voix de Maugrey : et Elisa avait beau savoir que c'était mal, que c'était malsain, que c'était quelqu'un d'autre qui la contrôlait et que ça la révulsait jusqu'à la moelle… Elle rugit.

Elle avait envie de vomir, elle n'avait aucun contrôle sur ses muscles et elle se sentait souillée, mais elle aurait été incapable de s'opposer à cette voix même si ça vie en dépendait

Maugrey leva le sort, et la jeune fille s'écroula par terre. Ses jambes avaient lâché sous elle : prise par surprise, elle se rattrapa maladroitement à une table. Cédric, son ami le plus proche, se précipita pour l'aider à se remettre debout. Maugrey, lui, posa sur elle un regard pensif :

– Hum. Tu savais ce qui se passait. Tu es Occlumens ?

Interloquée, Elisa hocha la tête, trop surprise pour nier.

– C'est bien ce que je pensais, fit Maugrey d'un ton bourru. Les Occlumens réalisent mieux les limites de leur conscience que les autres gens. Ils sont tout aussi affecté que n'importe quel sorcier, mais réalisent qu'il y une violation de leur esprit. Il paraît que c'est une expérience déplaisante.

– Déplaisante, répéta faiblement Elisa. Oui, on peut dire ça.

Sentir son corps qui échappait à sa volonté, son esprit incapable de réagir… Elle en frissonna d'horreur rétrospectivement.

Pourquoi elle ne pouvait pas avoir un truc cool, comme la capacité d'Harry à résister à l'Impérium ? Pourquoi son truc à elle, c'était d'être complètement révulsée par le contact de ce sort qui induisait la béatitude chez tous les autres ? Elle avait juste droit à un supplément d'épouvante ?! C'était injuste !

– Mais tu as peut-être une chance de contrer le sort, fit Maugrey en l'observant d'un air calculateur. Je n'ai jamais eu l'occasion de voir un Occlumens à l'œuvre, c'est l'occasion d'essayer.

Il relança le sort sur Trisha jusqu'à ce que celle-ci réussisse à totalement résister à l'Impérium : mais il fit également la même chose pour Elisa, encore et encore. A chaque fois, la Poufsouffle était impuissante à résister au maléfice.

Quelque chose ne va pas ! hurlait le sentiment d'alarme dans sa tête, une peur animale si puissante désormais qu'elle occultait tout le reste. Mauvais, mauvais, il faut fuir, il faut se battre, je ne veux pas, je ne veux pas, lâche-moi, LÂCHE-MOI !

Mais c'était comme de hurler dans le vide. Elisa devenait spectatrice, impuissante, tandis que son corps échappait complètement à sa volonté. Elle devenait la marionnette de Maugrey, sautait sur les tables ou dansait au milieu de la classe, incapable d'obéir à la panique viscérale qui lui hurlait de s'échapper de ce cauchemar. Quand la leçon prit fin et qu'Elisa fut autorisée à quitter la pièce, trébuchant dans le couloir presque en courant, elle était trempée de sueur et se sentait presque physiquement malade.

Pas une seule fois elle n'avait réussi à résister à l'Impérium.

Elle s'efforça de ne pas être jalouse quand Harry lui annonça que, malgré le léger malaise que lui avait causé le sort, il avait réussi à s'en débarrasser. En revanche, elle se sentit pleine de compassion pour Drago Malefoy, qui avait le teint verdâtre en sortant du cours de Défense. Après son aventure avec le journal de Jedusor, il avait sans doute tenté lui aussi d'apprendre l'Occlumancie…

– Peut-être que Tonks aura un bon conseil, lui dit-elle en se forçant à avoir l'air nonchalant. Elle est Auror, elle connait Maugrey, non ?

Le Serpentard blond lui lança un regard mauvais. Apparemment, cette leçon l'avait mis de sale humeur. Cela dit, comme les Gryffondor étaient toujours là, et qu'Elisa était accompagnée par Cédric et Trisha, Drago ravala la réplique acide qu'il semblait vouloir lui cracher à la figure, et se contenta de grimacer :

– Il était son mentor. Je me demande comment elle a pu lui survivre.

– On parle de Tonks, renifla Elisa avec amusement. La question est plutôt de savoir comment Maugrey a pu lui survivre.

Malefoy esquissa un vague sourire, distrait de son malaise suite à la leçon de Maugrey. Comme c'était le but recherché, Elisa s'estima satisfaite.

Elle ne discutait pas souvent avec Drago Malefoy. Ils se saluaient, ils étaient courtois l'un envers l'autre, et cela suffisait. Grâce à sa relation cordiale avec le jeune Malefoy, et à son amitié avec la bande d'Adrian Pucey, Elisa avait assez de Serpentard de son côté pour que même les brutes comme Warrington la laisse en paix. Les Serpentard évitaient toujours d'agir de manière désunie. Elisa avait la protection de deux figures importantes de la Maison : ça lui donnait l'immunité, point final, et aucun Serpentard n'irait à l'encontre de cette règle tacite. Et en plus, depuis qu'elle était une championne du Tournoi, plus aucun Puriste ne lui cherchait des noises !

C'était quand même bien pratique.

Puis ce fut les vacances, et l'horreur de la leçon sur les Impardonnables s'effaça de l'esprit des élèves. Ils avaient tous autre chose à penser ! Le Bal de Noël approchait à grands pas, et tous ceux qui n'avaient pas encore de cavalier (ou de cavalière) commençaient doucement à paniquer. Trisha, surtout, flippait complètement. Elisa prit sur elle d'aller demander aux jumeaux Weasley si Lee Jordan avait déjà une cavalière, puis poussa littéralement sa meilleure amie dans les bras du Gryffondor. Ça manquait de tact, mais au moins le problème était résolu.

Elisa aurait bien aimé pouvoir s'inquiéter du Bal, comme tout le monde. Ses soucis à elle étaient un peu plus… épineux.

La leçon sur l'Impérium lui avait fait repenser au journal. A Tom Jedusor. Elle réalisa avec une certaine surprise que ça faisait des mois qu'elle n'avait plus pensée à lui, à son emprise sur son esprit. Est-ce que ses exercices d'Occlumancie l'avaient débarrassée de son influence ?

Non, ça aurait été trop beau. Grâce à son Occlumancie, elle avait bâti des portes dans son esprit pour les claquer sur la voix de Tom et refouler son influence. Elle avait structuré ses pensées afin de ne plus se perdre dans un tourbillon d'émotions désordonnées, afin d'y voir plus clair. Elle avait organisé ses souvenirs, pour séparer ce qui venait d'elle et ce qui venait de sa vie passée, mais aussi ce qui venait de sa vie sous l'influence du journal. Elle avait fait le ménage, en quelques sortes : mais on ne se débarrassait pas de l'influence de Voldemort aussi aisément qu'on changeait la tapisserie d'une maison. C'était un changement dans la structure même de son esprit, dans l'architecture même de son cerveau.

Avec la clarté de pensée que lui donnait l'Occlumancie, Elisa pouvait comparer qui elle était avant, et qui elle était après. Elle savait qu'elle était devenue plus dure, plus inflexible. Elle savait qu'elle rechignait moins à la violence, qu'elle envisageait l'avenir de façon plus froide. Elle savait aussi qu'elle était devenue plus passionnée par le combat, plus exaltée par le défi, et plus avide de gloire. Il lui avait fallu du temps pour faire la paix avec cela : mais sa passion pour le duel, son talent au Challenge, sa soif de victoire… Elle ne les avait jamais ressenties avant d'être possédée par le journal. C'était des sentiments qui appartenaient à Tom… Ou du moins des sentiments qui existaient chez elle à l'état latent, presque inexistant, et que Tom avait fait croître jusqu'à leur donner une part importante dans sa personnalité.

Elisa savait tout ça. Rationnellement, elle pouvait le contempler, le visualiser, le comprendre.

En parler, par contre, lui donnait des sueurs froides et faisait s'affoler son cœur comme celui d'un lapin pris au piège. Peut-être qu'un jour elle surmonterait ça : mais pas aujourd'hui, ni demain. L'influence de Tom Jedusor sur elle… C'était une chose à laquelle elle n'échapperait jamais.

Et pourtant… Pourtant, quand elle repensait à cette époque où elle écrivait dans le journal, le premier sentiment qui lui venait était celui du regret, de la nostalgie. Ensuite, bien sûr, elle se sentait dégoûtée, furieuse, paniqué. Mais toujours, quand elle repensait à ses conversations acte Tom, à son aide avec l'invention des montres digitales, à la passion avec laquelle il l'aidait à inventer des sortilèges… La première chose qu'elle ressentait, c'était l'absence. Il lui manquait.

Elle évitait d'y penser, pour ne pas contempler la force de ce sentiment : comme un précipice dont elle aurait peur de sonder la profondeur. Elle ne voulait pas savoir si ce n'était qu'une nostalgie superficielle, ou si elle ressentait quelque chose comme du deuil. Elle ne voulait pas savoir à quel point Tom avait été proche d'elle, pour que sa trahison lui fasse aussi mal, pour que son absence lui fasse tant de peine. Tom Jedusor était Voldemort, il était un ennemi. Il voulait tuer Harry. Le journal de Tom avait disparu, et avec lui avait disparu l'ami d'Elisa : mais Harry était encore bien vivant, et c'était lui qu'elle devait protéger.

Alors non, elle ne voulait pas y penser. De toute façon, penser à Tom ne réussissait qu'à lui serrer la gorge et à la déprimer. Il lui manquait… Et elle ne savait même pas s'il avait été réel. Est-ce que Tom Jedusor qui avait été son complice et son ami n'avait été que mensonge ? Est-ce que c'était une fable, créée par Voldemort pour gagner sa confiance et la manipuler ? Ou était-ce vraiment une facette de Voldemort ?

Est-ce que son ami n'avait jamais existé, créé de toutes pièces par l'Horcruxe ? Ou est-ce que son ami avait existé, et était mort depuis bien longtemps, corrompu par les désillusions de grandeur et de carnage de lord Voldemort ?

Et si c'était le cas… Aurait-elle jamais le temps de faire son deuil ?

– Elisa ? Tu rêves ?

La jeune fille sursauta, puis sourit faiblement à Trisha, avec qui elle planchait sur une dissertation de divination.

– Désolée, je pensais à autre chose. Rien d'important.

Elle ne pouvait pas se permettre de penser à Tom de cette façon. Tom était Voldemort, il était l'ennemi, il n'était pas son vieux complice. C'était pour ça qu'elle corrigeait les gens qui l'appelaient par son titre ridicule plutôt que par son prénom moldu : pour ne pas faire de différence entre les deux. Ne pas risquer de penser que Tom était autre chose qu'un meurtrier qui allait détruire tous ceux qu'elle aimait. Ne pas faiblir.

Ce n'était pas un luxe qu'elle pouvait se permettre.

– Tu as avancé sur le devoir des Sortilèges pour la rentrée ? disait Trisha. Moi, je me suis concentrée sur mon devoir de Potions, tu sais à quel point Rogue est flippant. Et toi ?

– J'ai fini quasiment tous mes devoirs, sourit Elisa. Il ne me reste que l'Astronomie, qui est super-facile, et le devoir supplémentaire que Flitwick m'a donné.

Ce devoir portait sur le Fidelitas, le fameux sortilège cachant un secret dans l'âme d'une personne. Autant dire qu'Elisa voulait prendre tout son temps pour étudier le sujet.

Si jamais elle ne parvenait pas à arrêter le retour de Voldemort, la première chose qu'elle ferait serait de mettre les maisons de tous ses amis sous Fidelitas. Apparemment ce sort n'était pas très utilisé uniquement parce qu'il fallait beaucoup de talent en Sortilèges pour le lancer. Elisa était prête à fonder une organisation bénévole et à lancer elle-même des Fidelitas jusqu'à épuisement, si ça permettait de garder tous ses amis en sécurité.

– Tu travailles trop, Magister ! se moqua Cédric. Viens plutôt assister au prochain match de Quidditch amical. Mon équipe affronte celle d'Angelina Johnson. On va les écraser !

Elisa sourit, et fit mine de se laisser convaincre, davantage pour faire plaisir à Cédric que par réel intérêt pour le match. Il restait encore des mois avant la date du retour de Voldemort, et elle voulait profiter de chaque seconde.

Elle considérait qu'elle méritait bien un peu de détente, tout de même.

.


.

Et voilà ! A la semaine prochaine pour le Bal de Noël... x)