Bonjour, bonjour ! On ne s'est pas vu depuis, plus d'un mois ? En effet, mais le chapitre est à présent disponible, rien que pour vous. J'espère que votre rentrée s'est bien passée, et je n'ai pas grand-chose à dire en fait, du coup je vous laisse lire !

ouassi : Est-ce que Finny est toujours en vie, dis-tu ? Qui sait, qui sait~ Merci pour tes encouragements !

Manon : Toi qui voulais la suite, eh bien la voilà !

Bonne lecture !~


Écrit par Cennis

Chapitre Dix

- Eh beh, cet endroit est vraiment tombé en ruines depuis la dernière fois, hein ? commenta Freckles, fronçant le nez en jetant des coups d'œil dans les alentours du jardin.

Ciel acquiesça sans véritable conviction, regardant brièvement la pelouse non entretenue. Elle avait entièrement raison. D'aussi loin qu'il s'en souvienne, les jardins avaient toujours été étonnamment propres, en sachant où ils se trouvaient. Bien sûr, il y avait un peu de désordre, mais c'était tout de même agréable. Mais désormais le sol était recouvert d'un tapis de feuilles, les buissons étaient en mauvais état et avaient désespérément besoin d'être taillés, et les branches des arbres commençaient également à se déformer.

Même le banc sur lequel ils étaient assis était incrusté de terre.

- Ils devraient engager un jardinier ou un truc du genre.

Ciel acquiesça de nouveau sans réfléchir, écoutant à peine ce qu'elle disait, alors Freckles se leva en soupirant pour rejoindre Dagger et Jumbo.

Ciel fronça les sourcils alors qu'elle partait, sentant une nouvelle fois de nombreux martèlements contre ses tempes. Il siffla de douleur, et se pinça l'arête du nez pour se débarrasser de sa migraine. Il avait la tête qui tournait depuis deux jours, peu importe à quel point il avait essayé d'y remédier.

Stupide Sebastian.

Sa migraine était, évidemment, de la faute de Sebastian. En fait, tout ce qui lui arrivait dernièrement était de la faute de Sebastian.

Stupide Sebastian, lui et sa stupide manie de fourrer son nez là où il ne devrait pas.

Comment avait-il bien pu mettre la main sur son dossier ? Pour l'amour de Dieu, Claude, mets un cadenas sur ton classeur.

Ciel mit ses jambes sur le banc, s'allongeant pour regarder les nuages.

Il ne savait pas exactement ce qu'il y avait dans le dossier. Ce n'était pas comme si il avait déjà eu l'occasion de le lire. Mais même s'il avait la chance de le lire, il doutait qu'il le ferait. En tout cas, Sebastian savait pour Le Feu... S'il savait une telle chose, que savait-il d'autre ?

Eux ? Ce qu'ils avaient fait, ou pire, ce qu'il avait fait ?

Y penser suffisait à lui glacer le sang. Plus que ce qu'il avait imaginé. Il était évident qu'il ne voulait pas que qui que ce soit sache ce qu'il avait fait, mais pourquoi est-ce que l'idée que Sebastian sache lui donnait tellement de nœuds à l'estomac ?

Sérieusement ? Tu ne peux pas continuer à faire comme si de rien n'était. Tu sais parfaitement pourquoi-

Ciel se rassit sur le banc en grognant, faisant taire la petite voix dans sa tête.

Il avait dépassé depuis longtemps le stade de la confusion et était bel et bien dans la zone de la plus grande perplexité.

Avec une facilité bien entraînée, Sebastian fit disparaître le froncement de sourcils de son visage, pour le remplacer par son habituel sourire narquois.

Soit toutes les personnes présentes à St. Victoria étaient de vrais maîtres dans l'art du mensonge, soit personne ne savait qui était Finnian. Il avait passé sa matinée à faire le tour du personnel, que ce soit ceux qu'il connaissait ou ceux dont il ne se souvenait même pas, afin d'essayer de trouver quoi que ce soit de suspect chez eux. Jusqu'à maintenant, il n'avait trouvé que des expressions neutres et de l'inquiétude pour sa santé.

Il doutait qu'ils mentent tous. Même s'ils étaient des experts en la matière, assez pour être en mesure de le duper par un quelconque miracle, une question se posait : pourquoi Finny ? Après tout, le garçon était insignifiant dans le grand schéma des choses. Le jardinier pas-très-brillant n'était qu'un petit joueur. Alors pourquoi serait-il une cible dans tout cela ?

Et, pourquoi Sebastian était-il le seul épargné ?

Cela ne faisait qu'une semaine depuis sa dispute avec Ciel, et la disparition de Finny. Bien que Ciel lui avait parfaitement fait comprendre qu'il n'avait aucune intention de se réconcilier avec lui, Sebastian mit de l'huile sur le feu en se rendant dans la chambre de ce dernier.

Ciel était l'expert de St. Victoria, le vétéran des patients. S'il y avait bien quelqu'un qui pouvait mettre au clair la situation, c'était bien lui. S'il n'avait pas été atteint, du moins.

- Qu'est-ce que... Fiche le camp ! cria Ciel lorsque Sebastian déboula dans sa chambre, ignorant les règles en fermant la porte derrière lui.

Il ne fit pas attention à la moue indignée du garçon, se dirigeant vers le bureau où Ciel était assis, et il le regarda droit dans l'œil.

- Finny.

Il ne lui fallut qu'un mot pour savoir que Ciel était lui aussi touché par ce qui arrivait. Il n'y eut aucune trace de reconnaissance dans son œil en entendant le nom de son ami, juste une once de confusion accompagnée de l'agacement que la présence de Sebastian apportait.

- Quoi ?

C'était impressionnant de voir à quel point Ciel pouvait exprimer autant d'irritation en un seul mot.

L'ignorant, Sebastian passa une main dans ses cheveux, se laissant tomber au bord du lit. L'imposante quantité d'exaspération et de colère tomba comme une brique sur lui, et il eut besoin d'un moment pour faire le vide.

Cela devenait ridicule. Une personne ne pouvait pas juste disparaître de la surface de la planète ! Être effacée d'un claquement de doigt ! Sebastian n'avait trouvé personne qui se souvienne du blond, aucune trace de ce dernier dans l'Institut. Pourtant il se souvenait, il souvenait qu'une semaine plus tôt il s'était assis et avait mangé son petit-déjeuner avec lui, il lui avait parlé, il avait supporté son humeur pétillante avec plus de patience que d'habitude. Il s'accrocha à ce souvenir lorsqu'il releva la tête pour rendre à Ciel son air impatient, et réessaya :

- Finny.

- Pourquoi continues-tu à faire ce bruit ?

Non. Il n'y avait rien. Pas d'étincelles, seulement plus de confusion.

- C'est un nom, Ciel. Celui de ton ami, dit Sebastian, observant méticuleusement le visage du garçon à la recherche d'un signe de... n'importe quoi. La seule chose qu'il vit fut le mal à l'aise grandissant de Ciel face à une telle absurdité.

- De quoi parles-tu ? Je ne connais personne de ce nom là... Est-ce que Grell t'as fait avaler quelque chose ? Ciel se pencha sur sa chaise, répondant avec un certain amusement.

Sebastian haussa presque les épaules. Honnêtement, s'il n'avait pas pris une page du livre de Will et commencer à piéger sa propre chambre après l'incident des pantalons, il n'aurait pas été étonné que ce soit un coup de la rousse.

- Écoute, ça va te sembler étrange - ça l'est- mais écoute, d'accord ? Tu m'en veux, je comprends, et si tu le veux vraiment alors nous en parlerons plus tard.

- Il n'y a rien à dire. Tu n'avais pas le droit-

- Écoute. Il y a encore une semaine, il y avait un homme – Finny, Finnian, peu importe – qui travaillait ici. C'était le jardinier. Vous vous entendiez bien, ce ne serait pas faux de dire que vous étiez amis. Mais il y a une semaine, il... il a disparu. Pas juste disparu, mais c'est... c'est comme... comme s'il n'avait jamais été ici. Et il semblerait que je sois le seul à me souvenir de lui.

Il fut sur le point d'en dire davantage, mais il s'arrêta en voyant la réaction de Ciel. Il s'était attendu à ce que le garçon se moque de lui, ou qu'il fasse une remarque sarcastique, quelque chose de ce genre. Il n'en fut rien. Au lieu d'afficher un visage rieur, il le regardait avec pitié.

Avant que Sebastian puisse reprendre, Ciel secoua la tête.

- Il n'y a pas de Finny, Sebastian.

- … Si. Il y en a un.

- Non. Mais il fallait s'y attendre. Cet endroit, il perturbe l'esprit des gens. Crois-moi, je le sais bien. Je dois avouer que ton petit fantasme est assez étrange, mais ce n'est que cela un fantasme.

Sa façon de parler était aussi empreint de pitié que son regard, toutes traces de colère avaient disparues alors qu'il regardait Sebastian comme si quelque chose clochait chez lui.

Bon, il ne s'était pas attendu à ce que Ciel le croit tout de suite, mais qu'est-ce que c'était que cette réaction ? Ce gosse lui parlait comme si il était le patient !

- L'environnement affecte l'esprit. C'est un fait. Je suis plutôt surpris de voir qu'il ait fallu autant de temps pour que tu sois atteint. Prends ta journée, dors, et repense à toute cette histoire de Finny demain lorsque tu seras plus reposé.

C'était insupportable, ce ton empathique et condescendant utilisé pour le bourrer de conseils. Il ne voulait pas se reposer, il n'avait pas besoin de repos. Ce n'était pas un effet secondaire d'une trop longue période passée à l'Institut – Ou était-ce cela ?

Sebastian détourna les yeux de Ciel alors que la graine du doute que ce dernier avait semé commençait à germer.

Il était le seul à se souvenir de Finny. Puisqu'il était le seul à dire que Finny était réel alors qu'une dizaine de personnes disaient le contraire, il était dans le tort, c'était logique. Après tout, il n'y avait rien de plausible expliquant pourquoi tout le monde, sauf lui, avait soudainement oublié l'existence d'une personne. C'était tout bonnement impossible qu'une personne disparaisse, et cela, sans laisser de traces. Peut-être que Ciel avait raison. Peut-être qu'il était dans le faux, peut-être que St. Victoria avait réellement une influence sur sa raison. Bon sang, la majorité du personnel était dérangée. Peut-être que lorsque qu'ils avaient eu leur travail, ils étaient différents-

Un bout de papier jaune clair attira son attention et ses pensées furent chamboulées.

- Qu'est-ce que c'est ? Demanda Ciel alors que Sebastian accouru à côté de lui pour ramasser quelque chose sur le sol à côté de son bureau.

«OH NON ELLE DECOVRE QU'ELLE EST PAS VRAIMENT LA FILLE DE GABY !»

Il ne pouvait pas y avoir d'erreur les fautes d'orthographe, l'utilisation excessive d'exclamation, les gribouillis autour des mots. C'était l'écriture de Finny, le mot qu'il lui avait demandé de donner à Ciel juste avant de disparaître.

- Ça vient de Finny. Lis-le, lui ordonna presque Sebastian, brandissant la petite note jaune au visage de Ciel.

Cette fois ci, Ciel lui rigola vraiment au visage.

- Eh bien, je dois bien t'accorder cela. Tu te dévoues vraiment à ta petite crise de folie. Aller jusqu'à mettre des 'preuves' dans ma chambre.

- Lis-le.

Le ricanement de Ciel s'arrêta en l'entendant grogner, et l'irritation de tout à l'heure revint.

- Je n'aime pas ce ton, Sebastian. Demande-moi poliment ou je ne ferais rien.

Sebastian commençait à perdre patience. Si Ciel pouvait juste lire cette foutue note et faire ce qui lui était dit pour une fois dans sa vie, alors les choses avanceraient. Il ne savait pas vraiment pourquoi il était si convaincu que la note serait une aide. Peut-être était-ce parce qu'il s'agissait de la seule trace de Finny qu'il avait pu trouver. C'était sûrement un signe qu'elle appartienne à Ciel, non ?

- Ciel, pourrais-tu lire ceci ?

Sebastian refoula son agacement grandissant, essayant d'avoir l'air raisonnable et civil. Soit Ciel était encore énervé à cause de l'histoire du dossier soit il était juste d'humeur obstinée, puisqu'il ne fit que sourire narquoisement en voyant l'effort herculéen que Sebastian faisait pour rester calme.

- Le mot magique ?

S'il n'était pas aussi déterminé à rester du bon côté de ce sale bâta- morveux, il l'aurait déjà frappé.

Juste pour essayer de se débarrasser de l'air espiègle du garçon, Sebastian mit en place son propre rictus.

- S'il te plaît ?

- Était-ce si compliqué ?

Ciel souffla longuement, tendant la main pour qu'on lui donne le mot. Sebastian le mit dans sa paume avec plus de force que nécessaire. Il espérait sincèrement que les doigts de Ciel ne soient pas aussi fragiles qu'ils en avaient l'air.

Avec un effort exagéré, montrant clairement qu'il ne faisait que ménager Sebastian, Ciel mit le bout de papier au niveau de son œil.

Plus tard, il classerait la soudaine brûlure qu'il avait ressentie à l'arrière de son œil en prenant connaissance des mots sur le post-it comme la troisième pire douleur physique qu'il ait jamais eu à endurer. À peine avait-il fini de lire la courte phrase que la migraine était revenue, si intense qu'il crut être en train de saigner des oreilles.

Finny-

Le mot tomba par terre alors qu'il ramena ses mains sur sa tête, ses ongles s'enfonçant dans sa peau translucide et grattant, déchirant, voulant réduire à néant la barrière pour se débarrasser de la source de la douleur. Quelque chose de chaud ruissela le long de son visage, et Sebastian attrapa ses poignets pour le forcer à lâcher sa tête, l'empêchant de se faire plus de mal.

FinnyFinnyFinny-

Il pouvait entendre Sebastian répéter son nom, Ciel !, mais il avait l'impression d'être sous l'eau, cette voix lointaine et indistincte. Il ne pouvait penser qu'à cette aveuglante chaleur dans sa tête, ces yeux bleus brillants qui ne l'avaient jamais jugé même s'ils savaient tout de lui, qui même lorsqu'il était au plus mal ne l'avaient jamais traité comme autre chose qu'une personne-

FINNYFINNYFINNYFINNY-

Puis la douleur disparut dans un dernier flash blanc et chaud, et Ciel put s'entendre, sa voix rauque et beaucoup trop forte, criant le nom de Finny en boucle.

Il chancela, devenant brusquement muet, et Sebastian ne put faire que le minimum pour l'empêcher de tomber la tête la première sur le sol. Le touchant le moins possible, il remit le garçon sur la chaise, les mains à l'affût, prêt à le rattraper s'il n'était pas stable.

Quelques minutes dans le silence passèrent, et Sebastian disparut dans la salle de bain pour prendre un bout de tissu, l'humidifiant avec le robinet. Cela... avait été un peu plus que ce à quoi il s'était attendu. Il était soulagé, évidemment, que Ciel se soit rappelé de Finny, mais bon sang, cela avait eu l'air douloureux. Son visage s'était crispé en une expression de pur agonie, sa respiration avait été saccadée et paniquée. Puis il s'était mis à griffer son propre visage, assez fort pour non seulement se faire saigner mais aussi pour que les saignements continuent même après que Sebastian ait retiré ses mains. Il avait été tellement perturbé qu'il n'avait pas réagi lorsqu'il avait été touché.

Sebastian avait eu peur que quelqu'un débarque dans la chambre lorsque Ciel s'était mis à crier, Alois ou Soma prêts à défendre l'honneur de leur ami, mais heureusement personne n'avait semblé l'entendre. Bien que ce soit tout de même suspect, Ciel avait difficilement était discret, Sebastian décida de ne pas s'en plaindre. Dieu sait qu'il y avait déjà assez de mystères à résoudre comme ça.

Il quitta la salle de bain et retrouva Ciel assis au même endroit où il l'avait laissé, à la seule différence qu'il serrait désormais fermement la note dans sa main. Il ne releva pas l'œil lorsque Sebastian s'approcha, et il ne recula pas quand le tissu humide toucha son visage. Il resta assis silencieusement alors que Sebastian lavait le sang frais, ne se mouvant que pour dégager la main de l'homme lorsqu'il essayait de retirer son cache-œil.

Sebastian commençait à s'inquiéter du silence de Ciel, et il se mit en tête d'aller chercher Joker ou l'un des autres patients pour voir s'ils pourraient obtenir une réaction de sa part, lorsqu'un grognement s'échappa du garçon.

Il était féroce, exprimant plus de colère que n'importe quel mot. En y regardant de plus près, Sebastian vit que les épaules de Ciel tremblaient. Il pensa d'abord qu'il était peut-être en train de pleurer jusqu'à ce que Ciel relève brusquement la tête. Cet œil n'avait jamais eu l'air aussi bleu que maintenant, brûlant de rage.

- Qu'ont-ils fait à Finny ? il continua à parler de cette voix grave, ses mots chamboulés et livides. Que m'ont-ils fait ?

- Quelque chose de semblable est-il déjà arrivé par la passé ? demanda Sebastian, tournant sur ses talons et se remettant à faire les cent pas dans la pièce.

Il ne pouvait pas s'asseoir. Il était beaucoup trop agité. Au moins lorsqu'il bougeait, il avait l'impression de faire quelque chose.

- Pas que je sache, répondit Ciel, mais Sebastian remarqua que ses paroles n'avaient pas leur habituelle assurance.

Il s'était un peu calmé, et restait plutôt dans un silence qui l'agaçait quelque peu. S'asseyant avec le dos droit, il serra le mot comme s'il s'agissait de la seule chose le reliant encore à la Terre.

Il était secoué, de la tête aux pieds. Que ce soit parce qu'on lui avait fait oublier Finny ou parce qu'on pouvait lui faire oublier quoi que ce soit, il était effrayé.

- … Penses-tu qu'il soit dans La Pièce ? osa demander Sebastian, disant à voix haute ce qu'il redoutait.

Ciel sembla être sur le point de parler, mais il hésita, et finit par murmurer :

- C'est une possibilité.

- Faut-il lancer une nouvelle mission de sauvetage ?

Ciel ne répondit pas, et Sebastian ne l'y força pas, reprenant sa course. Il aurait bien voulu que Ciel lui dise non, qu'il n'y avait aucune chance que Finny soit dans La Pièce. Après tout, il faisait parti du personnel. Cet endroit n'était fait que pour les patients, pas vrai ? Il ne voulait pas y retourner, surtout pas pour voir Finny avec la moitié du bras brûlée en train de gémir comme un enfant. Pourtant... une partie de lui le voulait. Pas voir Finny ainsi – non, il n'en avait aucune envie, évidemment. Seulement, la dernière fois qu'il était allé secourir Joker avec Ciel, il avait été tellement distrait par ce qu'il se passait qu'il n'avait pas vraiment vu La Pièce.

Il y avait beaucoup de miroirs, oui, mais il devait bien y avoir autre chose. Les patients en parlaient avec une telle peur, même Ciel craignait cet endroit, et de simples miroirs ne pouvaient pas avoir mutilé Joker, alors qu'est-ce qui avait bien pu le faire ? C'était une curiosité malsaine que Sebastian savait qu'il ne devrait pas avoir, il ne pouvait toutefois pas s'empêcher de vouloir en savoir davantage.

- Si... Finny est juste dans La Pièce, alors pourquoi est-il oublié de tous ? S'il y est, alors il pourrait très bien en revenir, non ?

Il était tellement perdu dans ses pensées, que les soudains murmures de Ciel le firent sursauter.

- … Penses-tu qu'il soit mort ? demanda Sebastian, et ils grimacèrent légèrement, ne voulant ni l'un ni l'autre entendre ce à quoi ils pensaient déjà.

- Ce ne serait pas étonnant, surtout s'il est tombé sur quelque chose qu'il n'était pas censé savoir. Ce serait tout lui de découvrir accidentellement sur quelque chose, cet idiot, Ciel rigola sans aucune conviction, resserrant encore un peu le mot dans sa main.

Ils devinrent silencieux, s'imaginant tous deux ce que Finny aurait bien pu faire, découvrir, jusqu'à ce que Sebastian reprenne la parole :

- Que veux-tu faire, Ciel ?

Il soupira, ayant l'air plus hagard que jamais.

- Eh bien, nous allons devoir lui porter secours, n'est-ce pas ?

Regarde bien partout pour essayer de trouver quoi que ce soit, mais soit subtil. Je vais tenter de réfléchir à quelque chose.

Cela avait été l'idée de Ciel avant qu'ils se séparent, la veille.

Plus à facile dire qu'à faire. Il n'était pas devenu Sherlock Holmes en une nuit. Qu'était-il censé faire, mettre sa cape de tweed et chercher des indices ? Il n'y avait pas d'indices. C'était cela le problème.

Après avoir passé une mauvaise nuit, Sebastian avait décidé qu'il serait bénéfique d'avoir Bard et Meirin de leur côté. Après tout, ils étaient si insignifiants dans l'Institut qu'ils passeraient inaperçus dans l'établissement. Une bonne aide à avoir.

Comme pour Ciel, il fallait leur rafraîchir la mémoire. Enfin, cela semblait simple, mais comme toujours ça ne l'était pas. Malgré les efforts de Sebastian durant plusieurs jours, peu importe le nombre de tentatives, le nom de Finnian restait inconnu. En même temps, il avait essayé de trouver de trouver quoi que ce soit qui pourrait rappeler Finny. Quoi que ce soit lui appartenant qu'il pourrait montrer à Bard et Meirin. Il n'y avait rien, rien si ce n'est le post-it que Ciel ne perdait jamais de vue.

C'était son derniers recours, la seule option restante. Sebastian prit le bout de papier de la chambre de Ciel, le mettant dans sa poche pour l'emmener avec lui aux cuisines lorsqu'il irait dîner.

- Meirin ? Peux-tu lire ceci pour moi ? J'ai du mal avec cette écriture, soupira Sebastian en lui adressant un sourire charmeur qui réchauffa son visage et lui fit perdre l'équilibre.

- Bien sûr ! Hum... « oh non, elle dé-covre... découvre ? Qu'elle est pas vrè-aiment... vraiment la file... fille... de Gaby », bégaya Meirin en déchiffrant le gribouillis, n'ayant aucune idée de qui Gaby ou sa fausse fille étaient.

Sebastian le regarda avec intensité, cherchant un quelconque signe de quoi que ce soit, mais elle lui rendit simplement le mot froissé avec un sourire.

Rien. Était-ce parce que la note n'avait pas été écrite pour elle ? Avait-ce marché pour Ciel parce que cela avait une certaine signification pour lui ?

Il retenta avec Bard et obtenu le même résultat.

Découragé, il mangea peu de son dîner, et quitta les cuisines avec hâte, remarquant à peine Meirin prendre la note sur la table pour la jeter dans les ordures.

Ciel ne sembla pas être très content de l'apprendre.

- Imbécile ! Sebastian esquiva le rubik's cube jeté vers sa figure. Va le récupérer ! C'est à moi, je le veux ! Va le chercher !

Sebastian Michaelis commençait à se poser des questions sur sa propre santé mentale. Tout cette histoire avec Finny, non, ça c'était rationnel. Chercher parmi les ordures un foutu bout de papier pour un adolescent capricieux ? C'était définitivement dépasser la limite qu'il possédait avant St. Victoria. En fait, cette limite qu'il appelait amour propre, lui manquait pas mal.

- Ugh... grimaçant, Sebastian remonta sa main, jetant la peau de banane moisie aussi loin de lui que possible.

Il avait été tenté de dire à Ciel d'aller se faire voir. Sebastian Michaelis ne faisait les poubelles pour personne... ou du moins, jusqu'à maintenant. Mais il n'avait pas manqué de voir à quel point Ciel s'était agrippé à ce petit bout de papier jaune, le relisant encore et encore comme si les mots avaient changé en l'espace de quelques secondes. Il commençait maintenant à comprendre pourquoi c'était si important pour lui cela avait été l'élément déclencheur. Ciel semblait penser que s'il le perdait de vue alors il oublierait tout de nouveau. Bien que Sebastian ne pensait pas qu'une telle chose puisse arriver, la panique visible dans l'œil du garçon était beaucoup trop pathétique à supporter.

De plus, même si Sebastian ne pensait pas Ciel capable de porter plus qu'une feuille de papier, la chaise qu'il lui avait lancé au visage avait été plutôt convaincante. Il fouillerait dans les poubelles avec joie si cela lui évitait une concussion.

- Ah !

Il s'élança vers la petite note jaune au milieu pour l'attraper, puis il le vit.

Plus tard, il s'en voulut de ne pas l'avoir prit en même temps pour le montrer à Bard et Meirin. Cela aurait sûrement fonctionné. Après tout, chaque fois que l'on voyait Finny, on voyait aussi ce chapeau de paille. Il l'aurait bien pris, si ce n'était pour les éclaboussures de sang déjà séché d'un marron croustillant. Seulement voir cette tâche, une tâche que Finny n'aurait jamais laissée abîmer son précieux chapeau, rendait Sebastian malade.

-Il n'y a rien d'autre. Cela va sans dire que ce n'est pas le meilleur des plans, mais La Pièce est l'endroit où il a le plus chance d'être, alors cela devrait être le premier endroit que tu vérifies, dit Ciel.

Il n'avait pas l'air d'aller très bien. Aussi blanc qu'un drap, sa pâleur n'aidait pas à dissimuler les ecchymoses fraîches sur son visage et les cercles noirs sous ses yeux. Visiblement Sebastian n'était pas le seul à souffrir de nuits blanches.

- … Que je vérifie ?

Sebastian fronça les sourcils. Ciel leva un sourcil.

- Oui. Je ne viendrai évidemment pas avec toi. Tu te souviens du chemin, je suppose ?

- Pourquoi ne viendras-tu pas avec moi, exactement ?

Ciel soupira.

- Parce que, il s'agit clairement d'une manigance du personnel. Je ne sais pas comment ils font, mais ils le font. Étant donné que tu es le seul rescapé de leur action, ils sont probablement en train de t'observer. Tu peux facilement justifier le fait d'errer dans les couloirs la nuit, mais me refaire sortir de la section ? Étrangement je doute qu'ils croiront que tu étais juste en train de m'emmener en promenade de nuit. Non, c'est trop risqué. D'ailleurs, les maladies d'Ash ont énormément baissées et sont de plus en plus écartées. Nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre une autre... Finny ne peut pas attendre.

Quelle charmante façon de dire qu'il était terrifié à l'idée de s'approcher de La Pièce.

- Maintenant, écoute attentivement. Il y a trois choses auxquelles tu dois faire attention; premièrement, bien que Ash reste dans les quartiers la nuit, la rumeur court que Angela rôde dans les couloirs. Reste sur tes gardes, et trouve une excuse à sortir au cas où tu n'aurais pas de chance deuxièmement, j'ai aussi entendu dire que Undertaker apprécie les promenades nocturnes, alors fais également attention à lui, et aie une ou deux blagues en tête, on ne sait jamais. Entre ces deux là, Undertaker est celui que tu ferais mieux d'éviter. Il y a quelque chose d'étrange chez lui troisièmement, à deux étages en-dessous d'où l'on se trouve, il y a deux escaliers. L'un mène à une impasse, l'autre à La Pièce. Le bon craque énormément, et le mauvais se ferme automatiquement. Assure-toi d'avoir pris le bon avant de laisser la porte se refermer, autrement tu seras coincé jusqu'à ce que quelqu'un d'autre ouvre la porte, et Dieu sait comment tu vas pouvoir justifier ça.

Sebastian acquiesçait tandis que Ciel parlait, retenant chaque avertissements. Éviter Angela, éviter Undertaker, choisir la porte grinçante. Simple comme bonjour.

- Nous verrons comment se déroulent les choses. Si Finny n'est pas dans La Pièce... Eh bien, nous verrons cela plus tard.

De toute sa vie, Sebastian n'avait jamais regardé un film de James Bond. Sa mère avait été une grande fan, mais le concept ne l'avait jamais vraiment intéressé. C'était bien dommage. Sa nuit aurait été probablement plus agréable s'il en avait vu un.

Il sortit de sa chambre dans un silence que peu de gens pouvaient accomplir, armé d'un simple miroir, d'un butoir de porte qu'il avait pris dans le foyer, et d'un paquet de blagues en tête.

Se ressassant la nuit où Ciel l'avait emmené dans La Pièce, Sebastian quitta les dortoirs et se rendit dans la partie hôpital. Il revint du mieux qu'il put sur ses pas, se servant du miroir pour vérifier qu'il n'y ait personne aux tournants avant de les contourner lui-même.

Il fut surpris de voir à quel point il était tendu. Il n'avait pas été aussi angoissé la dernière fois qu'il s'était rendu dans La Pièce, et à ce moment-là il en savait encore moins sur l'Institut. Était-ce parce que Ciel n'était pas là cette fois ? Possible. La présence d'une autre personne qui savait ce qu'il se tramait était réconfortante, ou peut-être était-ce juste la présence de Ciel en soit. Dieu sait qu'être en compagnie d'au moins une personne dont il ne doutait pas de la rationalité était rassurant.

Mais il y avait une autre raison à son mal être.

Une frontière avait été franchie. La frontière entre patient et membre du personnel avait été détruite à l'instant où Finny était devenu une victime. Il commençait à peine à réaliser que le personnel n'était pas à l'abri de la folie de St. Victoria. Peut-être avait-il été moins tendu la dernière fois qu'il avait transgressé les règles de l'Institut parce qu'il possédait le titre d'aide-soignant, et non parce que Ciel était présent. Inconsciemment il avait ce titre comme une sorte de bouclier, le protégeant des choses infligées aux patients.

Plus maintenant.

S'il se faisait attraper cette nuit, que lui feraient-ils ? La même chose qu'ils avaient fait à Finny, pour ce qu'il avait peut-être commis ? Sebastian Michaelis serait-il lui aussi effacé ?

Il ne lui fallut pas aussi longtemps qu'il le pensait pour atteindre les deux portes. Elles étaient identiques, d'un gris industriel et sans numéros ou une autre indication permettant de savoir où elles menaient.

Accompagné d'une hésitation grandissante, un sentiment pas si différent de la peur qui prenait de plus en plus le dessus, Sebastian porta d'abord son attention sur la porte de gauche pour vérifier si elle grinçait.

Des voix, deux voix, qui venaient là où il était.

Sa main vacilla alors qu'elle approchait de la poignée. Si il y avait un grincement, alors c'était le bon chemin, mais les deux personnes qui arrivaient l'entendraient forcément. Et même s'il n'y avait pas de grincement, il ne pouvait pas se servir du butoir. Ils verraient sans aucun doute possible la porte entrouverte.

Les voix se rapprochèrent, elles étaient presque assez proches pour être compréhensibles.

Réfléchissant à toute vitesse à une solution, Sebastian ne vit pas ce qui accourut vers lui jusqu'à ce qu'il ait été plaqué au sol. Ils heurtèrent le sol dans un bruit sourd, et la porte se referma silencieusement.

Il n'y avait aucune lumière dans le couloir, pièce, peu importe où ils étaient, et Sebastian ne pouvait pas voir le visage de l'autre personne. Avant que ladite personne puisse faire quoi que ce soit, dire quoi que ce soit, Sebastian lui donna un coup de poing là où il supposait que son visage était.

Le craquement dérangeant qui suivit lui confirma qu'il avait touché sa cible, la personne titubant avec un cri de douleur étouffé.

Refusant de lui laisser la chance de s'en remettre, Sebastian prit le bout de bois dans sa poche pour la frapper à la tête sans aucune pitié. Elle s'écroula au sol, inconsciente, et il se calma enfin, l'adrénaline quittant son corps aussi vite qu'elle était arrivée.

Maintenant que le moment de panique était passée, Sebastian put finalement voir qui était son assaillant.

Oh... Merde.

Sebastian s'accroupit aux côtés de la personne, plissant les yeux pour mieux voir, et il blêmit.

Non, pas d'erreurs possible. C'était bel et bien Agni avec un nez cassé et un saignement au niveau du crâne.

S'il n'y avait pas de réel tension entre eux auparavant, c'était sans aucun doute le cas désormais.

Soma avait été celui qui lui avait fait remarqué.

- Ton ex se comporte comme une couille molle dernièrement.

Même Soma avait remarqué que Sebastian agissait étrangement. Bien que Soma remarquait presque toujours tout, Agni le savait déjà, alors il l'avait bien évidemment remarqué.

Cela se voyait clairement dans la lassitude de son habituel sourire narquois, qu'il n'était plus aussi assuré. Quelque chose n'allait pas avec Sebastian, et malgré leurs échanges dernièrement, Agni voulait savoir quoi.

Il avait d'abord pensé que Ciel et lui s'étaient disputés, ce que Soma avait supporté, disant que Ciel faisait la tête. Cependant, même après que l'Indien lui ait dit qu'ils s'étaient réconciliés, l'étrange comportement de Sebastian avait continué.

Cette nuit-là, Agni était en train de retourner dans sa chambre après avoir pris une douche – il préférait toujours les prendre la nuit, lorsque tout était plus calme et qu'il y avait moins de risques d'être pris entre l'inévitable combat de Will et Ronald le voleur de savonnettes – quand il avait vu Sebastian délibérément sortir de sa chambre respective.

Bien qu'il n'y ait pas de règle interdisant au personnel de sortir dans les couloirs la nuit, rester dans sa chambre était simplement logique.

Voyant que Sebastian ne pouvait que se rendre dans le bâtiment principal, Agni s'en inquiéta grandement, et même s'il était toujours énervé contre l'homme, il se retrouva en train de le suivre discrètement. Inquiétude n'est pas un mot assez fort pour exprimer ce qu'Agni ressentit lorsqu'il réalisa où Sebastian semblait se rendre.

Puis il avait entendu les voix, celle de Ash et Angela, il s'était alors mis en mouvement sans même s'en rendre compte, poussant Sebastian à travers la porte et hors de la potentielle vue des deux autres. Évidemment, Sebastian s'était acharné sur lui, et tout était devenu noir.

Il se réveilla en grognant avec la certitude que la moitié de son cerveau était éparpillée sur le sol. C'était dur à dire dans l'obscurité, mais Agni était presque sûr que la pièce était en train de tourner.

- Arrêtez de bouger, s'il vous plaît, implora-t-il aux murs, parlant avec le nez.

Ah, oui, il avait quasiment oublié son nez cassé. Il aurait voulu ne pas s'en souvenir, étant donné que cela avait ranimé les sens de son nez qui le brûlait.

- En vie, je suppose ? demanda nonchalamment Sebastian, comme s'il ne venait pas de frapper son ami au visage avec un bout de bois, qui traînait désormais près de la porte.

Il avait le miroir en main et semblait essayer de réfléchir la lumière venant du trou de serrure.

- Malheureusement, grommela Agni, se remettant lui et sa lourde tête dans une position verticale.

Il se tint le crâne et se réprima de ne pas être resté cinq minutes de plus dans la douche. Il n'aurait pas vu Sebastian et il serait dans son lit à l'heure qu'il est, en train de dormir paisiblement avec son sang là où il devait être, et pas éparpillé sur son visage.

- Ça ne te gênerais pas de me dire ce que tu faisais, exactement ? demanda Sebastian, le même ton nonchalant qu'avant, mais accompagné d'une pointe d'exaspération.

Quel culot avait-il d'être énervé. Son nez était en une pièce, lui.

Agacé, Agni dit simplement :

- Tu pourrais au moins me remercier.

Sebastian le regarda avec incrédulité – ou du moins, cela ressemblait à de l'incrédulité. Dans le noir, cela aurait pu être n'importe quoi – puis il lâcha un rire forcé.

- Merci beaucoup, Agni, de m'avoir enfermé ici et d'avoir tout foutu en l'air.

Agni fronça les sourcils.

- Je pensais que tu voulais aller à la pièce 1800 ?

Sebastian dû se rappeler que, évidemment, ce n'était pas juste appelé La Pièce, qu'il devait bien y avoir un nombre officiel.

- C'est exactement là où j'allais jusqu'à ce que tu me pousses vers la mauvaise porte.

- Quoi ? Non, l'autre porte mène aux sous-sols. Enfin, tu peux aller à la pièce 1800 par là, mais cela te prendrait la nuit entière, et tu te perdrais probablement. Non, ce chemin mène à l'ascenseur, dit Agni, se levant sur ses jambes tremblantes.

Il y avait un ascenseur ? Et ils avaient marché pendant tout ce temps la dernière fois ?

- Pourquoi veux-tu aller là-bas, d'ailleurs ? Tu ne peux y aller qu'avec l'autorisation des supérieurs, Sebastian. Tu auras des ennuis si tu te fais attraper.

Il n'y avait plus une seule trace d'irritation dans la voix d'Agni, juste de la curiosité, saupoudrée d'inquiétude.

- … Finny.

Cela valait le coup d'essayer, mais Sebastian ne fut pas vraiment surpris losqu'Agni ne réagit pas.

- Bon, merci, dit Sebastian, un peu à contrecoeur, toujours agacé qu'Agni fasse plus confiance à Soma qu'à lui.

Il se retourna pour partir, et il ne fut pas surpris qu'Agni le suive, il ne put alors s'empêcher de sourire narquoisement.

- Tu auras des ennuis si tu te fais attraper, répéta-t-il, traçant son chemin le long du couloir, Agni non loin derrière lui.

- … Je ne sais pas pourquoi tu tiens tant à aller à la pièce 1800, mais si cela te fait aller jusqu'à l'encontre des ordres, alors je veux t'aider, insista Agni, prenant le coude de Sebastian pour le tirer vers l'ascenseur.

Sebastian n'essaya pas de le raisonner, ni d'essayer de s'expliquer davantage. Ça n'avait aucun intérêt, si ce n'est pousser Agni à croire qu'il était barge. L'ascenseur continua à descendre jusqu'aux plus bas étages de l'Institut, les numéros atteignant le o.

Ils ne se dirent rien, appréhendant tous deux leur arrivée à la pièce 1800 pour différentes raisons. Sebastian sortit son badge et le passa sur le tableau électrique, retenant inconsciemment son souffle alors que la porte se déverrouillait et il l'ouvra. Agni marcha sur ses pas, et ils s'avancèrent sur le sol de miroirs.

Vide.