Chapitre 10 :La Folie du Griffon

Minos est prit de folie, Valentine se retrouve face à un nouveau problème, Sion retrouve enfin son Dohko et Kanon sombre de nouveau dans la déprime.

Chapitre 10 ! WHOUHOU ! Ça passe super vite ! C'est ma plus longue fic, merci à tout ceux qui me suivent depuis le début et tout ceux qui ont rejoint l'équipage en route, je vais faire de mon mieux pour que la suite soit tout aussi agréable à lire que les précédents chapitres, sachez que je suis toujours à l'écoute et que chaque commentaire me motive toujours un peu plus ^^


Sion ne pouvait pas être plus heureux qu'à cet instant. Depuis que Dohko s'était réveillé il se sentait comme envoyé à Elysion. Il en oubliait tout, Athéna aux Enfers, les rires des petits, les protestations de la Balance qui voulait que le grand Pope lui laisse de l'air, les problèmes du Sanctuaire, les tensions en Aiolia et Shura, et la solitude de Kanon. Tant que son compagnon de toujours restait à ses côtés rien de tout cela n'avait d'importance. Le Chinois essaya de se dégager mais le Bélier senior resserra son emprise pour couper sa lutte.

"Ça suffit Sion, laisse-moi respirer !"

"Nan, jamais !" répondit le Pope enfantin en se balançant d'avant en arrière comme un gamin refusant de lâcher son doudou préféré.

"Sion ! Arrête ! Tu va finir par me tuer !"

"M'en fiche !"

"Sion !" gronda la Balance en fusillant du regard le Pope qui le lâcha non sans une moue boudeuse. "C'est pas trop tôt. Tu m'étouffais avec tes cheveux !"

"Ils sont très bien mes cheveux !" ronchonna le Bélier qui ignorait royalement les fous rires des Chevaliers qui l'avaient jusqu'à présent connu sage et réfléchit pour découvrir une nouvelle facette de leur chef. La Balance soupira en notant que le Bélier faisait mine de le bouder en ne s'intéressant à son disciple. Mû rit doucement ayant clairement deviné la manœuvre de son maître. Le Soleil pointait à l'horizon, Kiki se réveillait doucement sur ses genoux, Aldébaran était partit préparer ses fameux gâteaux brésiliens dont tout le Sanctuaire raffolait, Camus et Milo s'étaient endormis l'un contre l'autre, Aphrodite était tombé de fatigue sur un Cancer qui se plaignait toutes les vingt secondes que le Poisson pesait deux tonnes aux côtés d'un Shura blasé pendant qu'Aiolia s'était endormit calé entre Lithos et Marine, assoupies également et que Shaka berçait tout le groupe en récitant ses mantras à voix basse.

Dohko nota l'isolement du Gémeau qui tournait le dos au groupe, le regard perdu vers l'Océan. Il hésita à se lever pour le saluer, Kanon n'avait pas bougé à son réveil, mais il avait apprit à posteriori que l'ex-marina ne pouvait pas bouger de son emplacement du fait de la pierre violette à son cou. Rester debout devait l'empêcher de s'endormir. Sion lui signifia son plus total désintérêt en parlant plus fort à Mû qui semblait ravi malgré les réels motifs de son maître. Le Chinois ricana et se redressa pour rejoindre le Gémeau.

Kanon les entendait rire, Dohko n'était même pas venu le saluer, en même temps la Balance le connaissait à peine. Il se sentait tellement seul sans Rhadamanthe, il faisait de son mieux pour rester concentrer malgré cette sensation désagréable qui lui collait à la peau. Après tout ils n'étaient pas obligés de l'aimer. Selon lui seul son frère l'avait aimé, un tout petit peu. Et le Gémeau s'accrochait à cela de toutes ses forces. Un éclair lui vrilla l'épaule et il sursauta d'un coup.

"Oh ! Du calme jeune homme, je ne vais pas te manger !" le calma Dohko d'un air taquin.

"La vache ! Tu m'a fichu un coup de jus ! Comment tu as fait pour être aussi électrique ?!" râla Kanon en se frottant le bras.

"Je crois que Sion a un effet 'peau de chat' !" plaisanta la Balance en tapotant gentiment le dos du jeune homme. L'ex-marina rit avec lui, le Chinois savait être amusant. Mais Kanon se referma rapidement.

"Vous êtes venu me faire la morale vous aussi, hein ?"

" ? non, qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Qui est venu te reprocher quoi ?" s'exclama la Balance les mains sur les hanches. Kanon sembla gêné, il n'avait pas envie que plus de gens soient au courant de cette affaire et il venait d'y envoyer le Chinois par inadvertance.

"Milo et Aldébaran sont venus me dire de me méfier de Rhadamanthe. Alors que jusqu'à présent c'est le seul à s'être occupé de mon sort, mais soi-disant ce serait parce qu'il aurait un intérêt déplacé à mon égard !"

"Tes amis sont inquiets pour toi, c'est tout."

"S'ils étaient inquiets ils seraient venus me voir même quand Rhadamanthe était là. Ils se fichent de mon sort en réalité, ils veulent juste que Rhadamanthe reparte le plus vite possible." nota le Gémeau amer.

"Kanon des Gémeaux, tu es un Chevalier d'Athéna, ton sort nous préoccupe tous et si jamais il devait être menacé sache que tout le Sanctuaire prendrait les armes pour ta défense. Et s'ils ne sont pas venus lorsque Rhadamanthe était présent, n'était-ce pas de la diplomatie ? S'il avait été là et qu'ils avaient vu juste sa réaction aurait été imprévisible et tu aurais pu être mis en danger." répliqua sagement la Balance. Dohko entendit Sion hurler si fort en parlant à Mû qu'on aurait crut qu'il était sourd. Le chinois pressa les épaules du Gémeau en souriant.

"Cesse de te morfondre ainsi Kanon, chacun des Chevaliers d'Athéna sont là pour te soutenir. Tu es l'un des nôtres et personne, et je dis bien personne ne pourra me contredire sans me passer sur le corps !" Kanon rit doucement en se disant intérieurement que le Chinois était si petit qu'on pourrait s'asseoir dessus s'y l'on y prenait pas garde mais sa mine s'attrista de nouveau.

"Ce que tu dis es sûrement vrai Dohko de la Balance, mais toi aussi tu va rejoindre les autres pour le laisser seul, n'est-ce pas ?" Le chinois le serra dans ses bras, paternel malgré la différence de taille et son apparence maintenant juvénile et répondit :

"C'est vrai Kanon, mais sache que si le besoin s'en faisait sentir je serai là pour t'épauler et ce quoi qu'il advienne. Mais maintenant je dois voler au secours de Mû, ce pauvre petit agneau va voir ses tympans exploser si jamais je reste trop loin de Sion."

Le Gémeau sourit "Moi je n'ai personne pour bouder mon absence."

" À défaut de prier, je bouderai pour toi Kanon." répliqua la Balance avec un sourire avant de retourner auprès du Pope que Mû et Kiki fusillaient du regard pour son attitude puérile qui avait réveillé tout le Sanctuaire. Kanon se sentait encore un peu amer. Mais la Balance lui mettait du baume au cœur. Alors pour l'instant il se contenterai d'attendre Saga. Il n'avait pas mieux à faire.


Pharaon n'aurait sût dire à quel point il était reconnaissant au Phénix d'avoir renvoyé Pégase dans le coma. Il s'était même juré de lui dédier un morceau un de ses jours. Quel bonheur de ne plus entendre le bronze-divin s'agiter ou réclamer ses camarades. Les mots ne pouvant décrire sont bonheur il commença à composer une symphonie pour son sauveur. Dire qu'il avait osé se plaindre de son immobilité, quelle grossière erreur. En fait le Spectre ne réalisait même pas la chance qu'il avait d'être loin des appartements dans lequel se trouvait Athéna. Il l'ignorait mais sa joie était tout aussi similaire.


"Seigneur Minos gardez votre calme, votre attitude est dangereuse !" tenta la Harpie qui essayait tant bien que mal de garder le Griffon à l'écart. Mais le Juge ne l'écoutait pas, ce contentant de le fusiller du regard dans le but de dégager Valentine du chemin. Mais le Spectre ne bougea pas d'un cil et derrière lui Shun d'Andromède et Ikki du Phénix se tenaient prêt à riposter.

"Valentine, dégage !"

"Vous êtes fatigué Seigneur Minos, vous ne savez plus ce que vous faites."

"Si je le sais très bien, je vais reprendre mon poste."

"C'est hors de question Seigneur Minos, vous avez à peine dormi et-"

La Harpie n'eut pas le temps de finir sa phrase que le poing du Juge s'écrasa en travers de son visage pour l'envoyer valser dans le couloir, Shun bloqua la porte d'entrée avec sa chaîne formant une toile d'araignée pour prévenir le passage du Griffon.

"Écartez-vous Chevaliers, je ne suis pas votre ennemi."

"Sans blague ? Dans ton état tu mettrai Athéna en danger hors de question que tu franchisse le pas de cette porte !" cracha Ikki furibond. Le Norvégien s'apprêtait à envoyer valdinguer le Phénix lorsqu'une voix familière le stoppa net dans son élan.

"Seigneur Minos ! Cessez d'agir comme un enfant !"

"...Rune ?" murmura Minos en se retournant doucement. Le procureur des Enfers se tenait bien là, son fouet à la main, suivit de Sylphide qui se précipita vers son ami toujours étendu sur le sol.

"Valentine ! Valentine ! Valentine, réveille-toi !"

Rune s'approcha de son supérieur l'air grave. Minos n'arrivait même pas à croire que le Balrog ait pu quitter le tribunal pour venir le raisonner. Le Spectre s'arrêta à son niveau, le regard plein de reproche.

"Seigneur Minos, votre comportement est déplorable et indigne de votre rang. Retournez vous reposer vous ne reprendrez vos fonctions qu'une fois que vous aurez pleinement récupéré."

"Mais sa Majesté Hadès m'a donné pour mission de-"

"Veiller sur Athéna tout comme il m'a donné celle de veiller sur vous."

"Mais...Le Tribunal-"

"Se débrouillera sans moi. Suivez-moi. Je vous ramène à vos appartements et si nécessaire je monterai la garde à votre porte." trancha le Spectre intimant à son maître de le suivre avec beaucoup d'autorité. Le Griffon baissa le regard et suivit son second qui le guida dans les couloirs.

Sylphide aida Valentine à se relever. La Harpie se massait douloureusement la mâchoire. Il allait avoir un bleu à coup sûr (sans mauvais jeu de mot). Il croisa le regard inquiet du Basilic qui le soutenait avec prudence.

"Ça va aller Valentine ?" s'enquit-il en lâchant à grand regret le bras de son ami.

"Ouais, on fait aller...mais comment as-tu sût que j'étais en difficulté ?"

"C'est grâce à Shun d'Andromède, en voyant arriver le Seigneur Minos il a envoyé un signal d'alerte télépathique à ses compagnons. Pandore était avec nous au Tribunal et Shiryu du Dragon avec elle, nous avons donc été immédiatement avertis." expliqua le Spectre en remerciant l'intéressé d'un signe de la main. Valentine se tourna également vers le bronze-divin pour le remercier également d'un signe de tête. Ce réflexe avait peut-être sauvé Athéna.

"De fait. Si tu es là, qui surveille Pandore ?" s'inquiéta la Harpie.

"Le Chevalier du Dragon m'a affirmé qu'il saurait se débrouiller. Et qui mieux qu'un chevalier d'Athéna pour surveiller Pandore. Et puis Rune m'a ordonné de l'accompagner intercepter Seigneur Minos au cas où sa force seule ne suffirait pas." répondit Sylphide un peu penaud d'avoir déserté la mission confiée par son ami.

"Ne t'inquiète pas, tu as eût raison d'agir de la sorte." répondit Valentine qui sourit vaguement, entravé par l'engourdissement de sa joue provoqué par le coup. Ce détail n'échappa pas au Basilic qui décida de prendre les devants.

"Viens, on va aller soigner ta joue." Le Spectre accepta la proposition avec joie. Il commençait à avoir vraiment mal et un peu de sang coulait dans sa bouche. Ils remercièrent encore les deux Chevaliers d'Athéna et repartirent vers les appartements de Sylphide, plus proche. Le Basilic lui demanda ce qu'il était advenu lors de sa discussion avec le Seigneur Rhadamanthe. La Harpie répondit douloureusement. "Ce qui devait arriver."


Rune ouvrit la porte à Minos qui rentra sans faire d'histoire. Le Balrog entra à sa suite et ferma porte qu'il verrouilla derrière lui. Le Griffon le regarda d'un air interrogateur, mais le Procureur des Enfers ne cilla pas.

"Rune ? Je suis dans ma chambre, tu ne devrais pas partir, plutôt ?" l'interrogea le Juge.

"Je ne partirai pas avant que vous ne soyez couché et endormi. Votre attitude de tout à l'heure me recommande la prudence." résuma le Spectre imperturbable.

"Je vais devoir me déshabiller."

"Et si je sors vous en profiterez pour filer. Je resterai ici tant que vous ne dormirez pas." se contenta de répondre son suivant. Minos n'ajouta rien de plus, ôtant une à une les pièces de son surplis. Le Balrog resta digne et indifférent alors que son supérieur se retrouvait en sous-tenue de combat. Le Griffon recommença à l'interroger du regard derrière sa frange mais le Procureur des Enfers n'en fit rien. Il retira son haut dans un coin qu'il plia pour le poser sur une chaise, en temps normal il l'aurait tout simplement jeté dans un coin à l'intention des domestiques venues faire le ménage mais la présence de son secrétaire l'obligeait à faire semblant d'être un minimum ordonné. Il était étreint par la fatigue et son esprit était embrumé. Il déboucla sa ceinture et laissa choir son pantalon sur ses chevilles. Il le ramassa à son tour pour le plier et le ranger sur la chaise. Il était maintenant dans son caleçon noir, exposé devant le Balrog.

"Rune, ça suffit cela devient ridicule. Je ne vais pas retirer mon caleçon devant toi. Je t'en prie sors de ma chambre le temps que je me mette au lit." insista le Juge piteux devant son suivant toujours aussi impassible devant sa nudité. Le Procureur des Enfers soupira profondément.

"Savez-vous ce que je pense Seigneur Minos ?"

"Je l'ignore Rune." répondit le Griffon confus par l'attitude de son bras droit.

"Je pense que vous êtes si fatigué que vous n'avez même pas pensé à aller vous changer dans votre salle de bain." répondit le Balrog sans la moindre once de reproche dans le voix.

Le Griffon se retrouva les bras ballants. Il n'y avait pas songé en effet. Il grinça des dents et tourna les talons. Le Balrog avait raison. Encore. Pour changer. Il attrapa un pyjama dans sa penderie et fila piteusement vers la salle de bain. Son Secrétaire n'avait ni fait de remarque supplémentaire ni même effectué de rictus méprisant. Il était resté placide malgré l'embarras de son supérieur. Pour faire comme s'il n'avait rien vu. Il se contenta s'attendre que son supérieur ressorte vêtu de son pyjama gris-bleu.

Minos était réellement embarrassé par cet épisode mais son suivant avait toujours sût être discret. Aussi loin qu'il s'en rappelait le Balrog n'avait jamais révélé aucun de ses secrets aux autres Spectres. Lui fournissant même parfois des alibis sans poser de questions. Couvrant ses fuites silencieuses. Dissimulant l'existence de ses nombreux amants. Terminant les dossiers qu'il avait abandonné lâchement sur son bureau pour aller rejoindre ses conquêtes. Le Balrog avait toujours été son issu de secours préférée, sans jamais lui reprocher une seconde son manque de sérieux. Ni jamais réclamer plus d'attention de sa part. Ou même que le Juge termine son travail. Maintenant son Secrétaire le bordait avec douceur. Encore une fois sans lui reprocher une seconde son attitude puérile. Le Griffon s'emmitoufla dans ses couvertures alors que le Balrog s'asseyait sur une chaise, près du lit. Le Juge le fixa intensément, incapable de dire ce qu'il pouvait se tramer dans la tête de cet obsédé du travail pour qu'il accepte tout ses écarts de conduite sans même chercher à obtenir de lauriers.

"Rune..."

"Oui Seigneur Minos ?

"Pourquoi fais-tu tout cela pour moi ?"

"C'est-à-dire ?"

"Tu fais mon travail à ma place pendant que je t'abandonne à mes autres activités que tu sais peu louables mais tu ne t'en plains jamais. Tu couvre mes fuites quand la situation dérape. Tu viens me raisonner quand je me comporte comme un enfant. Tout ça. Et j'aimerai savoir pourquoi tu fais tout cela. Pourquoi tu perds ton temps à tenter de me protéger alors que tu pourrai m'écarter et prendre ma place. Alors que je recommencerai le lendemain. Je ne comprends pas Rune. Je ne mérite pas ton indulgence alors pourquoi ?"

"C'est très simple Seigneur Minos, vous ne voyez pas ?"

"Non, je pourrai être condamné pour tous les péchés possibles et imaginables alors je ne vois pas pourquoi tu ne fais pas en sorte que je reçoive le sort que je mérite au lieu de rester ici à veiller sur mon sommeil."

"Seigneur Minos, si je fais tout cela c'est uniquement parce que c'est mon rôle." répondit tranquillement le Balrog. "C'est mon rôle de vous protéger des autres et de vous même. Encore mon rôle de faire en sorte que votre autorité ne soit pas entachée. Toujours mon rôle de faire en sorte que le travail soit rendu en temps et en heure. Mon rôle de faire en sorte que vous vous rappeliez le grand souverain que vous êtes et le comportement qui en découle. C'est mon rôle d'être là pour vous. C'est tout Seigneur Minos. Il n'y a rien de plus à savoir. Dormez maintenant. C'est aussi mon travail d'être certain que vous êtes en bonne santé. Alors dormez Seigneur Minos."

Le Griffon se sentit touché par ses propos. Le Balrog avait toujours été une personne cohérente et droite. Loyale et infaillible. C'est sûrement pour cela qu'il l'estimait tant. Qu'il avait toujours sût qu'il méritait toute sa confiance. Qu'il avait toujours profité de ses qualités. Et qu'il murmura bêtement 'Je t'aime' avant de s'endormir.


"AÏE ! Mais fais attention Sylphide ! J'ai mal moi, merde !" râla Valentine en écartant la compresse désinfectante froide que le Basilic s'évertuait à lui plaquer sur la joue.

"Valentine ! Arrête de faire l'enfant ! Ça ne fait pas si mal !"

"Ah ouais ? Tu veux que je te mette une beigne pour voir ?"

"Mais je ne t'ai rien fait moi ! Je veux seulement éviter que ça ne gonfle plus ! Alors arrête de bouger tu aura moins mal. Ce n'est pas la peine de te défouler sur moi alors que j'essaie seulement de t'aider." protesta le Basilic offensé par l'agressivité de son ami. La Harpie baissa les yeux, soudainement triste.

"D-Désolé...Je...Je ne suis pas dans mon assiette, c'est tout..."

Le Basilic réalisa immédiatement l'origine de cette colère, il reposa sa compresse sur le lit sur lequel ils étaient assis et passa son bras autour des épaules de son ami. Valentine le laissa le serrer contre son torse sans réagir. Le Basilic caressa ses cheveux doucement. Il avait toujours fait cela. Au début la Harpie l'avait mal prit. Maintenant Valentine y était totalement habitué. À cette manie de son ami de toujours vouloir lui caresser les cheveux. D'habitude la caresse le détendait. Mais aujourd'hui il éclata dans ses bras. Fondant encore en larmes dans ses bras. Réclamant presque de nouvelles marques d'affections de son ami. S'agrippant de toutes ses forces à son bras. Sylphide le laissa pleurer dans ses bras de longues minutes, il savait que cette blessure guérirait vite. Il comptait sur le Seigneur Rhadamanthe pour avoir rendu la guérison moins pénible. Il savait l'estime qu'avait son chef pour la Harpie et qu'au fond il aurait préféré être mille fois maudit que de blesser son bras droit. Il resserra son étreinte sur le corps agité de son ami. Le gardant le plus possible contre son cœur. Valentine hoqueta quelques syllabes désordonnées avant de parvenir à prononcer quelques mots.

"Le pire c'est que je ne peux... même pas lui en vouloir. ..Parce...parce que je ne peux pas le forcer à m'aimer ...Même si au fond... J'aurai aimé en avoir le droit... mais ce serait trop cruel... et égoïste... Mais j'aimerai tant ...qu'il puisse m'aimer... je me hais ...de ne pas en être capable... de ne pas être la bonne personne... Je me hais Sylphide !" sanglota la Harpie entre ses bras.

"Non, ne dis pas ça. Tu es la personne la plus formidable que je connaisse. Tu ne dois pas te détester pour cela. Tu mérite d'être aimé."

"Mais il ne m'aime pas ! Il n'y avait que lui pour moi ! Comment passer à autre chose ! Je ne sais aimer que lui !" explosa la Harpie dans ses bras en s'accrochant si fort à son avant-bras qu'il pourrait laisser son empreinte dans la pièce d'armure.

"Tu n'a qu'à aller avec quelqu'un qui t'aime. Cette personne pourra t'apprendre à aimer d'une autre manière qu'une relation à sens unique." tenta le Basilic.

"Mais je n'ai que le Seigneur Rhadamanthe ! Qui pourrait m'aimer alors que j'ai toujours méprisé les autres à son profit !"

"Tu te trompes Valentine. Je suis sûr que tu trouvera la personne qui t'aime."

"Mais tu ne comprends pas !" cracha la Harpie. "Personne ne m'aime ! J'ai toujours écarté ce qui m'éloignait du Seigneur Rhadamanthe !"

"C'est faux Valentine ! Arrête de le nier ! Ce n'est pas parce que qu'il ne t'aime pas que tout est fini pour toi ! Ce n'est qu'un nouveau début !"

"Comment peux-tu dire ça !" protesta le Spectre en se dégageant de ses bras pour ficher son regard enragé dans les yeux."Tu me dis cela comme une évidence qu'en sais-tu !"

"Je le sais, c'est tout ! Quelqu'un t'aimera Valentine ! Je peux te le jurer !"

"Parce que toi tu m'aime peut-être ?!" cria la Harpie au summum de sa fureur.

Le Basilic était paralysé, Valentine reprenait son souffle, soudain refroidi par le visage exsangue de son ami.

"Sylphide ?" L'homme le fixait toujours d'un air halluciné et blessé, la Harpie réalisa lentement la raison de son silence.

"Sylphide, tu..." Le Spectre ne réagit pas tout de suite, Valentine semblait surprise, comme ne réalisant pas l'aveu silencieux de son camarade.

"Tu...Tu m'aime ? C'est impossible...tu ne peux pas-" Cette phrase fût de trop pour le Basilic qui se décida à le convaincre par des moyens plus radicaux.

La Harpie n'eut pas le temps de réagir qu'il se retrouva prit à la gorge et plaqué contre la matelas pendant que les lèvres brûlantes du Basilic ne prennent leur place sur les siennes. Il ouvrit de grand yeux surpris, incapable de comprendre ce qu'il lui arrivait. Sylphide força l'ouverture de sa mâchoire et glissa sa langue dans sa bouche. L'embrassant avec toute la passion qu'il avait accumulé depuis tout ses siècles d'existence. Chaque fois que Valentine tentait de se défaire de l'emprise du Basilic celui si resserrait ses serres sur ses poignets, immobilisant sa proie sur le lit. La Harpie lutta longtemps avant de renoncer, se laissant aller à ce baiser brûlant comme la braise. Il laissa les mains de Sylphide glisser de ses poignets à sa joue, dans ses mèches, cajolant son amour si longtemps attendu. Il l'embrassa encore de longues minutes avant de lâcher ses lèvres si désirable. Sous lui la Harpie était désarmée, essoufflé, les joues rougies par la chaleur, le regard encore confus. Le Basilic se releva et tourna les talons.

"Je te laisse le temps d'y réfléchir. Je retourne au Tribunal. Il vont avoir besoin de moi en l'absence de Rune." dit-il avant de sortir de sa chambre. Laissant Valentine toujours allongé sur le lit, cheveux en désordre.

La Harpie ne bougea pas tout de suite, encore secouée, puis elle se força à se rasseoir reprendre ses esprits. Avait-il rêvé la scène. Il ne savait plus quoi pense. Seigneur Rhadamanthe ne l'aimait pas Sylphide l'aimait. Et il était au milieu de tout ça à ne plus savoir où donner de la tête. Il enfouit son visage dans ses mains, essayant de faire le point. Il fallait qu'il comprenne. Sylphide. Son meilleur ami. Son amour, peut-être.


Au chapitre suivant je risque encore de beaucoup parler des enfers mais vu que mes révision en font un de ma vie je ne peux faire autrement (la vache que je suis profonde !)

Enfin bref, encore un long délai pour la publication de ce chapitre mais maintenant que mes amorces sont placées la situation va enfin se débloquer dans les deux camps (Enfers et Sanctuaire s'entend) dans les prochains chapitres, votre serviteur dévouée espère que vous n'attendrez pas trop le prochain chapitre (c'est que j'ai envie de lire la suite moi aussi !)