Merci pour vos reviews toujours enthousiastes et drôles. J'ai répondu à chacun d'entre vous, comme je tâche de le faire à chaque fois.

Je poste avec un peu d'avance car ma soirée de vendredi sera un peu bousculée.

Dans ce chapitre, réponse à une question que les lecteurs se sont déjà posée.


Message de PumpkinSpy : Voilà, cette traduction ainsi que cette histoire ne m'appartiennent absolument pas. Si cette traduction vous rappelle quelque chose, c'est tout à fait normal, ceci est une traduction de Calliope83.

Calli a décidé d'accorder du temps à ses projets professionnels et de ce fait, elle a décidé de se retirer de la liste des auteurs. Malgré tout, elle ne voulait pas laisser ses traductions tomber dans l'oubli, surtout pas après le temps consacré mais aussi en pensant à ceux qui souhaiteraient relire une histoire qu'ils avaient aimé.

D'un commun accord, je reprends sur mon propre profil auteur ses traductions.


Chapitre 10

Stiles reprend graduellement ses esprits. Dans un premier temps, il s'aperçoit qu'il est encore vivant, ensuite il prend conscience de l'endroit où il se trouve, enfin il réalise que Lydia est avec lui. Tout comme Stiles, elle est attachée à une poutre, peut-être à cinq mètres de lui.

Bien, s'il y a au moins un aspect positif à propos de leur situation – et quand vous venez d'être kidnappés et que vous vous réveillez dans un entrepôt, vous vous raccrochez comme un désespéré à la moindre bonne nouvelle – c'est qu'ils sont ensemble, qu'il peut la voir et qu'il peut constater qu'elle n'est pas blessée, tout du moins pas plus que lui. Il reprend connaissance après s'être vu asséner un coup violent sur la tête, se sent un peu étourdi et il est probablement légèrement commotionné. Mais au moins il est vivant.

Ses chevilles sont attachées. Ses poignets également, liés derrière la poutre contre laquelle son dos repose. Il ne sait pas depuis combien de temps ils sont ici mais ça doit faire déjà un bon moment – ses fesses sont complètement engourdies par le sol en béton. Son dos le fait souffrir. Ses bras lui font atrocement mal.

D'après ce qu'il peut voir, ils sont pour l'instant seuls, mais il n'arrête pas de fouiller du regard le vaste espace vide qui les entoure, guettant le moindre signe de vie de la part de l'oméga ou de l'homme qui paraît le seconder. Stiles n'a jamais entendu parler d'un loup-garou oméga ayant à sa botte un « Renfield » (1) mais c'est en tout cas de cette façon que les rôles semblaient être répartis entre eux lorsqu'ils sont entrés par effraction. C'était tout d'abord l'humain qui avait brisé la vitre de la salle de séjour de la maison de Chris Argent puis avait rompu la ligne de poudre de sorbier. L'oméga avait alors donné l'assaut. Cela n'avait pris que quelques secondes pour que l'oméga passe à l'attaque et ensuite – c'était fini. L'obscurité complète.

Et voilà où ils en sont.

Stiles ne peut pas s'empêcher de penser que si jamais il doit s'en sortir vivant, Derek sera en droit d'exiger qu'il lui présente au moins des excuses. De toute évidence, les réserves qu'il avait émises à la perspective de venir à Beacon Hills n'étaient pas totalement dénuées de fondement.

_ Lydia, chuchote-t-il, en essayant d'attirer son attention. Elle s'est mise à bouger, de temps en temps, depuis dix minutes à peu près. Elle émerge de son évanouissement lentement, encore sonnée, tout comme lui peu de temps auparavant.

_ Quoi? dit-elle, soulevant un peu la tête et haussant un sourcil à son intention. Elle se débrouille pour lui donner l'impression qu'il la tire d'une petite sieste réparatrice, même si elle commence à avoir une jolie bosse sur le front, à l'endroit où elle a été frappée. Quelle diva - la diva par excellence ! Stiles l'adore pour cette raison.

_ Tu vas bien ?

_ Je pense que je me suis cassé un ongle. Lydia tire sur ses liens pour en tester la solidité mais elle ne peut pas bouger beaucoup. Elle pousse un soupir mélodramatique. Chris va être drôlement furieux.

_ A propos de ton ongle ?

Lydia lève les yeux au ciel.

_ Non, imbécile. Parce que je suis ici.

_ Tu penses qu'il est avec Derek ?

_ Il a intérêt à l'être et ils feraient bien d'être tous les deux en route pour nous retrouver, dit Lydia, et sa voix résonne,impérieuse et imperturbable, comme si le fait d'avoir été kidnappée et attachée à un poteau, dans un entrepôt vraiment sinistre, ne l'affectait absolument pas.

_ Tu penses que Chris va venir à ton secours? demande Stiles.

L'aplomb dont fait preuve Lydia éveille sa curiosité.

_ Oui, il viendra ou il mourra en essayant de le faire.

C'est un coup de bluff au cas où les ravisseurs les écouteraient. Lydia mérite un oscar. Elle semble absolument convaincue de ce qu'elle dit.

Stiles hoche la tête, puis baisse son regard sur ses genoux. Derek va venir aussi pour le délivrer, il en est certain. Mais ce qu'il ne peut pas mesurer exactement, c'est l'état de détresse émotionnelle que cette situation, en ce moment même, engendre chez Derek. Penser qu'il a perdu un autre de ses proches. Etre revenu à Beacon Hills durant vingt-quatre minables petites heures pour s'apercevoir que toute sa vie va une nouvelle fois être anéantie .

Si Stiles sort indemne de ce guêpier, il présentera des excuses à Derek pour l'avoir ramené ici. Peut-être qu'il avait raison sur toute la ligne. Peut-être qu'ils auraient dû rester à la Nouvelle Orléans. Ils seraient à l'heure actuelle en train de manger des sandwichs po'boys dégoulinants de graisse et garnis de poisson-chat au bar, en papotant avec Katie, en buvant des bières Abitas, et en riant, ensemble. Derek aurait allongé ses jambes sous la table et les aurait mêlées à celles de Stiles pour que ce dernier se sente ainsi en sécurité, relié à lui, même s'ils étaient simplement assis à une table dans un coin de la salle, en train de passer, un samedi, une soirée paisible.

(-)

Au lieu de cela, il est coincé ici et Dieu sait où est Derek. Et le seul à blâmer dans cette affaire, c'est Stiles.

Derek respire un bon coup, essayant de contrôler sa fureur pour bloquer sa métamorphose. Il a besoin de pouvoir parler. Besoin de rester au moins partiellement humain.

_ Deaton, dites-moi simplement où était installé le clan de sorcières. C'est tout ce dont j'ai besoin de savoir.

Chris est debout derrière lui et Derek peut sentir son tourment, un mélange de colère et de peur, le tout recouvert de l'odeur amère et âcre d'un désespoir grandissant. S'il perd Lydia – eh bien… Il ne peut pas se permettre de perdre Lydia. Il ne peut pas se permettre de perdre quelqu'un d'autre. Derek connaît bien ce sentiment. Sait exactement combien les enjeux sont élevés lorsque vous n'aviez plus rien depuis longtemps et que soudain vous vous apprêtez à perdre de nouveau quelque chose.

C'est un sentiment effrayant.

_ Je ne suis pas certain que la présence de ce clan ait un rapport quelconque avec l'arrivée, ce soir, d'une meute à Beacon Hills et je ne suis pas non plus certain que ce clan soit même en relation avec l'oméga, dit Deaton. Il a l'air de se préparer à délivrer un monologue interminable rehaussé de philosophie qui sera aussi clair qu'un écran maculé de boue.

_ Il n'y a pas de putain d'autre meute ! s'écrie Derek, dont la voix est déformée.

Il peut entendre le chuintement provoqué par ses crocs, qui prennent trop de place dans sa bouche et le gênent.

_ S'il y avait vraiment une autre meute, pourquoi n'auraient-ils pas profité d'enlever Scott et Liam tant qu'ils en avaient l'occasion ? Pourquoi seraient-ils restés à nous attendre pour ensuite s'enfuir ? Il inspire une bouffée d'air, essayant de reprendre contenance. Dites-moi tout simplement où vous avez repéré des traces d'activité du clan. Dites-le moi, merde !

Deaton a l'air offusqué, comme s'il était étonné de voir que Derek pense qu'il n'est d'aucune utilité.

_ J'ai repéré des traces de magie dans une usine désaffectée, dans les quartiers ouest de la ville, reprend-il. J'ai discuté à ce sujet avec Scott et il a mentionné que des plantes indigènes avaient été arrachées dans la réserve. J'ai supposé que ces deux choses étaient liées…

Derek lui coupe la parole.

_ L'usine abandonnée et les entrepôts sur la bretelle d'accès de l'autoroute ?

Il s'en contrefout de savoir comment Deaton a assemblé les pièces du puzzle. S'il a raison sur ce qui s'est passé, il doit aller à cet entrepôt. Tout de suite.

_ Oui, et je…

_ Allons-y, dit Derek en se tournant vers Chris qui marche déjà à grandes enjambées vers la porte.

Après avoir passé encore une demi-heure de plus attaché au poteau, bizarrement, Stiles commence à s'ennuyer. L'oméga et son acolyte ne sont visibles nulle part – sûrement en train de monter la garde dehors… enfin, peut-être ? En tout cas, le résultat de tout ce cirque, c'est qu'il est attaché, que ses fesses sont engourdies à cause du béton, et qu'il commence à avoir la bougeotte. La vague de terreur qui l'avait au départ submergé s'est retirée à une distance assez raisonnable pour devenir un hurlement étouffé plutôt qu'un cri, et, bon sang, il se sent tout simplement… impatient de rentrer chez lui.

Bien sûr, les choses ne s'annoncent pas vraiment bien de ce côté.

Lorsqu'enfin ils entendent qu'il y a du raffut devant la porte d'entrée de l'entrepôt, Stiles, avant tout, pense seulement qu'il était grand temps que quelque chose se passe.

Survient ensuite une série de grognements et de rugissements vrillant l'oreille - assez pour qu'on puisse imaginer que toute la meute est là… et la porte sur le côté de la salle où sont emprisonnés Stiles et Lydia s'ouvre alors violemment. L'oméga se rue dans la pièce, déjà transformé, s'accroupit pour se mettre en position de défense, s'interposant entre Stiles, Lydia et la porte d'entrée. Derrière lui arrivent Renfield et trois autres personnes, deux femmes et un homme.

Les sorcières, pense tout de suite Stiles, bien qu'il n'y ait aucune raison pour lui de le penser, que rien ne laisse supposer que cette hypothèse soit la bonne. Sauf qu'il se fie à son intuition.

Et ensuite, c'est comme un raz-de-marée : les portes de devant, en métal lourd, sont arrachées de leurs gonds et la meute déferle. Les yeux de Scott sont d'un rouge incandescent, Kira fait virevolter son katana et tous les membres de la meute sont réunis dans l'entrepôt – mais Stiles les voit à peine. Leurs silhouettes s'estompent à l'arrière-plan parce que là, devant eux, se dresse un magnifique et terrifiant loup noir.

Le loup regarde Stiles , une fois seulement , de ses yeux d'un bleu perçant puis fonce droit sur l'oméga.

Les femmes – des sorcières?- placées derrière l'oméga commencent à proférer à voix basse des paroles indistinctes que Stiles suppose être des sortilèges ou des incantations mais, avant même qu'elles aient pu dire quoi que ce soit, Chris Argent surgit derrière la meute et s'empare des lourdes armes de poing attachées à chacune de ses hanches. Ses yeux sont terriblement froids – aussi effrayants, à leur manière, que ceux, d'un bleu glacial, de Derek - et ses énormes pistolets tirent, encore et encore. Les deux femmes tombent les premières, suivies de l'homme.

A peine Stiles a-t-il eu le temps d'enregistrer toute la scène qui vient de se dérouler sous ses yeux qu'un cri inhumain retentit, poussé par l'oméga. Quand Stiles tourne la tête, ce dernier gît au sol, la gorge arrachée et, dominant de tout son corps son cadavre, le loup noir a pointé son museau barbouillé de sang vers le plafond pour pousser un hurlement.

Il ne reste plus qu'une seule personne qui ne fait pas partie de la meute –Renfield. Il se tient debout, au milieu de la pièce, a l'air choqué. Avec une sorte de nonchalance désinvolte, Chris lève un de ses pistolets, une fois de plus, et tire, sans se presser. Renfield tombe à terre.

Après cela, les choses s'enchaînent très vite. Chris accourt vers Lydia, piétinant littéralement les corps des quatre personnes qu'il vient d'exécuter pour la rejoindre. Stiles s'aperçoit vaguement qu'elle pleure. Hum. L'aplomb qu'elle affichait plus tôt devait donc être de l'esbroufe. Lorsque Chris est tout près d'elle, avant qu'il ne la détache, il chuchote quelque chose à son oreille et elle s'effondre sur son épaule. Stiles ne peut pas l'entendre, bien sûr, mais il se demande ce qu'il a pu lui dire, quelles paroles ont pu la détendre à ce point, avant même qu'elle soit libérée de ses liens.

Ensuite Scott arrive sur lui, tranchant de ses crocs ses cordes. Il lui tend même la main pour le remettre debout mais, tout à coup, le loup noir se dresse entre eux, énorme et d'une beauté terrifiante, et il gronde sourdement à l'encontre de son alpha. Scott recule rapidement. Il semble comprendre que, sous cette forme, Derek ne se soumettra pas. A qui que ce soit.

Stiles se fige, fasciné par la bête, reste simplement où il est, encore assis sur le sol. Le loup le regarde un instant, le grondement cesse progressivement dans sa gorge – puis il tend son museau en avant, reniflant son cou, son front, comme s'il voulait flairer Stiles de la tête aux pieds.

Stiles tend une main hésitante vers le loup. Il désire éperdument sentir sous ses doigts sa fourrure noire et soyeuse pour vérifier si elle est aussi douce qu'elle paraît l'être, mais quelque chose l'en empêche. Peut-être est-ce la taille respectable du loup qui le retient ou son aspect profondément sauvage. Ce n'est pas la transformation à laquelle Stiles est habitué, durant laquelle seuls les traits humains subissent une altération. Il s'agit – il s'agit d'un animal sauvage,d'un prédateur et Stiles ne sait absolument pas à quel degré de profondeur la conscience de Derek est enfouie lorsqu'il est métamorphosé en loup.

Le sang de l'homme, ou plutôt du loup- garou, qu'il vient d'égorger est encore sur son museau.

Stiles pense, un peu trop tard, qu'il pourrait bien tourner de l'œil.

(-)

Cette nuit-là, lorsqu'ils regagnent enfin leur chambre d'hôtel, Stiles rampe sur le lit jusqu'aux genoux de Derek et se colle obstinément à lui, jusqu'à ce que ce dernier se retrouve pratiquement contraint de le bercer. C'est ridicule et il n'a pas besoin d'être dorloté ainsi. Mais il sent qu'il en a besoin même s'il ne sait pas vraiment pourquoi. Vu la façon dont la plupart des enlèvements se passent, celui-ci était plutôt insignifiant – il n'avait rien à voir avec la fois où Gérard Argent avait mis la main sur lui, par exemple. Et, bon sang, toute l'affaire avait été résolue en, quoi ? – six heures au total. En quelque sorte, il avait simplement passé une soirée merdique, vraiment.

Pourtant, curieusement, cette fois, ça avait été pire. Attendre Derek. Ne pas savoir où il était.

Risquer de tout perdre.

_ Comment as-tu su où nous trouver? demande Stiles, son visage tourné contre le corps de Derek, frottant son nez sur sa poitrine puis laissant reposer sa joue sur la partie la plus haute de son ventre.

Derek caresse les cheveux de Stiles, entremêlant ses doigts dans ses mèches.

_ Grâce à toi, gamin.

_ Hein ?

Stiles écarquille les yeux d'étonnement, les lève mais ne se donne pas la peine de soulever la tête.

_ Il n'y avait pas de meute à la réserve. Scott et Liam n'ont jamais été cernés par des loups-garous. C'était un coup des sorcières. Les hurlements de la supposée meute étaient entièrement une illusion.

Stiles ne se redresse toujours pas mais tout son corps se tend.

_ Alors, tu veux dire que …

Tu avais raison à propos des indices que tu avais trouvés dans les archives, dit Derek, tout en continuant à lui caresser doucement les cheveux. L'oméga faisait partie du clan des sorcières. L'illusion créée dans la réserve pour faire croire à la présence d'une meute était un piège destiné à détourner notre attention afin que toi et Lydia restiez tout seuls . Et ainsi, l'oméga pouvait vous enlever.

Stiles reste silencieux pendant un instant, prenant son temps pour analyser ce que vient de lui dire Derek.

_ D'accord mais pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'ils voulaient nous avoir, nous ? Lydia et moi, nous sommes les membres les plus faibles de la meute.

_ Précisément pour cette raison. dit Derek. Ils n'étaient pas assez puissants pour contrôler les loups-garous mais ils pensaient que s'ils s'emparaient de toi ou de Lydia, ils pourraient passer un marché avec le reste de la meute. Ils voulaient que le clan et la meute fusionnent.

Finalement, Stiles redresse la tête et se met en position assise, encore à moitié sur les genoux de Derek.

_ Tu veux dire… sérieusement ? Ils voulaient rejoindre la meute et faire de nous tous… des … sorciers ?

Derek hausse les épaules.

_ Des sorciers. Ou des familiers… Ils voulaient faire quelque chose de nous, en tout cas. Exactement comme tu l'as découvert dans les archives.

Stiles esquisse le commencement d'un petit sourire.

_ Tu veux dire toutes les recherches que j'ai faites et que tu pensais être une perte de temps ?

_ Je n'ai jamais rien dit de tel, affirme calmement Derek.

_ Non, tu ne l'as pas dit ? s'écrie Stiles, soudain sur la défensive.

Derek a l'air tellement sérieux en disant cela.

_ J'ai juste… merde, Stiles. Je ne voulais pas revenir sur ce sujet.

Stiles souffle.

_ D'accord, tu as marqué un point.

Ils se taisent de nouveau mais c'est un silence qui n'est pas gênant, c'est un silence paisible et Stiles est étendu sur le dos, contre Derek.

_ Ne dors pas, dit Derek quelques minutes plus tard. Tu as sûrement une commotion cérébrale. Stiles gémit. Mais je suis fatigué.

_ Dommage pour toi.

_ Très bien.

Stiles se tortille un peu puis dépose des baisers aux endroits les plus doux, les plus vulnérables du corps de Derek, entre ses pectoraux et son ventre. Il le fait sans aucune arrière pensée, simplement parce que sa bouche est là, simplement parce qu'il peut le faire.

_ Je t'ai vu complètement transformé, dit-il.

_ Je sais.

Stiles fait un petit sourire, ses lèvres se retroussant contre le ventre de Derek.

_ Je n'ai pas pu déterminer si tu étais gros, par contre. Trop de fourrure. Et en plus, tu ne m'as pas montré ton ventre.

Derek lève les yeux au ciel, ne répond pas.

(-)

Quelques heures plus tard, alors que l'aurore est en train de poindre à l'horizon, Derek décide enfin qu'il n'y a plus aucun risque à laisser dormir Stiles. Dieu merci – Stiles est si fatigué qu'il fait peine à voir.

Derek se faufile dans la salle de bain, dit à Stiles qu'il se couchera dans une minute.

Quand il est de retour, il se tient sur quatre pattes au lieu de deux.

_ Bordel de bordel, Derek ! couine Stiles quand il le découvre.

Il se recule en vitesse, un peu, mal à l'aise, et Derek geint, inclinant sa tête sur le côté. Il ressemble d'une étrange façon à un chien.

Il ne saute pas sur le matelas, il reste simplement assis au pied du lit. Laisse un peu pendre sa langue.

Petit à petit, Stiles commence à se détendre et il se baisse pour atteindre le bord du lit. Bien sûr. Chez Stiles, la peur finit toujours par céder le pas à la curiosité.

_ Je peux – euh – je peux te toucher ?

Derek halète plusieurs fois, gémit. Pose sa truffe sur le lit. Stiles sourit, interprète ce geste comme un consentement et tend la main. Il se tient à une distance respectueuse du museau de Derek et de sa rangée de dents mais il frotte ses mains sur le sommet de la tête de Derek et le gratte derrière les oreilles.

Un instant plus tard , Stiles se retrouve par terre, à côté de lui, et fait courir ses mains sur son dos, dans sa fourrure. Derek se met sur son arrière-train, jusqu'à ce qu'il puisse bien voir Stiles. Il geint plusieurs fois puis, lentement, se laisse tomber au sol délibérément et roule sur le dos.

Stiles éclate de rire.

_ Est-ce que ça veut dire que je peux toucher ton ventre ?

Derek halète et Stiles le prend comme un acquiescement.

_ Ok, mon gros.

Il respire un coup, avance ses mains prudemment, très prudemment, puis les pose sur le ventre du loup noir gigantesque qui se trouve à ses côtés.

_ Alors comme ça, tu m'as sauvé la vie, dit Stiles plus tard, lorsque Derek a repris son apparence humaine et qu'ils sont pelotonnés l'un contre l'autre, presque endormis alors que le soleil est levé, dardant ses rayons à travers les coins des rideaux occlusifs.

Derek hausse les épaules. Il ne veut pas y penser. Il veut simplement savourer ce moment, tenir dans ses bras Stiles, en sécurité. Là où il est supposé être. Le gosse pourra s'estimer chanceux si Derek le laisse sortir à nouveau de la chambre de leur hôtel. S'il le pouvait, il ferait en sorte de le baiser, encore et encore, sans lui laisser une minute de répit, et il passerait commande au service d'étage pour leurs repas, jusqu'à lundi, le jour où ils doivent reprendre l'avion.

_ J'en conclus que tu n'es pas trop gros pour courir comme un loup-garou qui a du chien (2), poursuit Stiles, d'une voix taquine et légère. Il pince un peu le flanc de Derek.

Foutu satané gamin.

_ Sans blague, merci bien, réplique-t-il.

_ Mais ton loup est carrément gros, dit Stiles, désormais aux anges, et il tapote le ventre de Derek. Il est gras juste là,à cet endroit, tout comme toi.

_ Il est moi, grommelle Derek.

_ Je sais, dit Stiles, se blottissant tout contre Derek encore plus étroitement. Il se tait pendant une minute. Merci de t'être couché devant moi comme tu l'as fait.

Derek s'éclaircit la gorge, hésitant sur la façon dont il doit répondre.

_ J'arracherais la gorge de n'importe quel autre individu qui oserait me toucher de cette façon, finit-il par dire.

Il peut sentir le sourire de Stiles contre sa poitrine.

_ Je le sais, mon gros.


Renfield :. M. Renfield est un personnage du célèbre roman de Bram Stoker : Dracula. Il est soigné dans un hôpital psychiatrique par le docteur John Seward, qui qualifie notamment son patient en ces termes : « Renfield est un maniaque homicide d'une espèce particulière. Je vais devoir inventer une nouvelle classification pour son cas – je l'appellerai un maniaque zoophage. Il ne désire rien que d'absorber le plus de vie possible ».R. M. Renfield est une victime du comte Dracula. Il est, dans ses moments de lucidité, partagé entre sa soumission au comte et son envie de rébellion contre lui. Dans le dictionnaire de l'argot américain (urban dictionary), Renfield représente quelqu'un qui est fasciné par les vampires et qui peut même boire du sang ou se faire mettre de fausses canines pour mieux ressembler aux vampires. (si, si)

Badass= quelqu'un qui déchire, qui a du style… donc je me suis autorisé ce petit jeu de mot … avec « qui a duchien » ! Je trouvais que ça cadrait bien avec le personnage de Stiles qui aime les sarcasmes et les taquineries.

A la semaine prochaine ! Avec au programme un retour à la Nouvelle Orléans et un lemon très hot !Et une recette de brownies…