Bonjours à toutes et tous ! Je sais que j'ai laissé passer un long moment sans travailler sur cette fic et je m'en excuse platement. Mes excuses foireuses ? Alors pour dire la vérité, j'étais complètement pris dans la réalisation d'une fiction Assassin's Creed (oui, la même qu'au chapitre précédent), mais j'arrive au bout. En plus, je me suis également affairé dans mon projet de roman, ce qui à pas mal monopolisé mon temps… plus la recherche d'un emploi (j'ai finalement trouvé et je commence fin janvier). Bref encore désolé de vous avoir laissés en plan, mais à présent, je compte me repencher sur cette histoire, donc allons-y joyeusement ! ^_^

Encore un grand merci à celles et ceux qui me lisent et me laissent des commentaires !

Bonne lecture !


Chapitre 5 : Le pardon (2eme partie)

La journée ne faisait que commencer, et le calvaire des deux hommes avec. Arthur déverrouilla la porte du dispensaire « Denny Ducket » et pénétra entre ses murs, ses internes sur ses pas, Karev sur les leurs. Que se soit pour l'un ou l'autre, la journée s'annonçait longue, très longue. Il n'y avait encore personne pour le moment (en même temps, à six heures du matin, peu de gens se levaient pour aller chez le médecin). Sans piper mots, Alex alla s'installer derrière le comptoir et se posa de manière désinvolte avec un magazine. Rien que de le voir faire ça, Newton tiqua quelque peu, mais il ne fit aucune remarque, il n'avait pas envie de lui adresser la parole, la journée en sa simple présence s'avérerait déjà suffisamment pénible sans qu'il ne déclenche une guerre verbale. Pour occuper ses internes, et lui-même, en attendant l'arrivée de patient, il se proposa de leur montrer comment procéder à des points croisés sur des bananes.

-Tu crois vraiment qu'ils en ont quoi que ce soit à faire de tes explications ? lui lança Karev après un moment.

-On dirait que oui, puisque tes internes aussi m'écoutent, rétorqua sèchement Arthur en tournant la tête dans sa direction.

-Et ils y arrivent ?

-Moyennement, à croire que « quelqu'un » ne s'applique pas à leur apprendre le métier.

En entendant ça, Alex se leva d'un bon, l'air furieux en claquant le magazine sur la table. Il s'apprêtait à répliquer quand une vieille femme poussa la porte du dispensaire. De petite taille, des cheveux gris coupés courts et frisottant, le visage marqué de belles rides, le dos légèrement vouté, des lunettes rondes posées sur son nez. Elle devait avoir la septantaine bien trempée. Elle s'aidait d'une canne pour avancer et avait avec elle un petit sac à main en tissu.

-Bonjour, fit-elle en s'avançait de quelque pas, juste avant de se mettre à tousser bruyamment, plaquant sa main sur sa bouche.

Aussitôt, tous les internes, ainsi que les deux résidants, s'étaient levés pour aller à sa rencontre. Karev fut le plus rapide et la prit en charge, posant sa main sur l'épaule de la petite mamie avec un sourire presque bienveillant. Arthur s'immobilisa près du comptoir, il savait qu'ici le règle du « premier venu, premier servi » s'appliquait pour récupérer les patient, mais il ne pouvait s'empêcher de douter qu'Alex et son côté bourrin soit très recommandé pour une grand-mère. Il allait surement trop la brusquer et cela lui faisait peur. Au pire, il pourrait récupérer la patiente de force s'il voyait que l'autre se montrait trop bourru avec elle (et il en profiterait pour le dénoncer à Bailey de manière à ce qu'il se fasse rosser, ce qui lui procurerait une certaine satisfaction). Il se pencha vers Julia, son interne, et lui murmura :

-Tu te mets avec lui sur ce cas et tu ne le lâche pas d'une semelle…

-Très bien.

-Bonjour Madame, fit Alex, je suis le docteur Karev pouvons-nous faire quelque chose pour vous ?

-J'espère bien que vous pouvez quelque chose jeune homme, sinon je ne serais pas là ! rétorqua sèchement la vieille femme en le dévisageant.

Newton manqua de s'étouffer en retenant un éclat de rire. Aucun des médecins présents dans la pièce ne s'était attendu à ce qu'une petite mamie ait ce genre de comportement. Finalement, c'était peut-être mieux qu'Alex s'en occupe. D'ailleurs, celui-ci semblait abasourdi par la vigueur de la réponse. La vieille continuait de le toiser et lança :

-Vous comptez me faire un examen médical ou vous préféré rester planté là avec cet votre tête de demeuré ?

-Je…heu, très bien Madame, si vous voulez bien me suivre…

Il lui désigna l'un des lits et elle se dirigea d'un pas alerte vers celui-ci. Il la suivi et tira le rideau pour pratiquer l'examen en privé. Les voix passaient toutefois au travers.

-Si vous voulez bien retirer votre haut que je puisse…

-A non ! Sale pervers, j'exige que ce soit une femme qui m'ausculte !

Karev sortit en reculant du « boxe » et fit un signe de tête à Julia (qui attendait à côté), lui désigna vers quoi tourner son examen et se dirigea tout droit vers le comptoir. Arthur resta à côté de lui, arborant un grand sourire moqueur. Karev le foudroya en déclarant :

-Tu fais le moindre commentaire…

-Je n'oserais pas voyons, répondit l'autre en se retenant de rire.

Un bref silence s'installa. Tous deux fixait le rideau tiré et écoutait attentivement ce que faisait l'interne, qui semblait très bien se débrouillé. Un homme entra ensuite, pris en charge par un interne de Karev, puis encore un autre.

-Celui là doit avoir un simple rhume observa Alex qui le regardait se moucher vivement, le nez rouge.

-Mais peut-être pas, vas voir tire-au-flanc ! lui répondit calmement Arthur avec un sourire narquois.

-Tu pourrais le faire, t'as personne non plus je te signale, s'insurgea l'autre en fronçant les sourcils.

-D'accord, mais dans ce cas tu t'occupe de la vieille casse-pied…

Karev réfléchit rapidement et se ravisa immédiatement.

-Très bien, garde là. Avec un peu de chance, ce serra une tumeur nasale.

-J'en doute fortement, répondit Newton en consultant le dossier que son interne venait de remplir.

Il jeta un rapide coup d'œil à son ennemi naturel en train de prendre en charge le nouveau venu, un poil brusquement mais plutôt professionnellement. Le porte-document à la main, il s'éloigna rapidement vers les rideaux tirés et entra dans l'alcôve ainsi créée.

-Bien, Madame Richemont, bonjours, je suis le docteur Newton.

Il lui tendit la main. En la lui serrant la vieille femme le dévisagea de biais en demandant.

-Encore un troisième, il faut combien de médecin pour une mamie dans mon genre ? J'espère que ça ne va pas gonfler la facture…

-Madame, le principe d'un dispensaire et de permettre des consultations quasiment gratuite.

-Quasiment ?! Qu'est-ce que ça signifie en chiffres ? Deux-mille dollars ?!

-Juste les frais administratifs Madame, répondit Arthur avec un léger sourire en s'asseyant sur le tabouret à côté du lit. Je ne m'occupe pas de la comptabilité de l'hôpital, mais cela doit tourner en dessous des vingt dollars.

-Mais vous n'en savez rien, fit remarquer la vieille femme avec un léger sourire. Vous êtes au moins honnête, c'est une bonne qualité jeune homme… bien, alors racontez-moi tout, je suis mourante ou pas encore ?

-Pas encore, sourit Arthur le médecin en revérifiant encore une fois le dossier pour être sûr. D'après ce que je lis, il semble s'agir de grippe, rien que de très banal avec cette humidité.

-Si c'était l'humidité qui me rendait malade ça se saurait jeune homme ! rétorqua sèchement la vieille femme. Je vis à Seattle depuis mon enfance et le climat ne m'a jamais dérangée… ce doit forcément être autre chose.

-L'examen n'a rien montré…

-Si j'ai bien suivit la hiérarchie de cette hôpital, c'est une apprentie qui m'a fait ce foutue examen, comment savez-vous qu'elle ne s'est pas gourée comme une débutante ?!

-Nos internes sont tout à fait entrainés et habitués à ce genre de consultation. Mais si cela peut vous rassurer, je peux éventuellement vous faire une prise de sang et l'envoyer au laboratoire. De cette manière nous serrons fixé d'ici une petite heure…

-Faites ça vite et bien ! J'ai une partie de bridge à quinze heures !

-Très bien, répondit Arthur en enfilant une paire de gants. Si vous voulez bien relever votre manche.

Il lui passa le garrot et n'eut pas à le serrer de trop, car les veines de la vieille femme étaient parfaitement saillantes. Il pratiqua la prise rapidement et sans problème (elle râla vivement au moment de la piqure, mais rien de plus) et demanda au troisième interne d'amener ça au laboratoire pour analyse, le priant expressément de leur indiquer de se dépêcher. Il ne supporterait pas cette vieille râleuse pendant des heures durant. Après quoi, il invita la patiente à se rendre à la cafétéria et de prendre un café, ou un thé, ou peu importe pourvut qu'elle ne s'éloigne pas de trop, mais suffisamment pour ne plus avoir à l'entendre se plaindre de tout. Il retourna au comptoir pour déposer le dossier, profita d'une seconde pour prendre une gorgée d'eau, juste avant d'entendre Julia appeler :

-Il s'enfonce, code bleu !

Aussitôt, instinctivement, il se tourna et se précipita vers elle dans le même mouvement, imité par Karev. Ils arrivèrent près du patient – un petit garçon d'envions six ans dont le père paniquait à côté – presque en même temps et, échangeant un regard entendu, entamèrent la procédure habituelle.

-Julia, qu'est-ce qui c'est passé ?! demanda Alex en poussant le corps du gamin sur le côté pendant qu'Arthur glissant la plaque de plastique dur en dessous de lui pour pouvoir entamer le massage cardiaque.

-Mon Dieu, Sam, qu'est-ce qui lui arrive ?! paniquait le père à côté du lit, tentant de s'approcher de son enfant sans penser que cela gênait les médecins dans leur travail.

Newton échangea un regard à Alex, lui demandant silencieusement s'il se débrouillait et il sembla comprendre, hochant positivement la tête. L'autre prit donc en charge l'homme.

-Monsieur, votre fils est en train de faire un arrêt cardiaque, si vous voulez qu'il s'en sorte, je vous prierais de bien vouloir vous éloigner afin que nous puissions lui sauver la vie.

-Je ne comprends pas, c'était juste de la toux !

Alex avait entamé le massage cardiaque, Julia amenait les palettes pour le choquer tout en expliquant le cas du patient. Sam Baggins, six ans, venu pour une forte toux qui persistait depuis plusieurs jours avec une poussée de fièvre à 38.2°C. La pression au moment de la vérification avait été à 152, beaucoup trop élevé pour un enfant de cet âge.

-Très bien, bipe le Docteur Hahn ! ordonna Karev en continuant le massage.

Arthur, qui avait convaincu l'homme de reculer au fond de la pièce, revint vers le lit en tirant un peu le rideau (pour éviter que les autres patients assistent à toute la scène) et se plaça en face de l'autre résidant, prenant les palettes.

-Charger à 100 !

Julia appliqua le gel sur le défibrillateur, puis régla la puissance du voltage, Alex retirait ses mains du torse du gamin et préparait une seringue d'adrénaline au cas où le cœur ne se relançait pas après une minute.

-Dégager !

Le petit corps chétif ressauta au moment de la décharge, mais le cœur ne battait toujours pas. Cela faisait maintenant une minute, Alex injecta l'adrénaline dans la veine du bras pendant que Julia chargeait à 120.

-Dégagez !

Deuxième rebond. Cette fois, un rythme, un peu faible mais présent, se fit voir par l'ECG, dessinant la traditionnelle suite de courbes si réconfortantes indiquant la présence d'un battement. Les deux médecins regardèrent l'écran, puis échangèrent un bref regard satisfait, s'envoyant une félicitation mutuelle pour l'avoir réanimé avec brio, mais le patient n'était pas encore sortit d'affaire. Ils leurs fallait trouver rapidement la raison de cette arrêt cardiaque, ou au moins avoir une piste suffisamment plausible à fournir à Hahn, qui débarquerait telle un dragon dans la pièce dans quelques instant. Alex se saisit du dossier pour revérifier tout le dossier pendant que l'autre demandait à son interne d'aller rassurer et s'occuper du père. Il contourna ensuite le lit et prit à son tour le porte-document que lu tendait son collègue. Avant que Julia soit trop loin, il lui demanda par précaution.

-Tu as tout noté où tu lui as administré quelque chose de plus ?

-Non, juste une ampoule de vitamines, je pensais à une grippe ou un début de bronchite…

-D'accord, vas-y maintenant.

Alex tira retira le rideau pour les isoler, se positionnant à côté d'Arthur. Ils lisaient tous les deux le dossier, incrédule.

-Ok, je ne vois vraiment pas ce qu'il c'est passé, il n'y a rien qui puisse laisser supposer quelque chose de grave au premier examen, commenta le premier hochant la tête, dubitatif.

-Je réserve un scanner ou on attend Hahn, interrogea le brun.

Il y eut le bruit de la porte d'entrée ouverte à la volée et Arthur lui répondit avec un regard presque effrayé :

-Je crois que ça répond à ta question.

La seconde d'après, Erica, le regard furieux, écartait vivement les rideaux et leur envoya à tout les deux un regard mauvais (c'était la première fois qu'elle en dirigeait un contre le nouveau résidant, ce qui le fit ce sentir plutôt mal à l'aise) et demanda d'une voix où pointait une colère contenu :

-J'espère que vous avez de bonne explication à me fournir !

Elle arracha presque le dossier des mains de Newton et le parcourut rapidement pendant qu'Alex se justifiait.

-Nous ne comprenons pas nous-mêmes Dr Hahn…

-Que toi, Karev, tu ne comprennes pas ne m'étonne qu'à moitié, railla-t-elle sans le regarder, continuant d'éplucher le rapport. Dr Newton, votre avis.

Arthur hésita une seconde, s'humectant les lèvres avant de déclarer lui aussi ne pas avoir la moindre idée pour ce cas. Rien ne pouvait laisser présager que le patient tombe en arrêt.

-Et bien évidement, ne sachant pas ce qui se passait, vous avez immédiatement réservé un scanner pour me faire gagner du temps…

Les deux hommes échangèrent un regard qu'Erica identifia comme un « non ». Elle se cala le dossier sous le bras en émettant un grand soupir de colère.

-Je constate à regret que le manque de réactivité du Seattle commence à vous toucher aussi Dr Newton, c'est regrettable. Très bien, Dr Grey, emmener ce petit au scanner deux et dite leur qu'il est prioritaire sur tout les autres.

Lexie (qui avait accompagné la terrible cardiologue lorsque celle-ci avait été bipée) s'exécuta, lançant un regard navré aux deux autres. Elle retira le frein du lit et l'emmena à la suite du dragon. Il s'écoula quelques secondes avant qu'ils ne réussissent à reprendre leur vie.

-Ton premier blâme de Hahn, railla Alex avec un sourire en coin. Ca fait quel effet ?

Arthur le regarda droit dans les yeux, et hocha les épaules pour signifier que cela n'allait pas l'empêcher de dormir. Ils retournèrent s'occuper de leurs patients respectifs. Le quinquagénaire avec le nez bouché souffrait s'une sinusite des plus bénigne (il lui prescrivit une fumigation à l'eucalyptus et un spray nasal de sérum physiologique). Quant à Arthur, il eut droit à un jeune cycliste (cela lui rappela le jour de la DeadBabys et par conséquent, sa brouille avec Alex et Cristina, mais étrangement, il ne ressentit pas de colère cette fois) à qui il fit trois points de suture à la jambe car il s'était vautré en allant en ville faire des courses. Madame Richemont revint une petite heure après l'incident, ponctuelle et emmerdeuse au possible, remontée par trois café. Le médecin s'amusa de l'avertir des effets néfastes du café, surtout chez les personnes d'un certain âge. Ce à quoi elle répondit pendant qu'il prenait l'enveloppe avec les résultats du laboratoire (juste arrivés) :

-Au point où j'en suis, je bois du café si je veux ! Bon, jeune homme, ces résultats ? Je vais claquer cette fois ? C'est la tuberculose ?

-Ho non, c'est bien pire, répondit Arthur entre l'amusement et l'exaspération, c'est parfaitement incurable et mortel à cent-pour-cent. Ca s'appelle vivre.

-Vous avez pompé un clown ce matin, petit comique ?! persifla l'odieuse petite vieille en le dévisageant.

Presque choqué d'entendre une phrase pareille dans la bouche d'une personne de cette âge, le médecin sortit la fiche avec les conclusions des analystes et la lui tendit.

-C'est un début de bronchite virale. Vous êtes mûre pour deux semaines de repos intensif. Pour soulager la toux, je vous ai prescrit un sirop à prendre avant les repas pendant dix jours et aussi un cachet une fois par jour pour lutter contre la fièvre. Pensez à bien vous hydrater et tâchez de rester au chaud.

-J'ai déjà eu la bronchite dans ma vie, je sais comment me soigner jeune homme !

-Je n'en doute pas, mais j'aimerais toutefois surveiller l'évolution de la chose. Revenez dans dix jours, si possible. Si je ne suis pas ici, je laisserais un message au médecin de garde.

-C'est dingue, on dirait vraiment que vous savez de quoi vous parler…

-Je fais mon travail et j'essaye de le faire bien.

-Si vous le dites. Bien, et bien à dans dix jours jeune homme.

Elle sortit enfin du dispensaire et s'éloigna rapidement avec son sac de médicament. Il y eut un soupire de soulagement général. Le reste de la journée se passa plutôt bien, les deux ennemis se partagèrent de manière plus où moins correcte le travail. Vers quatorze-heures, Julia, dans toute sa gentillesse leur amena leur déjeuner car Bailey leur avait expressément interdit de sortir du dispensaire de toute la journée (même s'il prend feu, avait-elle précisé). Ils s'installèrent tous deux au bureau et entamèrent les boites à repas. Un silence presque pesant s'installa, chacun réfléchissant à savoir s'il fallait où non entamer la discussion, ou continuer à se terrer dans le mutisme. Finalement, Alex tenta d'ouvrir la conversation, se surprenant lui-même.

-Je voulais te remercier pour le gamin…

-Sam Baggins ?

-Ouais, lui (il déglutit, cherchant comment tourner la conversation).

-Me remercier de quoi ?

-Qu'on ne se soit pas pris la tête.

L'autre reposa son assiette en plastique sur le comptoir et prit une grande inspiration. Il avait espéré ne pas avoir à en passer par là, mais les mises au point semblaient maintenant inévitables. Il se posait toujours la question de savoir s'il devait faire un pas vers Karev ou non, s'il allait lui pardonner aussi facilement ou si au contraire il devait continuer de le faire la gueule indéfiniment. Les paroles du Dr Wyate lui revinrent en tête : « Karev à de l'importance pour vous », « vous le considériez comme un nouvel ami, une personne en qui vous pouviez avoir confiance ». Mais la plus importante des recommandations de la psy du personnel était sans doute de parler à « l'autre idiot ». Il chercha à savoir s'il ressentait en cet instant de la colère, du mépris ou de l'apaisement (celui de voir Alex tenté d'ouvrir le dialogue).

-Je n'ai fait que mon travail Karev, répondit-il. Si on avait dû se prendre la tête, ce gosse serait sans doute mort à l'heure actuelle.

-Donc tu comptes encore me faire la gueule en dehors du boulot, conclut sombrement Alex avec, il semblait, presque de la déception dans la voix.

-Je ne sais pas vraiment.

-Comment ça ? Faudrait savoir, soit tu me snobe, soit tu me parle, tu peux pas faire les deux à la fois.

Arthur réfléchit quelques secondes, reprenant une gorgée d'eau. La réaction de son vis-à-vis l'amusait presque et lui rappelait le type qui l'avait accueilli et en qui il avait suffisamment confiance pour parler d'avant. Finalement, peut-être bien que Wyate avait raison, que toute cette histoire de reproches n'était en fait qu'une fausse excuse. Il aurait bien aimé pouvoir de nouveau avoir un confident. Meredith jouait ce rôle pour le moment, mais on ne pouvait pas forcément parler de tout avec une personne de sexe opposé. Grey, par exemple, n'aimait pas parler de baseball, contrairement à Karev. Il se rappelait leur longue discussion sur les RedSoxele deuxième soir de son arrivée et sentit un élan de mélancolie l'envahir. Après tout, pourquoi ne pas essayer de pardonner.

-Disons que je ne suis pas fermé à l'idée de te reparler plus librement.

-Tu me casse les pieds à tourner autour du pot, riposta Alex.

-Bon, ce n'est pas le bon endroit pour en parler…

Il se leva sous le regard perplexe de l'autre et jeta sa boite vide avant de poursuive.

-Finissons cette journée, on en reparlera après si tu veux. Je vais aux toilettes.

Sur ces paroles, il s'enfila dans les WC du dispensaire, plutôt satisfait d'avoir réussi à gérer une discussion calme et aimable avec celui qui lui avait causé autant de torts. Et pour dire la vérité, il avait hâte d'arriver en fin de journée pour pouvoir terminer cette conversation et mettre les choses à plats. En espérant que tout ce passe bien, évidemment.


Voilà, le prochain chapitre sera la troisième et dernière partie du « pardon ». Est-ce qu'Arthur arrivera à pardonner à Karev ? Celui-ci ne risque-t-il pas de gaffer encore et de tout gâcher ? Le gamin va-t-il s'en sortir ? Et surtout, est-ce que quelqu'un va enfin ce décidé à mettre Casandra Haller en consultation pour son alcoolisme ?!

Toutes les réponses dans le prochain chapitre. Je vais tâcher de travaillé à fond dessus pour rattraper le retard, c'est promis ! °v°

Allez en piste !