Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.

Un immense MERCI pour vos reviews et pour votre soutien ! Merci pour les mises en alerte ! Merci !


Pour les anonymes :

Tifolitoi : Comme d'habitude, un immense MERCI pour ta review ! Les réactions d'Alice et Jasper seront dans le prochain chapitre. Ca m'a bien fait rire d'imaginer le père d'Edward en mission commando, lol, remarque c'était presque ça… Edward a rappelé à Carlisle qu'il avait Eléazar et il s'est arrêté avant de dire : et moi, je n'ai personne. Edward ne veut pas que Carlisle sache qu'il est seul. Je suis heureuse qu'Aime-moi te plaise aussi, alors, bonne lecture ! Encore merci pour ta review ! Bonne semaine et à bientôt !

: Oui, Carlisle et Edward sont un peu navrants et bien trop handicapés pour exprimer leurs sentiments, donc, ça va prendre un peu de temps… Le retour à New-York aura lieu dans ce chapitre. Je pense que les degrés ont monté lors de la visite des cuisines, lol. Merci beaucoup pour ta review ! Passe une bonne semaine et à bientôt !

Nat : C'est clair qu'ils sont mignons ! Et c'est pas fini ! Je suis heureuse que notre petit couple de plaise ainsi que l'histoire ! Merci énormément pour ta review ! Bonne semaine et à + !

Sur ce :

Bonne lecture !


Chapitre 9 : Ephémère idylle

Carlisle s'éveilla en sursaut. La panique l'envahit quand sa main ne trouva qu'une place vide à ses côtés. Il ouvrit les yeux et remarqua aussitôt que la lueur du petit matin inondait la chambre. Une silhouette se découpait dans l'éclat du jour. Il se leva et enfila un bas de pyjama avant de rejoindre son amant sur le balcon. Alors qu'il passait la baie vitrée, il fut aveuglé par le soleil. Dès qu'il eut retrouvé la vue, il s'approcha de son subordonné, ses mains entourèrent sa taille et il posa son menton sur son épaule. Edward recula quelque peu pour mieux se caler dans ses bras.

« -Comment te sens-tu ? Demanda Carlisle.

-Je vais bien. Merci d'avoir veillé sur moi.

-Je t'en prie. C'est étrange.

-Qu'est-ce qui est étrange ? Interrogea Edward.

-Ce soleil, la tranquillité de l'océan, c'est étrange après les violences de cette nuit ! Tout semble si paisible.

-Les dégâts sont pourtant là, murmura son subordonné en regardant les arbres couchés sur la plage, les bungalows éventrés.

Ils restèrent quelques minutes tendrement enlacés à observer les alentours avant ses lèvres ne frôlent le creux du cou d'Edward pour y déposer des baisers. Un soupir de contentement échappa au jeune homme qu'il prit pour une invite à accentuer ses caresses, sa main quitta la hanche de son amant pour glisser vers son entrejambe.

-Je suis navré, dit Edward en stoppant sa caresse, j'ai du travail.

-Tu n'es pas en vacances ?

-Si, mais j'ai promis à Monsieur Lopez d'aller au village pour l'aider à organiser les travaux, leurs maisons ont été dévastées. Je sais qu'il y a aussi eu des blessés dans certains hôtels, ils ont besoin de médecins, j'irais donner un coup de main.

-Veux-tu que je t'accompagne ?

-Les villageois n'aiment pas trop les étrangers, mais, par contre, tu peux aller aider à l'Hôpital.

-Je vais y aller.

-Je te vois ce soir ? Questionna Edward d'une voix timide.

-Oui, bien sûr, tu sais où est ma chambre ? »

Edward se tourna vers lui et ils échangèrent un sourire avant de s'embrasser tendrement. A regret, il laissa son amant s'échapper. Carlisle resta quelques minutes sur le balcon avant d'aller prendre une douche et de s'habiller. Une fois prêt, il gagna le restaurant pour boire un café et demander si quelqu'un pouvait le conduire à l'Hôpital. Monsieur Lawdon l'accompagna car tout le personnel était occupé à remettre les différentes activités en état pour que les clients puissent reprendre le cours de leurs vacances. Heureusement, la route principale avait été dégagée et ils arrivèrent sans encombre, Monsieur Lawdon lui présenta le médecin qui gérait le petit Hôpital qui avait plus des allures de dispensaire. Carlisle se mit rapidement au travail quand il vit le nombre de blessés. Le médecin fut étonné par l'équipement haut de gamme que possédait l'Hôpital, mais il oublia de faire part de son étonnement à son collègue car les patients attendaient.

La journée touchait à sa fin lorsque son téléphone sonna. Il sursauta en entendant la sonnerie, apparemment le réseau était rétabli. Carlisle attrapa son téléphone et soupira lorsqu'il vit le nom de l'appelant. A contrecœur, il décrocha.

« -Allo.

-Merci Seigneur, tu vas bien ? Tu n'es pas blessé ? J'ai failli mourir d'angoisse quand j'ai entendu aux informations qu'un cyclone allait ravager l'île ! Tu es sûr que ça va ? Tu…

-Oui, je vais bien ! Le coupa Carlisle. Calme-toi, Eléazar !

-J'ai eu tellement peur.

-Il n'y avait pas de raison, j'étais en sécurité.

-J'ai appelé l'aéroport, les vols sont rétablis. Rentre, s'il-te-plaît !

-Je ne peux pas, il y a des blessés et ils ont besoin de médecins.

-Carlisle, je t'en prie.

-Je devais rentrer demain soir et je rentrerai à cette date, promit-il.

-Très bien. Je t'aime.

-Excuse-moi, mais je dois te laisser, on m'attend.

-Rappelle-moi dès que tu peux.

-Je risque d'être occupé, mais je ferais mon possible. Je t'embrasse.

-Moi aussi, je t'aime. »

Carlisle raccrocha, le cœur au bord des lèvres. Comment pouvait-il se comporter de cette manière avec Eléazar ? Il était vraiment un beau salaud ! Tout en se dégoûtant, il serra les poings et retourna travailler pour oublier ce qu'il venait de faire. Une infirmière vint à sa rencontre pour lui demander s'il pouvait s'occuper d'un autre cas.

La nuit était bien avancée quand il rejoignit l'Hôtel. Il alla directement dans sa chambre, espérant y trouver Edward, mais la pièce était vide. Légèrement dépité, il gagna la salle de bain et prit une douche rapide avant de rejoindre la salle de restaurant qui était pratiquement déserte vue l'heure tardive. Alors qu'il jetait un coup d'œil au menu, il vit du coin de l'œil quelqu'un s'affaler sur la chaise en face de la sienne. Un sourire se dessina sur son visage quand il reconnut l'intrus.

« -Dure journée ? Demanda Carlisle en voyant ses traits tirés.

-Oui, on a dû dégager les routes pour permettre aux ouvriers de passer.

Edward inspira et Carlisle fronça les sourcils quand il entendit un léger sifflement.

-Tu as ta Ventoline sur toi ?

Le jeune homme se mordit la lèvre pour sûrement étouffer une réplique acerbe, cependant, Edward porta la main à sa poche et sortit son inhalateur. Carlisle fronça les sourcils quand après avoir porté l'appareil à sa bouche rien ne se passa. Son subordonné le secoua avant de le reposer en soupirant, il était vide. Combien de fois aujourd'hui l'avait-il utilisé ? Il ne posa pas la question, la réponse l'aurait angoissé, Edward en faisait trop.

-Tu en as un autre ?

-On mange quoi ?

Carlisle soupira. De toute évidence, le jeune homme n'avait pas de recharges !

-Ce n'est pas prudent de partir sans plusieurs recharges ! Le gronda-t-il.

-Deux recharges pour une semaine sont largement suffisantes ! Cingla son subordonné. Pardonne-moi de ne pas avoir prévu que j'aurais besoin de plus de Ventoline à cause d'un cyclone !

Edward se leva, il était furieux. Le jeune homme lança le menu sur la table avant de tourner les talons. Carlisle posa ses coudes sur la table et enfouit sa tête dans le creux de ses mains. Il sursauta en sentant une main se poser sur son épaule. Il releva la tête et croisa le regard compatissant de Monsieur Lawdon, apparemment, il avait assisté à toute la scène.

-Allez le rejoindre dans votre chambre et prenez soin de lui, je vais vous faire monter votre repas.

-Merci.

-Ne soyez pas trop dur avec lui, il est épuisé et vous aussi. »

Carlisle opina de la tête avant de quitter le restaurant. Il prit l'ascenseur et ne tarda pas à atteindre son étage. Une fois hors de la cabine, il inspira et se rendit vers sa chambre. Il ouvrit la porte et se figea. Edward était en train de rassembler ses affaires. Le jeune homme ne prit même pas la peine de relever la tête à son entrée, il saisit la poignée de sa valise et toujours en l'évitant, il s'apprêta à sortir. Carlisle se plaça devant la porte pour l'en empêcher.

« -Tu n'iras nulle part, le prévint-il.

-J'ai une impression de déjà vu, railla Edward, mais cette fois, tu ne gagneras pas.

Carlisle soutint le regard déterminé de son amant, il ne voulait pas qu'il parte, mais Edward était déterminé à quitter les lieux. Le jeune homme s'approcha d'un pas résolu et le bouscula pour atteindre la porte.

-Je pars demain, lâcha soudain Carlisle jouant ainsi son seul atout.

Edward se figea. Il lui tournait le dos, mais il pouvait voir que sa main posée sur la poignée s'était immobilisée.

-Reste, s'il-te-plaît, supplia-t-il.

Un léger soupir échappa au jeune homme avant qu'il ne lâche sa valise. Lentement, Edward se tourna vers lui. Ses yeux étaient clos et jamais il ne lui avait paru aussi jeune et vulnérable. Doucement, il s'approcha pour le prendre dans ses bras. Le jeune homme resta quelques secondes inerte avant de passer ses bras autour de sa taille. Un sifflement mit un terme à leur étreinte.

-Ca va, c'est pas une grosse crise, voulut le rassurer Edward.

-Déshabille-toi et va t'allonger sur le ventre ! Lui ordonna-t-il.

-Je te demande pardon ? Demanda son subordonné en haussant un sourcil.

-Obéis et va t'allonger sur le lit !

-Je sais qu'on en est plus là, mais tu pourrais mettre un peu les formes, tu ne crois pas ? Lança Edward en croisant les bras sur sa poitrine.

Carlisle le fixa quelques secondes avant de comprendre le double sens que pouvaient avoir ses paroles.

-Je pense juste à un massage, Masen ! Le gronda-t-il gentiment. La dernière fois ça avait aidé à faire passer ta crise.

Carlisle retint un sourire quand il vit les joues du jeune homme se teinter d'une légère rougeur qui lui donna soudain envie de pratiquer plus qu'un massage… A sa grande surprise, Edward disparut soudain dans la salle de bain. Quand il en ressortit, une serviette était nouée autour de sa taille et, tout en lui offrant un sourire moqueur, il alla s'allonger sur le lit. Carlisle soupira et passa une main dans ses cheveux, il allait avoir du mal à garder le contrôle, mais il ne pouvait s'en prendre qu'à lui, c'était son idée, alors, il se décida enfin à bouger.

-Puis-je prendre les huiles de massages dans ton sac ?

-Depuis quand tu demandes ? Lança Edward.

Carlisle sourit et ouvrit la valise du jeune homme. Il délaissa le flacon qu'il avait déjà utilisé, curieux de sentir le mélange qu'auraient l'huile de coco et à la vanille avec la peau de son amant, sûrement que la combinaison des deux lui feraient perdre la tête…Il sourit quand il lut sur le flacon que ce produit était aphrodisiaque. Le blond secoua la tête, il n'avait pas besoin de ça pour être excité, la simple vue de son Apollon à moitié dénudé et offert réveillait déjà sa virilité.

-Tu attends quoi, Cullen ?

Il allait répondre quand il fut interrompu par des coups frappés à la porte. Tout en maudissant leur visiteur, il vit du coin de l'œil Edward se relever et aller se réfugier dans la salle de bain. Une fois que son amant fut à l'abri, il ouvrit la porte. Il s'effaça pour laisser passer le groom qui poussa la desserte avec leurs repas dans la chambre. Impatiemment, Carlisle le congédia.

-Tu peux sortir, lança-t-il à l'attention du jeune homme qui le rejoignit. Tu veux manger ?

Un sourire se dessina sur ses lèvres quand il vit son amant se diriger sans répondre vers le lit. Carlisle attrapa le flacon d'huile et éteignit les lumières ne laissant que la lampe sur le chevet allumée.

-Tu as besoin d'être dans la pénombre pour faire un massage ? Le taquina Edward.

-C'est pour t'aider à te détendre, murmura-t-il en ôtant ses vêtements.

-Oh ! Et ça aussi c'est pour que je me relaxe ? Railla Edward en désignant le tas d'habits.

-C'est pour que je sois plus à l'aise et puis il fait chaud.

-C'est ça, ricana le plus jeune.

Carlisle le fit taire en lui donnant une légère tape sur les fesses. Il monta ensuite sur le lit tout en versant un peu de la solution de massage dans ses mains qu'il frotta l'une contre l'autre. Edward tressaillit quand il s'installa à califourchon sur lui. Ses doigts agiles se posèrent ensuite sur les muscles de son amant qu'il s'appliqua à délasser.

-Je suis désolé, murmura soudain Edward.

-Pourquoi ? Demanda-t-il surpris.

-De m'être énervé tout à l'heure alors que tu ne faisais que te préoccuper de mon bien-être.

-C'est déjà oublié, assura Carlisle, maintenant, tais-toi et profite.

Le jeune homme lui obéit et ferma les yeux. Doucement, ses mains descendirent le long de son dos, traçant chaque contour de ses muscles, caressant sa peau si douce, descendant toujours plus bas… Carlisle avala difficilement sa salive quand ses doigts frôlèrent la serviette qu'il crevait d'envie d'arracher. Prenant sur lui, il recula pour masser les cuisses de son amant. Ce dernier laissa échapper un léger gémissement quand ses mains massèrent ses cuisses et remontèrent doucement sur ses fesses. N'y tenant plus, Carlisle empoigna la serviette et l'ôta.

-Hey ! Protesta Edward en tentant de récupérer le bout du tissu.

-Il me semble que je t'ai déjà demandé de te taire et de profiter, lui rappela Carlisle en mettant la serviette hors de sa portée et tout en ôtant rapidement son dernier vêtement.

Edward allait protester, mais il versa un peu d'huile sur son dos et sur ses fesses. Ses mains se posèrent sur ces dernières qu'il prit un grand plaisir à masser. Il avisa ensuite l'huile qui reposait toujours dans le creux du dos d'Edward et il s'appliqua à l'étaler sur sa peau. Carlisle avait dû mal à quitter des yeux la peau légèrement hâlée de son amant, l'huile lui donnait un aspect satiné plus qu'agréable au toucher et la lueur de la lampe s'y reflétait donnant l'illusion que sa peau était incrustée de petits diamants. N'y tenant plus, il accentua son massage tout en laissant son corps peser sur celui de son amant.

-Tu… Tu es… Quand l'as-tu enlevé ? S'étonna Edward d'une voix rauque.

-Lorsque je t'ai ôté la serviette, murmura Carlisle en jetant un coup d'œil à son boxer qui traînait près du bout de tissu blanc.

Carlisle s'abaissa sur le corps du jeune homme pour pouvoir atteindre ses épaules, il vit Edward retenir un gémissement et mordre sa lèvre inférieure quand son sexe prit naturellement place contre ses fesses.

-Tout va bien ? Chuchota-t-il à son oreille.

-Oui, répondit son amant.

Ses mains se posèrent sur la nuque d'Edward pour la caresser. Carlisle ferma les yeux pendant quelques secondes pour se laisser enivrer par la douceur de sa peau, la chaleur de son corps. Naturellement, ses lèvres remplacèrent ses mains. Avec application, il lécha et embrassa la nuque de son amant.

-Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, le prévint Edward, c'est pas comestible ces trucs.

-Si, assura Carlisle tout en lui passant le flacon, tu ne sais même pas ce que tu achètes ? Se moqua-t-il.

-Ce… Ce n'est pas moi, avoua Edward en rougissant, c'est… c'est une amie… enfin… c'est un cadeau…

-Fais-moi penser à remercier ton amie. »

Edward acquiesça distraitement de la tête. Carlisle déposa encore quelques baisers sur ses épaules avant de suivre le chemin tracé par sa colonne vertébrale avec sa langue arrachant ainsi quelques frissons et gémissements à son amant. Satisfait de voir l'effet qu'il lui faisait, il laissa sa langue vagabonder sur les fesses parfaites de son Adonis, léchant ou mordillant parfois ces deux globes. Avec bonheur, il vit les mains du jeune homme se crisper autour du drap, l'agrippant fermement, lui montrant ainsi la tension qui l'habitait. Tendrement, ses mains se posèrent sur ses fesses pour les écarter et laisser ainsi passer sa langue. Un cri rauque s'échappa de la gorge d'Edward qui se cambra, lui offrant ainsi un meilleur accès à son intimité. Pendant que sa langue échauffait les sens du jeune homme, sa main encore huileuse s'empara de son sexe presqu'aussi dur que le sien. Edward murmura son prénom quand il commença à caresser sa verge pendant que sa langue continuait à le préparer.

Carlisle sentit le corps de son amant se tendre quand son pouce caressa avec application son gland. Il retira sa langue taquine ce qui arracha un léger cri de frustration au jeune homme qu'il se dépêcha de faire taire en mordant doucement sa fesse. Même si son excitation était à son comble et que leurs désirs devenaient douloureux, Carlisle voulait prendre son temps, c'était peut-être la dernière fois qu'ils faisaient l'amour… Edward grogna une nouvelle fois quand il délaissa son sexe, cependant, le jeune homme soupira d'aise quand il le sentit s'allonger sur lui. Lentement, Carlisle débuta de légers mouvements du bassin, laissant simplement son membre frôler les fesses de son amant, créant une douce friction qui attisa leur envie de l'autre.

« -Carlisle, souffla Edward d'une voix chargée de désir. »

Pour le faire patienter, il enfouit le visage dans le creux de son cou qu'il parsema de baisers avant d'atteindre le lobe de son oreille qu'il suçota et mordilla. Soudain, Edward ne sembla plus vouloir être le seul à être torturé, alors qu'il était resté sagement immobile jusque-là, ses fesses prirent tout à coup le rythme de ses caresses, accentuant le frottement entre leurs deux corps. Carlisle gémit, ses mains imitèrent celles d'Edward et se crispèrent sur le drap.

Comprenant qu'il ne pourrait pas attendre plus longtemps, Carlisle se pencha pour récupérer le lubrifiant et le préservatif qu'il avait pris dans le sac du jeune homme lorsqu'il cherchait l'huile de massage. Il se redressa pour verser un peu de lubrifiant dans sa main. Ses doigts ne tardèrent pas à s'inviter dans l'antre étroit de son amant qui gémit sous ses assauts. Carlisle fut rassuré de voir qu'il acceptait plus facilement sa présence que la dernière fois. Il le prépara pendant plusieurs minutes et ne s'arrêta que parce que son amant demandait grâce. D'un geste rapide, il déroula le préservatif sur son membre tout en y rajoutant du lubrifiant, il voulait être certain qu'Edward ne ressente aucune douleur. Aussi vite qu'il le put, il se positionna sur son Apollon qui arqua son bassin pour lui faciliter le passage. Doucement, Carlisle guida son membre dans son intimité. Edward se tendit un peu au début, mais rapidement son corps accepta sa présence.

Une fois en lui, Carlisle se rallongea, recouvrant son corps du sien, ses mains s'accrochèrent à celles d'Edward pour les ramener au-dessus de leurs têtes. Lentement, il commença à se mouvoir en lui. Pour cette dernière fois, il ne voulait que de la douceur et de la tendresse. Sa tête était proche de celle d'Edward, le jeune homme qui avait compris ses intentions tourna la tête, leurs lèvres se frôlèrent. Il réduisit la distance entre leurs visages et leurs bouches, leurs langues se trouvèrent pour un ballet aussi sensuel que celui de leurs corps. Leurs gémissements, leurs halètements résonnaient à leurs oreilles comme une mélodie enivrante sur laquelle leurs êtres se déhanchaient. Leurs corps luisant de sueurs se mêlaient tout comme leurs doigts qui se raccrochaient fermement les uns aux autres.

Carlisle sentit le désir couler librement dans ses veines. Son sexe s'enfonçait toujours plus loin dans l'antre chaud et étroit de son amant, lui arrachant des cris de plaisir lorsqu'il percutait sa prostate. Il aurait aimé empoigner ses hanches et le pénétrer avec plus de vigueur, mais il se retint, souhaitant ainsi prolonger indéfiniment ce moment. Cependant, leurs corps tremblant de plaisir ne pourraient plus supporter bien longtemps cette douce torture. Carlisle chercha les lèvres de son amant qui répondit avec fouge à son baiser. Sans qu'il ne puisse le contrôler, il s'enfonça avec plus de vigueur en lui. Edward se tendit dans un râle, ses parois intimes se resserrèrent autour de son sexe qui palpita. Carlisle ne quitta pas des yeux le visage transcendé de son amant lorsque l'orgasme le frappa, il était magnifique. Il s'autorisa à se laisser aller et, tout en prononçant le prénom du jeune homme, il se libéra dans le préservatif.

Ils restèrent de longues minutes ainsi allongés, toujours étroitement liés, jusqu'à ce qu'il ne sente la nature reprendre ses droits. Il se retira avant que son sexe ne soit complètement mou. Carlisle se débarrassa du préservatif et malgré la chaleur et leurs corps moites de sueur, il prit Edward dans ses bras. Ils échangèrent un doux baiser avant de se blottir l'un contre l'autre. Alors qu'il s'était promis de rester éveiller toute la nuit pour profiter de chaque minute à ses côtés, une douce torpeur l'envahit et lentement, il s'endormit.


Edward se réveilla doucement, un sourire flottait sur ses lèvres, malheureusement, celui-ci se fana rapidement quand il se rappela qu'il partait aujourd'hui. La tendre lueur du soleil à l'aube caressa son corps entremêlé à celui de son amant qui n'allait pas tarder à le quitter. Sa gorge se serra et il dut mordre violemment sa lèvre pour retenir ses sanglots. Cette nuit avait été un adieu, il l'avait compris à la manière à la fois douce et tendre avec laquelle Carlisle lui avait fait l'amour. Ne pouvant plus supporter de rester si près de l'homme qui ne lui appartiendrait jamais, Edward se glissa lentement et prudemment hors de ses bras, priant pour ne pas le réveiller.

Une fois libre, le jeune homme attrapa quelques vêtements et se rendit dans la salle de bain. Dès qu'il fut vêtu, il resta plusieurs minutes à observer le dormeur et à hésiter sur la marche à suivre : son esprit lui ordonnait de mettre dès à présent le plus de distance entre eux deux, alors que son cœur lui sommait de rester avec lui jusqu'à son départ. Ne trouvant pas la force de prendre une décision, il prit un bout de papier et gribouilla quelques mots qu'il déposa sur l'oreiller qu'il avait délaissé après son réveil. D'un pas tremblant, il prit sa valise et, non sans avoir jeté un dernier coup d'œil au dormeur, il sortit.

Le jeune homme gagna la réception où il trouva une Wendy enfin reposée. Son amie fronça les sourcils quand elle vit sa valise, il lui expliqua que Carlisle partait et qu'il souhaitait avoir une nouvelle chambre, il ne se voyait pas rester dans celle-ci seul. Wendy régla rapidement son problème, un groom vint prendre ses affaires. La jeune fille lui proposa de déjeuner avec elle, mais il refusa, il avait envie besoin d'un peu de solitude. Edward sortit de l'hôtel et marcha jusqu'à la plage. Il était impressionné par le travail qu'avait fourni le personnel, il ne restait que très peu de traces du passage de Carolina, juste quelques arbres déracinés ou brisés qui n'avaient pas encore pu être évacués. Le Midnight Sun avait eu de la chance, contrairement à d'autres, de plus le brise-vague avait bien protégé leurs infrastructures qui pouvaient à nouveau accueillir les clients. Une fois sur la plage, le spectacle était tout autre. Des ouvriers profitaient de la fraîcheur du début de matinée pour finir de détruire et ramasser les débris des bungalows, là aussi le travail avançait bien. Dans un mois, il lancerait la construction des nouveaux bungalows pour qu'ils soient prêts pour la pleine saison.

Edward sortit de ses pensées quand une vague vint mourir à ses pieds. En quelques secondes, il ôta son pantalon, son tee-shirt et sa chemise pour courir vers l'océan et plonger au creux d'une vague. Il nagea pendant un long moment, évacuant ainsi la tristesse qui l'avait envahi depuis son réveil. Lorsqu'il sentit une légère brûle à ses poumons, il s'arrêta. En quelques brasses, il se rapprocha de la plage et plutôt que de sortir de l'eau, il se tourna vers l'horizon. L'océan était calme et c'était étrange de le voir ainsi alors que quelques heures auparavant il l'avait terrorisé depuis son poste à l'observatoire. L'observatoire… L'antre de son père avait heureusement bien survécu au cyclone, les dégâts étaient minimes, cela aurait été bien pire s'il n'avait pas retiré ses souvenirs, ils auraient été détruits par la pluie ou le vent.

Perdu dans ses pensées, il ne vit pas arriver une vague plus importante que les autres. Ses pieds quittèrent le sol sableux, Edward se sentit emporter en arrière. Il bloqua sa respiration quand la vague le submergea violemment. Alors qu'il cherchait à retrouver ses appuis, deux mains passèrent sous ses aisselles pour le remonter vers la surface. Il dégagea ses cheveux qui s'étaient retrouvés plaqués sur son visage, il toussa quelques peu avant de se rendre compte qu'il était maintenu fermement contre un torse familier.

« -Tu es venu, murmura-t-il plus pour lui-même que pour Carlisle.

-Oui et on dirait que je suis arrivé au bon moment, ça va ?

Edward hocha la tête avant de se laisser aller contre son torse. Le blond raffermit son emprise autour de sa taille, il posa sa tête contre son épaule. Il ferma les yeux et se laissa porter par son supérieur dont il sentit les lèvres contre ses cheveux, le bruit d'un baiser retentit lui arrachant un sourire. Ils restèrent ainsi un long moment, enlacés, bercés par les vagues.

-A quelle heure est ton avion ?

Le jeune homme se tendit quelque peu après avoir posé la question dont il redoutait tant la réponse depuis son réveil.

-A 17 heures.

Edward regretta d'avoir parlé, la quiétude qui les entourait avait disparu par sa faute. Soudain, il sentit la poigne de Carlisle se raffermir sur son corps, le blond sauta, l'entraînant avec lui, leur évitant ainsi de se faire renverser par une vague. Un léger fou-rire les parcourut quand ils sautèrent pour éviter les suivantes. Edward se sépara brusquement de l'étreinte de son supérieur et plongea son regard émeraude dans le sien bleuté.

-Je ne vais pas pouvoir rester avec toi toute la journée, avoua-t-il, j'ai promis d'aller aider au village.

La déception était visible sur le visage du blond, cependant, un sourire naquit sur ses lèvres quand il comprit qu'ils avaient encore un peu de temps devant eux.

-Approche ! Ordonna Carlisle d'un œil gourmand.

-Va falloir le mériter!

-C'est-à-dire?

-Attrape-moi!

-Il me semble que j'ai déjà gagné à ce petit jeu là! Se fit un plaisir de lui rappeler Carlisle.

-Alors qu'est-ce que tu attends ?

Edward s'éloigna aussitôt en nageant. Il ne souhaitait pas que leur séparation soit teintée de tristesse, il voulait terminer leur histoire par une note joyeuse. Il redoubla d'effort pour s'enfuir quand il sentit une main frôler sa cheville. Le jeune homme jeta un coup d'œil par-dessus son épaule pour voir où était son amant, et à sa grande surprise, il ne vit que l'océan. Tout à coup, il vit une forme sombre sous l'eau qui passa tout près de lui. Ses pieds reprirent contact avec le sol et il se propulsa sur le côté opposé. Carlisle jaillit de l'eau, un grognement lui échappa quand il vit qu'il n'était pas là. Edward éclata de rire en mettant le plus de distance possible entre eux.

-Reviens ici ! Grogna le blond.

-Rêve pas mon petit vieux !

-Tu vas le payer !

-J'attends toujours ! Lui rappela Edward. »

Pour lui parler, Edward s'était mis sur le dos ne souhaitant pas manquer ses mimiques dues à la contrariété. Carlisle fulminait à quelques mètres de lui, les mains sur les hanches, cherchant sûrement un moyen sûr de l'attraper. Le jeune homme sentit son corps être soulevé par la houle, il fut projeté près de la plage. Dès qu'il le put, il se redressa pour scruter la surface de l'eau, inquiet de ne pas voir son amant qui n'avait pas dû voir la vague arriver. Le cœur battant à tout rompre, il nagea vers l'endroit où il l'avait vu pour la dernière fois. Ne l'apercevant toujours pas, il plongea. Rapidement, il aperçut un corps inerte, il attrapa le bras de Carlisle pour le remonter à la surface. Tout en le plaquant contre lui, il posa sa main sur son torse pour lui faire recracher l'eau qu'il avait avalé. Cependant, le blond, plus du tout inanimé, se retourna brutalement pour l'emprisonner dans ses bras.

« -Je te tiens ! S'écria Carlisle.

-Tu as triché ! Lui reprocha-t-il.

-A la guerre comme à la guerre !

Au moment où il allait répliquer, Carlisle le fit taire en s'emparant fougueusement de ses lèvres. Les mains du blond empoignèrent ses fesses éveillant son désir. Edward noua ses bras autour du cou de son supérieur pour rapprocher leurs corps, il sourit quand il perçut son sexe fièrement dressé contre son ventre. Doucement, ils commencèrent à se frotter l'un contre l'autre, leurs lèvres ne se séparant que brièvement le temps qu'ils reprennent leur souffle.

-Allons dans la chambre, proposa Carlisle essoufflé.

-Pas le temps ! »

L'océan avait l'air de se calmer, il n'y avait aucune crainte de ce côté-là. Edward jeta un coup d'œil à la plage qui était encore pratiquement déserte si on omettait quelques joggeurs et les ouvriers. Les premiers ne faisaient que passer et les seconds travaillaient avec acharnement pour terminer avant que le soleil ne soit trop brûlant. Carlisle avait dû suivre son raisonnement car sa main s'aventura dans son boxer de bain pour caresser son membre. Edward étouffa un gémissement en embrassant le cou de son amant, il retira sa bouche avant d'y laisser une marque qui risquerait de le compromettre aux yeux de son compagnon. Le jeune homme grimaça en pensant à l'autre, il décida bien vite de le chasser de son esprit et de se concentrer sur l'homme qui était en train de lui faire perdre la tête. Ne voulant pas être le seul à prendre du plaisir, Edward glissa sa main dans le maillot du blond qui grogna. Leurs gestes devenaient impatients, ils savaient que le temps leur était compté.

Soudain, il se tourna vers l'hôtel en entendant des voix, un groupe de touristes semblait vouloir profiter de la plage ! Un soupir de frustration lui apprit que Carlisle avait suivi son regard. Décidant que ce n'était pas un problème, il obligea le blond à se tourner pour faire face à l'océan. Edward se positionna dans son dos, sa main se referma autour du sexe de son compagnon dont il caressa la longueur avant de titiller le gland. Carlisle grogna, ses hanches venant à la rencontre de sa main. Le jeune homme sentit les mains de son amant se poser sur sa taille pour l'inciter à suivre le mouvement. Edward gémit quand son sexe vint se frotter contre les fesses du blond.

A sa grande surprise, Carlisle abaissa son maillot de bain. Il avait ainsi plus facilement accès à la virilité de son supérieur, il accéléra ses va et viens. Une décharge électrique parcourut son corps quand sa virilité toucha la peau nue du blond. La sensation était divine. Une des mains de Carlisle glissa entre leurs deux corps, écartant ainsi ses fesses pour que la verge d'Edward s'y insinue. Le jeune homme serra les dents, il inspira profondément pour garder le contrôle et ne pas se libérer de suite. Malgré sa position de soumission, Carlisle menait la danse, entraînant leurs corps vers les sommets du plaisir. Des tremblements parcoururent leur être au fur et à mesure que des vagues de plaisir déferlaient en eux. Son amant pencha la tête en arrière quémandant un baiser qu'il lui offrit au moment où un violent orgasme s'emparait de leurs corps.

Ils restèrent blottis l'un contre l'autre pendant de longues minutes, laissant l'océan nettoyer les traces de leur forfait, reprenant peu à peu une respiration normale. A regret, ils se détachèrent. Carlisle se retourna entre ses bras. Leurs regards se croisèrent, ils s'embrassèrent une nouvelle fois avant de laisser leurs fronts reposer l'un contre l'autre. Leur instant magique fut brisé par la voix de Wendy. Comme un seul homme ils se tournèrent vers elle pour la fusiller du regard. Elle leva des mains en signe d'excuse.

« -Je suis désolée, Docteur Cullen ! Cria-t-elle. On vous demande au téléphone, c'est urgent !

Carlisle soupira avant de lui répondre qu'il arrivait. Le blond reporta ensuite son attention sur lui.

-Tu m'attends ? Demanda son supérieur.

-Non, il est temps que je parte.

Une boule s'était formée dans sa gorge, il aurait aimé lui répondre qu'il l'attendrait, mais il n'en avait pas le droit.

-Embrasse-moi, supplia le jeune homme, un dernier baiser avant New-York. »

Carlisle ferma les yeux avant de s'emparer avec douceur de ses lèvres. Il sentit la langue de son amant s'introduire dans sa bouche pour rencontre la sienne. Leurs langues se caressèrent, tournoyèrent l'une autour de l'autre pendant que leurs mains agrippaient fermement le corps de l'autre. A bout de souffle et avec beaucoup de regrets, ils se séparèrent. Après un dernier regard, Carlisle s'éloigna, leurs doigts toujours crochetés se tendirent avant de se lâcher. Edward se détourna et plongea pour dissimuler sa peine à son supérieur. Quand il revint à la surface, Carlisle se séchait avec l'une des serviettes que Wendy avait laissée pour eux. Alors qu'il s'éloignait à la nage, il vit que le blond l'observait pendant un moment avant de tourner les talons.


A contrecœur, Carlisle gagna la réception de l'hôtel, serrant fermement contre lui le vêtement qu'il avait dérobé. Monsieur Lawdon lui indiqua un petit salon privé où il vit sur une tablette un téléphone dont le combiné était décroché. Il remercia le Directeur et alla s'asseoir tout en attrapant l'appareil.

« -Allo ?

-Carlisle, Seigneur, j'étais fou d'inquiétude ! Pourquoi ne m'as-tu pas donné de tes nouvelles ?

-Je t'ai eu au téléphone hier soir Eléazar et je t'ai dit que j'allais bien !

-On dirait que tu t'en moques que je m'inquiète pour toi ! Lui reprocha son compagnon.

-Non ! Sauf quand, comme pour le moment, tu en fais trop ! J'en ai marre Eléazar ! Pourquoi faut-il toujours qu'il y ait quelqu'un sur mon dos ? Qu'est-ce que vous avez tous à vouloir régir ma vie ? D'abord mon père, puis, toi !

-Comment oses-tu me comparer à lui ?

-Je… Pardon, souffla Carlisle, ce n'est pas ce que je voulais dire. Eléazar essaie de te mettre à ma place, Aro a toujours régi ma vie, même quand je me suis enfui, il m'a empêché de vivre librement, il y avait toujours une menace qui planait au-dessus de ma tête. Maintenant qu'il est en prison, c'est toi, tu es toujours sur mon dos à surveiller mes moindres faits et gestes ! Je n'en peux plus ! J'étouffe !

-Je sais, pardonne-moi, mais tu as tellement souffert que j'ai envie de te protéger. Ils t'ont fait tant de mal.

-Ils ?

-Ton père qui n'en a que le nom, puis, Edward. Tu fais facilement confiance aux gens et il faut bien le dire tu attires facilement les ennuis.

-Y'a pire que moi, marmonna le blond en pensant au jeune homme qui devait toujours nager. Ecoute, je rentre ce soir. On en parlera à ce moment.

-Je ne serais pas là, avoua son compagnon d'un ton ennuyé, je suis sur une affaire. Je pense pouvoir rentrer dans le courant de la semaine prochaine. Ca ira ?

-Oui, je pense que je peux tenir quelques jours sans toi, railla Carlisle.

-Tu vas me manquer. Je t'aime.

-Moi aussi. A bientôt. »

Carlisle raccrocha. Il observa pendant quelques minutes le téléphone, il se perdit dans ses pensées. Il aurait aimé dire à Eléazar tout ce qu'il avait sur le cœur, mais pas comme ça, pas au téléphone, son compagnon méritait mieux. D'un pas lourd, il gagna sa chambre pour ranger ses affaires, son regard se serra quand il constata qu'hormis les draps défaits il n'y avait plus aucune trace du passage de son amant. Une fois qu'il eut rassemblé toutes ses affaires, il se rendit sur le balcon. Son regard se posa sur l'océan, ses yeux cherchèrent sa silhouette familière parmi celles des vacanciers, des ouvriers, mais il n'était pas là, il avait disparu. Le cœur lourd, les yeux embués de larmes, il se laissa tomber dans un des fauteuils de son balcon. Ses mains agrippèrent la chemise qu'il lui avait empruntée, il enfouit son visage dans le tissu, s'enivrant de son odeur.

Carlisle ignora combien de temps il resta ainsi prostré sur le balcon en serrant le bout de tissu contre lui. Ce fut la chaleur qui l'obligea à se réfugier à l'intérieur, il venait de se rafraîchir le visage à la salle de bain quand quelques coups furent frappés à la porte de sa chambre réveillant en lui un fol espoir. Un sourire impatient dessiné sur ses lèvres, il se dépêcha d'aller ouvrir. Carlisle fit son possible pour cacher sa déconvenue lorsqu'il vit Monsieur Lawdon se tenir sur le seuil de sa porte. Le Directeur avait remarqué qu'il n'était pas descendu déjeuner aussi avait-il prit la liberté de lui faire monter un encas. Carlisle n'avait pas très faim, mais il laissa le groom entrer. A sa grande surprise, Monsieur Lawdon ne se retira pas. Avec sa permission, il s'installa sur un canapé. L'homme lui tint compagnie tout en vérifiant qu'il se nourrissait correctement. Carlisle se demanda pendant un instant s'il avait reçu des consignes. Il tenta une approche mais son interlocuteur détournait habilement la conversation dès que celle-ci tournait autour d'Edward.

L'heure du départ arriva rapidement. Monsieur Lawdon tint à l'accompagner lui-même à l'aéroport. Une fois arrivé, il remercia le Directeur et lui promit de revenir au Midnight Sun mais cette fois pour des vacances reposantes. Carlisle alla ensuite enregistrer sa valise avant de rejoindre le salon où il trouva certains de ses collègues qui étaient plus impatients que lui de partir. Il s'assit près de Karen et grimaça en voyant le pansement sur son front. Il se pencha et retira un peu le bandage pour regarder sa blessure.

« -Beau travail, murmura Carlisle, ta cicatrice ne se verra quasiment pas.

-Tu n'auras qu'à complimenter ton fils pour son travail ! Lança-t-elle avec amusement.

-Edward ? Je ne savais pas qu'il avait fait un tour à l'Hôpital, admit-il.

-Ce n'est pas le cas, je suis restée au Paradize lors du passage de Carolina. Quand le calme est revenu, nous avons voulu rentrer au Midnight Sun pour récupérer nos affaires et partir, mais la route n'était pas dégagée. Je me suis cassée la figure en voulant donner un coup de main, rien de bien glorieux, plaisanta Karen, bref, ton protégé était avec les villageois qui nous ont aidé, il m'a soigné.

-Je suis heureux qu'il ait retenu mes leçons !

-Oh ! Arrête de te vanter, j'ai trouvé sa technique très personnelle ! Le taquina Karen.

Il allait répliquer, mais la voix d'une hôtesse l'en empêcha. Il était temps d'embarquer. Contrairement aux autres, il ne se précipita pas vers la porte d'embarquement. Karen dut l'appeler plusieurs fois pour qu'il se décide enfin à se lever. Carlisle avait du mal à tirer un trait sur cet endroit où il avait eu un avant goût du Paradis. Tout en soupirant, il donna son billet à l'hôtesse. Alors qu'il allait suivre Karen, il se figea. Mu par un étrange sentiment, il se retourna. Son regard balaya la salle avant de s'arrêter sur lui…

-Monsieur, il faut embarquer, lui rappela gentiment l'hôtesse.

-Oui, un instant, s'il-vous-plaît, demanda-t-il en voyant Edward approcher.

L'hôtesse suivit son regard et un sourire se dessina sur ses lèvres.

-Cinq minutes c'est tout ce que je peux vous accorder.

Carlisle hocha la tête avant de traverser les quelques mètres qui le séparait de son subordonné. Edward l'imita pour le rejoindre au plus vite. Ils s'arrêtèrent à quelques centimètres l'un de l'autre.

-Je… Je voulais te souhaiter un bon voyage, bafouilla Edward.

-Merci, souffla Carlisle qui ne le quittait pas des yeux. On se voit dans quelques jours ?

-Oui, mon boss est un tyran, je ne pense pas qu'il apprécie que je prolonge mes vacances, plaisanta le jeune homme.

-Tu devrais lui parler, dit Carlisle en entrant dans son jeu, je suis sûr que tu trouverais de bons arguments.

-Carlisle !

Il se tourna vers Karen qui l'attendait près de l'hôtesse, cette dernière lui fit signe qu'il était temps d'embarquer.

-On se revoit à New-York.

-Au revoir, murmura Edward.

Tout en serrant les poings, Carlisle fit demi-tour et rejoignit les deux jeunes femmes.

-Carlisle !

Il se tourna pour voir le jeune homme arriver vers lui en courant. Avant qu'il ne puisse esquisser un seul geste, les lèvres d'Edward se posèrent sur les siennes, ses mains s'accrochèrent à ses cheveux et sa langue passa la barrière de ses dents. Carlisle réagit enfin et posa ses mains sur ses hanches pour le serrer contre lui. Leur baiser devint fougueux jusqu'à ce qu'un raclement de gorge ne les oblige à se séparer.

-On est encore à Cat Island, chuchota le jeune homme. »

Ils se sourirent une dernière fois avant que Karen ne lui prenne la main et ne l'entraîne vers l'avion. Une fois installé sur son siège, il repensa aux derniers mots que lui avait dits Edward, était-ce pour justifier son geste ou lui rappeler le terme de leur contrat ? Peut-être un peu des deux. Carlisle ferma les yeux, bien décidé à se perdre dans ses rêves…


Edward était en train de récupérer sa valise à l'aéroport quand il sentit quelque chose sauter sur son dos et s'agripper fermement à lui. Des baisers sonores furent déposés dans son cou et des cris stridents blessèrent ses oreilles. Le jeune homme sentit aussitôt sa tristesse s'alléger. Il était content d'être rentré. Il attrapa sa valise sur le tapis roulant, son étrange paquet toujours installé sur son dos. Il fit quelques pas en direction d'une fontaine qui servait de décoration et fit mine de se débarrasser d'un lutin agaçant dans l'eau.

« -Non ! Non ! Hurla Alice. Je t'interdis de faire ça !

-Alors, descends de mon dos !

-Tu n'es pas content de me revoir ? Lui demanda sa meilleure amie en lui offrant une moue à laquelle personne ne savait résister. »

Edward soupira et prit sa valise. Il se dirigea vers la sortie, ignorant les regards amusés ou intrigués des personnes qu'ils croisaient. Une fois dans la rue, il héla un taxi. Ce fut seulement quand une voiture jaune s'arrêta près d'eux, que le petit lutin accepta de descendre de son dos. Durant tout le trajet, Alice n'arrêta pas de le questionner pour savoir comment ça c'était passé ? S'il avait fait des rencontres ? S'il n'y avait pas eu trop de blessés à cause de la tempête ? Ce qu'il avait ressenti lors du passage de la tornade ? Edward soupira discrètement tout en se demandant qui était la pire : Carolina ou Alice ? Contrairement au cyclone, là, il n'y avait rien pour le protéger ! Alors, il répondit à certaines de ses questions quand elle lui en laissait le temps. Une fois arrivés à son immeuble, il fut heureux de retrouver son appartement. A peine avait-il posé sa valise que l'on sonna à sa porte, il laissa Alice aller ouvrir pendant qu'il défaisait son bagage et mettait ses affaires à laver.

« -Salut, Edward ! Dit Jasper en venant l'enlacer. Tout s'est bien passé ?

-Oui.

-La tempête n'a pas fait trop de blessés ? Tu n'as rien eu ?

-Non, le Midnight Sun est un lieu sûr.

-Et les villageois ?

-J'ai organisé des aides. Normalement, la vie devrait pouvoir reprendre son cours dans deux à trois semaines.

-C'est génial ! Applaudit Alice.

-Bon, la tempête, les affaires, tout ça s'est bien gentil, déclara Alice en lui lançant un regard pénétrant, tu n'as pas répondu à ma question, as-tu fait des rencontres intéressantes ?

-Tu crois réellement que j'ai eu le temps de faire des rencontres avec tout ce qui s'est passé ? Lui rappela-t-il.

Alice eut une moue emplie de déception qui le fit sourire, lui, ainsi que Jasper. Il échangea un regard complice avec son meilleur ami avant de prendre ses vêtements pour les mettre dans sa machine à laver. Il fronça les sourcils en se rendant compte qu'il n'avait pas la chemise verte que le petit lutin lui avait offerte à leur rencontre. Il y tenait particulièrement et cela l'étonnait de ne pas l'avoir prise, il fronça les sourcils en ne se rappelant pas l'avoir vu dans son armoire. Quand l'avait-il porté pour la dernière fois ? Soudain, un cri le fit sursauter. Il se tourna et se maudit aussitôt d'avoir laissé sa valise sans surveillance. Il pâlit en voyant qu'Alice tenait entre ses mains la boîte qui renfermait ses cadeaux, il avait tout remis dans celle-ci ne souhaitant pas que les employés de l'hôtel les trouvent.

-Oh, mon Dieu ! Oh, mon Dieu ! S'écria-t-elle en sautillant dans tous les sens. Tu as rencontré quelqu'un ! Tu as rencontré quelqu'un ! Raconte-moi tout !

-Il ne s'est rien passé ! Coupa-t-il en lui arrachant la boîte des mains.

-Edward ! Cria le petit lutin en le fusillant du regard, les mains sur les hanches. Ne me dis pas que tu as utilisé ces préservatifs pour faire des bombes à eau ?

-Non, bien sûr que non ! Tu crois que j'ai quel âge ?

-Alors, c'était qui ? !

-Personne ! Juste quelqu'un que j'ai rencontré un soir, finit-il par souffler espérant ainsi avoir la paix.

-Comment était-il ? C'est quoi son nom ? Blond ? Brun ? Roux ? Grand ? Petit ? Il vit où ? Tu vas le revoir ?

-Non, je ne le reverrai pas ! C'était juste l'histoire d'un soir !

-Edward ! Insista Alice. Tu t'amuses enfin alors pourquoi ne pas le revoir ?

-Alice, laisse-le tranquille, intervint Jasper.

Edward fronça les sourcils en voyant le regard meurtrier que lançait le petit lutin à son futur mari.

-Et vous ? Demanda soudain Edward. Tout va bien ?

-Oui, répondit Alice pendant que Jasper passait un bras autour de sa taille. »

Ils retournèrent s'installer dans le salon et les deux tourtereaux lui firent par des derniers préparatifs de leur mariage. Alice lui parla aussi de sa nouvelle collection qui était un franc succès. La nuit s'installait doucement sur la ville quand ses amis partirent après bien sûr qu'il leur ait remis leurs cadeaux qu'Alice avait soudain réclamé. Une fois seul, il prit une douche avant de passer une commande au Chinois du coin, il n'avait aucune envie de cuisiner. Après avoir récupéré son repas, il s'installa sur son canapé, emmitouflé dans un peignoir. Edward ouvrit sa deuxième valise où il avait prit quelques affaires de ses parents. Un brin nostalgique, il observa les photos de son enfance, de ses parents, son cœur se serra…

Edward sursauta en entendant son téléphone sonner. Il ouvrit un œil et fut étonné de se trouver sur son canapé. Il se redressa tout en resserrant les pans de son peignoir. Il se dépêcha de ranger ses affaires avant d'aller se préparer un café. Pendant que son café coulait, il alla prendre une douche. Puis tout en avalant le breuvage sombre, Edward prépara ses affaires pour sa journée de travail. Il grignota une viennoiserie avant de verser un peu de café dans une tasse isotherme. Le jeune homme mit son sac sur son épaule et son gobelet à la main, il sortit.

Une fois arrivé devant le Memorial, il inspira profondément, il appréhendait de le revoir. Finalement, il entra. Edward salua les personnes qu'il croisait tout en se rendant au vestiaire pour se changer. A peine avait-il regagné le service qu'il se retrouva totalement accaparé par son travail.

Sa journée était terminée sans qu'il n'ait pu apercevoir son supérieur, il rangeait ses affaires en se demandant s'il devait aller le voir ou non. Inspirant profondément, il prit la direction des étages. Une fois que l'ascenseur s'ouvrit, il hésita à en sortir. Edward se décida finalement à avancer avant de rebrousser chemin.

« -Tu voulais me voir ?

Le jeune homme se figea en entendant la voix de son supérieur. Lentement, il se retourna pour lui faire face. Ils se sourirent tout en ressentant une légère gêne.

-Je voulais juste savoir si tu allais bien comme je ne t'ai pas vu aujourd'hui.

-Oui, j'ai eu pas mal de travail administratif à rattraper. Allez, viens, entre !

Edward hésita. Carlisle se tenait sur le pas de la porte de son bureau attendant qu'il veuille bien entrer. Ce qu'il finit par faire.

-Je ne vais pas te déranger très longtemps, assura-t-il, tu dois avoir hâte de rentrer pour retrouver ton compagnon. Ton voyage c'est bien passé ?

-Oui, je te remercie et toi le retour n'est pas trop dur ?

-Non.

Les deux hommes s'observèrent pendant quelques secondes, souhaitant tout deux échanger plus que des mots, mais sans pour autant oser faire le premier pas. La tension dans la pièce était palpable et il avait de plus en plus de mal à ne pas se jeter au cou du blond.

-Bon, je vais y aller, soupira-t-il en sortant un paquet de son sac et en le posant sur son bureau.

-Qu'est-ce que c'est ? Demanda Carlisle.

-Un petit souvenir de Cat Island, j'ai cru comprendre qu'elle te plairait, dit Edward, par contre, si ça ne te plait pas ou si tu ne souhaites pas l'accepter, pourrais-tu me le rendre ?

-Merci, Edward, je suis très touché que tu m'offres quelque chose auquel tu tiens tant !

-Je t'assure, c'est vraiment pas grand-chose. Bon, j'y vais. A demain. »


Carlisle jeta un coup d'œil au jeune homme qui sortit sans attendre, il aurait aimé le rattraper, mais il ne devait pas. Il se retourna et prit le paquet qu'Edward avait laissé sur son bureau, il déchira l'emballage et se figea. Sans réfléchir plus longtemps, il sortit de son bureau en courant à la recherche de son subordonné. Celui-ci entrait dans l'ascenseur et il s'y engouffra à sa suite. Edward le dévisagea d'un air surpris. Le jeune homme recula quand il le vit s'avancer vers lui le coinçant ainsi dans un coin de la cage d'acier. Sans lui laisser le temps de protester, Carlisle s'empara de fougueusement des lèvres du jeune homme. Les mains d'Edward se posèrent sur sa poitrine pour tenter de le repousser, mais il l'empêcha de se soustraire à son étreinte. Au bout de quelques secondes, le jeune homme cessa de le repousser et répondit à son baiser. Leurs langues se caressèrent avec ardeur et ils n'entendirent pas les portes s'ouvrir.

« -Non, mais j'y crois pas !

Ils se séparèrent violemment face à un Jasper furieux qui les dévisageait. Le psychiatre tourna rapidement les talons tout en maugréant dans sa barbe.

-Jasper, attends ! Cria Edward en se lançant à sa poursuite. »

Le cœur serré, Carlisle le regarda partir. Il aurait aimé que ce soit après lui qu'Edward courre et non Jasper. Tout en passant une main lasse sur son visage, il appuya sur le bouton de l'ascenseur pour regagner son bureau. Une fois dans celui-ci, il attrapa son cadeau. Le cadre entre ses mains, il s'installa dans son fauteuil pour se plonger dans la contemplation du petit Edward qui se tenait fièrement à côté de son château de sable. Carlisle ferma les yeux. Deux pensées contradictoires s'affrontaient en lui, l'une qui se réjouissait que Jasper quitte Edward et l'autre souhaitait que tout s'arrange ne souhaitant pas voir le jeune homme malheureux.