Bonjour ! Voici un nouveau chapitre qui, je l'espère, vous plaira. Comme les cours ont repris, j'ai eu plus de mal à écrire, mais le voici tout de même. Bonne lecture et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !
CHAPITRE 9 - LES AMIS DU FILS BENNET.
Elizabeth descendit à temps les escaliers pour arriver au salon avant que Mr. Bingley n'entre dans la nouvelle maison londonienne des Bennet. Ce dernier avait prévenu Henry qu'il risquait de passer avant que les Bennet retournent dans le Hertfordshire, et il fit ce qu'il avait promis. Alors qu'une domestique venait servir le thé, Mr. Bingley commença à discuter avec Henry, puis avec Jane. Il avait été très présent la semaine passée, la petite compagnie des Bennet ayant été invitée à dîner chez les Bingley une fois et ce dernier venant prendre le thé chaque jour. Il était toujours rempli d'attention pour Jane, qui les lui rendait au mieux. Après quelques temps, alors que les Darcy n'allaient pas tarder à arriver, Charles s'approcha d'Henry.
« _Me permettrais-tu un entretien privé avec ta soeur ? Demanda Charles à voix basse, mais assez pour que toutes les personnes présentes l'entendent.
_Bien sûr, répondit Henry. Lizzie, j'ai quelque chose à te montrer dans la bibliothèque, veux tu bien venir ? »
Elizabeth, après avoir lancé un regard encourageant à Jane, sortit à la suite de son frère, qui ferma la porte derrière eux. Cependant, au lieu d'aller dans la bibliothèque, ils s'assirent tous deux sur un banc dans le hall de la maison, en se mettant à rire, sous le regard surpris de deux servants. Ils reprirent assez vite contenance avant que Mr Darcy et sa soeur arrivent dans le hall. Après que chacun se fut salué, Henry raconta non sans rire ce qui avait sans aucun doute lieu dans le salon, mais cela ne fit rire que Georgiana, Elizabeth baissant difficilement le regard et Darcy la regardant avec peine. Il venait de remarquer qu'elle avait du être heurtée par le fait qu'il ne lui avait pas dit qu'ils n'allaient pas se revoir pendant deux mois, après toutes les émotions qui avaient pu naître en eux au cours de ce séjour à Londres. Des larmes montant aux yeux de Lizzie, elle s'excusa et partit dans la bibliothèque pour retrouver contenance, regardant par la fenêtre le petit jardin de leur propriété.
Elle n'avait pas vu le regard que Darcy lui avait lancé, mais d'un coup, le futur mariage de sa soeur la heurtait. Elle était tellement heureuse pour Jane, que cette dernière ait pu accomplir ce qu'elles s'étaient promises petites : se marier que si l'amour le plus profond était ressenti dans les deux parties du couple. Mais d'un coup, alors qu'elle avait pensé un infime instant pouvoir espérer la même chose, voilà que tout s'écroulait.
Dans le hall, tout le monde avait observé Elizabeth partir avec surprise. Darcy ressentait en plus de cela de la honte et de la tristesse. Il sera le poing et se concentra sur son ami en faisant un sourire qui se voulait vrai. Mais Henry n'était pas dupe et avait remarqué ce qu'il s'était passé entre Darcy et Elizabeth quelques instants auparavant. Henry soupira de leur comportements respectifs et prit la parole pour demander à Georgiana si son séjour à Londres se passait bien.
« _À merveille, merci Mr. Bennet, sourit Georgiana. J'aimerais vous demander s'il est possible pour moi de garder une correspondance avec vos soeurs ?
_Je ne suis pas leur tuteur, hélas, mais je ne pense pas que mon père s'opposerait à une telle chose, vous avez tout le loisir de leur envoyer tout le courrier que vous souhaitez.
_Je vous en remercie grandement, dit Georgiana avant de diriger son regard vers la porte du salon qui s'ouvrait simultanément avec celle de la bibliothèque. »
Elizabeth, s'étant remise de ses émotions mais n'ayant pas réussi à cacher ses yeux rougis, étreignit sa soeur pour la féliciter quand Charles annonça qu'il partait le lendemain à Netherfield pour demander le consentement de Mr. Bennet et qu'il allait de ce pas préparer les papiers nécessaires pour que le mariage ait lieu à Noël. Il envoya d'ailleurs directement un express pour que Netherfield soit prêt et ouvert pour son arrivée. Avant que tout le monde n'entre dans le salon, Darcy interpella Elizabeth qui s'arrêta à la porte et s'approcha de l'homme en baissant les yeux. Darcy demanda à aller dans la bibliothèque quelques instants et Elizabeth l'y emmena perplexe, alors que l'homme s'installait près de la cheminée et qu'elle s'asseyait sur un sofa.
« _ Miss Elizabeth, je vous prie de m'excuser si je suis l'auteur de votre tristesse, dit doucement Darcy. Je ne puis penser à la douleur que je vous fait subir sans honte et je… Laissez moi vous expliquer.
_Et que souhaitez vous m'expliquer qui vaille la peine d'être entendu, Mr. Darcy ? Demanda Elizabeth en retenant ses larmes. Vous fondez des espoirs et des sentiments en quelqu'un pour les détruire par la suite.
_Vous avez des sentiments pour moi ? Répéta Darcy hébété en se retournant, s'approchant à grand pas.
_Qui aurait pu en douter ? Dit Elizabeth d'un ton froid en levant le regard vers l'homme qui s'asseyait à ses côtés.
_Miss Elizabeth, permettez-moi de vous expliquer. Aujourd'hui, je peux vous assurer de la réciprocité de vos sentiments. Mais je ne puis vous embarquer dans une relation maintenant, alors que j'ai quelques affaires à régler. Je souhaite avant tout votre sécurité, et vous savoir en bonne santé.
_Et quelles sont les affaires qui permettent à un homme de ne pas exprimer clairement ce qu'il désire ? Demanda Elizabeth en ne retenant plus ses larmes. Si vous éprouvez réellement de l'affection pour moi, ce n'est pas des affaires qui vont vous empêcher de..
_Laissez moi finir, je vous prie. J'ai eu affaire, il y a quelques mois, au retour d'un de mes amis d'enfance. Il était le filleul de feu mon père mais il a malheureusement mal tourné depuis nos études communes à Cambridge, votre frère pourra également en témoigner. Je n'ai pas eu beaucoup de nouvelles de lui jusqu'à ce qu'il ne s'empare du coeur de ma soeur et essaie de s'enfuir avec elle. Le colonel Fitzwilliam et moi-même avons pu intervenir à temps, mais il a fallu de nombreuses semaines à ma soeur pour s'en remettre. Elle n'est d'ailleurs pas totalement remise. Je ne sais ce que cet homme prépare, Miss Elizabeth, mais je sais qu'il n'a pas demandé son reste et qu'il est prêt à se venger pour ne pas avoir pu finir son plan. Et comprenez moi quand je vous dis que je veux vous tenir à l'écart en attendant de le mettre hors d'état de nuire. Si il sait que je suis fiancé à vous, il fera en sorte de vous faire du mal. Je dois le retrouver et mettre les choses au clair. Mais ne doutez pas des sentiments à votre égard. Ils sont justes et ont besoin de temps pour se développer, mais ils sont présents. Dans mon coeur, au fond de moi. »
Le silence qui suivit permit à Elizabeth de sécher ses larmes avec sa main libre, la deuxième étant dans celle de Darcy, qui cherchait en vain son regard. Ils s'étaient trop rapprochés, bien plus que ce que les convenances permettaient, et c'est pourquoi elle s'écarta un peu, reprenant ses esprits alors que Darcy avait le coeur battant. Jamais il n'avait raconté cette historie à une femme, jamais il n'avait avoué des sentiments à une femme. Et il venait de faire les deux, à la même. Il n'avait qu'une envie, même si cela était pour le moment impossible. Il ne souhaitait que l'embrasser, la serrer dans ses bras. Mais cela ne pouvait se faire actuellement.
« _J'aimerais que vous puissiez garder cette histoire pour vous, Miss Elizabeth, continua Darcy doucement. Pour ma soeur plus que pour moi. Nous avons peur que sa réputation ne s'entache si elle est mise au jour. Si je ne vous demande pas votre main, si je ne vous demande pas d'entrer en court, c'est tout simplement car je veux vous permettre, même si cela est difficile pour moi, de réfléchir à vos sentiments à mon égard et que je souhaite vous laisser libre de tout engagement à mon égard. Comprenez-vous ?
_Comment s'appelle cet homme ? Demanda simplement Elizabeth.
_Cela vous est-il nécéssaire à savoir ? Demanda Darcy en retour.
_Mr. Darcy, si vous souhaitez me tenir écartée d'un danger, autant l'appeler par son nom. Si je croise cet homme j'aurais tout bonnement besoin de me mettre sur mes gardes.
_Il s'appelle George Wickham, dit simplement Darcy, avant de lever les yeux en entendant un raclement de gorge. Henry, excuse nous, j'avais besoin de parler à ta soeur.
_Des félicitations s'imposent ? Demanda Henry en ne se rendant pas compte de sa bêtise.
_Je crains que non, pas pour le moment, du moins, murmura Darcy à son ami. J'ai expliqué à ta soeur la raison de ma future absence et j'aimerais également t'en informer. C'est à propos de Wickham.
_Je vous laisse, messieurs, annonça Elizabeth. Henry, tu m'excuseras auprès de nos invités mais je vais avoir besoin de me rafraîchir.
_Bien sûr, Elizabeth. »
Henry attendit que la porte fut fermée derrière sa soeur pour fusiller Darcy du regard. Ce dernier vit bien le regard de son ami et s'écarta un peu, avant qu'Henry n'hausse le ton.
« _TU AS FAIT PLEURER MA SOEUR ? S'écria Henry. ET CE N'EST PAS LA PREMIÈRE FOIS ! QUE LUI AS-TU DIS CETTE FOIS CI ?
_Je l'ai assurée de mes sentiments à son égard, dit calmement Darcy en regardant le feu. Et comme je te l'ai dit précédemment, je l'ai informée de la raison de mon absence. Aurais-tu des pertes de mémoire ?
_Darcy, ce n'est pas drôle.
_Je le sais bien Henry, et je ne rigole pas, répondit fermement Darcy à Henry. Voir ta soeur ainsi m'impacte profondément. Mais j'ai des affaires à régler avant d'aller plus loin avec elle. Je dois retrouver George. J'ai peur qu'il s'en prenne à elle.
_Il ne la connait pas.
_Des rumeurs sur mes sentiments courent Londres, expliqua Darcy. Et tu les as toi-même entendues. Je n'ai pas été des plus discrets envers ta soeur et il le saura à un moment ou à un autre. Il cherche à tout prix de se venger de moi et si il ne le fait pas directement, il essaiera d'utiliser ta soeur. »
Henry hocha de la tête en signe de compréhension et décida de pardonner son ami, Darcy expliqua qu'il sera de retour lorsque Wickham sera mit hors d'état de nuire ou lors du mariage de leur ami respectif si la piste de son ancien ami n'avait pas été retrouvée. Comprenant tout cela, et promettant d'informer son ami si des nouvelles lui venaient, les deux hommes se serrèrent la main avant de décider de rejoindre les autres au salon.
Que pensez vous de ce chapitre ? Trouvez vous que Darcy à raison ou qu'il à tort ?
