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- Playlist -
Rude - Eternal Youth
LambC - Dear Caramel (feat. 최정윤)
Bring Me The Horizon - Follow You Acoustic Cover
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Il fut à nouveau coupé dans sa phrase lorsque Don lui tourna le dos pour s'en aller, partant d'un pas décidé. Mikey, prit de panique, le suivit, tentant tant bien que mal de s'expliquer, de faire en sorte que Donatello s'arrête et l'écoute, mais rien n'y fit.
Donnie finit par disparaître dans la foule.
Il fallut à Raphael plus d'une heure pour retrouver Donatello dans les rues de New York. Lorsque Mikey lui avait dit qu'il s'était disputé avec lui, cela avait beaucoup surpris le pilote. Il ne les avait jamais vu avoir l'ombre d'un conflit, au contraire, ils semblaient toujours aller parfaitement ensemble.
Lorsque Raph trouva enfin Donnie, accroupis dans une ruelle, la tête enfouie dans ses genoux, il en eut le cœur serré. Il s'approcha doucement du génie et appela son nom : « Donnie-boy ? »
Le dénommé releva des yeux rougis et grogna : « Qu'est-ce que tu fais ici toi ? Comment tu m'as retrouvé ? »
Ceux à quoi Raphael répondit en haussant les épaules : « Je suis un ninja, tu sais. »
« Laisse moi tranquille. »
Sa voix était ferme, et ses yeux rouges pleins de détermination. Cela fit presque hésiter Raph à faire demi tour. Mais il tint bon, sa main doucement posée sur le bras de Donnie.
« Tu veux que je m'en aille ? » demanda-t-il calmement.
« Oui, » répondit sèchement Don.
« Je pourrais faire ça, » dit alors Raphael, « mais si je m'en vais maintenant, dis moi, qu'est-ce qu'il va advenir de toi ? »
« J'ai pas besoin de baby-sitter, » rugit Donatello, « arrête de t'occuper de moi comme ça tout le temps ! »
« Mais j'en ai envie, » répliqua Raph en resserrant sa poigne sur le bras de l'autre tortue, « je veux être avec toi, je t'en supplie, laisse moi t'aider... »
Don retira son bras et se redressa contre le mur : « Je te l'ai déjà dit, tu ne veux pas être avec moi, tu ne veux pas m'aider. Va-t-en. On ne devrait plus se voir, toi et moi. »
« Mais... Donatello, qu'est-ce qu'il te prend ? » s'exclama Raph en se relevant lui aussi, les yeux écarquillés. « Cette dispute avec Mikey t'a chamboulé à ce point là ? »
L'autre tortue le regarda avec des yeux lourds de tristesse. « Raph, » dit-il d'une voix enrouée, « il y a trop de choses dont tu n'es pas au courant, je... »
Il arrêta de parler car sa gorge se remplissait de sanglot. Tandis que les larmes coulaient sur ses joues, il serra les bords de son chandail dans ses mains. Il mourrait d'envie que Raph le prenne dans ses bras, mais il savait qu'il devait le repousser. Ils étaient déjà trop proches...
« Don, je t'en supplie, » implora encore une fois le pilote, « je supporte pas de te voir comme ça. Laisse moi faire quelque chose pour toi. Parle moi. » Il s'approcha de Donatello et le prit dans ses bras. « Dis moi ce qui ne va pas. »
Le génie ne répondit pas. Il continua à pleurer, trouvant à peine la force de répondre à l'étreinte du pilote.
« Tout ce que je fais, » murmura-t-il entre deux sanglots, « je le fais pour Mikey. Je suis tellement désolé... »
« Ça va aller, » répondit Raph en le serrant contre lui aussi fort qu'il le pouvait.
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« Je ne pensais pas qu'il réagirait comme ça, » confia Mikey à son petit ami. Il s'était accroupis en face de Spike et caressait pensivement sa carapace du bout du doigt. « Ça ne ressemble pas à Donatello... »
Assis devant son bureau, Léo réajusta ses lunettes, les yeux rivés sur l'écran de son téléphone : « C'est juste un malentendu, » répondit-il, « il n'a pas comprit qu'on avait pensé à s'installer tous les quatre ensemble, pas juste toi et moi... »
« Si on s'installe ensemble, tu me présentera ton père, » demanda Mikey innocemment.
« Bien sûr, » répondit Léo tout en scrutant toujours l'écran de son téléphone, « en fait... J'aimerai qu'il te rencontre aussi. »
Spike échappa aux mains de la jeune tortue et alla se coincer sous le canapé. Mikey le regarda gigoter sans broncher. Il n'alla pas l'aider.
« Oh mon dieu ! » s'exclama soudainement Léo.
Mikey ne se retourna pas vers lui.
« La fille... La fille qui étaient présente aux qualifications, je me souviens qui s'était, » continua Léo.
Affolé, il prit son téléphone et appela son frère, ne prêtant même pas un regard à Mikey qui lui tournait le dos.
« Raph, il y a urgence, il faut que tu viennes tout de suite... Karai est revenue. »
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« Je suis vraiment désolé pour toute cette précipitation, » murmura Léo alors qu'il garait la voiture, « je voulais vraiment que tu rencontres mon père, mais je ne pensais pas que ça se ferait de façon aussi rapide. »
Il n'y avait rien aux alentours à part de la végétation. Mince... Il était bien caché le rat. Il avait fallu une bonne heure de route pour arriver là. Mikey détacha sa ceinture et ouvrit la portière.
« C'est rien, Léo, » dit-il avec un grand sourire, « je suis très heureux de pouvoir enfin le rencontrer. »
Les yeux bleus de Léo se plissèrent alors qu'il fermait la voiture : « Est-ce que ça va, Mikey ? Tu ne m'offres pas de sourire aussi faux, d'habitude. »
La petite tortue se raidit. Son faux sourire était-il donc si évident ? Léo ne faisait pas la différence, d'habitude...
« Ne t'inquiète pas, » dit alors ce dernier, « maître Splinter va beaucoup t'aimer, j'en suis sûre. »
Ils avancèrent sur un petit chemin fait de gravier et passèrent sous une arche de bambou. Léo avait expliqué à Mikey que ce n'était qu'une maison de vacance pour le père, et qu'il ne serait là que quelques heures avant de repartir à l'étranger. Splinter était une personne très occupée.
Ils arrivèrent finalement devant une maison au style très japonais, avec un pavillon et un jardin zen qui l'entourait. En arrivant là, les yeux bleus ciels de Mikey se tintèrent d'émotion. Il reconnut tout de suite la silhouette de Donatello et son pull violet. Raph était là aussi, à ces côtés. Ils avaient l'air très proches l'un de l'autre.
« Comment avez vous pu arriver avant nous ? » murmura doucement Léo lorsqu'il fut assez proche.
« On est en situation de crise, » répliqua Raph en haussant les épaules, « j'ai sorti les grands moyens. »
Le regard de Léo se fronça presque de façon blasée. Il passa devant Raph et monta les marches du pavillon. En le suivant, Mikey s'arrêta devant son frère.
« Donatello, » appela-t-il doucement, le regard triste.
« Pas maintenant, » répondit ce dernier en levant une main, lui aussi ayant les yeux remplis d'émotion, « on verra ça plus tard. »
Les lèvres de la plus jeune des tortues se refermèrent. Il soupira, tandis que Raph lui envoyait un regard de compassion. Tout allait trop vite, désormais, il fallait qu'il parle à Donatello, et vite.
Toutes les tortues s'engouffrèrent dans la demeure. De l'encens s'échappait de plusieurs pots balançant au plafond. Une porte de papier de riz s'ouvrit prestement et une silhouette s'en échappa si vite qu'aucun d'eux n'eut le temps de réagir.
« Léonardo, Raphaël ! » s'exclama une voix féminine, très enjouée.
Mikey crut presque que c'était une ennemie, mais lorsqu'il entendit la voix tout aussi amusée de Léo, il comprit que ce n'était pas le cas.
« April, » s'écria le manager tout en s'élançant vers elle.
« Rouquine, » ajouta Raph en allant également à sa rencontre, « ça fait des siècles ! »
La jeune fille se jeta dans les bras de Léo, et Mikey en fut parcouru d'un frisson de jalousie qu'il réprima. Il resta sagement à côté de Don, alors que les deux autres tortues s'extasiaient en retrouvailles.
« Oh mon dieu, mais il faut que vous arrêtiez de grandir ! » s'écria la jeune fille.
Elle avait des yeux aussi bleus que ceux de Mikey, et de longs cheveux roux, attaché en queue de cheval, qui tombaient sur un kimono blanc orné de plumes jaunes et de brindilles vertes.
« On a arrêté notre croissance depuis un moment, rouquine, » dit Raph avec un sourire narquois, « c'est toi qui rétréci. »
Elle se mit à rire alors que Raph lui passait moqueusement une main sur la tête. Don et Mikey regardaient la scène, interdit. Ils ne lui avaient jamais parlé de cette fille. Ce fut finalement Léo qui se rappela le premier de leur existence. Il se tourna vers eux avec un grand sourire.
« April, » dit-il solennellement, « je te présente Mikey, mon petit ami ! »
« QUOI, » hurla-t-elle, alors que des étoiles se formaient dans ses yeux, « oh mon dieu, j'étais pas du tout au courant ! » Elle s'élança alors vers la jeune tortue, un sourire très amicale sur les lèvres. « Bonjour, je suis April, la disciple de maître Splinter, le père de Léo et Raph, enchantée de faire ta connaissance. »
« Moi de même, » répondit Mikey, un peu gêné par tant d'entrain.
« Ça fait un moment que notre père l'entraîne, » ajouta Raph en plaçant sa main sur l'épaule de la jeune fille, « c'est comme une petite sœur maintenant. » Il pointa ensuite sa tête en direction de Donatello et expliqua : « Lui c'est son frère, Donnie. »
« Enchantée Donnie, » dit April en s'inclinant, semblant s'être un peu calmée, « pardonnez mon excitation, c'est la première fois que je rencontre d'autres tortues que Léo et Raph ! »
« Il n'y a pas de mal, » répondit Don en s'inclinant lui aussi, souriant très légèrement.
April se mit à assaillir Mikey de question.
« D'où venez vous ? »
« Comment vous vous êtes rencontré ? »
« Toi et Léo, êtes vous ensemble depuis longtemps ? »
Ce fut alors que la porte de papier de riz s'écarta alors un peu plus. Léo, Raphaël et April se turent immédiatement, comme épris d'un élan de solennité. Ils se retournèrent, et Mikey reconnut le père de Léo et Raph qu'il avait déjà vu en photographie.
« Sensei, » firent en cœur les deux plus vieilles tortues, avant de s'incliner devant lui.
Il s'agissait d'un ras à la fourrure brune. Il avait l'air âgé mais se tenait toujours droit, une canne à la main. Son long kimono pourpre orné de fleur noir touchait presque le sol, mais on pouvait deviné des pâtes à cinq doigts alors qu'il s'avançait doucement.
« Mes fils, » dit-il d'une voix forte et profonde, « quel plaisir de vous revoir. »
Donatello sentit son cœur se serrer lorsqu'il vit le regard d'intense affection que les trois individus partagèrent. April les regardaient aussi avec attendrissement, les mains croisées sur son kimono.
« Père, » fit Léo avec sérieux, « je suis au regret de vous annoncer que nous vous apportons une terrible nouvelle... »
« Oh, » répondit le vieux ras en caressant doucement la fine barbichette qui tombait sous son menton, « ce n'est pas là une bonne façon de désigner ton petit ami, mon fils. »
« Hein ! » s'exclama Léo alors que Raph et April se mirent à rire, « non ce n'est pas de lui que je parlais ! » dit-il, confus.
« Je sais bien, » répondit Splinter, « nous parlerons de la mauvaise nouvelle plus tard, pour le moment, je veux rencontrer ceux qui partagent vos vies. »
Donatello en eut les joues toutes rouges. Il se demanda si il était bien à sa place à cet endroit. Malgré sa timidité, la rencontre se passa bien. Ils s'assirent tous autour d'une table japonaise pour prendre le thé. Splinter leur posa plusieurs questions, surtout à Mikey, et April ne perdit pas une miette de la conversation. Don remarqua tout de même que son frère ne semblait pas très à l'aise. Etait-il si nerveux que ça à l'idée de rencontrer Splinter ? Ça ne lui ressemblait pas beaucoup. Mikey était plutôt du genre à se faire aimer de tout le monde, et il savait qu'il avait un charme naturel. Il n'était jamais nerveux. Quelque chose se tramait...
Splinter était calme. Il avait l'air aimant et attentif. Pas du tout le portrait qu'on lui avait dressé de lui... Donatello regarda son reflet dans sa tasse de thé. Cette histoire n'allait pas finir bien...
« Mon fils, » dit Splinter après un moment de silence, « quelle est la nouvelle que tu voulais m'annoncer ? »
Léo prit une grande inspiration et hocha la tête sérieusement : « Karai est de retour. «
Le vieux maître acquiesça tout en fermant les yeux : « Je l'avais ressenti. C'est pour cette raison que je ne resterai ici que quelques heures. Nous sommes tous en danger. »
Les poings de Raphaël se serrèrent. Donatello fut surpris par le sérieux de l'ambiance. Même April regardait nerveusement son kimono désormais.
« Peut-être faudrait-il expliquer la situations à vos deux nouveaux amis... »
Léo sembla tout d'un coup nerveux. « Vraiment, sensei ? » demanda-t-il craintivement.
« Vous leur faites confiance, n'est-ce pas ? » répondit le vieux rat.
L'aîné sembla hésité à répondre, Raphaël fut bien plus rapide que lui. Il redressa les épaules et affirma haut et fort : « Bien sûr ! »
Maître Splinter sourit doucement. Il se tourna vers Mikey et Don : « J'ai autrefois eu un ennemi appelé Shredder, » commença-t-il.
Le souffle de Donatello se coupa en entendant ce nom. Il était sur le point d'entendre la version de Splinter. Ce dernier contemplait désormais pensivement la ciel bleu qu'il pouvait voir par la fenêtre et continua : « Shredder était l'un des guerriers les plus puissants de mon clan. Nous étions toujours en compétition pour une raison ou une autre. Nos idées étaient diamétralement opposées. Il a décidé de quitter le japon et de venir s'installer ici à New York pour y régner par la force et le chaos en fondant son propre le clan, le clan des foots. »
Donatello et Mikey ne perdaient pas une miette de ce qui se disait. Tous autour de la table était silencieux. April tourna la tête tristement alors que Splinter continuait : « Ce clan croit que la violence est solution à tout. Ils ont prit bien des vies, torturé des gens. April ici présente à perdu ses parents à cause des actions des foot. »
Les yeux de Mikey se plissèrent. Il se sentait très affecté par ce qui était dit.
Le vieux rat reprit une grande inspiration et continua : « Le but de Shredder a toujours été de m'éliminer, et moi, durant de nombreuses années, j'ai essayé d'éviter le conflit. Je me cachait pour éviter d'avoir à lui faire face. Seulement, il y a de ça quelques années, une jeune fille du nom de Karai a séduit mon fils aîné, Léonardo. »
Ce dernier rougit de honte.
« Nous l'ignorions, mais il s'agissait de la fille de Shredder. Il a réussi à remonter jusqu'à moi en utilisant le cœur de mon fils. Cela a donné lieu à une très grosse crise familiale, mais au final, nous avons réussi à renverser la situation en notre faveur et n'avons eu d'autres choix que de tuer Shredder... »
Splinter poussa un long soupir, il était évident qu'il n'avait jamais voulu en arriver là et devoir tuer Shredder. Sa famille devait vraiment compter pour lui.
« Aujourd'hui, Karai crie vengeance, » continua-t-il, « nous avons naïvement cru qu'elle referait sa vie sans nous faire de mal... Mais elle a reformer le clan des Foot. Cela lui a prit de longues années mais elle s'apprête maintenant à passer à l'action. C'est pourquoi nous sommes en situation de crise. »
« Qu'allons nous faire, » demanda Léo. Cela fit drôle à Mikey de le voir si inquiet, lui qui avait toujours tout en main. Il se tournait désormais vers quelqu'un d'autre pour de l'aide...
« On se cache, » répondit fermement Splinter, « je quitte les États-Unis avec April, vous devriez en faire autant, vous, mes fils, mais je comprends que vos vies vous obligent à rester là. »
Donatello ravala sa salive. Par vos « vies », il était évident que c'était à lui et Mike que Splinter faisait référence. Léo et Raph n'allaient pas tout laisser tomber et partir ailleurs, maintenant qu'ils avaient Don et Mikey. Ils étaient l'attache qui les retenait à New York.
« Restez caché, » répéta maître Splinter en se levant, « plus d'apparition télé ou même dans le journal. Léonardo, cesse tes activités de manager pendant quelques temps. Dit leur d'annuler la participation de Raphaël aux compétitions de cette année. »
« Quoi ! » hurla alors Raph en se levant si promptement qu'il en fit chavirer la table.
« Manage ta colère, » répondit simplement Splinter, « c'est pour ton bien. »
« Oui, » ajouta Léo, « c'est autour des champs de course que je l'ai vu. Ça a dû être facile pour elle de te retrouver, avec le formule 1... »
« Mais c'est... » s'exclama encore Raph, « c'est injuste ! J'ai des bonnes chances de gagner cette année ! »
« Raison de plus pour ne pas participer, » répliqua l'aîné, « imagine la couverture médiatique si tu gagnes. »
« Argh ! » rugit la tortue. Il quitta la pièce en poussant une porte de papier de riz si fort que Don crut qu'il allait la casser.
« C'est le prix à payer, » répondit doucement Splinter, « lorsqu'on a des ennemis... »
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Les cris de Léo et Raph pouvaient s'entendre depuis l'extérieur de la bâtisse. Donatello était assis sur le rebord du pavillon en bois, l'un de ses genoux repliés contre lui et son autre jambe se balançant doucement contre une pousse de bambou du jardin zen. Il entendit le bois craqueler alors que Mikey s'asseyait à côté de lui.
« Donnie, il faut vraiment qu'on parle, » dit-il tout en cherchant son regard, mais le dénommé ne le regarda pas.
« Mike, je m'en fiche si tu veux habiter avec Léo, » dit-il avec hargne, « on a des problèmes beaucoup plus importants à gérer maintenant. »
« Non, c'est pas ça ! » répliqua le plus jeune en secouant la tête. « Il faut que je te parle d'autre chose ! Enfin, non, c'est lié, mais c'est pas exactement ce que tu penses ! »
Ce n'était jamais bon signe quand Mikey commençait à se noyer dans ses mots et ses idées. Donatello tourna la tête vers son frère, l'air agacé et aussi un peu inquiet : « Qu'est-ce que tu as encore fait ? » lui demanda-t-il, soupçonneux.
Le plus jeune ravala sa salive avec appréhension, avant de demander : « Dis moi, tu tiens beaucoup à Raphaël ? »
Don écarquilla les yeux, l'air confus. Il secoua la tête avec dignité : « Pas plus que ça, » affirma-t-il en croisant les bras.
« Je sais que tu l'aimes, » insista Mikey, « il faut que tu te détaches de lui, parce que les choses vont vraiment mal tourner, tu sais. »
Intrigué, Donatello perdit son air en colère. Il cligna des yeux plusieurs fois, et s'apprêta à en demander plus, mais le voix de Raph et Léo se firent de plus en plus fort. Des bruits de pas retentirent, raisonnant dans le pavillon, et Raph poussa soudainement les rideaux de tissus qui ornaient la porte d'entrée. Il sortit en trombe de la maison, ne se retournant que pour lancer un finale : « J'en ai rien à foutre, je suis un adulte, je fais ce que je veux ! »
Ce sur quoi, Léo débarqua, suivant son frère, répliquant : « Vas-y ! J'ai déjà annulé ! Ils ne te laisseront pas y aller ! »
Raph se retourna avec fureur : « Comment oses-tu contrôler ma vie ! C'est ma vie, tu entends ! »
Il en avait les larmes aux yeux. Cela fendit le cœur de Donatello.
Le pilote se retourna et commença à marcher vivement en direction de sa voiture.
« Où tu vas ? » hurla Léo. « On est sensé rester caché ! »
« J'en ai rien à battre, » répéta Raph avec rage, des larmes coulants sur ses joues, alors qu'il avait du mal à ouvrir la porte de sa voiture tant il tremblait de colère.
Don entrouvrit doucement les lèvres. Il tourna la tête rapidement vers Mikey, puis vers Raph. Il entreprit alors un mouvement pour se lever.
« Donatello, » grogna Mikey entre ses dents, « je t'ai dit qu'on avait besoin de parler. »
« On peut pas le laisser tout seul dans cet état, » répliqua Don avec un mouvement de tête, « il était là quand j'ai eu besoin de lui... »
Il se leva alors et alla rejoindre Raphaël. Celui-ci ne dit rien lorsque Donatello ouvrit la porte pour lui. Il s'installa juste dans la voiture et attendit que Don monte sur le siège passager avant, sous les yeux inquiets de Léo, et affolé de Mikey.
Le véhicule démarra, alors que ce dernier se passait deux mains désespérées sur les tempes : « Pas plus que ça, mon œil, ouais, » murmura-t-il tout bas, mort d'inquiétude pour la suite des événements.
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« Je suis désolé... »
Il n'arrêtait pas de répéter ces trois mots encore et encore.
« Je suis désolé... Désolé... »
Il pleurait tellement fort qu'il en avait les yeux tout rouges. Donatello le regardait avec compassion, tout en passant une main sur sa carapace, lui murmurant sans cesse : « Ça va aller... » Mais Raph ne semblait pas vraiment l'entendre. Il avait garé la voiture sur le parking de l'aéroport le plus proche et pleurait toutes les larmes de son corps, la tête appuyée sur le volant, les bras croisés.
Il était dans un état de détresse que Donatello n'avait encore jamais vu.
« Tu y tenais vraiment beaucoup à cette saison de Formule 1, » dit-il doucement.
Raph murmura quelque chose d'incompréhensible à travers ses lames. Don continua à caresser doucement sa carapace, ne sachant pas quoi faire d'autre. Il se mordilla les lèvres tandis que les pleurs de son ami commençaient enfin à faiblir. Il tourna alors son visage vers le grand bâtiment qui leur faisait face, et dont un avion s'échappait.
« Pourquoi tu nous as emmené ici, » demanda-t-il finalement.
« Pour partir, » répondit Raph après s'être essuyé les yeux d'un revers de la main. Don lui tandis un mouchoir qu'il accepta.
« Tu veux t'en aller ? » demanda alors Don, « tout seul ? »
Raphaël ne répondit pas tout de suite. Il se moucha bruyamment puis s'essuya les yeux encore une fois. « Je sais que c'est stupide, » dit-il, « partir, comme ça, sans rien... »
« Je ne peux pas venir avec toi, » dit doucement Donatello en regardant ses genoux, « pas seulement à cause de mon job... Il y a aussi Mikey qui fait ses études... On peut pas partir comme ça. »
« Je sais, » répondit Raphaël en soupirant, « je sais pas ce que j'avais en tête... C'est mieux de rester ici de toute façon. »
Après quelques secondes de silence, il se remit à pleurer en maudissant le fait qu'il ne pourrait pas concourir cette année. Donatello n'avait jamais réalisé à quel point c'était important pour lui.
« On devrait aller prendre l'air, » dit-il en ouvrant la porte.
Il força Raph à le suivre dans l'aéroport. Ils ne pouvaient pas rester des heures sur le parking à ne rien faire, il fallait qu'il lui change les idées. Don n'aimait pas l'idée d'aller dans cet endroit inondé de monde, mais c'était pour Raph qu'il le faisait. Il fallait qu'il prenne l'air.
Ils marchèrent à droite et à gauche avant de s'arrêter devant le tableau d'affichage des départs.
« Il y a un avion qui part dans 30 minutes pour hawaii, » dit Donnie avec un air amusé, « on pourrait y aller. »
« Tu plaisantes Donnie-boy, » répliqua Raph, sur le ton de la plaisanterie, « fait beaucoup trop chaux là-bas. »
Il avait déjà l'air d'aller un peu mieux. Ils continuèrent à plaisanter sur les destinations affichées jusqu'à ce qu'une foule de passager arrive, sortant tous du même avion. Les gens les entourèrent avant qu'ils n'aient pu aller où que ce soit d'autre et Donnie sentit le sang s'accélérer dans ses veines. Angoissé, il attrapa le bras de Raph, quand soudainement, un éclair violet le saisit.
« Ça va, Donnie-boy, » demanda le pilote, inquiet.
Une jeune femme s'arrêta alors devant eux. Il s'agissait aussi d'une tortue aux yeux d'un violet très profond.
« C'est ma mère, » murmura alors Donnie, surpris. Il l'avait reconnu tout de suite.
La femme s'arrêta dans son mouvement. Elle avait une petite valise avec elle, et portait un tailleurs rose qui avait l'air assez prestigieux. Elle avait l'air elle aussi très surprise et eut un mouvement de fuite, avant de revenir sur ses pas. Elle s'approcha finalement des deux tortues, le souffle coupé.
« Donatello...? »
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Le génie n'avait jamais été aussi mal à l'aise de toute sa vie. Il n'avait pas vu sa mère depuis plus de 10 ans, et le voilà qui était assis en face d'elle, dans un café de l'aéroport. Il était tellement déboussolé qu'il n'avait pas touché à son moccachino, et il réagit à peine lorsque la main de Raph saisit la sienne, sous la table.
« Je suis surprise de voir que toi et Mikey êtes toujours inséparable, » dit la mère de Don en désignant Raph de la tête.
« Oh, » fit Don, un peu mal à l'aise, « non, ce n'est pas Mikey, c'est... »
« Je m'appelle Raphaël, » dit le pilote fermement, voyant que Donnie hésitait sur ses mots.
« Est-ce que c'est ton petit ami, » demanda la jeune femme avec curiosité.
« Je-... » commença Raph.
« Pas encore ! » coupa promptement Donnie, ce après quoi il rougit furieusement, « je veux dire-... »
Mais sa mère le coupa en riant de bon cœur : « Je vois la situation, » dit-elle.
Donatello rougissait tellement qu'il était incapable de parler, il fixa sa tasse avec des yeux ronds alors que Raph prenait le relais : « Il est toujours ami avec cette tête de linotte, » expliqua-t-il, « c'est juste qu'il est pas là, aujourd'hui. »
« Vous partez en voyage ? »
« On y réfléchit, » dit Raph avec un sourire tout en passant son bras autour des épaules de Donnie.
Il y eut un léger silence durant lequel ils burent tous une gorgée de leur boisson. La mère de Donatello reposa doucement la tasse et lui sourit.
« Tu as l'air en bonne santé... Tu as un travail ? »
« Je suis assistant téléphonique, » expliqua brièvement Donnie, « j'aide les gens avec des problèmes informatiques... »
« Ah, c'est un métier stable, c'est bien, » répondit sa mère en souriant. « Je suis heureuse de savoir que tu vas bien. »
L'ambiance était lourde. Donatello triturait nerveusement les bords de sa tasse, le cœur gros. Il fallait qu'il lui demande : « Pourquoi m'avez-vous abandonné ? »
La question était si gênante et lourde de sens que Raph en retint son souffle. La femme perdit son sourire. Elle regarda tristement sa tasse.
« J'étais trop jeune pour être mère, » dit-elle, « je n'ai pas la fibre maternelle, tu sais... Je suis désolée... »
Raph sentit son sang bouillir. Comment pouvait-elle lui sortir un « je suis désolée » après avoir gâché sa vie. La seule raison pour laquelle il resta calme était que Donatello lui serrait à présent la main en retour, comme pour lui dire de ne pas faire de vague.
« Je... J'ai... On a toujours la maison, en Louisianne, » dit doucement la mère de la tortue, « on a arrêté de la faire louer. On vit en France, pour le moment. »
Donnie la regarda, le regard froncé. Elle saisit son sac à main et fouilla à l'intérieur. Elle avait un trousseau de clé aussi gros qu'une pomme. Elle inspecta plusieurs clés avant d'en détacher une et de la poser devant Donatello.
« Sans toi libre d'y retourner, si tu le veux. Tu es grand maintenant, les services sociaux nos feront plus chier avec des conneries. »
Don resta interdis alors que sa mère finit d'une traite son café puis se leva et s'en alla. Il fixa la clé en clignant des yeux.
« Purée, » commenta finalement Raph, choqué, « ça à l'air d'être un sacré numéro, ta mère. »
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Ils quittèrent l'aéroport après cela... Donatello n'avait aucune envie de rester. Raphaël avait l'air d'aller légèrement mieux. Il ne pleurait plus des torrents de larmes, en tous les cas. Ils allèrent dîner dans un restaurant en ville, ce qui leur fit du bien à tous les deux. Les choses commencèrent cependant à se corser lorsque, en guise de dessert, Raph se mit à commander verre de whisky sur verre de whisky.
Don comprenait pourquoi il ressentait le besoin de boire. Les choses allaient vraiment mal, après tout... Mais il aurait bien aimé que Raph ne se saoul pas à ce point là. Ils durent rentrer à son appartement en métro. Il n'avait aucune idée de ce que Léo et Mikey avaient fait de leur journée, mais il n'eut pas le temps de consulter son téléphone, surtout que Raph ne marchait pas droit et manquait de se prendre le sol à chaque pas qu'il faisait. Donnie dut le soutenir pour monter les escaliers, ce qui n'était pas évident.
« Bois, » ordonna-t-il en lui tendant une bouteille d'eau.
« Aw Donnie-boy, merci, je mourrais de soif, » répondit Raph en gloussant.
Il était assis sur le lit de Don, et celui-ci dut l'aider pour éviter qu'il ne renverse de l'eau partout.
« Allonge toi maintenant, tu dois être fatigué... »
« Tu es tellement gentil avec moi, » se mit alors à sangloter le pilote, « j'ai tellement, tellement de chance de t'avoir ! » Après quoi, il attrapa la main de Donnie et se mit à la câliner comme un nounours en peluche. « Je t'aime, » lâcha-t-il finalement.
Confus, le génie retira sa main, le regard triste.
« Tu ne devrais pas, » dit-il froidement.
« Mais pourquoi ? » demanda Raph avec un ton étrange. Il avait l'air vraiment saoul, les yeux mis clos, tombant de fatigue sur le matelas.
« Parce que... » commença Donatello, « il y a beaucoup de choses que tu ignores sur moi... Je ne suis pas la bonne personne pour toi, crois moi. »
Raphaël se tortilla comme une anguille alors que Don s'assit à côté de lui et lui caressa l'épaule pour l'aider à se calmer.
« Il faut que tu dormes maintenant, » insista le plus jeune.
« Non, je veux rester réveiller pour passer plus de temps avec toi, » répliqua le pilote, plus romantique qu'à la normale.
« Non, endors toi et rêve, » dit Donatello en passant sa main sur la joue de l'autre tortue.
« Pourquoi je voudrais rêver, » dit ce dernier, « alors que tu es réel. Tu es mille fois mieux que tous mes rêves... »
Donatello plissa les yeux, attendrit.
« Tu penses vraiment ce que tu dis ? »
Raphaël prit sa main et l'embrassa : « Je t'aime. J'ai confiance en toi, Donnie... »
Le dénommé sentit ses yeux se remplir de larme. Raph ferma les yeux, il ne savait pas si il était déjà endormi, mais il était silencieux désormais.
« Raph, » appela-t-il doucement. L'autre tortue lui répondit par un gémissement, signifiant qu'il l'entendait toujours. Donatello laissa alors passer quelques secondes avant de lui dire : « Je fais partie du clan des Foot. »
Les yeux du pilote ne s'ouvrirent pas. Il devait déjà dormir... Cependant, un bruit d'impact se fit entendre depuis l'extérieur de la chambre. Donatello tourna alors la tête. Il se croyait seul, mais dans l'encadrement de la porte se trouvait Mikey, dont le sac venait de tomber sur le sol. Il avait l'air extrêmement choqué, les yeux écarquillés au delà du raisonnable.
« Oh non, » pensa Donatello. Il porta immédiatement une main à sa bouche, il était sur le point d'ajouter quelque chose, mais Mikey le coupa.
« Alors... Toi aussi, » dit-il simplement.
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[Note de l'auteure] Oui, je viens complètement d'updater cette histoire après plus d'un an d'attente. Vous avez le droit de me taper. Ou de taper une review sur votre clavier ;D Merci de m'avoir lue jusqu'ici, je vous promets de terminer cette histoire un jour. À bientôt !
