Auteur : CatsAreCool

Traductrice : Moi

Spoilers : -

Rating : T

Genre(s) : Family/Drama

Disclaimers : Tout l'univers de Harry Potter appartient à JK Rowling. L'histoire que vous allez lire appartient à CatsAreCool. Quant à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.

Bêta : Sophia...Merci Sophie!

Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.

Je rappelle que vous pouvez désormais me trouver sur Facebook sous le nom de Saw Trombone... Si vous voulez discuter de mes fics ou vous tenir au courant de ma vie :D Vous êtes les bienvenus!


Champ, tout comme le DJM est le Département de Justice Magique et le DDM est le Département Des Mystères, le BOS est le Bureau des Orphelins Sorciers.


- Chapitre 10 -

Remus ravala un bâillement et essaya de se concentrer sur son entretien avec Brian. Ils étaient dans le bureau de Brian, situé dans un vieil immeuble juste à côté du Chemin de Traverse. Le bureau était grand mais pas prétentieux, ça seyait Brian. Il y avait une large baie vitrée qui laissait le soleil illuminer le large bureau et les chaises confortables ainsi que les étagères couvertes de livres de droit.

"Tout s'est passé comme prévu en ce qui concerne l'obtention du garçon?" lui demanda Brian en étudiant les documents qu'il tenait.

"Oui," répondit Remus, en se rappelant de la soirée de la veille avec satisfaction avant que son esprit ne retourne au matin-même.

Il avait mis de fraîchement rajeunis Sirius et Harry dans un taxi qu'ils avaient réservé pour les emmener à l'aéroport à cinq heures du matin. Ils avaient tous les deux fait battre son cœur plus fort; ça avait été comme voir ce qui aurait pu être si Sirius avait eu la garde de Harry lorsqu'il était encore un bébé. Harry avait été un adorable garçonnet de cinq ans; Sirius avait été un jeune homme de vingt-sept ans très dangereux. Remus avait insisté pour prendre des photos.

"C'est un adolescent remarquable s'il n'a pas refusé de se rendre dans une clinique," lui dit sardoniquement Brian en reposant les parchemins.

Un large sourire étira les lèvres de Remus. "Ah, eh bien, il se pourrait qu'on lui ait fait croire que c'était principalement pour Sirius, et qu'il aurait juste un check-up avant de pouvoir prendre des vacances."

"Sournois."

"C'était une conversation un peu difficile," se remémora Remus. Sirius l'avait très bien gérée. En fait, Sirius avait géré toute la soirée avec un calme remarquable, ne perdant que brièvement le contrôle lorsqu'ils avaient parlé de Dumbeldore. Remus était fier de lui. Lorsque Sirius serait remis sur pieds, il serait un père fantastique pour Harry.

Et Sirius avait besoin d'être soigné. Remus l'avait surpris à s'interrompre au beau milieu d'une phrase; les yeux perdus dans le vide avec une expression hantée sur le visage. Il n'avait que la peau sur les os, malgré la cuisine de Kreacher et les potions nutritives que l'elfe insistait pour qu'il boive chaque matin. Mais malgré tout ça, Sirius était étonnamment concentré sur une seule chose: Harry.

James serait fier de Sirius et de sa volonté à embrasser son rôle de parrain pour Harry, songea tendrement Remus; Lily, d'un autre côté, serait complètement incrédule en voyant la transformation de Sirius. Remus était juste triste que Sirius n'ait pas eu l'opportunité de changer douze ans plus tôt.

La confirmation qu'il n'y avait pas eu de procès avait été un coup dur. Sirius avait passé la journée complètement furieux quand il l'avait appris. Remus avait canalisé sa propre colère en passant leur plan au peigne fin pour s'assurer que rien n'irait de travers. Ça avait été dur d'expliquer leur colère envers Albus à Harry, en tout cas, sans lui faire la liste de toutes les plaintes qu'ils avaient contre lui - principalement les mauvais traitement que Harry avait subi aux mains des Dursley.

Remus avait le pressentiment que Harry avait besoin d'autant de soins que Sirius. Sa taille et son poids révélaient sa malnutrition et considérant la façon dont il avait fondu en larme lorsque Sirius lui avait confirmé qu'il était désormais son gardien légal et qu'il le voulait... Merlin. Remus ne s'était jamais senti aussi inutile.

"Est-ce que vous avez eu l'opportunité de demander au jeune homme s'il voulait poursuivre sa famille en justice?" lui demanda Brian.

Si Remus n'avait pas su que sa lycanthropie empêchait qui que ce soit de lire dans ses pensées, il se serait demandé si Brian n'avait pas tiré cette idée directement de son esprit. Il soupira et hocha la tête. "Il a dit, et je cite, 'Je veux juste être débarrassé d'eux'. Sirius et moi avons décidé qu'ils ne l'approcheraient plus jamais donc cette histoire est réglée."

"Ah. Eh bien, on ne peut pas lui en vouloir, et c'est probablement pour le mieux; un procès aurait été une lourde épreuve pour lui," murmura Brian. "Je suppose que vous avez consulté le rapport compilé par Amelia Bones?"

"En fait, non." Remus secoua la tête. "Sirius en a prit une copie pour les guérisseurs de la clinique mais il refuse de le lire. Il a dit que Harry nous en parlerait lorsqu'il serait prêt. Je ne veux pas le lire parce que j'ai peur de tuer les Dursley si je dois à nouveau avoir à faire à eux."

Brian haussa un sourcil. "D'aucuns diraient qu'ils le méritent."

"Ils finiront par recevoir leur juste punition," promit férocement Remus. "Sirius et moi nous en assurerons une fois que Harry sera majeur et que Petunia ne pourra même pas envisager d'enlever Harry à Sirius."

"Vous pensez qu'il y a des chances qu'ils essayent de contester sa garde?"

"C'est peu probable mais je ne l'exclus pas," lui dit Remus, "surtout parce que ça ne m'étonnerait pas que Vernon Dursley réalise que s'ils ont obtenu une nouvelle maison en échange de Harry, alors ils pourraient obtenir plus."

"Je suppose que Black les poursuivrait pour extorsion de fond dans ce cas," dit Brian en attrapant une tasse sur son bureau.

Remus hocha la tête, vidant sa propre tasse de thé. Ce serait exactement ce que Sirius ferait si Remus avait son mot à dire. "Le sujet d'un autre jour," dit-il, bien conscient qu'ils s'étaient éloignés de la raison de leur entretien. "Sommes-nous prêts pour la presse de cette semaine?"

Brian hocha la tête. "Tout est arrangé. Il y aura une déclaration de presse demain, rappelant aux gens les efforts de Sirius durant la dernière guerre, son amitié avec les Potter et je l'espère, divers déclarations d'amis et de supporters une fois que son innocence aura été déclarée aujourd'hui. Après-demain, la presse racontera son évasion pour protéger Harry, et le jour d'après, le Ministère annoncera avoir accordé la garde de Harry à Sirius."

"Bien," dit Remus, rassuré que tout soit en place.

"Oui," Brian épousseta distraitement ses robes, "et n'allez pas croire que je ne demanderai pas une prime de risque à Black pour me forcer à aller au Ministère tous les jours."

Remus lui sourit. "Eh bien, je pourrais y aller moi-même, mais sa sous-secrétaire paniquerait en réalisant que je suis un loup-garou."

Brian étouffa un rire. "Merlin, mais quel crapaud. Comment Dolores a-t-elle bien pu obtenir cette position..." Il secoua la tête. "Vous savez que ça va créer une petite tempête médiatique que Lord Black ait un steward loup-garou lorsque la presse l'apprendra? La Lumière supposera que c'est la confirmation qu'il est un mage Noir puisqu'il a embauché une créature Ténébreuse, et les Ténèbres assumeront que c'est la confirmation qu'il est un sorcier de la Lumière puisqu'il ne fait pas de discrimination."

Les lèvres de Remus tressaillirent. "Sirius a hâte de rendre les gens confus, je pense. Je ne tolérerai toute cette publicité que parce que ça aidera à promouvoir l'agenda politique de Sirius, mais honnêtement, mon seul objectif est de m'assurer que Sirius et Harry aient une vie heureuse."

"Et c'est un excellent objectif," approuva Brian en levant silencieusement sa tasse pour lui porter un toast. "Passons aux autres affaires, j'ai discuté avec Liam Arkam et nous avons passé un accord de gentlemen concernant le testament des Potter puisqu'ils étaient les gardiens originaux du dossier. Il a enregistré les papiers que nous avons remplis lorsqu'Amelia a accepté d'agir comme exécutrice des démarches. Le testaments sera ouvert et lu dans quelques jours. Il m'a donné une lettre à remettre à Sirius; je suppose que c'est une proposition de reprendre du service comme avocats des Potter. Vous avez notre propositions. Mary Baron est excellente et nous pouvons maintenir la séparation afin qu'il n'y ait pas le moindre conflit d'intérêt."

Remus prit la lettre et la glissa dans sa mallette. Arkam et Arkam était une bonne firme mais Sirius n'avait pas été impressionné qu'ils aient perdu le testament, condamnant de ce fait Harry aux Dursley. Malgré les situations de Sirius et des Longbottoms, Minerva McGonagall, qui avait été une des meilleures amies de la mère de James, avait été nommée gardienne alternative de Harry, tout comme l'avait été Andromeda Black, une distante cousine de James, une ancienne fille de la Maison des Black avant son mariage avec un Né-Moldu, et qu'il avait connu grâce à Sirius. Cependant, Sirius était bien déterminé à ce que Harry ait son mot à dire au sujet de qui le représenterait et donc, il avait décidé que Harry rencontrerait les différents candidats avant qu'ils n'en discutent ensemble - ce que Brian savait déjà.

"Quoi que ce soit d'autre à discuter aujourd'hui?" lui demanda Remus en jetant un coup d'œil à l'horloge. Il voulait encore aller à Gringotts avant la conférence de presse au Ministère.

"Juste un rappel que nous devons confirmer les plans de Lord Black pour la réunion de famille des Black s'il veut que tout soit prêt à temps."

Remus grimaça. "Les Lestrange sont une certitude. Vous pouvez préparer la dissolution de mariage et les papiers de répudiation. Les Tonks sont aussi une certitude; ils seront réintégrés."

"Et les Malfoy?"

"C'est plus difficile," avoua Remus. "Laissons-nous Malfoy en place en utilisant la Primauté des Black pour le garder sous contrôle, ou nous débarrassons-nous de lui en prenant le risque que quelqu'un d'autre manœuvre dans le vide qu'il aura laissé?"

"On sait ce qu'on perd (1)?" demanda Brian en hochant la tête. "Je peux comprendre ça."

Remus pinça les lèvres, songeur. "Préparez la dissolution du mariage et les papiers de répudiation. Que Sirius les utilise ou non...ils seront prêts."

Brian hocha la tête. "Et les papiers d'adoption?"

"Préparez-les," dit tout simplement Remus. Il pensait que Harry voudrait la sécurité d'être adopté par Sirius.

Brian prit note et Remus se releva, lissant sa robe. Sirius avait insisté pour acheter de nouveaux vêtements à Remus et Remus avait accepté, bien conscient qu'en tant que Steward de Lord Black, il devait avoir un certain style.

Il dit au revoir à Brian et retourna sur le Chemin de Traverse pour aller à Gringotts. Il était surpris de voir à quel point il aimait son nouvel emploi - Sirius et lui avaient discuté de tous les détails du poste le lendemain de leur réunion. En vérité, bien que Remus avait le poste de 'Steward', ses responsabilités dépendraient complètement des besoins de Sirius et Harry. Remus s'occuperait principalement des finances et du patrimoine immobilier et Sirius s'occuperait de la politique. Sirius lui avait aussi clairement fait comprendre qu'il voulait que Remus l'aide à protéger et guider Harry, qu'il reprenne sa place d'Oncle Moony. Remus en était fou de joie.

Remus avait emménagé au Square Grimmauld et loué son appartement à Oxford à deux jeunes étudiants qui commençaient leur Master à l'automne et voulaient profiter de l'été pour s'installer en ville. La nouvelle maison du Hampshire serait prête au retour de Sirius et Harry et Remus avait hâte d'y emménager. Il passerait les pleines lunes enfermé dans sa chambre du Square Grimmauld cependant. Bien que Sirius s'assurait que Remus ait suffisamment d'argent pour s'acheter la potion Tue-Loup, Remus ne voulait absolument pas être à proximité de Harry pendant ses transformations et il avait fait promettre à Sirius de respecter son souhait. La dernière pleine lune lui avait suffi comme leçon.

Gringotts était noir de monde et Remus s'approcha de l'un des guichetier. Il l'informa rapidement qu'il était là pour un entretien avec le comptable de la Famille Potter et un goblin fut appelé pour l'accompagner. Ils montèrent à l'étage dans les bureaux et Remus se retrouva dans une grande pièce ou Kipbold l'attendait. Ils avaient déjà effectué ce processus pour les comptes de la famille Black.

"Documentation," demanda sèchement Kipbold.

Remus sortit immédiatement les parchemins nécessaires de son attaché-case et les tendit au gobelin; le testament des Potter, le transfert de garde de Harry à Sirius, et sa propre nomination de Steward.

Kipbold grogna. "Gringotts accepte que Lord Black ou vous serez les représentants de l'héritier Potter dans ses décisions financières et patrimoniales à daté de ce jour." Il ouvrit une boîte posée sur le bureau et en sortit une clé en bronze. "Vous devrez présenter ceci à l'avenir."

Remus la glissa dans sa poche. "Je veux les relevés actuels et les portoloins des différentes maisons."

Kipbold grogna mais s'approcha d'un casier à tiroirs multiples et en sortit un dossier. Il le tendit à Remus. "Même procédure que pour Black; tapotez le parchemin de votre baguette et demandez les détails du coffre ou du patrimoine. Les informations par défaut sont un résumé."

Remus hocha la tête et plaça le dossier dans sa mallette alors que Kipbold s'approchait d'un coffre pour en sortir les portoloins. Il les tendit à Remus qui les rangea.

"Ils ne fonctionneront pas tant que Potter n'aura pas récupéré son anneau pour lever le Fidelius de Mort," lui dit sèchement Kipbold. "Arnold Askwith est le Conseiller Financier Sorcier de la famille. Allez-vous le licencier?"

"Je veux le rencontrer une fois que j'aurais contrôlé les relevés, disons demain à treize heures," lui dit Remus. Ils avaient déjà licencié le Conseiller Financier des Black et l'avait remplacé par un gobelin appelé Poon que Kipbold leur avait recommandé. Poon était un génie des mathématiques et il avait un appétit féroce pour les profits. Sirius liquidait tous ses investissements qui semblaient malhonnêtes et les réinvestissaient dans d'autres sociétés.

Kipbold grogna à nouveau. "J'en informerai le service des rendez-vous."

"Bons profits à vous," lui dit poliment Remus avant de partir. Il retourna au Chaudron Baveur pour se rendre au Ministère de la Magie.

L'atrium se remplissait lorsque Remus sortit de la cheminette. Il pouvait voir l'estrade qui avait été installée pour la conférence de presse et les journalistes étaient déjà en train de s'installer. Amelia Bones était en train de discuter avec Brian et Alastor Moody dans un coin. Sans la moindre honte, Remus se cacha derrière une plante verte parce qu'il ne voulait pas attirer l'attention sur lui.

Fudge apparut et Remus écarquilla les yeux en voyant Albus sur ses talons. Si Albus avait fait quoi que ce soit pour remettre en cause l'innocence de Sirius, Remus allait le tuer. Fudge ignora le Président du Magenmagot et monta sur l'estrade. Son entourage de directeurs de Départements s'étaient arrêté au bas des escaliers, à l'exception d'Amelia Bones qui se tenait juste derrière Fudge. L'Auror en Chef, Rugus Scrimgeour, était à l'autre bout de l'estrade; d'autres Aurors, en robes rouge, patrouillaient. De nombreux employés du Ministère s'étaient rassemblés eux-aussi.

"Bonjour, Mesdames et Messieurs, journalistes et concitoyens," commença pompeusement Fudge. "J'ai une déclaration à vous lire et ensuite vous pourrez poser vos questions."

Remus ne fut pas surpris que la foule se mette à chuchoter après les premières phrases; Fudge dût demander le silence après avoir déclaré Sirius innocent, et encore une fois après avoir déclaré que Wormtail était bien vivant et recherché. Remus jeta un coup d'œil à Albus et le trouva complètement abasourdi. Il n'avait clairement pas su ce que Fudge allait annoncer.

"Vos questions?" demanda Fudge en reposant son parchemin. Il pointa une journaliste du premier rang du doigt.

"Rita Skeeter, Monsieur le Ministre, pour la Gazette du Sorcier," s'exclama bruyamment Rita. "Êtes-vous absolument certain que Black est innocent?"

Fudge se pencha en avant et hocha gravement la tête. "La Directrice Bones a mené une enquête approfondies. Les preuves physiques montrent que Black n'est pas à l'origine de l'explosion qui a tué les Moldus. Pettigrew a été vu vivant par des témoins, y compris Harry Potter, lorsque Black a été capturé à Poudlard. De plus, ces mêmes témoins ont entendu Pettigrew confesser qu'il avait trahi les Potter en les livrant à Vous-Savez-Qui. Sirius Black est innocent."

"Mais qu'en est-il de sa réputation de bras droit de Vous-Savez-Qui?" cria un autre journaliste.

"Malheureusement, les articles et les livres écrits après la Guerre se sont basés sur des oui-dires et non pas sur des preuves lorsqu'ils ont parlé de la mort des Potter, de Pettigrew et des Moldus," répondit prudemment Fudge. "En fait, on m'a récemment rappelé que Sirius Black, lorsqu'il était Sorcier Tireur pour le Ministère, avait arrêté et mis hors d'état de nuire de nombreux Mangemorts avant la Chute de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Non seulement ça, mais il était aussi l'ami le plus proche de James et Lily Potter, qui l'ont nommé parrain de leur fils unique, Harry Potter, le Survivant. Le Ministère est en partie responsable des dommages infligés à la réputation de Monsieur Black et lui a versé une compensation."

"Où se trouve Black en ce moment?" demanda un journaliste au premier rang.

"Nos sources le situent à l'étranger," répondit simplement Fudge. "Nous réitérons notre volonté de l'accueillir en Grande-Bretagne s'il décide de revenir."

Rita se releva pour attirer à nouveau l'attention du Ministre. "Est-ce que des poursuites seront engagées à l'encontre des membres du Ministère et du Magenmagot qui se sont montré coupables de négligence dans cette terrible erreur judiciaire concernant l'ancien Sorcier Tireur Black?" Son regard se posa sur Dumbledore puis sur Barty Crouch, qui lui lança un regard noir.

Fudge s'éclaircit la gorge. "Il ne faut pas oublier que c'était un temps de guerre et de chaos. Le Ministère opérait sous une forme de loi martiale. Bien sûr, Monsieur Black aurait dû avoir un procès où son innocence aurait pu être établie - sans aucun doute - mais nous comprenons que ça ait été ignoré au vu des circonstances." Il s'interrompit. "Je pense que nous devrions nous concentrer sur deux choses: tout d'abord, que l'administration actuelle a fait éclater la justice, et ensuite, que nous devons tourner tous nos efforts vers la capture du véritable traître meurtrier, le rat Peter Pettigrew. Ce sera tout pour aujourd'hui."

Il hocha la tête et descendit de l'estrade.

Une vague d'applaudissement suivit son départ. Remus laissa la foule se fondre dans une masse de têtes et de jambes avant de quitter sa cachette pour retourner vers la cheminette.

Albus apparut si rapidement devant lui que Remus lui fonça presque dedans. "Remus! Quel plaisir de te revoir!"

"Albus." Remus lui sourit poliment et prit une profonde inspiration. "Comment allez-vous?"

"Très bien, mon garçon," lui dit Albus, alors même qu'il lançait une bulle anti-fouineurs. "Je n'avais pas réalisé que tu avais été invité..."

"Je ne l'ai pas été," se hâta de le corriger Remus. "J'en ai entendu parler et...eh bien, je ne pouvais pas ne pas être là." Il grimaça à sa mauvaise syntaxe.

"Bien sûr que tu ne pouvais pas," approuva Albus, "et c'est un revirement de situation incroyable de la part de Cornelius." Pour la première fois de sa vie, Remus voyait Albus abasourdi. "Que je devais voir pour y croire. Je suppose que tu as été interrogé?"

"Sous le serment de confidentialité habituel," confirma calmement Remus. "Je doute que le Ministère rende public n'importe quel autre nom que celui de Harry."

"Probablement pas," hésita Albus.

"En parlant de Harry, je devrais lui écrire pour l'en informer. Je sais qu'il a été interrogé donc il est probablement impatient de connaître les résultats," s'exclama joyeusement Remus, malicieux.

"Laisse-moi m'occuper de ça, mon cher garçon," lui dit rapidement Albus. "Harry est actuellement en voyage avec les Dursley pour cause d'urgence familiale et ils n'apprécieront pas recevoir un hibou postal en présence d'autres Moldus."

"Je suis sûr que vous savez mieux que moi quoi faire," lui dit Remus, pince-sans-rire, en se félicitant silencieusement que leur couverture concernant le départ des Dursley de Privet Drive ait fonctionné.

Albus sourit, apparemment satisfait par la complaisance de Remus. "Je suppose que tu ne sais pas où est Sirius? Je serai plus qu'heureux d'aller le chercher pour l'informer qu'il peut revenir."

"Quelque part à l'étranger mais je ne sais pas exactement où," répondit immédiatement Remus. Ce qui était la vérité: il n'avait aucune idée de la position exacte de l'avion à cet instant.

"Ah." Albus ne semblait pas plus concerné que ça et Remus savait qu'il pesait le pour et le contre entre aller chercher Sirius pour le convaincre qu'il en savait plus que lui concernant la sécurité de Harry ou attendre que Sirius refasse surface. "Bon, peut-être qu'avec la presse étrangère que Cornelius a convié, il reviendra plus tôt que tard."

Remus inclina la tête.

Albus se tourna soudainement vers la gauche et Remus vit Alastor Moody faire signe à Albus d'annuler son sortilège. Albus le fit rapidement.

"Albus," grogna Alastor.

"Alastor!" le salua chaleureusement Albus. "C'est bon de te revoir. Puis-je présenter le Professeur de Défense Contre les Forces du Mal sortant au Professeur arrivant? Remus, tu te rappelles d'Alastor Moody?"

"Ravi de vous revoir," dit automatiquement Remus. "Ça faisait longtemps."

"Très longtemps." Alastor l'étudia avec méfiance avant de se détendre et de lui serrer la main. "Auriez-vous le temps de discuter de vos cours et du niveau des étudiants?"

"Je ne peux pas aujourd'hui, et mon nouvel emploi me garde occupé," lui répondit Remus, "mais je pourrais me libérer pour un déjeuner, disons, après-demain, au Trois Balais à treize heures?"

"D'accord," accepta Alastor.

"Ça me fait plaisir d'apprendre que tu as trouvé un autre emploi aussi rapidement malgré ce qui s'est passé à Poudlard," lui dit chaleureusement Albus. "Je suis certain que Severus ne voulait pas..."

"Albus," l'interrompit sèchement Remus. "Severus n'a jamais agi sans savoir exactement ce qu'il comptait faire." Il prit une profonde inspiration alors qu'Albus le regardait fixement, choqué que Remus ait osé le contredire. "J'admets que je méritais de perdre ma position après avoir oublié ma potion, mais je ne peux qu'espérer qu'avoir révélé mon secret lui suffira comme vengeance. Puisque je peux vous assurer que Sirius, lorsqu'il reviendra, ne tolérera pas le traitement que Severus fait subir à Harry - et ne le niez pas, je vous en prie - le comportement peu professionnel de Severus est connu autant des élèves que des autres enseignants, et franchement, Severus méritera tout ce que Sirius lui fera, et j'espère être là pour regarder." Il se tourna vers Alastor. "Je vous verrai dans deux jours."

"Dans deux jours," répéta Alastor.

"Au-revoir, Albus," lui dit poliment Remus. Il contourna son ancien Professeur et s'approcha à grands pas de la cheminette, se sentant beaucoup plus léger.


Sirius essayait de jongler avec son sac, le sac de Harry, les papiers que les douaniers Moldus voulaient, et Harry qui était profondément endormi. Ils étaient sur le point de débarquer.

"Là, laissez-moi vous aider." Cheryl, la vieille dame assise dans la rangée à côté de la leur, tendit la main pour attraper le sac de Harry avant que l'hôtesse de l'air présente ne puisse intervenir. "Basil, attrape l'autre sac."

Son mari sourit à Sirius. "Vous feriez mieux de me le donner avant qu'elle ne nous punisse tous les deux."

Sirius lui donna le sac et réajusta la position de Harry alors qu'ils descendaient de l'avion pour traverser un long couloir blanc. "C'est très gentil de votre part à tous les deux."

"Mais de rien." Cheryl caressa les cheveux de Harry. "C'est un adorable petit garçon."

Le petit Harry âgé de cinq ans avait charmé toutes les femmes de la première classe où ils étaient installés. Il avait été poli et adorable. Il avait adoré le dessin animé qu'ils avaient diffusé, il avait adoré la nourriture, et il s'était beaucoup amusé avec le sac de jeux que l'hôtesse de l'air leur avait donné quelques minutes après le décollage. En vérité, Sirius l'avait apprécié tout autant et avait adoré regarder Harry s'amuser; ça avait été quelque chose qu'aucun d'eux n'avaient jamais eu et qui leur avait enfin été retourné. Il y avait aussi eu un ours en peluche aux couleurs de la compagnie aérienne et Harry s'était endormi avec. Apparemment, c'était fatiguant d'avoir cinq ans - ce qui semblait logique puisque c'était épuisant de s'occuper d'un enfant de cinq ans.

Avant même qu'il ne s'en rende compte, Cheryl et Basil avait aidé Sirius à passer les douanes et à récupérer ses bagages, lorsque Harry se réveilla. Ils se séparèrent enfin en entrant dans le hall des arrivées - Cheryl et Basil rejoignant leur fille - alors que Sirius apercevait une pancarte portant son alias.

Il poussa le chariot portant leurs bagages tout en s'assurant que Harry marchait un peu en retrait afin de se dresser toujours entre lui et l'homme chauve qui tenait la pancarte. "La Valley Clinic?"

"En effet." Les yeux bleu du chauffeur pétillèrent. "Et vous devez être notre nouveau client," son regard se posa sur Harry, "ou devrais-je dire nos clients?"

Sirius se tendit automatiquement.

Le yeux du chauffeur pétillaient encore plus lorsqu'ils se reposèrent sur lui. "Votre Oncle Alphard était un sacré personnage. Quelle était sa phrase fétiche encore...que ses intentions étaient mauvaises?"

Sirius se détendit légèrement à la mention de son oncle et de son expression préférée que Sirius avait volé pour les Maraudeurs. "Désolé, le voyage a été long."

"Oui, j'ai cru comprendre que les voyages en avion étaient fatiguants. Appelez-moi Mick." Le chauffeur poussa doucement Sirius en arrière et attrapa le chariot.

Ils sortirent dans la ville venteuse de Chicago et Sirius fut content d'avoir pensé à mettre sa veste. Il s'arrêta pour s'accroupir à côté de Harry. "Tu as froid?"

Harry hocha la tête et baissa timidement les yeux. Sirius l'aida à fermer sa veste et attrapa la main de Harry pour rejoindre Mike qui les attendait un peu plus loin. La voiture était une luxueuse Sedan. Mike ne fut pas surpris de voir Sirius s'asseoir à côté de Harry à l'arrière. Sirius aida Harry à s'attacher avant d'en faire autant.

"La Vallée est à trois bonnes heures de route," lui dit Mike.

Sirius divertit Harry en lui proposant un concours de celui qui repérerait le plus de voitures rouge, en lui expliquant que Lily l'y avait fait jouer un jour où ils avaient décidé de voyager comme des Moldus. Lorsque Harry fut fatigué et grognon, Mike leur indiqua que des boissons et de la nourriture avaient été stockés dans une glacière pour eux. Harry se rendormit dès qu'il eut fini de manger.

Sirius résista à l'envie de le détacher pour le prendre sur ses genoux. Il se contenta de lui caresser les cheveux. Le petit Harry âgé de cinq ans était plus qu'heureux de tenir la main de Sirius ou de lui faire un câlin. Mais l'effet de la potion finirait par disparaître et ils retrouveraient leurs vrais âges, mais Sirius ne le voulait pas. Il voulait toutes les années qu'il avait perdu; il voulait que son filleul ait l'enfance qu'il aurait mérité et il voulait le voir passer par toutes les étapes importantes de sa vie comme Sirius l'avait parfois rêvé à Azkaban. Il prit de profondes inspirations pour se recentrer.

Il devait bien admettre aussi que le Harry de treize ans étaient de nombreuses façons bien plus difficile à élever; bien plus dur à connaître. Il avait remercié Remus avec profusion de l'avoir aidé avec Harry la nuit précédente. À treize ans, presque quatorze, Harry était au bord du précipice qui séparait l'enfant de l'homme; il avait besoin de l'amour d'un parent, de sa sécurité aussi, mais il se rebellerait rapidement s'il était limité dans ses mouvements, même pour sa propre protection. Sirius savait qu'ils devraient faire des compromis entre son besoin de protéger Harry et le besoin de Harry de gagner son indépendance.

La voiture sortit de l'autoroute pour passer sur un chemin champêtre. Sirius regardait attentivement autour de lui pour s'assurer qu'il ne se tramait rien. Un portail sembla apparaître de nulle-part et Mick passa à travers, les faisant entrer dans un magnifique monde où l'herbe était verte, les arbres feuillus et le ciel parfaitement bleu; exactement comme son Oncle Alphard l'avait décrit. Sirius savait qu'Alphard avait été fasciné par l'histoire et la magie de la bulle temporelle.

La Vallée appartenait à une tribu de sorciers Natifs Américains. À l'origine, tout le monde pensait que la bulle temporelle avait été créée en réponse à l'invasion des armées Européennes; les hommes entraient dans la Vallée et revenaient une semaine plus tard vieillis ou ne revenaient plus jamais. Mais Alphard avait appris des anciens de la tribu que la bulle temporelle avait toujours existé et que la tribu s'y était installé pour la protéger, finissant par trouver le moyen de ne pas pâtir des effets temporels eux-même par le biais d'amulettes qui les gardaient synchronisés au monde extérieur.

Ils avaient finis par se spécialiser dans la guérison magique et y accueillaient tous ceux, quelques soient leurs origines ou leurs confessions, qui souhaitaient en faire autant. La Vallée était devenue connue pour être un refuge pour les personnes gravement blessées ou malades, qui pouvaient y passer des années à guérir mais qui ne perdaient qu'une seule semaine de temps normal. Alors que le monde changeait tout autour, la Vallée était devenue une clinique exclusive qui se spécialisait dans les cas difficiles et traitaient les gens pouvant se le payer.

Ils se garèrent devant un grand immeuble blanc à la porte vitrée. Sirius réveilla Harry et Mick les escorta rapidement à l'intérieur, où les attendait un guérisseur.

Il s'inclina devant le Natif Américain aux cheveux gris. "Guérisseur Blackhawk."

Blackhawk détailla Sirius des pieds à la tête. "Lord Black, avec votre permission, je vais inverser les effets de la potion de rajeunissement sur votre charge et vous."

Sirius hocha rapidement la tête. Blackhawk irradiait de pouvoir à la façon de Dumbledore. Il sentit une vague de magie et sa peau se tendit désagréablement pendant un instant. À côté de lui, il sentit Harry reprendre son corps d'adolescents, ses vêtements se transformant avec lui.

Blackhawk sourit à Sirius. "Votre oncle était un homme bon et j'ai beaucoup apprécié le temps que nous avons passé ensemble. J'ai su alors que vous demanderiez notre aide un jour."

"Merci de nous recevoir," lui dit Sirius, parce qu'il ne savait pas quoi dire d'autre.

Le guérisseur tourna son attention vers Harry. "C'est un plaisir de vous rencontrer, Harry Potter," lui dit-il solennellement. "Nous vous attendions depuis longtemps."

Sirius fronça les sourcils en entendant les mots de Blackhawk et s'approcha de Harry. Harry ne s'en offusqua pas et fit un sourire incertain au guérisseur.

"Euh, bonjour?" lui dit-il poliment avant de triturer le sac à dos qu'il tenait.

"Vous comprenez que vous vous trouvez maintenant à l'intérieur d'une bulle temporelle," les informa vivement Blackhawk. "Peu importe le temps que vous passerez ici, que ce soit cinq minutes ou cinq mois, une semaine se sera écoulée dans le monde extérieur à votre retour."

Sirius hocha la tête, tout comme Harry. "Compris."

"Bien." Blackhawk les guida à travers la réception, en direction d'une porte qui donnait sur une large cour intérieure. Sirius était un peu déconcerté par l'absence d'autres personnes.

Blackhawk le vit regarder autour de lui et sourit. "Dans la clinique, vous ne verrez ni n'entendrez personne d'autre que ceux assignés à vos soins et personne d'autre ne vous verra ni vous entendra."

"Ouah," s'exclama Harry, aussi impressionné que Sirius l'était.

"Vous avez le droit à votre intimité, Monsieur Potter."

"Merci," Harry était sincère, ses mots lui venaient droit du cœur.

"Oui, merci," répéta Sirius parce qu'il était ravi que l'anonymat de Harry soit protégé.

Harry fit un sourire à Sirius dans un moment partagé de satisfaction.

Blackhawk les entraîna dans le bâtiment sur leur droite; les guidant jusqu'à une pièce chaleureuse et accueillante. Il y avait des sièges à gauche de la pièce et un buffet à droite. "Voici ma salle de consultation. Asseyez-vous, je vous prie, et servez-vous des rafraîchissements; vous avez fait un long voyage. Il y a une salle de bain si vous souhaitez vous rafraîchir un peu."

Il les laissa seul et ils engloutirent les sandwiches. Sirius insista pour que Harry aille se rafraîchir avant d'en faire autant lui-même. Il se sentait sale. Il voulait une douche et un lit. Il se contenta de ce qu'il avait et retourna dans la pièce au même moment où Blackhawk revenait, accompagné d'une femme qui lui fit penser à McGonagall et qui se présenta comme le Docteur Helen Jordan.

Ils s'assirent tous les quatre sur les sofas; les guérisseurs d'un côté, Sirius et Harry de l'autre.

Blackhawk fit un geste à l'attention de Sirius. "Nous discuterons de votre traitement plus tard, Lord Black. J'aimerai commencer par votre pupille."

"Ne devrions-nous pas être, euh, examinés d'abord?" demanda Harry, perplexe. Il s'approcha instinctivement de Sirius.

Sirius posa un main sur son épaule pour le rassurer. "Je dois bien admettre que je me pose la même question."

"Tous les examens ont été effectués passivement durant le temps que vous avez déjà passé dans cette pièce," lui dit gentiment Jordan.

"Quel gain de temps," marmonna sarcastiquement Sirius, un peu perturbé qu'ils aient été observés et examinés sans qu'il le sache.

Blackhawk reporta son attention sur Sirius. "C'est notre pratique habituelle de discuter de son traitement avec l'enfant présent, si cela vous convient."

Sirius pouvait presque sentir Harry se hérisser à côté de lui d'avoir été qualifié d'enfant. "Je pense que Harry est plus un jeune homme qu'un enfant." Il regarda son filleul. "Est-ce que tu veux rester?"

"Je veux rester," répondit immédiatement Harry.

Ils se tournèrent tous les deux vers Blackhawk.

"Nous commencerons par les troubles mineurs avant de discuter des troubles majeurs," leur expliqua Blackhawk. Il fit signe à Jordan de prendre la parole.

Sirius sentit Harry se tendre sous sa main mais il ne l'enleva pas. Il la laissa là, signalant silencieusement à Harry qu'il était là pour lui.

"Monsieur Potter..." commença Jordan.

"Harry, je vous prie," l'interrompit Harry.

Elle sourit. "Harry. Vous souffrez de malnutrition et de faiblesse physique à cause d'une mauvaise alimentation. Nous pouvons facilement régler ça avec des potions et un régime alimentaire plus équilibré à compter de maintenant. Nous incorporons aussi des techniques moldues dans nos traitements puisque je suis Docteur en plus d'être Guérisseur. Nous voulons améliorer votre condition physique donc nous allons vous établir un programme d'exercices. Ça vous mettra en pleine forme pour le Quidditch. Est-ce que ça va jusque là?"

"Oui," répondit Harry avec méfiance et Sirius sut qu'il attendait la suite. Il attendait la suite aussi.

Jordan lui sourit gentiment. "Nous pensons aussi que ce serait une bonne idée que vous consultiez un guérisseur mental et que vous appreniez de la magie mentale défensive."

Sirius devait bien le leur reconnaître; Harry aurait protesté aux mots 'guérisseur mental' s'ils n'avaient pas agité cette dernière carotte sous son nez.

"De la magie mentale défensive?" demanda Harry avec excitation.

"Un art appelé l'Occlumancie," lui dit Jordan. "Ça vous aidera à garder vos secrets et à protéger votre esprit. Ça vous offrirait une protection supplémentaire face aux Détraqueurs."

"Génial," s'exclama Harry avec soulagement. Il échangea un coup d'œil avec Sirius, satisfait d'apprendre quelque chose dont ils avaient déjà parlé.

Sirius lui serra légèrement l'épaule alors que Jordan jetait un coup d'œil à Blackhawk.

"Il y a aussi quelque chose que nos examens ont révélé et dont nous devons vous parler afin de déterminer les actions à prendre," leur dit solennellement Blackhawk.

Harry se tendit immédiatement et les yeux plissés de Sirius se posèrent sur Blackhawk.

"Je ne sais pas si vous en êtes conscient, mais votre père et votre mère ont invoqué un sortilège qui a placé une barrière protectrice autour de vous," commença Blackhawk.

"Oui, c'est...j'ai été...attaqué pendant ma première année et le directeur de mon école m'a dit que l'amour de ma mère m'avait protégé," dit Harry, d'une voix basse. "Est-ce de ça que vous voulez parler?"

"En partie," confirma Blackhawk, "le sort a été renforcé par la magie familiale de votre père - votre magie familiale, donc il doit l'avoir appelé et réussi à l'envoyer à votre mère d'une manière ou d'une autre."

Les yeux de Sirius s'écarquillèrent. La magie familiale était utilisée pour prêter des serments et juger ceux qui rompaient leurs promesses. C'était une source de pouvoir additionnelle, mais uniquement pour le Patriarche d'une Maison - c'était comme ça que James avait réussi à s'assurer que Lily et lui survivent à trois affrontements avec Voldemort. Comment James avait-il bien pu réussir à convaincre la magie de renforcer un sort que Lily avait lancé?

"Cependant," continua Blackhawk, "le sort en lui-même ne fonctionne que si une mère sacrifie sa propre vie pour son enfant et c'est l'amour de votre mère pour vous qui lui a permis de faire ce sacrifice."

Anxieux, Sirius observa Harry alors que celui-ci réfléchissait à la description de Blackhawk, les mains nerveusement serrées sur ses jambes.

"Lorsque les Détraqueurs...je les entends; papa lui disant de me prendre et de se sauver, et maman suppliant Voldemort de me laisser tranquille et de la tuer à la place," leur dit doucement Harry. "Il lui a dit de s'écarter mais elle a refusé..."

Le cœur de Sirius manqua de se briser. "Bien sûr qu'elle a refusé," lui dit-il gentiment, "elle t'aimait plus que tout." Il l'attira contre lui, et fut surpris que Harry ne résiste pas à cette marque d'affection.

"Votre magie familiale doit être très puissante," continua Jordan, " parce que la magie invoquée est incroyablement complexe. Il y a une barrière magique tout autour de vous. Celui qui a essayé de vous tuer ne pourra jamais vous toucher."

"Il n'a pas pu," admit piteusement Harry, les yeux baissés, "il y a deux ans de ça, Voldemort a possédé quelqu'un qui m'a attaqué et je pense...je pense que ma Protection l'a tué...même si le Professeur Dumbledore a dit que c'était la possession qui l'avait tué."

"Les possessions sont des affaires compliquées," intervint Blackhawk, devançant ainsi Sirius, "il est fort probable qu'Albus Dumbledore ait eu raison de dire que l'hôte n'aurait pas survécu, et ce même si votre Protection a fait ce qu'elle devait faire en vous sauvant."

"Vois ça comme ça, Harry," lui dit Sirius, en ignorant l'expression alarmée qu'avait prit Jordan en entendant que Voldemort avait possédé quelqu'un, "tu es Poudlard et tes parents t'ont entouré d'une Forêt Interdite pour te protéger. Ce n'est pas de ta faute si quelqu'un a été blessé quand la Forêt a fait son travail en te protégeant. Compris? Ce n'est pas de ta faute."

Harry prit une profonde inspiration tremblotante et hocha la tête. Sirius se demanda si c'était la première fois qu'il parlait de cette expérience et jeta un coup d'œil à Jordan, qui lui signifia d'un hochement de tête qu'elle avait compris; ce serait adressé dans le traitement de Harry.

Sirius reporta son attention sur Blackhawk. "Vous êtes inquiets au sujet de la Protection?"

"Non, pas du tout," se hâta de le rassurer Jordan. "La Protection a augmenté ses capacités naturelles de guérison et aide sa magie."

"Ce que nous aimerions discuter, c'est la faille dans la Protection," expliqua Blackhawk en posant ses yeux sur le front de Harry.

Harry souleva sa mèche pour effleurer sa cicatrice. Sirius commençait à regretter d'avoir permis à Harry de rester.

"Exactement," approuva Blackhawk. "C'est là que Voldemort vous a frappé avec le Sortilège de Mort, n'est-ce pas? Malheureusement, il n'y a que trois moyens de contrer le Sortilège de Mort: en l'évitant, en interrompant sa course par un objet volumineux, ou en utilisant une immense vague de magie pure pour le détourner. La plupart des sorciers ne sont pas assez puissants pour utiliser ces deux dernières défenses."

"Le sort est entré en contact avec la barrière, et le point d'impact a détruit la barrière et crée votre cicatrice. Puisque vous souffriez et que vous étiez terrifiés, nous pensons que vous avez dû envoyer une immense vague de magie accidentelle qui, combinée à la Protection, a retourné le maléfice contre Voldemort et détruit son corps," continua Jordan.

Sirius caressa le dos de Harry pour le calmer alors que son filleul gigotait, agité par cette discussion.

"Alors quel est le problème avec ma cicatrice?" demanda Harry, voulant clairement une réponse directe. "Pouvez-vous m'en débarrasser?"

"Nous avons détecté un résidu de magie noire autour de votre cicatrice. Il porte la signature de votre ennemi," admit Blackhawk.

"Tout va bien, Harry." Sirius laissa son bras autour de Harry, qui avait tressailli et lancé un regard noir à Blackhawk, qui le regardait sereinement. "Vous pouvez le débarrasser de ce résidu?" Il avait l'horrible suspicion de savoir exactement de quoi il s'agissait, mais Harry n'avait pas besoin de savoir qu'il avait peut-être une partie de l'âme de Voldemort en lui.

Blackhawk inclina la tête. "Nous devrons drainer sa magie afin de pouvoir extirper le résidu. Une fois qu'il ne sera plus là, nous pourrons purifier la cicatrice et restaurer sa magie. Cependant, il faut prendre en considération la connexion que ça vous donne avec votre ennemi." Il s'interrompit. "Je pense que si votre ennemi est faible, alors la connexion est dormante, mais peut-être que vous ressentez de la douleur dans votre cicatrice lorsque vous êtes en présence de votre ennemi?"

Harry hocha brusquement la tête.

"Si votre ennemi venait à gagner en puissance, la connexion pourrait grandir et vous offrir des visions des actions de votre ennemi," lui dit Blackhawk. "Ça pourrait vous donner un avantage. C'est aussi une zone de vulnérabilité parce que comme vous pouvez le voir, il peut vous voir."

Sirius sentit Harry trembler contre lui et se tourna pour lui faire face, ses mains sur celles de son filleul. "Harry, regarde-moi."

Harry releva lentement les yeux jusqu'à croiser le regard de Sirius.

"Je t'ai dit que nous discuterions des choses importantes ensemble avant de prendre une décision, n'est-ce pas? Dis-moi honnêtement ce que tu veux faire?" lui demanda simplement Sirius.

"M'en débarrasser," répondit tout de suite Harry et Sirius fut submergé par une vague de soulagement. "Je ne...je ne veux pas la moindre connexion avec lui mais..."

"Pas de mais," lui dit fermement Sirius. "Nous sommes complètement d'accord." Il serra les mains de Harry et bien qu'il aurait voulu serrer Harry dans ses bras , il savait que l'adolescent n'apprécierait probablement pas le geste, au vu de leur audience. Sirius retourna à sa position précédente mais enroula son bras autour des épaules de son filleul. "Nous ferons la procédure pour purifier sa cicatrice."

Blackhawk hocha la tête et Sirius vit l'approbation qui brillait dans les yeux du vieux sorcier.

"Il y a un autre problème: une entrave sur la magie de Harry qui remonte à son enfance," ajouta Jordan.

Sirius fronça les sourcils. "James l'a placé quand Harry avait quatre mois, je crois. Lily ne le voulait pas, mais il faisait beaucoup de magie, allant même jusqu'à des métamorphoses spontanées, et James a fini par la convaincre que s'ils ne bridaient pas ses pouvoirs, Harry risquait de se faire du mal ou de les blesser eux."

Harry s'intéressa à l'anecdote de son enfance, mais il était trop pâle et Sirius pouvait voir la peur qui brillait dans ses yeux - cette histoire de connexion l'effrayait et Sirius ne pouvait pas lui en vouloir, c'était terrifiant.

"Le guérisseur qui a supervisé l'intervention a dit que la bride disparaîtrait aux alentours des dix ans de Harry," ajouta Sirius, confus.

"Cette entrave a effectivement disparu," répondit Jordan. "Non, il y a une seconde entrave, qui a été placée sur lui lorsqu'il avait quinze mois. Elle restreint les pouvoirs auxquels il peut accéder consciemment."

"Cette bride s'est assurée que le résidu maléfique ne devienne pas plus puissant que l'enfant," leur expliqua Blackhawk. "Elle porte la signature magique de Dumbledore."

Dumbledore. Sirius serra les dents et essaya de contrôler sa furie. Remus avait eu tort, réalisa-t-il. Dumbledore n'avait pas pensé que Harry était moyen et n'avait rien à voir avec la disparition de Voldemort. Non, Dumbledore avait su que Harry était puissant mais le vieux fou avait découvert le morceau d'âme et plutôt que de s'en débarrasser, avait bridé la magie de Harry, probablement parce qu'il voulait l'avantage que lui procurerait la connexion. Sirius sentit son contrôle lui échapper et il se calma à grand peine. Harry, se rappela-t-il; Harry avait besoin qu'il soit calme.

"Mais elle doit être retirée," continua Blackhawk, "donc nous vous proposons d'enlever la bride une fois que le nettoyage sera complété."

"D'accord," accepta rapidement Sirius.

"Nous gérerons les problèmes de puissance une fois que l'entrave aura été enlevée," dit Jordan.

Le regard de Blackhawk voyagea entre Harry et Sirius, songeur. "Vous devez être épuisés par votre voyage. Peut-être que nous devrions discuter de votre traitement demain, Lord Black."

"Appelez-moi Sirius," lui répondit Sirius, "et oui; un peu de repos serait apprécié." Il fit un sourire rassurant à Harry lorsqu'ils se levèrent.

Tout irait bien. Ils se débarrasseraient de la marque noire de Voldemort et rendraient ses pouvoirs à Harry, le remettraient sur pied.

Puis Sirius trouverait le meilleur moyen de détruire totalement Albus Dumbledore.


(1) Better the devil we know than the devil we don't: On sait ce qu'on perd mais on ne sait pas ce qu'on gagne.


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