10. Dux Bellorum

Brynden montait les marches de l'escaliers en colimaçons menant à la tour du conseil. C'était la plus haute tour du château, elle dominait le reste de la cité. Elle avait, en plus de la salle du conseil, le bureau de Nicolas, ainsi qu'un poste de garde important.

Il arriva finalement au bout des nombreuses marches et ouvrit la porte en face de lui.

Il entra dans une pièce au plafond haut, parcouru d'une table en bois rondes, dont les sièges sculptés ressemblaient tous à des trônes.

Plusieurs tapisseries médiévales recouvraient les murs de pierres grises, et une grande baie vitrée donnait sur la forêt qui s'étendait au Nord de la cité. Plusieurs piliers rectangulaires montaient tenir le plafond autour desquels étaient installés des torchères.

Nicolas était là, mais n'occupait pas une place plus importante que celle des autres, juste un siège parmi les treize installés là. Certains n'étaient pas occupés, car le conseil de guerre ne concernait que les organisations de batailles, alors que cette salle était le siège du conseil de la cité. Les organisations de batailles étaient gérer par ceux que Nicolas avaient nommés les "Dux Bellorum" qui signifiait en Latin "Chef de guerre". Quand Brynden lui avait demandé pourquoi en Latin, il avait éclaté de rire et c'était contenté de répondre : "Ça fait deux ans que je passe des nuits blanches a administrés cette foutue citée, j'ai bien le droit de temps en temps de me faire plaisir avec mes lubies?".

Il y avait un garçon dénommé Charlie, qui avait déjà lui même vécu plusieurs batailles, et qui s'occuppait de plus de la formation des miliciens, mais aussi plusieurs membres de la communauté, ayant un dont pour la stratégie ou tout simplement de bon guerriers.

Brynden prit place à côté de Octave, nommé Dux Bellorum grâce à son importance dans l'artillerie et sa maîtrise de l'altération.

-Maintenant que tous le Monde est là, on peut commencer, fit ce dernier.

-Quels sont les raports des éclaireurs, demanda Brynden.

Julien, nommé responsable du petit réseau d'éclaireur de la cité, prit la parole :

-Ils ont été faciles à localisés sur les cartes des environs. Ils se situent à l'embouchure entre la rivière qui passe dans la ville et un ruisseau qui coule dans la forêt. Il se serve des ses deux cours d'eau comme rempart naturel à l'Est et au Sud tandis que le Nord et l'Ouest sont protégés par des remparts en rondins de bois; ; au centre, une vingtaine de tente. Selon les observations des Longs Marcheurs, il y en a entre trois et quatre par tente, ce qui nous laisserait un peu près une fourchette entre soixante et quatre-vingt Gloutons dans le campement. Le passage dans la muraille est assez grand pour laissé passé trois fantassins ou deux cavaliers de tête.

Une fois qu'il eut fini, Octave expliqua aux autres qui se tournèrent vers lui qu'il s'était assuré de la production régulière d'explosifs et qu'il devrait en avoir beaucoup plus que nécessaire. Quand ce fut autour de Charlie de s'expliquer, il se contenta de dire qu'il avait trouvé les miliciens qu'il fallait pour cette mission.

-Petit récapitulatif du plan, fit Brynden en se levant. Un chasseur sera emporté pour descendre le ou les gardes sans faire de bruit. Ensuite, les vingt archers discrets que Charlie a sélectionné s'infiltre dans le camp, tranchage la gorge des créatures qui dorme. Une fois qu'ils ont finis, il sorte du camp. Les artilleurs lancent à ce moment là des explosifs dans tous le camp pour mettre la pagaille, brûler leurs tentes et en tuer quelques autres aux passages. Au cas où les choses dégénèrent, emmener quarante fantassins qui pourront protégés les archers exposés des Gloutons si ils sont poursuivis. Au cas où le plan dégénère vraiment et que cela termine en bataille, vous emporterez la cavalerie qui stationnera à bonne distance du camp afin de ne pas réveiller les Gloutons, que vous appellerez d'un coup de cor si vous en avez besoins. Charlie mènera l'offensive si cela dégénère. Les autres restent ici. A la suite de ce massacre, nous lancerons une attaque finale sur eux avec toute nos forces en les attirant en terrain découvert. Des questions?

Tout le monde se tut, puis Brynden se contenta de ce rasseoir. La nuit serait certainement fort longue pour tout le monde.

Alexandre, souvent abrégé en Alex, avait rejoins la milice depuis bien longtemps, alors même qu'il n'avait jamais touché une arme avant la Tempête, par pure devoir, car il était dans les plus âgé au moment où le Monde avait changé, et il avait toujours eu un sens profond du devoir.

Il n'était pas très costaud, mais il avait rapidement montré un certain talent dans le maniement de l'arc, et avait rejoins les rang de l'archerie. Il y a quelques jours seulement, après l'attaque de la cité par un groupe de Glouton, il s'était porté volontaire pour une mission périlleuse, afin d'attaquer un camp dans la sournoiserie la plus totale pendant la nuit. Ce genre de stratégie n'était pas de son goût, mais s'il fallait se salir les mains pour aider les autres, il était prêt à le faire. Il n'avait jamais aimé ce battre, mais s'y était souvent exposer, pour protéger les plus faibles, les plus fragiles. Ça lui avait souvent valu le surnom de "Alex le Loyal-con", mais il ne s'en souciait guère.

C'était un garçon de taille moyenne, pas très large d'épaule mais possédant une force certaine, au physique élancé et la peau mat. Autrefois, ce cheveux noirs étaient coupés court mais aujourd'hui, ils lui descendait jusqu'aux épaules, son aspect était moins jovial et moins propre qu'avant, son teint plus cireux et ces joues plus creuses. Ce jour là, alors qu'il s'approchait du camp des glouton, une mine résolue se lisait sur son visage. Il se demandait souvent si, même pour défendre les autres, tuer était bien la meilleurs des solutions. C'était souvent quand il repensait aux agressions cyniques, mais cette fois-ci, en repensant aux Gloutons, il se rappela qu'ils étaient humains, autrefois, voir même peut-être aujourd'hui. Peut-être avait il régresser par rapport aux autres, mais ça ne faisait pas d'eux des animaux pour autant. Peut-être un peu plus primitif et brutaux, mais les premiers hommes ne l'étaient pas, eux aussi?

Il avait beau sans cesse se répéter qu'il ne fallait pas penser à ces choses là, il n'était pas assez stupide pour pouvoir s'exécuter sans hésitation, surtout quand l'exécution en question consistait à tuer des créatures presque humaines dans leurs sommeil.

Il avait beau douter, cela ne se lirait pas dans son geste. Il ne devait pas douter de lui quand il allait passer à l'acte. La survie de toute sa communauté pouvait dépendre de ce simple mouvement de bras. Il fallait qu'il vide son esprit. Il fallait respirer. Ne plus penser à rien.

Peu à peu, les unités de fantassins furent laissé derrière tandis que les archers continuait à avancer en toute discrétion en compagnie de quelques artilleurs.

A vingt mètre du camp, ils s'arrêtèrent tous tandis qu'un chasseur du nom de Arthur avançait sur la pointe des pieds, arc bandé, jusqu'à arriver à quelques mètres du garde.

Arthur attendait à l'angle de la palissade que la créature ait tourné la tête, arc prêt. La bestiole pivota finalement son regard dans le sens opposé, pendant à peine quelques secondes, mais cela suffit à Arthur pour viser, ajuste son tir et lâcher la corde.

Le Glouton n'eut même pas le temps de lâcher un cri qu'une flèche lui traversait la tempe, le laissant tomber au sol son énorme carcasse. Il fit ensuite signe au archers de continuer.

Ils s'infiltrèrent dans le camp sans un bruit et sans se faire remarquer, puis chacun pris place devant une tente, et d'un mouvement machinale et identique, ils ouvrirent les tentes au même moment.

Alexandre entra dans la tente pas très haute dans laquelle il devait rester penché pour ne pas toucher le plafond en toile. Des piques de bois étaient placés par ci par là maintenant toute la structure, et le sol était recouvert de peau de bête servant de tapis plein afin d'éviter de marcher dans la boue dans l'intérieur. Sur un matelas récupéré dans les ruines de l'Ancien Monde dormait une énorme créature malodorante.

Alex s'avança vers la carcasse immonde de la bête et lui trancha a gorge d'un mouvement sûre et silencieux, avant de sortir de la tente à pas de loups.

Plusieurs autres personnes sortirent en même temps, et ils se retirèrent du camp tandis que les artilleurs se préparaient. Peu à peu, tandis que Alex s'éloignait du camp, il commençait à trouver cela bizarre que le Glouton qu'il eut tué fut seul dans sa tente. Tous les monde savait qu'il dormait à plusieurs là dedans, faute de place.

Plusieurs détonations sonnèrent, de nombreux mètres plus loin, et les archers se mirent à courir se mettre sous la protection des boucliers de leur confrère de l'infanterie un peu plus loin, et les artilleurs arrivèrent, sans que nul Glouton ne leurs courent après. De la fumée montait peu à peu du campement, tentant en vain de couvrir la lune.

-Quand nous avions lancé les explosifs, personnes n'a réagit dans aucune des tentes, expliqua un artilleur au commandant Charlie qui n'était pas très loin d'Alex, toujours vêtu de son armure de plate. Comme si les tentes étaient vides.

Charlie fronça les sourcils, puis se tourna vers les archers.

-Combien y avait-il de Glouton dans votre tente.

Alexandre s'attendit à ce qu'un brouhaha formé de plusieurs nombres s'emmêlent, répété à diverses moments rendant la réponse incompréhensible, mais à la place, un seul mot fut prononcé par toute les voix qui n'en formaient qu'une, répétant le mot "Un".

Charlie écarquilla les yeux. C'était impossible.

Cela voulait dire que pendant qu'eux menait une offensive nocturne ici, la plupart des Gloutons faisaient pareil, à l'autre bout de la forêt.

Ils étaient en train d'envahir la cité.

C'était la première fois que Tom Arèbe faisait son tour de garde ce soir là.

Poster sur le rempart Est faisant face à la forêt, où l'attaque des Gloutons avaient été orchestré quelques jours plus tôt.

Sa mission était simple : ouvrir les portes quand les victorieux de la mission d'attaque nocturne allait arriver. Il ne devrait pas y avoir d'attaque trop grave ce soir là. Au pire quelques prédateurs nocturnes rodant trop près des murs, mais incapable de les escalader ou de les défoncer, qu'il faudrait faire fuir avec les archers.

La nuit était fraiche alors même que le printemps était revenu, on ce serait cru en automne, mais heureusement il s'était procurer des vêtements en laine plutôt chaud.

La Nature reprenait ces lois, et la température revenait à la normale comme elle l'était avant le réchauffement climatique.

Tom lança un regard dans ses jumelles pour voir la situation au niveau de la cime des arbres, mais ne remarqua rien de particulier en premier lieu, puis, une masse surgit de la cime et s'avança, essayant d'atténuer la lourdeur de ses pas. Des dizaines d'autres silhouettes massives attendaient derrière, et avançait en direction des portes, un énorme tronc taillé en bélier tenu par une dizaine de ses immondes créatures : des Gloutons.

Sans attendre son reste, Tom sonna le cor, un coup long, pour prévenir d'une arrivée massive de Glouton.

Tous les gardes dans un périmètre assez large, parcoururent la muraille en courant jusqu'à la porte Est.

-Une attaque de Glouton? Qui est de garde ici? demanda un jeune adulte qui devait avoir dix-huit ans, au larges épaules et à la haute stature.

Pour toute réponse, Tom indiqua du doigt les Gloutons qui avançaient à toute vitesse en direction des portes.

Cinq autre gardes arrivèrent.

Le garde qui était venu à la rescousse de Tom leur donna brièvement des ordres :

-Vous quatre, vous allez me rassembler le plus de soldats possibles. Certains auront du mal à se réveiller. Toi, Mehdi, tu connais bien les couloirs du château.

Un adolescent d'un peu près dix sept ans, plutôt svelte et à la haute taille, le nez qui semblait avoir été cassé plusieurs fois, s'avança et hocha de la tête.

-Vas chercher le dux Brynden, il était en charge de la garde aujourd'hui, c'est lui qui a organisé l'attaque du camp Glouton cette nuit, il s'occupera d'organiser les défenses de la ville. Dit lui que je rassemble des gardes pour faire front mais que j'ai besoin de son aide. Il est au quatrième étage de l'aile gauche, fond du couloir de l'Infirmerie, tu vois où c'est.

Il confirma puis parti en courant avec une vitesse impressionnante, et disparu dans la nuit en direction de la grande masse du château.

Cela faisait plusieurs heures que Brynden faisait les cents pas dans sa chambre, la boule au ventre, le stress de la possibilité d'échouer l'empêchant de se reposer.

Il avait le trac, il avait peur que tout ne se passe pas bien et l'impression d'avoir envoyer ses alliés au casse-pipe. C'était des plus désagréables, et il savait que s'il s'endormait, il en cauchemarderait toute la nuit.

Nicolas lui avait trouver une petite chambre provisoire. Ce n'était qu'un cagibis avec un lit et une table de chevet, et à peine assez haut pour que lui et son mètre septante puisse tenir debout en se courbant légèrement sur le peu d'espace qui n'était pas occupé par les deux meubles, mais ça avait le mérite de lui donner un peu d'intimité, loin des grands dortoirs des autres chambres.

La porte s'ouvrit alors à volé. Apparu un garçon dont les origines marocaines étaient clairement apparente, assez svelte et en sueur.

-Les gloutons ! Ils envahissent la cité !

-Où ça?

-A la porte Est !

-Amène moi là bas, je m'occuperai d'organiser la défense.

Il ne fallut pas le répéter deux fois pour que le garde se mette au pas de course en direction de la porte Est tandis que Brynden le suivait du mieux qu'il put.

Très vite, Brynden se rendit compte que la situation était désespéré. Peu de soldats avaient été regroupé, un trentaine tout au plus, dont la moitié dormait debout. Quelques archers enchaînaient les salves sur les remparts, ne faisant pas beaucoup de victime à cause de leur faible effectif ainsi qu'au peu de visibilité que leur laissait la nuit. Les gloutons s'étaient taillés des boucliers grossiers en bois, qui n'était guère pratique du fait de leur sculpture peu précise, mais restait cependant assez épais pour stopper sans difficulté les flèches de Pans.

La porte continuait à trembler.

Brynden demande à ce que l'on organise un mur de bouclier avec les fantassins, et leurs installation pris un certain temps, tandis que d'autres étaient envoyés réveillés plus de gardes en vue d'une éventuelle entrée des gloutons dans la cité, pour qu'il se rassemble pour faire mur quand les Gloutons arriveraient.

Pendant ce temps là, il organisait les archers pour maximiser les pertes du côté des Mutants.

Plusieurs miliciens affluèrent petit à petit, s'accumulant devant les portes.

-Il y en assez pour stopper une vague de Glouton. Continuer à faire pleuvoir des flèches sur nos ennemis. Aller chercher les cavaliers, je vais aller les organiser pour prendre les gloutons à revers.

Il fonça en direction de l'armurerie, guidé par Mehdi qui lui indiquait la voie.

L'armurerie était une grande pièce aux portes- mentaux et aux étagères chargés de cotte de maille et de plastron en cuir clouté, de casques, de lances, de boucliers, d'épées, et de haches.

Brynden enfila une cotte de maille à sa taille, pris une lance et un casque qui lui donnait un aspect des plus ridicules.

S'alignèrent alors quelques cavaliers à peiné éveillé, alarmer par l'attaque, qui enfilèrent en vitesse leurs équipements et partirent en direction des écuries situés non loin.

L'un d'entre eux aida Brynden a seller un cheval.

-Tu as déjà fait de l'équitation auparavant? demanda ce dernier.

-Euh...j'ai des notions.

Les cavaliers arrivèrent en plus grand nombre tandis que les autres, les premiers à être arriver, commençait à se réveiller pour de bon.

Une fois qu'ils furent tous réunis et prêt, une bonne soixantaine de cavaliers monté sur leurs chevaux prêt à la charge, Brynden entama son discours.

-Nos plans ne se sont pas dérouler comme prévus. En ce moment même, des Gloutons tentent de pénétrer dans la cité pour détruire ce que notre peuple a réussi à bâtir, et s'en prendre à ceux que vous aimez, détruire jusqu'à la dernière miette tout ce qui nous reste, toute notre vie ! Allons nous les laisser faire? Non. En ce moment même, vos collègues retiennent les gloutons au mur Est, nous allons les prendre à revers en sortant par la porte Sud. Nous serons en grande supériorité numérique. Une fois l'assaut fini, les autres gardes nous ouvrirons les portes et nous rentrerons à l'abri des murailles.

Le discours, bien que brefs, semblaient avoir mis du baume au coeur de la plupart des soldats, certains toucher par sa façon de motiver les troupes, certains rassurer par les arguments que Brynden avançait qui leur assurait que le plan était parfaitement calculé.

Brynden se hissa sur son cheval, et ferma les yeux. Il fallait qu'ils y arrivent. Sinon la cité serait condamné.

George avait été réveillé en plein milieu de la nuit par le cor de guerre.

Quand il sortit pour voir ce qu'il se déroulait, il se rappela immédiatement de ce que voulait dire ses cors : gloutons en masse.

Les habitants des dortoirs externes aux châteaux sortaient en masse pour se réfugier à l'abri des murs de la forteresse, tandis que les gardes se frayaient un chemin vers la Porte Est d'où provenaient les cors.

Une bataille commençait, à l'ombre des murailles.

Les Gloutons avaient décidé de mener une offensive nocturne, au même moment où le groupe des assassins se dirigeaient vers le campement.

L'attaque était totalement imprévue, et George put lui même constater de l'inefficacité de la tentative de défense engagée par les Pans.

Les fantassins faisaient de leur mieux pour former un bouclier face à la porte mais manquait d'empaler le soldat d'en face au moindre mouvement, à cause de leurs muscles encore engourdis.

La plupart des soldats se préparaient à une entrée imminente des Gloutons, les portes étant prête à cédées.

Les archers s'aggloméraient sur les remparts et lançaient salves sur salves, sans réussir à viser, les paupières tombantes, atteignant quelques cibles à cause du nombres de projectiles uniquement.

George quand à lui était pleinement éveillé, et monta en urgence sur les remparts lancé quelques carreaux sur ses ennemis en privilégiant ceux qui tenait le bélier. Pour toutes réponses, les gloutons s'ccumulèrent autour du bélier avec les épais boucliers de bois protéger ceux qui le tenait.

Puis résonnèrent des cris de guerres au Sud, et débarquèrent des dizaines et des dizaines de cavaliers.

Les Gloutons n'eurent pas le temps de réagir, et les premières lignées furent empalées par les lances des Pans.

La progression de la cavalerie se fit sans encombre, la vitesse et l'effet de surprise de l'offensive ne laissant pas le temps au Gloutons de répondre et de prendre position, juste celui d'encaisser un coup de dure.

La formation - déjà approximative- des gloutons était totalement brisée. Une bonne partie des effectifs des mutants avaient été perdues. Les cavaliers continuaient à tracer vers l'étoile polaire qui brillait dans le ciel, dans l'objectif d'atteindre la porte Nord où des gardes les attendaient pour leur ouvrir.

L'arrivée de la cavalerie et le désaroi des Gloutons semblaient avoir réveillé les archers, qui envoyèrent des salves de flèches plus vite que jamais, avec bien plus de précision.

Les fantassins semblaient avoir reçue un choc et s'organisèrent enfin, prêt à endurer le contact avec les mutants.

Quelques minutes plus tard arrivèrent les cavaliers, acclamant d'une même voix le Dux Bellorum qui avait organisé l'assaut : Bryden.

Ce dernier enleva son casque, laissant ses cheveux - qu'il n'avait plus couper depuis un bout de temps - lui retomber sur les épaules majestueusement, jetant ce dernier à terre.

Il descendit de son cheval et monta sur les remparts pour constater des dégâts occasionnés par son attaque. George le rattrapa et le félicita :

-Assez malin ce que tu as fais. Et surtout très audacieux de sortir comme ça des murs protecteurs.

-Merci ! Mais...Que fais tu ici? demanda Brynden.

-Oh, j'ai été réveillé par le cor et je me suis dit que je devais utilier mes talents d'archer pour aider tout le monde, dit il en levant son arbalète. Je la garde toujours près de moi.

Tom aussi arriva, les ayant repéré.

-Comme quoi on se retrouve toujours ! Sacré coup que tu leur as porté !

-Oui, eux aussi nous ont apportés un sacré coup, éplique Brynden sombrement. On a perdu neuf des nôtres.

-Des batailles ont fait bien pire ! rappela Tom.

-Et des batailles ont fait bien mieux, répondit amèrement Brynden. Et ce n'est même pas fini.

-En attendant les gars se seraient fait tués si les gloutons avaient péntrés le château pendant la nuit. Et vu le peu de gardes qu'on a éveillé à cette heure ci...Même si en théorie on peut rassembler huit cent soldats expérimentés et bien plus si on prends tout ceux qui savent se battre, tous endormis on se serait fait tué.

-Oui, c'est vrai...marmonna Brynden dans sa barbe.

-Qu'est ce que tu comptes faire? demanda Tom.

-On va continuer à user un max de l'archerie. En attendant je rassemble l'infanterie et on tente un assaut finale.

C'est à ce moment là qu'un incroyable détonation retentit. Un flash de lumière orangée éclata, baignant de flamme le corps de plusieurs gloutons. D'autres suivirent.

Le chaos revint dans les rangs ennemis. Une salve de flèches tirée de l'arrière les pris par surprise, causant de grave dommage à l'armée glouton.

A ce moment là sortirent de la forêt plusieurs rangées de fanntassins bien alignés et bien préparé, contrairement à ceux qui se trouvait de l'autre côté des remparts. Ils profitèrent du chaos causé par les bombes et des salves de flèches pour enfoncer les rangs des immondes monstres anciennement humain.

Brynden comprit. Il pris sa lance, la leva et ordonna :

-Que l'infanterie passe à l'assaut ! Nous allons prendre nos ennemis entre deux feux !

Des dizaines de cris enthousiaste montèrent de la foule de soldats qui s'entassaient au pieds des murs. Brynden se remémora toutes les idées qu'il s'était faite d'une bataille comme celle-là. Tout semblait concorder, ce côté épique, cette rage intérieur. Mais quelque chose ne semblait pas coller avec cette idée fantasmée du combat. Comme cette amertume qui ne venait qu'après avoir avaler l'aliment, ce goût désagréable qui est moins puissant que la première impression, mais qui reste plus longtemps. Il l'ignora et fit ouvrir les portes, ordonnant à ses troupes de charger. Puis tout alla très vite.

Tom avait été galvanisé par les deux interventions successives qu'avait donné les deux derniers assauts de ses ennemis, sans compter cette espèce d'excitation de la première bataille.

Tout cela lui avait donné une énergie et une fougue nouvelle qui l'avait rendu plus téméraire que jamais. Il avait foncé en première ligne.

Un premier glouton se dressa devant lui, une branche taillée en pieu en guise d'arme.

Sa lenteur ne lui permit pas d'attaquer en premier et Tom lui asséna un coup de bouclier violent dans la mâchoire, avant d'enchaîner avec un coup de hache qui trancha net le poignet du Glouton, là oui il tenait son arme dérisoire.

Laissant son adversaire au sol et agonisant, il passa au suivant, qui l'attaquait avec une petite hache en partie rouillée, qui avait plus de chance de le tuer en l'infectant avec le tétanos qu'en lui infligeant une sévère blessure.

Il para son premier coup avec son bouclier. Le jeune guerrier senti une douleur fulgurante à son épaule, comme si elle s'enfonçait. La rage qui l'emplit suite à la douleur lui permit d'enchaîner avec un coup en plein torse.

La créature beugla et enchaîna avec un coup horizontale que Tom esquiva en s'abaissant. Ce dernier profita du fait que son ennemis ait laissé une ouverture avec son attaque en lui donnant un coup si violent dans la cuisse du mutant qu'il n'arriva pas à retiré sa hache.

Il esquiva un dernier coup de son adversaire dont l'arme s'enfonça dans la terre, puis l'abandonna au sol gisant dans son propre sang.

C'est alors que, sorti de son duel contre son propre adversaire, il remarqua un combat incroyable qui se jouait une dizaine de mètre à peine plus loin.

Charlie, accompagné de deux autres soldats, tenaient tête à un immense Glouton. Il devait mesurer plus d'une tête que la moyenne de son espèce et était deux fois plus large. Armée de deux haches qui auraient demandé à un humain ses deux mains pour être manier, il enchaînait les coups sans broncher de ses blessures ni de ses trois flèches enfoncés dans le corps.

Un fantassins eut la mauvaise idée d'attaquer le "chef glouton" par derrière en lui enfonçant sa lance dans le dos, mais il n'éveilla que la colère de la bête qui se jeta sur lui.

Il leva son bouclier mais la violence des coups que lui infligeait le Gloutons fini par lui faire lâcher le dernier rempart qui le séparait de la mort, puis ce dernier lui coupa le bras, avant de mettre fin à son cri de douleur d'un dernier coup qui le décapita.

Le chef glouton hurla quelque chose de sa voix grave et rauque, et les Gloutons semblèrent se replier vers le Sud. Ils tentaient la retraite.

Personne ne comprit, car elle s'opérait lentement, non du fait de l'intelligence des mutants, incapable de comprendre la notion d'étape, mais de la difficulté qu'ils éprouvaient à se déplacer, entouré d'ennemis comme ils l'étaient.

Tom regarda autour de lui et remarqua la cadavre d'un miliciens et ramassa l'épée qu'il portait pour passé à l'assaut contre un Glouton armé d'une masse.

Il esquiva le premier coup et enchaîna en tailladant la cuisse du mutant qui beugla. Il para le coup suivant avec son bouclier. Tom tenta un coup d'estoc avec la pointe de son épée. La lame s'enfonça dans son ventre, laissant un geyser se sang la remplacer une fois qu'il l'eut retiré. Le mutant en colère enchaîna avec un coup de massue sur son épaule, lui faisant lâcher son épée. L'attaque suivante éclata son bouclier de bois, puis le coup d'après, donné plus doucement, fit tomber Tom, évanoui.