Bonjour tout le monde !

Ouais, je suis à la méga-bourre... argh. Les cours ont recommencé, et devinez quoi, j'ai déjà pris du retard (parce que je suis tellement, mais TELLEMENT fonctionnelle) du coup, je n'ai pas pu poster mercredi dernier... mais ! Si vous êtes sages (et que vous me dites ce que vous pensez de cette fic), peut-être que je publierai plus tôt la prochaine fois. Ou peut-être pas. Qui sait. Hihi... je suis machiavélique (ou pas).

Petit topo : la dernière fois, je vous laissais sur Castiel qui vient de s'échapper de son corps à la dernière minute, qui se fait poursuivre, sous sa forme astrale, par cinq silhouettes qui ne lui veulent pas de bien, et, lorsqu'enfin, il rencontrait une âme qui voulait bien de lui, il aperçoit le visage d'une belle jeune femme aux cheveux bruns. Alors ? A votre avis, c'est qui ?
Du côté d'Yliana, souvenez-vous, il y avait la possession d'Alice, et le fait qu'Yliana avait de plus en plus de trous de mémoire, de plus en plus long, ce qui lui faisait se poser des questions en rapport avec le massacre sur la colline : se pourrait-il qu'elle soit l'auteure de ces meurtres ?

Cette fois-ci, et puisque décidément, je ne me lasse pas de ce rythme, on retrouve donc la bande à Tim, avec un Vincent surexcité faisant face à la bande au plus bas... (ou pas) (vous ne savez pas à QUEL POINT ils sont heureux, là, comparé à ce qui va suivre...)

Et ! J'ai deux trucs à vous dire !

D'abord, un IMMEEEEEENSE MERCIIIIIII à une invité d'honneur qui me bénit de sa review (oui, sérieusement, c'est comme ça que je me suis sentie) sur le dernier chapitre ! Merci beaucoup, beaucoup, tu n'as pas idée d'à quel point ça fait du bien de savoir qu'il y a des personnes qui aiment bien ce que j'écris. En tout cas, merci pour ta sincérité (c'est vrai que mes personnages apparaissent très clichés au début... j'espère que ça va s'atténuer, en tout cas. C'est la première fois que je crée des personnages, cette fic était à la base un exercice personnel, et je me suis vite rendue compte que ça devenait bien trop compliqué pour que je ne la poste pas), et merci aussi pour ta fidélité. Tu aurais pu arrêter de lire de suite, et je suis très contente que tu ne l'aies pas fait ! Pour répondre à tes inquiétudes, effectivement, pour le moment, ça vous paraît flou, mais c'est censé l'être. Tout va se recouper bien assez vite (allez, d'ici deux chapitres vous ne devriez plus avoir aucun doute quant à ce qu'il se passe), et ne t'inquiète pas, je sais où je vais ! Pour être sûre que tu sois rassurée, je te le dis, j'ai terminé d'écrire le chapitre 25 il y a un peu plus d'une semaine. J'ai donc une grosse quinzaine de chapitres d'avance (parce qu'avec les cours, pas sûr que je puisse écrire autant), donc pas de panique ! Tout vient à point à qui sait attendre.

Et ensuite, je tiens à vous remercier tous, tous ceux qui passent, même si vous ne commentez pas, je vous vois, et grâce à vous, nous avons atteint les 1000 vues sur cette fic ! Je vous embrasse tous très fort, vous êtes géniaux, je vous aime.

Allez, maintenant, j'arrête de papoter, et je vous laisse lire. Bonne lecture, et à tout de suite en fin de chapitre. (Promis, j'essaie de faire court la prochaine fois)

Warning : description implicite de scène de sexe, auto-mutilation, crise d'angoisse, amnésie. (j'vous jure, c'est très joyeux comme fic).

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Chapitre 9 : Qui suis-je ?

- Alors, ils ont trouvé quelque chose, ou pas ?

Ils se tournèrent tous vers Vincent avec un air désabusé. De retour à leur parc favori pour parler de l'enquête, à la demande de leur plus jeune ami qui n'avait pu entrer sur le campus, ils étaient tous étrangement exténué par l'ambiance générale de toute la ville après la découverte du massacre. A vrai dire, ils se demandaient ce qu'ils faisaient là.

- On en sait rien, répondit Alexandre d'une voix morne. Personne a voulu nous dire quoi que ce soit.

- Est-ce que c'est vraiment important, dans tous les cas ? Interrompit Eléonore, assise à ses côtés. Je veux dire, ce qui compte le plus, c'est qu'ils vont trouver, non ?

Alex n'avait rien ramené. Vincent était le seul à être enthousiaste – sans doute parce qu'il était le seul à n'avoir pas été envahi par la panique à la vue ou la pensée des horreurs d'il y avait une semaine. Quand ils y pensaient, cela se tenait. Alex l'avait vu directement, Eléonore avait entraperçu, Alice avait dû écouter la description macabre de sa meilleure amie, et même si Morgane et Yliana étaient restées en arrière, elles n'en étaient pas moins touchées.

Vincent souriait. C'était une aventure, pour lui, mais son excitation n'était au goût de personne.

- Mais les mecs, y'avait des agents du FBI ! Genre, c'est énorme !

Yliana n'eut même pas le courage de répliquer. Elle soupira longuement à la place.

- Vincent… Fut la seule chose que Morgane eut la force de dire.

Le blond comprit enfin qu'il valait mieux qu'il se taise. Assis en tailleur au sol, comme d'habitude, il se balança d'avant en arrière durant quelques secondes, puis il s'arrêta. Personne ne prit la parole. Ils avaient tous le regard dans le vide et n'avaient pas l'air de vouloir reprendre la conversation.

Morgane était étrangement exténuée. La journée de la veille n'avait pas été si longue que ça, elle et Yli avaient quitté le lieu de l'interrogatoire en milieu de matinée, avaient pris le métro, puis avaient élu domicile sur le canapé-lit de Morgane. Elles avaient mangé du pop-corn toute la journée en regardant des émissions stupides. Yliana avait presque fait une indigestion.

Elle ne comprenait pas pourquoi elle se sentait aussi lasse aujourd'hui. Même venir jusqu'au parc avait requiert une lute intérieure contre sa propre volonté qui aurait préféré rester au lit toute la journée, la main sur le ventre de sa petite amie. Et vu le visage de ses amis, ils étaient tous dans le même cas.

Alex avait la tête de l'étudiant qui avait passé la nuit à réviser pour un devoir extrêmement important, mais Morgane savait très bien qu'il avait juste ressassé toutes les questions que les agents lui avaient posées, cherchant inlassablement un indice qui pourrait lui expliquer ce qu'il s'était passé exactement. D'après les cernes sous ses yeux, non seulement il n'avait pas dormi, mais en plus, il n'avait rien trouvé. Cela expliquait probablement pourquoi Hervé, son tuteur, n'avait pas voulu lui donner un petit sachet aujourd'hui.

Eléonore avait dû appeler leur ami dans la nuit, car elle aussi semblait fatiguée. Alex lui avait sans doute raconté le passage des agents fédéraux en détails, en y rajoutant ses propres conclusions – Eléonore ne pouvait être mieux renseignée. De plus, Alice était allée récupérer sa petite sœur Rita, ce qui avait probablement mené à un compte rendu précis de la matinée.

Alice, justement, semblait… Morgane n'avait pas vraiment de mot pour Alice. La jeune fille était bien là, physiquement, avec eux, mais la brune la sentait à des kilomètres d'ici. Elle avait les yeux dans le vide et était immobile, au point qu'Eléonore brisa le silence pour demander :

- Alice, ça va ? T'as rien dit depuis tout à l'heure. Pas que ça change de l'habitude, mais…

La blonde sursauta et se retourna vers sa meilleure amie. Ses cheveux voletèrent autour de son visage, et Morgane se rendit compte qu'elle avait les cheveux détachés. Aussi loin que sa mémoire remontait, et même si ça ne voulait pas dire grand-chose, elle n'avait jamais vu Alice sans élastique retenant sa chevelure de paille.

- Je suis juste fatiguée, Elé, rétorqua-t-elle avec un petit sourire désolé qui ressemblait plus à un rictus désagréable.

- Tu es sûre ? Tu étais bizarre, hier soir. Il n'y a pas quelque chose dont tu veux me parler ?

Alice fronça les sourcils.

- Non.

Alex écarquilla brièvement les yeux. Morgane remarqua que tous ses amis retenaient leur souffle. Leur amie… leur amie n'adoptait jamais un ton aussi froid. Elle se reprit cependant rapidement :

- Désolée.

Elle soupira longuement et joua avec une de ses mèches blondes, et ce fut la fin de la discussion.

Morgane ne lui en voulait pas. Ils étaient fatigués.

- Yli ? On va rentrer ?

Mais sa petite amie ne lui répondit pas. Morgane tourna la tête vers elle au lieu de lui demander ce qui n'allait pas. Elle faillit sursauter.

Elle ne reconnaissait plus sa compagne. Elle avait toujours les cheveux châtains, elle était toujours menue et de taille moyenne, les traits de son visage étaient toujours fins et discrets, et ses yeux avaient toujours la même teinte pauvre de bleu. Mais ce n'était pas Yliana. La jeune fille fixait Alice comme si elle voyait une personne différente, et elle plissait les yeux d'une manière que Morgane n'avait encore jamais vue.

- … Puce ?

Mais Yliana ne répondit pas. Tout le monde se tourna vers elle, Vincent alla même jusqu'à taper dans ses mains pour la réveiller, rigolant comme un adolescent. Alice croisa le regard d'Yliana, et tout le monde fut témoin du frisson qui la traversa. La blonde ne dit rien. Ne fit rien. Continua à fixer Yliana dans les yeux.

Le silence se fit, et plus personne n'osa ajouter quoi que ce soit. Même Vincent, qui regardait Morgane en coin comme s'il était sur le point d'ajouter une remarque déplacée, préféra ne rien dire. Alex regardait intensément Alice. Il connaissait la jeune fille, c'était son amie depuis maintenant plus d'un an, et leur amitié était réciproque. Quant à Tim, il l'avait connu en même temps, avait mis plus de temps à la connaître, mais avait désormais un lien très fort avec la jeune fille. Il ne comprenait pas ce qu'il se passait. Cet échange de regard, c'était comme si… comme si elles se jaugeaient, comme si ni l'une ni l'autre ne se reconnaissaient, et pourtant, comme si elles se détestaient. Une haine irascible s'échappait d'Alice et s'éparpillait dans toute l'atmosphère. Lui pouvait le sentir, à la différence des autres – mais il aurait préféré ne pas le sentir du tout, il aurait préféré pouvoir ignorer un sentiment d'une telle intensité qui ne pouvait pas, de toute évidence, appartenir à sa jeune amie.

Soudain, Yliana prit une grande inspiration et secoua la tête en clignant des yeux. Elle regarda tout autour d'elle et fut visiblement très surprise de se trouver là, assise, entourée de ses amis.

- Euh… M ?

Morgane prit sa main dans la sienne et la serra. Yliana rendit l'étreinte en tremblant.

Alex contempla longuement son amie. Quelque chose venait de se passer, il pouvait le voir, le sentir même, mais il n'arrivait pas à comprendre, il n'arrivait pas à deviner pourquoi ni comment, tout d'un coup, Yliana donnait l'impression de se réveiller d'un mauvais rêve alors qu'elle était là, avec eux, depuis le début.

- Je crois que nous allons y aller, annonça Morgane calmement, avec un de ses fins sourires. Puce, tu viens ?

Yliana hocha vaguement la tête, mais son corps tremblait lorsqu'elle se leva et suivit Morgane jusqu'à la voiture.

- Morgane, mon amour, déjà ? Fit Vincent avec un air désespéré, brisant l'ambiance pesante d'un seul coup.

- C'est pas le moment, fit Alex. Laisse-les tranquille, Vince.

Un ange passa, jusqu'à ce qu'Eléonore demande :

- Elle a quoi, Yli ?

Alex haussa les épaules, trop perplexe pour répondre. Vincent, lui, haussait simplement un sourcil, une main caressant l'arrière de son oreille, incapable de dire quoi que ce soit qui aurait pu ressembler de près ou de loin à une explication. Alice, elle, rejeta ses cheveux en arrière d'un geste lascif de la main.

- Je crois que Tim est malade. Vous avez vu comme elle tremblait ?

Alex sursauta. Oui, en effet, Tim était malade, mais…

- Tu as raison, répondit Eléonore avec un sourire empreint d'inquiétude, c'est sans doute ça. J'espère qu'elle se remettra vite, la pauvre…

- Ca me laisse quartier libre, si elle est hors d'état de nuire ! S'écria Vincent, bien trop fort pour que sa réplique soit naturelle.

Eléonore le fusilla du regard.

- Quand même, j'espère que… Vous croyez qu'elle pourrait être comme l'année dernière ? Avec Sarah ?

Alex se renfrogna. Vincent n'était que vaguement au courant de leur année de terminale car il les avait rencontré bien tard dans l'année – Alex se souvenait encore de Vincent, assis par terre en bas des escaliers, leur assurant que tout allait bien – il ne savait donc pas comment Tim avait été emprisonnée, malheureuse et déprimée toute l'année dernière. Il ne pouvait pas se souvenir du regard empreint d'angoisse de la jeune fille à chaque fois qu'elle était avec eux, de son hésitation à venir leur parler et de sa surprise lorsqu'ils venaient vers elle. Il ne pouvait pas se souvenir non plus de Sarah.

- Je ne lui souhaite pas, déclara-t-il sur un ton grave.

- Moi non plus, renchérit Eléonore.

Ils se tournèrent tous les deux vers Alice, attendant qu'elle dise quelque chose. Sa réaction se fit attendre :

- Hm, je ne pense pas… C'est juste une petite rechute, ça lui arrive de temps en temps. Morgane saura s'en occuper.

Ils hochèrent tous la tête, mais Eléonore se mordit tout de même la lèvre inférieure d'inquiétude.

- C'est à cause de l'enquête ?

Vincent venait de parler, Vincent venait de poser une question montrant qu'il s'inquiétait pour Yli, et ils ne savaient pas ce qui était le plus surprenant.

- Je pense, oui, dit Alex. Depuis la journée d'intégration, Tim a des moments… où elle est pas là. Elle est… genre, pas présente, pas avec nous. Des fois, elle a le regard dans le vide pendant très longtemps. C'est bizarre. A mon avis, elle fait tout son possible pour retenir ses crises d'angoisse.

- C'est bizarre, quand même, fit Vincent. Enfin, j'veux dire, c'est pas cool.

Alice s'éclaircit la gorge. Elle avait le visage rouge. Ses yeux… Ses yeux étaient plus foncés qu'à l'habitude. Eléonore songea que c'était sûrement l'émotion.

- C'est bizarre, en effet… Curieux, fit-elle d'une voix suave. Très, très curieux…


Morgane referma la porte derrière elle, sans bruit, alors qu'Yliana s'affalait sur son lit, enfonçant la tête dans l'oreiller le plus proche. Elle laissa échapper une espèce de gargouillis spécifique qui évoquait un bovin en détresse, puis s'appliqua à essayer de respirer, le visage dans le coussin. La brune s'assit doucement à ses côtés, presque vaporeusement, et posa une main rassurante entre ses deux omoplates.

- Yli…

La jeune fille tremblait de tous ses membres, et Morgane comprit qu'elle pleurait lorsque ses épaules commencèrent à tressauter. Yliana marmonna quelques mots que, naturellement, Morgane ne put comprendre.

La brune fit la seule chose qui lui vint à l'esprit – elle se coucha à côté d'Yliana et passa un bras sur son corps, comme pour créer un bouclier entre elle et le monde extérieur. Elle caressa les cheveux châtains de sa compagne. Les premiers sanglots se firent entendre, et Morgane eut l'impression que son cœur se noyait dans la tristesse et les larmes d'Yliana. Elle aurait pu se mettre à pleurer aussi, mais elle devait rester forte et stable. Sa Puce en avait besoin.

Après plusieurs longues minutes, Yliana roula sur le côté et laissa enfin son visage à l'air libre. Morgane s'empressa de sécher les larmes sur son visage douloureusement triste, mais la plus jeune lui prit les mains dans les siennes et serra, serra fort.

- Je suis qui, M ?

Morgane haussa un sourcil.

- Je me rappelle plus qui je suis… Tout peut être un mensonge. Ma mémoire fait n'importe quoi, je comprends plus ce que je dis ni ce que je fais, je me retrouve à des endroits en ayant aucune idée de comment je m'y suis retrouvée, et… et…

Elle laissa échapper un long sanglot. Elle dut s'asseoir pour parvenir à respirer. En tailleurs, elle porta une main à sa bouche pour cacher son expression, et une autre au visage de Morgane, pour sentir sa peau douce et chaude, sa présence rassurante.

- Putain, M, si c'était moi, qui ai tué ses gens ? Si… si c'était moi et je m'en souviens plus maintenant ? C'est un fou qui a fait ça, et moi, je suis en train de perdre la boule, complètement, je me souviens plus de rien, et bordel, j'ai peur, j'ai tellement peur de moi !

Elle déglutit rapidement, et c'est en criant qu'elle explora le fond de sa pensée et se révéla à Morgane :

- Est-ce que tu imagines si je me réveille, et que tu n'es plus à côté de moi ? Ou pire, si je me réveille et que tu es là, mais tu saignes, partout, partout, et tu es… morte ? Merde, M, je pourrais te faire du mal sans même le savoir !

Elle se tut brusquement, tremblante, sanglotant. Elle ferma les yeux et serra si fort ses paupières qu'elle vit des étoiles, mais ça ne suffisait pas, ça ne suffisait plus. Elle avait besoin d'avoir le contrôle, elle avait besoin de reprendre le contrôle, de son corps, de sa mémoire, de ce qu'elle faisait, de ce que…

Elle vit le reflet argenté d'une arme, sous ses paupières. Involontairement, elle s'accrocha à cette image. Elle s'y cramponna comme si sa vie en dépendait, comme si la vie de M en dépendait, et de ce fait, peut-être que sa vie en dépendait vraiment. Peut-être que c'était la seule façon de retrouver le contrôle.

Et si ce n'était pas la seule façon, c'était la plus séduisante.

Elle ouvrit les yeux et se rendit compte qu'elle était de nouveau allongée sur le lit. Estomaquée, tout air hors de ses poumons, elle contempla le visage de Morgane au-dessus d'elle, ses boucles brunes tombant sur elle et lui chatouillant les joues. Ses mains étaient plaquées sur le matelas… par celle de Morgane. D'un coup d'œil, elle vit du sang se répandre sur les draps.

- Qu'est-ce que…

- Je ne te laisserai pas faire, jura Morgane d'un ton résolu, même si sa voix tremblait. Je ne te laisserai pas…

Elle se pencha en avant, et Yliana put sentir qu'elle était à califourchon sur elle. Morgane se blottit contre elle, transmettant sa chaleur à sa compagne, transmettant tout ce qu'elle possédait et plus encore, lui donnant toute sa dévotion, toute sa volonté… donnant tout.

- Je ne te laisserai pas te faire du mal, ni à toi, ni à moi, ni à personne d'autre. C'est promis.

- Tu ne peux pas…

- C'est promis.

Et sa voix toucha Yliana là où on ne la touchait que rarement, mais là où seule Morgane l'avait touché.

La plus jeune resta bouche bée. Ses larmes s'arrêtèrent net, et son souffle reprit un rythme régulier. Elle retrouva la sensation de la douleur, la vraie, celle qui fait que l'on s'arrête et pas celle qui donne envie de continuer. Elle venait de se mordre le poignet, elle venait de se mordre le poignet et l'intérieur saignait, tout comme son cœur saignait, et Morgane appuyait sur la petite plaie, la cautérisait, la soignait, tout comme elle soignait la plaie de son cœur.

Elle n'avait pas la sensation d'être en sécurité, pas encore, peut-être même jamais – mais sous Morgane, sous sa protection, sous son odeur, ses cheveux, son aura enveloppant la sienne, elle était bien. C'était comme si la brune l'entourait de tout son amour, et cela, c'était plus que ce qu'Yliana avait jamais eu, et bien plus que tout ce qu'elle avait jamais demandé.

Elle libéra ses poignets et entoura le corps de Morgane. Cette dernière soupira, soulagée. Elles restèrent un moment ainsi, la brune donnant toute sa chaleur à Yliana qui cessa graduellement de trembloter, puis elle se releva d'un coup.

- Qu'est-ce que tu fais ? S'enquit Yli, surprise que sa voix soit plus assurée que ce qu'elle espérait.

Morgane lui adressa un sourire dont elle seule avait le secret, et passa son pull au-dessus de la tête. En soutien-gorge, elle lutta avec son pantalon, et quand la seule chose qui couvrait son corps fut ses sous-vêtements, elle se tourna vers Yliana, s'assit à califourchon sur elle, et l'embrassa passionnément, allumant la petite flamme entre les jambes de la plus jeune.

- Tu as besoin de te sentir bien, fit-elle d'une voix suave contre son oreille. J'ai raison ?

Yliana enfouit son nez dans ces beaux cheveux bruns dans lesquels elle aurait voulu se noyer, et respira l'odeur de sa belle. Elle releva ses jambes jusqu'à entourer la taille de Morgane, et elle laissa ses hanches s'agiter d'elle-même.

- Oui, fit-elle. S'il te plaît.

Morgane hocha la tête et l'embrassa, un sourire sur les lèvres. Yliana abandonna la recherche du contrôle qu'elle désirait tant et le confia à la gardienne de son cœur, rassurée.


Yliana avait un mal de tête affreux lorsqu'elle se réveilla. Elle sentait le sang battre à ses tempes au rythme lent et régulier des vagues de douleur. Boum, boum, boum. Sa tête était prise dans un étau, et elle sentait une déflagration à la moindre idée de mouvement. Elle avait chaud, très chaud, mais elle avait aussi très froid. Son corps couvert de sueur frissonnait, et elle voulait se frictionner les épaules, mais elle ne voulait pas bouger, pas avec sa tête sur le point d'exploser.

Ses yeux étaient fermés et elle refusait de les ouvrir. Elle avait peur que la lumière du matin ne lui mitraille le cerveau et aggrave encore plus son mal de tête. Pourtant, il faudrait bien qu'elle les ouvre. Parce que ce qu'elle constatait… Eh bien, ce qu'elle constatait, c'était que quelque chose n'allait pas, mais elle n'arrivait pas tout à fait à mettre le doigt dessus. Ses sens étaient déformés, endormis par sa migraine, et elle n'était pas bien sûr de pouvoir leur faire confiance.

Tout d'abord, elle ne sentait pas la couverture du lit dans lequel elle s'était endormie sur elle. Elle sentait bien son pyjama, mais celui-ci n'avait pas la texture habituelle, bien qu'elle n'arrive pas à mettre un mot sur ladite texture. Elle avait froid, et son corps était humide, mais elle connaissait la sensation de se réveiller en sueur par cœur, et elle pouvait dire sans même réfléchir que ce n'était pas ça. Son corps était humide parce que son environnement était humide.

A présent, elle était presque sûre qu'elle n'était plus chez elle. En fait, elle ne doutait plus vraiment, cela relevait plus de l'espoir fou à présent, mais… non, elle ne pouvait pas paniquer. Pas encore. Pas…

Elle ouvrit les yeux. Et les referma aussi tôt.

Beaucoup trop de lumière.

Elle commença à essayer de toucher la surface sur laquelle elle était allongée. Elle chercha aussi Morgane, mais ne fut pas surprise quand elle ne la trouva pas. Bien sûr, elle était inquiète. Elle aurait dû être inquiète. Elle ne l'était pas. Elle n'était pas inquiète, mais elle aurait dû s'inquiéter, et le fait qu'elle ne s'inquiète pas la faisait s'inquiéter, mais cela ne dépassait pas le stade de la panique et finalement, elle ne se sentait pas mal. Elle se sentait… bizarre. Comme si elle venait tout juste de se réveiller d'un rêve très long, d'un sommeil beaucoup trop profond.

Elle constata assez rapidement qu'elle était sur de la terre, humide, et elle toucha même des feuilles mortes.

Un insecte dut monter sur son pied, car elle sursauta en sentant une faible caresse. Elle se redressa sur son séant et ouvrit maladroitement les yeux. Comme elle l'avait pressenti, une nouvelle vague de douleur envahit son cerveau en plus de son corps tout entier lorsque la lumière trouva le chemin jusqu'à ses yeux, mais elle ne les referma pas pour autant. Elle avait besoin de voir ce qu'il y avait autour d'elle.

- Putain, lâcha-t-elle.

Le son du juron, familier, dans sa voix, toute aussi familière, la fit réaliser sa situation. Au fur et à mesure que sa vision se clarifiait, elle distinguait certains détails de son environnement. Des feuilles d'arbres tout autour d'elle. Des arbres presque nus qui montaient haut, très haut. La lumière de l'aube. Elle plissa les yeux, et regarda ses mains.

Elles étaient couvertes, recouvertes de sang.

- Oh putain de bordel de merde, lâcha-t-elle, la voix tremblante, le cœur battant la chamade.

Elle eut le réflexe de frotter les mains sur son pyjama, mais cela n'eut pas le résultat escompté – elle pensait que le sang serait sec, qu'elle pourrait gratter jusqu'à ce que tout s'enlève, mais non, le sang était encore humide, encore chaud, et ça voulait dire qu'il était frais, et, et, et…

Et elle n'osait plus mettre de mots sur ses hypothèses.

Elle remarqua pour la toute première fois qu'une veste bien trop grande pour elle était posée sur ses épaules, par-dessus son pyjama. C'était sûrement pour cela qu'elle n'était pas morte de froid, mais elle ne savait pas à qui appartenait cette veste, ni comment elle l'avait obtenue, et elle avait beau forcer, se forcer, rien ne lui revenait. Elle était en train de devenir folle.

Bien évidemment, elle n'avait pas son téléphone sur elle. C'était une évidence, une évidence, pourtant, la seule idée de ne pouvoir contacter personne, d'être perdue et d'être incapable d'appeler à l'aide, la fit paniquer pour de bon – sa respiration s'accéléra d'un coup, et elle sentit les larmes lui monter à la gorge.

Elle était couverte de sang. De ses mains jusqu'à ses avant-bras, et maintenant qu'elle y pensait, elle était presque sûre d'avoir le visage humide, elle était presque sûre de pouvoir sentir des gouttes de sang chaud sur son visage, et dans ses cheveux. Ses cheveux, d'ailleurs, étaient en bataille, et plus elle réfléchissait, plus elle avait mal à la tête, plus elle comprenait qu'elle s'était battue, elle s'était putain de battue en pleine nuit, et elle avait du sang partout, et elle venait sûrement de tuer quelqu'un.

Elle réalisa froidement qu'elle avait peur d'elle-même. Et plus elle avait peur d'elle-même, plus elle avait peur de ce qu'il y avait à l'intérieur d'elle-même.

Yliana voulut se relever. Elle voulut, vraiment. Mais lorsqu'elle mit un pied au sol, elle se sentit partir. Elle avait toujours trouvé cette expression idiote et dénuée de sens, mais elle le sentait maintenant – elle se sentait partir, elle n'était presque plus dans son corps, et pourtant on la plaçait très loin à l'intérieur, au fond d'un labyrinthe duquel elle ne pouvait pas sortir par elle-même.

Elle pensa à Morgane alors qu'elle perdait le contrôle de ses membres et qu'elle s'écroulait au sol. Etrangement, elle accueillit la sensation de bien-être qui l'envahit avec calme, presque sereine. En soi, elle devait juste se détendre, et tout irait bien. Tout irait bien. N'est-ce pas ?

Oui. Tout ira bien.


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La question à un million d'euros : c'est qui, cette voix, tout à la fin, selon vous ? :)

Bon, bon, bon... qu'est-ce qui vient de se passer ? Pourquoi Yliana se trouve-t-elle toute seule, dans une forêt, aux aurores, couverte de sang ? Pourquoi porte-t-elle des vêtements qui ne lui appartiennent pas ?
Et Alice, alors ? Que lui arrive-t-il ? Pourquoi Yliana et Alice se sont-elles fixées dans le blanc des yeux, ainsi ?
En bref, C'EST QUOI CE BORDEL ?

La prochaine fois, dans deux semaines (ou moins... ;) ) on se retrouve avec Dean et Sam qui viennent d'assister au départ de Castiel, dans des circonstances pour le moins inquiétantes... Je vous embrasse tous, et on se revoit bientôt.

Comme d'habitude, merci d'être passé, merci d'avoir lu, et n'oubliez pas de commenter !