Bonjour tout le monde ! Comme promis, la suite n'a pas tardé. Ce chapitre est très délicat, j'espère vraiment qu'il vous plaira. Je suis incroyablement nerveuse. Enfin bref ! Bonne lecture, on se retrouve en bas
Le mois de Mars était particulièrement pluvieux cette année là. Mais rien, pas même une pluie aveuglante, n'annule un match de quidditch à Poudlard. L'équipe de Gryffondor affrontait l'équipe de Serdaigle ce samedi là, et la mauvaise visibilité promettait un long match, les attrapeurs ayant du mal à voir au-delà de leurs nez.
Les élèves de Serpentard encourageaient Serdaigle par principe, bien que la victoire des bleu et bronze les placerait directement après eux dans la course pour la coupe. Les cinquième année étaient assis dans les plus hauts gradins, et étaient les seuls à rester parfaitement secs, gracieuseté du charme d'imperméabilité d'Hermione Granger. Cette dernière était assise entre Abraxas et Walburga. La voix du commentateur s'entendait à peine, et elle ne comprenait pas comment personne d'autre ne s'ennuyait à part elle.
Elle arrêta définitivement d'essayer de comprendre quoi que ce soit au match qui se déroulait et se replongea dans ses pensées aussi lugubres que le ciel gris. Une autre victime avait été annoncée le jour même de la Saint Valentin, un garçon de Serdaigle en septième année. Sa petite amie, une sixième année de Poufsouffle, était encore traumatisée. Elle était partie aux toilettes deux minutes pour arranger son rouge à lèvres, et l'avait trouvé pétrifié. La jeune fille était tellement hystérique que Monsieur Raymond, l'infirmier, avait du la garder trois jours au lit à l'aide d'un filtre de paix et d'une potion de sommeil sans rêves.
La seule chose qui empêchait Hermione de se rouler en boule dans son lit et tout abandonner était le filtre de mandragore qu'elle préparait avec Tom. Les potionistes travaillaient encore pour parfaire une telle potion, et elle se sentait coupable de voler toute leur gloire et utiliser ses informations venant du futur sans scrupules. Mais elle ne pouvait pas regarder les élèves se faire pétrifier tous les jours sans rien faire. Tom avait beaucoup aidé, ce qui avait grandement surpris Hermione. La promesse d'une publication dans le plus prestigieux magazine de médicomagie avait sûrement aidé, mais elle appréciait son assistance, le filtre étant compliqué à réaliser, plus encore que le polynectar.
Du mouvement à ses côtés lui fit tourner la tête pour voir l'objet de ses pensées s'installer à la place de Walburga. Il se pencha en avant et Nott, assis dans le siège en dessous, lui donna un compte rendu des deux premières heures du match. Tom hocha la tête et se réinstalla confortablement.
- Tu peux le quitter des yeux le temps de regarder le match, il ne disparaîtra pas.
Une voix traînante et chuchotée retentit dans son oreille droite et elle plissa les yeux en direction de son propriétaire qui arborait à présent un sourire narquois.
- Je te demande pardon ?
- Tu es constamment en sa compagnie, et quand il ose s'éloigner tu ne le quittes pas des yeux. Même Potter a fini par s'en apercevoir, pensais-tu que je ne le remarquerais pas ?
- Tu ne sais pas de quoi tu parles, répliqua Hermione en chuchotant aussi, les sourcils froncés.
Le sourire d'Abraxas s'élargit.
- Je peux le comprendre. Tu es intelligente, il est un sorcier incroyablement puissant. Surtout pour son âge. C'est normal qu'il t'attire. Franchement, c'est beaucoup plus logique que tes prétendus sentiments pour Potter.
- Je n'ai pas de sentiments pour lui ! dit Hermione furieusement.
- C'est réciproque, tu sais. Il recherche ta compagnie autant que tu recherches la sienne.
Hermione resta bouche bée à l'entente de ces mots, une rougeur s'étalant sur ses joues. Abraxas lui fit un clin d'œil avant de retourner son attention sur le match. La jeune sorcière contempla longuement les paroles de son ami, ne pouvant s'expliquer le curieux sentiment de plénitude qui était né en elle, ni l'accélération de son cœur à chaque fois que le bras de Tom effleurait le sien.
Perdue dans ses pensée, elle ne vit pas le cognard qui se dirigeait vers elle à toute vitesse jusqu'à ce qu'il s'arrêtât à cinq millimètres de son nez. Le cognard reprit sa course dans la direction opposée et percuta violemment l'épaule du batteur qui l'avait envoyé. Elle croisa le regard furieux de Tom qui la cloua sur place, sa baguette était encore pointée sur elle. Il ouvrit la bouche comme pour dire quelque chose, puis se ravisa. Il continua à la fixer furieusement, les narines se dilatant régulièrement et Hermione n'aurait pas été étonnée de prendre feu sur place tellement la fureur qu'elle lisait dans ses yeux était puissante. Il prit enfin une profonde inspiration et se recomposa avant de lui dire d'une voix froide mais serrée, faisant visiblement un grand effort pour ne pas laisser sa colère exploser.
- Fais attention, je ne serai pas toujours là pour te sauver.
Walburga choisit ce moment pour se lever soudainement et hurler en gesticulant son bras violemment en direction des joueurs. Toutes les friandises auparavant sur ses genoux se répandirent sur Katherine et Nancy assises en dessous d'elle, et ses mouvements incontrôlés firent perdre l'équilibre à ses voisins. Tom se retrouva plaqué contre Hermione, et l'on ne voyait plus que les jambes d'Alex de l'autre côté de la jeune Black. Elle ne remarqua ses dégâts que lorsqu'un Tom, déjà bien énervé, lui lança un maléfice, l'immobilisant et bloquant sa langue contre son palais par la même occasion.
Le match dura quatre autres heures au bout desquelles Charles Potter attrapa enfin le vif d'or, remportant le match pour l'équipe de Gryffondor. Ils se précipitèrent tous vers la salle commune et s'installèrent devant la cheminée.
Théodore Nott et Abraxas Malefoy étaient penchés sur un parchemin rempli de stratégies pour leur équipe, faisant des modifications de ça et là, se basant sur ce qu'ils avaient pu voir chez le camp adverse. Walburga Black, après avoir fait tomber l'encrier sur leur plan les deux premières fois, avait à nouveau été immobilisée. Sa langue était cependant intacte et elle bavardait joyeusement avec la seule personne d'assez bonne humeur pour la supporter, à savoir Alex Avery qui savourait sa bierraubeurre. Nancy Taylor se faisait les ongles tandis que Katherine Nottingham lisait Witch Vogue. Tom Jedusor écrivait dans un petit carnet à la couverture en cuir noir, deux imposants ouvrages ouverts à côté de lui desquels il prenait des notes de temps en temps.
Hermione Granger, la née-moldue, meilleure amie du Survivant, était assise au beau milieu de tous ces futur mangemorts et de leur futur Maître, ses genoux repliés sous elle. Elle réalisa à quel point ce tableau fondamentalement bizarre était une routine apaisante à présent. Une branche craqua dans l'âtre et le feu étincela plus brillamment pendant quelques secondes. Kat claqua une page en la tournant, Alex fit retentir sa bouteille en la posant sur la table et la plume d'Abraxas se rompit net.
« Le basilic, aussi connu sous le nom de Roi des Serpents est issu d'un œuf de pour couvé par un crapaud. Tout comme les serpents ornant la tête de Médusa, qui seraient à l'origine des tous premiers basilics selon la mythologie, la créature issue d'un tel œuf est constitué d'un corps et de cinquante. »
Abraxas déchira un parchemin d'un coup sec, Nancy ferma son flacon de vernis à ongles en un clic et Tom reposa un de ses lourds ouvrages sur le fauteuil en un bruit mat.
« Grâce aux recherches du mage Herpo L'Infâme, nous savons que les têtes finissent par se séparer en plusieurs corps indépendants au bout d'une semaine. Les basilics étant d'une nature violente, les bébés se disputent souvent pendant les premières semaines de leur vie. Au bout de trois mois, seuls sept basilics survivent les différentes attaques et la grande quantité de venin auquel ils sont exposés. »
Théodore écrasa violemment sa main sur la table, Katherine sursauta en poussant un petit cri aigu et Tom claqua la langue en leur lançant un regard courroucé.
« Bien que ces premières semaines soient violentes pour un jeune basilic, voire même fatales, elles sont très importantes puisqu'elles permettent au Roi des Serpents de développer son immunité si particulière qui lui permet de vivre jusqu'à 1000 ans et plus. »
Alex recracha la gorgée qu'il venait de boire, Abraxas et Théodore lui donnèrent simultanément un coup de poing chacun pour avoir mouillé leurs précieux plans, et Nancy claqua des doigts en direction d'un première année qui lui donna la boule puante de Zonko qu'il espérait cacher d'un air piteux.
« La rumeur dit que Salazar Serpentard s'est essayé à la culture des basilics à son tour. Mais il fut signalé qu'au bout d'une semaine après le prétendu début de la culture, il jeta ce qui ressemblait à des morceaux d'œuf et des restes de serpents calcinés. Ses admirateurs les plus fidèles affirment qu'il y avait exactement 49 serpents brûlés. Le reste, plus réaliste, estime qu'il n'a pas su faire survivre sa créature au-delà d'une semaine et l'a brulée dans un accès de rage. »
Mais Hermione savait qu'il y avait 49 serpents brûlés. Elle le savait, car elle savait où se trouvait le cinquantième serpent. Et à présent, elle connaissait également la faiblesse à laquelle Serpentard l'avait condamné. Des éclats de voix retentirent la ramenèrent à la réalité. Théodore et Abraxas grondaient sévèrement Walburga et Alex. Ils finirent par les renvoyer dans leurs dortoirs en les menaçant, ne voulant pas de « catastrophes ambulantes » dans la proximité de leurs plans. Katherine et Nancy se levèrent à leur tour, Kat se plaignant des « mauvaises énergies qui étaient très mauvaise pour leur aura magique » selon son magazine. Hermione sourit largement.
La salle commune continua à se vider peu à peu. Hermione n'avait pas bougé, sourire toujours en place. Tom l'observa un moment, puis se leva et étira ses bras. D'un coup de baguette, il envoya ses affaires vers le dortoir et se dirigea vers la sortie. C'était à lui de faire les rondes ce soir-là.
Il arpentait les couloirs, les mains dans les poches. Curieusement, il ne pensa même pas à faire un détour par les toilettes du deuxième étage. Ses pensées étaient toutes dirigées vers une sorcière à la crinière sauvage.
La sorcière qui occupait à présent son esprit devenait de plus en plus importante pour lui. Elle était intelligente, douée et dotée d'une logique implacable. Etant probablement le seul sorcier de tout Poudlard qui la dépassait, elle lui revenait de droit. Elle serait bientôt sienne, la sorcière se séparait à peine de lui. Il ignora le sentiment de manque qui lui prenait les tripes quand il s'éloignait d'elle. Il ignora aussi la plénitude qui l'envahissait quand elle le regardait avec ses grands yeux marron et l'écoutait avidement.
Tom s'arrêta net et regarda par-dessus son épaule. Il réprima un sourire et avança de deux autres pas avant de s'arrêter à nouveau, s'appuyer sur le mur et se laisser glisser jusqu'au sol. Il leva la tête et dit :
- Je sais que tu es là, Hermione.
Il y eut un chatoiement au milieu du couloir et Hermione apparut, une moue contrariée plaquée sur son visage. Elle se laissa choir à côté de lui et prononça un simple mot.
- Comment ?
- Tu as trop de cheveux, ils répandent assez d'odeur pour te faire repérer à des kilomètres à la ronde.
Il replia un genou et l'entoura de ses bras, l'autre jambe parfaitement tendue devant lui. Il appuya ensuite sa tête contre le mur à son dos et fixa celui d'en face. Ses jambes à elle étaient étendues devant elle et croisées. Son regard était fixé sur ses mains qu'elle tortillait nerveusement.
- Comment sont morts tes parents ? Je me rends compte que je ne t'ai jamais posé la question.
Hermione laissa échapper un rire en secouant la tête.
- Non. Non, non, ça ne va pas se passer comme ça.
Un autre rire la secoua, puis redoubla d'intensité en voyant les sourcils haussés de Tom. Elle se calma enfin et parla à nouveau.
- Je vais te raconter l'histoire tragique de la perte de mes parents. Tu vas me raconter la raison tragique pour laquelle tu as été élevé dans un orphelinat. Les deux orphelins de Serpentard, ensemble dans un couloir désert, vont créer des liens à travers les tragédies qui les ont secoués. Je ne veux pas de ça, pas de tragédie. Pas ce soir. Je suis de bonne humeur ce soir.
Les yeux noirs de Tom s'adoucirent, et, pendant un court instant, ils laissèrent transpirer un tourbillon d'émotion dont elle n'avait jusque là jamais soupçonné l'existence.
- Ton charme de désillusion est puissant.
- Je sais, répliqua Hermione d'un air suffisant.
Il sourit en se tournant vers elle, d'un demi-sourire, le coin gauche de ses lèvres s'élevant, trahissant son amusement. Elle le savait car au bout de plusieurs semaines passées presque entièrement en sa compagnie, elle arrivait à déchiffrer ses émotions. Coin gauche signifiait un amusement sincère, très rare. Coin droit signifiait un sourire de circonstance quand il ne voulait pas froisser son interlocuteur. Un sourire entier signifiait que la personne à qui il était adressé était en danger imminent.
- Arrête de me suivre partout.
C'était un ordre, mais il manquait de conviction. Hermione plissa les yeux, se remémorant sa conversation avec Abraxas sur le terrain de quidditch. Puis, dans un élan de courage, affirma.
- Quand ce n'est pas moi qui te suis, c'est toi qui me talonnes.
Elle retint sa respiration. La tête de Tom encore tournée vers elle, le visage désespérément inexpressif, ses yeux sombres plongés dans les siens. Le temps s'arrêta, le cœur d'Hermione sembla oublier de fonctionner et, pour la première fois, elle observa la réalité sans doutes ni peurs. Et elle remarqua leur proximité physique, ainsi que le fait que ça ne la dérangeât aucunement. Elle remarqua que leurs poitrines s'élevaient et se rabaissaient au rythme de leurs respirations parfaitement synchronisées, et s'effleuraient presque à chaque inspiration qu'elle prenait. Elle remarqua que malgré le mauvais temps et le vent qui agitait les branchages dehors, elle avait extrêmement chaud. Elle remarqua que les seuls sourires sincères qu'elle avait vus sur le visage de Tom lui étaient adressés à elle, et seulement à elle. Elle remarqua l'électricité qui chargeait l'air et l'empêchait de former des pensées cohérentes. Elle remarqua ses yeux sombres n'étaient plus froid, et ne l'avaient pas été depuis un moment.
Son cœur se remit soudain à battre et elle entrouvrit les lèvres pour parler. Une seconde plus tard, les lèvres de Tom étaient écrasées contre les siennes en un baiser passionné. La main d'Hermione trouva rapidement sa place derrière la nuque du Serpentard, les doigts dans ses cheveux. Elle sentit sa main glisser le long de sa hanche et se nicher au creux de son dos, la collant à lui complètement. Plus rien ne les séparaient. Leurs langues continuaient à s'affronter. Ce n'était pas doux, c'était un combat, une course vers le pouvoir et aucun d'entre eux n'avait l'intention de battre en retrait. Alors leurs lèvres continuaient cette danse effrénée, leurs cœurs battaient à l'unisson, leurs corps pressés fermement l'un contre l'autre, leurs jambes entre lacées.
Ils se séparèrent enfin au bout de longues minutes. Les cheveux de Tom étaient en pagaille, les vêtements d'Hermione complètement froissés. Leurs lèvres étaient enflées, et ils étaient tout deux essoufflés.
- C'était… haleta Hermione, incapable de finir sa phrase.
- Je sais, répliqua Tom d'un air suffisant, le coin gauche de ses lèvres s'élevant légèrement.
Alors ? Verdict ?
Ce chapitre était censé être plus long, et avancer un peu plus dans la trame. Mais j'ai enlevé la suite, je voulais m'arrêter sur cette dernière scène. Elle est très importante pour moi, et évidemment pour l'évolution des personnages. J'ai fait de mon mieux, j'attends vos avis avec impatience ! Si vous avez des remarques, des critiques ou des questions, vous n'hésitez surtout pas bien sûr.
En parlant de questions, je vois que certains ont des questions quant au nom de famille de Walburga. Elle n'est pas encore mariée, mais elle est née Black effectivement, Rowling, notre reine adorée, a sorti l'arbre généalogique de la famille Black. Walburga est la soeur de Cygnus, le père de Bellatrix, et d'Alphard Black. Et elle se marie avec son cousin Orion Black. On peut expliquer ça par l'obsession de cette famille avec le sang pur, ils préfèrent se marier entre eux plutôt que de "souiller" leur sang.
Un grand merci et un gros bisous aux reviewers anonymes. Mes autres reviewers, je vous réponds en PM et je vous fais un gros câlin ici. Je vous aime tous, vous me réchauffez le coeur et m'encouragez à écrire plus vite.
A très bientôt, bisous à tous.
Yas.
