Je "dédicace" cet épilogue à l'autre A., qui se reconnaîtra.
merci à toutes de vos commentaires, attendus toujours avec impatience et reçus avec plaisir.
Pour répondre à Lili : je suis très touchée que tu préfère la fascination à l'impropable... Merci. Ceci dit House connait des passages entiers de l'Eshet Chayil (4X12) alors pourquoi pas le Cantitique des Cantiques, qui doit satisfaire à la fois son gôut pour la poésie et ... pour les femmes !
J'avais terminé la fic depuis plusieurs jours et commencé à la mettre en ligne (je n'envoie jamais rien qui ne soit déjà fini). Pourtant au fil des commentaires une petite idée se faisait jour... Il y avait comme un méchant petit goût d'inachevé dans tout ça. Et c'est venu, comme ça, d'un coup. Sauf que les trois dernières phrases m'ont pris, les méchantes diablesses, des heures et des heures... Mais il faut à un moment, accepter que, jamais ça ne sera tel qu'on aurait voulu que ce soit... Et libérer l'oiseau pour qu'il vive sa vie...
Allez, cette fois, c'est vraiment la fin. merci de m'avoir suivi jusque là.
Épilogue
Le ronronnement discret de l'imprimante troublait seule le silence dans le van. L'occupant des lieux fixait l'écran de son ordinateur portable, éliminant les photos qui défilaient rapidement devant lui. Des émotions diverses et contradictoires se succédaient sur ses traits mobiles. Une grimace jalouse devant un couple enlacé qui s'embrassait à pleine bouche. Une moue désolée qui plissait ses lèvres devant le visage pâle d'une jolie fille visiblement choquée, un sourire franchement moqueur qui s'épanouissait devant l'air abominablement frustré d'un homme se redressant sur une table de pique-nique. Son regard clair brilla d'amusement devant le comique de la scène suivante : un prêtre sérieux, un boiteux mal rasé, une blonde embarrassée et une superbe brune l'air indubitablement ailleurs..
Lucas soupira, se détourna pour saisir le cliché qui sortait de l'imprimante. Il effleura le papier glacé du bout des doigts, traçant les contours nets du visage, s'attardant un peu sur la bouche. Lisa Cuddy riait, les yeux plissés, la tête un peu rejetée en arrière, son long cou gracieux et sa gorge exposés au regard du détective. Rayonnante. Magnifique. Ô combien désirable ! Tellement tentante... si inaccessible désormais. Mais ne l'avait-elle pas toujours été ?
De nouveau, le bourdonnement sourd le tira de sa rêverie douce-amère. Il saisit le tirage. Et sourit. Un sourire diabolique que n'aurait pas renié le Docteur House, son récent employeur. Cette image-là ! S'il avait une âme de maître chanteur... Il pourrait l'utiliser éternellement pour menacer le brillant et sarcastique diagnosticien, et lui faire ravaler ses théories cyniques sur les relations amoureuses. Ses yeux glissèrent sur le portrait de Cuddy qu'il tenait délicatement entre ses doigts. Son expression s'adoucit. Il savait ce qu'il allait advenir du second tirage. Ce serait à la fois un cadeau pour elle et une forme de douce vengeance innocente et sans danger envers lui. Après tout, si House avait gagné la course, il n'était écrit nulle part dans le contrat que le perdant devait l'accepter avec joie et stoïcisme.
Il porta la canette de de bière à sa bouche, histoire de faire passer le goût du regret. Vide. Merde ! Attrapant ses clés et son portefeuille, il sortit du véhicule à la recherche de ravitaillement. D'un peu d'oubli (de réconfort) aussi...
À travers le minuscule interstice laissé par le rideau mal tiré, le dernier rayon de soleil de ce beau jour d'automne, se faufila, éclairant le cliché, abandonné sur le clavier du portable. Un quadragénaire aux cheveux grisonnants, nonchalamment adossé à un arbre, fixait une femme en tailleur rouge qui riait aux éclats.
Les yeux de l'homme, d'un bleu perçant, brillaient d'un éclat quasi insoutenable. Ses lèvres ne souriaient pas. Il était certes attirant, avec ses traits nets, sa bouche sensuelle et sa barbe de deux jours. Son charme, prenant et particulier retenait l'attention.
Mais le photographe avait, à son insu, capté bien plus qu'une image séduisante. Une émotion brute et authentique. La tendresse, farouche et entière d'un homme soudain mis à nu.
