Saaaalut!
J'espère que vous allez bien! Voilà un tout nouveau chapitre, personnellement je l'aime bien celui-là, et en plus, il est plutôt long!
Merci à CFLM angel et Onyraayoeur pour les reviews, je vous jure, vous faites ma journée quand je vous lis :)
D'ailleurs, Onyraayoeur, j'aime aussi beaucoup le concept sournois de Sirius qui va espionner sous sa forme canine, il est plutôt possessif, non?
Sur ce, bonne lecture, et bonne fin de semaine!
Je ne m'y fais pas. Après 3 ans. Toujours pas. Présentement, j'hyper ventile. Déjà que le Quidditch, c'est très sérieux et c'est devant toute l'école, rajoutez à cela que j'ai très peur de me faire casser quelque chose par ces dégénérés de Serpentards. J'entends à la fois la foule, en bruit de fond, des élèves et professeurs qui montent dans les tribunes, mais également les autres joueurs de mon équipe qui se préparent en discutant avec des voix excitées. Quoi, je suis la seule à avoir la trouille et le trac? Je me suis cachée du côté des douches, je suis assise par terre dans un coin, les genoux remontés contre moi et entourés de mes bras, ma tête se cognant de façon répétée sur le mur derrière moi. Il faut que je tente de me ressaisir, je ne peux juste pas supporter la pression, je déteste ce moment. J'entends quelqu'un entrer dans les douches. Zut, moi qui voulais profiter de quelques précieuses minutes de tranquillité…
- Eleana?
Une voix masculine. Bon, évidemment, je suis la seule fille de l'équipe. Je ne réponds pas par contre. Il arrive finalement à ma cachette. C'est Jonathan.
- Je peux m'asseoir avec toi?
- On est dans un pays libre…
Il se laisse glisser le long du mur avec moi. On reste quelques minutes sans parler avant qu'il ouvre le bal.
- T'as le trac?
- Oui, entre autres. J'ai aussi peur de me faire défigurer par ces cinglés de Serpentards.
- Mouais. C'est vrai que ce sont de véritables enragés. Mais ne t'en fais pas, on va se concentrer sur le jeu et les battre rapidement. En plus, ton frère et Black sont d'excellents batteurs, ils vont veiller à ce que le cognard ne nous atteigne pas. L'an passé, quand tu l'as reçu, Miguel était blessé et Black devait tout faire seul…
- En espérant que ça n'arrive pas encore! T'as raison, c'est surtout le trac. Je déteste ce moment, juste avant d'aller sur le terrain, c'est ce que je trouve le plus difficile dans ce sport.
- Oui, je te comprends, je déteste ça moi aussi. Heureusement, il ne suffit que d'embarquer sur nos balais pour que ça passe…
J'approuve de la tête et j'enlève une mèche rebelle qui est sortie de ma tresse pour me tomber devant le visage. Je remarque que ma main tremble un peu. Jonathan la saisit et la serre dans la sienne. C'est… un peu gênant comme moment. Au moins, ça a le mérite de me faire quelque peu oublier mon trac. J'entends les autres l'autre côté nous appeler avec impatience.
- Bon, ben… Allons-y!
Je me libère doucement de sa main et me relève. Il me suit jusque dans l'autre pièce où nous attendent les autres.
- Qu'est-ce que vous foutiez tous les deux?
Mon frère, avec un œil soupçonneux. Je remarque aussi que Sirius semble trouver la question intéressante également. Potter, lui s'en préoccupe comme d'une guigne et c'est lui qui prend la parole avant que j'aie le temps de répondre.
- On s'en fiche. Allez, fais-nous ton super speech, Parker, on n'attend que ça…!
Ce dernier décide alors de laisser tomber le morceau, s'il y a quelque chose qu'il aime plus que me faire la morale, c'est bien de faire la morale à toute l'équipe de Quidditch.
- Bon, alors voilà. Ce sont les Serpentards, tout en muscle, rien en cervelle. On sait qu'ils vont jouer malproprement pour compenser leur grand manque de talent. Black, toi et moi on doit travailler fort à ce que les cognards n'empêchent pas nos poursuiveurs de faire des points ou Potter d'attraper le Vif d'or.
-On va leur en mettre plein la gueule, compte sur moi!
- J'y compte bien. Eleana, Murray et Thompson, vous allez l'avoir facile. Le gardien de cette équipe est une nouvelle recrue de cette année et c'est un parfait incapable. Alors, effectuez les jeux que l'on a pratiqués et tout ira bien. On va faire de notre mieux pour vous protégez, mais restez tout de même alertes. Potter, eh ben, attrape le Vif, vieux, le plus rapidement possible pour éviter que ça traîne en longueur. Allez, tous, on va foutre la raclée de leur vie à ces Serpentards et on rentre faire la fête!
On approuve le tout bruyamment. Je me sens rassurée, on a vraiment beaucoup pratiqué et nos chances sont tout à fait raisonnables. Je sens le trac me quitter un peu, remplacé par une douce chaleur et un sentiment d'impatience d'aller sur le terrain. On se regroupe tous en se tenant par les épaules et on se sépare en hurlant comme des hystériques, l'enthousiasme est à son comble, on sort et on se dirige tous vers le terrain. Je grimpe sur mon balai et je monte dans les airs. C'est moi qui suis désignée pour faire la première mise au jeu. Je regarde devant moi. Eurk. C'est cette idiote d'Eleonore Carrel. On a déjà été confrontée dans le passé. On est de la même année, dans un cours de Défense contre les forces du mal, on a été placées l'une contre l'autre dans un cours de duel et elle m'avait battue parce qu'elle n'a pas attendu le signal pour attaquer. Cette larve ne m'aura pas deux fois. Les derniers vestiges de trac me quittent pour faire place à une rage grandissante. Le souaffle est lancé, je m'enfonce sur mon balai et je la dépasse aisément, m'emparant du souaffle. Je me retourne vers le but des Serpentards et je m'élance à toute vitesse dans cette direction. Je vois Murray à ma droite, en bonne position pour recevoir une passe, car il est seul. Moi, en revanche, j'ai deux joueurs à mes trousses et l'un deux tentes de me balancer un cognard… Qui est dévié par Sirius vers leur attrapeur. Je me retourne vers Murray et lui fais la passe. Il l'attrape et s'élance vers le but… Il le met dans l'anneau de gauche! Ouh là, ça va chauffer! En effet, les Serpentards commencent déjà à devenir plus agressifs, ils ont définitivement la mèche courte!
Quatre buts plus tard (dont deux réalisés par moi) pour notre équipe, contre trois du côté des Serpentards, c'est la folie furieuse. Mon frère et Black font preuve de toute la bonne volonté du monde, mais ils n'ont pas pu éviter que Thompson soit blessé, il a reçu un cognard de plein fouet sur son côté droit et il s'est cassé une côte. Il est donc maintenant aux bons soins de Pomfresh et nous nous retrouvons un poursuiveur en moins. Bien que Murray et moi soyons tout de même diablement efficaces, il n'est pas évident d'éviter les cognards et le rythme des buts diminue, en fait, on n'en a pas fait de nouveau depuis que Thompson est sorti du jeu. Il serait temps que Potter repère le Vif. Je n'ai pourtant pas le temps de regarder si c'est le cas, je continue mon chemin, je poursuis Carrel qui vient de me voler le souaffle en venant tout simplement se percuter contre moi. Je mets la vitesse au tapis et j'arrive à sa hauteur. Je vois Murray venir se placer de l'autre côté de cette dernière et me faire un clin d'œil. Je suis en train de penser à l'une des stratégies que l'on a vues dans les pratiques lorsque j'entends un tonnerre d'applaudissements et le signal de la fin du match. Potter vient d'attraper le Vif d'or, on l'emporte 200 à 30. Je contourne Carrel et saute dans les bras de Murray en criant (bon, sauter dans les bras, je suis en balai, vous vous imaginez le topo…). Après quelques secondes, on redescend faire de même avec le reste de l'équipe. Je vois du coin de l'œil les Serpentards quitter le terrain en frappant dans tout ce qu'ils trouvent et en s'engueulant entre eux. Pathétique. De retour au vestiaire, l'ambiance est à son comble. Joyce, Lily et Annah arrivent en courant et nous sautent au cou elles aussi. Si l'ambiance à la fête ressemble à ça, on devrait passer une bonne soirée! Les filles quittent pour nous laisser nous changer et nous nettoyer. Je fais comme à mon habitude, j'attends que les autres soient passés à la douche pour y aller quand ils auront quitté. Je sais, on pourrait envier ma situation en pensant que j'ai l'occasion de voir tous ces gars en sous-vêtements. Et bien. Non. Je vais prendre l'air en attendant qu'ils fassent ce qu'ils ont à faire. Le fait que mon frère jumeau fasse partie du lot refroidi légèrement, beurk!
Je suis donc là, assise dans l'herbe, adossée à la porte menant aux vestiaires, repensant à notre victoire. J'ai tout de même hâte à ce soir, on ne peut pas souhaiter mieux comme ambiance pour fêter son anniversaire. Et puis bon, c'est la première fois qu'on en fait tout une histoire de cette journée, moi et mon frère on est du style discret et les autres années on n'a jamais eu de grandes célébrations. Pour ma part, c'étaient des soirées pyjamas avec les filles de mon dortoir. Je sais, rien de très excitant. Mon frère je ne sais pas trop. Dans son dortoir, à part lui il y a Murray, et les deux autres sont de tels rats de bibliothèque pas de vie que je ne me souviens même plus de leur nom de famille… Quelqu'un ouvre la porte, résultat, cette inattention de ma part fait en sorte que je me retrouve sur le dos. Sirius se penche au-dessus de moi en riant clairement de ma chute.
- On quitte, tu as le vestiaire à ta disposition. Ne tarde pas trop à arriver à ta fête!
Il me contourne et me tend la main pour m'aider à me relever et il quitte avec Potter, visiblement le dernier attendant de quitter le vestiaire. Je me déshabille et me dirige vers les douches, savourant ce calme après la tempête. Je remonte ensuite vers le château en sifflotant, ben oui quoi, je suis de bonne humeur, voilà. Lorsque j'arrive finalement dans la salle commune, la fête bat déjà vraisemblablement son plein. Je me faufile subtilement à ma chambre afin de me changer. Quoique, je vois assez mal ce que je pourrais me mettre sur le dos de convenable, je pourrais emprunter un truc à Joyce. Peut-être. Parlant d'elle, cette dernière m'attend dans notre dortoir. Elle est assise sur mon lit, avec une boîte enrubannée sur les genoux.
- Je sais qu'on est le 16, et que ton anniversaire est le 17, mais tu me connais, je n'ai pas pu attendre. J'ai reçu ce paquet aujourd'hui et je veux te le donner tout de suite! Bon anniversaire!
Elle me tend la boîte rectangulaire. C'est léger, je le secoue, ça ne fait aucun bruit. Eh ben, aussi bien l'ouvrir dans ce cas. Je détache le ruban et déchire le papier. J'ouvre la boîte… C'est… On dirait une robe. Je la prends et la mets à bout de bras afin de pouvoir voir de quoi elle a l'air. Elle est… Wow, même une fille comme moi ne peut nier qu'elle est magnifique. Elle est turquoise foncée, sans bretelles, très classique, le corsage s'ouvre un peu en une fente, et j'estime qu'elle descend environ à la hauteur des genoux, ou juste au-dessus…
- Joyce… Elle est…
- Je sais! Lorsque je l'ai vu dans le catalogue de Madame Guipure, j'ai toute de suite pensé à toi. Tu l'essayeras demain, et s'il le faut je ferai les ajustements nécessaires. Tu vas être à tomber avec cette robe-là au bal!
Je remets la robe dans sa boîte et va serrer mon amie dans mes bras en la remerciant. hm. On peut dire que j'ai un peu changé, pour m'emballer pour une robe de la sorte. J'espère qu'elle plaira à Sirius… Oui, je m'assume, je souhaite de plus en plus lui plaire, c'est comme cela. D'ailleurs, j'aimerais lui plaire également ce soir, et ce n'est pas avec mes vêtements informes que j'y parviendrai. Bon, j'ignore ma dignité qui tente de me faire taire et je me lance.
- Joyce, tu pourrais… Me prêter quelque chose pour ce soir? Je n'ai rien à me mettre de décent et… ben, c'est ma fête…
- ENFIN! Ça aura pris 7 ans, mais je n'ai jamais lâché!
- Merlin, ce que tu peux être théâtrale, ce n'est pas l'événement de l'année non plus là…
- Tais-toi, laisse-moi savourer un peu!
- Pas le temps, j'ai bien hâte d'aller assister à MA FÊTE.
- Bon, bon, je te déniche quelque chose tout de suite alors, ce que tu peux être rabat-joie!
Elle va fouiller dans ses tiroirs pendant que je vais de mon côté ranger la robe dans les miens. Elle me déniche finalement des pantalons à pattes d'éléphants en denim bleu foncé, avec une camisole blanche avec trois boutons au niveau de la poitrine, dont Joyce a insisté pour laisser le premier ouvert. Pas mal, ni trop chic ni trop simple. Elle m'enroule une petite écharpe jaune moutarde autour du cou pour la touche finale. Je me maquille les yeux en vitesse et on redescend à la fête. Je repère les gars de l'équipe qui me font signe dans le fond de la pièce. Sirius remplit deux coupes avec ce qui ressemble à de l'hydromel et nous les tend lorsque l'on arrive à sa hauteur. Potter, un bras posé sur les épaules de sa douce, lève son verre solennellement.
- Bon, habituellement, le discours de félicitations d'après-match est réservé à Parker, mais là, c'est ton anniversaire, alors je vais le faire pour toi. Alors, bravo tout le monde, nous sommes officiellement la meilleure équipe de Poudlard et nous remporterons très certainement la coupe cette année si on continue sur cette voie…
Il est coupé par mon frère à l'instant.
- C'est à souhaiter, étant donné que toi et tes potes nous faites perdre la coupe des quatre maisons chaque année depuis qu'on est là!
On éclate tous de rire. C'est bien vrai, c'est immanquable, les maraudeurs font en sorte qu'elle nous passe sous le nez tous les ans. Ceci dit, c'est majoritairement la faute quasi exclusive de James et Sirius. Je crois qu'à force de traîner avec eux depuis quelque temps, j'en viens à les nommer par leurs prénoms, ça aussi c'est une évolution depuis l'an dernier en ce qui me concerne.
- Oui, bon. Raison de plus alors de remporter la coupe. Alors, on trinque à la coupe que l'on portera à bout de bras en fin d'année, mais également à l'anniversaire de nos deux jumeaux favoris, qui auront 18 ans dans quelques heures! Santé!
On entrechoque nos verres et on porte nos coupes à nos lèvres. Sirius se penche vers moi et me chuchote à l'oreille de ne pas tout boire d'une traite, même si c'est très bon. Oui, bon. C'est vrai que mes résolutions de sobriétés sont faiblardes lorsque je goûte à un tel nectar.
La fête bat son plein, j'ai descendu quelques coupes, mais je fais bien attention de ne pas boire trop rapidement, sous l'œil de mon coach personnel. D'ailleurs, ce dernier me tire un peu à l'écart de Joyce et Lily à l'instant. Il fouille dans sa poche et en sort un petit écrin noir, qu'il me met dans la main.
- Joyeux anniversaire, t'es officiellement plus vieille que moi pendant tout un mois.
- Ça doit être pour cela que je suis tellement plus mature que toi.
- C'est ça, berce-toi d'illusions. Allez, ouvre.
Je le quitte des yeux pour regarder le petit écrin dans ma main. Sirius ne m'a jamais fait de cadeau, c'est une première. Mais bon, on est plus proches qu'on l'était dans le passé. J'ouvre l'écrin, c'est une chaîne très fine, argentée, avec un pendentif, en forme de quoi, on dirait un ange. C'est une femme, vu les formes, avec de grandes ailes de chaque côté de son corps.
- C'est une Furie, un esprit vengeur dans la mythologie romaine. C'est Remus qui m'a dit que le terme provenait de là, et j'ai tenté d'en trouver un symbole à t'offrir.
Je suis… sans mots. Qu'est-ce qu'on dit dans ces cas-là? Je sais bien qu'il m'énerve lorsqu'il me donne ce surnom, mais ce cadeau est tellement… Personnel. Et coûteux, probablement, ça ne semble pas être de la camelote. Je prends mon courage à deux mains et relève finalement les yeux vers lui.
- Sirius c'est… Je ne sais pas quoi dire…
Il me sourit un peu, on dirait qu'il est légèrement mal à l'aise lui-même. Il se passe une main dans les cheveux dans une attitude qu'il veut nonchalante, mais son mouvement est un peu trop saccadé pour avoir l'air naturel.
- Mais… tu l'aimes ou pas?
- Bien sûr que je l'aime! C'est le plus beau cadeau que je n'ai jamais reçu!
- Ah bon. Tant mieux alors. Laisse-moi te l'attacher.
Sans rien dire de plus, il prend le bijou et me l'attache sur la nuque, sous mon foulard, pendant que je remonte mes cheveux. Le contact de ses doigts sur ma nuque me fait frissonner, j'espère qu'il n'a rien remarqué… Le bijou se perd dans mon corsage et vient se loger naturellement contre ma poitrine. J'aime sentir sa présence si près de mon cœur.
- Bon, je vais aller nous resservir, je reviens.
Et il part vers l'endroit où se trouve le stock d'alcool, soit la petite table près de la fenêtre. Je retourne rejoindre Joyce et Lily qui sont toujours en grande conversation. En me voyant arriver, elles arrêtent de parler et se tournent vers moi. C'est Lily qui m'adresse la parole.
- Alors? Qu'est-ce qu'il te voulait?
- Il m'a donné un cadeau d'anniversaire.
Joyce se met une main sur le cœur en faisant un « aaaawwww » attendri. Je hais quand elle fait ça, mais ça semble plus fort qu'elle, alors je passe par-dessus.
- Et c'est quoi, ce cadeau?
Je prends la chaîne et la soulève pour montrer le pendentif à mes amies. Je ne peux m'empêcher d'avoir un petit sentiment de fierté, ce n'est quand même pas rien, non? Un bijou, à ce que je sache, c'est plutôt personnel comme cadeau. Je leur explique ce que le pendentif représente, avec une petite grimace semi-agacée, semi-content sur les lèvres. Joyce met une main devant sa bouche et ses yeux viennent ronds de surprise. Lily, quant à elle, semble beaucoup moins surprise, étonnamment. Joyce semble revenir de sa surprise et me prend le bijou des mains pour le regarder de plus près.
- Là, Eleana, tu ne peux plus VRAIMENT nier qu'il n'a aucun intérêt, allez! Et toi Lil, t'en penses quoi?
Elle prend une gorgée de sa coupe et nous regarde l'air un peu songeur.
- Dur à dire. Je ne sais pas. Bon, excusez-moi, je vais rejoindre James, à plus tard!
Et elle se tire. Bon. Joyce lâche mon pendentif en voyant Sirius approcher. Il me tend ma coupe et repart vers Remus immédiatement. Je trinque avec Joyce et je suis tout à mon bonheur. Quelle belle journée, somme toute!
Plus la soirée avance, moins je suis sobre, mais je ne suis aucunement dans l'état que j'étais à la fête chez James. Je suis les judicieux conseils de Sirius, un verre à la fois, ne pas les descendre trop rapidement, et vérifier mon sens de la parole et de l'équilibre assez régulièrement. Ça semblait con au départ comme conseils, mais finalement, ça semble fonctionner. D'ailleurs où il est celui-là? Je ne l'ai pas vu depuis un petit bout de temps… Ah. Il est dans le coin près du foyer, bras-dessus bras-dessous avec James. Ils sont apparemment occupés à chanter, très faux je sens le besoin de préciser, une chanson que je ne connais pas… D'ailleurs, Sirius semble lui-même ne pas connaître la moitié des paroles, puisqu'il se contente souvent de chanter le dernier mot de chaque vers… Pa-thé-tique. Je me dirige vers le divan pour aller admirer le spectacle à côté de Lily, qui se tord de rire. Elle se tourne vers moi quand je m'assois.
- C'est épouvantable, quelqu'un devrait intervenir, non?
- Je sais pas. J'hésite. Je suis en train de me dire que c'est quelque chose que je pourrai retenir contre lui dans le futur…
- C'est cruel, mais légitime.
- Vaut mieux prévenir!
La chanson se termine bruyamment sur un semblant d'opéra vraiment douloureux pour nos tympans. Ensuite, James repère sa douce et vient se laisser tomber lourdement (ouh là, il a abusé plus que moi celui-là!) à sa droite.
- Alors, ma Lily-jolie, t'as aimé notre chanson?
- Comment dire? C'était…
Je me sens le besoin d'intervenir.
- Ah, mais laisse-moi trouver les mots pour toi, Lil. C'était tout à fait épouvantable, j'en ai presque les tympans défoncés.
Je sens le divan s'enfoncer sur ma gauche et Sirius entoure mes épaules de son bras droit.
- T'exagères, Furie. C'était du grand art. D'ailleurs, James et moi on songe très sérieusement à pousser dans la carrière musicale. N'est-ce pas, James?
Le principal intéressé cesse de bécoter Lily et se tourne vers son quasi-frère en souriant à pleines dents.
- Tout à fait. On formerait un duo. On a même trouvé un nom. Vous voulez savoir ce que c'est?
Lily secoue la tête d'un air désespéré, mais elle a tout de même un sourire attendri sur les lèvres. On peut dire que l'amour la rend vraiment plus tolérante, celle-là.
- Pas vraiment, mais j'imagine que c'était une question rhétorique.
- Tout à fait. On va s'appeler les Aspirateurs!
Là, c'est à mon tour de m'exprimer.
- Qu'est-ce que c'est que ce nom de débile profond?
Sirius me donne une chiquenaude sur l'épaule pour me montrer son désaccord.
- On a appris ce mot hier, en étude des moldus. Quoique je ne me souviens plus vraiment de ce que ça veut dire… Tu t'en souviens toi, James?
Lily se plaque une main sur le visage en signe de désespoir.
- C'est un appareil ménager, pour enlever la poussière sur les planchers, bandes d'ignares.
James se tourne vers nous, tout sourire.
- Ah oui! C'est ça! Bon, n'empêche, ça sonne bien, non?
Oui, ça sonne drôlement bien, ce qu'ils peuvent être nuls parfois! Je ne peux m'empêcher d'alimenter le feu.
- Non. C'est nul. Vous devrez retourner à vos premiers plans de carrière. De toute façon, vous chantez tous les deux comme des pieds. Aïe! (Deuxième chiquenaude) Et toi, Black, t'es le pire des deux, bon!
- Ah. Cette chère Parker. Toujours là pour briser nos rêves.
- Écoute, Potter. Je suis à ta disposition pour ça quand tu veux, ça va me faire plaisir. Vraiment.
La conversation continue sur cette lancée durant un bout de temps. Jusqu'à ce qu'une blondasse vienne s'asseoir sur les genoux de Sirius en riant comme une dégénérée. Bon, je me sens de trop, je vais voir où est Joyce. Elle semble en grande discussion avec Remus. Il a l'air tellement fatigué, le pauvre, il a été absent quelques jours cette semaine, il est sorti de l'infirmerie hier soir. Sa santé semble vraiment fragile, c'est triste.
- Ça va, Remus?
- Oui, je suis juste un peu fatigué, c'est tout. Je crois bien que je vais monter me coucher. Bonne nuit, Mesdemoiselles.
Et sur un sourire bienveillant dont lui seul a le secret, il prend l'escalier menant au dortoir. Joyce me sourit à son tour.
- Tu t'amuses bien, Lea?
- Ça dépend. Elle est encore là?
J'ai dit ça en chuchotant, elle s'avance vers moi d'un air de conspirateur.
- Qui ça?
- La grande blonde trop belle qui était sur les genoux de Sirius à l'instant.
Elle semble couvrir la pièce du regard, par-dessus mon épaule. Puis, elle sourit de satisfaction.
- Non, il discute avec James et Peter. Je crois que je sais de qui tu parles.
Bien évidemment, on peut toujours compter sur Joyce pour connaître tout le monde et aussi être au courant de tous les potins de l'école.
- C'est Viviane Summers. C'est son ex-copine. Une 6e année. Ils sont sortis ensemble durant quoi, 5 jours, l'an passé et elle ne décroche tout simplement pas. Elle passe son temps à lui tourner autour en espérant qu'il la reprenne. Et bien, je t'annonce qu'il l'a rembarré une fois de plus…
Ouf. Soulagement. J'étais en train de me faire tout un scénario. Je n'ai pas encore bien compris s'il m'aime bien en amie ou plus, mais je préfère avoir encore le temps de me torturer avec la question plutôt que le voir dans les bras d'une autre, là, à ma soirée d'anniversaire.
- Mais qu'est-ce qui se passe ici?
Oh non. C'est la voix de McGonagall. Tous les visages se tournent rapidement vers elle et le silence se fait. Oups. On est dans le pétrin. Impossible de tenter de retraiter vers les dortoirs sans qu'elle nous repère à monter l'escalier…
- Potter et Black, étant donné que je suis certaine que vous êtes les instigateurs de la soirée, vous allez me ramasser ce fourbi immédiatement. Quant à tous les autres, AU LIT, MAINTENANT!
Quand McGonagall nous donne des ordres sur ce ton, on obéit, et rapidement. Je dépose ma coupe sur la table la plus proche et je suis les autres qui montent rapidement les escaliers. On va se faire passer un de ces savons lundi matin! Mais bon, si on exclut les récents événements impliquant le professeur de Métamorphose, c'était plutôt une belle journée dans son ensemble. Je me dévêtis, enlève mon pendentif que je déposer sur la commode et entre dans mes couvertures. Hermès vient dormir à côté de ma tête, sur mon oreiller. Ah. Chouette. Je vais passer la matinée à éternuer parce que je vais inhaler les poils de ce sac à puces…
