« CrossRoad »
Note de l'auteur: Apparemment, la perspective d'un triangle amoureux attise énormément votre intérêt, je suis contente! Et Koma-chan semble avoir lui aussi un certain succès, ça fait plaisir à voir =D
Grimmjow en tête brulé nie tout en bloc tandis que Byakuya fait face à ses sentiments cependant… est-ce vraiment le cas ?
Le cocktail que je vous sers aujourd'hui est à la fois empreint d'un zeste de colère, d'un soupçon de frustration, de quelques gouttes d'envie et d'un demi-verre de jalousie mêlée de tristesse. Rajoutez des glaçons aussi froids que de l'indifférence et mélangez énergiquement. Versez la préparation dans un verre et savourez le tout.
Finalement, vous comprendrez que ce cocktail brulant laissera parler la passion au détriment des sentiments les plus profonds…
_9_
Se méfier de « l'eau » qui dort…
Ichigo resta plus ou moins silencieux durant le temps que dura le trajet du retour, repensant sans cesse à ce qui s'était déroulé au cours de la séance photo à Okinawa. En passant par ses peurs, ses doutes et ses espoirs, rien n'y échappa, même pas les sentiments éprouvés pour Grimmjow. Il avait fini par y penser la nuit entière sans vraiment réussir à trouver le sommeil. Devait-il vivre dans l'abnégation et considérer que cet amour était impossible ou tenter de voir si ses sentiments étaient réciproques ? Dans le fond, avait-il vraiment envie malgré ce qu'il éprouvait, d'entamer une relation avec une personne qu'il pouvait considérer comme un collègue de travail et de surcroît un homme ? Ce n'est pas que ce dernier fait le déranger réellement, il ne se considérait pas comme étant gay lui-même et n'avait rien contre l'homosexualité. Il était aussi certain que ce qu'il ressentait n'était en rien de l'admiration, mais bien de l'amour ou du moins, une très forte attirance. Très souvent, le souvenir de Grimmjow s'imposait à lui et il se sentait envahi par une bouffée de chaleur qui le laissait parfois pantois quelques minutes. S'il s'écoutait, il croirait presque qu'il cherchait à assouvir ses pulsions sexuelles, après tout il était jeune et n'avait encore jamais couché avec personne. Il n'avait jamais fait grand cas des comptes-rendus de Mizuiro concernant ses conquêtes donc il était vrai que concernant le domaine de l'amour il n'y connaissait pas grand-chose, mais comme tous les garçons de son âge, l'idée d'un corps nu contre le sien suffisait à embraser ses sens. Il se sentit rougir et commença à gigoter malgré lui, mal à l'aise.
- Quelque chose ne va pas Ichigo ? s'enquit Kyoraku en posant furtivement les yeux sur lui.
- Ce… ce n'est rien. Je ne me sens pas très bien.
- Tu as de la fièvre ? Fais-moi voir ça.
- Non, ça ira je
Faisant fi de sa mauvaise volonté, le brun stoppa la voiture sur le bas côté et posa une main autoritaire sur son front malgré le fait qu'il tournait obstinément la tête sur le côté.
- Tu es un peu chaud.
- Je vous ai dit que ça allait, ce n'est pas grand-chose. Je n'ai pas bien dormi cette nuit, je suis un peu fatigué.
- Je comprends. Nous sommes à peine à cinq minutes de la maison. Prends ton mal en patience.
L'adolescent hocha la tête et se tourna légèrement vers la fenêtre afin que Kyoraku ne puisse rien remarquer de sa gêne. Le reste du trajet lui parut interminable et il se mit à faire un décompte mentalement dans l'espoir de se changer les idées, mais sa tentative s'avéra encore plus inefficace que l'idée qui lui était venue d'imaginer Ikkaku en uniforme de collégienne afin de faire retomber son excitation. En effet, bien qu'il lui soit difficile de l'admettre, le simple fait d'imaginer les mains de Grimmjow sur lui avaient…
- Nous sommes arrivés.
Ichigo poussa un soupir soulagé et leva rapidement les yeux pour s'apercevoir qu'ils étaient garés devant l'entrée. Sans attendre une seule seconde, il ouvrit maladroitement la portière de la voiture et faillit trébucher en sortant, se rattrapant de justesse contre la porte, courant jusqu'à l'intérieur de la maison devant le regard à la fois étonné et inquiet de Kyoraku.
- Ichigo ?
Trop concentré sur sa destination, Ichigo ignora le brun et entra à l'intérieur de la maison. C'est au détour d'un couloir qu'il percuta la personne qu'il avait le moins envie de voir du fait de sa condition physique, ou qu'il avait le plus envie de voir… il ne savait plus vraiment en fait. Grimmjow eu le réflexe d'attraper son bras avant qu'il ne tombe par terre, mais il le fit si soudainement qu'Ichigo, surpris, se laissa entrainer et qu'il bascula contre le torse du bleuté qui faillit lui-même perdre l'équilibre. Le rouquin pensa que cette scène avait un goût de déjà vu quand Grimmjow gronda de colère et qu'il put sentir les vibrations tout contre sa peau. Le frisson de plaisir qu'il ressentit lui arracha un gémissement plaintif qui le ramena à la réalité. Déconcerté, il arracha son bras à l'étreinte du bleuté qui trop étonné, ne réagit que tardivement alors qu'il s'enfuyait.
- Hé ! Ça t'écorcherait la bouche de dire bonjour et merci ?
Seul le tambourinement de pas qui s'éloignent suivi d'un claquement de porte lui parvint. Grimmjow sentit une veine d'énervement battre à sa tempe et il serra les dents.
- Non, mais quel... Et puis j'en ai rien à foutre en fait !
Ichigo tenta de reprendre un rythme de respiration normal alors qu'il pouvait encore sentir le regard de Grimmjow posé sur lui. Perdu dans ce bref contact physique et noyé dans le lagon de ses yeux bleus, il en avait complètement oublié son propre souci et s'était pendant un instant, laissé séduire par l'idée de se laisser aller contre ce corps puissant et athlétique. Heureusement qu'il s'était reprit. La seule chose qu'il espérait maintenant, c'est que Grimmjow n'ait rien remarqué. Le cœur battant, il se déshabilla maladroitement et se précipita dans la cabine de douche, montrant de l'hésitation quand sa main se tendit vers le robinet. Il serra les dents et se décida à actionner l'eau chaude, soulageant ses courbatures et lui procurant un immense bien-être, mais c'est avec une certaine gêne qu'il glissa sa main vers son ventre, à l'endroit même où résidait son mal-être, sachant qu'il allait devoir se masturber afin d'évacuer son plaisir. Ce n'est pas que ça le gênait réellement de le faire, il avait souvent des érections matinales, comme tout garçon de son âge et en bonne santé. Ce qui le gênait vraiment, c'était le fait qu'il allait immanquablement penser à Grimmjow en le faisant, mais s'il fallait qu'il aille jusque là pour assouvir ce qui n'était pas prêt d'arriver autant qu'il se fasse plaisir pas vrai ?
Dans un soupir résigné, Ichigo glissa sa main jusqu'à sa verge et il se crispa quand il se sentit parcouru par un frisson de plaisir. Dans un gémissement plaintif, il laissa aller son front contre la paroi de la cabine et entama des va-et-vient le long de son sexe. Il y alla avec douceur quand il s'imagina avec Grimmjow dans une étreinte empreinte de tendresse et avec plus de vigueur quand il s'imagina dans une étreinte fiévreuse et passionnée. Et plus son imagination laissait place à des choses plus incroyables les unes que les autres et plus la fièvre montait en lui, semblable à un torrent de flammes prêtes à le dévaster tout entier. La cabine entièrement recouverte de buée ne laissait plus qu'entrevoir les contours imprécis de son corps arqués par le plaisir qui lui brulait les reins et c'est finalement dans un gémissement qu'il étouffa en se mordant l'avant-bras qu'il se libéra. Dans un état second, il laissa l'eau ruisselante nettoyer les traces de son excitation.
Quand il regagna sa chambre, Kyoraku l'attendait devant sa chambre avec une mine soucieuse.
- Ichigo, est-ce que tout va bien ? Tu es parti si soudainement tout à l'heure que ça m'a inquiété. Tu aurais du me le dire si tu te sentais si mal.
- J'ai juste eu quelques nausées et avec la chaleur j'ai cru que j'allais vomir, du coup j'ai couru jusqu'aux toilettes. C'est gentil de vous préoccuper autant de moi, mais ça m'aurait gêné de salir le cuir de vos sièges avec les restes de mon déjeuner.
Kyoraku éclata de rire et lui ébouriffa les cheveux comme il en avait souvent pris l'habitude.
- Je veux bien te croire. Est-ce que tu te sens mieux ?
- La douche m'a vraiment fait du bien. Je pense que ça ira beaucoup mieux après une sieste.
- C'est d'accord, approuva le brun d'un hochement de tête avant de se saisir de la serviette qu'il avait autour du cou et de la replacer sur ses cheveux. Sèche-les bien avant d'aller te coucher. Je te mettrais ton repas de côté donc n'hésite pas à aller dans la cuisine dès que tu auras faim.
- Compris. Et encore merci Kyoraku-san. Depuis que je suis arrivé ici, j'ai l'impression de ne vous causer que des soucis…
- Ne t'en fais pas pour ça. Considère-toi comme l'enfant de cette maison, il est donc normal que je m'inquiète pour toi.
Ichigo acquiesça timidement avant de refermer la porte derrière lui. Quelques minutes plus tard alors qu'il se couchait sur son futon, il entendit Komamura aboyer dans le jardin et Grimmjow râlait après lui. Il esquissa un demi-sourire alors que la fatigue le rattrapait rapidement et il sombra dans un long sommeil réparateur durant lequel il rêva à la fois d'un océan magnifique à l'intérieur duquel pourtant il se noyait et d'une nuit noire qui au contraire, lui apportait paix et réconfort. Ce fut la sensation désagréable d'un sol qui tremblait qui le tira de son sommeil et lorsqu'il ouvrit les yeux, une lumière qui bougeait par intermittence dans l'obscurité attira son attention. Il cligna des yeux plusieurs fois, l'esprit encore embrumé avant d'émerger complètement quelques minutes plus tard et de comprendre qu'il ne s'agissait que de son portable. Encore trop engourdi pour se lever, il tâtonna faiblement de la main jusqu'à atteindre l'objet convoité et le ramena jusqu'à lui.
- Il est déjà 21h… marmonna t-il d'une voix pâteuse. Est-ce que je vais manger ?
Les grondements qui émanèrent de son ventre furent suffisants et il se leva tant bien que mal, quittant sa chambre pour se diriger vers la salle de bain la plus proche en zigzaguant, pareil à un mort-vivant. S'il n'avait pas été aussi abruti par toutes ces heures de sommeil, il aurait surement remarqué plus tôt que la salle de bain était déjà occupée. Ainsi, il aurait pu faire demi-tour et éviter de le croiser « lui », mais le destin semblait voir les choses autrement et semblait aimer le mettre dans des situations gênantes, enchaînant les situations embarrassantes. Ou alors c'était le karma et il fallait croire que le sien était vraiment pourri. La main sur la porte coulissante qu'il avait grande ouverte, il se trouva face à face avec un Grimmjow nu comme au premier jour. Le seul vêtement qu'il avait -si l'on pouvait considérer que c'en était un- était une simple serviette. Cependant, cela ne comptait pas étant donné qu'il ne l'avait pas autour de la taille, mais emmêlé dans sa chevelure d'une façon diablement sexy.
Si au début le bleuté sembla déstabilisé, il se reprit rapidement en esquissant un sourire carnassier.
- J'en juge par ton silence que le spectacle te plaît ?
- J'en ai vu d'autres tu peux me croire. Je faisais juste quelques comparaisons, mais ne t'en fais pas. Je dirais que tu es dans la moyenne, alors ne perds pas espoir.
Et il referma la porte aussi sec… avant de s'en aller en courant alors qu'un « ce sale petit… » résonnait derrière lui. Il regagna sa chambre et claqua précipitamment la porte derrière lui avant de pousser un juron alors que sa faim se manifestait une nouvelle fois.
- Qu'est-ce qui m'a prit de dire ça ! se lamenta t-il en se prenant le visage à deux mains.
Maintenant, que devait-il faire ? Prendre le risque d'aller jusqu'à la cuisine sachant qu'il y avait de grande chance qu'il retombe sur Grimmjow en chemin ? Ou allait-il devoir prendre son mal en patience ? Le temps de peser le pour et le contre, la porte derrière lui s'ouvrit soudain et il se sentit plaquer de force contre le mur le plus proche. Il ferma les yeux sous le coup de la douleur et essaya de distinguer le visage de Grimmjow dans l'obscurité. Après tout, il n'était que trois dans cette maison et le bleuté était surement le seul à réagir de manière aussi violente à une provocation.
- Ça t'amuse de me narguer le nabot ?
Ichigo ne put s'empêcher d'esquisser un sourire alors qu'il se sentait frissonner d'excitation. Il en était certain maintenant. Quoi qu'il se passe, Grimmjow était certainement le seul qui arrivait à le faire aussi facilement sortir de ses gonds, ou du moins à le faire réagir lui aussi au quart-de-tour à la moindre provocation. Son sourire s'élargit encore plus face à cette évidence, ce qui déstabilisa quelque peu Grimmjow qui ne s'attendait pas à cette réaction. Pendant un instant, il fut tenté de quitter la pièce, mais sans savoir pourquoi, les yeux d'Ichigo posés sur lui avait quelque chose de particulièrement captivant et il eut beau cligner des yeux plusieurs fois pour chasser cette étrange sensation qui le prenait aux tripes, rien n'y faisait. C'est la sensation d'un souffle agréablement chaud contre ses lèvres qui le ramena à la réalité, s'apercevant soudain que son visage n'était plus qu'à quelques centimètres seulement de celui du rouquin.
- J'peux savoir ce que tu fais ?
Ichigo fronça les sourcils avant d'esquisser un sourire amusé.
- C'est plutôt à moi de te poser cette question tu sais. Tu es resté silencieux tellement longtemps que je commençais à me demander si tu ne t'étais pas endormi.
Grimmjow fronça les sourcils. Qu'est-ce que ce sale morveux avait dit ?
- Laisse tomber. Je sais même pas c'qui m'a pris de venir ici. J'vois pas pourquoi je perdrais mon temps à me fritter avec toi.
Et il repartit aussi vite qu'il était arrivé. Quand il eut refermé la porte de sa chambre derrière lui, il laissa échapper sa colère et frappa le sol de son poing avec beaucoup de force, la douleur lui arrachant une grimace amère.
- Ça peut pas arriver hein ? Il déconne bien sur ! Ce sale gamin a dit ça pour me déstabiliser, y a aucun doute !
Pourtant à force d'y repenser il fallait se rendre à l'évidence. La sensation avait bien été réelle. Il n'avait pas pu imaginer cette étrange chaleur qui l'avait envahi et il fallait bien admettre que c'était bien la première fois que le regard de quelqu'un le captivait autant tout en provoquant en lui tout un tas de sensations bizarres et déconcertantes.
- Qu'est-ce qui à changer, hein ?
Depuis son retour d'Okinawa, au moment où il avait rattrapé le bras d'Ichigo dans le couloir, il avait bien remarqué le changement opéré chez l'adolescent. Il n'y avait plus vraiment d'innocence dans ses yeux, mais un air plus posé, un regard plus mature. Il n'était pas aveugle au point de ne pas l'avoir remarqué, le changement était évident, mais ce qui avait bien pu se passer durant cette séance photo pour le faire changer à ce point il se le demandait. Il ne s'était pourtant écoulé que quelques jours. D'ailleurs pourquoi se préoccupait-il autant à ce sujet. Il n'était pas inquiet non, ça faisait longtemps qu'il avait passé le cap d'être énervé et effrayé à chaque fois qu'il avait eu l'impression qu'on le surpassait. Il ne pouvait quand même pas…
- Ne tombes pas amoureux de lui Grimmjow.
Il se mit à rire nerveusement avant d'être prit dans un fou rire incontrôlable. Ichigo n'avait peut-être finalement pas menti. Il n'avait peut-être rien imaginé. À ce moment-là, prisonnier de ce regard d'ambre il avait peut-être cherché à confirmer ce qu'il avait tant cherché à démentir. Il se laissa lentement tomber au sol comme vidé de ses forces et fixa le plafond en silence. Il y avait une autre chose qu'il n'avait peut-être pas imaginé et si c'était bien ce qu'il pensait, alors les choses allaient s'avérer plutôt difficile.
OOOoooOOO
- Tu as quartier libre pendant une semaine !
Ichigo laissa tomber ses baguettes sur la table et leva les yeux vers Kyoraku d'un air dubitatif, mais quand il comprit que le brun ne plaisantait pas, un large sourire se dessina sur ses lèvres.
- Vous parlez sérieusement ? Je veux dire… je peux aller où je veux, rendre visite à des amis ?
Kyoraku éclata de rire devant la réaction presque enfantine d'Ichigo. Il lui fit signe du doigt de récupérer le morceau d'omelette roulé qu'il avait fait tomber sur la table.
- Bien sur ! Enfin, tu ne croyais tout de même pas que je te retenais prisonnier ici ?
- Non pas du tout ! s'exclama l'adolescent en rougissant. C'est juste que… comme il s'est passé beaucoup de choses dernièrement et puis je vis chez vous quand même alors je ne voulais pas trop en demander.
- Je t'ai pourtant dit de ne pas t'en faire ! De plus ton oncle me tuerait probablement si je ne te laissais pas un peu de temps libre. Ton emploi du temps n'est pas si serré que ça, ton prochain shooting sera pour le book, dans une semaine. Entre-temps je n'ai rien prévu pour toi donc autant que tu mettes ce temps libre à profit en allant respirer un peu d'air frais ! Qu'en dis-tu ?
- Ce serait vraiment super.
- Alors c'est décidé. À partir de maintenant tu as quartier libre. Si tu sors en journée et en soirée, n'oublie pas de me prévenir si tu rentres déjeuner ou dîner, c'est d'accord ?
- Oui chef !
- Petit plaisantin va ! Tu as la permission de minuit, mais dans ce cas-là, appelle-moi et je viendrais te chercher. On a des vélos dans le garage, est-ce que ça te va ou tu préfères prendre les transports en commun.
- Le vélo ira très bien, ça fait un moment que je n'en ai pas fait donc ce sera l'occasion de m'y remettre.
- Très bien.
Le brun esquissa un sourire et termina sa tasse de café avant de se lever et de la poser dans le levier.
- Je te fais confiance Ichigo. Au moindre souci, je veux que tu m'appelles d'accord ?
- Ne vous en faîtes pas Kyoraku-san. Je n'ai pas envie que vous vous inquiétez pour moi outre mesure, mais je vous le promets. Si jamais j'ai un souci, vous serez la première personne que je contacterais.
- Hm ! Bon dans ce cas, dit comme ça.
Essuyant ses mains dans un torchon, Kyoraku s'approcha d'Ichigo.
- Je risque d'être absent de la maison un bon moment de la journée donc ne te fais pas de soucis si tu ne vois pas. Et ne vas pas te battre avec Grimmjow d'accord ?
- Je ne pense pas qu'il y ait vraiment de soucis à se faire de ce côté-là, enfin je crois.
- Pourquoi ça ?
- Hein ? On non, rien du tout. Je disais juste ça comme ça…
Kyoraku jeta un regard inquiet vers Ichigo mais ce dernier avait recommencé à picorer dans son assiette comme si de rien n'était. Était-ce son imagination ou Grimmjow et Ichigo agissait bizarrement ces derniers temps ? Fixer le rouquin comme s'il s'attendait à ce que des cornes lui poussent sur la tête ne lui mènerait à rien alors il préféra mettre ses soupçons de côté pour l'instant.
- Bien, je vais y aller. As-tu l'intention d'aller quelque part aujourd'hui ?
Ichigo leva les yeux au plafond, l'air de réfléchir.
- Je vais surement aller voir Ikkaku et les autres en ville. Peut-être leur donner rendez-vous chez oncle Ukitake s'il n'est pas trop occupé. Je serais rentré pour le dîner.
- Parfait. Tu lui passeras le bonjour de ma part s'il te plaît ?
- Pas de soucis. Faites bien attention à vous et passez une bonne journée Kyoraku-san.
- De même pour toi.
Le brun quitta la pièce après un dernier signe de main. Engloutissant son dernier morceau d'omelette, Ichigo se leva afin de laver ses plats. Quand il eut terminé, il quitta la cuisine et composa le numéro d'Ikkaku. C'était samedi donc normalement ce dernier n'avait pas cours, mais peut-être avait-il autre chose de prévu. Il préféra vérifier au lieu de se pointer à l'improviste. Il n'attendit pas longtemps avant que son meilleur ami ne décroche.
- Qui est à l'appareil ?
Ichigo faillit éclater de rire face à un ton aussi impérieux.
- C'est moi Ikkaku.
- Ichigo ? Bon sang ça fait une paye que j'attends de tes nouvelles ! J'allais finir par croire que tu m'avais oublié !
- T'oublier ? Impossible ! C'est juste que dernièrement, tous s'est enchaîné à une vitesse !
- J'veux bien te croire ! Tu veux qu'on se voit aujourd'hui comme ça tu m'en parleras de vive voix !
- Dis-toi que c'est justement ce que j'allais te proposer.
- Les grands esprits se rencontrent !
- Sans vouloir te vexer, toi, un grand esprit ?
- Batard !
Le rouquin éclata de rire alors qu'il entendait Ikkaku jurait en arrière fond.
- Tu m'as manqué mon grand ! On se voit quand alors ?
- Je pensais appeler mon oncle et lui demander si on pouvait emprunter la salle habituelle, ça te va ?
- Pas de problème pour moi ! Tu veux que j'appelle Rangiku et Inoue ?
- Ça ne te dérange pas ?
- Pas du tout ! Dis-moi juste à quelle heure on se retrouve.
- Pourquoi pas vers onze heures ? Comme ça on aura du temps pour discuter avant d'aller manger un morceau.
- Ça marche ! Alors, à tout à l'heure !
- A toute !
- Ah ! Ichigo, attends !
- Qu'est-ce qu'il y a ?
Ichigo patienta quelques secondes, mais n'obtint aucune réponse.
- Ikkaku ? Quelque chose ne va pas ?
- Hein ? Ah non, je voulais juste te dire que… ça faisait vachement plaisir de t'entendre après tout ce temps.
- Arrête, tu vas me faire rougir…
- Allez, je raccroche !
Il esquissa un sourire heureux en repensant aux paroles d'Ikkaku et resta immobile un moment, pensif, avant de se décider à composer le numéro de son oncle.
- Ichigo, c'est toi ?
- Bonjour oncle Ukitake, je ne te dérange pas ?
- Pas le moins du monde, enfin. Que me vaut le plaisir de ton appel ?
- Et bien, tu es chez toi aujourd'hui ?
- Oui, enfin je suis au bar en ce moment. Kiyone voulait que je l'aide à faire quelques cocktails, vu qu'elle a encore un peu de mal avec les mesures. Pourquoi ? Tu veux passer à la maison ?
- En quelque sorte. Je suis libre aujourd'hui et j'ai invité la bande à boire un verre et déjeuner en ville. Ça ne te dérange pas qu'on passe une petite heure ?
- Pas du tout voyons, ça me ferait même plaisir. À quelle heure ?
- Vers onze heures si possible.
- Pas de soucis, je vous attendrais.
- Merci oncle Ukitake.
- Je t'en prie. Je te vois tout à l'heure alors.
- Oui.
Ichigo raccrocha et partit en direction de sa chambre où il se changea puis il se rendit à la salle de bain pour se passer un peu d'eau sur le visage. Il enfila sa montre, déposa un peu de parfum au niveau de son cou et se dirigea vers l'entrée quand il se rendit compte combien la maison était silencieuse. Il savait par habitude que Grimmjow était du genre à se lever tôt, mais là par une seule trace de sa présence. Pas que ça l'inquiétait vraiment. De plus, avec ce qui s'était passé durant ces deux derniers jours, il devait plutôt s'estimer heureux de ne pas croiser sa route. C'est du moins ce dont il essayait de se persuader, mais au fond il savait qu'il ne faisait que chercher après lui à chaque instant. S'il était seul et qu'il entendait au loin des bruits de pas, une porte qui s'ouvre, une voix, il espérait secrètement qu'il s'agissait de Grimmjow. Pathétique non ? Il se comportait comme une fangirl en manque. Agacé, il finit par sortir et emprunta un vélo dans le garage. Autant qu'il aille faire un tour au parc histoire de se changer les idées. Passé le pas de la porte, il ferma à clé derrière lui et siffla. Un aboiement lui répondit et Komamura apparut, tout heureux en l'apercevant.
- Salut, mon grand.
Il se baissa et lui flatta l'encolure avant de passer ses bras autour de son cou afin de pouvoir attacher la laisse à son collier.
- Ça te dit une petite promenade ?
Komamura posa ses pattes avant sur ses cuisses et aboya en remuant la queue, les yeux brillants d'excitation ce qui fit rire Ichigo. Le shiba sembla apprécier le son de son rire, car il aboya de plus belle avant de se mettre à lui lécher le visage à grand coup de langue.
- J'ai compris, j'ai compris ! Tout doux mon beau !
Son rire s'apaisa et il entraîna Komamura vers le vélo qu'il enjamba.
- On va y aller doucement okay ?
Komamura aboya une nouvelle fois et Ichigo commença à pédaler lentement, la laisse toujours en main tandis que le chien courait devant lui tout en restant à son allure. Quand ils arrivèrent au parc, Ichigo chercha un endroit pas trop fréquenté et où il serait au calme. Il avisa un petit coin près d'un grand arbre et coucha son vélo sur le sol. Il se baissa et fit un signe vers Komamura qui en le voyant, trottina vers lui, la langue pendante.
- Tu vas pouvoir t'en donner à cœur joie ici. Va donc faire un petit tour si le cœur t'en dit, mais ne t'éloigne pas trop !
Le shiba aboya avant de se détourner et de courir dans tous les sens comme si sa vie en dépendait, sous l'œil attendri d'Ichigo qui laissa petit à petit son regard vagabonder autour de lui. Ce parc lui rappelait quelques souvenirs. Pas des plus agréables certes, mais qui avait changé sa vie il en était certain. C'était dans ce parc qu'il s'était réfugié après que son père l'ait renié, où il avait fini par rencontrer Kyoraku et Komamura bien qu'à ce moment-là il avait été inconscient. C'était ici en quelque sorte que sa nouvelle vie avait démarré et il en était reconnaissant. La douleur de cette séparation était encore bien présente, mais s'était rapidement atténuée avec le temps, en quelque sorte oubliée et mis de côté tellement il avait été préoccupé ces derniers temps par ses nouvelles fonctions. Quand Ichigo leva les yeux vers le ciel, il vit quelques nuages obscurcir le ciel. Il était censé pleuvoir en fin d'après-midi. Il se laissa tomber dans l'herbe et croisa les bras derrière sa tête. Quelques instants plus tard, Komamura vint se pelotonner tout contre lui, son museau trouvant son refuge habituel à l'intérieur de sa nuque. Il se laissa bercer par une brise légère qui soufflait de temps à autre, faisant frémir les feuilles d'arbres dans un doux bruissement pareil à une berceuse. Il somnola une petite heure et jeta un coup d'œil à sa montre avant de remonter sur son vélo quand quelque chose attira imperceptiblement son attention. Il resta interdit devant la personne qui lui faisait face à seulement quelques mètres de lui.
Se pouvait-il qu'il soit encore en train de rêver ? Non, il en était certain. Le simple fait de le regarder réveillait en lui une désagréable sensation d'inconfort et ce n'était pas un sentiment facile à imaginer. Il ne put pas s'empêcher d'esquisser une grimace quand il le vit venir dans sa direction et il fut tenté de faire demi-tour et de s'en aller, mais curiosité oblige et parce qu'il était du genre téméraire il préféra rester sans savoir que c'était une décision qu'il allait regretter.
- C'est toi Kurosaki Ichigo ?
- Tout d'abord, bonjour. Excellente journée n'est-ce pas ? Et oui, soit dit en passant, je m'appelle bien Kurosaki Ichigo. Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
L'inconnu au teint d'albâtre le toisa un moment d'un air qu'il jugea hautain malgré un visage inexpressif.
- J'aimerais que tu cesses de tourner autour de Grimmjow.
Ichigo cligna des yeux, légèrement interloqué. Est-ce qu'il venait d'imaginer ce qu'il venait d'entendre, parce qu'il trouvait cette demande tellement absurde qu'il éprouvait beaucoup de mal à la prendre au sérieux. Il se sentit un peu idiot quand il lui demanda de réitérer sa question et que ce dernier ne manqua pas de le lui faire remarquer.
- Tu es bête ou tu le fais exprès ?
Le tout d'une voix basse et trainante. Ichigo sentit naître en lui une pointe d'agacement.
- Au lieu de commencer à m'insulter bien que le ton soit resté plutôt poli jusqu'ici, vous pourriez au moins avoir la politesse de me dire qui vous êtes.
Un silence s'installa et Ichigo fronça les sourcils. Le visage de cet homme était tellement inexpressif qu'il lui était difficile d'essayer de deviner à quoi il pouvait bien penser. Comptait-il seulement lui répondre ou hésitait-il ?
- Ulquiorra Schiffer. Et tu ferais bien de t'en rappeler Kurosaki Ichigo. À présent je vais le répéter une seconde et dernière fois. Cesse de tourner autour de Grimmjow, au mieux ne t'approche plus de lui. Il est à moi.
Ichigo était de plus en plus sidéré parce qu'il était en train d'entendre.
- On se calme là. De ce que j'en sais, la seule fois où je vous ai vus ensemble vous ne sembliez pas en très bon terme non ?
- La seule fois oui et elle remonte il y a plus d'une semaine déjà. D'après ce que je sais, tu es parti à Okinawa pendant quelques jours non ? Qui te dit que nous ne nous sommes pas vu pendant ce temps ? Tu as été absent pendant trois jours et tu peux me croire qu'il peut se passer beaucoup de choses à trois jours.
- Vous ne sortez pas ensemble.
- Ça ne saurait plus tarder tu peux me croire. Laisse-moi te dire une chose maintenant. Tu ne le connais pas, mais moi je connais beaucoup de choses qui le concernent. Après tout, nous avons été ensemble à une époque.
Le cœur de l'adolescent se mit à battre plus rapidement alors qu'Ulquiorra lui révélait des choses qu'il ne voulait pas entendre pourtant, sa voix basse parvenait facilement jusqu'à ses oreilles et trouvait directement un écho jusque dans son cœur. Il se sentit envahi par un sentiment abominable, quelque chose d'affreusement laid qu'il se refusait d'éprouver.
- Donc c'est pour ça que je tiens à te prévenir. Ce n'est pas parce qu'il se montre un jour un tantinet gentil avec toi qu'il faut que t'imagines des choses. Ne te berce pas dans l'espoir qu'un jour il puisse t'aimer ou tomber amoureux de toi, ce n'est qu'une illusion. Alors, redescend sur terre pendant qu'il est encore temps. Par contre, si tu persistes à croire qu'un jour il finira par poser les yeux sur toi, tu peux me croire, il te fera déchanter plus vite que tu ne le crois. C'est à peine si tu auras le temps de comprendre.
Ulquiorra se retourna sur ses mots et s'en alla comme si de rien n'était, comme s'il quittait un ami rencontrait au hasard d'une rue. Ichigo le laissa partir sans rien dire, les yeux dans le vague, le cœur battant à tout rompre. Il n'en avait rien à faire d'Ulquiorra. Ce qui le préoccupait, c'était les sentiments qu'il avait fait naître en lui et qui le faisait se sentir sale. Komamura geignit plusieurs fois à ses pieds ce qui le tira de sa torpeur. Il ne put lui adresser qu'un maigre sourire. Il se baissa et serra Komamura tout contre lui et de toutes ses forces, comme s'il était la seule chose à laquelle il pouvait se raccrocher pour être sur de ne pas sombrer.
- Je dois faire pitié à voir hein, Koma-chan ?
Komamura geignit une nouvelle fois.
- Désolé. Restons comme ça encore un petit moment s'il te plaît…
OOOoooOOO
- Yo mec !
- Ichigo /Kurosaki-kun !
Ikkaku eut le réflexe de s'écarter pour laisser passer deux furies rousses, laissant le plaisir à son meilleur ami de se faire étouffer entre deux opulentes poitrines. Il éclata d'un rire gras quand il le vit agiter les bras en tout sens alors que les deux étudiantes l'écrasaient entre leurs bras de toutes leurs forces. Puis quand elles se décidèrent finalement à le lâcher, Ichigo s'écarta et s'approcha de lui pour le saisir par l'encolure de sa chemise.
- Enfoiré ! Alors comme ça on refuse de venir m'aider ? J'ai vraiment cru mourir tu sais ?
Les deux jeunes femmes s'approchèrent en riant et Rangiku attrapa Ichigo afin de le serrer dans ses bras une nouvelle fois.
- Excuse-nous Ichigo, mais ça faisait tellement longtemps que l'on ne s'était pas vu ! Tu nous as manqué.
- Ça fait bizarre de ne plus pouvoir te dire bonjour le matin Kurosaki-kun.
Ichigo esquissa un sourire à l'attention de ses deux amies.
- J'aurais voulu vous donner de mes nouvelles plus tôt, mais la vérité c'est que je n'ai aucune excuse. J'aurais du prendre le temps de venir vous voir ou au moins vous passer un coup de fil.
- Pas de soucis, pas de soucis ! assura Ikkaku en volant Ichigo de la poigne de Rangiku. Allons-y où on va finir par inquiéter ton oncle !
Le groupe pénétra dans l'immeuble et descendit l'escalier qui menait au sous-sol. Quand ils poussèrent la porte, l'habituelle senteur boisée mélangée aux effluves des boissons alcoolisées vint leur chatouiller les narines. Ukitake qui était au bar avec Kiyone, se tourna vers eux avec un sourire.
- Entrez les enfants !
- Pardon de vous déranger alors que vous semblez occupé Ukitake-san ! s'excusa Orihime en s'inclinant.
- Ne vous en faites pas, ça me fait vraiment plaisir de vous voir tous les quatre réunis.
- Salut Kiyone-chan ! minauda Rangiku en s'appuyant sur le comptoir.
- Salut Rangiku ! Dis donc ça faisait une paye !
Ichigo s'apprêta à rejoindre ses trois amis qui discutaient avec Kiyone quand Ukitake le retint par l'épaule et l'entraîna juste un petit peu plus loin.
- Ichigo, commença-t-il d'une voix hésitante. Ce n'est pas que j'ai envie de t'embêter alors que tu es venu ici avec tes amis. Je comprends que tu veuilles te détendre, profiter de ton temps libre, mais dis-moi, est-ce que tout va bien ?
Le rouquin le regarda un instant avant d'esquisser un sourire amusé.
- Pourquoi ? J'ai l'air de ne pas aller bien ?
- Ne joue pas la carte de l'innocence avec moi Ichigo, je te connais assez pour savoir quand tu mens. Et c'est ce que tu es en train de faire.
- Oncle Ukitake…
- Je ne te demande pas de me dire ce qui ne va pas, c'est ton choix, mais si tu ressens le besoin de te confier je suis là. D'accord ?
Le ton apaisant de son oncle réconforta quelque peu Ichigo qui acquiesça.
- Très bien. À présent, allez donc à l'étage.
- Ça ne te dérange pas qu'on reste ici finalement ? Les autres ont l'air de bien discuter avec Kiyone et comme je comptais leur parler un peu de ce que j'ai fais dernièrement autant que vous soyez là aussi.
- Tu es sur ?
- Oui.
Ukitake lui adressa un grand sourire avant de le pousser d'une main vers ses amis. Ichigo s'avança et grimpa sur un des sièges près du comptoir.
- Ça vous dit de rester ici pour discuter ?
- Ouais pourquoi pas, moi ça ne me dérange pas. Et vous les filles ?
- Je suis pour !
- Moi aussi !
Ils commandèrent chacun une boisson et commencèrent à discuter de tout et de rien dans un concert de cris, de rires et de tapes dans le dos.
- Et c'était comment Okinawa alors ? Le questionna Ikkaku en avalant une nouvelle pistache. Tu as pu te baigner ?
- Tu crois qu'on avait que ça à faire ? Et puis de toute façon, le temps n'y était franchement. Par contre, pas loin de l'hôtel où on était, il y avait un centre de spa et Kuchiki-san m'y a invité.
- Noooon ! Tu déconnes là !
Rangiku avait hurlé si fort qu'Ichigo en avait presque lâché son verre. Quand il entendit Inoue se plaindre à côté de lui, il comprit qu'elle n'avait pas eu cette chance et il l'aida à essuyer le liquide répandu sur le comptoir.
- Qui a-t-il de si extraordinaire là-dedans ? Demanda t-il, amusé.
- Tu ne comprends pas ? Tu es en train de nous dire que tu as, très probablement, partagé un jacuzzi avec lui ? Ou tu étais tout seul, mais ça m'étonnerait…
- Hm, avec lui oui, admit le rouquin en rougissant légèrement.
- La chance ! Partager un bain avec un homme aussi séduisant.
Ichigo ne put s'empêcher de rougir encore plus et il se passa une main sur le visage. Il se sentait gêné parce qu'il pensait la même chose que Rangiku et il se souvint avoir été extrêmement intimidé ce jour-là, à un point que ça avait même arraché un des rares sourires de Byakuya. Si par exemple il comparait Grimmjow à ce dernier, le premier possédait plutôt une beauté sauvage alors que le second avait quelque chose de bien plus noble et distingué. Les deux hommes devaient très certainement faire des ravages auprès de la gente féminine et pour Byakuya, il en avait un exemple concret juste sous les yeux. Il en éprouvait une certaine jalousie qui lui fit perdre sa bonne humeur. Ce n'est pas qu'il enviait les deux hommes, mais plutôt qu'il enviait celles, voir même ceux – et il repensa avec une grimace à une certaine personne – qui avaient la chance de pouvoir les fréquenter et pas seulement de manière amicale. Il se prit la tête entre les mains. Ça voulait dire quoi ça ? Qu'en plus de Grimmjow, il fallait qu'il fantasme sur Byakuya ? Oh bien sur le sentiment était différent, mais il n'était pas contre le fait d'un petit « et plus si affinité » avec le beau ténébreux.
Il soupira et laissa sa tête tomber contre le comptoir, faisant sursauter l'ensemble du groupe qui n'avait eu de cesse d'observer chacune de ses réactions. Est-ce qu'il était bizarre ? Le fait d'éprouver une attirance physique pour deux hommes faisait-il de lui un homme gay ? Au risque de se le répéter un nombre incalculable de fois, il n'avait rien contre ceux qui aimaient les personnes de même sexe, mais de se rendre compte qu'il éprouvait en quelque sorte, la même chose avait quelque de plutôt étrange.
Peut-être était-ce l'environnement dans lequel il avait toujours vécu qui faisait qu'il appréhendait ce fait aussi difficilement.
- C'est la merde… soupira-t-il en s'affalant sur le comptoir.
Les autres sursautèrent et se regardèrent, étonnés.
- Tu as un problème Kurosaki-kun ? Tenta courageusement Orihime après qu'Ikkaku et Rangiku l'ai poussé à lui poser la question à grands coups de regards meurtriers.
- Un problème ? Marmonna t-il en relevant la tête et en se redressant légèrement. Je ne sais pas si on peut qualifier ça d'un problème.
- Est-ce que… tu veux nous en parler ? Proposa Orihime en ignorant les gestes précipités d'Ikkaku derrière Ichigo.
Le rouquin resta pensif un instant.
- Peut-être pas pour le moment non. J'ai besoin d'être sur moi-même avant d'en parler. Désolé les amis.
- T'en fais pas, rugit Ikkaku en le gratifiant d'une grande claque dans le dos qui faillit le faire tomber de sa chaise.
- Ikkaku…
- Allez Ichigo ! continua ce dernier en l'obligeant à se lever et en passant un bras autour de ses épaules. On va aller manger, ça te requinquera ! Ukitake-san, merci de nous avoir accueillis !
- Je vous en prie. N'hésitez pas à revenir quand bon vous semblera et faites attention sur le chemin.
- Oui Ukitake-san ! répondirent Rangiku et Orihime en cœur, comme deux obéissantes petites écolières.
- Oncle Ukitake, encore merci ! réussit à lâcher Ichigo dans un rire alors qu'Ikkaku l'entraînait vers la sortie.
Ce dernier lui sourit tendrement et lui adressa un signe de la main, imité par Kiyone. Le rouquin remercia mentalement Ikkaku d''être passé sur un sujet de conversation autre que celui qui lui minait le moral. C'est donc avec beaucoup plus d'entrain qu'il suivit ses trois amis dans les rues du centre-ville de Karakura à la recherche d'un petit restaurant sympa.
OOOoooOOO
Il était déjà dix-sept heures passés quand il regagna la maison de Kyoraku et la pluie avait commencé à tomber. En tombant sur son répondeur, il lui avait laissé un message pour bien lui montrer qu'il était de retour à la maison et qu'il était inutile qu'il vienne le chercher. Quand il ramena son vélo dans le garage et qu'il laissa Komamura vagabondait dans le jardin, il chercha une nouvelle fois à le joindre pour lui dire qu'il était bien arrivé, mais tomba une nouvelle fois sur son répondeur. Préférant laisser tomber pour l'instant, il entra à l'intérieur de la maison et s'aperçut que la lumière était allumée. Intrigué, il s'avança et alla faire un tour du côté de la chambre de Grimmjow et se risqua à y jeter un coup d'œil quand il vit que sa porte était ouverte. Quelle ne fut sa surprise quand il vit Grimmjow agenouillé près d'un meuble en train de faire glisser la fermeture d'un énorme sac de sport Bien qu'il fut certain de n'avoir fait aucun bruit en venant jusqu'ici, le bleuté sembla sentir sa présence car il se retourna vers lui et détourna les yeux presque immédiatement. Ichigo ressentit un pincement au cœur et il fronça les sourcils.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- En quoi est-ce que ça te regarde ?
- Je t'ai posé une question et je suis resté poli alors tu pourrais me répondre. Ou est-ce qu'il faut que je rajoute s'il-te-plait ?
Grimmjow se leva et soupesa son sac avant de s'avancer vers lui.
- Je rentre chez moi. Content ?
Ichigo resta interdit un moment et son bras bougea de lui-même pour lui barrer la route quand Grimmjow l'avait contourné afin de sortir de la pièce.
- Maintenant c'est moi qui te pose la question. Qu'est-ce que tu fais ?
L'adolescent s'obstina à regarder devant lui sans savoir que Grimmjow faisait de même de son côté alors qu'il balançait son sac en travers de son épaule.
- Tu rentres chez toi ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
- J'peux pas faire plus simple à moins de le répéter plus lentement. Je – rentre – chez – moi.
- Cesse de te foutre de moi !
- Et toi arrête de me faire chier !
Grimmjow lâcha son sac et empoigna Ichigo par le col, le plaquant avec force contre le mur.
- Tu ne fais que piailler et poser des questions qui ne servent à rien ! En quoi est-ce que mes faits et gestes t'intéressent ? Tu es quoi, un stalker ?
- Je ne suis pas comme ça. Je…
Les mots qu'Ichigo voulus prononcer restèrent prisonniers de sa gorge et il se sentit impuissant alors qu'il sentait un étrange sentiment le prendre violemment aux tripes. Face à un sentiment d'abandon, c'était presque comme du désespoir. Quelque chose d'atrocement brutal.
- C'est à cause de moi c'est ça ? Murmura-t-il d'un ton plaintif alors son regard plongeait dans celui de Grimmjow.
Ce dernier sursauta et observa Ichigo, surpris, avant de se reprendre et de resserrer sa poigne, le secouant légèrement.
- Ne te méprends pas ! Non, mais qu'est-ce que tu croyais au juste ? Que je vivais ici avec le vieux ? J'étais juste ici pour un p'tit temps, tout ça parce qu'il voulait me garder à l'œil. Contrairement à toi, cette maison est une prison pour moi. Je suffoque ici et c'est encore pire depuis que tu es ici. De toute façon, je devais partir aujourd'hui. Maintenant, laisse-moi tranquille et va gentiment te coucher.
Grimmjow le relâcha et se baissa pour récupérer son sac, mais Ichigo l'en empêcha en lui attrapant le poignet.
- Attends, ne part
Il ne put terminer sa phrase que Grimmjow plaquait sa main sur sa bouche pour l'empêcher d'en dire plus.
- Ne le dis pas, gronda-t-il d'une voix menaçante.
Ichigo fronça les sourcils avant de repousser la main de Grimmjow.
- Pars si tu as envie, mais avant je dois te dire quelque chose !
Une voix à l'intérieur de sa tête lui hurlait de se taire, mais Ichigo ne l'entendait pas. Ce sentiment qui le submergeait était beaucoup trop puissant pour qu'il puisse l'ignorer, à un point qu'il avait l'impression de perdre la raison.
- Je sais que tu vas trouver ça bizarre, moi-même j'ai un peu de mal à y croire. – Arrête ! N'en dis pas plus ! – Au début, je me disais que j'étais complètement fou, que se devait être le fruit de mon imagination. – Tais-toi, n'en rajoutes pas ! Pendant qu'il est encore temps ! – En fait, j'ai fait comme si de rien n'était, je me disais que c'était normal, mais plus le temps passait et plus je me suis rendu compte que je m'étais trompé et ce depuis le début. – Tu vas tout gâcher si tu continus. – Je croyais que je te détestais parce que tu étais vulgaire, malpoli, mais en réalité…
- Arrête-ça, c'est dégoutant.
Ichigo marqua un temps d'arrêt avant de se mettre à sourire nerveusement.
- Hein ?
- Je t'ai dit d'arrêter. Attends-là. Ne me dis pas que t'allais me sortir quelque chose comme, je croyais te détester, mais en réalité je me suis rendu compte que je t'aimais ?
Le ton moqueur de Grimmjow fit peu à peu disparaître le sourire d'Ichigo qui sentit son cœur battre à tout rompre alors que sa vue commençait à tanguer dangereusement à un point qu'il n'arrivait plus à distinguer l'homme devant lui.
- Sérieusement, je sais pas ce qui s'est passé dans ta p'tite tête pour que tu en arrives à ça, mais crois-moi, oublie. Je ne m'intéresserais jamais à toi. Et ça se résume à ça.
Grimmjow dégagea son bras de la poigne d'Ichigo et passa la porte quand il se sentit entrainé vers l'arrière. Une main sur son épaule l'obligea à se retourner et il cligna des yeux quand il sentit des lèvres chaudes et humides tout contre les siennes. Son premier réflexe aurait été de repousser l'adolescent, mais il ne le fit pas malgré toute la froideur dont il avait fait preuve. Au contraire, il leva la main et la glissa contre la nuque du rouquin qui frissonna et gémit contre sa bouche tout en s'agrippant à sa veste comme pour ne pas tomber. Il l'obligea à reculer jusqu'à ce que son dos touche le mur et se colla à lui, agrippant son visage à deux mains pour mieux approfondir le baiser ou leurs langues dansaient l'une contre l'autre, se mêlant suavement dans un ballet voluptueux ponctué par un gémissement appréciateur qu'il ne put s'empêcher de pousser et qui se répercuta à l'intérieur de leurs gorges, mettant ainsi fin au baiser.
- C'est la seule fois. Ne t'attends pas à ce que ça se réitère.
Cette fois, Ichigo ne l'empêcha pas de s'en aller. Grimmjow se baissa pour récupérer son sac et passa la porte sans se retourner. Il l'entendit s'éloigner puis ce fut le silence, mis à part ensuite le rugissement d'une moto qu'on démarrait et qui s'éloignait petit à petit.
OOOoooOOO
- Quel sadique ce Shinji ! Il aurait au moins pu me laisser terminer ça demain !
Kyoraku se laissa tomber sur le siège de sa voiture et plongea sa main dans la poche de sa veste pour récupérer ses clés quand son portable vibra. Il le sortit dans un juron et décrocha sans prendre la peine de regarder qui pouvait bien l'appeler.
- Kyoraku à l'appareil, lâcha-t-il d'une voix grognon.
- Et bien, tu m'as sacrément l'air de bonne humeur. Je devrais peut-être rappeler plus tard.
Le brun se figea sur place avant d'esquisser un sourire bienheureux.
- Ukitake-chan, s'écria-t-il d'une voix joyeuse. Ça me fait tellement plaisir de t'entendre !
- On n'aurait pas cru pourtant, répondit ce dernier en riant. Enfin, ce n'est pas grave. Tu sors du boulot ?
- Shinji s'est montré super vache, mais je vois finalement le bout du tunnel. Pourquoi ?
- Non, ce n'est rien. Vu que tu n'es pas encore rentré ça veut dire que tu n'as pas encore vu Ichigo.
- Ichigo ? Il y a un problème avec lui ?
- Un problème ? Je ne sais pas trop, mais s'il y a bien une chose dont je suis certain c'est qu'il y a quelque chose qui le préoccupe du coup je me suis demandé si tu savais quelque chose.
- Rien dont tu ne sois pas au courant. Tu veux que j'essaye d'en savoir plus quand je serais rentré ?
- Non ! Ne te prends pas cette peine. J'ai l'impression qu'il n'est pas encore décidé à en parler à qui que ce soit alors inutile de lui mettre la pression.
- Okay, si c'est ce que tu penses. Je vais y aller alors. Je passerais surement bientôt chez toi.
- Pas de soucis. Fais attention à toi.
- Merci.
Il raccrocha et consulta ses messages, pour s'apercevoir qu'il avait manqué trois appels d'Ichigo. Il fronça les sourcils, légèrement inquiet et écouta les messages qu'il lui avait laissés. Le premier lui disait ce qu'il avait fait de sa journée et lui indiquait qu'il s'apprêtait à rentrer. Le deuxième lui confirmait son retour à la maison. Et le troisième…
- Hein ?
Croyant avoir mal entendu, il réécouta son dernier message et du bien avouer qu'il n'avait pas imaginé ce qu'il venait d'entendre, un sourire crispé apparaissant lentement sur son visage.
- Je dois être en train de rêver là…
Il soupira et entra la clé dans le contact pendant qu'il composait un nouveau numéro.
OOOoooOOO
Ichigo avait mis longtemps à se décider, mais n'y tenant vraiment plus, il avait fini par se lancer. Dans un état second, il n'avait pas vraiment réfléchi à ce qu'il était en train de faire et avait simplement suivi ce que lui dictait son cœur. Ce qui l'avait conduit pas loin d'une grande propriété d'immeuble, un peu dans le même style que le sien quand il avait commencé à vivre seul. Frigorifié, il réajusta sa capuche, maigre protection contre la pluie qui tombait. Dans sa précipitation, il avait encore fait l'erreur d'oublier de prendre un parapluie et avait enfourché un vélo sans attendre. Du coup, il se retrouvait là à chercher le n° du bâtiment de Grimmjow. Il n'avait pas oublié ce qu'il lui avait dit, non, mais il avait le sentiment qu'il ne fallait pas qu'il en reste là. Il avait finalement tant de choses à lui dire. Il refusait que la situation reste comme ça. Il voulait qu'il comprenne, qu'il sache exactement ce qu'il ressentait…
Immeuble n°1, immeuble n°2, immeuble n°3, n° 4, n°5, 6, 7, 8…
Il esquissa un sourire quand il arriva près de l'immeuble n°9 et resta interdit devant la scène sur laquelle il tomba.
Grimmjow.
Ulquiorra.
Dans les bras l'un de l'autre.
S'embrassant.
OOOoooOOO
Une heure ou deux. Peut-être même quelques minutes qui sait. Il avait pourtant une montre à son poignet, mais il avait l'impression que le simple fait de tirer sur sa manche pour regarder l'heure allait lui demander beaucoup trop d'effort. C'était un peu exagéré pas vrai ? De toute façon, il voyait trouble depuis un bon moment déjà, sa vue bien trop troublé par la pluie qui continuait de tomber. Ah, mais non c'est vrai. Il avait trouvé refuge près d'un abribus. Donc ce n'était pas la pluie, mais bel et bien ses larmes. Il pleurait à chaudes larmes. Il se sentait un peu idiot de se lamenter autant alors que rien n'avait vraiment commencé entre Grimmjow et lui, mais il se sentait triste. Tellement triste.
Assis sur le banc sous l'abri-bus, il plongea sa tête entre ses deux mains et se demanda ce qu'il allait bien pouvoir faire. Il savait qu'il était tard et que Kyoraku devait s'inquiéter pour lui à l'heure qu'il est, mais il n'avait pas envie de rentrer. Il n'avait pas envie de retourner dans cette maison où avait eu lieu l'unique instant de passion avec celui dont il se savait fou amoureux. Il n'était pas assez fort pour le supporter. Alors, juste pour une nuit seulement, il voulait passer la nuit ailleurs que dans cette maison.
- Excusez-moi… est-ce que tout va bien ?
Ichigo cligna des yeux et leva lentement la tête de ses mains pour rencontrer deux orbes marron qui le fixait à seulement quelques centimètres de son visage. Un homme qui tenait un parapluie pour se protéger de la pluie était penché vers lui, l'air inquiet.
- Je… oui, je crois, murmura-t-il d'une voix enroué.
- Vous en êtes bien certain ?
L'homme semblait sincèrement inquiet. Décidément, il avait le don pour causer du souci à n'importe qui lui. Il tenta de sourire de faire meilleure mine, mais ne put qu'esquisser que l'ombre d'un sourire.
- Je n'ai pas vraiment le moral dans les baskets pour tout vous dire.
- C'est vrai que vous m'avez l'air bien miné et surtout vous m'avez l'air frigorifié. Cela fait longtemps que vous êtes ici ?
- Je… pour tout vous dire je n'en sais rien.
- Je vois. Pourquoi ne pas venir avec moi ?
- Hein ?
Ichigo recula légèrement, l'air sceptique, ce qui fit rigoler le grand brun devant lui. D'ailleurs, en y regardant bien, son visage lui disait quelque chose.
- Ne vous en faites pas, je ne vous veux aucun mal. Comme il fait plutôt froid, je me disais que je pouvais vous inviter à vous réchauffer dans un bar qui se trouve juste à quelques mètres. Ils servent d'excellentes boissons chaudes. Et puis si vous avez quelqu'un à appeler, mais que vous n'avez pas de téléphone, je vous prêterais le mien.
Ichigo esquissa une grimace quand il se rappela qu'il avait éteint le sien.
- Non… cela ira murmura-t-il d'une voix si basse que le brun du se pencher pour mieux l'entendre.
- Vous ne voulez donc pas ? J'aurais du m'y attendre. Après tout, je suis presque un étranger et
- Non. Je voulais dire… cela ira pour le téléphone. Je veux bien vous accompagner, mais… je n'ai rien sur moi, avoua Ichigo, gêné.
- Ne vous en faites pas, le rassura le brun en riant. C'est moi qui offre. Venez.
Il se pencha afin que le rouquin puisse aussi bénéficier de l'abri de son parapluie et le guida vers un bar. Ichigo se souvint y être allé quelquefois avec Ikkaku et l'endroit avait une excellente réputation ce qui l'empêcha de trop se méfier de l'homme qui l'accompagnait. Une fois qu'ils se furent attablés dans un coin plus ou moins à l'abri des regards et qu'ils purent commandés leurs boissons, ils se regardèrent, Ichigo un peu gêné et le brun souriant malicieusement alors que ses yeux étincelaient derrière ses lunettes. N'y tenant plus, il se décida à se lancer.
- Peut-être que je me trompe, mais est-ce qu'on ne se serait pas déjà vu quelque part ?
À sa grande surprise, le brun sembla heureux qu'il pose cette question.
- Je pensais vraiment que vous m'auriez oublié, mais je n'aurais pas pu vous en vouloir de toute façon. Vous ne vous en souvenez peut-être pas, mais c'était il y a un moment déjà. Vous m'avez accordé l'honneur d'une danse.
Ichigo fronça les sourcils, en proie à ses réflexions, tentant de se souvenir où il avait pu rencontrer un homme aussi charismatique, à qui en plus il avait accordé une danse. Le mot sonnait étrangement, mais le brun ne semblait pas lui mentir.
- Une danse, du genre…
- Sensuel, vraiment. Je dirais même, érotique.
Là, Ichigo était certain d'être aussi rouge qu'une tomate tellement il se sentit gêné, ce qui ne semblait pas être le cas du brun qui se mit à sourire de plus belle. Tout en espérant que la rougeur qui s'était emparé de son visage ne se verrait pas à la lumière tamisé de l'éclairage au-dessus d'eux, il se rappela ce soir. Cette danse qu'il avait partagée avec ce bel inconnu, le plaisir qu'il avait éprouvé à sentir ses mains autour de ses hanches alors que leurs deux corps se mouvaient à l'unisson sous les accents enfiévrés d'une musique latino. De plus en plus rouge à l'évocation de ses souvenirs, il se rappela aussi la raison pour laquelle il s'était autant lâché. Pour l'impressionner lui. Grimmjow.
Il sentit de nouveau poindre une vague de tristesse, désespéré alors qu'il avait finalement réussi l'espace de quelques minutes, à oublier sa peine, mais il fallait croire que c'était impossible.
- Est-ce que tout va bien ?
- Hein ?
Ichigo releva la tête alors que la main du brun s'approchait lentement de son visage. Il le laissa faire, étonné quand il le sentit essuyer quelque chose d'humide le long de ses joues.
- Vous pleurez, murmura-t-il doucement.
- Je… je suis vraiment désolé. C'est juste que…
Ne trouvant pas ses mots, Ichigo se leva soudainement et courut se réfugier jusqu'aux toilettes. Une main sur le lavabo, il tenta de reprendre sa respiration alors qu'il essuyait ses larmes de l'autre.
- Je suis pitoyable…
Pourquoi fallait-il qu'il se trouve aussi amoindri quand il pensait à lui ? Cependant, il ne pouvait pas s'en empêcher. Dès qu'il se rappelait ses instants, son cœur ne cessait de battre à tout rompre à un point que s'en était douloureux. Quand il entendit la porte des toilettes grinçaient, il se mit de dos afin qu'on ne le voit pas pleurer et essaye de faire comme si de rien n'était, mais quelle ne fut sa surprise quand il entendit les pas s'approchaient jusqu'à ce qu'il sente une présence derrière lui. Avant même qu'il ne puisse se retourner, un corps chaud se coula contre le sien et deux bras l'encerclèrent doucement.
- Qu'est-ce que
- Chut… Détendez-vous, tout va bien.
En reconnaissant la voix du brun, Ichigo se détendit. Ils restèrent un long moment ainsi et quand le brun finit par s'écarter, il regretta que la chaleur de cette étreinte n'ait pas duré plus longtemps. Pourtant, une main sur son épaule l'obligea à se retourner et cette fois le brun le serra dans ses bras, son visage enfouit dans le creux de ses épaules. Gêné d'être aussi proche de lui parce qu'il pouvait cette fois distinguer son visage, il chercha à reculer, mais le brun l'en empêcha.
- Je…
Un doigt posé sur ses lèvres l'empêcha d'en dire plus.
- Je ne sais pas ce qui a bien pu t'arriver murmura ce dernier d'une voix douce et chaude, mais ces larmes ne te vont vraiment pas. J'aimerais sincèrement te voir sourire tu sais.
Ichigo cligna des yeux, leurs regards plongés l'un dans l'autre. Quand il le vit approcher son visage du sien, il ne se posa aucune question. Le brun le faisait lentement comme pour lui laisser le temps de le repousser, mais il n'en fit rien. Il alla même jusqu'à combler la distance qui les séparaient afin de nouer leurs lèvres en un baiser chaste. Un baiser qui n'avait certes, rien à voir avec celui échangé avec Grimmjow, mais il avait au moins le mérite de lui enlever toutes pensées cohérentes. Et c'est tout ce qu'il désirait.
Quand il entrouvrit la bouche pour lui permettre d'approfondir ce baiser, celui-ci y mit brutalement fin. Ichigo ouvrit les yeux, surpris pour se rendre compte qu'ils n'étaient plus du tout seul. Juste derrière le brun qu'il maintenait en arrière d'une main sur l'épaule, se trouvait un homme grand et athlétique, habillé d'un costume, aux cheveux bruns lui aussi et mi-long, le menton habillé d'une légère barbe de quelques jours.
- Agent Starrk. C'est un plaisir que de vous revoir.
- Je ne partage pas ce plaisir Aizen-san.
Aizen poussa un soupir et s'écarta afin d'échapper à la poigne de Starrk, époussetant son épaule à l'endroit ou était posé sa main.
- Ne me dites pas ce que bar fait aussi parti des lieux qu'il m'ait interdit de fréquenter ?
- Rassurez-vous, vous pouvez rester ici aussi longtemps qu'il vous plaira. Ce n'est pas le cas de ce garçon.
Ichigo leva les yeux, inquiet. Il n'avait pas rêvé alors. Ce mec était flic ? Il chercha à protester, mais Starrk s'était déjà avancé vers lui et avait attrapé son poignet afin de l'entraîner à sa suite. Juste avant de quitter la pièce, il laissa Ichigo près de la porte et s'approcha d'Aizen, une expression menaçante brillant dans le fond de ses prunelles.
- N'oubliez pas que nous vous surveillons, murmura-t-il afin que seul le brun puisse l'entendre. Alors, ne faites rien qui puisse nuire à votre crédibilité.
Et il s'éloigna, poussant Ichigo vers la sortie. Sans dire un mot, Starrk fit monter le rouquin dans sa voiture et il démarra. Ce dernier gigota sur son siège tout en ne cessant pas de lui lancer des regards inquiets.
- Vous m'emmenez au poste ?
Le brun se retint d'éclater de rire et répondit négativement d'un signe de tête.
- Rien dans ce style-là. Je ne suis plus vraiment en fonction à cette heure.
- Alors, pourquoi ? Comment ça se fait que vous étiez-là.
- J'avais quelques petites affaires à régler quand j'ai reçu un appel de mon frère qui me demandait de rechercher un jeune garçon correspondant à ta description, Kurosaki-kun.
Ichigo cligna des yeux, surpris.
- Comment connaissez-vous mon nom ? Je connais votre frère?
Starrk esquissa un sourire et se pencha avant de garer la voiture.
- Il est juste ici. Regarde.
Ichigo suivit son regard et se retourna vers la vitre qui était de son côté avant d'esquisser un sourire crispé en reconnaissant Kyoraku qui le regardait avec un air pas content du tout. Le pire était certainement le regard que lui lançait la personne juste derrière le brun. Son oncle Ukitake.
- Si je vous paye, vous me faites partir d'ici ?
Starrk éclata de rire avant de sortir de la voiture.
- Désolé, mais je n'accepte pas les pots de vin.
Résigné, Ichigo poussa un soupir et se décida à sortir et advienne que pourra.
À suivre…
OOOoooOOO
Dans le prochain chapitre :
Il avait juste une folle envie de tout laisser tomber et de fuir loin, très loin d'ici. Dans un endroit où il était certain de ne pas croiser sa route. Au pôle nord. Oui, c'est ça. Il allait fuir jusqu'au pôle nord. Avec ses icebergs, ses îles flottantes et…
- Ichigo ?
BONUS 1
[JOUR 1]
Ichigo décrocha un de ses écouteurs et s'approcha de Kyoraku après que ce dernier l'ai appelé.
- Kyoraku-san ?
- Est-ce que ça te dérangerait de ranger ses serviettes propres dans la salle de bain près de la buanderie s'il te plait ?
- Aucun souci.
- Je te remercie.
Le rouquin réajusta son écouteur et se saisit de la pile de serviettes qui se trouvaient sur la table. Il quitta la pièce et releva légèrement la tête au-dessus de la pile qui lui obstruait légèrement la vue. Quand il parvint jusqu'à la salle de bain, ayant les mains occupées il dut faire coulisser la porte du pied. Un nuage de vapeur s'échappa dans un coup de vent et Ichigo ferma les yeux. Quand il les rouvrit, il vit Grimmjow, debout, nu comme un ver, ses mains en arrière tenant une serviette qu'il utilisait pour s'essuyer le dos. Il eut le temps de voir le bleuté cligner des yeux avant de refermer la porte aussi sec.
[JOUR 2]
Grimmjow était franchement frustré. Pas que ça l'excitait qu'on le mate aussi ouvertement quand il sortait de la douche. Non, non, non. Cependant, il fallait bien avouer que le petit rouquin était plutôt bien foutu et de le voir à chaque fois débarquer au moment où il s'y attendait le moins avait le don d'éveiller en lui une certaine envie, mais il se refusait à toucher le môme. Il devait déjà être en train de neiger en Enfer en ce moment même, c'était déjà bien assez. En y repensant d'ailleurs, tout ce qui était arrivé dernièrement n'était peut-être pas le simple fruit du hasard. Satan se vengeait très probablement.
- Ce sale môme. Un jour il me le paiera, jura le bleuté entre ses dents en sortant de sa chambre.
- Grimmjow.
- Quoi ?
Il se tourna pour voir Kyoraku s'avançait vers lui, l'air mécontent.
- Combien de fois t'ai-je déjà dit de ne pas laisser tes affaires traînaient quand tu sors de la salle de bain ? N'oublies pas que tu n'es pas tout seul dans cette maison, alors fais-moi le plaisir d'aller récupérer ce qui t'appartient ou de le ranger dans le placard.
- Ouais, c'est bon j'y vais, pas la peine d'en faire toute une histoire.
Grimmjow poussa un soupir exaspéré et se dirigea vers la salle de bain.
- Fais chier…
De mauvaise humeur, il fit coulisser la porte d'un mouvement sec et se figea soudain sur le pas de la porte. Devant lui, de dos, mais à poil quand même, Ichigo qui enfilait son boxer. Surpris par le bruit, Ichigo s'était lui aussi figé dans son action, se tournant lentement vers la porte comme s'il redoutait ce qu'il s'apprêtait à voir, mais ne trouva personne à sa grande surprise. Il esquissa néanmoins un sourire crispé.
- J'ai rêvé. Pas vrai ?
Grimmjow frappa du poing contre la porte des toilettes alors que son autre main était occupée à soulager son plaisir.
- Putain de merde ! Hurla-t-il.
Kyoraku recracha sa gorgée de café.
- Grimmjow ! Langage !
BONUS 2
Si CrossRoad était une chanson ce serait : « Ranbu no Melody » de SID
Opening 13 de Bleach – traduction par la team de fansub ?
[J'aurais bien fait quelque chose comme un amv sur cette chanson, afin que cette fanfiction puisse bénéficier en quelque sorte d'une sorte de « générique » officiel. Malheureusement pour l'idée que j'en ai, il faudrait que je tombe sur les bonnes images ou que je les dessine moi-même. Pas de bol, je n'ai pas vraiment le temps. Ca reste un projet futur. Du coup, je vous mets la traduction du générique choisi (traduction faite par une team de fansub de Bleach dont je n'ai pas retrouvé le nom), avec pour chaque phrase/ou groupe de phrase, l'idée des images que j'imaginais pour CrossRoad, comme si l'ensemble était filmé par une caméra. Passez vous la chanson « Ranbu no Melody – TV version » pour vous mettre dans l'ambiance !]
Doucement, doucement, faisons tomber le rideau
[Dès le début, la caméra est concentrée sur une bouche qui semble chanter la première phrase de la chanson.]
Des flammes bleues sont nées en ce jour nouveau.
[A l'image de l'opening 13 de Bleach, les images « grésillent » comme s'il y avait des interférences et montrent une ville avec des gratte-ciels. Le ciel est gris et chargé de nuages. Puis on voit le sol de béton dur et froid sur lequel s'écrase une goutte de pluie, signe d'une prochaine averse.]
- Le titre : CrossRoad, s'affiche -
Nous avons marché, enlacé
[Comme précédemment, les images grésillent comme s'il y avait des interférences. Dans une petite ruelle grisonnante entre deux bâtiments, on peut voir au loin Ichigo assis sur les marches d'un escalier de secours métallique qui jouxte l'immeuble de gauche. Il a les bras ballants, sur les genoux, le visage baissé. La caméra se rapproche afin que l'on ne distingue que lui. Quand il relève la tête, les images se concentrent sur ses yeux qu'il ouvre lentement. Il tourne subitement la tête vers la droite.]
Embrassé une faiblesse qui ne pourra jamais s'épuiser.
[A l'image d'un diaporama, l'image suit le regard d'Ichigo et glisse vers la droite pour montrer cette fois Grimmjow dans le même décor. Sauf que lui est debout dans l'escalier, appuyé contre la rambarde. La caméra se rapproche et cadre son visage. Il semble déterminé. La caméra recule et reprend le mode de vue précédent. Grimmjow descend les escaliers et sort de la ruelle alors qu'un groupe composé de Renji, Nel et Hisagi passe devant lui en riant.]
Gravons cette ère de nos nouveaux crocs.
- ce passage de la chanson est assez long, donc en deux parties -
[La caméra est concentrée sur le visage d'Ichigo. Le regard emplit de détermination, il porte la main à sa nuque et commence à tirer sur son nœud de cravate qu'il arrache et qu'il jette sur le côté alors que la caméra recule et nous montre la scène. Ichigo est juste devant l'appareil d'un photographe, ses assistants derrière lui. Derrière Ichigo, Renji assis sur un canapé, Hisagi debout près de lui.]
[Ce passage rapide commence quand vous entendez : jidai o - On voit ensuite l'intérieur d'une très grande pièce semblable à une salle de réunion, à moitié plongé dans l'obscurité. La caméra glisse ainsi le long d'une table en U, on devine qu'il y a des gens. Leurs visages restent cependant masqués dans l'ombre. En bout de table où un homme sourit, les mains croisées devant son visage, le regard étincelant derrière ses lunettes. Un autre homme se trouve derrière lui.
Doucement, doucement, faisons tomber le rideau
[La caméra est en plongée et filme vers le haut, montrant de loin un immense panneau publicitaire dont le contenu change à la façon d'un store pour montrer une pub pour un parfum dont les mannequins sont Byakuya et Ichigo.]
[Ensuite, des magasines sont jetés sur une table basse en verre et on peut voir Byakuya de dos s'éloigner tout en mettant sa veste.]
Des flammes bleues sont tombées en ce jour nouveau.
[La caméra filma l'intérieur d'un bar. Ukitake, l'oncle d'Ichigo nettoie des verres alors que sont assis à son comptoir Kyoraku, Yoruichi et Urahara.]
Jusqu'au jour où je t'ai rencontré, celui que je veux protéger
- Ici, le rythme des images est très rapide -
[Ichigo est plaqué contre un mur par Grimmjow, mais leurs lèvres sont soudées par un baiser. Forcé ou passionné ?]
[Allongés sur un lit, ils sembleraient qu'ils soient nus ? Seul l'avant de leurs corps est montré. Grimmjow au dessus d'Ichigo, lui mord la nuque. Le corps d'Ichigo est cambré vers l'avant, sa tête est rejetée en arrière. – Ici, il s'agit d'une image fixe donc je la décris]
[Leurs fronts sont l'un contre l'autre.]
[La caméra se concentre sur deux mains qui se serrent. Celle au-dessus porte une bague à son annulaire.]
Je préfère abattre mes ennemis à l'instant, plutôt que de me battre longuement.
[Starrk s'avance en courant puis il s'arrête. L'air menaçant, il semble crier après quelqu'un. On voit ensuite un homme s'éloignait et se tournait vers l'écran. La caméra se concentre sur ses lèvres qui s'étirent en un sourire inquiétant.]
Tant aimé, tant aimé, cela me suffit
[Les images grésillent comme s'il y avait des interférences. On peut voir Ulquiorra de loin et de profil, debout devant une fenêtre.]
[La caméra se concentre sur son visage qui, habituellement de marbre reflète une certaine tristesse alors que sa main se lève pour effleurer la vitre.]
[Puis la caméra se contre sur ses lèvres qui prononcent des mots qu'on ne peut entendre.]
J'ai tout vu d'ici.
[Comme précédemment, les images grésillent comme s'il y avait des interférences. On est sur le toit de l'école. On peur voir Ichigo de dos, face au grillage. Puis Ikkaku apparait qui le rejoint, suivit de Rangiku et d'Orihime. La caméra se concentre ensuite sur le visage d'Ichigo qui lève le visage vers le ciel en souriant.]
J'y mettrai fin et t'emmènerai là-bas, alors ne lâche pas
[La caméra est concentrée sur la partie supérieure du corps. On peut voir Ichigo de profil qui apparait et qui s'avance lentement de la gauche jusqu'à la droite de l'écran. Puis il s'arrête. Une main se tend derrière lui comme pour le rattraper, mais ne rencontre que le vide alors qu'Ichigo disparaît.]
… cette mélodie de danse sauvage sans fin.
[La caméra se concentre sur le regard déterminé d'Ichigo qui ouvre les yeux. On le voit ensuite de dos, qui s'avance vers une lumière aveuglante, suivi de tout les mannequins de l'agence CrossRoad.]
OOOoooOOO
La chanson est terminée. Je vous laisse interpréter ce qui a été dit à votre guise en attendant les prochains chapitres =D]
