Je me suis aperçue d'une incohérence majeure. Aucune école secondaire américaine n'a de terrain de football sur l'île de Manhattan. Pas assez de place pour un aménagement en largeur. Celle du Queens était beaucoup trop loin pour que Mikey la fréquente. Donc, j'ai changé le précédent chapitre pour faire des « méchants », des joueurs de basket….J'essaye toujours d'être réaliste et là, ce ne l'était pas. Au fait, c'est un chapitre violent. Cœurs sensibles s'abstenir.
Il n'avait pas eu l'intention de commettre un meurtre, se dit-il en s'aspergeant le visage dans les toilettes de la station-service, mais tout avait escaladé si vite…
Sa première intention avait été de graver un avertissement sur la porte de la maison de Shawn ou sur sa voiture. De quoi l'avertir qu'il savait où il habitait et qu'il lui laissait une chance.
Oui, cela avait été sa première intention, mais cela avait dérapé assez rapidement.
Il se regarda une dernière fois, le visage immaculé désormais de sang, ses yeux verts étincelants. Son habit de policier noir et sa veste noire ne révélaient rien si on ne les regardait pas de trop près. Il en faudrait BEAUCOUP pour que Léo ne le regarde pas de trop près après une absence inexpliquée de plus de 5 heures, sans répondre à son T-phone.
Mais cela n'avait aucune importance : il savait exactement comment gérer Léonardo à son arrivée et le distraire de cette façon ne l'ennuyait pas au contraire.
Il devait l'admettre, même s'il ne savait pas pourquoi.
Le meurtre l'avait allumé.
Et seule la pensée de Léo qui l'attendait et se morfondait sans doute à la maison, l'empêchait de se caresser dans ces toilettes glauques.
Dans la voiture, il mit la radio à une chaine de musique classique pour tempérer son excitation, essayant de procéder ce qui s'était passé et tenter de trouver une justification à ses propres yeux.
Sans doute, ce qu'il y avait dans le sac anonyme à côté de lui était en partie responsable de son érection douloureuse, raisonna-t-il tout en se repassant mentalement les évènements.
Il avait été au lycée de Mikey, roulant à fond la caisse pour arriver à temps. C'était une autre raison pour laquelle il était déçu de la vie humaine. Le maire avait trouvé judicieux de leur offrir un triplex dans Turtle Bay, le quartier diplomatique de Manhattan, à cause du nom, bien entendu. Le problème était que, partout, il y avait une circulation d'enfer. Pour se rendre et revenir de l'Académie, cela lui prenait presque une heure, le stressant d'arriver en retard et de s'attirer des remarques acerbes. Bien entendu, lorsque sa formation sera terminée, il n'aura pas à traverses de pont pour se rendre dans Queens, mais d'ici là, il frisait la rage au volant presque chaque jour. L'école de Mikey, Vanguard High School, n'était qu'à 10 minutes en temps normal, mais avec la circulation dense, cela pouvait prendre le double. Il avait repéré très rapidement Shawn, sur le terrain de basket, grâce à son numéro et la description de Mikey. C'était un grand châtain, d'environ la stature de Léonardo et donc mesurant une bonne tête de plus que son plus jeune frère et avec 20 kilos de plus en muscle. Il imagina ce bras qui dribblait avec aisance refermer brutalement la porte du casier sur le visage rond de son petit frère. La haine l'emplit et il dût rentrer ses ongles dans la paume de sa main pour tenter de refréner cette montée de rage. Shawn avait beau être plus âgé, plus grand et plus fort que le benjamin, il n'était que du menu fretin comparé à Raphael. Même en mettant de côté son gabarit supérieur avec son 1m97 et ses 120 kilos tout en muscles, il avait surtout l'immense avantage du maniement des armes, de la rapidité et de l'effet de surprise, sans oublier sa haine qui doublerait la puissance de ses coups s'il décidait d'en porter, en dernier recours.
Assis parmi les amis et les quelques membres de la famille des joueurs, il avait passé incognito et personne n'avait semblé trouver étrange cette armoire à glace, toute vêtue de noir et portant des lunettes de soleil venu voir les cinq dernières minutes de la partie. Il l'avait observé, notant, en véritable combattant professionnel, les faiblesses du joueur.
Il avait ensuite attendu la sortie du jeune homme. Il savait qu'il ne pouvait l'attaquer ainsi. Sans doute, le jeune homme sortirait avec un groupe d'amis. Il voulait seulement le suivre afin de découvrir laquelle des voitures étaient la sienne et aussi où il habitait.
Oui, sa première pensée avait été de vandaliser la voiture, sachant qu'un jeune homme de 18 ans aime sa voiture plus que ses parents qui lui ont offert. Graver un simple avertissement sur la portière du conducteur lui semblait raisonnable comme punition. Rapidement, l'idée de couper simplement les freins l'avait effleurée, mais il l'avait chassé, effrayé par lui-même.
Caché dans sa voiture, ayant laissé les fenêtres de la voiture ouvertes afin de capter de possibles informations pertinentes sur le trajet de Shawn, il serra les mains sur son volant en entendant les propos teintés de menaces et de rire du garçon et de ses coéquipiers.
« Ce sale petit pédé mérite une bonne leçon pour avoir osé dessiné ma copine dans son cours d'arts! »
« Que compte tu faire Shawn? T'as déjà démoli sa figure aujourd'hui. T'as pas peur qu'il se plaigne au principal ou que ses parents le fassent? »
« Nah! Il est bête, mais pas si con. Puis, il n'a pas de parents, que Mia a dit. Juste des grands frères. Il m'a dit cela une fois, que ses frères le vengeraient. J'paris que ce sont des pédés comme lui. Ils doivent tous baiser en groupe. C'est de là qu'il a appris à être aussi gay, en voyant ses frères se la mettre »
Les autres ricanaient, racontant comment c'était dégoutant et Raph cru qu'il endommageait déjà ses nouvelles dents pour de bon, à force de grincer.
« J'sais ce que je vais faire. J'ai pensé à cela pendant le match. J'vais aller dans cette boutique érotique « Pleasure Chest »…J'ai ma fausse carte. Je vais aller acheter trois ou quatre trucs gays et en mettre dans son sac et son casier. Ça lui apprendre à dessiner ma copine. »
Tout le monde ricanait se disant que c'était une très bonne idée, l'humiliant encore mieux qu'un coquard. Il fallut à Raph tout son contrôle sur lui-même pour ne pas sortir de sa voiture et faire embrasser le bitume à ce petit con. Tout ça pour de la jalousie, parce que Mikey avait dessiner sa copine. Quel enfoiré!
Il continua à jacasser haut et fort, racontant qu'il passerait aussi au magasin de vin et spiritueux en face de la boutique érotique et auparavant chez « AllSaints » pour renouveler ses vêtements. Il avait pris du muscle cet été et ses vêtements autre que les tanks ne lui faisaient plus, expliqua-t-il à ses amis en bombant le torse et en exhibant ses muscles.
L'impatience gagnait Raphael. Plus ce con parlait, plus l'envie de lui casser les dents le démangeait. L'idée de devoir le suivre tout le long de ce pèlerinage commercial l'insupportait, mais il n'avait pas le choix. Il devait attendre que cet enculé rentre chez-lui, afin de voler le sac de bidules érotiques, pour être certain qu'il ne le mette pas dans le casier de Mikey et ensuite, graver une plus longue menace que prévue sur la voiture ET crever les 4 pneus. Peut-être fracasser le pare—brise, aussi, pendant qu'il y était.
Enfin, Shawn regagna sa voiture, une Acura sport d'un rouge vif, si voyante que Raph se dit qu'il n'aurait aucun mal à la filer.
Il suivit donc l'étudiant lors de ses courses, demeurant dans sa voiture au deux premiers arrêts du jeune homme. Curieux, il profita de l'attente, sachant que le bourreau de son frère serait vingt minutes au moins dans le magasin de vêtements, pour faire une recherche sur son T-phone. Il vit bien les trois messages texte de Léo et son appel manqué, mais il l'ignora, ne pouvant lui révéler le but de son absence. Et il était préoccupé. Toute cette histoire autour du mal d'aimer un mâle le tourmentait et 20 minutes plus tard, il regretta de tout cœur d'avoir fait cette recherche.
Certes, il avait appris que toutes les épithètes entendues se rapportait à l'homosexualité, qui, bien qu'inégalement acceptée, n'était pas un crime en soit, à New York. Que même, le mariage entre hommes était permis et cela l'avait d'abord soulagé car il était dans ses intentions d'épouser Léonardo éventuellement, pour rendre leur amour plus officiel, avant de vivre ensemble, seuls. Il avait même pensé que l'adoption d'un enfant serait possible, peut-être. Splinter les avait toujours tenus éloignés des mœurs de la société américaine du XXI siècle et avait censuré tout ce qui pouvait se rapporter au sexe dans le repaire. Le vieux rat ne voulait pas mal faire. Sachant que les frères étaient condamnés, de par leur apparence, à ne pas connaitre probablement la sexualité, il n'avait pas voulu les rendre davantage malheureux. Il avait dû faire des recherches sur le portable de Donnie et l'instinct animal aidant, être ainsi en mesure de faire l'amour à son amant, mais il savait depuis toujours que seules les filles pouvaient porter des enfants.
Par il ne sait quelle malédiction il avait poussé ses recherches plus loin. Pour apprendre que l'inceste, mot inconnu jusqu'à lors pour lui, était un crime qui valait 25 ans de prison.
Léo aussi, l'ignorait.
Raph ne connaissait rien au monde des humains, pensait-il, les yeux emplis de larmes d'angoisse, mais il connaissait son frère. A la minute où l'ex-leader apprendrait que, ce qu'il commettait toutes les nuits avec Raphael, était perçu comme un crime, il se castrait lui-même avec son propre katana, plutôt que de retoucher à Raph.
Finit alors les rêves de mariage, de logement indépendant ou d'adoption.
Et dire que tout le monde lui avait demandé s'ils étaient vraiment frères et que, stupide qu'il était, il avait répondu par l'affirmative, scellant le cercueil de leur passion.
Il pourrait nier, inventer une histoire d'adoption, mais pour ce faire, il lui faudrait l'accord de son grand frère et celui-ci voudrait connaitre la raison de ce changement de version.
Il savait qu'effectivement, biologiquement parlant, Donnie avait révélé douter de leur lien familial et donc, techniquement, ce n'était pas un crime. Mais Léonardo n'en démordrait pas :
Il allait rompre.
Léo, par amour, aurait supporté peut-être les moqueries sur l'homosexualité, en admettant que quelqu'un serait assez suicidaire pour se moquer d'eux en face. Mais l'idée d'un acte jugé à ce point criminel, non.
Il resserra la prise sur son volant, laissant les larmes couler librement sur ses joues.
S'il avait su, il ne serait jamais devenu humain.
Léo, depuis le départ, l'avait prévenu.
Foutu Fearless qui avait toujours raison.
Maudits soient les humains qui, avec leurs règles, leur morale et leurs préjugés détruisaient tout, même un amour pur et profond.
Ce fut à ce moment que Shawn sortit de la boutique et les yeux brillants de haine de Raph le suivirent, portant plein de paquets, se récompensant lui-même d'avoir fait de la journée de son petit frère un enfer et de ses projets de faire de même du lendemain.
Il démarra la voiture et suivit le garçon jusqu'à son prochain arrêt, le magasin de liqueurs. Raph serait bien entré, car l'idée de boire jusqu'à en perdre conscience était soudain très appelante à son esprit. Malheureusement, l'argent lui manquait et il ne pouvait prendre le risque de le suivre deux fois à l'intérieur des boutiques, puisqu'il était déterminé à entrer dans la dernière.
Il n'avait plus de lubrifiant, ayant laissé le « leur », un pot de Vaseline, au repaire. Léo l'avait pénétré tout de même, la veille, sur l'insistance de Raph, à l'aide de leurs propres fluides corporels, mais cela lui avait tout de même procuré une douleur qu'il voulait éviter à son grand frère. Il ne voulait pas faire de mal à Léo. Au contraire : il voulait lui procurer l'expérience de toute une vie. Peut-être ainsi, il resterait…
Enfin Shawn traversa la rue pour aller à la boutique érotique. Là, encore, le fait qu'il ne fut pas majeur ne sembla pas lui poser de problème.
Raphael n'avait jamais vu l'intérieur de ce genre de boutique ni autant d'objets différents, dont, la plupart, par leur apparence, ne lui révélait même pas l'usage que l'on pouvait en faire.
Il entendit Shawn au comptoir réclamer au commis de lui faire un paquet de quelques trucs "de pédale". Raph remarqua le regard du commis s'allonger et il comprit: l'homme à qui l'étudiant s'était adressé avec autant de mépris devait être lui-même homosexuel ou bi-sexuel, terme qu'il venait tout juste d'apprendre.
Il s'exécuta tout de même et alors qu'il allait expliquer l'usage d'un objet, le joueur de basket l'interrompit:
"Je me fous de comment cela fonctionne et à quoi ca sert. Tu m'as regardé? Ce n'est clairement pas pour moi! C'est seulement pour me moquer de quelqu'un au lycée! Tu me mets pour 80$ de trucs, pas plus par contre. J'ai pas tant de blé à mettre pour ce petit con".
L'homme devient encore plus réservé et aveuglement pris des objets dont une bouteille de lubrifiant que Raphael remarqua, tout en faisant semblant de faire des emplettes. C'était parfait, se dit-il. En volant le sac, il évitait encore plus certainement que son petit frère se fasse humilier, mais en plus il obtenait gratuitement ce qu'il allait vraiment acheter. Il était à sec, monétairement parlant. Lundi, ils allaient enfin récolter leur premier loyer et demain, sa première paye. Celle-ci ne serait pas énorme, puisque n'étant qu'en formation, il n'avait le droit qu'à 50% du salaire d'un policier. Pour payer leur nourriture et ce dont ils avaient tout trois besoin, c'était peu. Avec ce qui restait de libre sur sa carte de crédit, il avait fait les courses avec Léo, plus tôt. Son salaire du lendemain allait tout juste couvrir ses dettes de crédit et donc, même une bouteille de lubrifiant de 16$, gratuite, valait la peine. Quand Léo et lui seront à plein salaire, sans compter Donnie, tout ira mieux, mais d'ici là, le prochain mois sera encore difficile, sans doute. Bien que la ville ait été généreuse selon April et Casey, qui avaient une meilleure conception de l'argent, il leur manquait beaucoup de choses. A part ses habits de policier, il n'avait que deux jeans et deux t-shirts et quelques sous-vêtements. Léo, pour s'habiller, avait dû compter sur la générosité de leur amie humaine puisque Raph avait tout dépensé en mobilier et donc n'avait qu'une chemise et un pantalon. Mikey se faisait moquer de lui à l'école car il n'avait en tout qu'un t-shirt de plus que Raph. Dans le milieu huppé où la ville les avait installés, cette relative pauvreté détonnait.
Il avait vraiment envie de retourner dans les égouts, parfois.
Dire qu'il travaillait si dur pour cet argent, afin de nourrir sa famille et pour être une bonne personne et que ce connard était prêt à flamber 80$ pour humilier quelqu'un.
Il regarda le commis prendre les objets et se dit que tout pourrait servir à Léo et lui, puisqu'après tout, ils étaient deux "pédales" pour paraphraser l'idiot.
Shawn soudain décida de l'occasion pour aller choisir un truc pour sa copine et lui et le commis s'approcha de Raph pour lui demander s'il pouvait l'aider.
Raphael, se disant que cet homme n'était pas là pour le juger, expliqua qu'il n'avait pas d'argent, mais souhaitait découvrir des produits nouveaux pour satisfaire davantage son partenaire, quand il aurait l'argent nécessaire. Il avoua sa méconnaissance des produits, venant du Missouri, inventa-t-il.
Le commis, soulagé de rencontrer une personne plus respectueuse, lui demanda ce qui le branchait.
Le jeune policier ne comprit pas la question, expliquant que son amant était ce qui le branchait.
L'homme sourit:
"Je parle de vos fantasmes, Monsieur. Ce que vous rêvez de faire à votre partenaire".
Raph n'avait jamais pensé plus loin que se promener sur une plage, le jour, avec son frère. Il haussa les épaules. Prenant l'embarras de Raph pour de la honte et non de l'ignorance, le préposé sourit:
"Aimez-vous cela plus doux ou plus fort?".
Raphael, perplexe réfléchit: cela dépendait. Il aimait sentir l'amour et la tendresse de Léo, mais aimait lui montrer, à lui, sa passion, beaucoup plus violente. Léonardo ne semblait pas se plaindre de la douleur et l'encourageait souvent à se "surpasser".
« Les deux », répondit-il en un souffle, commençant à ressentir une excitation malgré lui, en visualisant ce que, dès qu'il aurait terminé sa mission, il pourrait faire à Léo.
Le commis sembla le jauger puis finalement lui fit signe de le suivre vers le fond de la boutique. Raph obtempéra, tout en gardant un œil sur Shawn qui feuilletait des magazines à l'avant.
Il se retrouva devant beaucoup d'objets noirs ou en cuirs. L'homme patiemment lui présenta quelques articles et Raph sentit à nouveau l'excitation grimper insidieusement en lui, tout en écoutant les explications du commis. Un Léo ligoté, tout en ayant ses jambes écartées de force, impuissant contre ses caresses qu'il pourrait prodiguer comme il le voulait, lui apparaissait une délicieuse perspective.
Il avisa un étal de quelques objets, à la forme phallique, en acier ou en silicone transparent, mais tous pourvu de cadenas donc le commis ne parla pas.
"Et cela, que 'est-ce que c'est?"
"Ceinture de chasteté pour homme ou plutôt ici, L'appellation de cage serait plus conforme. Vous mettez le sexe de votre partenaire à l'intérieur, vous le cadenasser et vous garder la clé. Ainsi, votre amant, à part uriner, ne pourra rien faire de son membre".
Un frisson intense de plaisir parcouru Raphael. Mettre Léo sous clé, afin qu'il ne puisse même pas se caresser lui-même, sans son autorisation le tentait fortement. Son anxiété, sachant son amoureux ainsi paré, diminuerait au moins de moitié, s'ils étaient affectés dans des unités différentes. Il imagina Léo, nu, portant la cage emprisonnant son sexe, le suppliant de le délivrer pour le soulager, se tordre d'impatience pour goûter à la friction que lui seul pouvait lui procurer et cela lui sembla la parure la glorieuse au monde. Savoir que, en tout temps, Léo porterait l'accessoire, sous les pantalons de son uniforme, préservé en l'attente de son retour, l'excitait plus que n'importe quoi. Il serait ainsi comme le propriétaire d'un trésor convoité, mais impossible d'accès car lui seul saurait où se trouve la clé, puisqu'il la porterait sur lui toujours, et l'idée l'enflamma au point que son sexe gonflé devait paraître à travers ses pantalons.
"Combien?" questionna-t-il, la bouche sèche.
"Le moins dispendieux est celui-ci, mais je vous conseille ceux en silicone. Ils sont plus légers, mais tout aussi efficaces, à 165$".
Raph grimaça de déception. La ceinture de chasteté devrait attendre, mais ce n'était que partie remise, dès qu'il pourrait réunir la somme, il mettrait sous verrou son bien le plus précieux. Alors que l'homme commençait à lui expliquer que, de toute façon, c'était le genre de produit dont on devait parler à son partenaire au préalable, ce que Raph n'écouta que d'une oreille, perdu dans ses pensées à la fois lubriques et possessives, Shawn l'interpella pour payer.
Raph, sorti de sa transe et se rappelant sa mission, salua et remercia le commis et sortit enfin pour attendre l'ado dans sa voiture et poursuivre sa filature.
Celui-ci, rigolant, appelant un de ses amis pour se vanter de ses achats, dès sa sortie de la boutique.
"Ouais, mais ce n'est que la pointe de l'iceberg, j'ai beaucoup d'autres idées en réserve…J'te jure, Brian, la prochaine sera mortelle. Être lui, j'achèterai tout de suite la corde pour me pendre. "
Un goût acre de bile emplit la bouche de Raphael et il s'aperçut comment la haine, la vraie, était jusqu'alors inconnue de lui. Soudain, le mal de tête le quitta complètement et après un nuage rouge, tout lui apparut clair, comme si soudain, il portait des lunettes après des années de myopie.
Le garçon s'éloignait du centre-ville et Raph, sans relâche, le traqua, mené par l'adrénaline, l'autre trop stupide et imbu de lui-même pour s'en apercevoir. Shawn descendit enfin de sa voiture et Raph comprit enfin ce qui l'avait attiré hors des quartiers bourgeois, le menant dans un vrai coupe-gorge du Bronx : la cocaïne.
Il connaissait assez peu de choses aux drogues, en ayant entendu parler par Don, Casey et durant un avant-midi de formation. L'instructeur leur avait parlé des comportements des vendeurs et des consommateurs et c'était ce qu'il fallait justement à Raph comme alibi. L'épargner était impossible, avait-il décidé, dans une sorte d'épiphanie. Ce gars-là était une tel trou du cul qu'il ne saurait même pas qui était visé par l'avertissement. Mikey, n'était sûrement pas la seule victime de cette enflure, mais au moins cela aura été la dernière.
Ce qui tombait bien était ses gants que Donnie lui avait offerts. Avec ses cinq nouveaux doigts, il avait eu peine à maitriser le tournoiement de ses sais. Les fibres étaient tissées de façon à le protéger des lacérations, le temps qu'il se réadapte, ce qui avait été assez aisé. Mais ils ne feraient que l'empêcher de laisser ses empreintes digitales pour ce soir, se dit-il en les enfilant avec un sang-froid parfait.
Le doute, l'hésitation, le remord, ne le traversèrent pas un instant.
Dès la fin de la transaction, Shawn alla dans sa voiture, s'empressant de priser la poudre. C'est là qu'il le coinça. Il ne perdit pas de temps à expliquer pourquoi il était là. C'était toujours comme ça, en perdant un temps inutile en palabre, qu'on se faisait prendre.
D'un seul geste, il ouvrit la portière et fracassa le nez de Shawn contre son volant à 5 reprises.
Ce n'était pas un coup mortel mais il voulait provoquer ainsi le déclenchement des glandes lacrymales pour amoindrir la vue de sa victime, comme leur avait inculqué Maitre Splinter. Ensuite, il le tira par les cheveux puis le laissa choir sur le pavé, le regardant se tordre de douleur en tenant son nez cassé. Pour faire bonne mesure, il lui écrasa du talon deux fois les testicules, peu inquiet des cris, le quartier en ayant vu d'autres.
Puis l'ayant laissé à l'endroit voulu, il prit place dans la voiture de Shawn, caressant sardoniquement le volant de cuir de ses gants, appréciant déjà tout ce qu'il allait faire, en entendant les plaintes de sa victime, allongée sur l'asphalte. Puis, il se mit à reculer la voiture, tout en regardant vers l'arrière pour s'assurer qu'il passerait bien sur Shawn. Le cri du garçon ne dura qu'une seconde alors que le pneu arrière lui écrasait la poitrine, se transformant en halètement saccadée puis en un râle rauque. Raphael réavança et recula à nouveau, avant qu'un craquement sec se fit entendre, semblable à celui du bois mort.
Voulant juger son œuvre, il sortit du véhicule. L'ado, les yeux fous et révulsés et dont la bouche tordue, laissait couler un filet de sang, était bien mort, mais il ne sentait pas satisfait, débordant d'une adrénaline comme il n'en n'avait jamais sentie. Il avait besoin d'un exutoire à sa haine, à sa rage, à sa déception et à son angoisse. Léo, peut-être, lui échapperait, mais pas LUI. Il ne pouvait contrôler le coeur et le sens moral de Léonardo, mais ce corps-là, OUI. Il devait exprimer cette puissance-là, qui le consolerait de toutes les autres occasions dont il n'était pas le maître. Il détailla le cadavre, cherchant à comment l'utiliser pour qu'il se sente encore mieux, plus fort et plus puissant et qu'il se venge des hommes qui l'avaient leurrés avec leur monde si illusoire. L'envie de pousser cette soif à sa limite le saisit et il sut qu'il n'en n'avait pas finit de Shawn. Il avait faim d'un bain de sang pour noyer ses désillusions.
Il pensa alors à l'avant-bras de Mikey ensanglanté et sourit. N'était-il pas venu pour graver un avertissement après tout?
Enfin, Raphael venait d'arriver chez-lui. En repensant au mot « Homophobe » lacéré sur la peau du bras de sa victime, puis au brasier qui avait fait de la voiture pour effacer le maximum de traces avec son briquet et une des bouteilles d'alcool acheté par Shawn, il sentit revenir son excitation. Il se stationna, essayant de calmer sa respiration pour ne pas alerter le mode grand frère chez son amant.
Avant de mettre le feu, il avait tiré de la voiture les achats du jeune homme et aussi, puisqu'après tout, il espérait que cela pourrait peut-être passer pour une transaction de drogue ayant mal tournée, fait ses poches. Il n'en n'avait tiré que 120$, mais c'était presque le prix de la cage de chasteté, se disait-il en se léchant les lèvres d'anticipation.
Avant d'arriver à la station-service, il avait fait un bref inventaire. Le stimulateur de prostate, le lubrifiant et le plug anal pourrait leur servir, de même que cordes de soie et les bougies à l'huile de massage sans doute achetées pour mettre la copine de Shawn dans l'ambiance. Seuls les préservatifs étaient inutiles, jugea Raphael qui s'en débarrassa. Il avait conservé une bouteille d'un excellent whisky et agréablement surpris, il avait remarqué que les quelques vêtements achetés par le jeune homme feraient divinement bien à Léo et de même, justifierait sa si longue absence. Avec la joie d'un gosse à Noel, il avait dénombré ce qui ferait de magnifiques présents pour son amant. Il y avait 5 t-shirt, 2 polos, 4 pull, 2 chemise, 1 cravate, 1 ceinture ainsi que 2 paires de jeans, une paire de pantalon de toile sport et une paire de pantalon propre. Il y avait aussi 5 paires de boxers et le même nombre de chaussettes ainsi que deux ensembles complets pour faire du sport et un blouson de cuir très chic et classique dans le genre de son grand frère! Une manne! Avec ce qu'April lui avait acheté et ses trois uniformes, Léo ne manquerait de rien durant un bon moment. Son frère n'avait encore aucune idée de la valeur de l'argent et donc, ne se douterait de rien.
Mais ce n'était pas que la hâte de voir le visage ravi de son amant devant ses cadeaux qui le faisait désormais courir vers lui. L'odeur du sang et de la fumée avaient embrasés ses sens.
Il n'écoutait pas les protestations de Léo qui voulut le questionner. Il l'embrassa sauvagement avant le moindre mot. Les lèvres de Léonardo étaient si fraîches, une oasis, alors que tout en lui était un mélange de sang, de lave et de cendres. Il se sentait comme ivre ou possédé, ne fonctionnant plus que par instinct. Il ne savait si se sentirait encore ainsi le lendemain, mais rien ne comptait plus que de ployer le corps sous lui et de le pénétrer. Procurer du plaisir à un être jusqu'à l'orgasme après avoir procurer la douleur menant à la mort à un autre. Jamais il ne s'était senti si maitre de lui, si en contrôle. Il ne laissa les lèvres qu'avec réluctance, comme assoiffé de leur contact.
"J'ai envie de toi" déclara-t-il, n,admettant ni question, ni réplique et ni refus.
Il le força à remonter les escaliers de reculons, avançant dans son espace vital,jusqu'à dans leur chambre où il le poussa fermement, mais sans violence, sur leur lit.
« J't'ai acheté des cadeaux » grogna-t-il d'une voix sourde, comme déshabitué de parler. « Maintenant, j'veux le mien »
Léo ouvrit grands les yeux, semblant vaguement angoissé, par ce comportement tout de même inhabituel chez son frère.
Raphael, malgré que quelque chose en lui demeurât survolté, fut rassurant.
« J'nous ai acheté de quoi faire une ambiances romantique » expliqua-t-il en allumant les bougies à l'odeur aphrodisiaque « et de quoi te prendre en douceur. Déshabille-toi et allonge-toi »
Léo inquiet, vit les cordelettes de soie, mais Raphael le coupa avant même qu'il ouvrit la bouche.
« C'est japonais, j'ai cru que cela pourrait te plaire », déclara-t-il. Il avait lu les instructions de tous les gadgets à la station-service. « Ce soir, je te veux pleinement. Laisse-moi prendre le contrôle »
Une lueur expectative brilla dans les yeux de l'ainé qui s'allongea, écartant les membres de son corps, signifiant son accord. Raph sourit. Le chatouillement de son sai sur la chair morte lui avait donné envie d'en caresser une vivante et le sang tiède lui avait rappelé un autre fluide. L'odeur du brasier, de la chair qui brûlait lui avait rappelé celle du sexe et presque les cris d'agonie sous la voiture lui avait semblé être les gémissements et les plaintes de Léo avant l'orgasme. Tout se complétait et en bonus, Mikey avait la paix! C'était une soirée parfaite.
