Amis du jour, bonjour!
Et voilà la suite!
Merci à Amandiiine, Lady Lyanna (je t'aimeuh!), Patacitrouille, Alice C et Baltha!
Enjoy!
°Oo. Ainsi fait l'amour, et l'on y peut rien .oO°
Chapitre Neuf.
Je me réveillai lentement. C'était quoi ce bruit? Je m'étirai et me rendis compte que j'étais dans un fauteuil de la salle commune. Je m'étais endormi sur un livre… Je tournai la tête vers la source du bruit qui m'avait réveillé. Un hibou. Je le connaissais… J'allai ouvrir la fenêtre et le laissai entrer. Le hibou de ma voisine, Mrs Holburner. Je fronçai les sourcils, prenant la lettre dans mes mains et détacha le cachet, puis parcouru la lettre des yeux.
Je me laissai tomber sur la chaise la plus proche et me pris la tête entre les mains. Le pire était arrivé. Je savais que… mais… Je fermai les yeux et laissai mes larmes couler librement.
.oOo.
Je rentrai dans la volière, afin de répondre à Mrs Holburner. Je me figeai en voyant Bella. La seule personne que je n'avais pas besoin de voir à ce moment précis, et en même temps la seule que je voulais voir. Elle tourna la tête vers moi et fronça les sourcils.
-"Préfet?"
-"Bella…" Devais-je partir? J'en avais aucune envie.
-"Fais ce que t'as à faire, je ne te mordrai pas ce soir." Dit-elle de son ton froid.
Je soupirai et m'assis par terre, prenant une plume et de l'encre dans mon sac, et écrivis un mot au dos du parchemin.
-"Pourquoi t'es triste?" me demanda-t-elle, toujours froide.
J'essayai de contenir les trémolos de ma voix. "Ma mère…vient de… de mourir…"
-"Oh… désolée."
-"Merci…" dis-je en levant les yeux vers elle. Puis je rebaissais le regard, signais sur le parchemin et pliais la lettre. Je la donna à un hibou, lui donnant l'adresse, puis je le regardai partir dans le ciel.
-"T'écris à qui si ta mère est morte?"
-"Ma voisine… c'est elle qui m'a prévenu…" J'avais le regard fixé sur le lointain point qu'était devenu le hibou.
-"T'aurais peut-être dû rester auprès d'elle le temps qu'elle meurt…"
-"Elle voulait pas… elle voulait pas que je la vois mourir…" J'essuyai mes larmes, n'essayant pourtant pas de les retenir.
-"Allez viens, on va boire un verre. Ça te fera du bien."
Elle me prit le bras et m'obligea à me lever. Ça me surpris de sa part, une telle initiative. "Oh… d'accord…"
-"Te fais pas d'idées, c'est purement égoïste. Je n'aime pas particulièrement éprouver autant de tristesse en même temps que quelqu'un..." dit-elle en roulant les yeux.
J'haussai les épaules. "Oh mais je ne me fais pas d'illusions…" On se mit en route vers un passage secret pour nous rendre à Pré au Lard.
-"Elle est morte quand?"
-"Hier soir…"
-"Et elle te manque déjà?"
-"C'est le fait de savoir que je ne la reverrai plus jamais qui… qui me rend triste…" J'ouvris le passage d'un coup de baguette.
-"Ne sois pas si égoïste." Dit-elle en entrant dans le passage. "Elle sera plus heureuse ailleurs qu'ici, malade."
Elle avait entièrement raison… "Je sais oui. Mais c'est un sentiment humain." Je la suivis dans le passage.
-"En clair: je peux pas comprendre!" Elle soupira. "Change de registre, Préfet!"
Je soupirai à mon tour. "Pourquoi tu m'emmènes prendre un verre?"
-"Pour te saouler, ça te détendra. Et promis, j'arrête les remarques."
J'haussai les sourcils, pas convaincu. "Mouais… Mais je n'ai aucune envie de me saouler."
-"Tu veux revenir à Poudlard?" elle avait reprit son ton froid.
-"Non." Dis-je en continuant d'avancer.
-"Boooon… Alors qu'est-ce que tu veux faire?"
-"J'ai pas dit que je voulais pas aller prendre un verre. J'ai dit que je voulais pas me saouler. C'est pas pareil. Et je tiens pas trop bien l'alcool, de toutes manières."
-"Moi si, je te ramènerai à Poudlard."
Je soupirai et poussai la porte menant dans une ruelle de Pré au Lard. On sortit tous les deux, et on rentrait à la Tête de Sanglier. On s'installa à une table, et Bella commanda une bouteille de whisky, et donna beaucoup d'argent au serveur. Pour qu'on nous pose pas de questions, je suppose. Elle nous servit un verre à tous les deux.
-"Allez, attaquons!"
-"Ouais…" Je soupirai et vidai mon verre cul sec. "J'aime pas le whisky."
-"Ben tu bois quand même, au prix où je l'ai payé!" Elle me resservit un verre.
-"L'alcool n'a aucun effet sur toi, hein?"
-"Aucun non, sinon de pouvoir gagner des paris avec de simples mortels... ou de pouvoir les voir bourré..."
Je bu mon deuxième verre. "Et ça t'amuse, je suppose…"
-"Disons que ça m'occupe." Elle me servit un autre verre aussitôt, et s'en avala deux à la suite.
-"Tu ressens au moins le goût de l'alcool?"
-"Hum… bien fort, oui. L'habitude. Je peux boire autant que je veux et fumer comme un pompier, j'en mourrai jamais."
-"Oui, pas étonnant." Je vidai mon troisième verre et fermai un peu les yeux.
-"Elle était comment ta mère?"
Je rouvris les yeux. "Généreuse… gentille… toujours à donner aux autres… positive…" Ca me faisait mal de parler d'elle, et essayai de retenir quelques larmes qui menaçaient de tomber. Je bu un autre verre.
Elle soupira. "Reprends toi, crois-tu vraiment qu'elle aimerait te voir comme ça ?Ta mère t'a tout donné, jusqu'à sa vie, alors fais rapidement ton deuil et croque la à pleine dent cette putain de vie !"
-"Putain de vie, oui!" Je me servis un nouveau verre. "Je suis en train de me saouler avec une fille qui en a rien strictement rien à foutre de ma gueule et qui s'amuse à mes dépends!" Je vidai le verre et fermai les yeux. Ça commençait à monter…
-"Mais au moins ça te fait du bien!" Elle me servit un verre, et bu le sien cul sec. "C'est dégueu ce machin."
-"Je te le fais pas dire." Dis-je en grimaçant. Mais je m'en moquais. Ce soir, je voulais juste… oublier… et si c'était la seule façon… Je me resservis un verre.
-"Tu es bourré?" dit-elle en souriant légèrement.
-"Tu aimerais bien…" Je souris légèrement à mon tour. "Disons que je commence surtout à avoir une migraine atroce."
-"Reprends un verre alors!" Et elle m'en resservit un.
-"T'as raison, ça va m'aider!" Je roulai les yeux mais bu quand même le verre. Je refermai les yeux. Maman…
Je sentis la main de Bella dans mes cheveux. "Je suppose que pleurer ne t'aideras pas…"
-"Non, sûrement pas…"
-"Et qu'est-ce qui t'aiderait…?"
-"Y'a rien qui peut m'aider." Je posai ma tête sur l'épaule de Bella et elle passa son bras autour de mes épaules.
-"C'est pas comme si tu t'y attendais pas…"
Je soupirai. "Ça fait quand même mal…" Je laissai libre cours à mes larmes.
Elle me prit dans ses bras. "Ça va passer, laisse-toi le temps."
Je me blottis contre elle. Merlin si elle savait comme j'étais bien là, dans ses bras. C'était le seul endroit où j'avais envie d'être en ce moment. Etre avec elle, sans penser à rien d'autre…
Je sentais ses main sur mon dos et dans mes cheveux. C'était si agréable… Elle se baissa un peu et colla sa joue contre la mienne, et descendit sa main sur mon cou.
-"Merci…"
-"Pourquoi…?"
Son nez était collé au mien. J'ouvrai doucement les yeux et la regardai. "D'être là…"
Elle haussa les épaules et sourit légèrement. "C'est un plaisir… j'aime ton odeur…"
Je souris faiblement, ayant conscience que je devrais peut-être avoir peur. Mais je restai contre elle, trop bien là pour bouger. Elle remua doucement son nez contre le mien et posa sa main sur ma joue pour la caresser.
-"Je ressens tous tes sentiments… tu es si dispersé…"
Bella avait un don d'empathie. Elle ressentait tout ce que les gens ressentaient. Je souris légèrement. "Pour une fois que quelqu'un me comprend…"
-"J'aimerai vraiment ne pas savoir ce que tu éprouves… c'est si… troublant…" Elle posa sa main sur mon cœur. "Dès que je te touche…" Elle releva les yeux vers moi. "…il bat à cent à l'heure…"
Je la regardai dans les yeux. "Je t'avais bien dit que c'était de ta faute s'il battait si fort…"
-"Tu n'as pourtant pas peur…" Elle fronça les sourcils. "Pourquoi…?"
J'haussai une épaule sans répondre. Qu'est-ce que je pouvais dire? Je refermai les yeux.
-"Tu es triste…" Elle s'écarta et je fus donc obligé de me redresser. Quand je rouvris les yeux, je vis qu'elle était redevenue froide et distante. "Bois. Pour oublier…"
Je secouai la tête. "N-non… j'ai mal au crâne…"
Elle fronça les sourcils. "Pas déjà." Je soupirai, pris le verre et le bu cul sec. "Cinéma!" chantonna-t-elle en me resservant un autre verre. Encore.
-"Bella… ça ira là…" Elle haussa un sourcil en me regardant. Je roulai les yeux et m'enfilai un autre verre, puis laissai ma tête tomber doucement sur la table.
Elle soupira. "Ça va pas?"
-"Si, ça va très bien…" Je relevai la tête. "J'en suis à combien de verres, là?"
-"Hum… 5 ou 6…"
Je fronçai les sourcils. "Oh, je croyais que c'était plus." J'appuyai ma tête contre ma main. "Ça ira comme ça…"
-"Tu tiens vraiment pas l'alcool! C'en est désespérant!"
-"C'est sûr que par rapport à toi…" Je fermai les yeux et me massai les temps. Ma tête…
-"Pfff! Parce que tu crois que ça me fait plaisir?"
-"Désolé…" murmurai-je. Il fallait que je rentre… il fallait que je rentre…
-"Vas te faire voir…"
-"Désolé pour tout…" Je ne savais pas exactement pour quoi je m'excusais. A vrai dire je ne savais plus grand chose. Mon esprit était atrocement confus, et ma tête me faisait tellement mal… Je me levai en me tenant à la table.
-"Arrête de t'excuser!" Elle me prit par la taille. "Tu tiens même pas debout!"
Je m'appuyai sur elle. "J'aurai pas dû boire…je…je vais rentrer…"
-"Ouais, c'est ça. Un pied devant l'autre…" On sortit du bar, moi m'appuyant toujours sur elle, mon bras autour de ses épaules, les yeux à moitié fermés. Je sentis soudainement quelque chose de très froid sur ma peau, sur ma taille, et m'aperçus que c'était la main de Bella, passée sous mon t-shirt. "On arrive bientôt…"
-"T'es gelée…"
-"La douce chaleur de l'éternité…"
-"Oh…" On entrait dans le passage secret. Ma tête tournait… tournait… Je m'arrêtai et m'assis par terre.
-"Tu veux pas que je te porte non plus?" Elle s'assit à côté de moi.
J'essayai de formuler une phrase correcte, la tête entre les mains. "Pour-pourquoi tu... tu fais... pourquoi tu fais tout ça... pour... pour moi si... si tu... tu ne m'aime pas...?"
-"Hein? T'es pas amoureux de moi, Préfet, au moins?"
Je secouai faiblement la tête. "Pour-pourquoi?"
-"Ben tu dis que je t'aime pas, et t'as l'air déçu. On sait jamais."
-"Pourquoi tu…tu fais tout…tout ça?"
Elle ne dit rien pendant un moment, puis pris la parole. "T'as beau penser que je suis sans cœur, ressentir une douleur si profonde que celle que tu ressens alors que ce n'est pas la mienne, c'est... insupportable... de tous les dons que les autres peuvent avoir, le mien reste sûrement le pire. Je ne peux pas contrôler ça et au début... au début je me perdais même dans les sentiments des autres. J'ai l'impression parfois d'être une coquille vide, qui ne peut contenir que les sentiments des autres... et moi j'ai souvent l'impression que moi, je n'en ai aucun..."
Je rouvris les yeux pour la regarder, et posai ma main sur sa joue. Elle était si… triste…? Elle vint se blottir dans mes bras, et je lui caressai doucement le dos et les cheveux, puis sa joue, la serrant doucement contre moi. C'était à peine si je ressentais mon mal de tête. Elle releva la tête et m'embrassa doucement dans le cou. Je soupirai légèrement. Puis elle releva encore un peu la tête, et déposa un baiser au coin de mes lèvres, puis me regarda dans les yeux. Je ne comprenais rien à ce qui se passait, mais j'aimais ça, c'en était sûr. Elle posa sa main sur ma joue, son sourire en coin sur les lèvres. Ce sourire que j'aimais tant. Je regardai ses lèvres, si attirantes, avant de relever les yeux pour la regarder. Puis elle posa ses lèvres sur les miennes. Elles étaient si froides… Mais je n'en tins pas rigueur longtemps et l'embrassa doucement. Elle passa une main dans mes cheveux tandis que je caressai doucement les siens, et elle passa ses bras autour de mon cou. Je me détachai doucement, sans la lâcher, et repris mon souffle. Elle me regarda, et pour la première fois je ne vis ni sarcasme, ni moquerie, ni dédain. Je caressai doucement sa joue. Elle se leva et passa une jambe de chaque côté de moi. Elle s'assit sur moi et m'embrassa, et je passai mes bras autour de sa taille.
Au bout d'un long moment, elle se détacha de moi, gardant ses bras autour de mon cou. Et elle reprit son sourire en coin sarcastique. "Je savais bien que t'étais amoureux de moi…"
Mais pourquoi je n'arrivai pas à nier ça? "Pour quelqu'un qui ne m'aime pas…"
-"J'ai jamais dit que je ne t'aimais pas…" dit-elle en haussant un sourcil.
-"Si… tu l'as dit…" Je ne m'en souvenais que trop bien.
-"Et ça t'as rendu triste?" Elle souriait toujours en coin.
-"Disons que ça ne m'a pas étonné…" Je me relevai difficilement, la forçant à se relever aussi. Elle vint murmurer à mon oreille:
-"Même si je t'aime pas... tu embrasses très bien... Préfet."
Ce n'était pas vraiment ce que j'avais envie d'entendre. Je fermai les yeux. "Ramène-moi à ma salle commune… s'il te plait…"
-"Ouais ouais ouais. Monte sur mon dos!"
J'avais mal entendu? "Qu-quoi?"
-"Tais-toi et monte sur mon dos." Son ton était tellement autoritaire que je n'osais pas la contredire. Je montai sur son dos et me tint à elle. Force surhumaine des vampires…
Je ne tins pas longtemps avant de sombrer dans le sommeil, ma tête calée sur son épaule.
.oOo.
Ainsi fait l'amour
Et l'on y peut rien.
