Un moment...mouahahahaha (rire sadique. Silence. Reprise) mouahahahahahahaha! attendu, je pense. Bien à vous, DIL.
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La première chose que Hermione vit en sortant à son tour du salon, un quart d'heure plus tard, encore secouée, plus du désir fulgurant et incompréhensible qu'elle avait manifesté devant son tortionnaire que des Doloris subis, fut une Madame Rosépine particulièrement furieuse. La redoutable et redoutée maîtresse des filles la saisit par les cheveux, le visage déformé par la rage, et la jeta à terre. Hermione, ébahie, se réceptionna difficilement à quatre pattes, mais le coup de pied qu'elle reçut dans le ventre l'envoya rouler au sol.
-Espèce de petite salope, fulmina la mégère, sale putain. Je vais te le faire payer, garce !
Un deuxième coup de pied fit craquer les côtes de Hermione alors qu'elle tentait de se relever, lui ôtant le souffle, mais la tenancière ne s'arrêta pas pour autant. Elle se mit à l'apostropher, ponctuant chaque mot d'un coup de pied, dans le ventre, les côtes, les jambes et même la tête de la jeune fille.
-A cause de toi, j'ai perdu mon amant ! Profite bien de ses présences parce que le seul moment où tu auras du répit sera quand il te baisera, désormais !
Essoufflée, Sveltlana s'éloigna, laissant Hermione à moitié morte sur le sol.
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Quand Blaise entra dans la chambre, il vit que Ginny l'attendait déjà. Celle-ci tapait du pied sur le sol, impatiente, un air redoutable collé au visage. Devant son regard flambant de colère, le métis ne put que se ratatiner.
-Blaise Zabini, hurla-t-elle dès qu'il fut entré. Je sais que tu te charges de mon bien-être et de ma protection ! Mais si tu pouvais calmer un peu tes amis, et spécialement Malefoy, quand ils s'en prennent aux miennes, et spécialement Hermione !
Blaise ne cacha pas son étonnement. Quand il avait quitté Hermione la veille, celle-ci allait plutôt bien. Endolorie, sans doute, secouée bien sûr, mais relativement bien.
-Drago ne lui a rien fait, se défendit-il, et moi non plus.
-Le beau visage de Ginny se tordit de haine.
-Rien fait ? Rien fait ! Je l'ai retrouvée dans le couloir devant le salon de repos hier, couverte de sang et de blessures, avec plusieurs os visiblement fractionnés ! Elle est dans le coma, parce qu'elle a reçu un coup à la tête, et n'en est pas sortie !
Cette fois, Blaise tomba totalement des nues.
-Pardon ? Non, Ginny, j'ai vu Granger hier en raccompagnant Malefoy et hormis quelques Doloris il ne lui a pas levé la main dessus. Elle était consciente, et allait assez bien pour ne pas en garder de séquelles physiques.
Ce fut au tour de la rousse de sembler étonnée.
-Je te dis que...
-Je te crois, Ginny, coupa rapidement Blaise, et je pense savoir qui c'est. Maintenant, je vais te quitter, j'ai quelqu'un à voir, d'accord ? Je repasserai sans doute demain soir. Tiens, ajouta-t-il non sans rosir en lui tendant un bouquet de fleurs sauvages.
Elle rougit à son tour et les prit avant de les humer.
-Merci, Blaise. Elles sont absolument ravissantes.
-J'ai pensé à toi. Je les ai cueillies moi-même...elles ont ta douceur, ta fragilité, ta délicatesse et en même temps ce sont des championnes, qui se battent contre les mauvaises herbes qui tentent de les envahir et elles font front à toutes les épreuves de la Nature. En plus elles sont belles. Elles te ressemblent.
Ginny se détourna pour ne pas qu'il voie les larmes dans ses yeux et il eut le bon goût de ne rien lui dire à ce propos.
-Oh, Blaise...désolée de t'avoir crié dessus tout à l'heure.
-C'est oublié, ma fleur...mais à présent je dois y aller.
-Où cela, demanda-t-elle avec curiosité.
Il lui fit un sourire éclatant et l'embrassa avant de se diriger vers la sortie :
-Protéger Granger !
La porte se referma et Ginny resta à rêvasser, tenant ses fleurs.
-Décidément, Zabini, je t'apprécie de plus en plus, murmura-t-elle avec un bref mais sincère sourire.
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Mademoiselle Lavipérine se tenait en retrait, ses mains nouées dans son giron, raide comme la Justice, alors que Sveltlana, rageuse, secouait le petit corps de Hermione toujours inconsciente.
-Mais réveille-toi, debout ! Argh, s'agaça-t-elle en la lâchant pour se retourner vers l'infirmière. Ne peux-tu rien faire, toi ? Idiote incompétente !
-Rien, assura sèchement la vieille femme. Et si vous voulez vraiment qu'elle se réveille, cessez de la secouer dans tous les sens. Je pense que vous en avez déjà fait assez.
Retournant sa colère sur son employée, la belle blonde se tourna vivement et pointa un doigt menaçant dans sa direction :
-Ne t'avise même pas de me donner des ordres, tu entends ! Ce que je fais ou non ne te regarde en rien ! Réveille cette fille ! Emploie de la magie noire s'il le faut, mais je veux que d'ici une heure, elle soit debout ! On ne sait jamais quand Dray peut débarquer et s'il sait ceci, il aura ma peau !
-Tant mieux, marmonna l'infirmière.
-Pardon ?
-J'ai dit que j'essaierais, Madame.
-Essayer n'est pas suffisant ! Je veux que ce soit fait ! Bouge-toi donc, vieille peau, empotée !
Une voix plus glaciale que le vent d'hiver s'éleva de l'entrée de l'infirmerie.
-Si tu la voulais en pleine forme, il ne fallait pas la brusquer.
Pâle, Madame Rosépine se retourna lentement vers Blaise Zabini qui avançait. Il était impressionnant, terrifiant même, tellement la rage déformait ses magnifiques traits. Il arriva à sa hauteur et la gifla, d'une force telle qu'elle chancela et faillit tomber, yeux écarquillés devant la fureur de celui qui fut son ami.
-Je pensais que Drago avait été clair à ce sujet. Comment oses-tu défier la parole du bras droit de notre très vénéré Maître ! Cherches-tu à aller à Azkaban ? Ou pire, à mourir ? C'est ta dernière chance ! Après cela, tu sais ce qui t'attend ! Drago ne sera pas aussi clément !
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Avec Luna qui se trouvait avec Théo, et Hermione à l'infirmerie, Ginny était désœuvrée. Elle passa dans les couloirs des domestiques et entendit soudain des pleurs parvenir de ce qui semblait être une chambre, mais dont la porte avait été mal refermée. Titillée par la curiosité, la jeune femme poussa ladite porte, qui grinça. La jeune femme qui pleurait devant sa coiffeuse leva la tête et Ginny put reconnaître avec étonnement Hélène, la réceptionniste, dont le joli visage était baigné de larmes.
-Que veux-tu, toi, aboya la blonde.
-Désolée, fit Ginny mal à l'aise. Je passais et...j'ai entendu pleurer alors je...désolée.
Hélène s'essuya les yeux puis se leva pour faire face à la jeune rousse.
-Tu l'aimes ?
-Qui ?
-Blaise. Tu l'aimes ?
-Non. C'est un client...
-Et lui ? Il t'aime ?
-Je ne crois pas, il m'apprécie...
Il y eut un silence seulement coupé par les reniflements de la réceptionniste.
-Tu es amoureuse de lui, murmura Ginny.
Le regard de Hélène parla pour elle.
-Écoute, soupira la rousse. Tu es réceptionniste ici. Tu es donc une fille honorable, mais les hommes ne te remarquent pas justement à cause de cela, alors qu'ils ont un tas de prostituées sous la dent. C'est pour cela que Blaise ne t'a jamais remarquée...
-Je suppose, souffla la blonde.
-Si tu veux avoir Blaise, tu dois le séduire, au lieu de te contenter de sourire et d'empocher l'argent de son entrée. Et la séduction ne doit pas s'effectuer à travers quelques sourires aguicheurs ou des paroles à double sens : il entre dans un bordel, c'est normal que les filles fassent ça. Non, il faut être plus...disons, plus culottée.
Ginny s'assit sur le lit et Hélène l'imita, buvant ses paroles.
-Comme quoi ?
-Je ne sais pas...propose-lui un dîner, je ne sais pas...
La blonde essuya définitivement ses larmes.
-Mais toi, tu vas le perdre si je sors avec, couina-t-elle, et tout le monde ici sait qu'il est ton protecteur...
-Je t'ai dit que Blaise était un client.
-Mais c'est plus que cela, non ?
-Peut-être...peut-être puis-je le considérer comme un ami. Et en tant qu'ami il me protégera toujours.
-D'accord, fut la réponse mal assurée. Merci, Ginny.
-Je suppose que tu es de service ?
Hélène eut un petit sourire coupable.
-Oui. Je suis partie quand...quand il est arrivé pour te voir. J'ai laissé les soins de la réception aux mains d'une serveuse, temporairement...je n'en pouvais plus. Dis, tu m'aideras à avoir Blaise ?
Ginny eut un petit sourire contrit. Pourquoi cela lui faisait-il si mal au cœur ?
-Bien sûr.
-Je peux te considérer comme une amie ? S'il te plaît. Les filles ne m'aiment pas beaucoup ici, parce que je suis la nièce de Sveltlana et que je suis une femme libre.
-Tu es sa nièce ?
-Oui. Mais je ne l'aime pas. Elle est très violente et...je crois qu'elle a été la maîtresse de mon père. C'est pour cela que je la soupçonne d'avoir tué ma mère, sa sœur. Je suis orpheline, tu sais ?
Ginny n'en revenait pas. Cette femme-enfant fragile et romantique était la nièce d'une manipulatrice rusée et sans cœur. Et en plus elle avait sans doute tué sa sœur pour une coucherie avec son beau-frère. Elle était belle, la famille.
-Oui Hélène. Si tu veux, je serai ton amie.
Hélène lui offrit un sourire enjoué et elles allèrent bras dessus bras dessous jusqu'à la réception, où la remplaçante de la blonde semblait se disputer avec Drago Malefoy. Reprenant ses allures professionnelles de mannequin, Hélène s'interposa.
-Merci Laura. Je vais m'occuper de Monsieur Malefoy.
Le blond se tourna vers elle, soulagé :
-Ah ! Hélène, Merlin merci. Cette cruche ne semblait pas comprendre la moitié de ce que je dis. Je veux voir Granger, Hermione Granger.
Ginny, qui était restée tout près, renifla dédaigneusement :
-Cela m'étonnerait ! Étant donné qu'elle est dans le coma à l'infirmerie.
Le blond fit volte-face et dévisagea sans animosité les traits défigurés par la haine de Ginny.
-Pardon ?
-Hermione. Coma. Infirmerie. Toi comprendre moi ? Moi parler Anglais pourtant.
-Méfie-toi, Weasley. Tu as de la chance d'être la putain attitrée de Blaise parce que sinon...qu'est-il arrivé à Granger?
-J'ai comme dans l'idée que c'est toi qui l'as envoyée au carreau hier, cracha-t-elle, mais Blaise n'était pas d'accord. Il est parti en disant qu'il avait quelqu'un à voir.
Le regard de Drago s'assombrit et il se retourna vers Hélène.
-Hélène, où est Sveltlana ?
-Nous sommes lundi, donc soit en train de faire la conversation dans la grande salle, soit dans son bureau.
-Va voir où elle se trouve.
-Je te souhaite une bonne soirée Hélène, coupa Ginny, je vais prendre du repos. La fouine, salua-t-elle en ricanant.
-La belette, rétorqua-t-il.
Hélène revint cinq minutes plus tard.
-Elle n'est ni au bureau ni dans la salle.
-Indique-moi l'infirmerie, je te prie.
-Suivez-moi.
Hélène le devança et il la remercia avant de pénétrer silencieusement dans l'infirmerie. Il vit d'un regard un seul Hermione inconsciente et couverte de blessures sur un lit, Mademoiselle Lavipérine se tenant en retrait aussi sévère qu'une morte, Sveltlana se tenant la joue, et Blaise déclarant froidement :
-...oses-tu défier la parole du bras droit de notre très vénéré Maître ! Cherches-tu à aller à Azkaban ? Ou pire, à mourir ? C'est ta dernière chance ! Après cela, tu sais ce qui t'attend ! Drago ne sera pas aussi clément !
-Va te faire voir Zabini, hurla-t-elle. C'est cette salope qui a ruiné mes plans ! Tu sais à quel point j'aime Dray ? Non ? Ne cherche pas, tu es trop idiot pour en être capable ! Je mettrai cet homme dans mon lit quitte à utiliser la magie !
Drago s'avança lentement, d'un pas calculé, en sortant sa baguette. Les autres se figèrent.
-J'ai bien entendu les menaces que tu as proférées contre un haut représentant des forces armées du Seigneur et Maître de ce pays, dit-il froidement en regardant la dame aussi apeurée qu'une biche traquée dans les yeux. Le châtiment est la mort. En outre, tu as utilisé le Véritasérum contre un autre Mangemort. Le châtiment est également la mort. Enfin, tu as presque tué une prisonnière des Mangemorts sans autorisation, le châtiment est la torture. Je t'épargnerai la torture.
Il leva sa baguette et prononça sans préambule.
-Avada Kedavra !
Le rayon vert frappa Sveltlana qui écarquilla les yeux. Elle tomba doucement, sans un bruit et avec grâce, son visage inexpressif tant il était traversé d'émotions. Blaise toussota pour écarter le silence lourd qui s'installa et recula de trois pas. L'infirmière était clairement choquée. Étant le seul témoin à risques du meurtre sans procès d'une femme vénérée par le nouveau régime, ce fut vers elle que le blond se tourna.
-N'oublie pas, vieille femme. Tu n'as rien vu. Elle a piquée une trop grosse colère et en est morte.
Mademoiselle Lavipérine eut un sourire un peu tordu et elle avança vers la morte pour jouer la comédie d'une prise de pouls. Puis elle saisit une feuille et commença à y écrire tout en débitant.
-Sveltlana...Rosépine...cause...de la mort...crise cardiaque...
Drago sourit.
-C'est bien. N'oublie pas : un mot, et tu la rejoins en Enfer. Compris ?
-Oui Monsieur Malefoy.
-En échange de ton silence voici ce que je te propose, puisque tu sembles être une femme pleine de bon sens. Cela évitera aussi que des requins se déchiquettent pour obtenir ce bordel. Je t'en propose la direction. La place de la Rosépine. Vu ?
La duègne semblait aux anges.
-Entendu. Je vous remercie, Monsieur. Dès demain je chercherai une infirmière.
-Ce ne sera pas la peine. Nous en avons capturé une. Elle était au service des Résistants. Je pense qu'elle vous donnera toute satisfaction puisque son curriculum lui a permis de travailler à Poudlard. Elle se nomme Madame Pomfresh. Je la ramène demain et je verrai Granger.
La nouvelle tenancière fit une révérence un peu rouillée et on se quitta en silence.
