Voilà le dixième chapitre avec un petit jour de retard, mais la fin de mes partiels a été quelque peu mouvementée, et je suis légèrement *complètement morte*, donc j'ai oublié de poster hier soir. Mais voilà l'oubli réparé, et le dixième chapitre est en ligne! Bonne nouvelle: l'intrigue avance, mauvaise nouvelle: on va voir comment tout ce beau monde se débrouille avec ces nouvelles fausses idylles...

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Durant toute la matinée, Hermione déploya un zèle impressionnant pour s'asseoir à côté de Neville à absolument chaque nouvelle heure de cours. Harry et Ron n'y comprenaient goutte ; Malefoy demeurait au fond de la salle, et Neville vit pour la première fois une potion parfaite prendre forme dans son chaudron. Par tact, sans doute, il ne posa aucune question à Hermione quant à la barre horizontale qui barrait son front ainsi qu'à son silence franchement inhabituel. Elle exécuta chaque sortilège et chaque potion à la perfection, mais le cœur n'y était pas. Tout ce qu'elle ressentait, c'était une rage folle, qu'elle ne savait même pas contre qui diriger.

En vouloir à Malefoy aurait été trop facile, sachant qu'elle avait visiblement été autant emportée par les événements que lui, et que ce qu'ils avaient fait, ils l'avaient fait à deux, justement, et c'était bien ça le problème. Elle était tentée d'en vouloir à Ron, mais après réflexion, ne savait même pas pourquoi ; la seule solution restait de s'en vouloir à elle-même, et elle parvenait à merveille. Jamais Hermione n'avait été aussi honteuse, de sa vie toute entière. D'abord, elle se conduisait de façon tout à fait indigne d'une préfète en chef, puis elle mentait à ses amis, et enfin, voilà qu'elle jouait avec les sentiments de son meilleur ami ! Décidément, le jour où le Choixpeau l'avait envoyée à Gryffondor, il avait fait une erreur colossale. En réalité, elle ne valait pas mieux que Malefoy.

Elle était donc d'une humeur massacrante lorsqu'elle rejoignit les garçons dans la salle commune des Gryffondors, après le déjeuner.

Harry était déjà installé dans un grand fauteuil, et Ron sur un canapé plus moelleux juste à côté. Elle se laissa choir à ses côtés, dans la chaleur réconfortante des coussins proches du foyer rougeoyant. Ron, de la part de qui elle se serait attendue à un geste possessif tel que la prendre par la taille, ne bougea pas. Hermione se sentit légèrement soulagée. Au moins n'avait-elle pas à pousser la comédie trop loin... Mais le visage inquiet de Harry chassa bien vite ses tracas.

- Harry ? tu as l'air grave, qu'est-ce qui se passe réellement ?

Ron flanqua un coup de coude entendu à Hermione, et, après avoir vérifié qu'il n'y avait aucun élève assez près pour les entendre, il chuchota :

- Il a réussi à entrer dans le bureau de Rogue.

Hermione ne put retenir une exclamation de surprise.

- Harry ! tu n'as pas fait ça, si ? t'introduire dans le bureau du directeur alors qu'il attend la moindre occasion pour avoir ta peau, et les Carrow tout autant ! Qu'est-ce que ça pourrait t'apporter ? C'était un risque complètement inconsidéré, pourquoi est-ce que tu ne m'en as pas parlé avant ?

Les deux garçons échangèrent un regard.

- Ben... C'est évident, non ? tu nous aurais bien déconseillé de le faire..

- Comment ça, « nous » ? s'écria Hermione, catastrophée. Parce que vous étiez tous les deux, en plus ?

- Presque. Harry était à l'intérieur, et je faisais le guet dehors, précisa Ron. On a fait ça cette nuit, vers trois heures du matin.

Hermione s'appuya contre le dossier du canapé, passa plusieurs fois la main dans ses cheveux, complètement déconcertée. Ron l'attira contre lui d'un geste protecteur, et elle se laissa faire. Effectivement, elle se sentait plus rassurée dans les bras du grand roux. Blottie contre lui et légèrement calmée, elle finit par demander, résignée :

- Et alors, à quoi est-ce que ça vous a servi ?

Harry gratta une tache sur son gilet d'uniforme, avant de répondre machinalement :

- J'ai pu avoir une petite discussion avec le portrait de Dumbledore.

La mâchoire d'Hermione se décrocha plutôt inélégamment l'espace de quelques secondes, puis la machine se mit en branle dans sa tête. Bien sûr. Le portrait de Dumbledore. Pourquoi n'y avaient-ils pas pensé plutôt ? Pourquoi cette solution ne lui était-elle pas venue à l'esprit à ELLE ? Elle était supposée être la tête pensante, non ? Enfin, ces jours-ci, plus vraiment...

Elle se contenta donc d'un sobre :

- Je n'y avais même pas pensé...

Ron passa une main dans ses cheveux, qui se voulait rassurante. Elle frissonna. Le contact était agréable, mais pas exceptionnel. Pourtant, cela la mettait mal à l'aise que Ron puisse avoir des arrière-pensées à ce propos !

- Nous non plus. En fait, Harry pensait fouiller le bureau pour récupérer l'épée de Gryffondor, tu sais, celle que Rogue garde dans son bureau.

- Et du coup, à la place, il a discuté avec Dumbledore ?

- Non, mieux que ça !

- En fait, j'ai récupéré l'épée, et Dumbledore m'a lâché quelques informations au compte-goutte, grimaça Harry.

- Ca, c'est typique, commenta Ron. Il ne peut pas s'empêcher de faire son énigmatique alors qu'il y a tant de vies en jeu...

Hermione soupira.

- Eh bien, qu'est-ce qu'il t'a dit, Harry ?

- Plusieurs choses au sujet des horcruxes, mais pas assez de mon point de vue. Au lieu de me parler de Voldemort, il a commencé à me raconter des contes pour enfants... Le connaissant, ça a sûrement un rapport, mais j'aurais préféré qu'il me dise clairement lequel !

Les deux autres ne purent s'empêcher d'approuver. Les cours de l'après midi n'allaient par tarder à reprendre, et ils s'emmitouflèrent tous dans leurs manteaux pour se rendre au cours de botanique ; la serre était chauffée, mais ils avaient une bonne partie du parc à traverser. Avant de sortir de la salle commune, Ron déposa un baiser léger sur les lèvres d'Hermione, qui se sentit rougir. Pas seulement parce qu'elle était gênée de faire croire à Ron qu'elle l'aimait, mais aussi parce qu'elle s'était rendue compte qu'il avait les lèvres douces.

Légèrement songeuse, elle reçut le battant du portrait de la Grosse Dame dans la figure, et ses livres s'étalèrent par terre ; Ron n'avait peut-être pas prévu d'être un petit ami attentionné, et n'avait pas retenu le battant après l'avoir franchi. Hermione se pencha pour ramasser le contenu de son sac, et remarqua derrière elle le regard haineux que lui jetait Lavande Brown. Comme si elle n'avait pas assez de sujets de préoccupation, voilà à présent que sa camarade lui en voulait de sortir avec Ron ! Mais elle n'en aurait donc jamais fini ?

Elle suivit enfin le reste des Gryffondors vers le parc, jusqu'à ce qu'en chemin, elle soit apostrophée par le professeur McGonagall, à qui elle avait demandé quelques jours plus tôt des précisions sur des études plus poussées de la métamorphose et les métiers sur lesquels cela pouvait déboucher. Le professeur la retint une dizaine de minutes, et lorsqu'elle arriva à la serre, elle avait déjà cinq minutes de retard, mais le professeur Chourave ne sembla pas la remarquer, et ce pour une raison évidente...

La neige devant la serre était complètement piétinée, boueuse, et recouverte de sang par endroits ; lorsque Hermione entra dans la serre, ce fut pour rejoindre sa table, Harry, et un Ron écarlate, le nez en sang et l'œil gonflé.

- Oh mon Dieu ! Ron ! tu es tombé ?

Pour toute réponse, le jeune homme jeta un regard mauvais à l'autre bout de la salle, où se tenait Draco Malefoy. Le regard qu'il rendit au rouquin contenait à peu près autant de haine que celui qu'il avait reçu. Une des manches de sa veste était déchirée, quelques mèches étaient collées sur sa joue droite par un peu de sang – il en avait visiblement nettoyé le plus gros – et ses mains meurtries n'avaient rien à envier à son visage recouvert d'écorchures.

Sans faire de commentaire immédiat, Hermione prit place à sa table, sortit calmement ses affaires, et se tourna vers Harry.

- Bon. Qu'est-ce qui s'est passé ?

Ron grogna presque dans sa barbe :

- Ce fils de goule a commencé à me provoquer, puis il s'est presque jeté sur moi, alors je lui ai répondu.

Hermione haussa un sourcil et émit un petit sifflement admiratif.

- Je vois ça. Je n'aimerais pas que tu me répondes comme ça...

Elle pointa ensuite sa baguette vers le visage ensanglanté de Ron et murmura « Tergeo ». Le sang disparut, et Ron cessa enfin d'essuyer son visage avec sa manche de pull.

N'attendant pas particulièrement un récit détaillé des faits, elle se mit au travail en suivant les instructions inscrites sur le tableau de l'autre côté de la salle. Harry, quant à lui, resta silencieux. Il avait l'air anormalement sombre, sans doute préoccupé par Voldemort et le cortège de problèmes s'y rapportant ; entre lui, Hermione qui tentait de rester impassible, et Ron dont l'œil à présent à demi fermé tressautait parfois de rage lorsqu'il entrevoyait Malefoy, l'ambiance n'était pas exactement ce qu'on aurait pu qualifier de « joviale ».

Le soir même, elle décida de demander à Malefoy ce qui s'était passé. De toute façon, avec un visage aussi tuméfié, il ne risquait pas de l'attirer ! plutôt que de leur donner une retenue supplémentaire, Chourave leur avait décrété que pour un combat de moldus, ils guériraient comme des moldus ; aucun des deux garçons n'avait apprécié.

Elle prit d'abord le temps de déposer ses affaires dans sa chambre et de prendre une bonne douche délassante, sans se risquer à prendre un bain qui aurait pu s'éterniser et permettre à Malefoy d'entrer par erreur alors qu'elle était dans l'eau. Elle avait bien pris soin de poser des sorts de protection sur la porte, mais avec Malefoy, on n'était jamais sûr de rien.

Lorsqu'il rentra, elle faisait déjà ses devoirs dans son fauteuil devant le feu. Elle attendit que Draco ait jeté son sac par terre et retiré sa veste pour lancer sarcastiquement :

- Dis donc, c'est qu'il rentre de plus en plus tard se coucher, le préfet en chef des Serpentards !

Ce à quoi il répondit, narquois :

- J'étais avec Pansy.

Hermione secoua la tête. Vraiment, elle avait rarement vu quelqu'un déployer autant d'énergie pour être désagréable, à part peut-être Ron dans ses mauvaises périodes. Elle referma brusquement son livre et se retourna, à genoux pour pouvoir appuyer ses bras sur le dessus du dossier, et demanda d'un ton accusateur :

- Peut-être pourrais-tu m'expliquer ce qui s'est passé avant le début du cours de botanique de cet après midi ?

Pour toute réponse, Draco leva un sourcil interrogateur, puis finit par s'écrier :

- Ah, tu veux dire, quand j'ai mis une raclée à Weasmoche ? C'était le plus beau moment de la journée. Avec l'heure que j'ai passée à embrasser Pansy derrière les piliers de la cour de l'école.

- Malefoy, qui est-ce que tu crois tromper, comme ça ? tu crois vraiment que ça ne fait pas suspect, que tu te mettes à sortir avec cette idiote de Pansy et que du jour au lendemain tu agisses comme si c'était l'amour de ta vie ?

- Oh, parce que ta façon d'agir avec ton ami Weasley, c'est différent, peut-être ?

Hermione s'offusqua.

- Exactement ! Ca n'a strictement rien à voir !

Malefoy eut une moue amusée, et alla s'appuyer de l'autre côté du fauteuil d'Hermione, à sa hauteur. Elle recula légèrement.

- Je t'en prie, Granger. Pas de ça avec moi. Tu ne vas tout de même pas essayer de me faire gober que Weasley est l'amour de ta vie ou je ne sais quoi, et que tu l'aimes à la folie !

- Si ! C'est justement le cas, Malefoy. Alors j'aimerais que tu arrêtes d'abîmer la figure de mon petit ami à tout bout de champ. Si ma demande ne te suffit pas, je peux te faire subir un sortilège de Videntrailles pour te motiver, si tu veux...

Malefoy lui adressa un grand sourire avec ses dents blanches, puis laissa le fauteuil pour aller récupérer son sac posé par terre. Alors qu'il passait la porte de sa chambre, il lança machinalement :

- Tout ce que je sais, c'est que si tu continues à t'obstiner comme ça, il va finir par lui arriver bien pire qu'une bête rixe de couloir, à ton Weasley adoré.

La porte se ferma juste à temps pour que le livre jeté par Hermione rebondisse dessus. Seule dans la salle commune, elle se recroquevilla dans son fauteuil, s'efforçant de ne pas pleurer. Elle commençait à avoir l'impression qu'elle ne s'en sortirait jamais...

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Voilà! et pour vous mettre l'eau à la bouche, je vous annonce que dans le prochain chapitre, "Confidences entre copines", on apprendra que Hermione n'est pas la seule à avoir une vie amoureuse et qu'en matière de ragots, Poudlard n'est JAMAIS un lieu sûr est protégé. Niveau mages noirs ils assurent, pour le moment, mais c'est tout...