Hey ! Encore mille excuses pour le très long délai !
Alors je me suis encore cassée la tête pour ce chapitre mais là je crois qu'on a atteint des summums avec celui-ci ;) Je l'ai énormément modifié, la version d'origine est vraiment différente de celle-ci et je pense que celle-ci est mieux.
Aoquesth merci pour ta review, ça fait toujours plaisir de recevoir une critique positive. Callie es en la mierda y Arizona tambien mais bon sinon ça ne serait pas marrant ;) Ah il faut que tu vois le film,il est super. Bon ce n'est pas un film qui nous bouleverse mais en le regardant je me suis dis que si je pouvais y rajouter Arizona et Callie, cela pourrait être explosif ;) Gossip Girl m'a aussi inspirée pour décrire cet univers new-yorkais très axé sur la mode, l'argent, la rumeur, l'apparence ainsi que le personnage de Chuck que j'adore. Ah bon tu ne t'aies pas remise de la dernière scène ? Prépare toi aux autres scènes alors ;)
Sur ce, je me tais...
Enjoy!
You lift my heart up.
when the rest of me is down.
You, you enchant me, even when you're not around.
If there are boundaries, I will try to knock them down.
I'm latching on babe, now I know what I have found.
Cette sensation était tellement étrange… Tellement étrange qu'il m'était difficile de l'expliquer ou bien de pouvoir moi-même la comprendre. Je ne pouvais la concevoir pas…Je ne comprenais la pas… Merde !
C'était donc ça ?
Cette sensation de malaise perpétuel avec soi-même j'entends par malaise le besoin de se détacher de son égoïsme, de ses soucis vains et personnels pour enfin trouver en cette autre personne, cet inconnu étranger à nous même : un idéal.
Un idéal…Oui c'était peut-être ça le fond du problème : j'idéalisais Calliope. Il n'y avait pas un seul instant, pas une seule minute, pas une seule seconde où mes pensées n'étaient pas dirigées vers une magnifique Latina. Seule, je m'imaginais partager des moments avec elle. Hier je pouvais très bien l'imaginer en face de cette chaise vide de restaurant, se moquant gentiment de mes « talents » cuisiniers ou bien de mon rougissement perpétuel qui trahissait mon incapacité à masquer mon embarrassement.
Je pouvais également l'imaginer dans mes rêves. Ses rêves paraissaient si réels, visuels, tellement sensoriels qu'ils laissent mon esprit étourdi et ivre de désir. Ces nuits là, je me réveillais, en nage, les vêtements me collant à la peau, mon cœur cognant fortement contre mes côtes et la vision floutée. Déçue encore une fois que ses rêves ne soient que le produit de mon inconscient… Je savais dès lors que ses rêves persisteraient jusqu'à ce que ce désir soit enfin consumé.
Les douches froides devinrent alors de grande utilité voire une nécessité.
Bien évidemment Calliope ne savait pas tout cela, elle ne savait pas l'effet qu'elle me faisait. Elle ne savait pas que je pensais à elle du moment de mon réveil jusqu'à celui du coucher et puis même maintenant dans mes rêves !
« Oh et puis Merde ! »
Je me réveillais, en sursaut, irritée encore une fois de retrouver mes vêtements collés à ma peau. C'était la première nuit depuis ce baiser ….C'était quelque chose, ça j'en étais sure…Je savais désormais que ce baiser resterait gravé dans ma mémoire, resurgissant inopinément, vivide et toujours puissant dans mon esprit.
A cause d'un baiser…
Cette nuit là, mon rêve fut encore plus intense, encore plus réel, brutal … Je me mordillais inconsciemment la lèvre en visualisant dans ma mémoire ces images.
Et en particulier l'image de Callie.
Voir sa longue chevelure noire, volumineuse et indisciplinée par le sexe…Rougir devant son sourire diabolique alors qu'elle descendait dangereusement vers les parties les plus intimes de mon corps…Et enfin frissonner à la sensation de son corps nu sur ma peau qui-
« ROBBINS ! Ouvre la porte !»
Pourquoi fallait-il qu'il arrive toujours au mauvais moment ?
« Urgh…Attends j'arrive ! »
Je me levai, à contrecœur et sortis de ma chambre. Il était déjà dans le salon, possédant un double des clefs de l'appartement. Je m'attendais à le voir assis, comme à son habitude, sur le canapé du salon tout en lisant la une du Spectator.
Sauf que ce n'était pas le cas.
Il se tenait désormais en face de la porte de ma chambre, mal à l'alaise et anxieux. Cela me surprit fortement Chuck Bass était loin d'être un homme chétif et embarrassé. Il possédait au contraire cette assurance effarante et respirait le pouvoir.
« Ari…Il faut que tu vois ça… »
Il me tendit le journal qu'il serrait dans sa main. J'attrapai alors le journal avec appréhension et le dépliai lentement.
Oh non…
CHOC ! Baisers sur le toit ! La nouvelle conquête de la milliardaire Arizona Robbins !
C'était comme si mon cœur s'était arrêté de battre. Je pris tout à coup l'ampleur de la situation. Et je ne pouvais m'empêcher de penser à Callie à ce moment là.
Et non Arizona Robbins n'arrête jamais et enchaîne les conquêtes, son compteur faisant pâlir tous les Dons Juan de la Terre.
La nouvelle milliardaire trentenaire gay prisée de Manhattan a été aperçue hier en haut du toit de Runway avec Calliope Torres, assistante personnelle de Miranda Priestley et également chanteuse lors du défilé Runway. On y voit les deux jeunes femmes se prendre dans les bras puis s'embrasser passionnément. Arizona Robbins est connue pour ses multiples aventures avec de nombreuses célébrités (Tracy Barns, Paula Zaerni, Ivagora Zalt…) et notamment sa très hot et sulfureuse affaire avec le mannequin Eva Jupialev. Mais cette Calliope Torres est-elle encore une aventure sans lendemain ou le début d'une nouvelle romance ? Affaire à suivre…
Et en exclusivité les photos chocs page 6 !
Page 6
Potins de la semaine mes chéris !
Je t'aime moi non plus
Arizona part, Callie la retient, Arizona revient. Classique…
Cry Me A River By Arizona Robbins
Sniff Sniff, alors comment ça on est malheureuse ? C'est pas grave Ri Ri, la belle Calliope va arranger tout ça.
Jeux de mains, jeux de vilaines !
Ouh la la les coquines…Ca chauffe sur le toit de Runway !
Vas-y Callie c'est bon ! Vas-y Callie c'est bon bon bon !
Arizona semble bien avoir trouvé son fruit de la passion.
Je finissais de lire complètement stupéfaite et furieuse. Un choc, c'était un choc…Tellement que je laissai glisser le papier qui tomba au sol, mes mains moites, le cœur battant et la bouche grande ouverte. Les salauds…
« Comment…je...Je ne pensais pas qu'on était suivis… »
J'étais estomaquée. Comment cela pouvait-il être possible ?
Les traits de Chuck semblèrent se durcir à ma réponse.
« Ari…J'ai connu mieux de toi. Tu sais très bien que ce genre d'article n'est pas bon pour ton image. Cela pourrait te coûter ta place au Conseil d'Administration. »
J'étais désormais offusquée par les propos de Chuck, même si je savais, au fond qu'il avait raison.
« Et tu ne crois pas que je ne le sais pas ?! Depuis que j'ai repris l'entreprise de mon père, les paparazzis me tournent autour comme des vautours ! » Répliquais-je froidement.
« Ari… »
«Oui je sais ! Je n'aurais pas dû l'embrasser, je n'aurais pas dû succomber mais bon voilà c'est trop tard maintenant. Je dois en payer les conséquences... »
Il me considéra un instant puis reprit la parole, son ton légèrement accusateur.
« Ari, cela ne peut plus se reproduire. Jack tourne autour des parts de Robbins Industries depuis un moment. Ce genre de clichés peut te faire perdre la confiance de tes actionnaires et donc la chute du cours des actions. Et je suis sûr que Jack ne perdrait pas l'opportunité de racheter pour un bout de pain la moitié des parts. »Me réprimanda-il.
Je soupirais dans le vide et crispais mes mains dans mes cheveux, nerveusement.
« Je sais déjà tout cela Chuck. Néanmoins penses tu que mes actionnaires vont du jour au lendemain vendre leurs actions de Robbins Industries à cause d'un malheureux cliché ? Je ne crois pas, non, d'autant plus qu'ils sont au courant du nouveau projet d'hôtel-restaurant en cours. »
Il soupira à son tour, ses traits inquiets et légèrement désapprobateurs.
« Oui certes, mais cela pourrait les dissuader d'investir plus Arizona… Et tu sais très bien que le monde de l'argent est un milieu très fragile et menacé par la presse et la politique. Un scandale de plus et ta société est en faillite. »
Je roulais les yeux maintenant. Pourquoi avait-il toujours besoin d'être si dramatique ?…
« Chuck n'exagères pas…Je dirige Robbins Industrie depuis trois ans. Certes la société pourrait se porter mieux mais elle n'est pas en faillite. Il faut seulement la dynamiser, la rendre plus moderne. J'avais d'ailleurs prévu une restructuration du personnel. »Lui répondis-je calmement.
Mais cette réponse n'avait pas eu l'effet escompté, Chuck avait les yeux écarquillés, son visage étant un mélange de diverses émotions qui s'articulaient autour de l'ébahissement, la colère et enfin un soupçon de panique.
« Une restructuration du personnel !? Je ne crois pas que ce soit le bon moment Ari ! » Me répondit-il alarmé et se voulant avenant.
Je souriais légèrement face à l'inquiétude de Chuck il me respectait, me considérait mais il n'hésitait pas à intervenir et il donnait son avis lorsque quelque chose le dérangeait.
« Ce ne sera jamais le bon moment Chuck. Cela peut paraître cruel mais une entreprise a besoin de se renouveler ainsi que ses membres. J'ai besoin de nouvelles têtes pour mener à bien ce projet. » Lui dis-je, me voulant rassurante.
« Je suis d'accord avec toi sur ce point là. Mais n'oublies pas que tu t'engages à de fortes oppositions et critiques, de la presse notamment. Et tu n'as vraiment pas besoin de cela en ce moment.»
Je soupirais face à la vérité de ses mots et posai ma main sur son épaule de façon rassurante.
« Je sais Chuck, j'apprécie tes conseils et ton soucis. Mais ne t'inquiète pas, je maîtrise cela. Ecoute, je m'occupe des clichés puis ensuite je convoquerais le comité d'entreprise puis le conseil pour la restructuration.»
« Parfait. »
Je me dirigeais vers ma cuisine à présent, Chuck me suivant de près. J'ouvris mon frigo et croquais dans une pomme. Puis je me penchais mes coudes sur le comptoir, mâchant ma pomme abstraitement. Chuck m'observait silencieusement, attendant le moment où j'allais parler.
« Il n'empêche que je ne comprends toujours pas qu'un simple baiser puisse faire un tel scandale. Ce n'est pas comme si c'était une sex-tape par exemple…»
Il soupira puis me sourit avec attendrissement.
« Ari…Tu es une des femmes les plus influentes de New-York tu détiens à toi seule 70% des parts de Robbins Industries, ton père était un dieu de la finance à Wall Street, tu possèdes les hôtels, bars les plus selects de New-York, tu connais beaucoup de célébrités (dont certaines ont été tes conquêtes) mais avant tout tu restais célibataire malgré les nombreuses conquêtes au compteur. Et je vais t'épargner l'histoire de la famille des Robbins : une puissante famille depuis plus de deux siècles…Il est bien évident que la presse s'intéresse à toi Ari et regarde tes moindres faits et gestes. »
J'écoutais Chuck, dubitative. Bien sûr qu'il avait raison. La presse me surveillait constamment qu'il s'agisse de moi ou de ma famille. Mais celle-ci avait eu diverses occasions de me prendre avec Callie dans des lieux plus fréquentés que le dernier étage d'un hôtel. D'abord cet hôtel, puis la boite de nuit, puis le restaurant… Non ce n'était certainement pas un journaliste…Mais plutôt quelqu'un qui voulait nous exposer pour mieux nous détruire…
« Chuck, est-ce que Jack est sur New-York ? »
Le visage de Chuck se décomposa. Il resta silencieux mais je pouvais sentir son agitation.
« Tu…tu crois qu'il est à l'œuvre des clichés ? »
Je me levais, pensive et m'appuyais contre le plexiglas de la baie vitrée.
« Cela lui ressemblerait…C'est vrai, il a déjà tenté de te piquer la direction de Bass Industries, peut-être qu'il se rabat sur Robbins Industries et espère me faire tomber. Un cliché de ce genre me décrédibilise auprès des actionnaires. »
Chuck déglutit son verre de Bourbon d'une traite et le posa sèchement sur la table.
« Le salaud… Tu as oublié de mentionner qu'il a couché avec Blair pour mieux me détruire… Peut-être qu'il veut faire la même chose avec Callie. »
Je serrais les ongles dans mes paumes et fixais abstraitement la 6ème Avenue. Je soufflais un bon coup, essayant de me détendre. Finalement je concédais et allumais une cigarette. Chuck me regardait, patiemment. Il savait que je procédais et analysais la situation dans ma tête. Puis je jetai le paquet de cigarettes sur la table basse et exhalai une courte bouffée.
« Non. Je ne pense pas que ce soit lui. Et même si c'était lui, je l'en empêcherai. Ce connard ne s'approchera pas de Calliope… »
Chuck eut un rire cynique à ma réponse.
« J'ai tenté aussi de l'en empêcher. Il a tout de même réussi et a couché avec elle. C'est un très bon manipulateur Ari, je suis certain qu'il a un plan. »
« Ou alors c'est peut-être Mark…Il était au défilé. Il nous a surement surpris en haut du toit puis a envoyés les clichés à la presse. »
Je quittais la pièce précipitamment et m'emparais de mon téléphone.
« Ari…tu fais quoi ? »
« J'appelle Karev. »
Je composais le numéro et attendais le son de la voix de Karev.
« Putain Robbins, qu'est-ce que tu veux ? Je suis occupé là. » Répondit la voix grincheuse d'Alex Karev.
« Bon je sais que cette fille doit être canon, ça craint, mais il faut que tu sortes de cette chambre. »
« Quoi ? Mais…mais comment tu le sais ? » Me répondit-il gêné et étonné.
« Je le sais rien qu'à ta voix grincheuse Karev. Maintenant dépêche toi ou j'appelle Jackson à la place. »
J'entendis Alex râler puis souffler dans le combiné. Puis j'entendis le son d'une porte qui se fermait.
« Ca y'est. Bon c'est quoi le putain problème Robbins ? »
« Allume la télévision ou ton ordinateur, tu verras. »
J'attendis un moment. Alex reprit la parole.
« Oh merde, ça craint…mais…tu es avec Callie Torres ?» Me demanda-il, surpris.
« Oui je suis avec elle. Pourquoi tu la connais ? »
« Ouais…de vue juste…on était dans la même fac. »
« Ah d'accord…Bon Karev j'ai besoin que tu enquêtes avec Karl au Spectator pour savoir d'où vient cette source. Renseigne toi sur Mark Sloan, je veux tout savoir de lui du moment qu'il quitte son appartement jusqu'à son lieu de travail. Egalement renseigne-toi sur tous les entrepreneurs de la ville, les actionnaires de Bass et Robbins Industries. Et va faire un tour également chez Runway et collecte tout ce que tu peux sur les collègues de Callie. Je te fais confiance pour être le plus discret possible. Reçu ? »
« 5/5 Boss. »
Je raccrochais et vérifiais mon téléphone : aucun message de Calliope.
Je commençais à m'inquiéter car je savais qu'elle travaillait très tôt jusqu'à très tard le soir. Elle devait sûrement être au courant de l'affaire, mais elle devait également être dévastée par la rupture avec Mark. Je soufflais un bon coup et me décidais à composer son numéro.
BEEP…BEEP…BEEP…
Allez réponds s'il te plait…
BEEP…BEEP…Bonjour vous êtes bien sur la messagerie de Callie Torres, laissez moi un message, je vous rappellerai.
« Hey Calliope, c'est Arizona. Je voulais savoir comment tu allais …J'ai mes détectives qui sont sur l'affaire des clichés en ce moment…Callie… je…je vais tout faire pour trouver le connard qui a prit ces clichés…Je suis tellement désolée ma chérie, je ne voulais pas te mêler à tout ça…la presse, les paparazzis… Et je comprendrai si tu veux t'éloigner…tu sais un moment…Juste donne moi de te nouvelles dès que tu peux okay ? Et si tu le souhaites, passe me voir à l'Empire Hôtel, Chambre 1508, et dis à la réception que tu viens de ma part okay ? Bisous, je pense à toi. »
Je raccrochai et soupirai dans le vide. Il y'avait forcément un problème…Callie était greffée à son téléphone 24h/24h, 7jours sur 7 à cause de son travail. Peut-être qu'il fallait que je ressaie, que je la rappelle… Non il faut que tu la laisses respirer Arizona, cela doit être dur pour elle de tout encaisser pour le moment. Je me décidais alors à ranger mon portable dans ma poche et regagnais le salon où Chuck buvait un second verre de Bourbon sur le canapé. Son visage était parsemé de quelques bleus et il portait une attelle en aluminium sur son nez. Je n'avais pas contrôlé la puissance de mon coup, j'étais furieuse, contre lui, moi, Callie et j'avoue que je m'en voulais maintenant.
Je finissais mes bandages autour des mains alors que Chuck était déjà sur le ring, casque sur la tête, envoyant plusieurs coups dans le vide.
« T'es prête Robbins ?! Sinon on peut toujours arrêter !» me défia-il avec un sourire.
« Ne te réjouis pas trop Chuck, je ne suis pas du genre à abandonner si facilement.» Lui-dis-je, enfilant mes gants et mon casque.
Je montais à mon tour sur le ring et fis craquer mon cou. J'étais déjà en position de combat mais Chuck était immobile, son sourire narquois.
« Alors cela en est où avec la magnifique et mystérieuse Callioooope ? »
Il prononça « Calliope » d'une façon traînante ce qui eut le don de m'agacer. Je roulais les yeux et choisissais d'ignorer sa question en effectuant mon premier coup direct que Chuck bloqua.
« Pff… »
Nous continuâmes à nous déplacer sur le ring et cette fois-ci j'évitais un uppercut de Chuck.
« Quoi pff ? » questionna-il, curieux et clairement amusé.
« Laisse tomber… »Lui répondis-je, indifférente.
Nous maintenions une cadence lente. Cependant la curiosité de Chuck avait été éveillée et il observait mes réactions avec d'autant plus d'intérêt.
« Ohhhh ça cache quelque chose ça ! »me fit-il remarquer en pointa son gant vers mon visage.
« J'ai dis laisse tomber Chuck. » Soupirais-je.
« Oh mais oui ! Tu t'es pris un râteau c'est ça ? »
Je lui envoyais un regard meurtrier, lui déconseillant explicitement de continuer.
« Allez Ari…Raconte moi ! Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
Je restais toujours silencieuse excepté les déplacements que j'effectuais dans le combat.
« Ari…Allez promis je te juge pas. »
Je m'arrêtais net, soupirant. Chuck me considéra cette fois-ci, son visage sérieux. Je m'avançais vers lui, lentement, ma mâchoire serrée, une pointe d'énervement visible dans mes yeux bleus, leur teinte ayant surement pris une nuance plus foncée.
« Okay ! Tu veux tout savoir ! Oui je me suis pris un râteau ! Elle est hétéro, elle a copain, et elle a dit qu'elle ne voulait plus me revoir, ce qui est tout à fait normal, fin de l'histoire ! Tu es content maintenant ?! »Lui répondis-je, durement.
« Ah merde…Et puis toutes les femmes ne sont pas non plus obligées de tomber sous le charme d'Arizoona Robbins, il faut en laisser aux autres aussi hein ! » Taquina-il avec ironie.
Je ne sais pas pourquoi mais il me semblait que les coups que j'envoyais à Chuck devenaient plus rapides, puissants, celui-ci ayant de plus en plus de mal à les éviter ou à les bloquer.
« Pfff dis celui qui est follement amoureux de Blair Waldorf. » Répliquais-je en serrant les dents.
Il roula les yeux et me regarda avec un regard qui semblait dire « Sérieusement ? C'est pathétique ».
« T'étais vraiment obligé de parler d'elle ? »
Je m'arrêtais net, mon visage sérieux.
« Oui Chuck ! Parce que toi et elle vous m'énervez ! Vous êtes fous amoureux et vous faîtes comme si c'était tout le contraire. Tu ne fais rien pour la retenir ! Tu m'étonnes qu'elle soit avec Dan ! »
« A ta place je te défendrais de continuer. »
Sa mâchoire était fermée et ses poings fermés.
« Non je ne m'arrête pas là Chuck ! Tu sais que c'est la femme de ta vie, tu l'aimes bordel, tu me soules avec ça des journées entières et pourtant tu ne fais rien ! Et quand elle est là, tu la repousse ou tu couches avec d'autres. »
Il s'arrêta net puis s'approcha de moi.
« Tu veux peut-être qu'on parle de tes histoires si parfaites alors ? Qu'est que ca peut te foutre que je couche avec d'autres, tu es pire que moi ! Ta vie sentimentale est un désastre ! Ca fait un an que tu as rompu avec Lauren Boswell et pourtant elle reste toujours ton plan cul officiel ! »
Je secouais la tête, exécrée puis applaudis avec cynisme.
« Bravo c'est vraiment classe ça. »
Il secoua la tête à son tour, ses sourcils froncés.
« Mais arrête de nier ! Cette femme est un poison ! Tu n'as pas de leçons à me faire ! Dès le début toi et Lauren ce n'était pas sérieux ! »
Le ton commençait à monter et je me retrouvais soudainement agacée par cette conversation.
« Fous-moi la paix Chuck. »
« Tu m'étonnes que Callie t'ais foutu un râteau, tu joues trop avec les femmes. »
« Tu peux parler ! Bien sûr Monsieur n'a jamais rien à se reprocher.»
« Oh arrête Ari ! On est vraiment en train de se disputer pour ça ? » Questionna-il, visiblement agacé lui aussi.
« Et allez c'est de ma faute maintenant ! »
« Je n'ai jamais dis ça ! » Répliquais-je en pointant mon gant vers Chuck.
« Putain Ari tu me soûles, tu sais quoi ? Restes toute seule, continue à baiser Lauren Boswell, et d'autres si tu veux mais ne viens plus me faire la morale ! Tu ne t'ais jamais casée et cela ne risque pas d'arriver si tu continues à être comme ça ! »
« Va te faire foutre Chuck ! »
Et avec ça je lui envoyais un coup du marteau à l'aide de ma jambe.
Sa réponse fut instantanée.
« Ahhh ! » hurla-il.
Il se tenait le nez désormais, le sang y coulait à profusion. Je n'eus pas le temps de me sentir coupable puisqu'il m'envoya à son tour un coup direct du genou dans ma jambe gauche. Je tombais d'un coup sur le ring à la force de l'impact. Ma vision devenait de plus en plus floue et j'avais très mal à la jambe. Une sensation de nausée me prit de cours mais je réussissais à me lever. Je chargeai désormais vers Chuck et lui de même. Les coups se succédaient ainsi que les insultes. Mais nous fûmes interrompus par notre coach Michael.
« Ça suffit maintenant, mêmes des gosses ne seraient pas aussi puérils ! Vous continuez et je vous vire du club !»
« Chuck…tu sais que l'alcool et les médicaments ce n'est pas recommandé… » Lui fis-je remarquer.
Il rit à ma réponse et but une seconde gorgée.
« Oh Ari…Epargne moi tes leçons de morale, tu viens juste de fumer il y a quoi ? Deux minutes. »
Je riais alors à mon tour et m'asseyais à côté de lui sur le canapé.
« Touchée. »
« Je suis vraiment désolée de t'avoir frappé, c'était stupide… »
« Ari…C'était également stupide de ma part de te frapper…Et puis tu t'es déjà excusée… C'est de l'histoire ancienne maintenant. Callie et toi c'est officiel. »
« Oh oui ça pour être officiel... »
Nous restâmes un moment sur le canapé, silencieux. J'avais entamé ma seconde cigarette, une mauvaise habitude que j'avais lorsque j'étais stressée. Je fumais silencieusement et Chuck lui buvait son verre, abstraitement. Finalement, il brisa le silence.
« Tu as des nouvelles alors de Callie ? »
Je soupirais à sa réponse et reposais lourdement ma tête sur le haut de canapé.
« Non, elle ne répond pas…J'ai peur qu'elle fasse une connerie Chuck… Tu crois que je devrais aller la voir à Runway ?»
Il posa son verre puis secoua la tête.
« Non ne va pas la voir. Je crois que cela doit être assez difficile de supporter les remarques de ses collègues, ta venue ne ferait qu'alimenter les rumeurs diverses et non fondées. Je ne pense pas qu'elle va faire une connerie, elle me semble être une fille forte et intelligente. Elle est la deuxième personne après Blair qui m'a remis à ma place. »
J'ouvrais les yeux et esquissais un début de sourire.
« Wow…Donc Chuck Bass approuve Callie Torres ? »
Chuck roula les yeux et je ne pus m'empêcher de rire.
« Oh…Pas la peine de devenir si sentimentale Ari juste parce que j'ai fais des compliments sur ta copine. »
J'explosais de rire à sa réponse .A présent, il riait lui aussi.
« Oh je crois que c'est toi ici le plus sentimental de nous deux ! Ai-je besoin de te rappeler tout le cinéma que tu as orchestré en haut de l'Empire State Building pour reconquérir Blair, avec ton joli costume et ta petite rose rouge dans la main ? »
Il sourit puis se leva.
« Okay Okay je l'avoue, je peux être un peu fleur bleue parfois…mais bon vous les femmes vous êtes si compliquées…il faut inventer tout et n'importe quoi, vous faire « rêver », être doux et attentionné et bla bla bla j'en passe. »
Je riais encore et me levais à mon tour.
« Ah la la Chuck…tu sais que tu es vraiment bizarre parfois ? »
Il enfila son manteau et ricana à ma remarque.
« Oh tu peux toujours parler Ari…Ce n'est pas toi qui rêve d'avoir une maison avec pleins de poules ? »
Je rehaussai les épaules puis souris.
« Quoi ? C'est mignon les poules non ? Bon je sais c'est un peu bizarre et flippant mais j'ai toujours eu un truc pour les poules…Des œufs frais le matin, il n'y a rien de mieux quand même ! »
Nous rîmes pendant un moment alors que j'enfilais à mon tour mon trench coat.
« Bon Ari, je vais chez Bass Industries, je vais appeler Veronica et Frankie pour les mettre sur l'affaire okay ? Crois moi tu peux leur faire confiance. Tiens-moi au courant dès que tu as du nouveau avec Karev. »
« Ok je vais à mon bureau, j'ai de la paperasse à faire. Mais je ne pense pas que je vais rentrer trop tard…Tu passes ce soir à l'apart' ? »
« En fait j'ai une soirée poker chez Nate, peut-être que je passerai mais tard. »
« Ok…tu risques peut-être de croiser Calliope…je lui ai proposé de rester chez moi. »
Chuck sourit instantanément et me fit un clin d'œil.
« Wow déjà la petite copine qui emménage…je vois je vois…Ne faites pas trop de bêtises. »
Je le poussai gentiment puis tirai la langue.
« Au moins moi j'ai une copine. »
Chuck fit une semi grimace, semi sourire et je ne pus m'empêcher de rire.
« Touché. »
Quatre heures. Cela faisait maintenant quatre heures que je travaillais dans mon bureau sur le nouveau projet d'hôtel restaurant. Le projet demandait beaucoup d'efforts .Je n'étais pas une excellente cuisinière, certes, mais j'appréciais une cuisine de qualité. Etre une Robbins stipulait maîtriser un certain savoir vivre, l'art culinaire en faisant partie. Ma mère cuisinait souvent et essayait de m'apprendre certains basiques…Sans succès…J'étais vraiment maladroite lorsqu'il s'agissait de cuisiner, brûlant un des plats oubliés sur la plaque de cuisson ou encore me coupant au niveau de l'index lorsque les oignons rendaient ma vision trouble. J'étais prise de jalousie et d'envie lorsque Calliope m'avait annoncé qu'elle cuisinait souvent…avec Mark, qui était cuisinier…
Mes pensées furent interrompues par la voix de ma secrétaire qui résonna dans l'interphone.
« Mademoiselle Robbins, votre père est à la réception et demande à vous voir dans votre bureau. »
Je ne pus m'empêcher de froncer les sourcils.
Mon père, Daniel Robbins, se déplaçait rarement à Robbins Industries et encore moins dans mon bureau même. Depuis qu'il avait pris sa retraite et m'avait cédé les parts de Robbins Industries, il m'avait fait confiance. Bien sûr qu'il s'intéressait à mes projets et à ma façon de diriger l'entreprise, mais en aucun cas il ne m'avait dicté comment il fallait que je la dirige, à sa façon. Car depuis ma plus tendre enfance, celui-ci m'avait élevé pour devenir ce qui l'appelait « Un Bon Homme dans La Tempête ».Quelques soient les circonstances, un Robbins ne se défilait jamais, affrontait de front les difficultés seul, et restait fidèle à lui-même. Et c'est peut-être cela qui avait causé la mort de mon frère…
« Mademoiselle Robbins ? Vous m'entendez ? »
Je sortais de ma rêverie et me penchai vers l'interphone.
« Um…Oui…Faites le monter Cynthia. »
Je décrochais l'interphone et soupirais dans le vide. Il devait sûrement être au courant de l'affaire…Assurément j'étais persuadée qu'il allait me donner le fameux et revisité discours du colonel…
J'entendis quelqu'un frapper à la porte.
« Entrez ! »
Je remettais en place mon chemisier et ma veste de tailleur, connaissant l'intransigeance de mon père lorsqu'il s'agissait d'être impeccable. La porte s'ouvrit. Même avec l'âge, il m'impressionnait toujours. De sa posture et de sa grande taille se dégageaient un homme d'expérience maitrisant avec grâce assurance et lucidité.
« Arizona Robbins ! Aurais-tu l'obligeance de m'expliquer ce qu'il se passe ! »
Je grinçais des dents en entendant le ton employé par mon père. Lorsqu'il parlait de cette façon, cela signifiait en général qu'il n'était pas très content…
« Papa…Assieds toi s'il te plaît… »
Mais il ne fit guère. Ses yeux bleus étaient inquisiteurs et perçants et je ne pus m'empêcher de rouler des yeux intérieurement. Et c'est parti, il me fait le regard du colonel…
« Réponds à ma question Arizona. Qui est cette femme? Et pourquoi ces photos dans tous les couvertures de pages des journaux ? Ta mère a failli faire une crise cardiaque ! »
« Um…longue histoire…écoute je vais tout t'expliquer d'accord ? Mais pour ces photos je te jure que je n'étais pas au courant… »
Finalement mon père concéda et prit place dans le siège devant moi.
« Voilà, il y a trois mois environ j'ai rencontré Calliope Torres, l'assistante de Miranda Priestley à Runway. Au départ, j'étais juste attirée par elle…physiquement…et puis j'ai appris à la connaître. C'est là que j'ai vraiment commencé à avoir une attraction plus forte, plus profonde et…je ne comprenais pas au début…Mais maintenant je le sais…C'est vraiment sérieux entre elle et moi.»
Je relevais la tête, mes joues étant rosies par cette confession. Mon père ne bougeait pas, ses sourcils étaient rehaussés, ce qui signifiait qu'il était définitivement surpris.
« Arizona…je ne pensais pas un jour que tu prononcerais ces mots là ! Mais sache que cela me rends très heureux que tu aies enfin trouvé quelqu'un et ta mère sera ravie, j'en suis sûr. Mais quel est le problème alors ? Il semble que quelque chose te contrarie. »
Je soupirais dans le vide et tournais mes pouces nerveusement.
« Il se trouve que Calliope n'était pas libre…»
Il ferma ses yeux et secoua la tête, un geste qui traduisait bien sa désapprobation.
« Arizona, l'adultère est une chose horrible et dévastatrice que je désapprouve totalement ! Se laisser emporter par ses sentiments et non par la raison n'amène que des malheurs. Si tu avais été plus prudente et patiente, cela ne se serait pas produit.»
J'étais désormais un peu énervée par les propos de mon père. Je savais qu'il avait raison…J'aurais dû attendre que Callie ait rompu avec Mark pour l'embrasser en haut de ce dernier étage…Je n'aurais pas dû répondre à ses caresses dans mon bureau, je n'aurais pas dû aller déjeuner avec elle, je n'aurais pas du la suivre dans ces toilettes…
« Il y a plein de choses que je n'aurais pas du faire certes…Mais je ne le regrette pas… Si j'avais laissé la raison me guider, je ne serais jamais avec elle aujourd'hui et je pense que je l'aurais regretté toute ma vie. Papa…Callie est tout pour moi et je te jure que j'ai essayé de refouler mes sentiments…mais je ne peux pas…je ne peux pas imaginer ma vie sans elle. Alors je sais que cela te semble immoral, les circonstances dans lesquelles on s'est rencontrées… Mais sache qu'il ne s'est rien passé entre nous…d'autre…car je respectais son choix. »
Il me regarda un moment puis esquissa un sourire.
« Je t'ai rarement entendu parler de quelqu'un de cette façon. Même lorsque tu étais avec Lauren. Mais alors ces photos ? Aurais-tu une idée de la personne qui les aurait prises ? »
Et c'est alors qu'un déclic s'opéra dans ma tête. Lauren Boswell, mon ex petite-amie, travaillait à George& Son en tant que chef de communication, et avait été invitée au défilé de Runway. Elle avait surement du me suivre jusqu'au dernier étage lorsqu'elle m'avait aperçue. Notre relation était toujours restée ambiguë…Lauren me faisait souvent part de ses avances que je refusais généralement…Mais pas toujours… Dans mes moments de faiblesse et de solitude, je me tournais vers elle. Je savais que c'était pitoyable de ma part, j'aurais pu très bien me tourner vers quelqu'un d'autre. Mais voilà…c'était confortable et familier. C'était ce qui m'avait amené à coucher avec elle le soir où j'avais rencontré Callie…lorsqu'elle m'avait fermé la porte au nez. J'étais tellement dévastée que je ne me posais plus de questions…J'avais besoin de ce contact, pour me rassurer, un contact qui remplaçait le contact de Callie que je ne pensais jamais avoir.
« Um…peut-être…Papa…Il faut vraiment que j'aille, je te tiens au courant dès que j'ai du nouveau d'accord ? »
« D'accord Arizona. Fais attention à toi. »
« Promis. Passe le bonjour à maman d'accord ? »
« D'accord. »
J'enfilais mes lunettes noires et mon trench coat puis je montais à bord de ma voiture de sport, défilant à toute allure dans les rues de New-York.
Arrivée au feu rouge, je m'arrêtais tardivement, faisant ainsi crisser les pneus de la voiture. Plusieurs automobilistes observaient avec stupéfaction la vitesse à laquelle j'étais arrivée et le bolide dans le lequel je me trouvais. Soudain le système Bluetooth de mon téléphone sonna dans le tableau de bort. Le numéro affiché étant celui de Chuck, j'acceptais l'appel. Sa voix grave résonna dans l'habitacle.
« Ari, j'ai des nouvelles pour les clichés. Veronica a mené sa petite enquête au Spectator et apparemment quelqu'un aurait déposé une enveloppe au journal hier soir avec plusieurs clichés. La journaliste qui a pris l'enveloppe a entraperçue la silhouette de la personne. Il semblerait que ce soit une femme, grande, châtains clairs, cependant elle n'a pas pu voir son visage. Donc toute probabilité que ce soit Jack ou Mark sont écartées. »
Je ricanai cyniquement à ces informations. Je vais la tuer. J'appuyais involontairement sur l'accélérateur ce qui eu pour mérite de m'attirer encore plus de regards.
« Chuck tu viens juste de confirmer mes soupçons. Je suis sur la route là et je vais lui dire deux mots. »
A présent tous les automobilistes avaient rabattu la fenêtre, prenant des clichés de ma voiture cependant je ne m'en souciais guère à cet instant.
« Quoi tu sais qui c'est ? Tu la connais ? » Questionna Chuck, stupéfait.
« Oh oui je la connais, toi aussi d'ailleurs. Je te jure que je vais la tuer. » Répondis-je furieuse, crispant mes paumes sur le volant, ayant perdu désormais tout mon sang froid.
« Oh la garce…C'est Lauren n'est-ce pas ? Je ne l'ai jamais aimé celle là, elle n'était pas nette dès le début…Ari promets moi de ne pas faire quelque chose de stupide. »
«Elle a besoin d'être remise à sa place, elle n'aurait jamais dû faire ça. » lui répondis-je d'une voix détachée et étrangement froide.
« A ce soir Chuck. »
Je raccrochais avant qu'il n'ait eu le temps de répondre. Le feu passa au vert, j'accélérais brusquement, faisant rugir bruyamment le moteur de ma Bugatti Veyron. J'étais déjà engagée de deux cents mètres alors que les voitures et les taxis au feu accéléraient à peine. Je m'agrippais au volant et appuyais incessamment sur l'accélérateur, dépassant dangereusement quelques automobilistes ce qui me valu une pluie de klaxons. Finalement, j'arrivais devant les locaux de George & Son. Je me garais furtivement, effectuant un dérapage tout aussi bruyant sur une place réservée. Je sortis hâtivement de mon véhicule et claquai la porte, déjà furieuse. Quelques passants me regardaient avec étonnement, murmurant et me pointant du doigt.
Soudain un agent de la sécurité s'avança près de moi, me bloquant le passage. Il était grand, chauve, costaud et avait la peau mâte.
« Madame vous ne pouvez pas vous garez ici, c'est une place réservée. Je vais vous demander de déplacer votre véhicule. »
J'ôtais mes lunettes et observais l'agent. Je commençais à perdre patience. Se garer à New-York était quasiment impossible, je n'allais certainement pas bouger mon véhicule.
Je lui sortis mon plus beau sourire et mes fossettes.
« Monsieur l'agent…Jerry ? Je peux vous appelez Jerry n'est-ce pas ? »
L'agent rougit, murmura quelque chose d'incohérent puis hocha la tête.
« Jerry, vous seriez vraiment un amour si vous me laissiez passer. Je suis une des principales actionnaires de Gary Zondermann et je dois absolument le voir maintenant. Cela ne prendra pas beaucoup de temps, je vous assure. »
« Um…je ne sais pas…vous savez Madame, il est…normalement…strictement interdit de se garer sur une place réservée. »
Bon il faut employer les grands moyens là…
Je m'avançais vers l'agent de sécurité, agrippait une de mes mains à son col de chemise et lui susurrais à l'oreille.
« Mmmh… pas de chance, j'adore faire des choses interdites… Si vous me laissez me garer ici, peut-être que l'on pourra tous les deux éclaircir cette définition à mon retour ? »
Jerry rougit sévèrement et balbutia une vague réponse. Oh le pauvre homme…
« Um…je…um…vous…allez –y… »
Je lâchais sa chemise et m'écartais de lui.
« Merci Jerry. » lui dis-je avec un dernier clin d'œil.
« Entrez ! »
La voix de Lauren résonna de l'autre côté de la porte. J'actionnais la poignée et rentrais en furie dans la pièce. Lauren fut d'abord étonnée de me voir puis elle me sourit vilement.
« Arizona…Tu viens me voir ? »
Je claquai la porte. J'ignorais sa question et posait mes deux mains sèchement sur son bureau, mes yeux bleus sûrement glacials.
« C'est quoi ton putain de problème Lauren !?
Lauren continuait de sourire, ce qui m'agaçait au plus haut point.
« Je ne vois pas du tout de quoi tu parles. »
Prise de rage, je renversais toutes les affaires de son bureau par terre.
« Tu sais très bien de quoi je parle ! C'est toi qui a pris ces photos et qui les a envoyées à la presse ! »
Lauren me regardait avec indifférence maintenant.
« Oui et alors ? Je ne crois pas que tu aies de leçon à me faire…Tu te souviens Kenneth Parkson? Tu as bien détruit sa carrière en révélant à la presse ses aventures avec certaines de ses secrétaires alors qu'il était marié.»
« Cela était différent ! Il m'avait menacé et me faisait du chantage pour le rachat Robbins Industries ! Callie ne t'as rien fait ! »
Son sourire se fana et laissa paraître une expression froide.
« Elle ne m'as rien fait ?! Tu ne crois pas que je ne vous ai pas vu depuis le début ! Comment as-tu pu me faire ça ?! »
Je la regardais, stupéfaite. Je ne pouvais pas y croire…
« Alors comme ça tu me suis maintenant !? Je n'ais pas de comptes à te rendre Lauren ! On n'est pas ensemble, je sors avec qui je veux. Toi et moi c'est bien fini depuis longtemps. » Lui-répliquais-je, furieuse.
Plusieurs expressions passèrent sur son visage, d'abord de la confusion, de la tristesse, de la colère…puis de la malice ? Lauren arborait de nouveau ce sourire vil, ce qui commençait à m'agacer.
« Et comment tu expliques le fait que tu reviennes vers moi à chaque fois ?! Dis-moi ! Tu ne peux pas tout oublier juste pour cette fille. Tous les moments qu'on a partagé, toi et moi, tu ne peux pas les effacer, ne me dis pas que tu n'aimais pas ça… »
Sa voix descendit d'une octave et elle commença à ouvrir son chemisier lentement.
« Lauren arrête ! »
Mais elle m'ignorait et continuait de déboutonner son chemisier. Elle défit son chignon et secoua ses cheveux châtains mi longs dans l'air. Elle s'approchait de moi lentement et je ne pus m'empêcher de déglutir. Même si à ce moment précis je la détestais, je ne pouvais pas dénier le fait qu'elle était toujours très attirante.
« Ne fais pas semblant de me rejeter…Je sais que tu me veux Arizona…Je veux que tu me prennes violemment sur ce bureau, comme tu le faisais avant…rapidement et durement… »
Elle avait complètement enlevé son chemisier à présent, ses mains caressant lentement mes bras. Ses yeux verts noisette étaient plus foncés, ses pupilles désormais dilatées.
« Je veux que tu sois dure avec moi… Je veux que tu me fasses oublier mon nom et que tu me mettes une main sur ma bouche lorsque que je crie le tien… »
Ses mains descendirent de plus en plus bas et soudain elle toucha ma braguette de sa main droite. Puis elle s'approcha de mon oreille puis suça le lobe dans sa bouche.
« Je veux que tu te laisses aller…que tu perdes le contrôle…que le rythme de tes doigts s'accélère…que tu me colle contre ce bureau pendant que ton autre doigt est dans ma bouche… »
Je ne pouvais pas le dénier, j'étais incroyablement excitée à ce moment précis. Cela faisait plus de deux mois que je n'avais pas fait l'amour. Car cela faisait deux mois que mes pensées étaient complètement dévouées à une certaine Latina… Son odeur, la douceur de sa peau, son sourire, ses yeux, ses cheveux, ses lèvres…tout me rendait folle d'elle…
Calliope…
Reprenant mes esprits, je lui saisissais violement son poignet, l'empêchant de continuer.
« Bon maintenant ça suffit ! Tu écoutes quand je te parle ?! Pourquoi as-tu envoyé ces photos ? Dis-moi ! »
« J'ai envoyé ces photos pour que tu réalises que tu fais une erreur, cette fille n'est même pas gay, elle ne sera pas te satisfaire comme moi je le sais. Cette pute mexicaine court après ton argent, elle n'en a rien à faire de toi. »
C'en était trop…Les mots de Lauren, son acte dévastateur…Callie devait surement être dévastée à ce moment précis, dévastée à cause de photos d'elle et de moi rendues publiques. Etre sortie du placard contre son grès, et pire que cela soit public, national, mondial, il n'y avait rien de pire. Sa vie privée avait été exposée maintenant, les gens la jugeraient dans la rue, peut-être ses parents également, ses amis, ses collègues, sa patronne Miranda… Il y aurait toujours quelqu'un qui rirait derrière son dos, des petits cons qui s'amuseraient à profaner son appartement, des ignorants qui l'insulteraient gratuitement. Calliope ne méritait pas ça…. C'est pour cette raison qu'à ce moment là je perdis tout mon sang froid et que je giflais Lauren si violemment qu'elle tomba par terre.
« Ahhh… »
Lauren se tenait la joue, maintenant rougie par ma gifle, ses yeux écarquillés de peur, surprise et de colère.
« Espèce de Garce ! C'est tout !? C'est tout ce que tu as me dire pour te justifier Lauren !? Tu es vraiment pathétique, crois-moi tu n'aurais jamais dû envoyer ces photos, tu vas le regretter. »
« Est-ce une menace Arizona !? »
Elle essaya de se lever mais je l'en empêchais. Je n'étais pas naturellement violente et je savais que ce que je faisais maintenant n'était pas très orthodoxe. La violence ne résolvait rien. Mais Lauren avait fait du mal à Callie, et je n'avais qu'une envie c'était de lui faire encore plus mal.
« Oui c'en est une ! Je te pensais plus intelligente que ça mais apparemment tu ne l'est pas. Au revoir Lauren.»
Il me fallut tout mon sang-froid pour la relâcher sèchement sur le sol. Je sortais à présent de son bureau en claquant la porte, m'éloignant le plus possible de cet endroit.
Je descendais les escaliers de George &Son, encore plus furieuse que lorsque que j'étais arrivée.
« Robbins ! »
J'entendis une faible voix émaner de ma poche. Je sortais mon portable et m'apercevais que Karev était en train de m'appeler.
« Karev ? Tu m'as appelée ? »
« Ouais, j'ai crié plusieurs fois mais tu ne m'entendais pas…Tu étais trop occupée à crier après cette Lauren…J'ai appris que c'est cette garce qui a pris et envoyé les photos ! »
« Um…Oui…Tu as entendu notre conversation ? » Répliquais-je, embarrassée à l'idée que Karev ait pu écouter les avances de Lauren.
« J'avais des soupçons sur elle…mais maintenant tout est clair, c'est une vrai nympho ! »
Il riait maintenant et je ne pus m'empêcher de secouer la tête, tout en lâchant un petit rire.
« Non sérieusement, je ne sais pas comment tu as fait pour refuser ses avances…okay c'est la reine des garces…mais il faut l'avouer…c'était drôlement excitant. »
Je roulais les yeux maintenant.
« Pervers ! »
«Oh Arizona je veux que tu me prennes violemment sur ce bureau !»
Il prenait une voix plus aigue, essayant d'imiter Lauren. Sans succès.
« La ferme Karev. »
Il rit un moment puis s'arrêta, son ton plus sérieux.
« Oh au fait ! En faisant mon enquête sur l'affaire des clichés, j'ai appris pas mal de choses…enfin deux essentielles…j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. »
« Okay je t'écoute »
« La bonne nouvelle, c'est que d'après les rumeurs, Fujis& Hoops seraient prêts à investir huit millions dans ton nouveau projet avec Chuck. »
« Wow…en effet c'est une très bonne nouvelle ! Et la mauvaise… »
Alex soupira dans le téléphone puis continua.
« Et bien la mauvaise c'est que Jack est à New-York et qu'il s'est associé avec Global Company. Il serait prêt à copier ton projet et séduire tes potentiels investisseurs. »
« Le salaud ! Chuck va être fou…Merci Karev, je te tiens au courant quand j'ai besoin de toi. »
« 5/5 Boss »
Je me dirigeai à présent vers mon véhicule et m'apercevais qu'une masse de journalistes se concentraient à l'entrée.
Merde…
« Elle est là ! Elle est là ! »
« Branchez les micros ! »
Je commençais à faire demi-tour mais cela était trop tard, les journalistes m'avaient déjà aperçue, me courant après comme des prédateurs déchainés sur leur proie.
« Arizona ! Juste un moment !»
« Mademoiselle Robbins ! Qu'avez-vous à dire à propos des clichés pris hier soir ! »
« Arizona, comment se fait-il que l'on ne vous ait pas vu sans compagnie pendant deux mois et puis maintenant cette fille ? »
« Pourquoi le choix de cette assistante du Runway Magazine ? Avez-vous des relations sexuelles avec elle ? »
« Avez-vous fait une sex-tape avec elle ? »
Finalement je réussissais à atteindre ma voiture. J'y montais furtivement, ignorant complètement les journalistes. Ceux-ci commençaient à s'amasser autour de ma voiture et à frapper sur les portes.
« Mademoiselle Robbins s'il vous plaît… »
« Juste une question ! »
« Par ici, Arizona ! »
J'allumais le moteur et fis rugir délibérément le moteur et reculais doucement. Mon geste eut l'effet escompté, la masse de journalistes s'écarta légèrement. Cependant certains continuaient de taper à la vitre. Callie mais où es-tu ?...
Arrivée à mon appartement, je me dirigeais vers ma salle de bain. Enlevant mes vêtements et mon portable de ma poche, je vérifiais mes messages.
Toujours aucun message de Calliope….
Je fronçais les sourcils puis me décider à ranger mon téléphone. J'avais énormément besoin d'une douche, le stress de la journée m'ayant complètement drainée et épuisée. Je rentrais dans la cabine de ma douche multifonctions et laissait la chaleur et la puissance de l'eau apaiser les muscles tendus de mon dos, mon épaule, mon cou…Je me laissais aller à mes pensées alors que l'eau chaude continuait d'apaiser non seulement mes muscles mais aussi mon esprit tourmenté…
Hier avait était magnifique, mais aujourd'hui, tout avait été absolument chaotique. De la révélation des clichés puis la visite de mon père à mon bureau, le comportement pathétique de Lauren et enfin le défoulement des journalistes. Oui, aujourd'hui pouvait être ce que l'on pouvait qualifier ordinairement et grossièrement de « journée de merde ».
Je sortais de la cabine et m'habillais rapidement. J'enfilais une nuisette noire légère puis me couvrais d'un peignoir noir en soie. Je sortais de ma salle de bain, mes cheveux fraîchement lavés et séchés, mon visage libre de toute trace de maquillage. Je me sentais beaucoup plus apaisée, fraîche et détendue.
Je me dirigeai vers la cuisine désormais, prenant avec moi une boîte de donuts et un pot de crème glacée. Finalement arrivée au salon, je m'installais sur le canapé, mes donuts et mon pot de glace posés sur la table basse. Je composais le numéro de Callie à nouveau, mais alors que j'allais appuyer sur le bouton appeler, quelqu'un frappa à la porte.
Je soupirais et posais mon portable sur la table basse.
« Juste une seconde Chuck ! »
Je me dirigeai à présent vers la porte d'entrée.
« Chuck ! Est-ce que tu as oublié tes clefs ou… »
Mon cœur se brisa à la vision qui se tenait devant moi.
« Oh… »
«Je…suis désolée, je ne t'ai pas...répondu…je…je…suis…désolée… »Me dit-elle, ses mots légèrement hachés à cause de ses pleurs.
Son visage couramment illuminé par ce sourire magique était désormais très pale, triste. Ses cheveux normalement impeccables étaient en bataille. Ses yeux étaient rouges, elle avait du énormément pleuré pour atteindre une telle rougeur.
Quelques larmes coulaient encore sur ses joues mouillées.
C'était la première fois que je la voyais pleurer, et cela me faisait extrêmement mal au cœur. J'avais le soudain besoin de la protéger, de la prendre dans mes bras, tout en sachant que c'était en partie à cause de moi qu'elle pleurait.
« Viens ici. »
Et c'est ce que je fis. Je la serrai fermement dans mes bras, les siens s'agrippant fermement à mon cou alors que je massais son dos pour la calmer. Elle continuait de pleurer silencieusement alors que je continuais de masser son dos. Nous restâmes un moment, immobiles, les pleurs de Calliope substituant à mesure que je lui chuchotais des mots réconfortants dans son oreille.
« Calliope…je suis désolée…que tu traverses cela…que cela nous arrive, alors qu'entre nous c'est juste le début. Je sais qui a fait ça et crois moi elle va le regretter. »
Elle releva la tête subitement, ses yeux rouges de colère.
« Arizona tu...tu… n'y es pour rien ! Qui a fait ça ?! »
Je soupirais dans le vide puis fis face de nouveau à Callie.
« Si puisque c'est mon ex, Lauren Boswell, qui l'auteure de ces photos. Je suis allée la voir cette après-midi et j'ai seulement découvert qu'elle était une jalouse compulsive. »
Callie soupira et resta silencieuse un moment puis me fit de nouveau face.
« Arizona est-ce que je peux rester ici ce soir ? Je n'ai nulle part où aller…et…je sais que je dois surement te déranger-»
« Tu peux rester ici aussi longtemps que tu le souhaites. Rentre, je t'en prie. »
« Merci. »
Je laissais Callie rentrer, regardais si personne ne nous avait suivies dans le couloir puis fermais la porte à clef.
Je me retournais et apercevais Callie assisse sur le canapé, pleurant à nouveau.
« Mes…mes parents…ils n'étaient même pas au courant de tout ça…Ma mère refuse de me parler et mon père m'a menacé de me déshériter…Bon il y a Lily tout de même qui ne m'as pas jugée et qui me soutient mais John refuse de me parler pour l'instant, ce qui est normal puisqu'il est le meilleur ami de Mark.»
« Callie…Je suis terriblement désolée…Je sais ce que nous avons fait, c'est mal envers Mark… Ils ont besoin de temps pour tout encaisser. Comprends-les, tu as toujours été avec des hommes, notamment une longue relation avec Mark puis du jour au lendemain tu te retrouves sur toutes les pages des journaux en train d'embrasser une femme. »
Elle releva la tête, m'observa des ses yeux mouillés, en pleine réflexion, puis lâcha un petit rire nerveux.
« Oui mais je n'ai pas trompé Mark littéralement ! Et ils sont censés être mes parents…Tout le monde me regarde…comme si…comme si j'étais une pute… »
Quelques larmes coulaient sur ses joues que je m'empressais d'essuyais.
« Calliope ! Ne redis jamais ça ! J'espère que tu ne penses pas cela de toi. Tu es magnifique, intelligente et la femme la plus forte que je connaisse. »
« Hier je n'étais personne et aujourd'hui tout le monde suit mes moindres faits et gestes… Miranda….à ma grande surprise a été très compréhensive….Son chauffeur m'a amené discrètement chez toi à cause de tous ces paparazzis...»
Je souriais faiblement tout en caressant la main de Callie.
« Je savais que derrière cette apparence dure et intransigeante, Miranda avait du cœur. »
Elle rit faiblement à ma remarque.
« Je croyais vraiment qu'elle allait me virer lorsqu'elle a m'a convoquée dans son bureau cette après-midi. Mais il se trouve qu'elle a en horreur les paparazzis depuis son divorce. »
Je continuais à caresser sa main et la regardai dans les yeux à présent. Ses yeux étaient confus, tristes puis horrifiés ?
« Arizona mon dieu ! Je n'avais pas vu… Qui t'as fait ça mon amour ?! »
Elle se leva précipitamment. Elle s'agenouilla devant moi et me caressa doucement la jambe.
« Mon amour ? » questionnai-je, avec une pointe d'amusement.
Il fallait l'avouer, entendre Calliope m'appeler comme ça me rendait toute chose. Mon cœur fit quelques ratés en cet instant.
Elle rougit elle aussi tout en continuant de me caresser si délicatement.
« Arizona sérieusement…Qui t'as fait ça ? C'est Mark !?»
Elle se leva précipitamment, révoltée.
« QUOI ! C'est lui qui t'as frappé ? ¡Voy a matarle! ¡No puedo creer que te golpeó!»
Woah, en général ce n'était pas bon signe lorsqu'elle parlait espagnol. N'empêche que cela était vachement sexy…
« Que tonta estoy. ¡Todo eso es de mi culpa! »
Mmh en effet vachement sexy… Je la fixai ébahie, complètement noyée dans ses paroles.
« Preciosa dímelo por favor, ¿qué pasó? Me es insoportable que alguien pudiera dolerte…»
Bon je crois qu'il faudrait mieux que je réponde. Il faudra que je lui demande de me parler plus souvent en espagnol...
«Calliope calme toi s'il te plaît, je vais bien. Non ce n'est pas lui, on s'est battus avec Chuck à notre cours de Kick-Boxing… C'est juste une petite égratignure…»
Je lui souriais faiblement, fatiguée par la journée puis me dirigeais vers mon balcon sans dire un mot. Je me sentais regardée mais je continuais à fixer Manhattan. J'agrippais de mes deux mains la rambarde et fermais les yeux, savourant l'air frais de New-York sur mon visage. J'entendis des pas lents se rapprocher puis des grandes mains encercler ma taille. Sa tête se posa sur mon épaule, je pouvais sentir son regard sur mon visage mais nous restions toutes les deux silencieuses pendant une minute. Puis elle chuchota dans mon oreille, de façon tentative :
« J'ai l'impression que quelque chose d'autre te tracasse.»
J'ouvrais les yeux lentement et tournais la tête légèrement. Oui quelque chose me tracassait, j'avais peur pour Robbins Industries, peur de tout perdre face à Jack. Mais au lieu de révéler cela à Calliope, je forçais un sourire rassurant et déposais un baiser sur son front.
« Non ne t'inquiètes pas, tout va bien. »
Je fermais à nouveau les yeux. Callie resserrait ses mains cette fois-ci autour de ma poitrine, son nez niché dans mon cou. Nous restions un moment comme cela immobiles, dans les bras de l'une de l'autre. Je pouvais sentir la chaleur du corps de la Latina m'envelopper je me sentais bien tout simplement. C'est ce que j'aimais le plus je crois dans notre relation. J'appréciais les moments où l'on refaisait le monde, où l'on parlait de tout et de rien et également lorsqu'on parlait chacune de nos expériences vécues. C'était tellement facile de lui parler, de se confier à elle…
Mais j'adorais aussi ces moments, ces moments où l'on n'avait pas besoin de se parler pour se comprendre, où l'on communiquait par des caresses, des baisers et notre regard. J'adorais cette sensation, cette étrange et passionnante fusion lorsque nos corps et nos esprits ne faisaient plus qu'un. Cette fusion je l'avais ressentie lors de notre baiser sur le toit.
Immense, spectaculaire…
Je ne pouvais qu'anticiper la fusion que l'on serait capables de ressentir si nos corps étaient abandonnés et exposés à l'une et à l'autre….
« Tu penses à quoi ? » me dit-elle, brisant le silence de sa voix riche et voluptueuse.
« Je pense à nous maintenant. J'aime ces moments où l'on n'a pas besoin de se parler pour se comprendre. »
« J'aime ces moments aussi… »
Je restais encore un moment dans ses bras, ses mains caressant mes cheveux puis je rompais le silence.
« Callie…Tu ne m'a pas toujours pas dit comment ça s'était passé avec Mark ? »
Elle stoppa tous ses mouvements. Je tournais la tête, soudainement confuse.
« Um…Pas ce soir s'il te plaît…Demain je t'expliquerai. »
Je me retournais complètement, mes mains désormais autour de son cou. Ses mains se posèrent délicatement sur mes hanches, la fine soie noire de mon peignoir laissant peu de place à l'imagination. Je la sentis se raidir un moment, la nuance de ses yeux profondément obsidienne.
« Allons-nous coucher. » me dit-elle dans le creux de l'oreille.
Je pris sa main dans la mienne et me laissais emporter dans ma chambre. Arrivés à la hauteur de mon lit, elle me poussa délicatement sur le matelas, ses yeux toujours aussi sombres et pleins de malice.
« Quand tu as dis nous coucher…um…tu voulais dire dormir n'est-ce pas ? » lui demandais-je anxieuse.
Sa seule réponse fut un sourire malicieux.
« Callie… »
Elle continuait à sourire. Oh ce sourire…
J'étais complètement paralysée de désir, mes yeux observant attentivement ses moindres mouvements. Elle retira son jean puis monta à son tour sur le lit, ses jambes enjambant désormais les miennes.
Son corps est sublime, pensais-je.
Je me délectais de la sensation de ses jambes nues sur les miennes. Je restais là, immobile, alors qu'elle se redressait et s'asseyait désormais sur mes hanches. Je pouvais alors apprécier la volupté de ses formes, la richesse de sa chevelure et le creux de ses seins. Son chemisier beige en cachemire laissait apparaître sa plus subtile féminité; j'en étais déjà ivre de la sensation. Callie sentit mon regard puis me sourit, ses mains touchant ce creux lentement. Puis elle saisit délitement les boutons, détacha un après l'autre et révélant ainsi plus de peau.
Cette peau, comment la décrire... Riche, colorée et liquoreuse, je ne parvenais pas à détacher mon regard de ses seins. Je devais sûrement arborer un air stupide, mes yeux à présent glués à sa poitrine. Puis mes mains joignirent lentement l'objet contemplé. Son corps se raidit à la sensation de mes mains sur ses seins puis elle ferma les yeux, ses dents mordillant sensuellement sa lèvre inférieure. Elle ouvrit ses yeux à nouveau. Nos regards ne cessaient alors que je la caressais, le sien sombre et séducteur plongé dans mes yeux bleus.
« Callie s'il te plaît… »
Mais elle ne m'écoutait guère, ses doigts s'attardant à défaire le nœud de mon peignoir.
Finalement elle l'ouvrit complètement me laissant exposée et vulnérable dans ma nuisette noire.
La fraicheur de la chambre et le bruit sourd de la ville m'étaient des sensations lointaines. Je ne pouvais qu'entendre, sentir, percevoir que ce visage angélique illuminé par la lune. Ses yeux ténébreux esquissèrent un sourire puis avec douceur pencha ses lèvres pulpeuses vers les miennes alanguies.
Je ne riposte plus, le parfum nageant autour de sa gorge nue soûle mes sens. Je bouge avec elle maintenant, explorant une danse encore inconnue, imparfaite. J'aime ce voyage. Ses mains couleur caramel passent dans mes cheveux et je continue de l'embrasser, oubliant ainsi toute réalité. J'agrippe mes mains sur ses hanches, le délicieux poids de son corps sur le mien. J'étais sûre qu'elle pouvait déjà sentir mon excitation, la friction de nos deux corps réveillait en nous ce désir non consumé. Ma vision était complètement floutée à présent et je devais surement arborer ce sourire débile à chaque fois que Calliope m'embrassait.
Soudain mon corps se raidit subitement. J'essuyais ma joue puis me détachais de sa bouche. Relevant la tête, je constatais que cette larme tombée sur ma joue était bien la sienne.
« Pourquoi tu pleures ? »
J'essuyais les larmes de mon pouce, ses joues dans le creux de mes mains. Ses yeux noirs brillaient à travers les larmes. Elle ne répondit pas.
« C'est à cause de Mark, n'est-ce pas ? »
Je sus la réponse à son regard. Je l'allongeais alors sur mon corps, son nez niché dans mon cou alors que je la berçais dans mes bras. Finalement je embrassais son front et éloignait les mèches noires de ses yeux. Je continuais de la bercer un moment, mes yeux moment les ouvrais à nouveau,la chambre était désormais obscure,le son de la pluie émanant sur la fenêtre.
Elle dormait à présent.
Latch-Disclosure (feat Sam Smith)
Voilà j'espère que ce chapitre vous a plu !
