Bonjour à tous !

Voici enfin le moment du Conseil d'Elrond, dans lequel nos héroïnes ont des choses à révéler.

J'espère que ce chapitre vous plaira, n'hésitez pas à me faire part de vos remarques.

Bonne lecture à tous.


Chapitre 10 : Le Conseil d'Elrond

Lorsque Frodon Sacquet ouvrit les yeux, il se trouvait dans un lit immaculé, au milieu d'une chambre peinte en des tons clairs, dont la clarté apaisa son esprit embrumé.

- Où-suis-je ? demanda t-il d'une voix pâteuse, sans s'adresser à personne en particulier.

- Vous êtes à Fondcombe, dans la demeure d'Elrond, répondit une voix qui lui semblait familière. Nous sommes le vingt-quatre octobre et il est presque treize heures, si vous voulez vraiment tout savoir, dans les moindres détails.

Le Hobbit tourna la tête, vers le vieil homme à la barbe grisonnante, qui lui adressait un sourire lumineux.

- Gandalf ? s'étonna t-il en voyant le sorcier au visage tuméfié, avant que la surprine ne cède la place au ravissement. Vous êtes ici ?

- Oui, répondit le magicien gris en posant une main sur le front du Hobbit. Vous avez eu beaucoup de chance d'y arriver aussi.

Frodon ne répondit rien et baissa les yeux, honteux. Il se remémora cette sinistre nuit, lorsque le Nazgûl s'était avancé avec ses armes dégainées et pointées vers lui.

A ce moment, il avait été submergé par la terreur face à ces êtres surnaturels, une crainte de périr, mais qui avait été remplacée par un autre désir, celui d'enfiler l'Anneau. Malgré toutes les recommandations, il avait été écrasé par cette envie. Il n'y avait ni logique, ni réflexion, il sentait qu'il devait juste mettre l'Anneau.

Ce faisant, il s'était soumis aux ordres de ses ennemis.

- Ne vous tourmentez pas inutilement, le réconforta Gandalf. Maintenant que vous êtes guéri, vous ne devriez pas faire attendre vos amis.

Le reste de la journée du jeune convalescent se plaça sous le signe des retrouvailles. Outre ses compagnons de voyage, inquiets pour sa santé, il eut l'agréable surprise de retrouver son vieil oncle Bilbon.

Malheureusement, comme le disait le proverbe, les jours se suivaient et ne se ressemblaient pas.

Le lendemain, l'ambiance planant sur Fondcombe était autrement plus sérieuse. Tous les invités présents s'étaient levés aux aurores, prêts à répondre à l'invitation du seigneur Elrond. Chacun avait revêtu ses plus beaux atours pour assister à la réunion diplomatique qui allait se dérouler dans les prochaines heures.

Plusieurs personnes s'étaient déjà réunies près de la cour sud, formant une esplanade dominant plusieurs ruisseaux qui se jetaient dans la vallée. Gandalf, toujours vêtu de son sempiternel manteau gris, fumait tranquillement la pipe en compagnie de Frodon et de son oncle

- Tiens, bonjour ! salua le plus âgé des trois, tandis que les deux Puella Magae venaient les rejoindre. Alors, prêtes pour le grand conseil ? demanda le mage gris avec son habituel sourire.

- Pas forcément, répliqua Sayaka avec une mine sombre. Il y a beaucoup de choses que j'aimerais bien taire à jamais, mais que je vais devoir affronter de nouveau.

- Cependant, il faudra bien faire avec, ajouta Kyôko avec un air enjoué, signe qu'elle avait plus que hâte de s'occuper des choses sérieuses et que les mondanités la pesaient.

Une cloche d'argent tinta dans le lointain, dont le carillon clair indiqua le début de la réunion.

- Mettons nous en route et ne faisons pas attendre Elrond, grogna le vieux Bilbon en se levant, prenant appui sur sa canne.

Gandalf guida le petit groupe vers l'est, menant à une belle terrasse surélevée et éloignée du reste de la demeure, idéalement située pour se tenir à l'abri des oreilles indiscrètes.

Elrond était déjà présent, observant le ciel en restant immobile. Lorsque tout les convives furent présents, il resta droit devant un autel de pierr. Son air imposant dominait l'assemblée, qui était regroupée en un demi-cercle autour du socle central. Alors qu'il embrassait tous les représentants du regard, l'ensemble des yeux convergeaient vers Elrond.

Quand Frodon arriva, le seigneur elfe se leva pour lui rendre hommage, laissant voir sa splendide robe harmonisée avec sa couronne d'argent. Il l'invita à s'avancer et à s'installer à une extrémité de la pièce, avant de faire les présentations.

En plus des elfes de Fondcombe, comme Glorfindel qui se tenait droit sur son siège, les elfes de la Lorien étaient assemblés autour du gardien des frontières, Haldir. Leurs compatriotes de la Forêt Noire étaient présents, se distinguant des locaux par leurs capes sombres et leurs habits plus sobres, visiblement taillés pour le combat. Il semblerait que le fils cadet de leur roi soit présent, en la personne de Legolas.

Les nains avaient voix au chapitre, regroupés en différentes tribus, mais ils étaient tous reconnaissables par leurs longues barbes tressées, leurs larges carrures et leurs armures solides et parfaitement rutilantes.

Grands-Pas regardait la situation avec un intérêt dissimulé, sans le montrer. Le bas de son visage était caché par son large col, car il était toujours habillé de sa panoplie de rôdeur, gardant une main sur le pommeau de son épée.

A ses cotés, se tenait un homme légèrement roux au visage noble, qui portait un cor liseré d'argent à son baudrier. Il se nommait Boromir et était l'héritier de l'Intendant du royaume du Gondor.

Sayaka et Kyôko firent sensation, passant devant tout le monde en exhibant leurs tenues de soie finement brodées, ainsi que leurs armes. La large pointe de la lance de la rousse égalait la taille d'une hache naine, tandis que Sayaka exposait son katana, dont la poignée était couverte d'une poussière d'un rouge sombre et malsain.

- Permettez-moi de vous présenter les Dames Kyôko et Sayaka, présenta Elrond d'un geste élégant. Ces deux guerrières viennent d'un lointain pays et ont des informations importantes à nous communiquer sur plusieurs sujets, mais nous y reviendrons ultérieurement.

Une fois les présentations faites, le silence se fit de nouveau. Personne n'osa émettre de doutes, ni de critiques envers le choix d'Elrond.

- Vos cheveux sont bleus, constata l'un des humains, incrédule.

- Ouah ! sursauta Kyôko avec une expression de surprise surjouée. Mais c'est que tu as de bons yeux, dis-donc ! Tu dois être un vrai génie dans ton bled ! Tu en as d'autres du même genre à nous faire partager ? Je sais pas, ajouta t-elle d'un ton badin et insolent. Par exemple le ciel est bleu, les feuilles sont vertes.

Sayaka agrippa la robe de son amie et la fit se rasseoir avant qu'elle ne continue de se donner en spectacle aussi lamentablement. La rousse lui adressa un regard ennuyé, signifiant qu'elle n'appréciait pas d'être ainsi coupée. Sayaka ne s'en soucia absolument pas et adressa un sourire gêné, à l'intention des hommes qui avaient été violemment fustigés par son amie.

- Maintenant que les présentations sont faites, reprit le seigneur elfe de sa voix grave et solennelle, passons à l'essentiel. Vous vous êtes réunis pour répondre à la menace du Mordor. Chaque race est lié à ce destin et à ce sort commun. Vous vous allierez ou vous serez vaincus.

Après cette incitation à faire front commun, qui relevait presque de la prophétie apocalyptique, il fut longtemps débattu de la situation dans laquelle la Terre du Milieu se trouvait. L'Anneau Unique avait été retrouvé et la menace du Mordor se faisait de plus en plus présente.

- Nous avons reçu la visite d'un messager du Mordor, déclara Gloïn, c'était il y a près d'un an. Il est venu et s'est montré très insistant à propos d'un Anneau et d'un Hobbit. Bien évidemment, nous l'avons éconduit et avons transmis l'information à Gandalf, pour qu'il puisse alerter les rôdeurs et surveiller davantage la Comté. Cependant, cela ne résout pas notre plus grave problème. Nous observons la présence de plus en plus massive d'orques sur nos frontières orientales, ainsi que des regroupements de Gobelins à Gundabad et d'étranges allées et venues dans les Terres Brunes et au pays de Rhûn.

- Il en est de même en Gondor, ajouta précipitemment Boromir. J'ai fait renforcer les défenses de Cair Andros et détruire les ponts d'Osgiliath pour éviter d'être submergés par les armées qui se concentrent en Mordor, mais je crains que nous devrons bientôt faire face à des attaques massives. Les forces du Mordor se massent à l'est de l'Anduin.

La Forêt Noire était également en alerte, expliqua le prince Legolas, puisque la position des bois d'Eryn Lasgalen en faisaient une cible idéale pour servir de poste avancé vers l'Ouest de la Terre du Milieu.

- Qu'en est-il du Conseil Blanc ? questionna alors un Nain. Quel est l'opinion de Saroumane à ce sujet ?

Gandalf baissa la tête, soupirant, comme si cent années venaient de s'ajouter sur ses épaules.

- Saroumane nous à trahis, annonça t-il abruptement. Il s'est rallié à Sauron et a formé sa propre armée d'orques et d'Ourouk-haï. Cependant, il ne s'agit que d'une alliance temporaire, Saroumane désire s'emparer de l'Anneau pour son propre profit et surpasser l'Ennemi de l'Est.

Une telle nouvelle causa grand trouble et les murmures se firent plus pressants. Les voix discordantes s'élevèrent dans la vallée et Elrond désirait ramener l'attention sur lui, qui présidait cette réunion.

Soudainement, il se leva, recentrant l'attention, avant de se tourner vers le Hobbit.

- Produisez l'Anneau, Frodon ! ordonna l'aristocrate en indiquant le présentoir situé au centre de la terrasse.

Le porteur de l'Unique se leva et s'avança, fixé par l'ensemble des regards, alors qu'il déposait le bijou d'or sur le socle. Immédiatement, avant même qu'il ait eu temps de se rasseoir, plusieurs paires d'yeux lorgnèrent sur l'anneau, avec d'étranges lueurs dans les regards. Leur avidité ne semblait même pas dissimulée.

Cet objet était en même temps attirant et répugnant. Il semblait en exhaler une odeur de malveillance inconfortable, mais en même temps il y avait cet éclat subtil qui donnait envie de s'en emparer, pour le mettre au doigt et le garder pour soi même.

L'homme du Gondor fut le premier à parler, brisant le tourbillon des pensées qui s'agitaient à l'intérieur de beaucoup de monde.

- Cet anneau est un don, murmura Boromir. Un don fait aux ennemis du Mordor. Pourquoi ne pas s'en servir ? questionna t-il en prenant l'assemblée à témoin. Depuis longtemps, mon père l'intendant du Gondor, à tenu notre ennemi à l'écart. C'est grâce au sang de notre peuple que vos terres sont encore en sécurité, s'écria t-il avec suffisance, même s'il avait un don pour la rhétorique qu'on ne pouvait lui nier. Donnez au Gondor l'arme de notre ennemi et permettez nous de l'utiliser contre lui !

Cet homme savait parler et convaincre les autres, dévoilant des qualités de meneur indiscutables. Cependant, à peine eut-il dit ses mots, que son effet d'attraction fut brisé par Aragorn. Le rôdeur bondit et interrompit l'homme du sud dans ses divagations.

- Aucun de nous ne peut le contrôler ! trancha Aragorn. L'Anneau Unique ne répond qu'à Sauron, il n'a pas d'autre maître !

- Et qu'est-ce qu'un simple rôdeur connaît à ces choses là ? coupa dédaigneusement Boromir, traînant sur le terme dont il avait affublé Aragorn et qui semblait être une insulte dans sa bouche.

Alors que le sang de Legolas bouillait, l'elfe ne put se retenir. Il se releva et tança vertement l'humain.

- Aragorn est le fils d'Arathorn, descendant d'Isildur et héritier du trône du Gondor. Vous lui devez allégeance, siffla Legolas pour rappeler à l'humain quelle était sa place.

Aragorn tenta de désamorcer le conflit et s'interposa entre le prince d'Eryn Lasgalen et le fils ainé de l'Intendant du Gondor, les invitant à regagner leurs places respectives

- Vous n'avez pas le choix, reprit le seigneur elfe après un soupir. L'Anneau doit être détruit.

- Qu'attendons nous pour le faire ? répliqua un nain roux et au caractère peu patient, alors qu'il s'armait de sa hache et se dirigeant vers l'Anneau.

Avant même que quelqu'un puisse faire quoi que ce soit pour l'arrêter, le nain avait abattu sa hache avec violence. Au moment du choc, il y eut comme un flash lumineux, alors que l'être de petite taille fut repoussé en arrière et que son arme volait en fragments.

Durant le flash, Kyôko eut l'impression de voir un immense œil rouge, sans paupières et à la pupille fendue. Lorsqu'elle tourna la tête, elle constata qu'elle n'était pas la seule à avoir ressenti le choc. Sayaka semblait nerveuse, Frodon se tenait fermement l'épaule, Gandalf fronçait les sourcils et un éclat de douleur sembla passer dans les yeux gris d'Elrond.

- L'anneau ne peut être détruit, Gimli fils de Gloïn, par aucun moyen en notre possession, reprit l'Elfe à l'infinie patience. Il doit être jeté dans les flammes de la montagne du destin et retourner dans l'abîme flamboyant d'où il est apparu jadis. L'un de vous doit le faire, conclut Elrond avec gravité.

- Comme c'est gentil à lui de se proposer, ironisa la rousse en murmurant à l'oreille de son amie, parvenant à faire sourire la justicière au visage fatigué.

Gandalf se racla la gorge, faisant un signe en direction des deux jeunes filles. Elrond comprit et observa les étrangères, avant de reprendre la parole.

- Nos deux jeunes invitées ont une histoire très intéressante à raconter, commença t-il, leur laissant la parole.

Sayaka déglutit, observant Kyôko qui semblait encore plus mal à l'aise. Face à l'expression angoissée de la rousse, elle choisit de commencer.

- Bonjour à tous, commença t-elle, hésitante. Je suis Sayaka, venue de Mitakihara. Mon amie et moi-même sommes des Puella Magi, des jeunes filles magiciennes.

- Vous êtes des sorcières ? s'étonna un nain.

- On t'a pas insulté, connard ! s'écria Kyôko avec véhémence, se relevant en saisissant sa lance, avant d'être rattrapée par Sayaka.

La justicière aux cheveux bleus eut un geste apaisant, incitant son amie à se calmer, adressant un sourire gêné au petit être insulté.

- Les sorcières sont nos ennemies jurées, révéla Sayaka, ce sont des monstres responsables de nombreux meurtres et suicides, qui répandent la souffrance autour d'elles et en prennent plaisir. De grâce, s'il vous plait, n'employez pas ce terme sans précautions, c'est une insulte. Bref, je reprends, éluda t-elle en se reprenant. Nous sommes arrivées il y a environ un mois, bien que nous ne savons pas ce que nous faisons ici, ni même pourquoi nous avons quitté notre réalité pour arriver en ce monde.

Cette phrase suscita moults regards suspicieux, mais Sayaka ne s'en fit guère.

- Quelle que soit la raison, poursuivit-elle, nous sommes ici pour le meilleur et pour le pire. Nous devons faire avec et agir du mieux que nous pouvons. Nous devons vous prévenir de la venue d'une créature venant d'un autre monde que le nôtre, une petite saloperie nommée Kyubey. Il ressemble à un chat blanc, doté de quatre oreilles et d'une queue touffue, décrivit-elle en ajoutant encore à la confusion. Sa nature échappe à notre compréhension, mais nous savons qu'il ne peut être tué, puisqu'il dispose de plusieurs corps et qu'il en change comme de chemise lorsqu'il est détruit. L'autre fait notable, que vous devez impérativement garder en esprit, est que le concept d'émotions lui est totalement étranger. Son rôle est simple, puisqu'il propose un pacte à des jeunes filles. Il demande à ces jeunes filles de combattre les sorcières, en échange de la réalisation d'un unique vœu et de pouvoirs magiques. Plus puissant est le vœu, plus grande sera la force de la Puella Magi.

A cet instant, Sayaka ne put s'empêcher de pousser un soupir cynique, accompagné d'un rire sans joie et d'un éclat de désespoir dans son regard.

- Ce que ce manipulateur se garde bien de nous préciser, ajouta t-elle, ce sont les conséquences du contrat. Certes, il tient parole, mais d'une façon qui fait que nous finissons par le regretter atrocement. Pire encore, il extrait nos âmes hors de nos corps, pour les transformer en ceci, indiqua t-elle en présentant sa soul gem à la vue de tous. Ces catalyseurs qui nous permettent d'employer notre magie ne sont rien d'autres que des âmes cristallisées. Nos âmes sont réduites à cet objet, transformant nos anciennes enveloppes corporelles en simples outils que nous pouvons continuer à utiliser, à la seule condition que nous conservons une certaine proximité.

Sayaka les fixa et saisit son crâne entre ses deux mains. D'un geste assuré, elle se retourna la nuque, brisant ses vertèbres cervicales avant de s'écrouler mollement à terre.

Tout le monde fut saisi par un spasme d'horreur, à l'exception de Kyôko qui ne put s'empêcher de rouler des yeux. Plusieurs personnes s'approchèrent de la jeune fille qui venait de se suicider devant eux, mais avant qu'ils ne touchent le cadavre, un craquement écœurant retentit. A la surprise générale, la jeune fille se releva, faisant rouler les articulations de ses épaules.

Elle affronta leurs regards ébahis et s'autorisa un faible sourire.

- Vous voyez ? demanda t-elle inutilement. La chose qui vous parle à l'heure actuelle n'est rien de plus qu'un outil, un cadavre animé. Mon âme est en sécurité dans ma gemme et je n'ai jamais été mise en danger. Selon Kyubey, il s'agit d'un moyen de protéger nos corps, les rendant invulnérables tant que nos âmes sont intactes. En réalité, cette transformation cache un autre secret.

La jeune fille se sentit soudainement nauséeuse. Elle s'éventa d'un revers de la main gauche, tandis que Kyôko saisit l'autre main de Sayaka.

- Sayaka-chan, murmura t-elle en la regardant avec inquiétude, n'en dis pas plus. Je vais continuer, ajouta alors la rousse, qui était restée très silencieuse depuis le début de cette réunion, du moins si l'on faisait exception de ses deux sautes d'humeur. Lorsqu'une Puella Magi utilise sa magie ou que son esprit est affecté par des émotions négatives, son âme s'assombrit. Lorsque la gemme devient noire, c'est qu'elle est totalement corrompue et lorsque ça arrive ...

- Vous mourez, termina Aragorn, se remémorant ce que Sayaka lui avait révélé.

Kyôko sembla surprise, mais elle se contenta de répondre avec sun hochement de tête négatif.

- Si seulement, murmura t-elle avec une expression navrée, si seulement ça pouvait être aussi simple. La mort est un sort enviable, comparé à notre inévitable destin ! Une Puella Magi qui se laisse totalement corrompre voit sa soul gem devenir une grief seed. Lorsque cela arrive, la Puella Magi se transforme en une sorcière et devient alors la créature qu'elle avait très exactement juré de combattre.

Un choc saisit toute l'assemblée. Même Elrond et Gandalf étaient restés immobiles, figés par cette nouvelle. Eux-mêmes n'avaient pas imaginés pareil destin. Une telle manipulation était le fruit d'un être ignoble et une telle cruauté les rendait nauséeux. Aragorn comprit alors l'étrange attitude de Sayaka. Elle ne pouvait pas échapper à ce sort, mais elle ne pouvait pas céder au désespoir, sous peine de devenir un monstre, brisant son serment et rendant ses sacrifices vains. C'est pour cela qu'elle avait des sautes d'humeur et qu'elle avait perdu une part de sa santé mentale, pour échapper à une atroce réalité dont elle ne pouvait plus se détacher.

- Pourquoi ce Kyubey ferait-il cela ? s'étonna Legolas, avant de détailler ses pensées. Je voulais dire que s'il ignore ce que sont les émotions comme vous le dites, pourquoi agit-il ainsi ? S'il n'éprouve ni plaisir, ni jouissance à vous faire désespérer, que gagne t-il à vous faire souffrir ?

- De l'énergie, avoua alors Sayaka. Nos gemmes transforment nos émotions en une source d'énergie pour son espèce. Il nous fait miroiter une vie exaltante, ainsi que la possibilité de réaliser nos rêves les plus fous, avant qu'ils ne se révèlent absolument médiocres et pathétiques, tournant nos mots contre nous et parvenant ainsi à nous faire regretter nos plus profonds désirs, voire même à rendre notre sacrifice totalement inutile. Une fois qu'il nous à brisées, il se sert de nous pour accumuler de mauvaises émotions. Commes nous devons utiliser des grief seed pour purifier nos gemmes, nous affrontons les sorcières et une fois leurs graines utilisées, il les récupère. Nous sommes censées être des protectrices, mais au final, nous ne sommes que des pantins, chargées de récolter les âmes des malheureuses nous ayant précédées. Au final, une Puella Magi est faite pour se transformer en sorcière et que son âme soit transformée en énergie. Nos existences n'ont aucune valeur pour Kyubey. Nous ne sommes rien de plus que du combustible pour lui, de la même façon que nous brûlons du bois dans une cheminée.

La jeune fille observa silencieusement sa gemme, traversée d'émotions contraires, avant de ranger son bijou autour du collier doré enserrant son cou.

- Ca ne sert à rien de s'apitoyer sur notre sort, ajouta t-elle avec une voix rauque. C'est irréversible et tout ce que nous pouvons faire, c'est essayer arrêter cette ordure. Je ne sais pas comment il a fait pour venir ici, mais il ne prépare rien de bon.

- Cela ne nous dit pas ce que vous faites ici, reprit un homme à la barbe blanche. Comment êtes-vous arrivées ici ?

- Comme on l'a déjà dit, on n'en sait absolument rien, répliqua Kyôko. Nous cherchons la réponse, mais en réalité on n'avait pas l'intention d'arriver dans un tel monde. Tout ce qu'on cherche, c'est à rentrer chez nous.

La justicière s'étira, croisant ses doigts et tirant sur ses muscles, avant de regarder le reste du conseil.

- Moi je crois que j'ai une idée, murmura Sayaka, intriguant la curiosité de tous. Aucun humain de notre monde n'a encore réussi à se rendre ailleurs que sur la Lune et nous n'avons jamais découvert d'autre planète habitable. Les seuls à disposer de cette technologie, ce sont les Incubateurs. Par conséquent, le responsable de notre venue est forcément Kyubey. Une personne à du accepter le contrat et a fait un vœu. La conséquence probable est que nous avons été amenées ici.

Sayaka devint livide, alors qu'elle parvenait à faire le lien entre la date de leur arrivée et les événements ayant eu lieu la veille, lorsqu'elle avait rejetée Madoka. Ce changement passa inaperçu, en raison du fait que son teint était gris comme de la cendre, à cause de la nausée qui l'avait envahie depuis peu.

Cependant, avant même qu'elle ne puisse faire part de sa théorie, elle fut coupée par Kyôko.

- C'est bon ? demanda la rousse avec un ton caustique. Vos questions ont été satisfaites ? On peut reprendre sur notre véritable problème, à savoir détruire cet Anneau ?

Les regards se retournèrent sur l'Anneau, qui semblait de nouveau exciter toutes les convoitises. Cependant son attrait avait perdu beaucoup de son lustre, puisque le récit des deux jeunes filles avait échaudé les esprits. Elles aussi avaient succombé à une offre trop alléchante pour être honnête et l'Anneau n'avait pas beaucoup de différences avec Kyubey.

A cet instant, Boromir fixa les deux jeunes filles et se leva.

- Nous avons un autre problème, déclara t-il. Il s'agit de la question de votre allégeance.

- C'est simple, rétorqua Kyôko. Je ne me bats que pour moi-même.

Cette déclaration était honnête, mais peu appréciée par les autres qui privilégiaient des valeurs plus chevaleresques, comme l'honneur.

- Je me bats pour la justice, avoua Sayaka.

Les deux filles se regardèrent et s'autorisèrent un léger sourire entre elles.

- Et nous nous battrons l'une pour l'autre, avouèrent-elles ensemble.

Sayaka sourit en regardant son amie. Elrond nota qu'il était vraiment rare de la voir sourire sincèrement, sans se forcer.

- Notre allégeance est entre nous, poursuivit la rousse. Nous ne trahirons pas nos convictions et nous lutterons toujours ensemble. Est-ce que cela vous convient ?

C'était la réponse la plus ouverte qu'ils avaient obtenu et elle était encore plus sybilline qu'une citation de Gandalf.

- Très bien, admit Elrond. Comme vous l'avez souligné, nous devons revenir à l'important sujet de la destruction de l'Anneau. Il faut le jeter dans le feu de la Montagne du Destin.

- On entre pas si facilement en Mordor, gronda Boromir qui reprit la parole pour le plus grand déplaisir de tous. Ces portes noires ne sont pas gardées que par des orques. Là bas, il y a un mal qui ne dort jamais et l'œil de l'Ennemi est toujours attentif. C'est une terre dévastée et stérile, recouverte de braises et de cendres. L'air qu'on y respire n'est que vapeurs empoisonnées. Même dix mille hommes n'en viendraient pas à bout, c'est une folie ! Il faudrait une armée entière pour abattre le bras armé du seigneur ténébreux, mais cela ruinerait toute chance de s'y introduire discrètement.

C'est vrai que la description était si réjouissante, qu'elle ne donnait guère envie de faire du tourisme là-bas.

- Nous n'avons pas le choix, s'exclama Legolas en sautant hors de son siège. L'Anneau doit être détruit !

- Et je suppose que vous croyez être celui qui va le faire ? gronda Gimli face à l'elfe, réveillant l'ancestrale querelle entre elfes et nains.

- Que se passera t-il si Sauron récupère son anneau ? geignit une fois de plus Boromir, qui commençait sérieusement à taper sur les nerfs des plus sages des elfes. Je refuse de courir le risque que Minas Tirith encaisse seule cette tempête, alors que vos terres restent en sécurité grâce au sang de mon peuple !

- Je préfère mourir que de voir cet anneau dans les mains d'un elfe ! cracha Gimli avec fureur.

A ce point, la discussion s'envenima et tous se hurlaient dessus, en un brouhaha assourdissant, tandis qu'Elrond se tenait le visage dans une main, dépité de la tournure que les événement avaient pris.

C'en était risible. Alors que quelques voix raisonnables tentèrent d'apaiser les tensions, un éclat brillant caressait la surface de l'Unique, comme s'il attisait davantage les flammes de la discorde.

- Je vais le faire, cria une petite voix que peu de personnes entendirent.

Alors que le brouhaha s'amplifiait, Frodon cria plus fort.

- Je vais le faire ! hurla le Hobbit, alors que toutes les têtes se tournaient vers lui. Je le ferai, je conduirais l'Anneau en Mordor, bien que ... je n'en connaisse pas le moyen.

- Je vais vous aider à trouver ce moyen, répondit le magicien peiné que ce soit au jeune Hobbit d'assumer une si lourde charge. Je vous aiderais à porter ce fardeau aussi longtemps que vous devrez le porter.

- J'ai juré de vous protéger, promit Aragorn en réitérant son serment. Mon épée est votre.

- Et mon arc est vôtre, annonça fièrement Legolas.

- Et ma hache, poursuivit Gimli qui ne voulait pas être en reste, car par pure fierté, il ne tenait pas à ce qu'un elfe ose faire une chose qu'un nain ne pourrait pas.

- Vous avez notre destin à tous entre les mains, déclara Boromir. Si telle est la volonté de ce conseil, alors le Gondor se joindra à vous.

Alors que différents représentants des peuples libres de la Terre du Milieu entouraient Frodon, une voix surgit des buissons.

- Monsieur Frodon n'ira nulle part sans moi ! annonça Sam Gamegie en passant devant tout le monde, avant de se placer aux cotés de son ami.

- Non en effet, annonça Elrond avec un sourire amusé. Il n'est guère possible de vous éloigner, même quand il est invité à un conseil secret et vous non.

Sam eut la décence d'avoir l'air un minimum penaud, mais il n'allait pas abandonner son ami.

- Eh ! Nous venons aussi ! crièrent deux autres petites voix depuis un buisson.

Merry et Pippin coururent vers leur cousin, sous les yeux moins rieurs du seigneur elfe, qui avait l'impression qu'on s'invitait chez lui comme dans un moulin.

- Il faudra nous attacher dans un sac pour nous ramener, annonça Merry.

- Quoi qu'il en soit, déclama Pippin, vous avez besoin de gens intelligents pour ce genre de mission. Quête ? Chose ? tenta t-il devant les regards incrédules et sceptiques qu'on lui donnait.

- Alors là, ça te met hors course, siffla son cousin.

Les deux Puella Magae s'observèrent quelques secondes, avant de se décider.

- Ensemble, comme d'habitude ? demanda Sayaka, légèrement anxieuse.

- Jusque dans les flammes de l'enfer, affirma la rousse. Je ne te laisserais pas tomber.

Déterminées, les deux jeunes filles se levèrent et s'avancèrent vers le groupe hétéroclite.

- Nous ne sommes pas du genre à rater un peu d'action, déclara l'arrogante rousse. On vient aussi et tu ne pourras rien faire pour nous en dissuader.

La bleue étouffa un rire. Kyôko n'était pas du genre à obéir si elle n'en avait pas envie et elle n'était pas non plus de celles pouvant rester sans rien faire durant de longues heures.

- Onze compagnons, observa Elrond. Vous formerez la communauté de l'Anneau !

- Chouette, murmura Pippin qui imaginait l'image héroïque de cette troupe qui semblait si forte et si imbattable. Où est-ce qu'on va ?