Chapter X

Pdv Wade :

Le son d'une grille métallique que l'on ferme me réveilla. J'ouvris instantanément les yeux, avant de les refermer aussitôt, aveuglé par la lumière ambiante. Étrangement, la chaleur suffocante des flammes n'était plus présente, remplacée par la sensation de fraîcheur d'un long couloir d'intérieur. Quelques personnes allaient et venaient, vacant à leurs occupation, sans me prêter l'ombre d'une attention. La majorité de ces gens étaient en tenue blanche, équipés d'un bloc note et de lunettes de protections. Le reste portait des uniformes et des protections singulières. Des néons blancs étaient positionnés par intervalle réguliers sur les parois en béton, éclairant la totalité de l'espace d'une lumière blanche artificielle.

J'étais allongé sur un lit d'hôpital au milieu du couloir. Mon corps était engourdi, rendant mes mouvements confus et m'empêchait de parler pour le moment. Je relevai laborieusement la tête, pour voir que des attaches entravaient mes bras et mes jambes. A coté du lit, deux hommes discutaient entre eux pour passer le temps. L'un d'eux semblait plus âgé, tandis que l'autre arbora une collection effroyable de cicatrice sur son visage et ses avant bras nus. Ils portaient tout les deux des armes de poings attachés à la hanche et un couteau en étui derrière la taille.

- Franchement » commença le balafré en regardant de travers une dame comme une étrangère qui passait un peu trop près d'eux à son goût « C'est long. »

- Te plains pas » Le réprimanda posément son camarade âgé « On aurait très bien pu se retrouver affectés sur le terrain lors de la dernière opération. Et tu as entendu ce qui se dit sur son déroulement ? »

- Yep, l'unité sur place a été totalement décimée, un vrai massacre. » Énonça négligemment le jeune comme si la mort de ses camarades lui important peu. « Ceux qui ont fait ça devait être des pro. Difficile de croire que ce jeune était avec eux. »

- Il paraît que les Varia étaient sur place,» répondit l'autre en frissonnant « Cela a été confirmé par la seconde unité que Drake à envoyé par la suite. »

- Le Boss a envoyé une équipe de secours ? » S'étonna le balafré « Ce genre d'initiative ne lui ressemble pas. Alors qu'il y avait déjà d'autres unités de plusieurs familles déjà sur place. »

- Il ne le montre peut être pas, mais il tient à notre famille. Un peu.» Commença son camarade « La trahison des Vongola envers nous et ses conséquences l'on affecté plus que nous tous. De plus, il a sans doute voulu récupérer des données précises sur ceux qui ont compromis l'opération. »

- Hm » Songea le premier « Ils ont tout de même eu une sacré chance pour ramener ce gars sans perte, surtout si s'est un Varia »

- Il y avait un risque, mais nous avons su utiliser nos méninges. Après tout, les Estranos n'ont jamais été une famille guerrière, mai nous savons compenser nos carences par la stratégie. »

-Idéaliste. »

- Pour sûr. » S'amusa le plus âgé.

- Les autres familles sont plus aptes pour ce genre de manœuvre, pourquoi doit-on se retrouver en première ligne ? »

- Notre penchant scientifique est vu d'un mauvais œil par ces dernières, il faut bien y mettre du notre de temps en temps pour montrer que nous ne sommes pas des proies faciles. Personnellement je m'en moque, tant que notre alliance conduit au but pour lequel elle a été crée à l'origine. »

Il y eu soudain une pause dans leur discussions, comme si ils songeaient à leur paroles respectives. Ils auraient pu sembler sympathiques, s'ils n'avaient pas été mes ravisseurs. Je n'ai pas compris tout ce qu'ils ont dit sûrement à cause des effets de la piqûre qui persistaient. Une trahison des Vongola, une alliance de famille, tout cela sonnait négativement dans mon esprit. Ils avaient parlé d'une unité décimé par les Varia, sans doute celle que mon groupe à décimé avant ma capture. Je me demandais ce qu'était devenu les autres membres du groupe. Les souvenirs de la voix en colère de Squalo et le corps de Jim au sol étaient encore frais dans mon esprit.

Le mafieux balafré tourna son regard dans ma direction pour vérifier mon état, et s'avança dans ma direction quand il vit que j'étais conscient.

- Tiens, il vient de se réveiller. »

- Juste à temps » dit l'aîné en regardant son minuteur « Le Boss va pas tarder à arriver. »

- Tu crois qu'il a entendu ce qu'on a dit ? » Demanda le balafré inquiet.

- Laisse, pour peu qu'il comprenne il ne sortira plus d'ici de toute façon. » Dit-il en réajustant le harnais de son arme.

- Tu as raison » acquiesçât il, soulagé.

Une porte du fond s'ouvrit, laissant entrer un homme fin de grande taille suivit d'une dizaine d'autre habillés en blouses blanches.

Mes deux gardiens se mirent au garde a vous, faisant claquer les talons de leur chaussures a l'unissons (Très martial pour des mafieux). L'homme de tête arriva a notre niveau et s'arrêta pour s'adresser au balafré.

- État du sujet ? » Demanda t-il brièvement, sa voix transpirant l'autorité.

- Conscient Boss. » L'informa son sous fifre.

- A t-il manifesté un quelconque signe de résistance ?

- Pas pour le moment Boss.

Celui que le balafré appelait ''Boss'' reporta son attention sur moi et s'approcha pour mieux m'inspecter. Il parcouru mon corps du regard, notant mentalement les données qu'il récoltait sur cette première évaluation.

- Messieurs ? » Commença t-il en s'adressant aux hommes en blouses derrière lui.

- Il est bien plus jeune que la majorité des sujets dont nous disposons. » S'avança l'un d'eux, un grand avec des lunettes de travers.

- Son organisme portes les marques d'une pratique physique intensive et stressante pour ses fibres musculaires récente » nota un second, avant de poser ses mains gantées sur mon bras. « Sa musculature s'est modifié pour permettre une capacité physique poussée, et de développer sa flamme de volonté. »

- Il ne maîtrise donc pas cette capacité ? » Insinua le Boss, attentif.

- Pas encore en tout cas. Je pense qu'il s'agit d'une recrue, son jeune âge tend à confirmer cet avis » conclut son subordonné.

- Bien. » Trancha t-il en pivotant vers le balafré « Transférez le en salle d'interrogatoire numéro 21 et commencez la procédure adéquat. »

- Bien Boss. » Répondit-il en commençant à pousser mon lit avec son camarade vers la porte par laquelle était venue le groupe.

Nous entrâmes dans ce qui ressemblait à un complexe de laboratoire. Le même que l'ont voyait dans les films de science fiction, avec des tubes de liquides colorés et les nombreuses machines au rôle incompréhensible. Le labo était loin d'être vide et silencieux, loin de là. Des petites explosions se produisaient dans les espaces sécurisés des tests de l'armement, tandis que certaines machines produisaient un vacarme assourdissant. (Bha pour la discrétion c'est raté, si avec tout ça on ne me trouve pas.). Quelques hommes armés patrouillaient un peu partout, même si leur nombre était minoritaire par rapport à celui des ''scientifiques'' qui s'affairaient entre les différentes consoles d'installations.

Le balafré ouvrit une porte isolée avant de nous faire entrer à l'intérieur. Les murs blancs étaient couverts d'instruments en tout genre, des plus reconnaissables comme les scalpels aux plus insolites. Je louchai sur une espèce de grosse boule d'où sortait un nombre assez remarquable de pique, me demandant à quoi elle pouvait servir tout en espérant ne pas le découvrir dans un futur proche ou éloignés. Ils me placèrent sans ménagement sur une chaise métallique avant de m'y attacher solidement.

La tournure des éventements ne me rendait pas sereins, mais alors pas du tout.

- Je suppose que tu appréhendes ce qu'il va se passer ? » Commença t-il en me regardant « Remarque dans ta situation, cela serait compréhensible. »

- On va tourner un nouveau genre de film SM ? »

Le balafré s'arrêta de bouger un instant, tiltant sur ce que je venais de dire. J'avais beau faire le keke, cette réponse était juste une tentative faire diminuer ma tension artérielle qui semblait commençait à saturer. Qu'on ne me demande pas où est-ce que j'ai appris à dire ça, Bel est un professeur assez original en son genre. Et Levi un bon sujet d'étude selon lui.

- Je crois qu'il a un grain. » Conclut le balafré en se tournant vers son camarade, qui se contenta de hausser les épaules avant de répondre :

- Un individu soumis à une tension trop intense se refuge souvent derrière l'humour pour se rassurer »

- Peut être... Mais passons, le Boss nous a demandé de passer à la procédure. » Rappela t-il en se massant les poignets « Ne soyons pas en retard ».

- On commence par quel test ?

- Mon préféré : le test ''physique'' » Ajouta t-il en m'écrasant le poing sur la figure.

Des étoiles passaient devant mes yeux, une douleur aiguë transperça mon visage. Je devais avoir le nez fracturé. Il frappait moins fort que le colosse dans la salle enneigé, mais suffisamment pour m'empêcher de contenir un petit cri de douleur.

-Ha ! » Souffla t-il « ça fait du bien. »

- Ce n'est pas ce que j'appelle un test scientifique, Dan » le sermonna son aîné.

- Je sais mais au moins ça me défoule » se justifia l'intéressé. « On peux passer à la suite » continua t-il en enfilant des gants avant de placer des électrodes sur mon corps.

La terreur commença à envahir ma poitrine quand il alluma le générateur électrique auquel j'étais maintenant relié. J'étais à leur merci, je ne pouvais rien faire pour me défendre. Qu'est ce qu'ils allaient me faire ? Un sourire psychopathe apparu sur le visage du balafré, étirant grossièrement ses cicatrices. Il appuya sur un bouton, des arcs électriques parcoururent les câbles dans ma direction, délivrant ma voix pour inonder la pièce de mes hurlements.

oOoOo

Pdv Giovanni :

Le soleil se couchait a l'horizon, teintant la campagne gardoise de sa lueur orange particulière. Cela faisait maintenant trois jours que l'incident de Nîmes s'était produit. Trois jours interminables passé à pacifier la ville des derniers mafieux ennemis et à échapper aux forces de l'ordre. En plus de tout cela, les chances de retrouver Wade en vie s'étaient amoindrit de jour en jour depuis son enlèvement. Mais les Estranos n'étaient pas réputés pour liquider leurs prisonniers, préférant en faire des cobayes pour leurs expériences. Cette option n'était pas forcément mieux, mais elle avait le mérite de laisser croire que Wade était en vie. En morceaux grillés peut être, mais en vie.

Les membres de la Varia ont reçut un coup dur ces derniers jours. Leurs effectifs comptaient désormais un membre blessé et un autre manquant. Mais ils avaient quand même participé aux recherches sans relâche, ne s'octroyant aucun repos. Le Capitaine Squalo était particulièrement à cran ces derniers temps, s'enfermant dans un silence inquiétant. Jim et Pyro quand à eux, avaient tentés tant bien que mal de dissimuler leur trouble. Giovanni avait eu du mal à les retenir quand l'éclaireur était revenu. Voir ces assassins d'élites dans cet état était inhabituel, Wade devait avoir une importance particulière pour susciter cela.

Franky avait été envoyé en reconnaissance durant les combats et a permit de repérer la base des Estranos. Elle se situait à quelques kilomètres de la ville dans une zone inhabitée, loin des regards.

C'était cette base que Giovanni regardait actuellement au travers de ses jumelles.

Le feuillage de l'arbre dans lequel il était perché lui servait de couvert. Le vent ambiant camouflant les mouvements de branches qu'il aurait provoqué. Ses jumelles observaient l'installation ennemie, la technologie des ingénieurs armurier des Vongola lui permettant d'analyser les lieux avec une extrême précision. Un petit bâtiment en béton entouré de trois bunkers reliés par des barbelés composait l'essentiel de l'infrastructure. Giovanni fronça les sourcils à mesure qu'il observait les lieux. Le système de sécurité était trop important pour un bâtiment aussi petit. Cela confirmait la théorie d'un possible complexe souterrain.

- Capitaine Giovanni, je suis en position. » Intervint la voix de Zino dans son oreillette.

Le capitaine tourna sur lui même pour observer les environs. Zino avait un rôle important dans l'opération à venir. Actuellement il devait être camouflé dans les environs, totalement invisible. C'est à cet instant que Giovanni repéra une tâche de couleur fluo dans la verdure environnante. Il lui fallut une fraction de seconde pour identifier une mèche de son subordonné qui dépassait d'un feuillage. En colère, Griovani attrapa le micro de son oreillette pour l'interpeller via un canal privé.

- Zin', si tu me range pas ton balaie à chiotte multicolore dans la seconde qui suit je te colle une remontrance dont tu te souviendras toute ta vie. »

- Quoi, tu va me mettre la tête dans la cuvette une fois rentré au QG ? »

- Peut être bien, ça aura le mérite de rendre ta tête plus invisible à mes yeux. Exécute-toi. »

L'intéressé soupira profondément dans le canal, avant de mettre sa capuche de camouflage, recouvrant enfin sa chevelure.

- Et en silence je te prie. » Ajouta Giovanni.

Il avait beau le réprimander sur ce manquement au protocole, rien à faire. Giovanni appréciait beaucoup Zino, il aurait pu être un Vongola exemplaire s'il n'était pas aussi rebelle. Pour le moment, il avait réussit à contenir les élans de son ami, mais ce dernier ne lui facilitait pas la tâche. Des mesures devront être prises si cela ne s'arrangeait pas. Mais ce n'était pas le moment de penser a cela, le sort de Wade et de toute l'équipe dépendait de cette mission. Il lança un dernier regard vers la position de Zino. L'arme de précision du sniper devait être braquée sur les hommes qui montaient la garde. Giovanni regarda aux alentours, tentant de voir l'ensemble des hommes sous son commandement avec les Varia. Giovanni avait réussi a convaincre Squalo sur les bien fait d'une approche furtive et préparée. Ce dernier avait finit par accepter, non sans contester, de rester en arrière durant les premières étapes de l'opération. En première ligne, Bob utilisait le couvert des arbres pour s'approcher des bunkers, suivit par les sept derniers Vongola de l'unité. Ce dernier fit signe aux autres de s'arrêter juste avant la lisière des arbres. Trois Estranos armés discutaient tranquillement devant eux. Ils ne se doutaient absolument pas de leur présence.

- Ici l'avant garde.» chuchota la voix grave de Bob dans le canal. « Zone de contact atteinte. Le soutient est prêt ? »

- Je vous couvre camarades » Répondit Zino

- Voï ! Bougez vous où je me charge de ça tout seul ! » Beugla une voix dans l'oreillette en faisant sursauter tout le monde, provoquant une série de jurons et de soupirs en réponse.

- Capitaine Squalo, vous allez compromettre toute l'opération si vous criez comme ça ! » Intervint Giovanni, exaspéré. «Avant garde, reprenez la mission. »

- Bien reçu » répondit Bob, imperturbable « En attente de la permission d'engager. »

- Permission accordée » répondit Giovanni « Engagez quand le moment sera propice, soyez furtif. »

Les sentinelles dans les bunkers sortirent, sans doute le temps d'assurer la relève instant après, trois tirs de silencieux des Vongola atteignirent les sentinelles qui discutaient en face d'eux. Elles s'effondrèrent avant d'être ramené silencieusement dans les fourrés et remplacés par trois Vongola qui avait revêtit leurs uniformes. Pendant ce temps deux autres Vongola coururent en direction des bunkers encore vides, les atteignant juste avant qu'un second groupe de sentinelle ne prenne place à l'intérieur, les obligeant à se dissimuler. Ils commencèrent à poser des charges explosives sur les parois en béton.

- « C'est trop long ... ! » Bouillonna Squalo

- Capitaine Squalo, restez calme je vous prie » tenta doucement Giovanni, craignant de perdre le contrôle du Varia à ce rythme. Il commença à réfléchir à un moyen de le calmer, quand la voix de Bob le sortit de sa réflexion.

- Mierda ! » Jura ce dernier dans l'oreillette.

Des hurlements et des tirs commencèrent à fuser dans l'air. Les Vongola furent obligé d'ouvrir le feu sur les dernières sentinelles. Les charges explosives furent actionnées, provoquant une puissante explosion qui ouvrit une ouverture brèche dans le bâtiment. Des Estranos émergèrent de l'intérieur pour contrer cette attaque surprise.

Giovanni regardait tout ça sans comprendre. Paniqué, il saisit son oreillette pour demander ce qui se passait.

- Les Varia ! » Alerta Zino par radio.

Giovanni brandit ces jumelles, la fumée et les tirs occupaient le quasi totalité de la vue. Les Vongola avaient l'avantage de la surprise, mais cela n'allait pas durer. Ils étaient trop peu nombreux pour attaquer un complexe entier de front. Un éclair argenté passa dans ses jumelles. Il reconnu Squalo qui chargeait à l'intérieur de la brèche ouverte suivit de son unité. Giovanni grimaça, il aurait du savoir que Squalo ne tiendrai pas en place.

- Que faisons-nous, Capitaine ? » Demanda Bob, en pleins échange de tir.

- Suivez les dans la brèche » ordonna t-il « Nous allons profiter de la présence d'un officier Varia. Je vous rejoins, ramenons notre camarade ensemble. »

- Bien reçus » Signala Bob « On vous attends. »

- Zin', il nous faudra sans doute une couverture pour sortir. Prépare notre évacuation. »

- Cinq sur Cinq, Capitaine. »

Giovanni descendit de son couvert, et rejoignit rapidement son unité devant l'entrée. Aucun des Vongola n'était tombé dans ce premier affrontement. Une pointe de fierté perça dans la poitrine de Giovanni tandis que les Estranos reformaient déjà une ligne de défense dans la brèche.

Les Varias ne les avaient pas attendus, Giovanni grogna pour lui même et dégaina son arme de poing et sa lame de combat. Il ordonna la charge avant de commencer à courir de couvert en couvert. Les Vongola le suivirent comme un seul homme en ouvrant le feu avec la ferme intention de faire payer les Estranos pour leurs actes.

oOoOo

Pdv Wade

Le balafré m'observait, guettant la moindre trace d'émotion sur mon visage, la moindre convulsion de mes muscles. Mais je n'avais plus rien à lui donner. Depuis combien de temps suis-je ici, a me faire torturer, frapper, lacérer ? Le compte du temps n'existait plus dans ma tête, laissant place à une vague sensation de vide.

Le balafré resta un instant immobile, sa lame ensanglantée dans la main. Rouge de mon propre sang. Plusieurs plaies sanglantes marquaient maintenant mes bras et mes jambes. Les électrodes encore branchés sur ma peau envoyaient des décharges de manières irrégulières, et donc imprévisibles. Ma vue était floue, j'avais la désagréable sensation que sol se mouvait lentement. Ma respiration était sifflante et je n'arrivais plus à parler clairement. Cependant cela semblait nullement affecter le Balafré, ni son aîné qui notait impassiblement ses observations.

- La peur et l'agitation qui était présentent au départ semblent avoir laissé place à un stoïcisme impassible. » Nota l'aîné en me fixant du regard.

- Et donc ? » L'interrogea le balafré sans détourner le visage de son spectacle sanglant.

- Il est fréquent qu'un individu, qui subit des souffrances importantes sans qu'il ne puisse s'y soustraire, cède le contrôle de sa conscience à son propre inconscient pour sauvegarder son être psychique. » L'informa l'aîné en prenant un air pédagogue, instaurant une pause dans leur petit jeu. Il se plaça derrière moi et appuya sa main glaciale sur mon épaule. « Tu n'obtiendras plus rien de lui en utilisant la torture physique. »

Le balafré me regarda, hésitant sur ce qu'il allait faire. Finalement, il se détourna de moi en soupirant et alla poser sa lame sur un établit. Les affaires personnelles que je possédais lors de mon enlèvement y étaient toutes disposées. Ma lame offerte par Squalo, mon arme de poing, mon uniforme noir, une mèche blonde de Jim (Attend, qu'est ce que ça fait là ça ?), bref, tout. Il regarda mes affaires, avant de saisir une paire de photos qui étaient soigneusement mises dans un protège carte. Il en prit une avant de reposer l'autre.

- Qu'avons-nous là ? » Dit le balafré en souriant « Quelle charmante famille nous avons ici. Qui est- ce ? C'est ta sœur ? » Demanda t-il en me montrant les photos.

Je relevai douloureusement la tête, un voile flouté brouillait ma vision quelques instant avant de disparaître petit à petit. L'image qu'il me montrait était une vieille photo polaroids de famille lors de nos vacances d'été. Mes parents souriaient tandis que je me chamaillais avec ma sœur juste devant eux. Au dos de l'image était écrit un texte que ma mère m'avait écrit le jour de mon entrée au lycée. C'était le seul souvenir que j'avais d'eux avant la séparation de mes parents, je l'avais toujours sur moi depuis que Squalo m'avait ''recruté''. Revoir cette scène permit à un sourire douloureux de fleurir sur mes lèvres.

Sans prévenir, le balafré sortit un briquet et l'alluma sous la photo. La flamme commença à chauffer le papier qui noircissait doucement.

Paniqué, je me débâtais, tirais frénétiquement sur mes liens, une larme coula sur mes joues, stimulant mes yeux tuméfiés tandis qu'un hurlement tentait vainement de traverser ma gorge seiche et irrité.

- Tu vois que je peux encore le faire réagir, imbécile. » S'exclama t-il vers son collègue en collant la photo au brique avant de la lâcher, la laissant se consumer à ses pieds.

- J'ai dis ''avec la torture physique'', mais tu ne m'écoutes jamais jusqu'au bout. » Répondit négligemment l'intéressé.

Je regardais en pleurant les restes de la photo en train de brûler, ne bougeant plus. Le balafré saisit mes cheveux avant de relever brutalement mon visage grimaçant de douleur.

- Oya, t'as enduré tout ça et tu pleures pour une photo ? T'es pas bien mon gars. »

- Ta... gueule. » Ma voix était faible, mais le sentiment de haine que j'éprouvais dépassait la douleur de ma gorge brulante.

- Ho mais c'est qu'il crache encore du venin. » S'égailla le balafré avant de se retourner vers son collègue « T'as préparé la bassine ? »

- Elle est remplie depuis une demie heure » soupira l'aîné « Mais tu ne m'écoutes jamais. »

- Ok ça va, j'ai compris ! » S'énerva le balafré en frappant ma chaise du pied pour me faire chuter au sol avant de me saisir par les cheveux et les tirer brutalement en arrière : « Surveille-le pendant que je le déplace. »

- Je doute qu'il ai la force de faire quoi que ce soit, avec tout ce que tu lui a infligé depuis le début. »

Le balafré détacha les attaches de mes jambes et de mes mains et avant de me relever brutalement. Mes jambes tremblantes peinaient a me soutenir après tant de temps passé assis. Le balafré me fit avancer jusqu'à la bassine pleine d'eau avant de me forcer à m'agenouiller en me donnant un coup derrière le genou. Le balafré commença à saisir mes cheveux pour me plonger la tête dans l'eau.

Une importante secousse fit trembler toute la salle, faisant tomber tout les instruments de torture et mes affaires de l'établit. L'aîné chuta au sol, tandis que le balafré peinai a rester stable, l'obligeant à me lâcher, me permettant ainsi de sortir la tête de l'eau. Une alarme commença à retentir, tandis que les lumières s'éteignirent pour laisser place à des néons rouges et clignotants.

- Il se passe quoi bordel ?! » Cria le balafré

- Mais qu'est ce que j'en sais ?! »Répondit l'autre sur le même ton.

Lentement, je sortis lentement ma tête dégoulinante de la bassine. Ma lame était tombé près de moi, prête à être saisit. Mettant de coté la douleur et la fatigue, je tournai le regard dans la direction de mes nouvelles cibles. Une haine débordante commençait en envahir mon corps, réchauffant un peu mes membres meurtris.

Il était temps de mettre en pratique ce que j'avais appris durant mes 100 jours d'entraînement.