Voilà enfin un nouveau chapitre.

Merci à tous pour votre patience :D


Chapitre 10 - Tenderness

(Tendresse)


BPOV

Le soleil aveuglant californien perça la petite fente entre mes paupières et je grognai bruyamment. Juste pendant un instant, je regrettai l'éternelle grisaille de Forks. Mes paupières me donnaient l'impression d'avoir été collées à la glue. Et ma bouche était pâteuse. Et ma tête… Ugh. C'est quoi ce bordel ?

Je restai allongée complètement immobile pendant quelques minutes supplémentaires, les yeux fermés étroitement, laissant les évènements de la nuit dernière me revenir. Ça avait commencé avec le shopping. Oui, avec Alice et Rose. A essayer de nombreux vêtements. D'accord jusque là. Je me souviens de tout. Ah, oui, les gens riches font du shopping. Un verre de vin avec chaque tenue. Hmmm…

Tapas. Oui, Rose et Alice étaient hystériques à cause des fesses du serveur mignon dans le restaurant pendant qu'on buvait de la sangria. Tellement. De. Sangria. Et maintenant j'avais l'impression d'avoir été percuté par un train.

Attends. Après les tapas. La maison d'Edward. Je suis allé chez Edward ? Mon dieu, je suis une idiote. J'avais de vagues souvenirs d'une discussion avec lui. De lui souriant avec indulgence à la bourrée que j'étais. Ugh. Putain de gênant. Je n'arrive pas à croire que j'ai fait ça.

Oh ! Mon camion ! Je me souviens de l'avoir laissé au studio et Edward a dit…

Le monde tanguait alors que je me précipitais hors du lit et me maintenais contre la table de chevet pour rester droite. Je parvins à la fenêtre et ouvris les volets. Je fermai légèrement mes yeux face au soleil californien et au mal de crâne qui l'accompagnait. Je me concentrai et il était là. Mon ancien camion rouge rouillé, garé devant ma maison. Je n'arrivai toujours pas à croire qu'il avait fait le voyage jusqu'à Seattle. Et quelle importance si ça m'avait pris 4 jours ? Emmett, Rose et Jasper n'arrivaient pas à croire que je voulais l'emmener, mais c'était… familier. Réconfortant.

Edward l'avait ramené jusqu'à ma maison pour moi. Ou peut-être que quelqu'un d'autre l'avait fait. De toute manière c'était… gentil. Attentionné. Hmmm. Edward Cullen avait été prévenant. Je ne savais pas quoi en faire.

Café. Douche. Ces deux pensées prédominantes envahirent mon cerveau. Il était presque 11h30. J'avais besoin de me bouger. On était supposé aller regarder le match de baseball aujourd'hui et il allait bientôt arrivé.

30 minutes plus tard, douchée et avec une tasse à café dans la main, je me sentais relativement plus humaine, mais toujours misérable. Je passais devant mon bureau pour rejoindre ma chambre et m'habiller quand j'aperçus mon portable et quelque chose qu'Alice avait dit hier me revint en mémoire. Des photos étaient partout sur internet. De nous. Je m'assis, allumai mon ordinateur et ouvris une page internet. Mes doigts marquèrent une pause sur la barre de recherche. Finalement, je tapai 'Edward Bella' et appuyai sur entrée. Il y avait des milliers de réponses. Mon estomac se noua de panique. La première page de résultat était une série des principaux sites de ragots, D Listed, Perez Hilton, Just Jared, TMZ, Pop Sugar, Entertainment Weekly…

Je cliquai sur le premier et elles étaient là, des douzaines de photos d'Edward et moi pendant notre premier rendez-vous. Nous en train de marcher sur le trottoir vers le restaurant main dans la main, nous en train de parler à la table, et… oh, dieu… Edward penché sur moi, son visage dans mes cheveux, ses lèvres sur mon cou, ma tête jetée en arrière et mes yeux fermés. Ma main se dirigea involontairement vers l'endroit de mon cou où ses lèvres s'étaient posées et je me sentis rougir au souvenir. Le souvenir que maintenant tout le monde dans le pays semblait partagé avec moi.

Mais il y en avait plus. Nous deux en train de marcher vers le parking, son bras autour de moi, sa main tendu en avant pour éloigner les paparazzis. Puis, je vis le reste. Edward me coinçant contre la voiture, m'embrassant, ses mains m'agrippant, mes mains dans ses cheveux. Un courant chaud traversa mon corps. Merde. Je commençai juste à me sentir normale autour de lui et ensuite j'allais regarder ça.

Je parcourrai le court commentaire qui accompagnait les photos.

Ça n'a pas pris longtemps à quelqu'un pour se saisir de la nouvelle saveur hollywoodienne du mois, Bella Swan, chanteuse principale d'Eclipse, le vainqueur de la récente édition de l'America's Next Great Band. Le beau gosse mauvais garçon d'Hollywood, Edward Cullen, n'a apparemment pas perdu de temps pour passer à l'action après l'avoir rencontré dans une boite la semaine dernière. Ils furent tous les deux remarqués jeudi soir, en train de se diriger vers le célèbre restaurant, Fez. Des témoins à l'intérieur du restaurant ont rapportés que ces deux là avaient clairement une relation amoureuse.

'Ils étaient l'un sur l'autre. Ils ont à peine mangé parce qu'ils étaient trop occupés à s'embrasser,' rapporte un client.

Des photos de Cullen et Swan prisent juste après dans le parking semble confirme la nature torride de leur relation. Des habitués d'Hollywood font des paris sur combien de temps Bella Swan va durer, considérant le passé tristement célèbre d'Edward Cullen avec les femmes.

Les agents des deux artistes n'ont fait aucun commentaire.

Putain.

Saveur du mois ? Tellement occupé à s'embrasser qu'on n'a pas mange ? Des gens faisaient des paris sur combien de temps ça allait durer avant qu'il ne me jette dehors ?

Même si je savais que chaque phrase était un mensonge, ça parvint quand même à me rendre totalement misérable. Et humiliée. Cette partie là était beaucoup plus dure que ce à quoi je m'attendais. Je me sentais malade, et pas seulement à cause de ma gueule de bois.

Je refermai la page et soupirai. Eh bien, au moins ça marchait. N'importe qui en voyant ses photos et en lisant l'histoire n'aurait aucun doute qu'on avait une relation… intime. Mais je réalisai aussi que j'avais devoir entrer en hibernation niveau information pendant qu'on faisait ça. Je n'allais pas pouvoir supporter de voir des gens nous disséquer… me disséquer comme ça. Je me sentais tellement exposée et gênée. Non, si on allait continuer à 'sortir ensemble', j'allais débrancher mon PC. Si je ne savais rien, ça ne pouvait pas me paniquer.

Après un coup d'œil à la pendule, je réalisai que j'étais bien en retard. Edward devait arriver dans 30 minutes. J'enfilai ma tenue de baseball, approuvée par Alice et fis face au miroir pour me maquiller. J'étais horrible. On pouvait voir la gueule de bois écrite sur mon visage. Je mis un peu d'eye-liner et bien sûr, et du correcteur pour les cercles sombres induits par l'alcool. Un peu de poudre et de rouge à lèvre avant de déclarer le travail fini. Rien d'autre n'aiderait de toute manière. Mes cheveux étaient encore légèrement humide et je ne pouvais supporte l'idée du sèche-cheveux ou du fer à lisser, je les réunissais donc en une haute queue-de-cheval. Puis je posais sur mon nez une des nombreuses paires de lunettes de soleil qu'Alice avait choisi pour moi hier. Elle avait déclaré que c'était un accessoire non-négociable, peu importe la tenue et considérant la sévérité de ma gueule de bois, combiné avec le soleil omniprésent de LA, elles étaient les bienvenues aujourd'hui. J'examinai le travail d'Alice dans le miroir en pied. Je devais le reconnaître, cette fille avait des dons de shopping phénoménaux. J'étais belle. Mais toujours moi. Comme une version de moi plus canon et mieux habillée.

J'étais satisfaite de me voir, un mug de café à la main, debout à l'entrée de mon allée en train d'attendre Edward juste à l'heure. Je n'en étais pas encore arrivé à la nourriture, mais j'étais loin d'en avoir fini avec le café.

La Volvo argentée d'Edward tourna au coin de ma maison et il éteignit le moteur avant de sortir du véhicule. Il s'arrêta pendant une seconde, puis passa de l'autre côté de sa voiture et me lança un petit sourire hésitant. Il était habillé simplement, jean et t-shirt. Pourquoi pouvait-il porter des vêtements normaux pendant que je devais endurer un marathon de 6 h de shopping pour me préparer ? Les règles de la mode étaient vraiment injustes. Mais quand ses yeux me reluquèrent rapidement, je décidai soudainement que peut-être Alice avait raison. Il était toujours si beau. Ne dois pas penser à ces photos. Ne dois pas penser. Ça n'aidait pas. Je pensais à elles et devins toute rouge.

"Comment te sens-tu ?" Il essayait de retenir le sourire goguenard de son visage mais échoua misérablement.

"La ferme," crachai-je mais sans méchanceté.

Il rit tout haut. C'était la première fois que je l'entendais faire ça en dehors d'un film. Le son était à coupé le soufflé. Il m'installa dans le siège passager et remonta en voiture.

"Um, merci de m'avoir ramené mon camion la nuit dernière."

"Bien sûr, pas de soucis." Il haussa les épaules sans me regarder.

On fit le trajet en silence, mais ce n'était pas gênant. Ça donnait la sensation qu'on commençait à s'habituer l'un à l'autre. Hmm, en mettant de côté l'attirance physique irrésistible toujours présente que je ressentais pour lui à chaque fois qu'il était près de moi. Mais j'arrivai mieux à prétendre qu'elle n'était pas là, au moins.

"Alors…" commençai-je, me souvenant soudainement de quelque chose qui m'avait interpellé. "Pourquoi la Volvo ? Pas le genre de voiture que je m'attendais à te voir conduire."

Un sourire en coin apparut sur son visage. "Ouais, mon ancienne voiture était une Bugatti Veyron."

"C'est déjà plus ça. Pourquoi tu t'en es séparé ?"

"Je l'ai écrasé contre une bordure de sécurité. Double fracture du fémur. J'ai passé trois mois à l'hôpital."

"Oh."

"Ouais, 'oh'." Il eut un petit rire sec. "Cet… ah… incident a en quelque sorte précipité ce truc." Il fit un signe de sa main entre nous deux pour indiquer notre relation. "La Volvo était ma tentative pour recommencer à nouveau. Plus de voitures de sport."

"Je comprends. C'est dommage. Je suis sure qu'elle te manqué."

"Ouais, c'est vrai. Et en parlant de voiture," le ton de sa voix s'allégea considérablement. "C'est quoi cette affaire avec cette antiquité que tu conduis ?"

"Hey ! Laisse mon camion tranquille !" avertis-je. Mais j'avais l'habitude. J'avais enduré des années de moqueries au sujet de mon camion de la part d'Emmett, Jazz et Rose. "Big Red et moi avons une longue histoire !"

"Big Red vient d'une génération avant ta naissance, je pense. Tu as conduis cette chose tout le chemin depuis Washington ?"

"Il est là, n'est-ce pas ? Et tu as besoin de montrer un peu plus de respect pour les personnes âgées."

"Bella, sérieusement. Je ne pense pas que ce camion soit sans risque. C'est LA. Et s'il rend l'âme quelque part où tu es toute seule ?"

"Téléphones portables, Edward."

Il émit un son de mécontentement mais laissa tomber. C'était un peu sympa qu'il semble inquiet pour moi…

Arrête.

Plus de pensées de ce genre. Point.

On était arrivé au stade maintenant. Edward s'arrêta et un valet s'avança pour aller garer la voiture. Il donnait l'impression de s'être tenu là pour nous attendre. Le manager du stade se matérialisa à nos côtés, un grand sourire aux lèvres, enchanté de nous rencontrer. Il nous escorta personnellement à notre box. Lui et un mur de gigantesques gardes de sécurités. Il y avait une foule massive de paparazzis dans le parking, à peine tenue par la sécurité, nous hurlant des questions et prenant des photos en continu. J'étais sûre qu'Aro et Laurent leur avaient donnés l'info, qu'ils soient damnés. Bien que je suppose que c'était le but de tout ça. Je me demandai un instant combien de personnes et combien de coup de fils il avait fallu pour orchestrer le simple évènement d'Edward et moi assistant à un match de baseball et je me sentais épuisée.

Finalement, on fut installé dans notre box, seuls. On était entouré par un mur de verre, clairement visible de l'extérieur, comme un aquarium à taille humaine. J'essayai d'ignorer la sensation que des yeux nous regardaient de tous les côtés, même si je savais que c'était le cas.

"Tu veux manger quelque chose ?" demanda Edward.

Je fis la grimace et il rit.

"Ça fait toujours mal ?"

"Un petit peu," admis-je.

"Tu as besoin d'un remède contre la gueule de bois. Attends là." Il sortit du box et parla avec un jeune homme de la sécurité qui se tenait dehors. Il hocha la tête, heureux de répondre à une requête d'Edward, et parla dans son talkie-walkie pour arranger les choses. Edward revint et on regarda les festivités de l'avant-match en silence pendant quelques minutes.

Le garde frappa à la porte et Edward se dépêcha de répondre. Il tendit à Edward un sac en papier et Edward lui donna une liasse de billets, le remerciant généreusement. Edward me passa le sac.

"Mange."

"C'est quoi ?"

"Le remède contre la gueule de bois. Mange."

Je sortis la nourriture du sac. C'était un sandwich enroulé façon crêpe, œufs brouillés, bacon et fromage. En dépit de mon estomac sensible, ma bouche commença à saliver. Il y avait également une tasse de café et une large bouteille d'eau.

"Tu as besoin des protéines et du gras. Ça va aider. Fais-moi confiance. Mange ça, bois le café, puis l'eau. Tout."

Je décidai de faire ça et mordis dans mon sandwich. Une fois que j'eus fini ça et le café, je me sentis déjà mieux.

"Tu as raison. Ça marche."

Il me fit un sourire. "Je sais une chose ou deux sur les gueules de bois."

Le jeu commençait et on s'enfonça tous les deux dans nos sièges pour être à l'aise.

"Connais-tu les règles du jeu ?" demanda Edward.

J'eus une expression perplexe. "J'ai grandi avec un père célibataire, en plus Emmett et Jasper étaient toujours chez moi. Ouais, je comprends le baseball."

"Compris. Alors tu es une fan de baseball. Hmm."

"Je ne dirai pas fan. J'en ai juste regardé beaucoup."

"Oh, je vois. J'espère que ce n'est pas trop ennuyeux pour toi."

Je haussai les épaules. "C'est bon. On parlera, je suppose."

Il me jeta un regard.

"Bien sûr. Parler."

Je voulais me tirer une balle. Quelle chose stupide à dire. Pourquoi diable voudrait-il me parler toute l'après-midi ? Et maintenant, il allait se sentir forcer de le faire. Ugh. Je me concentrai sur le match autant que je pouvais pendant un moment et ne dis rien, essayant d'arranger les choses.

"Hey, Bella ?"

"Hmmm ?"

"Je pensai juste… eh bien, ça serait peut-être mieux si on se tenait la main. Ça ne te gêne pas ?"

"Oh, bien sûr ! Je n'y pensais pas. Bien évidemment."

Edward tendit le bras et enleva ma main droite de mes genoux, nouant mes doigts avec les siens. Il posa nos mains jointes sur sa cuisse gauche. Gah. Pourquoi diable devait-il faire quelque chose comme ça ? Je pouvais à peine penser à autre chose que la sensation de ses doigts sur ma main.

"Alors," commença-t-il. "Raconte-moi ce que c'est de grandir à Forks.4'

Je lui souris. "Edward, je ne voulais pas dire qu'on devait parler tout le temps. On peut juste rester comme ça, ou tu peux regarder le match. Peu importe."

"Non," protesta-t-il rapidement. "Je veux vraiment savoir. J'ai l'impression de ne rien connaitre de toi. Et j'ai la sensation que je devrais. Savoir quelque chose, je veux dire. Commence avec le groupe. Comment vous êtes-vous tous rencontré ?"

Nos yeux se croisèrent et je rougis avant de bouger mes yeux et de regarder à quelque chose de plus prudent.

"Um, il n'y a pas grand-chose à dire. On a tous grandis ensemble. Je connais Emmett depuis toujours bien sûr, puisque c'est mon cousin. On a rencontré Rose et Jasper quand on est rentré en maternelle. Jasper a pris des cours de guitare quand il avait 6 ans et est devenu acrro. Il a tout appris à Rose tout en étudiant. Quand on eut 12 ans, Jasper et Emmett décidèrent de se réunir et de jouer dans le garage. Rose pleurnicha jusqu'à ce qu'ils la laissent aussi jouer. Puis, il se trouva qu'elle était meilleure que Jazz, alors elle s'occupa de la guitare et il passa à la basse. Emmett m'a entendu chanter un soir pendant que je faisais à manger et ils m'entrainèrent pour chanter avec eux. J'avais 13 ans à ce moment là. On a été ensemble depuis. Parfois on lâchait un peu, ça passait au second plan pour une raison ou une autre, mais ça n'a jamais fini. Puis, quelques années après la fin du lycée, on a décidé qu'il était temps d'avancer. Et Rose et moi voulions vraiment suivent quelques cours à l'université de Washington, et on a déménagé à Seattle."

"Pourquoi vous n'êtes pas allé à la fac tout de suite après le lycée ?"

Je le regardai pendant une minute pour voir s'il était sarcastique, mais l'expression sur son visage était complètement ouverte et curieuse. Lui et Alice avaient fait quelques allusions dans des conversations qui me faisaient penser qu'ils venaient d'un milieu aisé, les gains d'Edward mis de côté. De ce que j'avais compris, Alice n'avait rien d'un véritable travail. Il était clair qu'Edward ne comprenait simplement pas la façon dont on avait grandi.

"Edward," dis-je doucement. "Mon père est le chef de la police dans une ville de 3500 habitants. Un fonctionnaire. Le père de Jasper et Rose fait des petits travaux de réparations sur des machines. La mère d'Emmett, ma tante Carole, est secrétaire dans une école élémentaire. Ses parents se sont séparés il y a des années. Aller à l'université n'était une possibilité réalisable au niveau financier, pour aucun d'entre nous. On a tous pris quelques classes dans une école, mais on a dû travailler aussi, c'était donc difficile d'aller très loin."

Edward regarda au loin, concentré sur le terrain de baseball.

"Je suis désolé Bella. Je n'ai pas voulu paraître insensible, je n'ai simplement pas pensé…"

"Hey, ce n'est pas grave. Ça n'a rien de gênant ou autre chose. On a fait du mieux qu'on pouvait. Et pour être honnête, le groupe était une importante priorité pour nous tous, on ne voulait pas se séparer. Si on avait abandonné pour se concentrer sur l'école, ça aurait été beaucoup plus facile."

"Mais tu ne serais pas là," dit-il avec un sourire.

Je souris aussi. "Ouais, être ici c'est bien." Je voulais dire le 'grand' bien, LA, l'émission, tout ça. D'une certaine marnière, c'était sorti comme si je parlais de lui. Dieu, je suis une véritable idiote.

Il me sourit simplement avec une expression que je ne pouvais pas lire.

=FI=

EPOV

Merde.

Putain de merde.

Je n'arrivai pas vraiment à comprendre l'afflux d'émotions dans ma poitrine quand elle me souriait de cette manière. C'est quoi ce bordel ? Étais-je en train d'avoir un stupide béguin pour elle ?

Je ne pouvais pas nier qu'à chaque fois que je la touchais, et plein de fois quand ce n'était pas du tout le cas, je voulais la tirer vers la surface horizontale la plus proche et m'enfoncer en elle. J'étais putain de désespérer. Mais je devais très bon pour écraser ces sentiments pour pouvoir agir comme une personne convenable. Et je devais admettre que je devenais meilleur pour la partie de la personne décente. Elle était tellement plus à l'aise avec moi aujourd'hui qu'elle l'avait été cette nuit à Fez. On pouvait marquer ça comme un progrès.

Mais il avait quelque chose de plus que du désir ? Je n'étais pas très familier avec des choses pareilles. Tous ces… rendez-vous, ces jeux et ces discussions… pas mon terrain. Mais j'aimai ça. Je pense. Je continuai à dire des choses imbéciles sans réfléchir, ce qui me dérangeait. Diable, ce commentaire à propos de la fac ? Je voulais me tirer une balle. Mais elle en avait ri et avait traité le sujet avec tellement de légèreté que ça finit par être comme un putain de moment qu'on partageait.

J'agissais certainement d'une manière différente, ça je le reconnaissais. Gérer son camion, lui donner un remède contre la gueule de bois tout à l'heure, je prenais soin d'elle, et c'était agréable. Et sa gratitude était bonne. Mais qu'est-ce que j'espérais comme résultat ? La voulais-je de cette manière là ? Ça serait vraiment embarrassant. Je n'avais aucune idée de comment on allait arranger ça. Et pour être honnête, je crains vraiment à ce genre de truc. La probabilité que je fasse exploser les choses était énorme. Et alors, il n'y aurait plus rien. Peut-être que je ferais mieux d'oublier. Du moins, pendant qu'on avait notre petit arrangement. Peut-être que dans le futur, un jour…

Jasper.

Putain.

Je n'arrêtai pas de l'oublier lui. Et elle. Laurent avait dit qu'elle n'avait pas de petit-ami, mais si je liais ensemble tout ce que j'avais vu, elle avait un… Jasper. Peu importe cette chose qui se passait entre nous. Alors peut-être que c'était seulement moi. Ça devait être ça. Je veux dire, elle me désirait, mais je savais mieux que personne combien le désir pouvait être éloigné de tout comme les émotions. Ça devait être seulement ça pour elle. Du désir. Et elle était déterminée à ne pas agir en conséquence. Par égard pour Jasper. Soit ça ou elle pouvait simplement se rendre compte que j'étais un bâtard sans espoir qui n'apportait rien que des ennuis et elle était assez intelligente pour garder ses distances.

Pourrais-je la séduire si je le voulais vraiment ? Bien sûr, j'étais assez certain de pouvoir le faire. Ce baiser contre la voiture… j'aurais pu l'avoir si j'avais poussé. Choisir le bon moment, lui faire boire de l'alcool, ça se serait produit. Mais quel bien cela ferait ? Eh bine, ça serait incroyable, mais en dehors de subvenir à mes besoins, qu'est-ce que ça apporterait de bon ? Elle se détesterait probablement après et puis me haïrait pour l'avoir séduite, et puis je me détesterai de la faire se sentir comme ça. Alors, non, la séduire était hors de question.

Qui aurait cru que la première fois où je ressens quelque chose pour une femme depuis le lycée, je la rencontrerai dans ces circonstances folles et qu'elle serait totalement indisponible. Et trop bien pour moi. Bien sûr, maintenant que j'étais convaincu qu'elle était hors de ma portée, j'étais aussi assez certain que je l'appréciai.

Je me tassai un peu dans mon siège et serrai sa main plus étroitement. Au moins, je pouvais faire ça. Je soupirai lourdement et pinçai l'arrête de mon nez d'un air absent.

"Est-ce que tout va bien ?" demanda-t-elle doucement.

"Bien sûr, je vais bien. Juste un peu fatigué. Comment te sens-tu maintenant ?" Maintenant que je m'habituai à me faire du souci pour elle, ça devenait une habitude.

"Bien, beaucoup mieux. D'accord," dit-elle avec fraicheur. "A ton tour. Dis-moi que quelque chose sur ton enfance."

"Comme quoi ?"

"N'importe quoi. Comment es-tu devenu acteur ? Tu faisais ça enfant ?"

"Non, pas du tout. J'étais attiré par la musique enfant. Le piano.'

"Tu joue du piano ?" Elle semblait très surprise.

"Ouais, j'en jouais. Mais je ne joue plus trop maintenant." Genre, pas depuis des années.

"Tu pourras jouer un jour pour moi ? J'adorerai t'entendre.

Je la regardai et elle semblait complètement sincère.

"Bien sûr. Quand tu veux."

"Alors, pas d'arts dramatiques enfant. Quand as-tu commencé alors ?"

"L'université. En fait, j'étais en prépa médecine*, mais j'ai pris quelques cours de comédie pour m'amuser, et j'ai adoré."

"Tu étais en prépa médecine ?"

"Je t'en prie, ne sois pas si surprise !"

Elle rit. "C'est un peu surprenant ! Je suis désolée. As-tu fini ?"

Je me redressai et prétendis être insulté, mais je souriais. "Mention très bien à l'université de Washington, merci beaucoup."

"Waouh. D'accord. Alors tu as un diplôme pour faire médecine, mais tu es un acteur. Qu'est-ce qui s'est passé ?"

"J'ai aimé, le peu que j'ai fait à la fac. Alors j'ai voulu essayer. Je me suis donné une année, et si ça ne marchait pas je retournai à la fac de médecine. Et me voilà."

"Ça a marché."

"Eh bien, je suis là," dis-je avec dédain. Ça avait marché quand j'ai fait Hamlet. Être un fameux connard de chômeur n'était pas exactement la façon dont j'avais imaginé que ce truc d'acteur marcherait.

"Edward," dit-elle, sa voix me réprimant doucement. "J'ai lu ce que les gens pensent de ton jeu d'acteur. Tu es incroyable."

Ah, merde. Cette petite sensation qui se presse à nouveau dans ma poitrine. Sans penser, je bougeai nos mains liées pour les poser sur mon cœur. Elle ne protesta pas. A la place, elle se rapprocha légèrement de moi et mis une de ses jambes sous ses fesses.

"Quand j'ai la possibilité de jouer," dis-je, gardant mes yeux sur le jeu. "Ce qui est le problème en ce moment."

"On travaille dessus, cependant, n'est-ce pas ?"

Dieu, elle semblait si sincère, à me regarder comme ça. Avant que je puisse réaliser ce que je faisais, ma main libre se tendit et déplaça une mèche de cheveux derrière son oreille. Ses magnifiques yeux bruns s'écarquillèrent légèrement, mais elle ne se recula pas. Je fis rapidement tombé ma main et lui lançai un simple sourire, essayant de faire comme si de rien n'était. Bella s'appuya contre sa chaise et semblait heureuse de suivre mon exemple.

Merde. J'allais devoir faire mieux que ça.

On se concentra principalement sur le jeu le reste de l'après-midi, notre petit moment de partage commun terminé. Ce n'est qu'une fois rentré chez moi que je réalisais combien j'étais désolé qu'on n'ait pas parlé plus après ça. Parce que j'avais encore un million de questions à lui poser.


* En fait, les étudiants font 4 ans d'études en pre-med (l'équivalent d'une licence) avant d'entrer en fac de médecine. Mais le terme n'existe pas chez nous. 'prepa medecine' est le mot le plus proche que j'ai trouvé. Si vous en avez un autre, n'hésitez pas à me le dire.

Ce n'est pas la meilleure des traductions que j'ai faite mais j'espère qu'elle vous aura quand même plu.

Vous savez ce qu'il vous reste à faire