Part. 6 : Edward

J'avais dû me plier à leur coutume vestimentaire pour ma mission. Je détestais être nu sous cette tunique noire qui ne cachait même pas mon torse. Heureusement que j'avais pu garder mon pantalon Ralph Lauren, sinon je me serais vraiment senti mal. Je me moquais de moi-même, et de mes préoccupations si terre-à-terre. Mais au moins cela me faisait oublier Bella, et tout ce qui entourait ma bien-aimée.

Nous étions arrivés en Roumanie depuis deux jours, et je savais maintenant quel était le but de notre mission. La garde rapprochée des Volturi avait moins d'un jour de retard sur nous. Le but des Volutri était de venir soi disant en paix, sans la garde, pour montrer leur esprit pacifique et leurs bonnes intentions. Mais dés que cela dégénérerait -et ils allaient tout faire pour cela- la garde arriverait comme par magie et exterminerait tous ceux qu'il faudrait tuer. J'étais dans un sens ravi que ce ne soit pas à moi de faire le sale travail. J'avais juste à écouter de loin les pensées de nos adversaires, car jamais ils ne se laisseraient toucher par Aro.

Les Volturi voulaient attaquer deux vampires roumains, nommés Vladimir et Stefan. Selon mes trois employeurs, ces traîtres complotaient contre eux, et comme ils étaient assez intelligents pour ne pas le crier à haute voix, c'était à moi de lire dans leurs pensées. Je serais en quelque sorte le juge de ces deux vampires. La preuve de leur culpabilité. Ce travail ne me rassurait pas. Les Volturi étaient déterminés à en finir avec ce problème qui semblait les préoccuper bien plus que mon histoire d'elfe. Je me demandais ce que je devrais dire au cas où les deux pauvres vampires étaient innocents. La vérité ne plairait pas aux Volturi. Mais je ne pouvais pas mentir, je ne pouvais pas de manière consciente les envoyer à la mort. Donc j'espérais que c'était réellement des adversaires des Volturi.

Le lendemain, nous approchâmes de leur repère. Nous avions quitté la ville de Braşov depuis quelques minutes lorsque nous avons vu apparaître leur château qui surplombait une forêt noire et effrayante. Le bâtiment était assez complexe. Il comportait de nombreuses tours et tourelles, et n'avait pas d'architecture bien définie : les murs étaient parfois arrondis, et parfois anguleux. Un petit panneau indiquait : Castelul Bran antreu interzisce qui signifiait : Château de Bran, entrée interdite. Une chose était sûre, nous n'étions pas les bienvenus. Nous sommes rentrés dans la cour intérieure. Je m'apercevais maintenant que le château était plutôt grand, et qu'il abritait de nombreux vampires. Je ne me sentais pas en sécurité, car ils nous dévisageaient tous avec un regard haineux. C'était très clair, ces gens là n'aimaient pas les Volturi. Même sans mon pouvoir je l'aurais su. Je regardais mes acolytes, mais ils ne semblaient pas inquiets. Ils étaient sereins, comme à leur habitude. Caius et Marcus avaient l'air de s'en moquer totalement. Aro avait ce sourire enfantin de celui qui est ravi de découvrir des choses. Ils étaient confiants, et cela me rassura. Nous arrivâmes enfin dans une porte, qui donnait sur la pièce centrale du château, magnifiquement décorée dans le style baroque. Cela aurait plu à Alice, moi je trouvais cela beaucoup trop ostentatoire. Personne ne nous avait adressé la parole, ce qui m'étonnait. On pouvait rentrer dans ce château comme dans un moulin. A moins que nous ne soyons attendus.

Deux vampires s'approchèrent de nous silencieusement. C'étaient sans aucun doute les maîtres du château. Ils avaient tous les deux des pantalons gris clair, et une tunique rouge sang. Cela rappelait la manière de se vêtir des Volturi, tout en se distinguant nettement par les couleurs. Le plus costaud des deux roumains prit la parole :
-Que nous vaut cet honneur ? Les Volturi se déplacent pour rendre visite à leurs vulgaires sujets maintenant ?
J'étais soulagé, ils haïssaient les Volturi. J'en serais juste la preuve. Ce travail me dégoûtait car je savais ce qui allait leur arriver. Je ne pouvais pas mentir à Aro, et ils allaient tuer Vladimir et Stefan. Je retins un haut-le-cœur au moment où Aro répondait :
-Nous sommes en effet très intéressés par toi et ton ami Vladimir. Tu devrais être flatté par notre visite.
Stefan lui aussi se retint de ne pas faire semblant de vomir.
-Et qu'est ce que vous nous voulez ? Nous n'avons rien fait de mal.
-Et vous ne comptez pas nous en faire ?
Les pensées de Vladimir et Stefan convergèrent en même temps sur le plan qu'ils avaient en tête. A mon avis, les Volturi s'inquiétaient pour rien. Ils comptaient juste rassembler tous les vampires qui voulaient renverser les Volturi, et se rendre à Volterra pour mener à bien leur dessein Même s'ils étaient nombreux, ils n'auraient eut aucune chance contre la garde personnelle d'Aro. Vladimir répondit, en tout innocence :
-Voyons Aro, jamais je ne me permettrais de toucher le moindre cheveu des vampires les plus bienfaiteurs de toute notre histoire.
Aro se tourna vers moi. Aussitôt, tous les yeux furent braqués sur moi. Je détestais cela.
-Edward ?
Je fis moi aussi l'innocent, qu'avais-je à perdre :
-Oui ?
Je sentis qu'il n'avait pas aimé mon expression.
-Nos amis sont-ils vraiment innocents ?
Je ne pouvais me résoudre à les dénoncer. Je ne pouvais pas les envoyer à l'abattoir. J'étais perdu. Que devais-je faire ? Je pensais à Bella. Il fallait que je la sauve, et le seul moyen était de dire la vérité. Cela me fendait le cœur. Je vis qu'Aro eut une idée, qu'il comptait soulager ma souffrance. Cela me fit plus peur qu'autre chose. Il s'approchait de moi et me parlait gentiment :
- Allez Edward, donne-moi ta main.
Aussitôt je compris. Je n'avais pas besoin de dire à voix haute ce que j'avais entendu. Il suffisait qu'Aro me touche pour savoir tout ce qu'il voulait savoir. En même temps, il aurait alors accès à tout ce que j'avais pensé et entendu. Il connaîtrait toute ma vie, toutes mes pensées. Je n'avais pas le choix, je tendis la main. Je ne voulais pas les dénoncer à voix haute.

Sa peau poudreuse me fit frissonner. Son contact m'était particulièrement désagréable. Heureusement, cela ne dura pas longtemps, il n'écouta pas tout. Il prit seulement ce qui l'intéressait. Puis il se tourna vers les deux roumains qui nous dévisageaient, incrédules. Il murmura :
-Je crois que vous n'êtes pas si innocents que cela.
Puis il cria d'une voix qui fit trembler les murs :
-Vous n'attaquerez jamais Volterra !
Aussitôt l'ambiance changea. Les roumains s'étaient mis en position d'attaque. Des vampires grouillaient tout autour de nous, je ne m'en étais pas aperçu avant cet instant. Ils nous encerclaient. Nous étions dans une mauvaise position, mais les Volturi n'avaient pas l'air de s'en inquiéter. Marcus dévisagea Stefan. Son regard était sordide.
-Tu compte avancer tes plans et nous attaquer maintenant ?
Il ne nia pas et hocha la tête. Aussitôt, une nuée de vampires nous sauta dessus. Ce qu'ils n'avaient pas prévu, c'est que la garde étaient rentrée peu après nous dans le château. Le timing était parfait. Tous les vampires présents dans le château étaient venus dans cette salle pour voir la confrontation, et ils étaient maintenant encerclés par la garde. Piégés, ils n'avaient aucune chance. Au moment de nous attaquer, la garde étaient entrée, et ils n'avaient même pas eu le temps de nous atteindre. Je voyais une valse de tuniques noires et rouges virevolter devant moi. Je m'isolais dans un coin reculé de la pièce, où personne ne vint me frapper. Je fermais les yeux, je ne voulais pas voir le massacre qui se déroulait sous mes yeux. Juste car ces hommes avaient projeté d'attaquer les Volturi -ils n'étaient même pas passés à l'acte ! - juste pour cela ils se faisaient massacrer. Car j'avais entendu leurs pensées et que je les avais données à Aro.

Je n'avais qu'une seule hâte, rentrer en Italie pour que les trois fous me donnent la solution pour sauver Bella.

Part. 7 : Bella

Cette fois ci, j'en étais certaine, j'étais suivie. Cela faisait deux semaines que j'avais quitté Forks, et une semaine que je me sentais épiée. Je me demandais qui cela pouvait bien être. J'espérais et je redoutais que ce soit Edward. Je me demandais ce qu'il fallait que je fasse. Je n'étais pas douée pour la stratégie et je me voyais mal construire un piège. Je n'étais pas bête non plus. Je cherchai un obstacle naturel où il n'y aurait qu'un seul moyen de passer, qu'une seule route. Je le découvris le soir même. Une déformation naturelle de la montagne avait créé un petit chemin entouré par la roche des deux côtés. Si on voulait me suivre, il faudrait absolument passer par cet étroit chemin sur une dizaine de mètres. Et la personne ne verrait pas la sortie. Je l'y attendrais.

J'attendis deux ou trois heures, puis j'entendis des pas. Un animal, aussi gros qu'un ours apparemment. Mon cerveau fonctionna à toute vitesse, et au moment où je trouvais ce que c'était son odeur me fouetta les narines. Jacob. Qu'est ce qu'il faisait là lui ? Il n'était pas avec son elfe adorée ? Je m'entendis presque grogner. Je me retins à temps, et le vis sortir du petit chemin. Ma nature me dictait de lui sauter dessus, et j'écoutais mes instincts.

Il ne m'avait pas sentie, et je le plaquais au sol. Il gémissait. Je me relevais et lui ordonner de son transformer, pour que nous puissions nous comprendre. Il muta rapidement.
-Du calme Bella je ne t'ai rien fait !
Jacob avait changé. Il n'y avait plus rien de gai sur son visage, plus une trace de bonheur. Que lui était-il arrivé ? Je le dévisageais plus longuement. Son corps était toujours le même, musclé et puissant, sans aucune égratignure. Mais son visage, oh mon dieu, son visage reflétait une tristesse indescriptible.
-Que t'est-il arrivé Jacob ?
Ses yeux s'ouvrirent en grand. Etonné, il me répondit :
-J'ai quitté la meute, je n'avais plus aucune raison de rester à Forks.
Je faillis lui demander ce qu'il était advenu d'Ambre. Pourquoi n'était-elle pas avec lui ? Mais penser à elle me mit comme d'habitude dans tous mes états. Je tremblais comme une feuille, il s'approcha délicatement. Il mit ses gros bras autour de mon corps, et me berça doucement. J'avais retrouvé un Jacob aimant et amical. Ce n'était pas vraiment normal.
-Que se passe-t-il Jacob ?
-Mais je n'en sais rien moi. Pourquoi toi tu as quitté Forks ?
J'avais l'impression de ne plus rien comprendre. N'était-il pas au courant qu'Edward avait essayé de draguer Ambre ? Et qu'elle n'avait pas résisté ?
-Ben…
Je le regardais droit dans les yeux. Il attendait patiemment que je lui réponde.
-Tu te rappelles le soir sur le terrain de baseball ?
Ses yeux s'assombrirent. Il acquiesça.
-Hé bien ce soir là Edward m'a trahi. Il…
Je sentais revenir à la surface toute la rancœur que j'avais enfouie toutes ces semaines. Tout ce que j'avais caché au fond de moi luttait pour sortir. Je laissais déverser le flot de paroles :
-Il a parlé à Ambre comme s'il la désirait depuis toujours. Je… je n'existais plus pour lui c'était évident. Et après, il est parti et à dit à Mike de veiller sur moi. Je ne suis rien pour lui alors j'ai décidé de partir.
Il pleurait. Bon sang, qu'est ce que j'avais dit ?
-Jake, ça va ?
-Tu ne comprends rien Bella.
Son ton était sec et cassant. J'avais l'impression d'avoir pris une décharge électrique.
-Pardon ?
Il se radoucit.
-Tu n'as rien compris. Je crois que ton cerveau défaille parfois.
Je grognais de mécontentement. Comment osait-il me dire cela ?
-Du calme du calme ! Je vais t'expliquer.
Ce fut à mon tour d'attendre.
-Je ne pense pas qu'Edward ait le moins du monde désiré Ambre pour autre chose que son sang. Il l'a tuée ce fameux soir.
Je reculais. Je faillis tomber, sauf que j'étais tout de même un vampire et que je me rattrapais tant bien que mal. Ce n'était pas possible. Ambre ne pouvait pas être morte. Edward ne pouvait pas l'avoir tué. Et pourtant, cela expliquait tant de choses. Déjà la tristesse de Jacob. Ensuite le ton d'Edward. Ma raison me signala que ce n'était pas parce qu'il l'avait tuée qu'il ne l'avait pas désirée. Qu'il ne lui avait pas parlé avec 'cette' voix. J'en frissonnais encore. Mais vite, je pensais à Jacob.
-Comment as-tu pu survivre à ça ?
Aussitôt, je regrettais mes paroles. Elles étaient sorties bien trop vite de ma bouche. Il me regarda tristement. Je lus le désespoir et…la mort dans ses yeux.
-Je n'ai pas survécu. Adieu Bella.
Il muta et couru le plus rapidement qu'il le pouvait. J'étais encore choquée, je ne pouvais pas le rattraper. Je me laissais tomber dans l'herbe.

Que devais-je penser de tout cela ? Mon cœur s'émerveillait de la nouvelle de la mort d'Ambre. Non pas que je la voulais morte, même si j'avais souvent rêvé de cela. Mais tout simplement car je m'étais peut être trompée à propos d'Edward. Je refusais encore de croire à une éventuelle erreur de ma part, mais une chose était sûre, je devais le retrouver. Je devais retrouver l'homme que j'aimais, pour essayer de comprendre. J'avais raté des choses depuis que j'avais été empoisonnée, et j'avais l'impression d'avoir conclu trop vite à une tromperie d'Edward. Puis je me rappelais mes hallucinations auditives. Je fus prise de panique. Je venais sûrement d'en vivre une visuelle. Jacob n'avait pas pu apparaître comme cela, il ne pouvait pas m'avoir suivie, il ne pouvait pas m'avoir dit ce que au fond je voulais entendre. J'avais dû rêver de Jacob. Pauvre Jake. Supposons que ce qu'il ait dit soit vrai, comment avait-il fait pour surmonter cette épreuve. Et puis je me rappelais son ultime regard. Jacob voulait mourir. J'eus peur qu'il ne fasse une horrible bêtise, et je partis à sa recherche. C'était nécessaire, il fallait que je le retrouve. Je rebroussais donc chemin vers mon ami Jacob, mais également vers Edward. Je ne voulais plus fuir, je voulais me confronter à la réalité. Je ne comprenais plus rien, et j'avais besoin de leur compagnie.