Chapitre IX

L'ambiance était des plus tendue sur le Vogue Merry. Enfin, seuls les deux anciens amants en avaient vraiment conscience... Et aussi Robin, a qui rien n'échappait. Était-ce parce qu'elle voyait tout grâce à ses multiples yeux ou grâce à son talent d'analyse des comportements? Personne ne le savait vraiment. Le reste de l'équipage s'amusait, se chamaillait, discutait des problèmes du Log Pose... Le repas était tumultueux. Et puis quand Sanji apporta le desser, plus personne n'écoutait personne, tout le monde pensait que tout le monde l'écoutait... Un vrai repas de sourds. Robin remarqua la distance entre les deux hommes à lames. Elle ne savait pas comment faire. Penser à elle, penser à lui? Penser à eux? Penser nous la faisait frissonner. L'archéologue décida donc de prendre la main de l'épéiste, pour lui montrer son soutient, son affection... evidemment, elle fit ça sous table. Le manque de réaction de Zoro lui fit penser qu'il n'était pas contre un peu plus. En vérité, il n'avait même pas remarqué ce qu'il se passait, ce qui était étonnant. Mais le regret de la scène passée était trop intense, ça l'envahissait, l'anéantissait. Il n'aurait jamais dut faire ça, et il le savait... Il continuait de s'efforcer à s'imaginer des points positifs à la chose. S'il avait fait ça, c'était pour être plus concentré. Résultats? Il était encore plus perturbé, encore plus malheureux... Quel imbécile faisait-il...

Robin décida donc de préciser les choses; elle caressa langoureusement les mains expertes de l'homme si fort, devenu si fragile. Mais rien à faire, le concerné n'était pas branché, ses capteurs sensitifs étaient rangés, le plaisir de la peau de Sanji devenue inaccessible... Cette intention ne passa pas inaperçue aux yeux du cuisinier...

L'enfoiré... Toutes ses excuses grotesques! Je m'efforçais à le croire! C'était juste pour être avec Robin! ET SOUS MON NEZ! Il fait ça pour quoi au juste lui? Me rendre jaloux? Il se fout le doigt dans l'œil! S'il croit que ça me fait quelque chose... A part de la rage, rien du tout! Il va pas se foutre de moi longtemps... Monsieur jouait le dominateur avec moi, et là il est tellement … tellement quoi? Pff j'en sais rien. Il assume pas d'être avec elle non plus. Tant mieux, elle va voir. Et dire qu'elle faisait mine de nous comprendre, nous aider... Elle s'est infiltré au cœur de notre relation pour mieux la détruire. Qeulle garce! Je savais qu'elle était fourbe! Mais contre nous... J'ai risqué ma vie pour elle, comme pour n'importe quel membre de l'équipage, alors que je savais son passé... Elle n'a vraiment pas changé. Elle ferait n'importe quoi pour arriver à ses fins... En fait, Zoro s'est fait prendre à ses filets... Mais bon, s'il es trop stupide pour comprendre ça, c'est triste. Il va voir ce que c'est, mettre quelqu'un en rage...

Le blond avait encore milles et unes idées dans la tête... Il savait comment s'y prendre pour tout lui faire regretter. Il n'allait pas se laisser faire marcher sur les pieds... Il eu honte de sa naïveté et de sa passion. Balivernes.

Le repas toucha à sa fin, Robin débarrassa la table entière en un seul trajet, avec plusieurs paires de mains. Pendant ce temps là, Zoro partit en direction de Nami, histoire de se changer les idées. Sur sa route, Sanji lui glissa à l'oreille, sans s'arrêter :

-J'aurais pensé que tu t'afficherais...

Avant même que le bretteur ne puisse réponde, il était partit.

J'ai donc vraiment ruiné ses espoirs. Il devait penser que je voulais m'afficher avec lui, la seule chose que j'ai été capable de lui dire c'était qu'il fallait tout stopper... Mais le blond ne parlait pas de ça... L'homme aux cheveux verts l'ignorait, c'est tout. Même si cela peut compliquer pas mal de choses...

-C'est la première fois que le trajet est aussi long avant de jeter l'ancre.

-Zoro? Que me vaut ta visite? S'étonna la navigatrice.

-Non je constatait simplement que le trajet se faisait long...

-Hmm... Tu radotes! Dit elle avec un grand sourire.

-Je parle toujours de trop... murmura t'il.

-Pardon?
-Ha non, rien, je parlait pour moi même...

-Hmm... Enfin, pour répondre à ta question, si le trajet est plus long, c'est essentiellement à cause des problèmes du Log Pose. On va continuer tout droit... J'ai peur de ce que ça peut donner.

-Vraiment? Demanda l'escrimeur, se sentant obligé de poser la question.

-Oui, Grand Line a cette chose de pouvoir se réinventer, d'être imprévisible...

-Ouais, on sait ça, répondit il avec sa nonchalance habituelle, enfin revenue.

-Ha, je te reconnais... Je me demandais pourquoi tu étais devenu presque amical ces derniers temps... dit elle avec le cœur, regrettant déjà ses paroles.

Il préféra se taire, il fit demi tour et chercha un endroit pour s'exiler sur leur fière embarcation. Finalement, l'endroit pour le quel il optait le plus souvent était occupé par Sanji... Étonnant tiens, pensait il ironiquement. S'il est à ma place, pourquoi moi je ne pourrais pas être à la sienne? Il ne doit y avoir personne en cuisine...Et il rentra dans le jeux stupide de « qui prendra le plus la tête de l'autre »... Voyez là la façon de s'ignorer...

Arrivé devant la porte aux mille senteurs, il la découvrit fermée...

-Luffy a du, encore, vouloir bouffer derrière le dos de... l'autre, ruminait l'escrimeur.

Il garda ses mains sur la poignée et baissa lentement la tête... Il se rappelait de ces doux instants bercés dans cette pièce, de la frayeur qu'il a put avoir... Ce soir, dormir allait être plus compliqué qu'il ne l'avait pensé... Le hamac n'était toujours pas réparé. Le cœur lourd d'envies, de regrets, de souvenirs, de remords, de passion, de déchirements, il se résigna à se rendre aux couchettes et réparer son lit pour de bon.

Le travail était laborieux, il devait oublier la tendresse, la douceur de ce qu'il avait connu avant pour se mettre face à la rugosité de la corde, la sècheresse du tissu... Plus il avait mal, plus il tirait, plus il voulait que le noeud soit parfait, et plus ça lui faisait mal... Il recommençait sans relâche, il voulait que ce soit parfait, il ne voulait pas que cela recraque à nouveau... Bien qu'il dut se rendre à l'évidence, il dormirait, dorénavant, seul avec ses songes, ses souvenirs, ses regrets, ses suppositions, ses pensées... Cela n'avait pas de masse, ça ne ferait pas craquer la corde... Mais qu'est-ce que c'est lourd à porter...

Il passa plusieurs dizaines de minutes ainsi, en fait, il ne se rendit pas compte, mais il passa tout le temps qu'il restait jusqu'à la nuit ainsi. Il s'arrêta quand les membres de l'équipage s'installaient pour dormir, tous à brailler, à leur habitude. Furtivement, le bretteur chercha le cuisinier, qu'il trouva déjà coucher, dos tourné à tous... Contre tout, contre son gré, il se mit à s'imaginer derrière lui, le caressant, le touchant, le désirant... Il se forçait à penser à autre chose... Mais c'était dur. Il n'y avait rien à faire, c'était dur de penser à quelque chose d'autre quand le plaisir coule dans nos veines... Il fut sortit de son état de béatitude quand Luffy le prit par le bras et lui dit qu'il avait raté le repas... lui même raté par le cuisinier handicapé. Et donc qu'au final, il avait rien raté. Pas si sur... osait il penser. Il ne pouvait pas durer comme ça. Demain, il irait le voir, il irait lui dire à quel point il lui manque, il lui rappellerait comme il le désire, il lui avouerait comme il a pu être stupide. C'était évident, ça ne pouvait pas se terminer comme ça... Il se laissa tomber dans son hamac, qui par une chance

(-Et surtout du talent! Me dit Zoro

-Heu toi tu te la ramène pas ok? Tu subis mes idées et tu viens pas te la péter! M'exclame, moi, auteur.

-Ho je fais ce que je veux!

-Tu te tais sinon je te prive de tu sais quoi!!

-Ok ok... Tss ça me ressemble pas de faire ça!

-Ha ha! Tu subis c'est bien ce que je dis!

-Bon tu te dépeches à écrire la suite? T'impatientes tu, lecteur.

-Oui oui, désolée....)

resta accroché. Il s'installa de façon à penser, trouver les mots pour le lendemain. Cela ne s'annonçait pas facile... Comment ? Quels mots seraient bons? Lui qui n'avait jamais vécut comme ça, jamais se justifier, jamais exprimer ses sentiments... Voilà qu'il devait changer. C'est pas grave, je le ferais, je suis sur qu'il comprendra.

Mais ce n'était pas l'avis du blond...

J'espère qu'il a eu mal à réparer son hamac lui... Qu'il comprenne ce que c'est souffrir un peu, ça lui fera du bien! De toutes façons, il ne s'en sortira pas idem de la situation. Il pensait quoi, qu'il profiterait de moi et basta, après il me jette comme un foulard? Ouais d'ailleurs son foulard il le jette jamais, il le change jamais... Merde, j'aimerais être son putain de foulard! Nan, arrêtes tes conneries Sanji, c'est la merde de penser ça, tu crois qu'il s'inquiète pour toi? Il en a strictement rien a foutre! Il a eu ce qu'il voulait, il t'a bien prit pour un con, et voilà. Demain, il saura à qui il s'est frotté.

Surs d'eux, surs de leur lendemain, surs de ce que l'autre pensait, ils s'endormirent.

Et bien que rien ne les réunissaient vraiment, le principal était là : ils pensaient mutuellement l'un à l'autre.

Alors que les deux s'étaient endormis dos à dos, bien que leur hamac ne soient pas adjacents, ils se retournèrent pendant la nuit, pour faire face à face, comme si cela pouvait les rapprocher un peu plus... D'ailleurs, l'un rêvait de l'autre, pendant que l'autre serrait son oreiller pensant à l'un.

Mais rien ne se passerait comme ils l'avaient préparé le lendemain...